PAKISTAN

Un colloque national s'est tenu à Lahore, organisé par l'affilié d'IndustriALL, le Syndicat pakistanais des travailleurs dans le secteur général et en art graphique (PGA & GWU), avec la participation de centaines de représentants syndicaux et de travailleurs provenant de divers syndicats affiliés dans les secteurs publics et privés.

Le colloque met en évidence la nécessité d'offrir des emplois rentables à tout travailleur en garantissant le respect des droits syndicaux fondamentaux consacrés par les conventions principales de l'OIT relatives au travail, ratifiées tant par le gouvernement pakistanais que par la Charte des Nations Unies sur les droits humains et le Pacte International relatif aux droits économiques et sociaux adoptés par le gouvernement pakistanais.

L'affilié d'IndustriALL, la Fédération des syndicats unis du Pakistan (APFUTU) a organisé un rassemblement à Gujrat.

La Fédération syndicale nationale du Pakistan (NTUF) et la Fédération pakistanaise des travailleuses à domicile (HBWWF) ont organisé les manifestations et rassemblements suivants dans un certain de villes du Pakistan.

A Gadani, la NTUF a tenu un rassemblement de travailleurs issus du secteur de la démolition de navires également rejoints par des travailleurs d'autres secteurs du bureau syndical du chantier de démolition des navires à Gadani.

A Multan, la NTUF a organisé une manifestation de travailleurs issus de secteurs généraux dans la zone industrielle de Aljahn Floor Mills et un rassemblement de travailleurs issus des secteurs du textile et de l'habillement à Chowk Allah Wasaya.

A Faisalabad, la NTUF, avec la collaboration du Mouvement des travailleurs Qomi (LQM) a tenu un rassemblement de travailleurs dans le secteur des métiers à tisser mécaniques dans les industries du textile et de l'habillement.

A Hyderabad, la Fédération pakistanaise des travailleuses à domicile (HBWWF) a coordonné une manifestation de travailleuses à domicile qui oeuvrent dans la confection des bracelets de verre.

A Karachi, la Fédération pakistanaise des travailleuses à domicile a organisé une manifestation de travailleuses à domicile dans les secteurs de l'habillement et de la broderie artisanale et industrielle.

Le 8 octobre, une manifestation de protestation a été organisée conjointement par la Fédération des métallurgistes du Pakistan (PMF) et la Fédération des syndicats de travailleurs dans les secteurs de la chimie, de l'énergie, des mines et les secteurs connexes du Pakistan (PCEM).

JAPON

En collaboration avec le centre national japonais pour l'emploi, la Confédération japonaise des syndicats (JTUC-RENGO), RENGO-TOKYO, IndustriALL-JAF, UA Zensen ainsi que d'autres affiliés japonaises de Fédérations Syndicales Internationales (FSI), ont mené une action commune visant à faire une annonce publique en face de la gare de Tamachi à Tokyo. 

Le Président de JCM, Yaunobu Aihara y a délivré un message sur le problème du travail précaire devant l'assemblée des manifestants.

Ça suffit, Rio Tinto!

La délégation a été empêchée de remettre le message à Rio Tinto dans les bureaux de l’entreprise à Zurich. Un représentant du géant minier a signifié clairement que “les préoccupations doivent être adressées au bureau mondial des communications de Rio Tinto à Montréal”. Le directeur du secteur minier de IndustriALL Global Union a dit:

“Nous sommes ici pour remettre un message à Rio Tinto à l’occasion de la Journée mondiale d’action pour le travail décent. Nous protestons contre l’emploi précaire en vigueur chez Rio Tinto."

Des milliers de salariés de Rio Tinto manifestent ce jour à travers le monde pour protester contre cette forme moderne d’esclavage d’une main-d’œuvre employée à des conditions précaires. Nous sommes ici pour dire à Rio Tinto que ça suffit.

La campagne de IndustriALL contre Rio Tinto a pour but de renforcer la puissance syndicale dans les usines de Rio Tinto du monde, en réunissant les travailleurs et travailleuses dans la lutte pour le travail décent.

