Relever les défis de la chaîne d’approvisionnement automobile en Turquie

Les droits du travail dans la chaîne d’approvisionnement automobile ont été au centre d’un atelier qui s’est tenu les 25 et 26 novembre derniers en Turquie. Réunissant des acteurs clés de Turquie et d’Allemagne, l’événement a rassemblé des participants issus de syndicats, de comités d’entreprise, de constructeurs automobiles, de fournisseurs, de représentants du gouvernement, d’associations d’employeurs et d’organisations de la société civile.

Kemal Özkan, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, a souligné le besoin pressant de transparence et de responsabilité dans la chaîne d’approvisionnement. Il a souligné les défis auxquels les travailleurs et travailleuses sont confrontés, tels que l’exploitation, les longs temps de travail et les violations des règles de santé et de sécurité.

“Nous devons aller au-delà des mécanismes de gestion des litiges et mettre en œuvre des cadres obligatoires pour garantir de réelles améliorations dans les ateliers de l’industrie automobile”,

a-t-il déclaré, soulignant également l’importance de reproduire des approches multipartites réussies, comme l’initiative ACT dans le secteur textile, afin de promouvoir la liberté syndicale et la négociation collective.

Yasser Hassan, Directeur du bureau de l’OIT pour la Turquie, a souligné l’importance du dialogue social dans les transitions du secteur automobile, notamment le passage aux véhicules électriques.

“Le dialogue social est le fondement du travail décent et de la croissance durable. Il nécessite des cadres solides, des acteurs habilités et un véritable engagement en faveur de la collaboration”,

a déclaré M. Hassan.

Ulrike Geith, en charge de la responsabilité sociale des entreprises auprès du ministère fédéral allemand du travail et des affaires sociales, a souligné les liens économiques étroits entre la Turquie et l’Allemagne. Elle a fait remarquer que la nouvelle législation sur la diligence raisonnable dans l’UE et en Allemagne offre l’occasion de renforcer le dialogue social et la protection des droits de l’homme dans les chaînes d’approvisionnement.

Christina Hajagos-Clausen, Directrice du secteur textile et confection d’IndustriALL, a présenté l’initiative ACT comme un modèle de solutions systémiques. L’accent mis sur l’alignement des pratiques d’achat sur les droits des travailleurs offre des enseignements précieux pour la chaîne d’approvisionnement de l’industrie automobile.

“ACT a montré que des pratiques d’achat responsables et des conventions collectives peuvent créer des modèles de production stables”,

a-t-elle déclaré. Elle a souligné la nécessité de veiller à ce que les mécanismes de règlement des litiges soient élaborés conjointement par les syndicats et les employeurs.

Après une ouverture des débats centrée sur l’importance de la responsabilité dans les chaînes d’approvisionnement, l’atelier a exploré des solutions pratiques et tenu des discussions collaboratives en petits groupes.

Les groupes ont permis aux participants de s’engager directement dans des études de cas, en explorant les problèmes auxquels les travailleurs et travailleuses sont régulièrement confrontés en Turquie. Les groupes ont partagé à la fois les défis et les bonnes pratiques tout en permettant aux participants de comprendre les problèmes du point de vue des différentes parties prenantes à un niveau plus pratique. Les débats ont souligné l’importance cruciale de la liberté syndicale, du dialogue social, des politiques d’achat responsable et de la santé et de la sécurité au travail en tant qu’éléments clés pour parvenir à une compréhension commune et à des solutions durables.

Les syndicats turcs s’inquiètent des graves conséquences pour les travailleurs et travailleuses de l’absence de pouvoir ou de représentation des syndicats au sein de l’entreprise, souvent exacerbées par les lacunes du système judiciaire turc.

Les participants ont continué à réfléchir à des solutions concrètes pour améliorer les conditions de travail dans la chaîne d’approvisionnement de l’industrie automobile tout en les alignant sur les exigences de diligence raisonnable. Les discussions se sont concentrées sur trois domaines essentiels : la formation, la communication et la sensibilisation ; le dialogue social et la médiation ; et les mécanismes de gestion des litiges.

Georg Leurert, Directeur d’IndustriALL pour le secteur automobile, a réfléchi à l’évolution de la diligence raisonnable en matière de droits de l’homme, notant que les procédures de gestions des litiges se sont considérablement améliorées.

“Aujourd’hui, nous disposons d’un retour d’information et d’une implication rapides de la part des fabricants d’équipements d’origine, alors qu’il fallait des mois par le passé. Il s’agit d’une étape cruciale”,

a-t-il déclaré.

Georg Leurert a appelé toutes les parties prenantes à tirer parti de la dynamique créée par l’atelier, soulignant l’importance d’un engagement à long terme et d’une collaboration continue pour parvenir à un changement systémique dans les chaînes d’approvisionnement mondiales.

L’atelier s’est conclu sur un fort sentiment d’engagement commun à relever les défis des chaînes d’approvisionnement mondiales de l’automobile. Revenant sur les débats qui s’étaient tenus, Kemal Özkan a souligné le pouvoir de transformation de la collaboration par le biais du dialogue social et des approches multipartites. Il a fait remarquer que la résolution des problèmes liés à la chaîne d’approvisionnement nécessitait une action collective, en particulier dans des pays comme la Turquie, où persistent des risques et des problèmes de main-d’œuvre spécifiques. Les discussions productives ont mis en évidence l’importance de favoriser la confiance et le respect entre les diverses parties prenantes qui se sont réunies lors de l’atelier.

