Les affiliés passent à l’action ce 7 octobre

Les syndicats organisent des actions de protestation et des rassemblements pour mobiliser leurs adhérents et donner de la visibilité au combat pour dire STOP au travail précaire. En Ouganda, dans le cadre des activités de ce 7 octobre, les affiliés d’IndustriALL projettent de tenir un rassemblement de protestation suivi d’une conférence de presse sur le thème : "Une politique industrielle durable est la clé de l’élimination du travail précaire”. En Indonésie, où le Conseil national des Femmes a l’intention de lancer une campagne destinée à améliorer les conditions de travail des travailleuses précaires, le Conseil indonésien d’IndustriALL organise un rassemblement devant le Bundaran HI d’au moins 500 travailleurs (la moitié étant des femmes). En Colombie, les affiliés d’IndustriALL, associés aux centrales syndicales, vont participer à un rassemblement pour protester contre les mesures économiques du présent gouvernement.

Dans des pays où la législation sur le travail précaire est sur le point d’être modifiée, les affiliés vont articuler leur campagne autour de leur combat national pour une meilleure législation. Aux Philippines, où nombreux sont les abus dans l’externalisation du travail, les affiliés d’IndustriALL vont tenir une conférence sur la sécurité d’emploi telle que proposée par le mouvement syndical philippin, dans le but d’infléchir la montée du travail intérimaire. Les affiliés d’IndustriALL en Zambie ont l’intention de remettre une pétition au Commissaire au Travail demandant au gouvernement de mettre fin au recours au travail précaire. Cette action se fera en faveur du projet de loi sur la réforme du travail qui traite en partie de la problématique du travail précaire.

En Norvège, les syndicats porteront leur attention sur les travailleurs migrants. La Confédération nationale norvégienne, avec ses organisations syndicales affiliées, au nombre desquels l’affilié d’IndustriALL Fellesforbundet, met sur pied ce 7 octobre une conférence sur le travail précaire avec une attention particulière portée aux événements sportifs de grande ampleur. En 2014, les syndicats norvégiens ont attiré l’attention sur les conditions précaires dont sont victimes en particulier les travailleurs migrants qui participent à la construction d’infrastructures destinées aux grands événements sportifs.

Les affiliés vont également mobiliser par le biais de leurs réseaux au sein des entreprises multinationales. Les travailleurs de Rio Tinto vont mener des actions sur les lieux de travail alors que les syndicats participant à la réunion du Comité syndical mondial de SKF débattront de la question et proposeront une résolution en vue d’une action au sein de SKF.

Voici quelques-unes des activités déjà planifiées par des affiliés d’IndustriALL.

Ce 7 octobre, agissez contre le travail précaire et faites-nous part de vos actions.

Du matériel de campagne à imprimer peut être téléchargé à l’adresse : http://www.industriall-union.org/stop-precarious-work.

Pour faire passer le message d’action mondiale pour dire « STOP au travail précaire » partout dans le monde, soutenez le Thunderclap d’IndustriALL : https://www.thunderclap.it/projects/16472-stop-precarious-work

Le syndicalisme libre désormais une infraction pénale ou administrative au Kazakhstan

Entrant en vigueur le 1er janvier 2015, ces dispositions ouvrent la possibilité pour les organes gouvernementaux d’intervenir au niveau des activités syndicales, en restreignant la possibilité de faire grève, de tenir des rassemblements et des manifestations en rue. En fait, début 2014 la KSPK (Confédération des syndicats libres du Kazakhstan) a soumis à la Commission d’Experts de l’Organisation internationale du Travail une analyse critique de la législation dite "Sur les syndicats" récemment adoptée et qui limite sérieusement les marges de manœuvre du mouvement syndical dans le pays.

Déjà au moment de l’examen de son projet, cette loi "Sur les syndicats" avait été gravement critiquée par le mouvement syndical international et par l’Organisation internationale du Travail. En dépit de cela, ces dispositions ont été adoptées par le Parlement de la République du Kazakhstan en juin dernier.

L’analyse passe en revue de manière détaillée les articles de loi liés à la liberté des activités syndicales internes, comme la possibilité pour les syndicats de définir leurs propres structures, de formuler des revendications et de jouir de leur droit de grève ainsi que les problèmes relatifs à l’enregistrement officiel des syndicats par les autorités, les réorganisations et les liquidations. En particulier, la loi rend difficile l’exercice du droit pour un syndicat de formuler des revendications auprès d’un employeur et de faire grève.