Des milliers de travailleurs vont défier Rio Tinto

Ces protestations font suite à une série d'accidents mortels survenus en Indonésie où Rio Tinto a fortement investi.

Des travailleurs des sites d'exploitation de Rio Tinto en Afrique, en Asie, en Australasie, en Europe et en Amérique du Nord vont réclamer des lieux de travail plus sûrs, des emplois garantis et le respect des droits des travailleurs dans une campagne organisée par IndustriALL Global Union.

Des défilés sont prévus, ainsi que des assemblées des travailleurs et d'autres actions sur site.

Le syndicat australien CFMEU publiera à cette occasion un rapport sur les pratiques de travail dangereuses de Rio Tinto que la direction qualifie mensongèrement d'"Engagement direct". Ce document dénonce la stratégie de la direction consistant à opposer des lock-outs aux syndicats.

IndustriALL, qui représente 50 millions de travailleurs dans 140 pays, dispose d'un réseau mondial d'affiliés de l'industrie minière représentant notamment les travailleurs de Rio Tinto. Pour le Secrétaire général adjoint Kemal Özkan :

"Depuis trop longtemps, Rio Tinto fait systématiquement passer le profit avant l'être humain, parfois avec des conséquences fatales. Les travailleurs en ont plus qu'assez. Les actions de protestation du 7 octobre s'inscrivent dans la campagne que mène IndustriALL pour réclamer une ère nouvelle chez Rio Tinto."

Rio Tinto, dont la valeur marchande représente 100 milliards $US, recourt de plus en plus à la sous-traitance et au travail contractuel pour réduire ses coûts. Sa filiale Madagascar Minerals emploie deux fois plus de travailleurs contractuels que de salariés permanents. En Australie, Rio Tinto est sous la critique pour avoir licencié des travailleurs à plein temps en masse mais conservé les travailleurs occasionnels ou contractuels à la mine de Hail Creek dans le Queensland.

Le mois dernier, cinq mineurs ont été tués dans deux accidents mortels à la mine de cuivre de Grasberg, en Indonésie, où Rio Tinto détient les droits sur 40% de la production au-delà d'un certain niveau. Trois des quatre mineurs décédés dans le deuxième accident travaillaient pour un sous-traitant. Ces décès font suite à 35 autres survenus dans cette même mine pour la seule année dernière.

L'action du 7 octobre contre Rio Tinto coïncide avec la Journée mondiale pour le travail décent pendant laquelle des syndicats du monde entier se mobilisent contre le travail précaire, c’est-à-dire des emplois temporaires, occasionnels, sous-traités et souvent à bas salaire, sans prestations, dangereux et instables.

Fin

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Leonie Guguen, Responsable de la communication, IndustriALL Global Union

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Risques plus grands pour la santé et la sécurité chez les travailleurs précaires

La majorité des syndicats chez Rio Tinto, qui contrôlent actuellement sur leurs sites d’activité la situation de l’emploi précaire, ont signalé son augmentation. En France, l’emploi précaire touche 25 pour cent de la main-d’œuvre, alors que cinq ou dix ans plus tôt, il était seulement de cinq pour cent. En février 2014, chez Qit Madagascar Minerals, les salariés précaires étaient deux fois plus nombreux que les emplois directs. Le licenciement de salariés permanents, tout en gardant des employés occasionnels à la mine de Hail Creek en Australie cette année en mai, illustre parfaitement la course vers une optimalisation des bénéfices chez Rio Tinto, qui tente de remplacer sa main-d’œuvre permanente par des travailleurs précaires.

Rio Tinto a recours à une relation de travail triangulaire pour échapper à sa responsabilité et contrecarrer l’action syndicale. Voir le licenciement de centaines de salariés d’OMEGA à Madagascar.