Kemal Özkan a fait l’éloge des mesures pratiques identifiées lors du forum, telles que le renforcement des mécanismes de règlement des litiges, l’alignement des pratiques d’achat sur les droits des travailleurs et le renforcement des capacités en matière de dialogue social. Il a reconnu la nature progressive du processus, mais a exprimé son optimisme quant aux progrès réalisés et à la volonté collective de poursuivre ce travail essentiel.

“Cet atelier marque une étape importante dans notre cheminement vers des chaînes d’approvisionnement plus transparentes et plus équitables. Ce n’est qu’un début, mais la volonté de collaborer au niveau sectoriel et les stratégies élaborées ici constituent une base solide pour l’avenir”,

a conclu Kemal Özkan.

L’atelier a été organisé par IndustriALL, avec le soutien et la collaboration d’IG Metall, de la Société allemande pour la coopération internationale (GIZ) et du Dialogue du secteur automobile allemand.

Collaboration mondiale pour les droits des travailleurs et travailleuses

Le réseau syndical de Coats a été constitué en 2019 dans le but de renforcer la coopération entre les syndicats et d’établir un ACM pour normaliser les conditions de travail dans l’ensemble des activités de Coats dans plus de 50 pays.

La réunion de cette année était principalement axée sur le vécu des syndicats de base. Les participants ont discuté des conditions de travail, de la situation des conventions collectives et des défis liés aux activités syndicales. Des inquiétudes ont été exprimées quant à l’incohérence des normes d’emploi dans les pays où Coats exerce ses activités.

Farnaz Ranjbar, Directrice mondiale des droits de l’homme de Coats, a rejoint la réunion en mode virtuel pour exposer les initiatives de responsabilité sociale de l’entreprise (RSE) et répondre aux questions soulevées par les dirigeants des syndicats. Elle s’est engagée à traiter ces questions en priorité.

Les représentants syndicaux ont examiné le projet d’ACM et y ont apporté leurs commentaires, en s’appuyant sur leur expérience au sein des usines. Le réseau a décidé de finaliser le document dans les deux semaines et de le soumettre à Coats pour entamer des négociations au plan mondial.

La réunion s’est terminée par une visite sur le terrain de Coats Türkiye, où DİSK-TEKSTİL a conclu la convention collective en cours. Selva Kaboğlu, Responsable des ressources humaines, a présenté les activités de Coats Türkiye, les relations employeur-salarié et les activités sociales.

Haluk Deniz Medet, spécialiste des relations internationales auprès de DİSK-TEKSTİL, a salué la bonne organisation et l’impact de la réunion :

“Cette réunion du réseau mondial de Coats a été très productive, offrant des informations précieuses sur le processus concernant l’accord-cadre mondial et les conditions d’emploi en vigueur dans d’autres pays. Nos représentants ont eu des discussions significatives et ont noué des liens durables avec des représentants syndicaux du monde entier.”

La réunion du réseau syndical a réaffirmé l’engagement des syndicats et de la direction de Coats en faveur de l’équité au sein du monde du travail et du renforcement de la solidarité internationale entre les travailleurs et travailleuses.”

Habib Hazemi, Coprésident du TGSL et Président du syndicat tunisien FGTHCC-UGTT, a pour sa part déclaré :

“Cette réunion mondiale pour COATS est une excellente occasion d’échanger des expériences et de dresser le tableau de la situation syndicale, des avantages et des obstacles. Elle permet de tisser un maillage solide de points de vue, d’idées, de demandes, de communication et de dialogues. J’espère qu’elle s’étendra à un plus grand nombre de pays.”

La réunion du réseau s’est déroulée au cours des 16 jours d’activisme contre la violence basée sur le genre, et les participants ont profité de l’occasion pour prendre position et appeler à la fin de la violence et du harcèlement basés sur le genre.

COATS, un leader mondial dans la fabrication de fils et de matériaux de haute performance, emploie plus de 15.000 travailleurs et travailleuses et sert plus de 30.000 clients dans le monde entier.
 

COP29 : un revers majeur pour le monde du travail

En ce qui concerne le financement de la lutte contre le changement climatique, les pays ont accepté de tripler les fonds destinés aux pays en développement, en passant de l’objectif précédent de 100 milliards de dollars par an à 300 milliards de dollars par an d’ici à 2035. Bien qu’il s’agisse d’un progrès par rapport aux négociations précédentes, on est encore loin des 1.300 milliards de dollars qui, selon les experts, sont nécessaires pour faire face à l’ampleur de la crise. Une fois de plus, les pays riches se sont épargnés l’engagement de fonds publics suffisants, obligeant les pays pauvres à recourir à des prêts qui aggraveront leur dette. Les pays vulnérables se retrouvent ainsi coincés dans un cycle d’emprunts, au lieu de recevoir le véritable soutien dont ils ont besoin pour renforcer leur résilience face aux effets du changement climatique.

Pour les travailleurs et travailleuses, la COP29 n’a été rien de moins qu’une trahison. Le Programme de travail pour une transition juste, qui était censé créer des passerelles pour les travailleurs et travailleuses à mesure que les économies se transforment en modèles plus écologiques, n’a enregistré aucune avancée. Il n’y a eu aucun engagement sur le financement, aucun accord sur la mise en œuvre des politiques, laissant les travailleurs et travailleuses des secteurs vulnérables et du Sud sans protection et en danger. L’exclusion des syndicats des discussions critiques n’a fait qu’aggraver cette injustice, privant les travailleurs et travailleuses de leur mot à dire dans les décisions qui affecteront directement leurs moyens de subsistance.

