Une campagne mondiale met en déroute une attaque antisyndicale chez NXP

Douze membres de l'Exécutif du syndicat qui avaient été licenciés retrouveront leur emploi tandis que les douze autres recevront des primes de licenciement décentes et deviendront des permanents syndicaux. Les hausses de salaire de 12,25% échelonnés sur trois ans sont nettement plus élevées que ce que la direction prétendait être possible et beaucoup de travailleurs contractuels seront régularisés. Mais surtout aux yeux des travailleurs de NXP, la tentative brutale de la direction pour mettre le syndicat à genoux a échoué.

Voir la déclaration officielle du MWAP ici.

LE 5 mai, la multinationale néerlandaise NXP Semiconductors avait licencié les 24 responsables syndicaux élus de son usine de la zone économique spéciale de Cabuyao pour avoir pris congé pendant des jours fériés.

Plusieurs mesures de sécurité furent alors prises pour intimider les travailleurs. La zone fut investie par la police, les autobus emmenant les ouvriers au travail étaient fortement gardés, des postes de contrôle furent instaurés tandis que des brutes en civil patrouillaient l'usine.

"On voyait bien que NXP et le gouvernement étaient d'accord pour détruire un des seuls syndicats présents dans la zone économique spéciale", déclare le Secrétaire général d'IndustriALL, Jyrki Raina. "IndustriALL a travaillé en étroite collaboration avec le MWAP et ses alliés pour mettre sur pied une campagne puissante".   

L'impressionnante campagne lancée par le MWAP à l'échelon local a reçu un soutien international. Il y a eu des piquets de grève devant les locaux où se tenaient les négociations et devant les bâtiments de NXP, des mobilisations nationales et un soutien national des 15 affiliés d'IndustriALL aux Philippines, des actions centrées sur les clients de NXP, et plus particulièrement sur Apple qui a reçu plus de 150.000 requêtes et 14.000 plaintes officielles par le biais de SumOfUs, un vaste réseau social dénonçant les carences du nouveau iPhone 6 en matière de droits au travail, des actions et une collaboration avec le monde de l'entreprise et la communauté de défense des droits de l'homme qui lui ont donné de la publicité et mobilisé un soutien au MWAP, tandis qu'une campagne de LabourStart ciblait la direction de NXP.

D'autres actions de soutien ont été lancées par des partenaires internationaux tels que United Students Against Sweatshops (USAS) sous la forme de manifestations devant les magasins Apple de Los Angeles et Chicago en présence de militants et de dirigeants de l'USW. D'autres manifestations étaient prévues si un accord n'était pas trouvé.

IndustriALL s'est adressé à des syndicats représentant les travailleurs de NXP dans d'autres pays pour leur demander de soutenir le MWAP. Il a aussi demandé à des syndicats de plusieurs gros clients de NXP de faire pression pour que ceux-ci invitent NXP à cesser ses attaques contre le MWAP.

Le soutien de plusieurs affiliés d'IndustriALL, dont l'AMWU, IF Metall, IG Metall, Metalliliitto, Unite et USW, s'est avéré déterminant, tout comme celui apporté à IndustriALL par son organisation-sœur, UNI.

"Nous pensons avoir livré une grande bataille qui s'est soldée par une victoire majeure", a déclaré Reden Alcantara, le Président national du MWAP, qui est aussi un des 12 responsables syndicaux qui ne reprendront pas le travail chez NXP. "Ce long et difficile combat était parsemé d'embuches, mais nous n'avons jamais cessé de chercher des solutions. Nous sommes arrivés à ce résultat grâce à l'unité de nos membres et au soutien inconditionnel de notre syndicat mondial IndustriALL et de nos autres sympathisants et amis de la communauté locale et internationale."

La direction de NXP n'a pas réussi à détruire notre syndicat. C'est là, pour nous, notre plus grande victoire.

Victoire des travailleurs de Foxconn au Brésil

Cette victoire est le résultat d'un accord passé entre Foxconn et le Syndicat des ouvriers de la métallurgie de Jundiaí, après une grève de cinq jours à laquelle ont participé 3.700 travailleurs.

