Botswana : une entreprise diamantaire bafoue les droits des travailleurs
Le syndicat, affilié à IndustriALL, affirme que la direction impose des suppressions d’emplois tout en refusant de négocier honnêtement avec les syndicats. Les négociations se sont soldées par un échec à la mi-mars. Le syndicat négocie désormais à reculons, estimant que les règles ne sont pas respectées, mais il entend bien ne pas renoncer et ne laissera pas ses membres sans protection.
Manque de transparence de la direction
Au cœur de ce différend, une requête pourtant simple : montrez-nous les chiffres. Le syndicat affirme que la direction a refusé de communiquer les comptes audités, les registres de paie, les détails relatifs à la structure de l’entreprise et les procès-verbaux du conseil d’administration. Sans ces informations, les travailleuses et travailleurs ne peuvent pas évaluer si les suppressions d’emplois sont réellement nécessaires ou s’il existe des alternatives. L’article 25 de la loi sur les syndicats et les organisations patronales (Trade Unions and Employers Organizations Act) oblige la direction à communiquer ces informations. Genesis HB s’en garde, rendant toute négociation sérieuse impossible.
Les dirigeants syndicaux sont-ils pris pour cible ?
Sept travailleurs sont menacés de licenciement. Quatre d’entre eux siègent au comité syndical. Pour le syndicat, ce n’est pas une coïncidence. Cibler des représentants syndicaux dans le but d’affaiblir la voix collective des travailleurs constitue une pratique antisyndicale, qui plus est illégale. Le BDWU a fait savoir à la direction qu’il ne laisserait pas passer cela.
Une crise qui s’envenime
Les suppressions d’emplois surviennent au pire moment possible. L’industrie diamantaire du Botswana génère près de 80 % des recettes d’exportation du pays et finance un tiers des dépenses publiques de même que les écoles, les hôpitaux et les services publics dont dépendent plusieurs millions de personnes. Le marché des diamants de laboratoire fait aujourd’hui peser de fortes pressions sur cette industrie : des pierres synthétiques dont la composition chimique est identique à celle des gemmes extraites, mais pour seulement une fraction du coût de celles-ci. On estime qu’en quelques années à peine, ils ont conquis 15 à 20 % du marché mondial de la joaillerie, portant un coup dur à la demande de diamants naturels.
Même De Beers, l’une des entreprises les plus puissantes du commerce du diamant et le partenaire industriel le plus important du Botswana, a enregistré une forte baisse de ses ventes de diamants bruts en 2023 et a elle-même commencé à commercialiser des pierres synthétiques. C’est là un signe clair que les problèmes rencontrés par ce secteur sont profonds et durables, et pas juste temporaires. Dans ce contexte, chaque emploi de la chaîne de valeur du diamant compte. Le BDWU estime que la direction devrait collaborer avec les travailleuses et travailleurs à la recherche de solutions, et non les licencier.
Que réclame le syndicat ?
Le syndicat appelle Genesis HB à mettre fin dès à présent au processus de licenciement et à rencontrer les travailleurs en vue d’élaborer une politique de licenciement équitable, recherchant véritablement des alternatives aux suppressions d’emplois. Si la direction refuse, le syndicat portera le litige devant la Commissaire au travail et à la sécurité sociale ou cherchera à obtenir auprès du tribunal du travail une ordonnance d’urgence afin de suspendre le processus.
Les travailleurs ne se laisseront pas réduire au silence
« Genesis HB pense pouvoir réduire les travailleurs au silence en s’en prenant aux dirigeants syndicaux, mais le syndicat va riposter, »
a déclaré Dominic Mapoka, président du BDWU.
Paule-France Ndessomin, secrétaire régionale d’IndustriALL pour l’Afrique subsaharienne, a replacé ce différend dans son contexte plus large.
« Dans les pays qui dépendent du diamant, on assiste déjà à une hémorragie d’emplois au profit des pierres synthétiques. Les entreprises qui réagissent en écrasant les syndicats ajoutent l’injustice au préjudice. Les licenciements doivent être gérés de manière transparente, de façon à protéger à la fois les syndicats et les emplois. »
Maurice s’engage lentement sur la voie de la démolition des logements amiantés
Les dirigeants syndicaux restent toutefois prudents. Une déclaration parlementaire n’est pas un ordre de démolition. La lutte contre les logements amiantés à Maurice, affirment-ils, n’est pas encore terminée.