En vertu de cette législation, un syndicat sectoriel doit être mis en place par pas moins de la moitié de l’ensemble des travailleurs ou organisations de cette industrie, ou doit compter dans ses structures des représentations dans plus de la moitié des régions ou villes d’importance nationale ainsi que dans la capitale, ce qui pourrait conduire à un plus grand monopole syndical au niveau d’une entreprise ou d’un secteur.

“Cette récente législation et très inquiétante et consternante, en particulier à la lumière de ce qui s’est déjà passé” a indiqué Kemal Özkan, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL Global Union. “Le Kazakhstan est un pays critique au sein de notre Fédération internationale et nous allons poursuivre notre soutien au syndicalisme démocratique du pays”.

L’attitude antisyndicale de Crown se poursuit en Turquie et au Canada

USW a répondu par le dépôt d’une plainte à la Commission des relations de travail de l’Ontario, Canada.

Crown qui est l’un des plus gros fabricants d’emballages d’aliments et de boissons, a provoqué une grève dans son usine de Toronto, le 6 septembre 2013, après avoir exigé des concessions massives, en dépit du doublement de ses bénéfices, et d’avoir déclaré que l’usine était le meilleur site de production d’Amérique du Nord, en matière de productivité, de sécurité et d’efficacité.

"Nous pensons que Crown a décidé de liquider le syndicat et n’est pas intéressé à négocier pour mettre fin au conflit," a dit Fred Redmond, vice-président international de l’USW, qui était chargé des négociations.

En mars, les salariés ont rejeté les demandes de l’entreprise par un vote de 117 voix contre une, après que Crown n’a pas assuré que les salariés pourraient retrouver leur travail. Dans sa proposition la plus récente, Crown a dit vouloir réduire d’un tiers les salaires de la plus grande partie de la main-d’œuvre.

En Turquie, Crown a perdu la bataille dans ses contestations visant l’homologation de l’affilié de IndustriALL, Birlesik Is, et a été forcé de reconnaître le syndicat. Cependant, l’entreprise refuse de négocier de bonne foi, et un arrêt de travail paraît probable. Crown a déjà mis à pied de nombreux salariés en raison de leur engagement syndical.

IndustriALL continue de soutenir l’USW et Birlesik Metal Is dans leurs différends avec Crown. IndustriALL a organisé à Genève, en février, une réunion des syndicats de Crown en Europe et en Amérique du Nord, pour élaborer un programme de riposte contre les attaques de Crown.

Le secrétaire général adjoint de IndustriALL, Kemal Özkan, a participé aux actions engagées lors d’une assemblée générale annuelle de Crown à Philadelphie, États-Unis, en avril. IndustriALL a également envoyé, en avril, une délégation de deux grévistes du Canada en Turquie, en Suisse, en Italie et en France.

IndustriALL a envoyé conjointement avec la Fédération syndicale internationale sœur UITA, une lettre aux clients de Crown en leur demandant de s’assurer que Crown respecte les droits des travailleurs et travailleuses.

L’UITA insiste dans sa demande pour organiser des réunions avec certains clients de Crown dans les secteurs de la nourriture et des boissons où des affiliés de l’UITA ont des membres.

Nous continuerons de soutenir nos affiliés au Canada, en Turquie, et partout où ils subiront des attaques de Crown Holdings, cette entreprise brutale et antisyndicale,” a déclaré Özkan.

Les enseignes déclarent qu’elles paieront davantage pour les vêtements fabriqués au Cambodge

Les enseignes, parmi lesquelles l’un des plus gros acheteur au Cambodge, H&M, ainsi qu’Inditex (Zara) et Primark, ont écrit au Vice-premier Ministre cambodgien et au Président de la GMAC (l’association patronale des fabricants de vêtements) indiquant qu’elles étaient disposées à prendre en compte des salaires plus élevés dans la fixation des prix.

De plus, ces enseignes, au nombre desquelles on retrouve Next, New Look, C&A, Tchibo et N Brown Group, déclarent souhaiter voir une collaboration avec les syndicats sur les lieux de travail.

Cette lettre, envoyée au lendemain de la journée d’action mondiale du 17 septembre, précise :

“Nos politiques d’achat vont permettre le versement d’un salaire équitable et ces rémunérations à la hausse seront reflétées dans nos prix FOB, prenant également en compte les gains de productivité et d’efficacité et le développement des qualifications des travailleurs, le tout mis en place en collaboration avec les syndicats au niveau local.”