L’accident en Indonésie montre une fois de plus que la main-d’œuvre précaire chez Rio Tinto n’est pas l’exception à la règle, et que ces travailleurs sont plus susceptibles d’être les victimes d’un accident lié à la santé et la sécurité que les personnes employées sur une base permanente. Les syndicats sur certains sites d’exploitation de Rio Tinto ont indiqué que les travailleurs délocalisés étaient traités différemment que les permanents en matière de santé et de sécurité. Sur l’un des sites, les travailleurs précaires se servent d’un équipement de protection obsolète à l’inverse des salariés directs. Et ce n’est pas seulement la seule différence de traitement que les délocalisés subissent chez Rio Tinto. En Afrique du Sud, le syndicat signale que les écarts salariaux entre travailleurs délocalisés et salariés directs sont énormes. La main-d’œuvre précaire reçoit de très bas salaires et elle n’a pas droit aux primes. À Alma au Québec, les travailleurs précaires sont payés moitié moins que les salariés permanents embauchés directement.

Le réseau mondial de Rio Tinto a dénoncé cette situation en février dernier à Cape Town (Le Cap). C’est ainsi que dans le cadre de la campagne mondiale de Rio Tinto, le réseau a choisi la date du 7 octobre pour organiser une Journée mondiale d’action chez Rio Tinto, le même jour que celui de la mobilisation des syndicats du monde entier contre l’emploi précaire.

Les syndicats chez Rio Tinto ont déjà riposté pour limiter l’emploi d’une main-d’œuvre précaire. En 2012, après un lock-out de six mois au Canada chez Rio Tinto à Alma, United Steel Workers (USW) a réussi à négocier une convention collective qui limite l’emploi de travailleurs délocalisés à 10 pour cent des heures travaillées. À Kitimat, UNIFOR a signalé que les dispositions de la convention collective limitent l’emploi de salariés temporaires à 6,5 pour cent du nombre total d’heures travaillées. D’autres syndicats ont inscrit cette question à l’ordre du jour de leur négociation collective.

Une fois de plus, les syndicats de Rio Tinto diront le 7 octobre : “NON Travail précaire!”

Indonésie: encore quatre morts à la mine Grasberg de Rio Tinto à Freeport

Quatre mineurs ont perdu la vie le 27 septembre 2014 dans un accident survenu dans la mine Grasberg de Freeport McMoRan et de Rio Tinto. Quatre autres mineurs ont été blessés et l’un d’eux est dans un état grave.

Le 1er octobre, le syndicat des travailleurs de la chimie, de l’énergie et des mines (CEMWU) représentant la majorité des travailleurs et travailleuses à la mine Grasberg, a décidé de faire grève et bloqué la route menant à la mine en demandant le châtiment du directeur de l’exploitation minière et la garantie que d’autres accidents mortels ne se produiront plus, ainsi que le versement par l’entreprise d’un soutien financier aux familles des personnes blessées et décédées. À la suite de la grève, la direction a entamé des négociations et accepté les demandes des travailleurs et travailleuses, ce qui a mis fin à la grève.

Le désastre à la mine Grasberg, a donné lieu à des questions sérieuses concernant l’engagement de Freeport McMoRan et de Rio Tinto pour assurer la sécurité dans la mine. Un peu plus tôt, en septembre, un autre travailleur avait été tué par un éboulement dans la mine Grasberg. Ces tragédies ont eu lieu moins de deux ans après la mort de 28 mineurs dans cette mine, un accident considéré comme le pire de tous temps en Indonésie. Un autre accident à la mine Grasberg avait tué 11 mineurs en 2003.

À la suite de l’accident du 14 mai 2013 à la mine Grasberg, IndustriALL Global Union avait envoyé une délégation de haut niveau en Indonésie pour protester contre la mort de mineurs dans des accidents qu’on aurait pu facilement éviter. À la fin de sa mission, la délégation a conclu que l’accident était l’illustration claire du besoin urgent de la ratification de la convention 176 de l’OIT en Indonésie.

Le secrétaire général de IndustriALL, Jyrki Raina, dit,

Nous présentons nos condoléances aux familles des travailleurs qui ont trouvé la mort. Cela n’aurait jamais dû se produire. Combien d’autres vies devront-elles être perdues à Grasberg avant que Freeport McMoRan et Rio Tinto prennent sérieusement en main la sécurité et la santé des mineurs, et procèdent à des investissements dans ces deux domaines? Combien d’autres devront-ils mourir avant que le gouvernement indonésien se décide à ratifier la convention 176 de l’OIT sur la sécurité dans les mines? Je demande maintenant instamment au gouvernement indonésien d’assumer sa pleine responsabilité et d’entreprendre de toute urgence l’élaboration d’un programme de sécurité pour empêcher que d’autres travailleurs ne soient tués et blessés”.