D’après les archives historiques, lorsque les cyclones Carol et Alix ont ravagé Maurice en 1962, les dégâts laissés sur leur passage étaient d’une ampleur rarement vue sur l’île : huit personnes étaient mortes, plus d’une centaine blessées et 100 000 s’étaient retrouvées sans abri. La quasi-totalité des quartiers ouvriers avait été rayée de la carte. Le gouvernement a réagi sans tarder, avec la construction immédiate de 3 113 logements sociaux destinés au relogement des personnes déplacées.
Pour construire ces logements, c’est un matériau bon marché, durable et largement utilisé dans les colonies britanniques de l’époque qui a été choisi : un mélange de ciment et d’amiante. Soixante ans plus tard, les personnes qui vivent dans ces maisons continuent de payer cette décision de leurs poumons. À Maurice, où les résidents des logements sociaux vivent depuis une soixantaine d’années au contact de panneaux d’amiante en mauvais état, les données relatives à la mortalité ne permettent probablement pas encore de saisir pleinement les retombées du programme de construction de 1962.
Bien que Maurice ait interdit l’importation des produits contenant de l’amiante à travers la loi sur la protection des consommateurs, la loi sur le contrôle des produits chimiques dangereux et la Constitution, ces restrictions ont depuis été levées par des amendements législatifs – une mesure que les syndicats ont condamnée. De plus, Maurice n’a pas ratifié la convention n° 162 de l’Organisation internationale du Travail (OIT) sur l’amiante, qui prévoit le remplacement et l’élimination de l’amiante, une surveillance médicale ainsi que l’indemnisation des travailleurs exposés à l’amiante, le droit des travailleurs à l’information sur les risques liés à l’amiante, des procédures de retrait et d’élimination en toute sécurité, ainsi que la responsabilité des employeurs et des États de prévenir l’exposition à la source.
Le Comité exécutif d’IndustriALL a soutenu l’appel lancé par 12 pays africains en faveur d’un amendement de la Convention de Rotterdam visant à inclure l’amiante chrysotile sur la liste des produits chimiques industriels dangereux et a manifesté contre le commerce de l’amiante.
Un décès qui a tout changé
La campagne syndicale trouve son origine dans une affaire qui a révélé l’ampleur de ce que les autorités avaient ignoré. Claude Marguerite, membre du syndicat et résident d’un des logements sociaux amiantés, est décédé en 1999 d’un mésothéliome, un cancer agressif de la plèvre, membrane qui entoure les poumons et la partie interne de la paroi thoracique, causé par l’exposition à l’amiante. Après son décès, le CMWEU avait obtenu l’autorisation de la Cour suprême de Maurice pour procéder à l’exhumation du corps. Une décision délicate sur le plan juridique et émotionnel, mais la direction du syndicat a estimé que sans preuves scientifiques irréfutables, les autorités garderaient les yeux fermés.
En collaboration avec l’université de Manchester, des chercheurs ont procédé à un comptage des fibres d’amiante sur 10 grammes de tissu pulmonaire prélevé sur le corps de Claude Marguerite. Les résultats étaient sans appel : 86 000 particules d’amiante ont été dénombrées. Ces résultats ont fourni au syndicat les preuves dont il avait besoin et déclenché une vaste campagne de sensibilisation du public qui allait contraindre le gouvernement à agir.
Une maladie qui ne pardonne pas
Selon les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé et du Centre international de recherche sur le cancer, l’amiante ne représente pas un danger unique, mais tout un ensemble de dangers. Une exposition prolongée aux fibres d’amiante microscopiques, qui se logent de manière permanente dans les tissus pulmonaires et ne peuvent être expulsées, provoque toute une série d’affections graves et mortelles. Le mésothéliome est la plus redoutée d’entre elles : il se manifeste généralement plusieurs dizaines d’années après l’exposition, répond mal aux traitements et présente un taux de survie moyen d’environ un an à compter du diagnostic. L’asbestose, une maladie chronique caractérisée par une cicatrisation des tissus pulmonaires, provoque un essoufflement progressif et est incurable. Le risque de cancer du poumon est nettement plus élevé chez les personnes exposées à l’amiante.