Jyrki Raina, Secrétaire général d’IndustriALL Global Union, déclare :

Nous saluons ce courrier sans pareil par lequel les enseignes affirment leur volonté d’incorporer la notion de salaires plus élevés en payant davantage pour les vêtements. Les propriétaires des usines n’ont aucune excuse pour ne pas mieux payer leurs salariés. Qui plus est, le gouvernement cambodgien devrait relever le salaire minimum de manière significative. La lettre montre aussi que les enseignes reconnaissent que les syndicats sont prépondérants pour assurer de meilleurs droits aux travailleurs, un salaire vital et décent et un marché stable.

La lettre a également rencontré l’approbation d’Ath Thorn, président du syndicat cambodgien de la confection C.CAWDU, qui déclare : "Le message adressé par les enseignes constitue une étape importante. Mais elle ne les absout pas de leur responsabilité de prendre de réelles mesures et de négocier directement avec les travailleurs. Nous avons appris d’expériences passées qu’une lettre n’a pas un poids suffisant. Les enseignes doivent prendre instamment des mesures supplémentaires pour assurer de meilleurs salaires aux travailleurs et travailleuses cambodgiens. Pour obtenir une stabilité à long terme et des salaires décents, il faut que ceux qui font les plus gros bénéfices assument les conséquences de leurs actes." 

Ken Loo, Secrétaire général de la GMAC a indiqué : “La GMAC est ravie de recevoir ce courrier parce que c’est le premier engagement officiel à notre connaissance de quelque acheteur que ce soit à fixer des prix FOB plus élevés pour s’assurer que les travailleurs puissent percevoir un salaire vital équitable.”

Cependant, Loo a ajouté que d’autres enseignes devaient donner des garanties similaires.

Les enseignes ont averti qu’en même temps qu’elles s’engageaient à se fournir au Cambodge, elles attendaient du gouvernement et de l’association patronale GMAC une sortie du blocage actuel des relations sociales.

“Pour soutenir les volumes prévus, il est nécessaire d’avoir une attitude positive et un soutien de la part des autorités par rapport à la liberté syndicale, au droit à négocier collectivement, aux salaires vitaux équitables et à la résolution pacifique des conflits. Ceci apportera alors l’assurance et la confiance nécessaires par rapport au Cambodge afin de continuer à promouvoir son marché en tant que pays fournisseur stratégique.”

Des milliers de travailleurs de la confection ont revêtu leurs T-shirts oranges lors de leurs pauses du déjeuner pour manifester devant les usines le 17 septembre en faveur d’une hausse du salaire minimum de 100 à 177 dollars par mois. Cette action était soutenue par IndustriALL Global Union, UNI Global Union et la CSI. Des dizaines d’ONG ont soutenu le mouvement et des piquets ont été organisés devant des boutiques dans le monde entier.

Le même jour, des discussions tripartites ont eu lieu entre le gouvernement, la GMAC et les syndicats. La Commission Consultative du Travail, chargée de fixer le nouveau salaire minimum, doit se réunir à nouveau le 26 septembre et sa décision est attendue pour le début octobre.

IndustriALL compte huit syndicats de la confection affiliés au Cambodge.

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Léonie Guguen

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Les syndicats égyptiens se battent pour un salaire vital

Le salaire vital constitue une question fondamentale en Égypte, notamment dans le secteur de la confection où dans une fabrique, le personnel ouvrier n’a pas reçu de salaire depuis 7 mois. Les représentant(e)s des affiliés et d’affiliés potentiels parmi les nouveaux syndicats indépendants égyptiens entrant dans le cadre de la juridiction de IndustriALL ont assisté à un atelier au Caire les 7 et 8 septembre

Les revendications pour l’augmentation des salaires ont donné lieu ces dernières années à des dizaines de grèves et d’actions revendicatives dans toute l’Égypte. Au cours d’une grève en 2006, les salariés de la fabrique textile Mahalla ont demandé une hausse du salaire minimum à 1.200 LE (166 USD). En 2010, une décision de justice en Égypte a porté le salaire minimum à 1.200 LE, mais la décision n’a pas été appliquée par le gouvernement.  

