Les travailleurs de l’énergie d’Afrique australe renforcent leur puissance

Rassemblant des affiliés d’IndustriALL du secteur de l’énergie en provenance du Botswana, de RDC, du Mozambique, de Namibie, du Swaziland, de Tanzanie, d’Afrique du Sud et du Zimbabwe, le SAEN, qui peut compter sur le soutien de la FES (Fondation Friedrich Ebert), a débattu en long et en large de la future stratégie à adopter face aux attaques concertées des employeurs à l’encontre des syndicats de cette sous-région. Les syndicats ont décidé qui leur fallait augmenter la communication entre eux de façon à développer une vision commune du secteur aux niveaux régional et national. Les médias sociaux et la communication électronique continueront à être utilisés à cet égard à l’avenir et chaque syndicat devra désigner deux personnes de contact pour qu’à la fois un représentant de la direction syndicale et un délégué sur le lieu de travail puissent être contactés par les autres membres du réseau.

Le Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, Kemal Özkan, a indiqué que

Ce réseau peut constituer un exemple pour les autres régions et secteurs. L’attention que vous portez sur le recrutement syndical et le renforcement de tous les adhérents doit être louée. C’est comme cela qu’il faut construire et renforcer la puissance syndicale.

Grâce à l’aide externe apportée par le LRS (Service de recherche syndicale du Cap), une banque de données d’entreprises, en particulier d’Eskom, qui est d’origine sud-africaine, et comportant des informations sur les conventions collectives est en cours de construction. Les délégués ont renouvelé leur engagement à fournir rapidement les informations requises sur simple demande, de sorte à permettre de faire de cette ressource une chose utile et cohérente.

Le réseau a une structure établie et doit se focaliser sur sa vision et sa mission. Il produira une analyse des secteurs industriels dans sa sous-région qui servira de base à la conception qu’il fera d’une politique énergétique régionale à laquelle tous ses membres pourront s’identifier et qu’ils pourront promouvoir.

Le réseau a souligné que les problèmes et difficultés décrits lors de réunions précédentes, et ayant fait l’objet d’un rapport lors de la Conférence Mondiale des Industries de l’Energie de Madrid, tenue par IndustriALL plus tôt dans l’année, continuent à concerner de nombreux syndicats qui sont confrontés à une situation où leurs membres sont considérés par les gouvernements comme appartenant à des “services essentiels” et, de ce fait, soumis à des interdictions de grève. Le caractère de plus en plus occasionnel du travail accroît la précarité de l’emploi dans plusieurs pays et la pression sur les efforts menés par les syndicats pour assurer un emploi décent et maintenir des salaires vitaux.

Le réseau a pu se pencher également sur des succès. Venu du Swaziland, le président du réseau, Churchboy Dlamini, a expliqué comment ils avaient pu éliminer les contrats temporaires et faire que tous les salariés de l’entreprise nationale d’électricité soient maintenant sous contrat permanent. Au Zimbabwe, le réseau a apporté son soutien aux travailleurs du ZEWU agressés et renvoyés par l’entreprise d’électricité ZESA. Nombre de ces travailleurs ont été réintégrés. Angeline Chitambo, Présidente du ZEWU et membre du Comité exécutif d’IndustriALL n’a pas été réintégrée. En dépit de décisions de justice appelant à sa réintégration par l’entreprise, celle-ci prolonge les débats devant les tribunaux pour tenter d’éviter son retour au travail. Le réseau a affirmé son total soutien à sa lutte pour la réintégration et continuera à soutenir les autres travailleurs soumis au même défi.

La création de syndicats puissants reste la priorité pour IndustriALL en Afrique

Environ 150 dirigeant(e)s de syndicats de 28 pays africains se sont rencontrés à la Conférence régionale d’Afrique subsaharienne à Pretoria du 14 au 16 octobre 2014. Bien que la réflexion interne ait dominé sur la nécessité de créer des syndicats puissants, ainsi que sur l’unité parmi les travailleurs et travailleuses au niveau national comme international, des facteurs externes affectant le progrès social et économique sur le continent ont contribué avec force à la discussion. 