Deux décennies de silence
En 2001, partiellement convaincu par la campagne syndicale, le gouvernement a accepté de demander une enquête nationale sur les conséquences néfastes de l’amiante. John Addison, spécialiste du Commonwealth en matière d’amiante, a été chargé de la diriger. Il avait précédemment travaillé aux côtés de Reeaz Chuttoo, alors conseiller technique du CMWEU, sur le démantèlement et le désamiantage d’une usine sucrière à Beau Plan, dans le district de Pamplemousse au nord de l’île.
Le rapport n’a jamais été rendu public. En 24 ans, aucun gouvernement n’a osé le présenter au Parlement. La raison, selon les responsables syndicaux, est que les conclusions du rapport exposeraient l’État à d’importantes demandes d’indemnisation civiles de la part des résidents des logements amiantés, ainsi que des milliers de travailleurs ayant effectué leur carrière dans des usines sucrières, des hôpitaux, des écoles et d’autres sites publics et privés où l’amiante était couramment utilisé. Plutôt que l’impératif de santé publique, c’est donc un calcul de leur niveau de responsabilité qui a incité les gouvernements successifs à ne pas rendre le rapport Addison public.
« C’est une déclaration de bonnes intentions que nous livre le gouvernement mauricien. Nous surveillerons chaque étape de la mise en œuvre. Un vote, ce n’est pas un bulldozer. Nous serons dans la rue, devant les tribunaux et au Parlement jusqu’à ce que le dernier panneau d’amiante soit retiré et que les familles et les communautés soient indemnisées, »
a déclaré Reaz Chuttoo, désormais président de la CTSP.
Paule-France Ndessomin, secrétaire régionale d’IndustriALL pour l’Afrique subsaharienne, a souligné :
« La convention n° 162 sur l’amiante stipule clairement que les États doivent protéger les travailleurs contre l’exposition, indemniser les personnes lésées et éliminer le danger à la source. Maurice a l’obligation, et non le choix, de démolir ces maisons, de rendre des comptes aux familles et aux communautés touchées et de publier le rapport Addison. »
IndustriALL se retire de l’accord sur les droits de l’homme conclu avec Mercedes-Benz
Cette décision sanctionne plusieurs années de pratiques antisyndicales documentées de la part de Mercedes-Benz dans son usine américaine de Tuscaloosa, en Alabama, confirmées par le National Labor Relations Board (NLRB), l’agence indépendante du gouvernement fédéral américain chargée de veiller au bon respect du droit syndical, ainsi que l’incapacité de l’entreprise à remédier à ces violations, alors même que l’occasion lui en a été donnée à plusieurs reprises.
Dans une lettre adressée à Ola Källenius, PDG du groupe Mercedes-Benz, le 11 mai 2026, le secrétaire général d’IndustriALL, Atle Høie, a justifié le retrait par les quatre motifs suivants : le non-respect, par l’entreprise, de son devoir de neutralité au cours de la campagne de syndicalisation à Tuscaloosa, son refus de s’engager dans un dialogue constructif avec IndustriALL afin de trouver des solutions, la mise à jour unilatérale de l’accord en 2025 sans avoir résolu la situation en Alabama et le recours systématique à des cabinets d’avocats ayant fait de la lutte contre la syndicalisation leur cheval de bataille, notamment le cabinet gérant le système de signalement des violations propre à MB aux États-Unis.
« Mercedes-Benz a enfreint toutes les règles qu’elle avait elle-même signées. Elle s’était engagée à respecter le droit syndical, le droit à la négociation collective et le principe de neutralité. Et pendant ce temps, dans son usine de l’Alabama, elle déboursait plus de 650 000 dollars pour que des cabinets spécialisés dans le démantèlement syndical interviennent sur son propre site et fassent pression sur les employés afin de les pousser à voter contre l’adhésion au syndicat. Peut-on parler de neutralité ? On est bien loin du compte. En se déclarant neutre, Mercedes ment à l’opinion publique. Les travailleurs d’Alabama doivent poursuivre leur lutte pour obtenir une convention collective, »
a déclaré Atle Høie.