Les efforts visant à accélérer la transition énergétique se sont également enlisés. Les propositions visant à développer le paquet énergétique des Émirats arabes unis de la COP28, comme le triplement de la capacité en énergies renouvelables, l’élimination progressive des combustibles fossiles et la réduction des subventions aux combustibles fossiles, ont été bloquées. Il n’y a pas eu de feuille de route claire pour améliorer le stockage de l’énergie ou l’infrastructure de réseau, ni de mécanismes pour suivre les progrès accomplis dans la réalisation de ces objectifs. Cette absence d’action urgente et ambitieuse menace l’objectif de 1,5 °C et retarde la transition mondiale vers des systèmes énergétiques durables, ce qui nous met encore plus à la traîne dans la lutte pour sauver la planète.

Si des progrès ont été réalisés en matière d’adaptation, comme le lancement de la Feuille de route de Bakou sur l’adaptation et des orientations sur le suivi de la résilience, les progrès concernant les plans nationaux sur le climat (contributions déterminées au niveau national, CDN) ont été ajournés à 2025. Ces nouveaux plans climatiques doivent couvrir tous les gaz à effet de serre et tous les secteurs, afin de maintenir la limite de réchauffement de 1,5 °C à portée de main.

Une fois de plus, les droits de l’homme et les questions de genre ont été mis de côté lors des négociations. Le programme de travail de Lima sur le genre a été prolongé de 10 ans, mais sans nouvelles mesures plus fortes pour répondre au besoin urgent d’équité et de droits de l’homme dans l’action climatique. Ce manque d’innovation affaiblit l’inclusivité et l’efficacité des politiques climatiques, renforçant les inégalités systémiques qui minent le bien-être des communautés les plus marginalisées.

“Pour les syndicats, la COP29 a mis en lumière plusieurs échecs systémiques. L’exclusion des travailleurs et travailleuses des négociations nie leur rôle vital dans l’action climatique. Le refus des pays riches d’honorer leurs engagements financiers érode la confiance et aggrave les inégalités mondiales. L’absence de progrès sur les politiques de Transition juste laisse des millions de travailleurs et travailleuses vulnérables aux impacts d’une économie et d’un climat en mutation rapide,”

a déclaré Diana Junquera Curiel, Directrice d’IndustriALL pour la Transition juste et l’énergie.

“Dans la perspective de la COP30 au Brésil, il est clair que la lutte pour une action climatique juste et efficace est loin d’être terminée. Les travailleurs et travailleuses ne peuvent et ne doivent pas être laissés pour compte. Les syndicats doivent pousser plus fort que jamais pour des solutions réelles et inclusives qui prennent en compte les droits et les besoins des travailleurs et travailleuses. Cela signifie qu’il faut revendiquer un financement public substantiel pour le climat qui soutienne les nations en développement, sans les accabler d’une dette supplémentaire, et veiller à ce que les gouvernements mettent en œuvre des politiques de Transition Juste qui protègent les travailleurs et travailleuses et les placent au cœur de l’action climatique,”

a souligné Diana Junquera Curiel.

Les résultats de la COP29 sont clairs : le monde n’avance pas assez vite, ni de manière assez inclusive, pour relever le défi climatique. Les syndicats doivent continuer à réclamer des comptes aux gouvernements et revendiquer une justice climatique qui fonctionne pour tous et pas seulement pour quelques riches. L’heure est venue de trouver de véritables solutions centrées sur l’être humain.

La solidaridad mundial ocupa un lugar central en la reunión del Comité Ejecutivo de IndustriALL en Estambul

La solidaridad ocupó un lugar central en la reunión del Comité Ejecutivo de IndustriALL, celebrada en Estambul los días 21 y 22 de noviembre. Los dirigentes de los sindicatos afiliados a IndustriALL debatieron los retos a los que se enfrentan los trabajadores de todo el mundo, y mostraron su determinación colectiva de defender sus derechos más allá de las fronteras.

Los presidentes de los sindicatos turcos Petrol-İş y Türk Metal dieron la bienvenida a la delegación a Estambul y a la sede de Petrol-İş, e hicieron hincapié en la importancia y los beneficios de la sindicalización y la solidaridad para reforzar el movimiento sindical.

Sus comentarios marcaron la pauta de los debates que siguieron, en los que se abordaron las crisis regionales y mundiales que afectan a los trabajadores. Marie Nilsson, presidenta de IndustriALL y del sindicato sueco IF Metall, pidió apoyo urgente para los 900 mineros del distrito de Cayirhan, Ankara, que están protestando bajo tierra contra la privatización de su mina y de una central térmica asociada. Ante la posible pérdida de empleos, los mineros prometieron continuar su protesta hasta que el gobierno revierta su decisión.

El secretario general, Atle Høie, destacó los crecientes retos a los que se enfrentan los sindicatos en todo el mundo, especialmente a medida que las actitudes antisindicales ganan terreno en las esferas política y empresarial. Haciendo referencia a las recientes elecciones estadounidenses y a figuras controvertidas como Elon Musk asumiendo roles destacados, hizo hincapié en la necesidad de unidad.

“Nuestra respuesta debe ser la unidad. Podemos diferir en los enfoques hacia los conflictos o en los tratos con las instituciones mundiales, pero permanecemos unidos en la negociación colectiva, la sindicalización y la defensa de los derechos sindicales fundamentales. Si no nos unimos, corremos el riesgo de potenciar las agendas antisindicales en todo el mundo”,

Cuando nos unimos, ganamos. En su informe, Atle Høie mencionó la importante victoria de los sindicatos en Indonesia, donde su lucha resultó en la derogación de disposiciones clave de la controvertida Ley Ómnibus.