À la suite des luttes menées par les travailleurs et travailleuses, et de plusieurs actions revendicatives, le cabinet égyptien a finalement porté cette année à 1.200 LE le nouveau salaire minimum dans le secteur public. Cependant, pour les syndicats et les défenseurs des travailleurs et travailleuses, la décision du gouvernement arrive trop tard. Ils demandent un salaire minimum plus élevé qui tienne compte de la hausse des prix et de l’augmentation du coût de la vie. En outre, la décision du gouvernement exclut des millions de salariés égyptiens du nouveau salaire minimum, notamment ceux employés dans le secteur privé. 

Par sa force, la négociation collective permet d’obtenir des salaires plus élevés

Un représentant des syndicats tunisiens voisins qui assistait à l’atelier a décrit comment l’accent mis sur l’amélioration des droits des travailleuses a permis de mobiliser les travailleuses pour appuyer les revendications salariales. L’accent est mis en Tunisie sur la négociation collective pour obtenir des résultats salariaux au lieu d’attendre une augmentation salariale du gouvernement ou des tribunaux.

À l’atelier, les syndicats égyptiens ont décidé de créer un comité syndical national de coordination sur le salaire vital chargé de déterminer leur position et de décider d’une campagne nationale sur la question. La réunion a conclu que comme en Tunisie, le renforcement de la négociation collective et sa capacité au niveau industriel est la meilleure stratégie pour obtenir des salaires plus élevés.

Cela exige la mise en place des structures nécessaires pour la négociation, notamment l’identification des homologues patronaux avec lesquels on négociera – une question-clé à poser dans le contexte des amendements actuellement proposés dans la législation du travail. En particulier dans les professions où les femmes dominent, des efforts devront être faits pour intégrer les femmes dans la négociation collective et promouvoir l’égalité salariale et la valeur du travail des femmes. Les syndicats devront également continuer de lutter pour une augmentation du salaire minimum dans un processus au niveau gouvernemental.

On s’attend à un impact d’Ebola pour les travailleurs ouest-africains

Une épidémie d’Ebola dans le monde développé serait rapidement circonscrite mais l’Afrique de l’Ouest a été incapable de contenir la maladie qui se répand depuis plusieurs mois en raison de la mauvaise qualité des services de santé et de failles dans d’autres services relevant des autorités publiques. Elle a, de multiples manières, un effet dévastateur sur les services de santé. Elle a coûté la vie à des travailleurs de la santé qui n’avaient pas d’équipement de protection adéquat pour travailler en présence de patients infectés, ce qui met encore davantage de contraintes sur des ressources humaines déjà limitées pour répondre aux besoins de santé dans ces pays. Cela s’est traduit par la fermeture d’établissements de santé incapables de traiter des patients atteints d’Ebola et a laissé sans soins des milliers de personnes touchées par l'épidémie ou victimes d’autres affections.

Plus longtemps l’épidémie continuera à se répandre, plus grand sera le risque d’un impact négatif sur l’économie. Les compagnies aériennes suspendent leurs vols et les frontières avec les pays voisins ont été fermées. Les multinationales réduisent leurs effectifs et évacuent le personnel étranger des pays affectés. D’autres pays de la région ont aussi été affectés de par la peur de voir l’épidémie s’y répandre, ce qui a des conséquences sur le commerce et les activités économiques même là où il n’y a aucun cas d’Ebola répertorié.

Dans une lettre aux affiliés du Liberia, de Sierra Leone et de Guinée, le secrétaire général d’IndustriALL Global Union Jyrki Raina a exprimé sa grave préoccupation par rapport à l’impact de l’épidémie sur les travailleurs et écrit : “Nos affiliés ont un rôle important à jouer dans l’évaluation de l’impact économique au niveau du ralentissement ou de l’arrêt de production de certaines compagnies, en particulier du secteur des mines, et des implications sur les salariés en termes de mise à pied. Une attention particulière est également nécessaire par rapport à l’impact sur les travailleurs migrants.”

Certains affiliés d’IndustriALL des pays concernés ont le sentiment qu’ils devraient participer aux efforts pour contenir Ebola, en particulier en éduquant les travailleurs sur la maladie et la manière dont elle se répand. IndustriALL a encouragé ses affiliés à soutenir et collaborer avec Médecins Sans Frontières (MSF), qui a jusqu’ici fournit la réponse la plus pointue à l’épidémie.