Rupture de l’engagement pris
L’accord intitulé « Principes de responsabilité sociale et droits de l’homme » a été signé par Mercedes-Benz et IndustriALL le 1er septembre 2021. Aux termes de l’accord, les normes de travail établies chez MB sont « obligatoire[s] pour tous les cadres dirigeants et collaborateurs de Mercedes-Benz dans le monde entier » et « [E]n cas d’organisation de campagnes, l’entreprise et ses dirigeants doivent rester neutres ».
En janvier 2024, les employés de l’usine de Tuscaloosa ont lancé une campagne pour adhérer à l’United Auto Workers (UAW), affilié à IndustriALL. Il s’en est suivi l’une des campagnes de démantèlement syndical les plus agressives de l’histoire récente des États-Unis.
Mercedes-Benz a fait appel à au moins cinq cabinets de conseil spécialisés dans le démantèlement syndical, dépensant la somme avérée de 659 116 dollars pour contrer la campagne de syndicalisation des travailleurs. Road Warrior Productions, qui se targue de réussir à amener les travailleurs à « voter contre la syndicalisation », était la plus connue. L’entreprise a organisé des réunions obligatoires avec public captif, elle a menacé les travailleurs de faire fermer l’usine et de les priver de leurs avantages sociaux s’ils votaient en faveur du syndicat, et elle a fait venir un pasteur local trois jours avant le scrutin pour exhorter les travailleurs noirs, qui représentent près de 60 % de la main-d’œuvre, à voter contre.
On a dit aux travailleurs que la syndicalisation serait inutile. Un employé aux états de service irréprochables depuis 25 ans a fait l’objet de mesures disciplinaires pour avoir confié à ses collègues posséder une carte de membre du syndicat. Le principal organisateur syndical, Jeremy Kimbrell, travaillait à l’usine depuis 26 ans. Il a été licencié en février 2025 sous un prétexte que l’UAW qualifie de fallacieux.
Le NLRB a enquêté et a jugé fondées plusieurs accusations selon lesquelles Mercedes avait enfreint le droit du travail américain. Face à ces accusations, Mercedes a conclu un accord qui prévoyait notamment l’affichage d’une communication officielle, signée de la main d’un responsable des ressources humaines et portant le sceau du gouvernement américain, sur les murs de l’usine de Tuscaloosa, dans laquelle l’entreprise déclarait : « NOUS NE VOUS MENACERONS PAS d’une fermeture du site ou d’une relocalisation vers un site non syndiqué, comme le Mexique, ou ailleurs, si vous choisissez d’être représentés par un syndicat. »
Dans le cadre de cet accord, Mercedes n’a pas reconnu avoir commis de faute.
Refus de dialoguer
Malgré les conclusions du NLRB, Mercedes a refusé de dialoguer avec IndustriALL afin d’identifier des moyens d’aller de l’avant. L’entreprise a invoqué des procédures judiciaires en cours pour justifier son refus de toute tentative de dialogue, ce que la lettre d’Atle Høie qualifie d’« excuse fallacieuse ».
En 2025, Mercedes a procédé à la mise à jour unilatérale de ses Principes de responsabilité sociale et droits de l’homme, sans aborder ni reconnaître la situation en Alabama. IndustriALL y a vu une manœuvre visant à rétablir la crédibilité de l’accord, alors que Mercedes n’avait rien fait pour.
« Vous avez rejeté toutes nos tentatives d’élaborer conjointement des solutions constructives. Vous avez mis à jour les Principes de responsabilité sociale et droits de l’homme en 2025 sans clarifier les incidents survenus aux États-Unis, IndustriALL Global Union ne pouvait donc pas rester signataire de l’accord. »
Tels sont les termes de la lettre adressée par Atle Høie à Ola Källenius.
Les consultants recrutés par Mercedes compliquent encore les choses. Les cabinets engagés pour lutter contre la campagne de syndicalisation en Alabama font ouvertement la promotion de leurs services d’évitement du syndicalisme. Leurs propres supports promotionnels décrivent le fait de « vaincre un syndicat » comme « gratifiant », proposent d’aider les employeurs à maintenir des « lieux de travail sans syndicat » et promettent d’amener les travailleurs à « voter contre la représentation syndicale ». Pour plusieurs de ces cabinets, des pratiques illégales ont été mises en évidence lors de campagnes passées. Des juges fédéraux américains du travail ont conclu que leurs dirigeants avaient déjà enfreint les droits des travailleurs avant que Mercedes ne les engage. Ces dossiers étaient accessibles au public avant que Mercedes ne fasse appel à eux.