La mise en place de la nouvelle structure salariale prendra encore une année mais, dès septembre 2014, le personnel de l'usine touchera le même salaire que celui de la première usine.

La multinationale taïwanaise de l'électronique Foxconn a aussi accepté de verser l'intégralité des salaires pour la période de la grève, qui s'est achevée le 18 septembre.

Foxconn avait inauguré sa plus grande usine du Brésil à Jundiaí en 2007. Elle est spécialisée dans la fabrication d'ordinateurs, de notebooks et de cartes-mères. En 2011 est entrée en activité dans la même ville une deuxième unité de production, la seule hors de Chine à assembler des iPhones et des iPads pour Apple.

Le Syndicat des ouvriers de la métallurgie, qui est membre de notre affilié CNTM, réclamait de l'employeur une enveloppe salariale et des plans de carrière identiques pour les travailleurs des deux usines de Jundiaí.

C'est la deuxième fois en deux ans que les travailleurs de Foxconn au Brésil ont posé l'outil. Une précédente grève avait eu lieu en février 2013 sur les mêmes revendications.

Pendant la procédure de conciliation qui a eu lieu devant la cour régionale du travail, Foxconn a accepté d'appliquer immédiatement la nouvelle structure organisationnelle. En janvier 2015 sera convoquée une réunion pour poursuivre l'examen des positions et des plans salariaux.

Braquer les projecteurs sur les salaires et le temps de travail dans les chaînes d’approvisionnement de la confection

Les affiliés de IndustriALL Global Union de 22 pays ont exposé leur point de vue pour des salaires plus élevés et un temps de travail plus court au Forum de dialogue mondial de l’OIT sur les salaires et le temps de travail dans les industries du textile, des vêtements, du cuir et de la chaussure, organisé à Genève du 22 au 25 septembre.

Les syndicats sont intervenus passionnément sur la nécessité de sortir des salaires de misère qui contraignent les salariés à faire de longues heures supplémentaires de travail pour pouvoir joindre les deux bouts. Ils ont témoigné de l’impact des conditions extrêmement dures sur la vie des travailleuses et travailleurs et de leurs familles. Un grand nombre de représentants du gouvernement assistaient à la réunion, ce qui montre que ces questions sont très préoccupantes au plan international. En particulier, les gouvernements allemand et néerlandais ont demandé le respect de la liberté syndicale et du droit à la négociation collective pour permettre la tenue de négociations destinées à améliorer, de façon générale, les conditions de travail des salariés dans la confection. Cependant, le point de vue des acheteurs multinationaux, qui jouent un si grand rôle dans les conditions de travail des chaînes d’approvisionnement du textile, des vêtements, du cuir et de la chaussure, était manifestement absent de la réunion.

À la fin des trois journées de discussions intenses, l’organe tripartite a abouti à un consensus sur des actions futures.

Pour les employeurs et les syndicats, elles portent sur les points suivants:

Cette opinion doit bénéficier du soutien du Bureau international du Travail par les moyens suivants:

Il est demandé aux gouvernements:

La réunion a permis d’appeler une fois de plus l’attention sur la situation désespérée des travailleuses et travailleurs dans ces industries. Mais pour obtenir un changement durable, il faut que les marques mondiales participent au débat. IndustriALL continuera de s’adresser aux marques et de renforcer, à cette fin, son action autour des chaînes d’approvisionnement.

Juste avant le Forum de dialogue mondial, les dirigeants syndicaux s’étaient rencontrés pour partager des expériences et élaborer des stratégies visant à améliorer les conditions des travailleuses et travailleurs dans les chaînes d’approvisionnement.

Partout dans le monde, l’industrie est en proie à des difficultés pour créer des syndicats ouvriers, pour s’opposer aux bas salaires et à la durée excessive du travail. Les syndicats ont envisagé de se servir d’instruments internationaux, tels que les ACM, les codes de conduite, les accords multimarques et les plates-formes pluridisciplinaires, et d’en déterminer les limites.