Le Fonds Humanitaire des Métallos USW a consacré 25.000 dollars au soutien à la lutte contre Ebola en Afrique de l’Ouest en apportant des fonds à la fois à MSF et à une ONG locale qui a des liens avec le mouvement syndical et qui mène une campagne d’éducation en matière de santé publique. Le Fonds Humanitaire des Métallos USW se consacre principalement au développement de projets et à l’aide d’urgence dans les pays en développement, mais soutient également des communautés canadiennes lors de crises. Les membres des Métallos USW contribuent à ce fonds au travers de dispositions négociées au sein de conventions collectives par lesquelles certains employeurs apportent une contribution équivalente à la leur.

IndustriALL encourage également ses affiliés qui voudraient apporter leur aide à suivre l’exemple du Fonds Humanitaire des Métallos USW et à soutenir le travail de MSF et d’autres ONG crédibles sur le front de l’épidémie.

Cambodge : mouvement de milliers de travailleurs de la confection

D’immenses foules de travailleurs cambodgiens de la confection portant des t-shirts distinctifs de couleur orange ont bravé l’intimidation des militaires pour manifester pendant leur pause du déjeuner devant près de 90 usines.

En Suisse, IndustriALL Global Union et UNI Global Union ont tenu une manifestation solidaire devant l’ambassade du Cambodge à Genève où Kemal Özkan, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL et Alke Boessiger, d’UNI, ont remis une lettre adressée au Premier Ministre cambodgien.

La lettre conjointe des Fédérations Syndicales Internationales IndustriALL et UNI ainsi que de la CSI, qui représentent ensemble des millions de travailleurs de par le monde, exhorte le gouvernement cambodgien à :

décréter une hausse immédiate et substantielle du salaire minimum pour que les travailleurs et travailleuses de la confection, dont le travail porte à bout de bras une industrie de 5 milliards de dollars, puissent enfin vivre dans la dignité. Nous soutenons sans réserve les travailleurs de la confection et leurs syndicats à l’occasion de leur appel lancé ce 17 septembre au gouvernement pour qu’il décrète un salaire vital

D’autres actions ont également eu lieu aujourd’hui en Corée à l’initiative de l’affilié d’IndustriALL, le KMWU, qui a contourné les restrictions auxquelles sont soumises les manifestations en formant des piquets d’une personne à la devanture de plusieurs grandes enseignes de la mode dans les quartiers commerçants les plus populaires de Séoul.

Le KMWU s’est également joint à d’autres syndicalistes coréens pour poster des selfies sur les médias sociaux sur lesquels ils arborent des banderoles en soutien aux travailleurs cambodgiens.

En Australie, les dirigeants et des membres des affiliés d’IndustriALL, Textile Clothing and Footwear Union et Australian Manufacturing Workers’ Union (AMWU) ont manifesté devant les locaux de H&M à Melbourne. Ces deux syndicats étaient également représentés par Unions ACT, qui a remis en mains propres une lettre à l’ambassade du Cambodge à Canberra.

La présence dans les médias sociaux a également été considérable avec le soutien de nombreux syndicats, ONG et consommateurs sur Facebook et sous le hashtag #WeNeed177 sur Twitter.

Le Secrétaire général d’IndustriALL Jyrki Raina a déclaré :

Nous maintiendrons notre soutien aux travailleurs et travailleuses de la confection du Cambodge jusqu’à ce qu’ils obtiennent un salaire décent et vital, ce qui est le droit de tout être humain. Le gouvernement doit entendre ses citoyens, les travailleurs et travailleuses de la confection, dont le dur labeur contribue pour 5 milliards de dollars à l’économie cambodgienne.

Des lettres ont également été envoyées par des affiliés d’IndustriALL des quatre coins de la planète notamment du Japon, du Bangladesh, de Belgique, du Brésil, du Canada, d’Indonésie, de Malaisie et de Suède.

D’autres piquets ont été tenus devant des boutiques à travers le monde.

La campagne pour un salaire mensuel de 117 dollars par mois, qui ne constitue pas encore un salaire vital, a été lancée alors que la Commission Consultative du Travail du Cambodge s’apprête à annoncer le mois prochain le nouveau salaire minimum qui entrera en vigueur en janvier 2015.

Une coalition de syndicats de la confection, dont font partie les affiliés d’IndustriALL, a formulé une revendication de 177 dollars par mois en se fondant sur une étude commandée par le gouvernement cambodgien lui-même l’an dernier et qui recommandait que le salaire minimum des travailleurs et travailleuses de la confection se situe entre 157 et 177 dollars.