Le ministère de l’Énergie et des Ressources minérales a décidé la fermeture temporaire de la mine pour mener une enquête sur l’accident. Sans préjuger du résultat de l’enquête, IndustriALL Global Union se joint à l’appel de la confédération du SPSI, du Centre national de CEMWU-SPSI et de FSPMI-KSPI pour exiger la ratification de la convention 176 de l’OIT. En outre, IndustriALL Global Union appuie les revendications de nos affiliés dans les domaines suivants:

  1. Exhorter vivement le commandant en chef de la police, le ministère de l’Énergie et des Ressources minérales, de mener une enquête approfondie sur l’accident et de considérer sérieusement les recommandations de la Commission des droits de l’homme sur l’accident du 14 mai 2013 qui préconisent, entre autres, l’application de la loi No 1/1970 sur la sécurité et la santé.
  2. Exiger que les responsables rendent compte de l’accident et soient individuellement et collectivement tenus responsables.

Exhorter vivement la direction de Freeport et de Rio Tinto à s’engager en matière de santé et de sécurité et donner l’assurance que de tels accidents ne se reproduiront plus.

Le rapport démontre que la mine de Soma était un piège mortel

Le tant attendu rapport d’expertise de 126 pages, requis par le procureur turc, déclare clairement que la catastrophe était évitable. Alors que huit cadres supérieurs de la compagnie qui exploite la mine ont déjà été arrêtés dans le cadre de cette tragédie, le rapport pointe un doigt accusateur vers pratiquement tous ceux concernés par cette mine, y compris des bureaucrates du ministère et à l’exception des mineurs eux-mêmes. “Les seuls innocents sont les travailleurs,” précise le rapport.

La mine de Soma est la propriété des Entreprises de Charbon de Turquie (TKI), une société étatique, et est exploitée par une entreprise privée, Soma Kömür İşletmeleri A.Ş.

Les inspecteurs ont pu récupérer des données des systèmes d’alerte et de sécurité de la mine pour les trois mois qui ont précédé la tragédie du 13 mai dernier. Le rapport montre qu’en dépit de variations de niveaux de monoxyde de carbone et de températures excessivement élevées avant l’accident, les mineurs ont poursuivi le travail.

De manière inquiétante, les inspecteurs ont également découvert que la plupart des rapports de sécurité ne correspondaient pas aux données des capteurs. Ils ont été régulièrement falsifiés. Dans certains cas, les rapports de sécurité étaient des copiés-collés de ceux de la semaine précédente. Les inspecteurs ont dénombré un total de 48 capteurs de gaz et 19 de monoxyde de carbone mais beaucoup étaient hors d’usage et exempts d’un calibrage adéquat. Même ceux qui étaient opérationnels n’étaient pas calibrés de sorte à mesurer les niveaux de gaz.

“Les capteurs de gaz mis en place pour surveiller la qualité de l’air dans la mine ont détecté le début de l’accident mais cette situation n’a pas été prise en compte par les responsables de la compagnie,” dit le rapport.

Quatre jours après la catastrophe, les inspecteurs ont relevé des niveaux de monoxyde de carbone qui étaient toujours potentiellement mortels, à 500ppm, soit dix fois plus que la limite d’exposition recommandée de 50ppm. Le rapport précise que des masques à gaz sont cruciaux pour des mineurs qui sont exposés à de hauts taux de monoxyde de carbone et cependant, les masques n’étaient pas contrôlés régulièrement. Suivant les rapports d’autopsie, 85% des décès sont attribuables à un empoisonnement au monoxyde de carbone.

De manière cruciale, on peut affirmer que le système de ventilation n’était pas adéquat par rapport à l’expansion rapide qu’a connu la mine au cours des dernières années et n’a pas été adapté en conséquence. Les plans de la ventilation de la mine ne correspondaient même pas au système réellement en place dans les galeries.