Les participant(e)s ont insisté sur l’importance de la fabrication industrielle en tant qu’élément de croissance pour les économies nationales. Les affiliés se sont engagés à donner la priorité au développement industriel en portant la question devant leurs centrales nationales et en cherchant à influencer leurs gouvernements sur cette question. Les affiliés reconnaissent que ce sera un facteur essentiel pour renforcer les syndicats et leur capacité d’exiger l’adoption de politiques industrielles exhaustives et stratégiques, notamment en éduquant les membres et en améliorant la sensibilisation du public pour des campagnes en faveur de politiques qui bénéficient aux travailleurs et travailleuses. On trouve au niveau régional l’engagement de développer des politiques communes tournées vers des organes régionaux intergouvernementaux tels que le SADC, ECOWAS, EAC, CEMAC et l’Union africaine; et d’une mobilisation régionale pour la Journée de l’industrialisation en Afrique le 20 novembre.

Le secrétaire général de IndustriALL, Jyrki Raina, a dit:

Cette Conférence empreinte d’un grand dynamisme, organisée à l’invitation de syndicats sud-africains, sera une inspiration pour les affiliés de IndustriALL de tout le continent dans notre lutte menée conjointement pour édifier une solide base industrielle dans toute l’Afrique, capable de produire des emplois de bonne qualité et de forger des sociétés basées sur la justice sociale et économique.

Le niveau de l’emploi précaire dans la région est très préoccupant, notamment dans les entreprises  multinationales qui ne sont pas tenues responsables des mauvaises pratiques patronales. Les mauvaises normes de santé et de sécurité sont un autre sujet d’inquiétude. Les bas salaires, dans certains cas bien en dessous du seuil de pauvreté, que l’on constate dans tous les secteurs où IndustriALL a des affiliés sont un autre sujet de préoccupation. La Conférence a conclu qu’une hausse immédiate des salaires est nécessaire en Afrique et dans le monde. Les affiliés continueront de mobiliser, de syndiquer et de défendre les droits des travailleurs et travailleuses pour assurer un emploi stable et des salaires minimums vitaux sur des lieux de travail plus sûrs et plus sûrs et plus sains.

L’implication et la participation des femmes à tous les niveaux des activités syndicales a fait l’objet de discussions approfondies.  Il s’agissait avec la Conférence subsaharienne des Africaines de la troisième région à demander un quota de 40 pour cent de femmes à tous les niveaux de IndustriALL. Les déléguées se sont engagées à intensifier leurs efforts pour obtenir la ratification et l’application de la convention 183 de l’OIT sur la protection de la maternité. Depuis l’adoption de cette convention il y a 14 ans, seuls trois pays africains l’ont ratifiée.

La conférence a condamné avec force le gouvernement du Swaziland pour sa décision de dissoudre le Congrès des syndicats du Swaziland (TUCOSWA) et la fédération des syndicats du Swaziland (ATUSWA), et elle a demandé instamment au gouvernement d’annuler cette décision et d’engager un véritable dialogue avec les syndicats sur des réformes législatives qui assureraient le respect des droits des travailleurs et travailleuses, conformément aux obligations internationales du Swaziland, et ce, dans les plus brefs délais.

La Conférence a souligné l’importance de la paix et de la stabilité dans la région et demandé aux gouvernements africains d’assurer l’existence de la paix et de la stabilité dans la région. Les délégué(e)s ont convenu que la fièvre Ebola constitue un danger réel pour la vie humaine et la stabilité économique en Afrique de l’Ouest, qui exige une réponse internationale pour parvenir à son éradication. 

Le salaire minimum décent est une exigence majeure en Afrique

À la suite de la conférence régionale subsaharienne de IndustriALL Global Union, les affiliés de Maurice, de Madagascar, du Lesotho, d’Éthiopie, d’Afrique du Sud et du Nigeria se sont rencontrés à Johannesburg les 17-18 octobre pour examiner la façon de réaliser des progrès dans leurs revendications concernant les salaires minimums décents.