Les Fédérations Syndicales Internationales ont aussi écrit au Premier Ministre Hun Sen pour lui demander pourquoi aucun progrès n’avait été réalisé au niveau de la mise en place d’un mécanisme efficace de fixation des salaires et ce, en dépit de l’assistance apportée à cet égard par l’Organisation Internationale du Travail.

Pour plus d’information, veuillez contacter

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UNIFOR s’engage pour la journée d’action STOP Travail précaire

Unifor a formé un partenariat avec l’Université Ryerson, le Centre canadien de politiques alternatives et la fédération canadienne des étudiants et étudiantes pour organiser un dialogue pluripartite sur la manière de créer ensemble de bons emplois. Le Sommet se tiendra du 3 au 5 octobre à Toronto.

L’année dernière, lors de la journée mondiale de l’emploi décent, le président d’Unifor, Jerry Dias, avait demandé au gouvernement canadien de réunir un Sommet mondial pluripartite pour de bons emplois, afin d’engager un dialogue sur la création et le soutien du travail décent.  Le gouvernement n’ayant pas répondu, Unifor a décidé d’organiser son propre sommet pour de bons emplois.

Aujourd’hui, les emplois temporaires sur le marché du travail canadien sont en augmentation à un taux deux fois plus rapide à celui des emplois permanents. “Pour trop de gens au Canada, le rêve de trouver un bon emploi est actuellement hors de question. Pour un nombre de plus en plus grand de gens, les emplois qui à une époque étaient considérés comme ‘stables’ – avec des salaires décents, des prestations et de bonnes conditions de travail – sont menacés. Les bons emplois semblent disparaître de la carte économique,” peut-on lire dans le document de travail du Sommet d’Unifor sur le bon emploi.

Compte-tenu de l’impact de l’augmentation de l’emploi précaire sur les communautés et la société en général, le sommet rassemblera un large éventail d’acteurs, notamment des travailleurs et travailleuses, des étudiants et étudiantes, des gouvernements, des employeurs et des organisations communautaires. Les questions à traiter concerneront les conséquences économiques de l’augmentation des emplois temporaires et à bas salaires; l’impact psychologique sur des individus qui font face à une instabilité dans leur cheminement de carrière, et l’impact de la croissance avec des emplois de pauvre qualité sur notre capacité collective à poursuivre d’autres objectifs sociaux, comme l’élimination de la pauvreté ou la protection de notre environnement naturel.

Des renseignements complémentaires se trouvent sur le site internet de l’évènement.

IndustriALL demande à tous ses affiliés d’agir le 7 octobre, comme UNIFOR, pour montrer notre engagement unifié pour mettre fin au travail précaire. 

Les salaires de misère sont la cause des pertes de connaissance des travailleuses cambodgiennes de la confection

Quand Neang Sokly a repris connaissance sous un arbre devant la fabrique de vêtements de Conpress où elle a travaillé au cours des deux dernières années, elle a crié pour obtenir de l’aide. La dernière chose dont elle s’est souvenue est de voir les agents de sécurité de la fabrique dirigeant les travailleuses et travailleurs pour sortir du bâtiment en s’apprêtant à enquêter sur ce qui se passait. “J’étais allé voir quel était le problème et je suis passé devant un tas de jeans qu’on était en train de teindre. L’odeur était horrible et j’ai réalisé que des produits chimiques en étaient la cause, aussi je suis sortie en courant et j’ai perdu connaissance,” se souvient Neang.

Elle est l’une des centaines de personnes employées dans l’industrie de la confection au Cambodge, chargées de produire des vêtements pour les plus grandes marques mondiales, comme Puma, H&M et Nike, qui ont perdu connaissance au travail rien que cette année. Durant une seule semaine en juillet, plus de deux cents travailleuses ont été admises au Centre médico-social Prek Anhchanh, une petite clinique rurale de la banlieue Phnom Penh, après avoir perdu connaissance au travail.

“Je ne me souviens pas de ce qui s’est passé,” dit Sao Nari, couturière âgée de 22 ans, employée dans la fabrique chinoise Sixplus, où elle est chargée de coudre les ceintures élastiques sur des shorts de sport d’Adidas. “Je travaillais au fond de l’atelier et je vis des gens partir en courant, mais je n’ai pas réalisé ce qui se passait. Je me suis mise à courir à mon tour, mais il y avait une odeur étrange que je n’avais jamais sentie auparavant. Ensuite, je me suis évanouie une fois dehors.” Une aiguille dans le bras raccordée à un goutte-à-goutte au Prek Anchanch, elle se plaint de douleurs persistantes dans la poitrine près de trois heures plus tard.