En vertu de son propre Code d’intégrité, Mercedes est tenue de s’assurer que ses partenaires commerciaux respectent ses principes. Ce qu’elle n’a pas fait.
L’audience
Le 26 mai 2026, le NLRB ouvre une audience officielle à Birmingham, en Alabama, concernant les objections soulevées par l’UAW quant au déroulement de l’élection de mai 2024. Un directeur régional a estimé que cinq de ces objections soulevaient des questions de fait substantielles et importantes susceptibles de justifier l’annulation du résultat de l’élection. L’audience examinera, entre autres faits, les réunions obligatoires avec public captif organisées par Mercedes et l’application discriminatoire de ses politiques du lieu de travail à l’encontre des partisans du syndicat. Elle examinera également si l’entreprise a contraint des travailleurs en arrêt maladie à y assister et à voter. La question centrale est de savoir si ces manœuvres ont empêché les employés d’exercer leur libre choix. En 2024, les travailleurs ont voté à 2 642 voix contre le syndicat et à 2 045 en faveur, soit un écart de 597 voix sur quelques 5 075 votants éligibles.
Une autre voie est possible
IndustriALL n’a pas fermé la porte. Si Mercedes venait à changer de cap, l’accord pourrait être renouvelé.
L’exemple de Volkswagen démontre qu’une autre approche est possible. À Chattanooga, dans le Tennessee, VW est restée véritablement neutre lors de la campagne de syndicalisation de l’UAW en 2024. Les travailleurs ont voté à plus de deux contre un en faveur de l’adhésion au syndicat. VW et l’UAW ont ensuite conclu une convention collective. C’est ce que les Principes conclus avec Mercedes étaient censés garantir aux travailleurs de l’Alabama.
« Nous appelons une nouvelle fois Mercedes-Benz à mettre fin à son comportement antisyndical aux États-Unis et vous exhortons à ne pas abandonner le terrain aux cabinets juridiques et autres faiseurs d’opinion, »
a précisé Atle Høie dans sa lettre à Ola Källenius.
Les jeunes de la région MENA prennent la place qui leur revient
Le Comité a été fondé à l’issue de dix sessions de travail organisées à distance entre février et mai de cette année. Ces sessions ont réuni des représentants du réseau des jeunes de la région MENA, des dirigeants d’affiliés locaux ainsi que des membres du Secrétariat et du Comité exécutif régional d’IndustriALL. Le 5 mai dernier, le Comité a élu sa direction fondatrice. Celle-ci compte huit membres, dont au moins quatre femmes, issus à parts égales de la région MENA.
La création de ce Comité s’appuie sur plus de dix ans de syndicalisation des jeunes sur le territoire. Depuis 2014, IndustriALL travaille main dans la main avec ses affiliés de la région MENA au renforcement des compétences des jeunes travailleuses et travailleurs. L’organisation a mis en place le réseau des jeunes de la région MENA ainsi qu’une série de réseaux nationaux de jeunes. En 2016, ceux-ci ont organisé la première conférence des jeunes syndicalistes de la région. Ils ont, par la suite, initié un projet d’autonomisation sur cinq ans, de 2018 à 2022.
La bascule d’un réseau vers un comité officiel marque un changement délibéré d’ambition, passant de la participation au leadership. L’objectif consiste à s’éloigner d’une inclusion symbolique des jeunes pour aller vers une préparation concrète afin de leur permettre d’assumer leur rôle. Il vise à donner aux jeunes salariés des secteurs industriels, des entreprises multinationales et des chaînes d’approvisionnement mondiales les moyens d’influencer véritablement la prise de décision.
Les jeunes travailleuses et travailleurs de la région MENA sont confrontés à un ensemble complexe de pressions : précarité de l’emploi, taux de chômage élevé, accélération des mutations numériques et climatiques, automatisation industrielle et défis de la transition énergétique. Tout cela s’inscrit dans un contexte de représentation limitée de leur propre catégorie au cœur des structures syndicales.