Les mécanismes de fixation des salaires sont différents dans chacun de ces pays et les affiliés sont conscients de la nécessité de bien les comprendre pour obtenir des avancées. Les affiliés éthiopiens se battent pour obtenir pour la première fois un salaire minimum, alors que dans beaucoup de pays le salaire minimum est très inférieur à un salaire décent.

Les participant(e)s ont reconnu l’inconvénient de s’en tenir exclusivement à des augmentations du salaire minimum, quand dans certains pays il est fixé unilatéralement par le gouvernement sans consultation des partenaires sociaux. Dans d’autres pays, la consultation est rapide et même ignorée.

Les syndicats d’Afrique du Sud et du Nigeria ont fait des exposés convaincants sur la force de la négociation collective sectorielle dans l’industrie qui donne les moyens les plus efficaces pour obtenir des augmentations salariales. Pour le syndicat sud-africain du textile et de la confection, SACTWU, la campagne pour un salaire minimum décent est au cœur de son travail, la négociation centralisée permettant d’obtenir le meilleur résultat.

Le syndicat cherche à intégrer les employeurs à un conseil national de négociation, couvrant plus de 100.000 salariés, qui permettrait au gouvernement d’étendre les accords à d’autres employeurs. Les augmentations pour 2014 ont été supérieures de 8 pour cent en moyenne au taux d’inflation.

De même au Nigeria, la négociation collective sectorielle dans l’industrie est reconnue par le syndicat national des travailleurs du textile, de la confection et des vêtements sur mesure (NUTGTW) comme étant le moyen le plus efficace d’obtenir des hausses salariales applicables au plus grand nombre de travailleurs et travailleuses.

Les syndicats du Lesotho ont expliqué comment ils avaient travaillé pour une fusion qui devrait se réaliser en février 2015 afin de consolider leur puissance syndicale. Ils mènent actuellement des négociations conjointes avec le gouvernement et les employeurs pour obtenir leur propre modèle de conseil de négociation, basé sur l’expérience sud-africaine. La campagne des syndicats du Lesotho pour un salaire minimum décent est appelée 2020, en référence au montant ciblé de 2.020 LSL (184 USD) par mois.

À Maurice, beaucoup de travailleurs et travailleuses dans le secteur de la confection sont des migrants dont le salaire est très inférieur au seuil de pauvreté de 130 USD par mois. Le mécanisme de fixation du salaire minimum national ne fonctionne pas du fait que les augmentations sont du ressort du ministre, et qu’il n’y a pas eu de mise à jour dans la plupart des industries depuis des années. Les syndicats font campagne pour la fixation d’un salaire minimum équivalent à un salaire décent.

On s’attend en Éthiopie à une croissance massive dans les secteurs du textile et de la confection où il n’y a pas de salaire minimum et où les salaires se montent à environ 35-50 USD.

Le salaire minimum à Madagascar est de 53 USD, alors qu’un salaire minimum décent est estimé à 400 USD et que 80 pour cent de la population vit en dessous du seuil de pauvreté. Les syndicats font face à un défi massif dans les négociations pour l’augmentation des salaires du fait qu’ils manquent des ressources et de la capacité nécessaires.

La réunion a pris fin avec l’élaboration pour chaque syndicat de plans d’action visant à obtenir un salaire minimum décent par la syndicalisation, la création de syndicats, et par un renforcement de l’unité pour avancer vers l’objectif d’une négociation collective sectorielle dans l’industrie.

Les syndicats du monde entier se rendent en Mongolie pour la campagne en faveur des droits des travailleurs chez Rio Tinto

La rencontre réunit, dans la capitale mongole Ulan Bator, des affiliés d’IndustriALL en provenance du monde entier. Elle suit une conférence de deux jours tenue au même endroit où les syndicats, de hauts responsables gouvernementaux et des représentants de la société civile se seront rencontrés pour débattre de la préoccupation du monde du travail pour des activités minières socialement soutenables au sein de l’hémisphère sud.