Cependant, les personnes qui ont perdu connaissance peuvent se considérer comme avant eu de la chance. Dans les fabriques et ateliers de confection de New Archid et de Sangwoo, situées respectivement les provinces de Kandal et de Kampong Speu, Sokny Say du syndicat libre des travailleurs du Royaume du Cambodge (FTUWKC) a signalé que deux personnes sont mortes le mois dernier d’affections contractées dans la fabrique. La couturière Nov Pas, âgée de trente-cinq ans, qui avait cousu des vêtements pendant près de quatre ans pour des marques comme Gap et Old Navy, a perdu connaissance à son poste de travail dans la fabrique Sangwoo, le 24 juillet 2014. Elle a été admise à 9 heures du matin à l’hôpital provincial le plus proche, et déclarée morte vers dix-huit heures. 

Contacté pour un commentaire, Chea Sok Thong de la fabrique coréenne Sangwoo a nié toute responsabilité de l’entreprise pour le décès de Mme Nov, en rejetant la responsabilité sur le manque des soins médicaux à l’hôpital où elle était traitée. Questionné sur la raison première de sa présence à l’hôpital, Chea s’est contenté de dire “qu’elle paraissait malade et faible,” tout en affirmant que cela n’avait rien à voir avec les conditions de travail.

Sithyneth Ry, un responsable du FTUWKC chargé des résolutions, tout en reconnaissant que des améliorations sont toujours possibles sur le traitement des travailleuses de la confection dans les hôpitaux, critique fermement la position officielle de Sangwoo. “Le fait d’affirmer que des maladies n’ont rien à voir avec les conditions de travail est une excuse très courante. [Les fabriques] chercheront toujours à éviter d’être responsable.” En définitive, il affirme qu’il y va de la responsabilité de l’entreprise d’avoir un milieu de travail sûr.

Tout en affirmant que la responsabilité dans des cas de pertes massives de connaissance et de décès est une question complexe, vu l’embourbement d’une corruption notoire dans le contexte de l‘administration cambodgienne, M. Sithyneth dit que tout est centré sur un fait fondamental: le salaire des travailleuses de la confection ne leur permet pas de vivre. “J’estime qu’un salaire de 200 USD par mois est le minimum permettant de vivre dans un Cambodge moderne,” dit Sithyneth, “mais les travailleuses de la confection gagnent moitié moins si elles ne font pas beaucoup d’heures supplémentaires.”

Selon Sithyneth, le travail supplémentaire et la médiocrité des conditions sur les lieux de travail sont deux facteurs qui reviennent constamment et qui portent la responsabilité pour la majorité des pertes de connaissance – et ces deux problèmes sont le résultat direct de la charge financière des travailleuses de la confection.

Neang Sokly a travaillé pendant dix-huit ans dans l’industrie de la confection. Elle est actuellement employée au service du contrôle de la qualité de Conpress Factory Holdings Ltd., où elle vérifie chaque jour plus d’un millier de jeans pour s’assurer que l’entreprise répond aux normes de la clientèle avant d’expédier la marchandise dans les magasins de vente au détail dans le monde. Son salaire de base est de 124 USD par mois, avec lequel elle doit subvenir à ses besoins, à ceux de ses parents qui prennent de l’âge, et à ses trois frères et sœurs au chômage. Bien que leur mode de vie soit extrêmement modeste, son salaire n’est simplement pas suffisant pour couvrir les besoins essentiels – ce qui l’amène à chercher activement à faire le plus d’heures supplémentaires possibles.

“Je cherche toujours à travailler onze heures quand c’est possible. Je veux aider ma famille, et si je travaille moins, c’est impossible,” dit Neang. “Il n’y a pas de commandes supplémentaires la semaine prochaine [chez Conpress] et je ne gagnerai rien de plus. Sans heures supplémentaires nos vies sont difficiles.”

Une fois, alors qu’elle faisait des heures supplémentaires, Neang se souvient qu’une de ses camarades de travail a perdu connaissance, mais elles ont été incapables de l’aider. “Elle m’a appelée de l’hôpital [après sa perte de connaissance] pour me demander de l’aide, mais nous avions une commande urgente et nous n’avons pas eu le droit de quitter le travail.”

Bien que l’intervention des syndicats ait mis fin à la pratique des heures supplémentaires forcées, la réalité financière pour les travailleuses de la confection – appartenant le plus souvent à des familles appauvries – rend les heures supplémentaires essentielles, même si elles ne sont pas officiellement obligatoires.