Le 4e Congrès d’IndustriALL, qui s’est tenu à Sydney en novembre 2025, a créé un nouvel espace institutionnel pour le leadership des jeunes. Il a adopté des modifications statutaires visant à renforcer l’intégration des jeunes au sein des organes dirigeants d’IndustriALL. Il a fixé un objectif de 30 % de représentation des jeunes à tous les niveaux et dans toutes les activités. En outre, il a prévu la création d’un Comité mondial de la jeunesse sustenté par les Comités régionaux. Les deux Coprésidents du comité MENA deviennent automatiquement membres de cet organe mondial.
Le Comité est coprésidé par Sihame Elmazini, du Maroc, Coordinatrice des jeunes et des femmes auprès du Syndicat national des industries de la métallurgie et de l’électromécanique (SNIME-CDT). L’autre Coprésident élu est Amjad Shehab, d’Irak, Président de la section de Bassorah de la Fédération générale irakienne des syndicats du pétrole, du gaz et de la pétrochimie (IGFOGPU).
Le mandat du Comité comprend le renforcement de la syndicalisation parmi les jeunes travailleuses et travailleurs. Il inclut également le soutien aux affiliés pour qu’ils mettent en place leurs propres structures internes de jeunesse ainsi que l’élaboration de stratégies de formation et de mentorat synchronisées aux évolutions technologiques et aux nouvelles exigences du marché du travail.
Le Comité n’est pas conçu comme un espace de jeunesse isolé mais comme une passerelle vers le mouvement au sens large. Il vise à former une génération de jeunes syndicalistes capables d’assumer des rôles de direction aux niveaux local, national, régional et international. De plus, il cherche à assurer la continuité intergénérationnelle au sein du travail syndical.
« L’expérience a montré que, malgré les défis, les jeunes syndicalistes de la région sont capables d’assumer des responsabilités. Le Comité régional de la jeunesse constitue une nouvelle initiative conçue pour soutenir les causes des jeunes et mettre à profit leur énergie et leur enthousiasme dans le travail syndical »,
a déclaré Ahmed Kamel, Secrétaire régional d’IndustriALL pour la région MENA.
Se syndiquer pour un avenir juste
La création du Comité régional des jeunes de la région MENA reflète l’engagement plus large d’IndustriALL, réaffirmé lors du 4e Congrès, en faveur de l’intégration systématique des jeunes au sein de ses instances dirigeantes et de ses activités quotidiennes. Les jeunes travailleuses et travailleurs n’incarnent pas seulement l’avenir du mouvement syndical. Ils en sont d’ores et déjà les véritables acteurs de changement.
En impliquant les jeunes, le mouvement assure la continuité du travail syndical. De plus, il construit un avenir socialement plus solide et plus juste pour les salariés de toute la région.
« Ce Comité ne se limite pas à une simple représentation. Il s’agit de former une génération de jeunes travailleuses et travailleurs bien équipés, confiants et prêts à diriger. IndustriALL s’engage à faire en sorte que les jeunes syndicalistes de la région MENA disposent de la structure et du soutien nécessaires pour apporter un véritable changement sur leurs lieux de travail, au sein de leurs syndicats et dans l’ensemble du mouvement »
a déclaré Christina Olivier, Secrétaire générale adjointe d’IndustriALL.
Proposez une vision aux travailleuses et travailleurs et ils contribueront à trouver des solutions
Tel est l’argument central avancé par le Syndicat des travailleurs de la confection et du textile d’Afrique australe (SACTWU), dont les recruteurs sont aux prises avec une question à laquelle les forums politiques mondiaux répondent rarement. Plus précisément, comment rendre la « transition juste » pertinente pour des travailleuses et travailleurs qui n’ont jamais entendu ce terme ? Simon Eppel, Directeur de recherche du SACTWU, qui était présent lors du lancement du manifeste pour une transition juste dans la chaîne d’approvisionnement du textile et de l’habillement, connaît bien le fossé entre la politique et le terrain.
« Pour l’instant, tout ce discours sur la transition juste, c’est comme un sermon. Il faut faire quelque chose contre le changement climatique. Mais rien n’incite les travailleuses et travailleurs à en prendre le risque. Donnez-leur une motivation »,
dit-il.
Le problème de la reconversion professionnelle dans une économie en manque d’emplois
Le manifeste pour une transition juste préconise la reconversion professionnelle et le redéploiement comme piliers centraux d’une transition juste. Le SACTWU soutient largement ces revendications. Cependant, celles-ci soulèvent un défi crucial souvent négligé dans les débats politiques mondiaux : la reconversion professionnelle ne fonctionne que s’il existe des emplois vers lesquels se diriger.