Le réseau concentre son soutien sur la Mongolie, où Rio Tinto a investi des milliards et où les mineurs sont particulièrement vulnérables. L’entreprise a investi 6 milliards de dollars dans l’immense mine d’or de Oyu Tolgoi et dans celle du désert de Gobi. Les travailleurs y sont représentés par l’affilié d’IndustriALL, la Fédération des Travailleurs de l’Énergie, de la Géologie et des Mines de Mongolie  (MEGM).

L’an dernier, Rio Tinto a été condamné par la Cour Suprême de Mongolie pour discrimination salariale à l’encontre des nationaux mongoles et pour licenciement abusif. L’entreprise s’est également attirée des critiques du monde entier pour le licenciement de milliers de travailleurs dans le pays en l’absence de consultation adéquate.

La poursuite aveugle par Rio Tinto du profit à tout prix en Mongolie a provoqué des conflits avec les syndicats ainsi qu’avec des groupes environnementaux et des communautés locales et indigènes.

En collaboration avec ses affiliés du secteur des mines, IndustriALL mène une campagne appelant à l’arrêt de ce mauvais comportement entrepreneurial affiché aux dépens des travailleurs partout dans le monde au sein des activités de Rio Tinto.

Le Secrétaire général adjoint d’IndustriALL Kemal Özkan précise qu’avec cette campagne, IndustriALL entend construire une force syndicale au sein des usines de Rio Tinto de par le monde dans le cadre de la lutte en faveur de l’emploi décent ;

“Pour Rio Tinto, c’est une longe tradition de provoquer un conflit après l’autre avec les syndicats, les organisations indigènes, les groupes environnementaux et les autres acteurs clés de la société. Les syndicats et la société civile s’unissent d’une manière inédite pour faire le forcing contre Rio Tinto au profit des travailleurs, de l’environnement et des communautés locales.” 

“Depuis trop longtemps, Rio Tinto fait systématiquement passer les profits avant les gens, parfois avec des conséquences fatales comme lors des récents décès à la mine de Grasberg en Papouasie Nouvelle Guinée. Pour les travailleurs, trop c’est trop,” affirme Kemal Özkan.

La réunion du Réseau intervient après une journée mondiale de protestation ce 7 octobre, dans le cadre de la campagne d’IndustriALL pour réclamer une nouvelle donne chez Rio Tinto.

Lors d’une journée de défi coordonnée, les travailleurs des sites de Rio Tinto en Afrique, Asie, Océanie, Europe et Amérique du Nord ont exigé des lieux de travail plus sûrs, des emplois stables et du respect pour les droits des travailleurs. Les activités comprenaient des rassemblements, des arrêts de travail pour des réunions d’information et d’autres actions au travail.

L’action du 7 octobre contre Rio Tinto coïncidait avec la Journée mondiale pour le Travail décent, au cours de laquelle les syndicats mobilisent contre le travail précaire, les emplois temporaires, occasionnels et externalisés, souvent assortis de bas salaires, de faibles prestations, d’insécurité et d’instabilité.

Plus d’informations sur la tradition du conflit de Rio Tinto sur http://www.industriall-union.org/fr/themes/confronter-le-capital-mondial/entreprises-multinationales/rio-tinto

La victoire des travailleurs chez Schneider Electric met fin à la grève

Plus de 300 membres de l’IAM de la section locale 2069 ont pris part aux actions syndicales dans l’usine Square D de Schneider à Peru, dans l’Indiana, qui se sont terminées ce 19 octobre.

“Nos membres ont tenu bon et ont obtenu des améliorations dont ils peuvent être fiers,” a déclaré le Directeur pour les Négociations collectives de l’IAM Tom O’Heron. “Schneider Electric est une entreprise extrêmement florissante et nos membres, qui rendent ces profits possibles, se sont battus pour une part légitime dans le succès de l’entreprise.”

Les membres de la section locale 2069 ont obtenu des avancées dans des domaines clés de cette nouvelle convention conclue pour trois ans. En plus d’une prime de 1.600 dollars, il y aura des augmentations de 3% la première année et 2% les deuxième et troisième années. Les négociateurs de l’IAM ont également répondu aux préoccupations des membres concernant un fossé devant trop grand entre les bas et les hauts salaires.