“Esta es una gran victoria y felicito a nuestros afiliados indonesios por su logro, que nos inspira a todos en nuestra lucha contra los gobiernos regresivos”.

Lesia Semeniaka, de Ucrania, pintó un panorama alarmante de una nación asolada por la guerra. Detalló las devastadoras consecuencias para la agricultura y las infraestructuras energéticas: solo 24 de las 145 minas de carbón siguen en funcionamiento. En medio de los crecientes desafíos, se destacó la resistencia de los trabajadores y sindicatos ucranianos como testimonio del inquebrantable espíritu de solidaridad.

Desde Palestina, Sahar Abdo instó al movimiento sindical mundial a que no deje de alzar la voz ante la actual crisis en Gaza y Cisjordania. Expresó su gratitud por la reciente visita solidaria de Atle Høie, que describió como un hito que refuerza la importancia del apoyo internacional en tiempos difíciles.

El Comité Ejecutivo también conoció los retos a los que se enfrentan muchos trabajadores en Alemania, donde los empleados de Volkswagen se enfrentan a la posibilidad de una pérdida masiva de puestos de trabajo. Christiane Benner, presidenta de IG Metall, hizo un llamado a la solidaridad internacional para respaldar a estos trabajadores en una coyuntura crítica.

Ivana Smajlovic facilitó las últimas novedades del Comité de Mujeres celebrado en línea a principios de este mes. Recientemente se ha puesto en marcha un programa de mentoría para mujeres jóvenes de Tanzania, Malawi, Ghana, Perú y Colombia, con el apoyo de LO Noruega. La iniciativa pretende capacitar a la próxima generación de mujeres dirigentes sindicales.  

Además, en preparación de la campaña 16 días de activismo contra la violencia de género, IndustriALL ampliará su iniciativa #SinExcusas, llamando a la acción colectiva contra la violencia de género.

En el debate estratégico sobre IA, se presentó al Comité Ejecutivo el primer borrador de la política de IA de IndustriALL. El documento aborda los retos y oportunidades que plantea la creciente importancia de la IA en el lugar de trabajo. La política y las demandas incluyen, entre otras cosas, garantizar la transparencia y la rendición de cuentas en todos los lugares de trabajo, que los trabajadores puedan adaptarse a los cambios tecnológicos y lograr una mayor seguridad en el empleo, y reforzar la protección jurídica de la negociación colectiva, centrándose en la gestión de algoritmos y la privacidad de los datos, las competencias y la reconversión profesional, la salud y la seguridad en el trabajo, la redistribución de la riqueza y la productividad, así como la sindicalización.

Como se señaló durante el debate, los sistemas de IA deben evaluarse y probarse cuidadosamente antes de utilizarlos, teniendo en cuenta los criterios sobre discriminación. Las redes de seguridad social para proporcionar estabilidad financiera a los trabajadores en una economía cada vez más automatizada por la IA también fueron objeto de atención.

El segundo borrador de la política de IA estará listo a finales de marzo del año que viene, e irá precedido de una recopilación continua de información, así como de un taller para jóvenes sobre IA y una reunión del grupo de expertos en Industria 4.0.

Ya están en marcha los preparativos del 4.º Congreso de IndustriALL, que se celebrará en noviembre del año próximo. Afiliados de todo el mundo se reunirán en Sídney, Australia, bajo el lema “Sindicalizar por un futuro justo”.

Al concluir los dos días de reunión, Atle Høie expresó:

“Las victorias en una parte del mundo nos inspiran a todos. Juntos, debemos seguir construyendo un frente unido por los derechos de los trabajadores en todas partes”.

La solidarité mondiale au cœur de la réunion du Comité exécutif d’IndustriALL à Istanbul

La solidarité était au cœur de la réunion du Comité exécutif d’IndustriALL à Istanbul ces 21 et 22 novembre. Les dirigeants des affiliés d’IndustriALL ont discuté des défis auxquels sont confrontés les travailleurs et travailleuses du monde entier, affichant une volonté collective de soutenir leurs droits par-delà les frontières.

Les présidents des syndicats turcs Petrol-İş et Türk Metal ont accueilli les délégués à Istanbul, dans les locaux de Petrol-İş, soulignant l’importance et les avantages de la syndicalisation et de la solidarité dans le renforcement du mouvement syndical.

Leurs remarques ont donné le ton aux discussions qui ont suivi et qui ont abordé les crises régionales et mondiales affectant les travailleurs et travailleuses. Marie Nilsson, Présidente d’IndustriALL et du syndicat suédois IF Metall, a appelé à un soutien urgent pour les 900 mineurs du district de Çayırhan (Ankara), qui mènent sous terre une action contre la privatisation de leur mine et d’une centrale thermique associée. Confrontés à des pertes d’emploi potentielles, les mineurs ont juré de poursuivre leur mouvement jusqu’à ce que le gouvernement revienne sur sa décision.

Le Secrétaire général Atle Høie a souligné les défis croissants auxquels les syndicats sont confrontés à l’échelle mondiale, en particulier en une époque où les opinions antisyndicales gagnent du terrain dans les sphères politiques et les entreprises. Faisant référence aux récentes élections aux États-Unis et à des personnalités controversées telles qu’Elon Musk, il a insisté sur le besoin d’unité.

“Notre réponse doit être l’unité. Nous pouvons diverger sur les approches des conflits ou les relations avec les institutions mondiales, mais nous sommes unis sur les notions de négociation collective, de syndicalisation et de défense des droits syndicaux fondamentaux. Si nous ne parvenons pas à nous unir, nous risquons de donner le bâton pour nous battre aux tenants de l’antisyndicalisme dans le monde entier.”