Le rôle des syndicats des pays d’origine des multinationales a également été examiné pour déterminer leur possibilité de travailler de pair avec des syndicats locaux pour améliorer les conditions de travail. Des syndicats d’Espagne, de Suède et des États-Unis ont parlé de leurs efforts respectifs pour que leurs marques nationales fassent pression sur leurs fournisseurs, pendant que les syndicats des pays de production discutent des défis présentés par la syndicalisation, l’augmentation des salaires et la réduction de la durée du travail.

Négocier pour dire STOP au travail précaire

De par le monde, les syndicats mobilisent à nouveau leurs membres à l’occasion de la Journée mondiale pour le travail décent, le 7 octobre. Comme de coutume, ils combineront souvent notre message international avec leurs revendications nationales. Nous serons témoins d’actions hautes en couleurs partout dans le monde.

Mais la campagne pour dire STOP au travail précaire ne se limite pas à une journée. La grande famille d’IndustriALL Global Union poursuit sa lutte sur tous les continents chaque jour tout au long de l’année. Voyez notre page de campagne pour des nouvelles permanentes sur les actions et les victoires.

IndustriALL soutient ses affiliés dans leur combat pour limiter le travail précaire par le biais de la législation et de la négociation collective. Pour être concrets, nous avons publié en juin 2014 un nouveau guide intitulé Négocier la sécurité – Stratégies syndicales de négociation contre le travail précaire.

La négociation collective joue un rôle crucial dans la limitation de l’emploi précaire et dans l’amélioration des conditions proposées aux travailleurs et travailleuses temporaires, à temps partiel et intérimaires. Négocier la sécurité donne des exemples de conventions créatives et progressistes. En voici quelques-uns.

Chez Bridgestone, les Métallos USW aux États-Unis, le SUTNA en Argentine et le Syndicat des travailleurs du caoutchouc de Sao Paulo ont obtenu une disposition dans leurs conventions collectives en vertu de laquelle les opérations de maintenance routinières liées à la production devront être effectuées par du personnel engagé en direct.

Le syndicat de Sao Paulo est en outre convenu avec Bridgestone, Pirelli et Goodyear que les salariés temporaires ne représenteraient pas plus de 5% de la main-d’œuvre de production. Au Canada, les adhérents des Métallos USW chez Rio Tinto au Québec ont obtenu une limite de 10 à 15% pour les travailleurs externalisés.

Le NUMSA, en Afrique du Sud, a obtenu des limitations du recours à de la main-d’œuvre temporaire au niveau des conventions pour l’industrie du métal en 2014 et avant cela déjà en 2011, lorsqu’il avait été acquis que des salariés ne pourraient pas être employés par le biais de pourvoyeurs d’emploi pendant plus de quatre mois. Dans certaines conventions australiennes et philippines, un travailleur à durée déterminée devient permanent au bout de 12 mois.

Les affiliés d’IndustriALL sont engagés dans des batailles permanentes pour éviter davantage d’externalisation comme l’UWUA qui a fait grève deux mois aux États-Unis cette année, ou par la conversion d’emplois précaires en contrats réguliers comme le SUTIDS au Sénégal.

Des rémunérations et prestations sociales équivalentes ont été obtenues au niveau d’une série de conventions par IG Metall en Allemagne, l’AMWU en Australie, le NUMSA en Afrique du Sud ainsi que par des syndicats de l’Île Maurice.

IndustriALL considère aussi des accords mondiaux pour limiter le travail précaire. Le texte le plus solide jusqu’ici est la “Charte du travail temporaire dans le Groupe Volkswagen” signée en novembre 2012 par IndustriALL, la direction ainsi que les Conseils d’Entreprise Européen et Mondial. La Charte limite le recours au travail temporaire à 5% de la main-d’œuvre et garanti des salaires et traitements égaux.