Bien que le nouveau pacte gèle le plan de pension actuel au 31 décembre 2015, les négociateurs de l’IAM ont obtenu que les contributions de l’entreprise dans le cadre de la transition vers un autre système soient plus élevées que ce qu’elle avait prévu à l’origine.

“Aussi bien les entreprises locales que les autres syndicats de la région ont apporté un extraordinaire soutien à nos membres,” a déclaré O’Heron. “Le comité de négociation de la section 2069 a aussi fait du très bon boulot en tenant informés nos membres et toute la communauté locale de l’ensemble du processus. Au bout du compte, cela a fait une grosse différence et nous leur sommes reconnaissants que cela ait pu déboucher sur un accord.”

Schneider Electric, multinationale européenne, emploie 130.000 personnes dans plus de 100 pays.

Le Secrétaire général d’IndustriALL, Jyrki Raina, précise :

“C’est une victoire considérable pour l’IAM à l’issue d’un mouvement social bien soutenu par ses adhérents. Schneider a finalement été forcé à revenir à la table des négociations après avoir été mis sous pression de manière significative par l’IAM et sa section locale.

L’IAM est l’un des plus importants syndicats d’Amérique du Nord et représente près de 600.000 adhérents actifs et retraités.

Le Swaziland interdit les syndicats

Les fédérations sont priées de fournir des rapports sur leurs activités en date, notamment leurs états financiers audités préparés pour le Commissaire du travail. Cette décision touche non seulement les organisations syndicales TUCOSWA et ATUSWA, mais les membres des syndicats SATU, SESMAWU et SMAWU affiliés à IndustriALL, et également la Fédération des employeurs du Swaziland et la Chambre de commerce, ainsi que la Fédération de la communauté des entreprises du Swaziland.

En conséquence, des organes tripartites comme le Conseil des salaires, le Conseil consultatif du travail, la Commission de conciliation, de médiation et d’arbitrage, le Fonds national de prévoyance du Swaziland, le Comité de formation et de localisation et le Comité du dialogue social cesseront de fonctionner.

L’article 5 de la convention 87 de l’OIT sur la liberté syndicale et la protection du droit syndical donne aux organisations de travailleurs et travailleuses le droit de constituer des fédérations et des confédérations de leur choix, ainsi que celui de s’y affilier.

En réponse à la plainte présentée par TUCOSWA et la CSI le 23 mai 2012 (Affaire No 2949), le Comité de la liberté syndicale a recommandé que dans l’attente des réformes législatives, TUCOSWA pourra exercer de fait tous ses droits syndicaux sans ingérence ni représailles. Une mission d’enquête de haut niveau de l’OIT qui a visité le pays en janvier 2014 a recommandé l’enregistrement des fédérations de travailleurs et d’employeurs pour la fin avril 2014.

Le gouvernement du Swaziland a ignoré les recommandations et les demandes répétées du mouvement syndical international pour le respect des droits garantis par les conventions internationales ratifiées par le Swaziland. Le gouvernement a, au contraire, suspendu complètement le droit des travailleurs et travailleuses de se syndiquer librement et de mener des activités syndicales.

Le secrétaire général de IndustriALL Global Union, Jyrki Raina, dit:

“Cette décision va à l’encontre de la décision du tribunal du travail, qui reconnaît que TUCOSWA pourrait agir conformément à ses propres statuts.

“Nous vous demandons instamment d’annuler la décision de dissoudre TUCOSWA et ATUSWA, et d’engager un véritable dialogue avec les syndicats sur les réformes législatives qui devront assurer le respect des droits des travailleurs et travailleuses, conformément aux obligations internationales du Swaziland, et ce, dans les plus brefs délais.” 