Et lorsque nous nous unissons, nous gagnons. Dans son rapport, Atle Høie a évoqué la victoire significative des syndicats en Indonésie, où leur combat a abouti à l’abrogation de dispositions clés de la controversée loi Omnibus.

“Il s’agit d’une victoire majeure et je félicite nos affiliés indonésiens pour leur réussite, qui nous inspire tous dans notre lutte contre les gouvernements rétrogrades.”

Lesia Semeniaka (Ukraine) a brossé le tableau d’une nation ravagée par la guerre. Elle a détaillé le bilan dévastateur de l’agriculture et de l’infrastructure énergétique, avec seulement 24 des 145 mines de charbon encore opérationnelles. Face aux difficultés croissantes, la résilience des travailleurs, travailleuses et syndicats d’Ukraine a été soulignée comme un témoignage de l’esprit de solidarité qui perdure.

Sahar Abdo, de Palestine, a exhorté le mouvement syndical mondial à continuer à s’exprimer sur la crise actuelle en Cisjordanie et à Gaza. Elle a exprimé sa gratitude pour la récente visite de solidarité d’Atle Høie, la décrivant comme un moment marquant qui a renforcé l’importance du soutien international dans des moments difficiles.

Le Comité exécutif a également pris connaissance des difficultés rencontrées par les travailleurs et travailleuses en Allemagne, alors que les salariés de Volkswagen sont confrontés à la perspective de suppressions d’emplois à grande échelle. Christiane Benner, Présidente d’IG Metall, a lancé un appel à la solidarité internationale pour soutenir ces travailleurs et travailleuses dans ce moment critique.

Ivana Smajlovic a fait le point sur le Comité des femmes qui s’est tenu en ligne au début du mois. Un programme de mentorat pour les jeunes femmes de Tanzanie, du Malawi, du Ghana, du Pérou et de Colombie, soutenu par la confédération syndicale LO de Norvège, a été récemment lancé. L’initiative vise à donner à la prochaine génération de dirigeantes syndicales confiance en ses moyens.

De plus, en préparation de la campagne des 16 jours d’activisme contre les violences basées sur le genre, IndustriALL amplifiera son initiative #NoExcuse, appelant à une action collective contre les violences fondées sur le genre.

Lors de la discussion stratégique sur l’IA, le Comité exécutif a pris connaissance du premier projet de politique d’IndustriALL en matière d’IA. Le document aborde les défis et les opportunités liés à l’importance croissante de l’IA sur le lieu de travail. Cette politique et ses revendications visent, entre autres, à s’assurer que la transparence et la responsabilité soient garanties sur tous les lieux de travail, que les travailleurs et travailleuses puissent s’adapter aux changements technologiques et obtenir une meilleure sécurité de l’emploi et que la protection juridique de la négociation collective soit renforcée, en se concentrant sur la gestion des algorithmes et la confidentialité des données, les compétences et la requalification, la santé et la sécurité au travail, la redistribution des richesses et de la productivité ainsi que la syndicalisation.

Comme cela a été souligné au cours du débat, les systèmes d’IA doivent être soigneusement évalués et testés avant d’être utilisés, en tenant compte des critères de discrimination. Les filets de sécurité sociale visant à assurer la stabilité financière des travailleurs et travailleuses dans une économie de plus en plus automatisée par l’IA ont également été mis en avant pour faire l’objet d’un examen plus approfondi.

Le deuxième projet de politique en matière d’IA sera prêt à la fin du mois de mars de l’année prochaine et sera précédé d’une collecte systématique d’informations, ainsi que d’un atelier pour les jeunes sur l’IA et d’une réunion du groupe d’experts sur l’Industrie 4.0.

Les préparatifs sont en cours pour le 4e Congrès d’IndustriALL qui se tiendra en novembre de l’année prochaine. Des affiliés du monde entier se réuniront à Sydney, en Australie, sous le slogan “Syndiqués pour un avenir juste”.

En conclusion de ces deux jours de réunion, Atle Høie a déclaré :

“Les victoires remportées dans quelque partie du monde que ce soit nous servent d’inspiration à tous. Ensemble, nous devons continuer à construire un front uni pour les droits des travailleurs et travailleuses partout dans le monde.”

Mener le changement pour mettre fin à la violence à l’encontre des femmes sur le lieu de travail

Cette année est particulièrement significative, car IndustriALL marque la première année en cours de sa politique Aucune Excuse (#NoExcuse) contre la VHBG, la misogynie et le sexisme, adoptée en novembre 2023. Cette politique est un élément clé de la campagne plus large #NoExcuse, qui a été lancée le 8 mars 2024, Journée internationale de la femme, et vise à favoriser un changement culturel vers la tolérance zéro par rapport à toute forme de violence au sein des lieux de travail et des syndicats.

Politique Aucune Excuse (#NoExcuse)

AnglaisEspagnolFrançaisCoréen

Allemand

JaponaisArabeRusse

Cette politique comprend une série de recommandations détaillées qui décrivent les étapes à suivre pour renforcer la sécurité sur le lieu de travail, améliorer les mécanismes de signalement et soutenir les victimes. Pour en faciliter l’accès et la distribution, une version résumée de ces recommandations est disponible sous forme d’affiche. Elle constitue une référence visuelle et concise qui peut être utilisée au sein des syndicats et sur les lieux de travail.