« Traditionnellement, la partie la plus importante du concept de transition juste concerne la reconversion et le reclassement des salariés. Et cela fonctionne dans une économie de plein emploi. Mais, tout simplement, cela ne fonctionne pas aussi bien dans les pays du Sud »,
explique Simon Eppel.
En Afrique du Sud, le taux de chômage est parmi les plus élevés au monde. Par conséquent, demander aux travailleuses et travailleurs d’accepter des pertes d’emploi en échange de la promesse d’opportunités futures revient à leur demander de prendre des paris sur leur gagne-pain. L’argument du SACTWU est d’élargir la vision de la transition juste au-delà de l’emploi. Il souhaite inclure la participation des travailleurs aux actifs nécessaires à la décarbonisation et à la production durable.
« La pauvreté n’est pas seulement liée au revenu. Elle est aussi liée aux actifs. Dans un avenir qui sera marqué par des chocs économiques, climatiques, technologiques et autres, nous devons réfléchir à la manière de rendre les travailleurs plus résilients, notamment en leur permettant de disposer d’actifs qui leur rapportent quelque chose, et pas seulement d’un emploi. »
Une vision concrète : les travailleurs en tant que copropriétaires
Le SACTWU élabore déjà des modèles. Le syndicat met en place un programme de formation qui part de problèmes que les travailleuses et travailleurs comprennent déjà, comme les chaudières à charbon qui nuisent à leur santé dans les usines textiles. Il vise ensuite à élaborer des solutions collectives.
« On commence par la chaudière à charbon. Les travailleuses et travailleurs respirent ces fumées tous les jours. On établit le lien entre leur santé, leur communauté et le défi climatique plus large. Puis on propose des solutions »,
explique Simon Eppel.
L’une de ces solutions consiste à remplacer les chaudières à charbon par une technologie solaire thermique, ce qui réduit considérablement la consommation de combustible. Mais surtout, le SACTWU soutient que les travailleuses et travailleurs devraient non seulement bénéficier de ce changement, mais aussi en détenir une part.
« Pourquoi le mouvement syndical ne conçoit-il pas des modèles où les travailleuses et travailleurs peuvent acheter des machines, que le patron leur loue et pour lesquelles ils leur versent chaque mois un loyer ? Ce modèle pourrait être proposé aux acheteurs européens pour un approvisionnement auprès d’usines pratiquant une croissance verte et durable »,
lance Simon Eppel.
C’est une vision que le syndicat estime susceptible de rallier les adhérents. Pas un sacrifice, mais une opportunité partagée.
Ce dont le Sud a besoin de la part du Nord
La chaîne de valeur du commerce de détail du textile en Afrique du Sud évolue à un rythme différent de celui de l’Europe. Les détaillants locaux n’exigent pas encore de fibres durables ni de modèles de production circulaires. Cela signifie que la pression du marché qui stimule la transition ailleurs n’existe tout simplement pas encore ici. Mais le SACTWU est clair : cela ne peut pas être une excuse pour attendre.
« Livré à lui-même, notre système local nous fera avancer lentement. Si nous voulons tirer parti des opportunités, nous devons pousser le système à aller plus vite »,
indique Simon Eppel.
Pour cela, les pays du Sud ont besoin de trois choses de la part des pays du Nord : la reconnaissance que des contextes différents nécessitent des voies différentes, un financement abordable et, surtout, des engagements d’achat à long terme de la part des acheteurs au plan mondial.
« Si les acheteurs disent : “Nous vous passons des commandes, non pas pour six mois, mais avec un engagement sur trois ans, et voici l’argent et l’accès à la technologie”, alors les usines peuvent opérer les changements. C’est ce dont vous avez besoin pour créer des entreprises et des emplois et pour permettre la transition »,
ajoute-t-il.
Sans ce signal au niveau de la demande de la part des acheteurs du Nord, même les usines disposées à changer ne peuvent justifier leur investissement dans les technologies vertes.
Passer de la défense à l’offensive
Historiquement, les syndicats ont toujours été de nature défensive, protégeant ce qui existe. C’est un changement que Simon Eppel, qui côtoie depuis des années les travailleuses et travailleurs de la confection à Cape Flats, estime que les syndicats ne peuvent se permettre d’éviter.