Ces longues heures exposent les travailleuses à des conditions souvent inadéquates dans les fabriques et ateliers de la confection et à une durée de travail trop longue pour rester en bonne santé. Sao Nari, qui a perdu connaissance à deux reprises au cours de ses quatre mois de travail chez Conpress, se souvient de la même odeur chimique dans l’air chaque fois qu’elle s’est évanouie. “J’avais l’impression d’étouffer,” se souvient-elle, “Je ne pouvais pas respirer. Je ne sais pas ce qu’était cette odeur, et les cadres dirigeants n’ont pas voulu le dire.”

Pourtant, la pensée de quitter son travail dans la fabrique, malgré les soucis de sa famille pour sa santé, n’est pas une option possible. “Je suis la seule personne dans la famille avec un emploi, et nous nous sommes très endettés pour bâtir notre maison. Sans cet emploi et sans les heures supplémentaires, je ne sais pas ce que nous pourrions faire.”

Selon M. Sithyneth du FTUWKC, les effets de la pauvreté sur la vie de famille des travailleuses de la confection serait responsable des pertes de connaissance pendant les longues heures de travail. Une étude réalisée par le Service national de santé du Royaume-Uni recommande la consommation moyenne de deux mille calories par jour pour qu’une femme puisse conserver son poids. Mais en raison des bas salaires, beaucoup de travailleuses de la confection souffrent de malnutrition.

Chang Savy, âgée de vingt-quatre ans, qui a perdu connaissance à deux reprises à son travail chez Conpress, dit qu’elle et son mari peuvent tout juste dépenser 30 USD par mois pour acheter de la nourriture. “Je suis souvent prise de vertiges au travail et je ne sais pas pourquoi,” dit Chang. “C’est possible que je me sois évanouie parce que je ne mange pas suffisamment. Nous mangeons mon mari et moi 150 grammes de riz par repas, et peut-être un peu de soupe. Nous avons rarement de la viande.” Le Département américain de l’agriculture estime que 150 grammes de riz blanc cuit contient juste cent vingt calories, Chang est bien en dessous du nombre de calories nécessaires pour avoir suffisamment d’énergie pour toute une journée de travail.

Neang Sokly, qui dit n’avoir pas suffisamment de revenu disponible pour manger correctement, reconnaît qu’en raison de sa pauvreté elle a peu de choix, sinon continuer de travailler dans un atelier de confection. Mais elle donne crédit à l’arrivée des syndicats au Cambodge pour avoir amélioré considérablement leur situation. “Avant les syndicats, les conditions étaient horribles. [Les syndicats] ont amélioré à la fois les conditions et notre salaire. Quand nous sommes rassemblés, les propriétaires sont obligés de mieux nous traiter,” affirme Neang.

Dans le but d’améliorer la situation de beaucoup de ses camarades dans la confection, Neang s’est portée volontaire comme représentante de plusieurs groupes syndiqués qui lui assurent un financement pour acheter des fournitures médicales qu’elle distribue aux personnes dans le besoin. En outre, la présence des syndicats lui permet de signaler des abus et l’exploitation de la main-d’œuvre. “Sans les syndicats, les choses iraient de mal en pis. Les syndicats nous permettent de faire entendre nos voix.”

La Suède salue l’arrivée d’un syndicaliste comme premier ministre

Ce résultat signifie un retour à un gouvernement socialiste après huit années de pouvoir conservateur en Suède.

Soudeur de profession, Löfven est issu de la base de l’affilié d’IndustriALL Global Union IF Metall et est devenu président de l’un des plus grands syndicats suédois. Il a également été membre du Comité exécutif de la Fédération Internationale des Ouvriers de la Métallurgie (FIOM).

Dans son discours inaugural lors du Congrès de Fondation d’IndustriALL à Copenhagen en 2012, Stefan Löfven disait :

“Dans tout débat politique, la voix des travailleurs devrait être entendue et respectée. Je suis toujours l’un des vôtres et je le serai toujours.”

Le Secrétaire général d’IndustriALL Jyrki Raina a déclaré :

“Nous félicitons notre camarade pour cet énorme succès et nous sommes fiers de voir un syndicaliste prendre la direction d’un pays. Quels que soient les défis qui se présenteront, Stefan est un négociateur d’une grande expérience aux valeurs démocratiques fermement enracinées.”