Accédez ici à l’affiche et partagez-la :

Anglais

Espagnol

bientôt disponible

Français

bientôt disponible

  

L’urgence de ces efforts est soulignée par des statistiques alarmantes des Nations unies : dans le monde, une femme est tuée intentionnellement par son partenaire ou un membre de sa famille toutes les dix minutes. En outre, l’essor des plateformes numériques a introduit de nouveaux défis, 16 à 58 % des femmes dans le monde subissant des violences sexistes facilitées par la technologie. Les jeunes femmes, en particulier celles de la Génération Z et les “Millenniales”, sont affectées de manière disproportionnée.

En réponse à ces défis, IndustriALL dote ses affiliés des outils nécessaires pour lutter efficacement contre la VHBG. Depuis 2017, plusieurs campagnes ont été lancées et des ressources ont été mises à disposition, notamment :

Engagement en anglais

en français

en espagnol

en allemand

en arabe

en russe

en coréen

en turc

en japonais

IndustriALL appelle ses affiliés à s’engager au niveau des 16 jours d’activisme. Les membres sont encouragés à partager des informations et des photos des actions de leur syndicat en utilisant le hashtag #NoExcuse et à visiter le site web d’IndustriALL et les canaux de médias sociaux pour des mises à jour permanentes et des recommandations sur la conduite du changement culturel.

“Nos efforts collectifs au cours de l’année écoulée ont jeté des bases solides pour un lieu de travail plus sûr et plus équitable. Poursuivons sur cette lancée, en veillant à ce que nos lieux de travail non seulement favorisent mais aussi revendiquent le respect, la dignité et la sécurité pour toutes les femmes. Ensemble, nous construisons un héritage de changement qui résonnera pour les générations à venir”,

a déclaré Christina Olivier, Secrétaire générale adjointe d’IndustriALL.

IndustriALL se consacre à la création d’un environnement exempt de misogynie et de sexisme institutionnels, où la confiance et la sécurité sont primordiales, et continue de plaider en faveur d’une formation complète, d’une sensibilisation et de la négociation de conventions collectives qui visent spécifiquement l’élimination du harcèlement sexuel.

Rejoignez-nous dans ce mouvement crucial vers un monde où aucune femme n’aura à endurer la violence et le harcèlement, que ce soit à la maison, en public ou sur le lieu de travail.

Un tribunal brésilien innocente BHP, Samarco et Vale de crimes contre l’environnement à Mariana

Le barrage minier géré par Samarco, une société détenue par BHP et Vale, s’est rompu le 5 novembre 2015 près de Mariana, dans l’État de Minas Gerais, provoquant la plus grande catastrophe environnementale de l’histoire du pays et tuant 19 personnes.

Neuf ans plus tard, la section de Ponte Nova du tribunal fédéral brésilien a innocenté les accusés, les sociétés Samarco, Vale et BHP ainsi que 21 cadres et techniciens, dans le cadre de la procédure pénale. Selon le tribunal, il n’y avait pas de preuve d’actions individuelles permettant de déterminer la responsabilité pénale directe de la catastrophe.

“Après une longue enquête, les documents, rapports et témoins présentés comme preuves n’ont pas permis de démontrer que des comportements individuels ont contribué de manière directe et décisive à l’effondrement du barrage de Fundão. Dans une procédure pénale, s’il existe un doute raisonnable découlant des preuves analysées, le tribunal doit se prononcer en faveur des accusés”,

a écrit la juge Patrícia Alencar dans le préambule de son jugement, citée par la section judiciaire de Minas Gerais du ministère fédéral de la justice.

Dans sa décision, elle a souligné l’importance du travail technique et scientifique pour élaborer des stratégies préventives et éviter une nouvelle tragédie. Elle a également déclaré qu’il fallait se concentrer sur la réparation des dommages causés aux communautés. Elle a toutefois reconnu que même une indemnisation financière substantielle ne compenserait pas les pertes subies par les victimes et l’impact de la tragédie sur l’environnement.

Bien qu’il n’y ait pas eu de condamnation pénale, ce 25 octobre 2024, le gouvernement fédéral a signé un accord de règlement pour Mariana avec les entreprises, qui ont accepté d’allouer des milliards de reals pour réparer les dommages causés par la tragédie de Mariana.

Lucineide Varjão, Vice-présidente d’IndustriALL, a commenté cet accord :

“Neuf ans plus tard, cet accord n’a été possible que grâce aux efforts du gouvernement du Président Luiz Inácio Lula da Silva. Les syndicats et les mouvements sociaux devront veiller au respect des délais et des autres dispositions de l’accord conclu avec le syndicat.”

Selon le site officiel du gouvernement brésilien, l’accord prévoit le versement de 132 milliards de reals, dont 100 milliards que les entreprises impliquées dans la tragédie verseront au gouvernement sur 20 ans à diverses fins. Les entreprises mettront également de côté 32 milliards de reals pour couvrir l’indemnisation des personnes touchées et d’autres actions de réparation qui resteront sous leur responsabilité. Cette somme s’ajoute aux 38 milliards de reals qu’elles affirment avoir déjà versés.

Dans le discours qu’il a prononcé lors de la signature de l’accord de règlement, le Président Lula a déclaré :

“Nous réparons les dommages causés par une catastrophe qui aurait pu être évitée, mais qui ne l’a pas été, par irresponsabilité et par appât du gain. Ce qui s’est passé à Mariana était purement et simplement de l’irresponsabilité envers les habitants de la région. Nous ne pourrons peut-être jamais réparer tous les dommages que ces gens ont subis, parce qu’il y a aussi des dommages psychologiques. Outre les morts, les gens ont perdu des choses qu’ils aimaient, qu’ils ne reverront jamais et qui ne peuvent être remplacées. C’est pour cela que c’est important, mesdames et messieurs les ministres : nous avons le devoir de commencer à construire un avenir pour ces personnes”.