Alors maintenant, préparez vos calicots pour le 7 octobre. Et avant cela, aidez-nous à atteindre le million de paires de mains sur notre Thunderclap à l’adresse https://www.thunderclap.it/projects/16472-stop-precarious-work!

Jyrki Raina
Secrétaire général

Grèves d’avertissement à la mine de BHP Billiton et Rio Tinto au Chili

Le syndicat a dit: “Cette grève est un avertissement et constitue notre réponse à l’échec des négociations avec l’entreprise et les autorités pour obtenir un résultat”.

La grève a duré 24 heures, mais en l’absence d’une proposition pratique de la part de l’entreprise, les travailleurs se sont remis en grève, mercredi 24 septembre à huit heures du matin. Des rassemblements massifs ont eu lieu dimanche 21 septembre à 20 heures, et lundi matin, l’équipe de nuit (équipe D) a quitté le travail et une marche des travailleurs des deux équipes postées a suivi à travers les installations de la mine.

Jorge Almeida, secrétaire régional de IndustriALL, avait écrit aux travailleurs et travailleuses d’Escondida avant les grèves, en exprimant son soutien à leur combat et en exigeant le respect de leurs droits. Le syndicat a demandé à l’entreprise “de prendre ses responsabilités sur les questions qui ont mené à la grève dans un délai raisonnable, et de trouver une solution mutuellement bénéfique aux problèmes pour lesquels l’entreprise porte l’entière responsabilité ”.

IndustriALL et CCC dénoncent le fabricant de chaussures Palla au Sri Lanka

En août 2012, la direction de Palla a mis fin unilatéralement au système d'augmentation semestrielle des salaires qui était une tradition dans l'entreprise. Lorsque les travailleurs se sont organisés pour protester contre cette dégradation de leurs conditions de travail, elle a licencié 15 responsables syndicaux en novembre 2013 et 179 adhérents le mois suivant.

La grève qu'avaient entamée en juillet 2013 les membres du FTZGSEU a entraîné l'intervention du Commissaire au travail du Sri Lanka qui présida les négociations qui ont abouti à un mémorandum d'accord favorable aux revendications des mineurs. La direction avait signé cet accord mettant fin à la grève, ce qui ne l'a pas empêchée de procéder aux licenciements en masse.

Les travailleurs ont non seulement été licenciés pour s'être syndiqués, mais leurs noms ont aussi été mis sur liste noire, ce qui les privait de tout moyen de subsistance, les autres employeurs refusant de les embaucher. Ce n'est qu'après avoir signé, sous la pression de la direction, un document illégal par lequel ils promettaient de ne plus se livrer à aucune activité syndicale qu'ils ont pu retrouver leur emploi.

Clean Clothes Campaign et IndustriALL Global Union ont toutes deux appelé Bata à se conformer à son code de bonne conduite. Or, sans objecter aux violations commises par l'employeur et plutôt que d'imposer un règlement équitable prévoyant le versement des arriérés de salaire et la réintégration des travailleurs, la multinationale s'est totalement dissociée de Palla en 2013.

Vous pouvez écrire à Bata ici.

Vous pouvez écrire à Palla ici.

Pour Anton Marcus, le Président du FTZGSEU qui est aussi membre du Comité exécutif d'IndustriALL :

Il faut que les travailleurs soient réintégrés. Presque tous nos adhérents ont été licenciés. Bata était son principal acheteur au moment où ces violations ont été commises, et Bata est responsable de sa chaîne d'approvisionnement. 

Nous exigeons la réintégration sans condition ainsi que le versement des arriérés de salaire, y compris les augmentations dues, ce qui représente au total 40.000 $US.

Le cas des dirigeants syndicaux licenciés a été porté devant la justice du travail tandis que les 172 cas restants sont traités par une cour industrielle.

Palla & Company est un fabricant de chaussures en cuir installé à Katunayake et exporte vers le marché mondial, dont une grande partie de sa production en Italie. En décembre 2011, l'entreprise a intégré le groupe indien Ceylon Leather Products Plc, dont la société-mère est Environmental Resources Investment Plc (ERI). Le groupe est en plein essor et engrange de bons résultats.