Travailleurs mexicains de l'électricité : cinq années de lutte – toujours là, tournés vers l'avenir, ils résistent

Le Syndicat des travailleurs de l'électricité du Mexique (SME) a alors décidé de répliquer pacifiquement et par la voie légale en s'adressant à la justice. À une réunion de masse qui s'est tenue quelques jours plus tard, la principale instance du syndicat a rejeté la maigre offre, mal calculée, d'indemnisation faite par le gouvernement. Les travailleurs ont plutôt choisi d'entrer en RÉSISTANCE.

Depuis, le syndicat a fait tout ce qui était possible pour s'opposer à cette décision, en organisant des défilés, des réunions, des grèves de la faim, des campagnes pour la libération des prisonniers politiques, des négociations et des forums.

Lors d'un de ces forums, organisé par le SME pour commémorer cinq années de lutte, des représentants de nombreuses organisations ont réitéré leur soutien au syndicat avant de se joindre à un défilé en direction de la grand-place de Mexico. À cette occasion, le Secrétaire général Martín Esparza Flores s'est joint aux autres membres de l'exécutif national, arborant une banderole portant le slogan "Ils ne nous ont pas vus naître, ILS NE NOUS VERRONT JAMAIS MOURIR". Pendant le forum a été lu un message de soutien de Jyrki Raina tandis qu'étaient brandies des pancartes d'IndustriALL sur lesquelles ont pouvait lire CONTRE LE TRAVAIL PRÉCAIRE.

Pendant le forum, Martín Esparza Flores a ajouté que, cinq ans après ce décret illégal, "nous sommes toujours là, les yeux tournés vers l'avenir, et nous résistons". Les 15.000 travailleurs qui continuent le combat espèrent un accord qui proposerait des emplois aux anciens salariés de LyFC dans le secteur de la production d'électricité.

Lors des commémorations de ces cinq années de lutte, Martín Esparza Flores a déclaré "Nous poursuivrons la lutte pour le rétablissement de l'état de droit que foulent au pied des entreprises multinationales et des gouvernements fascistes".

Le combat continue pour les travailleurs de l'électricité qui ont défilé le 15 octobre pour réclamer un emploi après cinq années d'intenses batailles sociales et juridiques, ainsi que la reconnaissance de leurs droits humains et syndicaux et l'application des accords conclus avec le gouvernement fédéral.

Rio Tinto : action de protestation des travailleurs dans 13 pays

L’appel à l’action au plan mondial avait été lancé par le Réseau Syndical Mondial Rio Tinto dans le cadre d’une campagne en cours coordonnée par IndustriALL.

Notre message à Rio Tinto est que le mouvement syndical est bien présent au plan mondial et n’est pas près de disparaître. Nous allons nous battre et faire campagne contre Rio Tinto jusqu’à ce que cette entreprise traite avec respect et dignité ses salariés, l’environnement dans lequel il évolue et les communautés locales au sein desquelles il mène ses activités

déclare Andrew Vickers, Président de la section des mines d’IndustriALL et Secrétaire général du CFMEU.

Les travailleurs de Rio Tinto de par le monde ont fait entendre leurs voix pour revendiquer haut et fort des lieux de travail plus sûrs, des emplois stables et du respect pour les droits des travailleurs.

Depuis les rassemblements au Canada et aux États-Unis jusqu’aux actions sur le terrain en Afrique du Sud, en Australie et en France, le projecteur était braqué sur l’habitude qu’a développée Rio Tinto de faire passer les profits avant les gens.

Après les décès survenus récemment à la mine de Grasberg en Indonésie, qui appartient pour partie à Rio Tinto, l’affilié d’IndustriALL le CEMWU (Syndicats des travailleurs de la chimie, de l’énergie et des mines) a distribué des tracts à ses membres sur le site de cette mine à l’occasion de la journée d’action. Les dirigeants du syndicat de la mine portaient les t-shirts de campagne avec le logo d’IndustriALL et le slogan "Rio Tinto, l’autre vérité".

En Afrique du Sud, Le président f.f. du NUM (Syndicat des mineurs), Piet Matosa a rencontré les membres du site de Rio Tinto de Richards Bay pour leur expliquer pourquoi les syndicats dans le monde entier ciblent l’entreprise.