Le rapport incrimine la mauvaise ventilation pour avoir en réalité accéléré la perte de vies, car elle a été incapable de renverser le flux de monoxyde de carbone dans les galeries en créant des espaces mortels pour les mineurs. Il désigne aussi le système de ventilation comme “facteur très négatif” pour les opérations de sauvetage.

De plus, des critiques sont adressées aux systèmes de communication qui ne fonctionnaient pas ou ne rencontraient pas les normes pour des activités souterraines. Il n’y avait pas de plan d’évacuation ni de formation professionnelle obligatoire pour les travailleurs en matière de santé et sécurité.

Kemal Özkan, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL Global Union, a conduit une mission internationale de solidarité en Turquie dans le sillage de la catastrophe minière de Soma. Il déclare :

“L’invraisemblable mépris de la sécurité des mineurs de la part des propriétaires, de la direction et des autorités défie pratiquement l’entendement. Des vies ont été sacrifiées à cause de mensonges. Dans une course au profit sans répit, de manière coupable, des alarmes de capteurs ont été ignorées, des rapports de sécurité ont été falsifiés et des systèmes de ventilation laissés défaillants. S’en est suivi l’homicide industriel de Soma qui laisse un bilan de 301 mineurs décédés et 432 orphelins. Le rapport n’est ni plus ni moins qu’une honte pour l’industrie minière turque.

Le modèle d’activité à haute intensité depuis que Soma Kömür İşletmeleri A.Ş. a pris les commandes en 2009 a mené à des niveaux de production 2,5 fois plus élevés que ce qui était prévu. L’entreprise a pu extraire 15 millions de tonnes de charbon à l’échéance de mai 2014 au lieu de l’objectif d’origine qui était mars 2017. Le rapport indique : “Nous sommes d’avis que ces données confirment les affirmations et accusations des travailleurs concernant une charge de travail largement accentuée et des pressions quant à la production.”

Un rapport complémentaire sur la catastrophe de Soma produit par l’association turque des chambres d’ingénieurs et architectes TMMOB précise : “La raison de ce carnage est la privatisation, la marchandisation et les politiques d’externalisation des douze dernières années dans le secteur minier ainsi que dans le domaine de la santé et de la sécurité.”

Le rapport d’expertise, qui sera utilisé par le procureur dans le cadre de ses inculpations, met en évidence les personnes qu’il considère comme coupables de cet accident. La longue liste comprend : l’employeur, les représentants de l’employeur, le contrôleur permanent, le contrôleur technique, tous les contrôleurs chargés de la sécurité, tous les experts en sécurité, l’ingénieur responsable de la ventilation des galeries, les responsables de l’enregistrement des données des capteurs, l’ingénieur en chef pour le contrôle de TKI et tous les ingénieurs chargés de contrôle de TKI, le directeur général des mines, tous les représentants du directorat général des mines et les inspecteurs du ministère du travail et de la sécurité sociale.

Le rapport conclut : “Notre collège est d’avis qu’il y a eu de nombreux actes négligents et manquements et qu’au bout du compte, cet accident était évitable.”

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Léonie Guguen, Chargée de Communication, IndustriALL Global Union

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Les Femmes Travailleuses arabes renforcent leur réseau pour défendre leurs droits

Selon les textes concernant la politique d’égalité des genres de la Confédération syndicale arabe, “la présence des femmes au sein des syndicats, fédérations et confédérations syndicales arabes ne dépasse pas 25%”. C’est la problématique qui devra être abordée par le Comité des Femmes de la Confédération syndicale arabe, qui sera constitué lors du congrès des 1er et 2 octobre.

De plus, le texte comporte des chapitres sur la consolidation et la mise en pratique des principes d’égalité et de non-discrimination ainsi que d’autonomisation des femmes pour qu’elles accèdent aux postes de décision et de direction, à un rôle politique et aux emplois décents. Le droit des femmes de vivre en paix et dans la liberté ainsi que de lutter contre toute forme de violence est un autre chapitre. La réunion a consacré du temps à cette problématique en raison des menaces qui pèsent sur les femmes de la région de par le terrorisme et la présence des djihadistes de l’État islamique.