Malheureusement, les engagements d'ERI en matière de responsabilité sociale ne donnent pas la priorité à ses travailleurs ni à ses partenaires syndicaux :

ERI est un fonds d'investissement qui s'efforce continuellement d'être une entreprises socialement responsable, persuadée des effets positifs et durables des politiques de bonne gouvernance et pratique une gestion financière, des orientations stratégiques et une discipline de management rigoureuse pour contribuer à restructurer des entreprises et les améliorer encore. 

Publication pour consultation des normes établissant un précédent pour une exploitation minière responsable

Le projet de normes, qui marque une étape importante, est réalisé dans le cadre d’une approche et d’une gestion pluripartites de l’initiative, qui permet une égale représentation des mineurs, des communautés indigènes, des ONG, des utilisateurs/industries en aval.

Depuis le premier sommet mondial sur le développement durable (Rio+10) organisé en 2002 à Johannesburg, Afrique du Sud, on a assisté dans presque chaque secteur industriel dans le monde à une prolifération de normes mondiales qui assurent respecter les impératifs du développement durable.

Aux côtés du syndicat United Steelworkers, IndustriALL a participé à un effort visant à créer des systèmes de normes et de vérification indépendants plus élevés de tierce partie pendant près de huit années, depuis le temps où l’ICEM (prédécesseur de IndustriALL) a participé à la deuxième réunion de l’Initiative pour une certification responsable de l’exploitation minière (IRMA) en 2007. IndustriALL Global Union et l’USW sont membres du comité de direction de l’IRMA.

Le développement des normes exige deux périodes de consultation et de révision publiques. La publication du projet actuel concerne la première période de révision et de consultation publiques qui s’achèvera le 22 octobre 2014.

Une deuxième révision et consultation publiques débutera immédiatement après la collation des commentaires, contributions et rétroactions par le comité de direction de l’IRMA.

Après l’adoption des normes, la prochaine étape consistera à établir des systèmes de vérification sur place, qui devront engager directement et qualitativement les travailleurs et travailleuses et les membres de la communauté, pour s’assurer de la bonne application des normes adoptées.

IndustriALL invite tous ses affiliés à prendre part à la première phase de consultation publique du développement des normes de l’IRMA et de soumettre leur rétroaction au projet de normes pour une exploitation minière responsable. À cette fin, une enquête sur internet a été mise au point. L’enquête pour la version de juillet 2014 du projet de normes de l’IRMA sera ouverte pour commentaires jusqu’au 22 octobre 2014. La version en anglais et en espagnol de l’enquête en ligne se trouve sur http://www.responsiblemining.net/the-irma-process/stakeholder-feedback/#ONLINESURVEY

Accès direct à la version anglaise de l’enquête:
·         Cette version de l’enquête permet une réponse par ordinateur (recommandée, parce que cette version permet à chaque utilisateur de revenir sur l’enquête et d’ajouter ou de changer des commentaires à tout moment)
·         Cette version de l’enquête permet à de multiples répondants d’utiliser le même ordinateur (chaque répondant doit compléter l’enquête en une fois)
 
Des renseignements complémentaires sur IRMA et son travail se trouvent sur le lien http://www.responsiblemining.net/

Turquie : avec davantage de licenciements, Deva continue d’écœurer les syndiqués

Deva Holding est une entreprise pharmaceutique basée en Turquie, mais EastPharma Ltd., fondée en 2006 et enregistrée aux Bermudes, est le holding qui détient indirectement Deva. La firme d’investissements GEM (Global Equities Management) détient environ 65% de EastPharma, alors qu’environ 15% des parts sont cotées en bourse, tout comme 15% de sa filiale Deva Holdings.

Une structure d’actionnariat aussi compliquée a eu des répercussions négatives sur les relations sociales. En réalité, il y a quatre ans, la direction de l’entreprise a eu recours à différentes tactiques pour démolir une présence syndicale vieille de 40 ans assortie de relations sociales structurées et d’un dialogue social empreint de maturité avec Petrol-Is dans les usines de Deva Holding situées dans les provinces de Tekirdağ, Kocaeli et Istanbul.