Une série d’actions a eu lieu en Australie et la journée d’action a réussi à attirer pas mal de couverture médiatique. Le CFMEU (Syndicat des industries de la construction, forestières, des mines et de l’énergie) a lancé un rapport sur les pratiques anti-syndicales de Rio Tinto et son Vice-président national Andrew Vickers a été interviewé sur ABC Australia.

D’autres actions ont encore eu lieu dans les pays suivants :

AUSTRALIE

CAMEROUN

CANADA

FRANCE

INDONÉSE

MADAGASCAR

MONGOLIE

NAMIBIE

PAYS-BAS

NOUVELLE ZÉLANDE

AFRIQUE DU SUD

SUISSE

ÉTATS-UNIS

Les travailleurs et les permanents de l’affilié d’IndustriALL l’Union Syndicale des Travailleurs de Guinée (USTG) avaient prévu une série d’actions de protestation pour marquer la journée mondiale. Cependant, en raison de la crise Ebola, tout le monde a été renvoyé chez soi et aucune action n’a pu avoir lieu.

Les actions se sont tenues le 7 octobre pour coïncider avec la Journée mondiale du travail décent, à l’occasion de laquelle les syndicats du monde entier mobilisent contre le travail précaire. Les syndicats de Rio Tinto ont identifié le recours croissant au travail temporaire, occasionnel et sous-traité de la part de l’entreprise comme étant une de leurs principales préoccupations.

Consultez la page d’IndustriALL sur Rio Tinto pour voir qui a mené des actions et rester informé des dernières nouvelles concernant la campagne Rio Tinto.

Les femmes demandent l’instauration de quotas à IndustriALL

Le secrétaire général de IndustriALL, Jyrki Raina, a dit à la conférence que "les femmes et les hommes prennent ensemble des décisions meilleures que celles prises seulement par des hommes.

Toutefois ce quota ne doit constituer que l’une des mesures permettant de parvenir à une égalité entre femmes et hommes. La conférence a adopté une résolution qui mentionne, en plus de l’appel pour le quota de 40 pour cent, la santé et la sécurité, l’emploi précaire, la protection de la maternité, l’accès des femmes aux postes de responsabilité, le VIH et le Sida. 

En dépit d’une expansion économique en Afrique, les femmes éprouvent encore des difficultés sur leur lieu de travail. La diminution de l’écart entre femmes et hommes permettrait de réduire la faim et la pauvreté. La conférence était organisée avec comme toile de fond l’épidémie de fièvre Ebola – et comme toujours, les femmes sont les plus touchées par les grands fléaux de santé.

À l’ouverture, la conférence a souhaité la bienvenue à Senzeni Zokwana, ex-vice-président de IndustriALL, qui est maintenant ministre sud-africain de l’Agriculture, de la Forêt et de la Pêche. Il a insisté sur la nécessité de créer des emplois quand beaucoup de secteurs sont confrontés au changement climatique et à la fluctuation des marchés. L’Afrique doit assurer la transformation de ses propres produits au lieu de tout exporter, selon Lydia Nkopane de l’Union nationale des mineurs (NUM), qui a dit: "Nous exportons des matières premières et vivons toujours dans la pauvreté."

Les participantes ont énuméré les défis auxquels les femmes et les syndicats font face dans la région. Et parmi eux, la violence contre les femmes, l’économie informelle, le VIH et le Sida, et la protection de la maternité.

En Afrique sub-saharienne, l’économie informelle touche 66 pour cent de l’emploi non-agricole, et il faut ajouter que 74 pour cent des femmes et 61 pour cent des hommes ont un emploi informel. Ces emplois se caractérisent par des conditions de travail extrêmement précaires, des risques pour la santé et la sécurité, et la participation des membres de la famille et des enfants. Il faut aborder les questions relatives aux femmes de manière particulière. Une fois de plus, il s’agit ici de la syndicalisation des femmes autour des problèmes qui les concernent. L’une des préoccupations dans les communautés minières est, par exemple, le VIH et le Sida.