Hashmeya Muhsin Alsaadawi, d’IndustriALL, a présenté un document sur la violence que les conflits fait peser sur les femmes. Faisant rapport sur la situation dans son propre pays, l’Irak, l’emblématique dirigeante syndicale a indiqué :

“L’Irak vit dans un état de guerre sans fin, qui a pris naissance avec la dictature, les guerres avec ses voisins, la destruction de ses infrastructures, des embargos. 95% du budget était consacré aux dépenses militaires. Les guerres ont conduit à l’instabilité et la régression, y compris par des mariages djihadistes et le mariage forcé de jeunes femmes. L’Irak a subi la présence d’armes à uranium appauvri américaines à partir de 1991, ce qui provoque des cas de cancer. Entretemps, le veuvage concerne 15% des femmes, ce qui signifie qu’il y a 1,5 millions de veuves. On peut considérer que pour cette raison, 3 millions d’enfants sont à la rue et que 9 millions de personnes vivent dans la pauvreté. Les femmes doivent recevoir plus d’autonomie pour gagner leur vie et être soutien de famille. Les gouvernements mis en place après 2003 l’ont été sur base ethnique. La corruption était grande. Personne ne se souciait du citoyen. Il n’y a pas de sécurité, pas de soins de santé, nous sommes infestés de groupes paramilitaires et de gangs. Les Yazidis et les Chrétiens ont fui pour échapper aux djihadistes de l’État islamique. En raison de la corruption et de la mauvaise gestion du pays, il a été facile pour ces derniers de s’imposer. D’autres pays interviennent également en Irak. Des femmes se battent pour la paix. Ce qu’il nous faut, c’est une collaboration avec les organisations de la société civile. Pour les syndicats, le dilemme sont les millions de sans-emplois, comment les syndicats peuvent-ils les représenter ? La communauté internationale doit créer un programme pour soutenir les femmes réfugiées. IndustriALL pourrait faire entendre sa voix pour la mise en place d’un tel programme.”

L’assemblée a adopté des déclarations sur la violence, sur les femmes réfugiées de Syrie et le rôle actif des femmes, qui ont été transmises à l’attention du Congrès. Il a été décidé que les syndicats arabes consacreraient une action d’une heure pour lutter contre la violence ce 30 octobre entre 11 heures et midi. “La montée de la violence nous renvoie à l’âge des ténèbres.” La résolution appelle la communauté internationale à faire de son mieux pour arrêter cette tragédie humanitaire et permettre aux gens de retourner dans leurs propres pays.

Les avancées attendues en 2010 lorsque le Réseau des Femmes arabes a été créé ne se sont pas produites, au contraire, la plupart des pays ont régressé. Voici l’avis de Hashmeya sur cette régression : “Les syndicats, les étudiants et la société civile ont joué un rôle dans les soulèvements, mais n’étaient pas bien organisés. Les islamistes en ont profité.” Les femmes sont victimes d’abus, “parce qu’elles sont considérées comme des biens transférables, des objets de plaisir, pas comme des membres importants de la société.”

Trois syndicats du textile constituent un Comité des femmes au Lesotho

La réunion avait pour but de mettre sur pied un Comité des femmes de IndustriALL au Lesotho, où 14.000 travailleuses du textile sur une main-d’œuvre de 40.000 appartiennent à trois syndicats différents, FAWU, LECAWU et NUTEXT. Ces syndicats vont sans doute se rassembler bientôt pour constituer un syndicat unique. Les fabriques et ateliers du textile appartiennent à des propriétaires sud-africains ou chinois.

Les femmes ont déterminé les questions suivantes comme étant celles qui méritent une attention: temps insuffisant pour aller à la toilette, sorties bloquées ou cadenassées, pertes de connaissance au travail, objectifs trop élevés, harcèlement sexuel, bas-salaires qui amènent des femmes à avoir recours à la prostitution, sommeil insuffisant, congé de maternité trop court, VIH et Sida. Elles travaillent sur la base de l’optimisation des vêtements, la configuration des lieux de travail, la conciliation des temps de vie privée et de vie professionnelle, ainsi que la visualisation des rêves.