Le Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, Kemal Özkan, a pour sa part déclaré :

“Ces dernières années, IndustriALL s’est rendu à Mariana pour montrer sa solidarité, se joignant à des alliés de la société civile locale pour réclamer justice. Bien que ce soit tardif, nous sommes heureux que justice ait été rendue dans l’affaire de Mariana. Il est clair qu’une volonté politique forte peut apporter des résultats. Les entreprises doivent être susceptibles de rendre des comptes. Elles doivent prendre leurs responsabilités pour éviter que cela ne se reproduise à l’avenir”.

Le NUMSA triomphe dans la bataille pour la réintégration chez Goodyear

La bataille a commencé le 31 mai 2021, lorsque des travailleurs et travailleuses membres du NUMSA, une organisation affiliée à IndustriALL, ont été licenciés par Goodyear après avoir rejeté une injonction exigeant d’eux de travailler avec des pauses décalées et de maintenir une production continue en faisant tourner les machines sans repos adéquat. Les travailleurs ont jugé cette politique déraisonnable et, dès lors qu’ils ont tenu bon, la direction a réagi par des représailles rapides et sévères.

Le syndicat s’est immédiatement saisi de ce cas et a déposé une plainte auprès de la Commission de conciliation, de médiation et d’arbitrage (CCMA).

En juin 2022, la CCMA a statué en faveur des travailleurs, estimant que si leurs actions pouvaient être considérées comme de l’insubordination, elles n’étaient pas assez graves pour justifier un licenciement.

Le Commissaire a également constaté que les travailleurs et travailleuses avaient reçu des avertissements écrits définitifs de manière injuste, qu’ils s’étaient vu refuser une représentation syndicale alors qu’ils l’avaient explicitement demandée et que les avertissements avaient été émis dans le cadre d’une stratégie plus large de Goodyear visant à préparer le terrain pour des licenciements collectifs. La procédure ayant été jugée fondamentalement injuste, les travailleurs ont eu droit à la réintégration.

Nullement découragée par la décision de la CCMA, la direction de Goodyear s’est adressée au tribunal du travail, tentant de faire annuler la décision et de refuser aux travailleurs leur réintégration légitime.

Prenant une décision historique pour les droits des travailleurs, le tribunal du travail a rejeté la requête de Goodyear. Cette décision signifie que les travailleurs qui avaient été licenciées à tort pour avoir défendu leurs droits retrouveront leur emploi.

“Le rôle du NUMSA dans cette victoire va bien au-delà des victoires juridiques ; elle est symbolique d’un syndicat qui se soucie véritablement de ses membres. Étant l’un des syndicats les plus militants d’Afrique du Sud, le NUMSA a apporté des contributions substantielles à l’élaboration de la législation sur le droit du travail et possède une histoire de lutte pour les droits de la classe ouvrière dont il peut être fier. Les ressources et les efforts du syndicat, inlassablement consacrés à la cause de la justice, ont été le moteur de cette victoire”,

a déclaré le syndicat dans un communiqué.

“Alors que le NUMSA se tient aux côtés des travailleurs et travailleuses, prêt à les défendre contre toute autre contestation, y compris le probable appel de Goodyear, le message du syndicat est clair : nous ne reculerons jamais. Cette affaire met en lumière le pouvoir de l’action collective et l’importance d’adhérer à un syndicat qui ne se contente pas de promettre la justice, mais qui la rend. Le NUMSA est un syndicat qui tient ses promesses, un syndicat qui se bat pour les droits des travailleurs et travailleuses à chaque instant”,

a déclaré Mziyanda Twani, Secrétaire régional du NUMSA pour le Cap-Oriental.

“Il faut féliciter le NUMSA pour avoir continué à défendre les droits des travailleurs en matière de santé et de sécurité au travail face à des multinationales qui utilisent de plus en plus les tribunaux pour revenir sur les acquis des travailleurs et travailleuses, qui ne doivent pas être victimisés pour avoir défendu leurs droits au travail”,

a déclaré Paule France Ndessomin, Secrétaire régionale d’IndustriALL pour l’Afrique subsaharienne.

Illustration : Flickr

“Les enfumer” ou légaliser l’exploitation minière artisanale en Afrique du Sud

La police a déclaré qu’elle se préparait à arrêter les creuseurs dès qu’ils remonteraient à la surface, comme cela s’est produit pour plus de 1.000 mineurs. Cependant, certains ont été secourus à l’aide d’un système de cordes et de poulies, déshydratés et émaciés, tandis qu’un corps décomposé a été récupéré dans la mine. La plupart des creuseurs sont originaires du Lesotho, du Mozambique et du Zimbabwe et travaillent aux côtés d’anciens mineurs sud-africains.

Dans le cadre de l’opération Vala umgodi – Isizulu signifiant “fermer les trous”, qui vise à lutter contre l’exploitation minière illégale, la police a scellé les entrées du puits, piégeant les mineurs, également connus sous le nom de Zama-Zamas. En raison de la présence de la police, l’eau et la nourriture n’ont pas pu être acheminées jusqu’au fond du puits.

En réponse aux appels des communautés à envoyer de l’aide aux mineurs clandestins, Khumbudzo Ntshaveni, Ministre à la Présidence, a déclaré que le gouvernement ne viendrait pas en aide aux “criminels”. Elle a ajouté : “Nous allons les enfumer, ils sortiront”.

Cette déclaration a suscité l’indignation des syndicats, des organisations de défense des droits de l’homme et des groupements communautaires. Quoi qu’il en soit, une décision de justice a établi que le gouvernement avait la responsabilité de protéger les droits de l’homme en vertu de la constitution et de fournir de l’eau et de la nourriture aux mineurs.