En Afrique sub-saharienne, les femmes sont contaminées par le VIH de cinq à sept ans au moins avant les hommes; les jeunes femmes risquent deux fois plus que les jeunes hommes d’être séropositives. Du fait que les filles commencent à se protéger elles-mêmes, le taux des nouvelles infections est en déclin. Cependant, ces gains sont fragiles et doivent être soutenus.

Ce serait un plus si davantage de pays ratifiaient la convention 183 de l’OIT sur la protection de la maternité. Jusqu’à présent, cette convention a seulement été ratifiée dans la région par le Bénin, le Burkina Faso et le Mali. Des conventions collectives pourraient améliorer la vie des femmes si les syndicats négociaient autre chose que les salaires. Malheureusement, les questions relatives à la maternité et aux femmes sont le plus souvent les premières à se heurter à des écueils.

NUM a appelé l’attention sur les dangers auxquels sont exposées les femmes employées dans l’extraction minière. Malheureusement il y a encore de l’hostilité envers les femmes et leurs revendications. Au cours des dernières années, la pire forme de violence envers les femmes a eu lieu dans une galerie de mines, à savoir un meurtre. La seule chose que le ministère des Ressources minérales a faite a été d’émettre un avertissement pour "ne laisser aucune femme travailler seule dans une galerie de mine", mais cela ne compensera jamais la perte d’une vie humaine. Les syndicats doivent tenir ceci comme une priorité nécessitant une réglementation et une indemnisation.

Les femmes représentaient 35 pour cent des participants durant les deux jours de la conférence régionale.

La réussite de la grève de Workers United permet de rejeter le contrat à deux niveaux

Les contrats à deux niveaux, qui instituent des salaires et des prestations plus bas pour les futures embauches, deviennent courants en Amérique du Nord en offrant deux avantages aux employeurs: d’une part en réduisant plus tard le coût du personnel, et d’autre part, en affaiblissant le syndicat du fait que les personnes nouvellement embauchées éprouveront du ressentiment à l’égard des gens de l’unité de négociation qui avaient voté auparavant le maintien de leur propre salaire, tout en acceptant une réduction du salaire du personnel embauché par la suite.

En rejetant fermement cette tentative de NGF Canada, la section 2641 de Workers United a reçu l’appui des syndicats locaux, des étudiant(e)s et de la communauté de Guelph pour cesser le travail dans l’usine de verrerie. La grève a commencé le 30 septembre. La direction a été forcée de venir négocier le 11 octobre, après que les organisations alliées eurent bloqué la tentative de l’entreprise de faire venir des briseurs de grève les 9 et 10 octobre.

Le syndicat et l’entreprise ont alors entrepris de négocier le 11 octobre et se sont mis d’accord sur un projet de règlement. L’accord a été négocié, voté et ratifié le lendemain.

Le nouveau contrat de cinq ans porte sur des hausses salariales de 1 pour cent allant jusqu’à 2 pour cent pour les années quatre et cinq. Une augmentation sous forme de prime à la signature du contrat a également été prévue. Mais le plus important est la rétractation du contrat à deux niveaux et la limitation du nombre d’emplois étudiants à temps partiel durant les vacances scolaires.

Susan Taylor, présidente de la section 2641, a déclaré:

Nous avons mené un bon combat. Nous sommes une petite section, mais nous nous sommes battus pour le respect et pour la prochaine génération de travailleurs et travailleuses. Notre section s’est trouvée revigorée par cette expérience et par la solidarité et la générosité du mouvement ouvrier à Guelph, tant au plan international qu’à celui de la communauté dans son ensemble. Nous ne serons plus jamais les mêmes. Nous n’oublierons jamais.

Workers United remercie spécialement IndustriALL pour le message de solidarité et le soutien vite obtenus et affichés sur le piquet de grève. Raina, le secrétaire général de IndustriALL a également écrit au directeur général de NGF Canada.

L’affilié belge FGTB Centrale Générale a envoyé de son côté un message de solidarité.

NGF est une filiale du groupe Nippon Sheet Glass, l’une des quatre plus grandes multinationales du verre au monde, dont le siège est au Japon.