Durant cette période, la direction de Deva avait annoncé qu’il n’y aurait plus de convention collective, en arguant du prétexte de coûts de production élevés et des politiques du gouvernement affectant l’industrie pharmaceutique. Elle avait exercé une pression sur les travailleurs pour qu’ils signent des contrats de travail individualisés en dehors de toute convention collective et ensuite mis à pied 70 salariés qui avaient refusé de signer ces contrats. Les tribunaux du travail locaux ont statué que les travailleurs avaient été licenciés abusivement et que tous devaient être réintégrés. Cependant, pas un des travailleurs éconduits n’a pu reprendre son poste.

Au fil des années, les conditions de travail des salariés de Deva se sont détériorées, avec de bas salaires, des prestations sociales insuffisantes, des menaces constantes de licenciement, du harcèlement moral ainsi que des conditions de travail dangereuses et malsaines. En juin de cette année, une majorité écrasante de salariés de Deva a entrepris de rejoindre à nouveau Petrol-Is. Cependant, la réplique de Deva Holding a de nouveau été brutale et à coup de licenciements. Les 24 travailleurs licenciés l’ont été simplement pour avoir exercé leur droit fondamental et légitime à la liberté syndicale, telle que garantie par les Conventions de l’OIT ainsi que par la Constitution de Turquie et la législation syndicale turque.

“Nous avons perdu patience. N’oubliez pas que nous sommes une force qui regroupe 50 millions de personnes,” a martelé Kemal Özkan, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL Global Union, à l’occasion d’une récente manifestation tenue devant les locaux de Deva Holding à Istanbul. “Deva ne peut pas nous empêcher de défendre nos droits. Ils signeront une convention collective ou nous les défierons partout où ils seront”.

EastPharma prétend vouloir être le lieu où l’orient rencontre l’occident. L’entreprise a également l’intention d’ouvrir davantage d’usines et d’obtenir des certifications de la part de la FDA (Agence américaine des produits alimentaires et médicamenteux) et de l’Agence européenne des médicaments (EMA) pour ses usines de production.

Plus tôt dans l’année, IndustriALL Global Union avait approché le PDG de Deva Holdings pour prier instamment l’entreprise de réintégrer les huit syndiqués licenciés, lever la pression mise sur les adhérents et renouer un dialogue constructif avec Petrol-Is, puisque les travailleurs ont légitimement et légalement le droit de choisir librement leur syndicat. Davantage d’informations.

Comme l’entreprise continue à faire la sourde oreille, allant même à l’escalade dans sa croisade anti-syndicale, IndustriALL Global Union a décidé de lancer une campagne électronique en collaboration avec Labourstart en faveur de la réintégration des travailleurs licenciés et pour la reconnaissance de Petrol-Is. Rejoignez-la !

Grèves de 24 heures des travailleurs de BHP Billiton et Rio Tinto au Chili

Le syndicat numéro 1 d’Escondida a demandé à ses 2.800 membres de faire grève à deux reprises pendant 24 heures, notamment toutes les équipes postées, cette décision s’appliquant tant aux mineurs qu’aux employés de l’entreprise chargée du port de Coloso.

"Nous avons pris cette décision en raison de l’attitude inflexible de la direction d’Escondida, qui systématiquement ne respecte pas le législation du travail", a déclaré le syndicat. Le personnel s’oppose à l’extension du temps de travail et veut obtenir une amélioration des mesures de santé et de sécurité, notamment une protection contre le travail à haute altitude.

La grève est un avertissement et un appel pour mettre fin aux infractions à la loi et à d’autres irrégularités. Les représentants du syndicat ont rencontré des responsables de l’entreprise mercredi 17 septembre, et ont réaffirmé la nécessité de prendre en compte ces questions.  Cependant, la réunion n’a pas réussi à adopter des propositions pratiques pour résoudre rapidement le différend. Le syndicat a donc décidé de poursuivre son projet de mobilisation de la main-d’œuvre et a confirmé son appel à la grève.