Les femmes connaissent une fabrique où le congé de maternité est passé de deux semaines à 12 semaines. Il s’agit de Springfield Manufacturing, une entreprise sud-africaine. Le syndicat avait négocié tout d’abord pour une hausse salariale de 15%. Il a réussi à obtenir 8% plus l’augmentation du congé de maternité à partir du 1er mai de cette année. Tout le monde était d’accord pour cette demande. Le syndicat a organisé régulièrement des meetings de grande envergure en demandant qu’elles étaient les revendications des travailleuses et travailleurs. Un millier de personnes travaillent à la fabrique, dont environ 80% de femmes. Quelques femmes sont déléguées du personnel. Tout le monde a un contrat d’emploi permanent. L’employeur paie les prestations de maternité. Il s’agit dans le même temps de chercher à obtenir le paiement des prestations de maternité par la sécurité sociale.

Six femmes ont été élues pour coordonner le comité et garder le contact avec IndustriALL. Pour commencer, elles chercheront à lutter contre la discrimination à l’égard des hommes et des femmes:

Les femmes ont compris que dans l’avenir, les syndicats devront signer des accords qui couvriront bien plus de questions que simplement celles de l’argent. Cela facilitera de donner une réponse à des préoccupations propres aux femmes, comme le congé de maternité ou le harcèlement sexuel, ou encore le VIH et le Sida. Dans un premier temps, les membres ont besoin d’une formation sur les prestations sociales et les droits. Les femmes sont reparties chez elles avec un sentiment plus fort d’estime de soi et de responsabilisation.

Les syndicats critiquent des accords commerciaux

Parmi les dispositions se trouvent celles concernant l’arbitrage ISDS opposant investisseurs privés et États, qui permettent à des entreprises multinationales de poursuivre en justice des gouvernements pour des lois, des règlements et même des décisions nationales de justice capables d’influer sur les bénéfices réalisés actuellement ou dans l’avenir. Ce qui est grave, c’est que le projet ignore une revendication fondamentale des syndicats, à savoir que les infractions aux droits du travail soient soumises aux mêmes mécanismes de règlement des conflits que les différends commerciaux

Selon Workers Uniting, le Canada a été poursuivi en justice dans le cadre de dispositions similaires dans l’Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA) à plus de 20 reprises, et a été forcé de payer plus de 150 millions d’USD à des grandes entreprises.

“L’AECG a établi un terrible précédent pour les futurs accords commerciaux, notamment pour le Partenariat transatlantique de commerce et d’investissement (TTIP) entre l’Europe et les États-Unis,” a dit le président international de l’USW, Leo W. Gerard.

“En plus des carences déjà citées dans l’AECG – qui se reproduiront sans doute dans le TTIP – les attaques contre les droits syndicaux aux États-Unis menacent le niveau de vie des travailleurs et travailleuses en Europe et au Canada."

Plutôt que d’affaiblir ces droits et d’exporter des normes américaines plus basses dans des accords commerciaux secrets, nous devons voir comment élargir les mécanismes européens pour protéger les droits des travailleurs et travailleuses et promouvoir la participation des salariés dans les entreprises.

Cette position est rappelée par la confédération allemande des syndicats DGB, et soutenue par les affiliés allemand de IndustriALL, IG Metall et IGBCE, qui ont exprimés leurs inquiétudes sur le processus de négociation du TTIP, en ce sens qu’un futur TTIP ne doit pas pouvoir mettre en danger les droits des travailleurs et travailleuses, et doit observer les normes syndicales fondamentales de l’OIT et les principes directeurs à l'intention des entreprises multinationales de l’OCDE.

Tout accord ne doit pas affaiblir les législations nationales, notamment celles s’appliquant au marché du travail ou aux systèmes de sécurité sociale, à l’autonomie de la négociation collective, au droit de grève, au salaire minimum ou aux conventions collectives. Cela s’applique non seulement aux dispositions qui ont actuellement cours, mais également au développement futur de ces droits protecteurs.

La DGB demande également le rejet des dispositions opposant investisseurs privés et États. En principe, les réglementations destinées à protéger les investissements ne constituent pas une part essentielle d’un accord conclu entre les États-Unis et l’UE, et ne devraient donc pas accompagner le TTIP.