Des équipes de secours miniers se trouvent actuellement sur le site de la mine pour participer aux activités de sauvetage.

L’Alternative Mining Indaba (Indaba alternatif des mines – AMI) a déclaré dans un communiqué :

“Il est décourageant de constater que dans une démocratie constitutionnelle comme l’Afrique du Sud, des atrocités de cette nature persistent malgré l’histoire douloureuse du pays, marquée par la dépossession violente des terres et l’exploitation économique raciale sous le régime de l’apartheid. L’impasse actuelle, marquée par la présence agressive des forces de l’ordre, ne permet pas de s’attaquer aux causes profondes qui poussent les gens à risquer leur vie dans des mines abandonnées”. L’AMI affirme qu’il existe plus de 6.000 mines abandonnées en Afrique du Sud, qui pourraient être exploitées pour assurer la subsistance des communautés.

Phillip Mankge, Secrétaire général adjoint par intérim du NUM (Syndicat national des mineurs) a déclaré :

“En tant que NUM, nous voudrions dire clairement que nous ne soutenons pas cette déclaration. En fait, il est inhumain et irresponsable de la part de la ministre de prononcer de tels paroles alors que des personnes sont piégées sous terre”.

Selon les informations à disposition, les creuseurs extraient de l’or pour une valeur de plus de 8 millions de dollars par an. Cet or est vendu sur les marchés de Suisse et des Émirats arabes unis.

Le Guide de l’OCDE sur le devoir de diligence pour des chaînes d’approvisionnement responsables en minerais provenant de zones de conflit ou à haut risque s’appliquent à l’Afrique du Sud compte tenu de la violence associée à l’EMAPE, car les sociétés minières et leurs agents achètent de l’or aux creuseurs. Des recherches et des procès ont confirmé que des gangs lourdement armés et des patrons miniers illégaux servent de façade à des acheteurs agréés aux niveaux national et international. Plusieurs Zama Zamas ont été tués dans des guerres de territoire entre bandes rivales, des fusillades ont eu lieu entre la police et les services de sécurité des mines et des cas de viol ont été signalés à leur encontre.

Le NUM, affilié à IndustriALL, a déclaré que les lacunes de la politique relative à l’EMAPE ont créé des situations dans lesquelles ce type d’exploitation minière est le fait d’organisations criminelles.

Kopano Konopi, Secrétaire provincial du Congrès des syndicats sud-africains (COSATU) pour le Nord-Ouest, où se trouve la mine, a déclaré :

“Le COSATU estime que le gouvernement devrait revoir les politiques minières du pays, car les produits extraits par des mineurs considérés comme illégaux trouvent leur place sur le marché, même s’ils sont achetés à bas prix. Le gouvernement devrait envisager de délivrer des licences d’exploitation minière artisanale aux creuseurs et aux coopératives.”

“Il existe des modèles qui peuvent être adoptés pour l’EMAPE en Afrique du Sud, notamment la mise en œuvre de politiques existantes par le département des ressources minérales. L’EMAPE doit être formalisée de manière à tenir compte des conditions socio-économiques du pays, caractérisées par un taux de chômage et une pauvreté élevés. L’exploitation minière ne doit pas être réservée aux multinationales, mais doit également profiter aux anciens mineurs concernées et aux communautés riveraines”,

a déclaré Glen Mpufane, Directeur d’IndustriALL pour le secteur des mines.

Il a également mis l’accent sur les recommandations de la Vision minière africaine, qui indique que des avantages peuvent être tirés de l’EMAPE, notamment des moyens de subsistance durables et la réduction de la pauvreté.

Pratiques antisyndicales et licenciements chez un fabricant thaïlandais de bus électriques soutenu par la Suisse

À plusieurs reprises, IndustriALL a soulevé la question des pratiques antisyndicales tant auprès du gouvernement suisse que de l’employeur thaïlandais. Absolute Assembly a perturbé les démarches syndicales et a refusé d’entamer des négociations collectives avec le syndicat EMUT, affilié au CILT/TEAM, lui-même affilié à IndustriALL.

IndustriALL a exhorté le gouvernement à prendre des mesures en accord avec son engagement déclaré à mettre en œuvre l’Accord de Paris et dans la lignée de la grande importance que la Suisse attache à la “promotion, au respect et à la mise en œuvre des principes et droits fondamentaux au travail, attendant en outre du secteur privé qu’il respecte les droits de l’homme en Suisse comme à l’étranger”.

Malheureusement, la situation continue de se détériorer. Absolute Assembly prévoit maintenant de licencier des centaines de travailleurs et travailleuses de son usine de fabrication de bus électriques pour les transports publics de Bangkok, sans engager de dialogue avec le syndicat EMUT.

Le Secrétaire général d’IndustriALL, Atle Høie, a déclaré à ce sujet :

“Nous sommes profondément préoccupés et indignés par les plans d’Absolute Assembly visant à licencier des centaines de personnes et nous demandons à nouveau qu’il soit mis fin immédiatement aux violations des droits fondamentaux des travailleurs. Les travailleurs et travailleuses, représentés par leur syndicat, doivent être activement impliqués dans les discussions sur toute restructuration et l’entreprise doit garantir la pérennité de leurs postes de travail.”

En plus d’appeler Absolute Assembly à s’engager dans un dialogue avec le syndicat, IndustriALL a contacté les gouvernements suisse et thaïlandais pour les exhorter à intervenir.

Photo : Trafic à Bangkok, Flickr