BHP Billiton détient une part de 57,5 pour cent dans la mine, alors que Rio Tinto a une participation de 30 pour cent. Les activités minières de Rio Tinto sont souvent l’objet d’importants conflits du travail, et IndustriALL a déjà dénoncé énergiquement l’entreprise pour ses mauvaises pratiques d’emploi.

Un organe des Nations Unies critique le libre-échange

La Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement, CNUCED, vient de publier son dernier Rapport sur le commerce et le développement. Contrairement à la théorie du libre échange qui prévaut, le rapport avance que les contraintes commerciales sont dues à une faible demande mondiale plutôt qu’à de fortes barrières commerciales, de sorte que des efforts visant à dynamiser les exportations par le biais d’une réduction des salaires seront contre-productifs. Ce qu’il faut, c’est une reprise solide au niveau national emmenée par la demande intérieure.

Dans son aperçu du Rapport sur le commerce et le développement de la CNUCED, le Secrétaire général Mukhisa Kituyi tire fermement la sonnette d’alarme par rapport à l’érosion par le biais des accords de libre-échange de la marge d’action, qui désigne ”la liberté et la capacité des gouvernements de déterminer et de mettre en œuvre le dosage idéal de mesures économiques et sociales pour parvenir à un développement équitable et durable de leur pays”. Il constate que ”les accords commerciaux régionaux contiennent des dispositions toujours plus détaillées et, dans bien des cas, des règles qui limitent les stratégies nationales de développement du point de vue de la conception et de la mise en œuvre.”

Le rapport note une résurgence de l’intérêt pour des politiques industrielles et souligne qu’il est important que de telles politiques soient centrées sur le développement. Les pays en développement doivent avoir une marge d’action la plus large possible pour avancer des politiques qui fonctionnent dans les conditions particulières qui sont les leurs, et ”non qu’elle soit sans cesse réduite par les institutions internationales qui ont été créées précisément pour contribuer à plus d’équilibre et d’équité.” Il invite les gouvernements qui visent, par exemple, à maintenir une stabilité macroéconomique en régulant à nouveau leur système financier à prendre sérieusement en compte le risque qu’il existe à conclure des accords de commerce et d’investissement bilatéraux et multilatéraux qui réduisent leur marge d’action politique.

Le Secrétaire général d’IndustriALL Jyrki Raina réagit :

Il est rassurant de savoir que l’organe des Nations Unies chargé d’identifier la véritable relation entre le commerce et le développement est d’accord avec IndustriALL sur le rôle primordial des politiques industrielles dans la création d’emplois, la croissance et le développement et qu’il se fasse un ferme défenseur de davantage de marge d’action politique pour les gouvernements afin qu’ils légifèrent dans l’intérêt de leurs propres populations.

Le Directeur du département de la mondialisation de la CNUCED, Richard Kozul-Wright, a déclaré au Financial Times que le libre-échange ne ferait pas revenir la croissance mondiale et que les pays en développement, en particulier, avaient besoin de davantage de liberté d’action pour pouvoir mener leurs propres politiques économiques en dehors des restrictions imposées par les accords de libre-échange bilatéraux, régionaux ou mondiaux. Il a cité le Brésil comme pays ayant réussi à utiliser l’intégration verticale de politiques industrielles pour promouvoir des secteurs individuels en parallèle avec un minimum de législation salariale et des programmes de redistribution des revenus.

Le rapport de la CNUCED soutient que les pays qui signent des accords commerciaux dans le but de faire partie des chaînes d’approvisionnement mondiales n’en retirent que peu de bénéfices, voire pas du tout. En réalité, cela peut les confiner dans des activités à faible valeur ajoutée en raison de la concurrence sur les bas salaires, alors qu’un contrôle strict de la propriété intellectuelle et des stratégies de marque de la part des multinationales les empêchent de s'élever dans la chaîne de valeur.