« On ne peut pas se contenter d’être sur la défensive. Il faut aussi passer à l’offensive. Si nous nous contentons de nous défendre contre les risques, la nature et la direction du changement seront définies pour nous et nous perdrons la chance de façonner un avenir différent du présent. Pour passer à l’offensive, il faut proposer un monde alternatif »,
explique-t-il.
Cela implique d’expérimenter, de partager entre syndicats ce qui fonctionne à l’échelle mondiale et d’être prêt à prendre des risques même lorsque l’issue est incertaine. Le SACTWU collecte actuellement des fonds pour un programme de formation et de projets pilotes et identifie des usines où de nouveaux modèles pourraient être testés.
Une transition qui profite à tous
Le manifeste pour une transition juste formule des revendications audacieuses à l’intention des enseignes, des employeurs et des gouvernements. Le SACTWU soutient cette orientation mais insiste sur le fait que, si ces attentes ne s’ancrent pas dans la réalité vécue par les travailleuses et travailleurs du Sud, elles risquent précisément de ne rester que cela : des revendications sur le papier.
« Il n’est pas nécessaire d’explorer les comportements ni les besoins humains fondamentaux. Il suffit de considérer les travailleuses et travailleurs comme des personnes plutôt que comme étant l’objet de mesures politiques »,
dit-il.
Pour le SACTWU, une transition juste n’est pas un simple exercice de mise en conformité ni une opportunité de marketing vert. Il s’agit plutôt d’une chance de construire une nouvelle relation entre les travailleurs, la technologie et la propriété. Une relation dans laquelle les personnes qui fabriquent nos vêtements sont également parties prenantes dans l’avenir du secteur industriel qui dépend d’elles.
Crise du détroit d’Ormuz : le déficit de compétences dans le secteur de l’énergie sous la loupe
La Commission européenne a déjà accéléré son plan AccelerateEU, anticipant les objectifs d’électrification et les plans d’investissement dans le réseau. Partout en Asie, les autorités se précipitent pour développer les capacités solaires, éoliennes et de stockage par batterie. Il ne s’agit pas de programmes de transition élaborés dans le cadre d’un dialogue social. Ce sont des réponses d’urgence à un choc d’approvisionnement et les salariés qui construiront et exploiteront le nouveau système ne siègent pas à la table des négociations.
Ce problème ne date pas d’hier. Le contexte actuel lui fait manifestement prendre de la vitesse.
Le rapport d’avril de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) sur le marché pétrolier expose l’ampleur de ce qui s’est déjà produit. L’offre mondiale de pétrole a chuté de 10,1 millions de barils par jour en mars, ce qui constitue la plus grande perturbation de l’histoire du marché mondial du pétrole. Les usines pétrochimiques à travers l’Asie ont réduit leurs taux d’exploitation de 10 à 30 %, menaçant les chaînes d’approvisionnement dans les secteurs de la fabrication, du textile, de la construction et de l’emballage. Des gouvernements sur quatre continents, de l’Argentine à l’Éthiopie, du Pakistan aux Philippines, ont mis en place des mesures d’urgence pour réduire la consommation de carburant. Et l’AIE s’exprime sans réserve quant aux exigences inhérentes à la restauration du système énergétique. Son propre rapport d’avril sur le marché pétrolier cite « la mobilisation de main-d’œuvre qualifiée et de sous-traitants » comme condition préalable à la reprise de l’approvisionnement, au même titre que la stabilité politique et la réouverture du détroit lui-même.
Les travailleuses et travailleurs avaient déjà conscience de la fragilité du système énergétique. Ils savaient que la transition était en marche et que trop peu était fait pour l’adapter à leurs besoins. Ce que la crise d’Ormuz a changé, c’est la rapidité d’exécution. Des décisions qui devaient prendre des années sont prises en quelques semaines.
Les propos de la Présidente d’IndustriALL et en quoi ils sont importants aujourd’hui
Lorsque la Présidente d’IndustriALL, Christiane Benner, s’est rendue au siège de l’organisation à Genève en mars dernier, elle a été sans détour sur ce que la Transition juste requiert en substance.
« Pour trouver un terrain d’entente, avant toute chose, notre syndicat a besoin de clarifier ce que la décarbonisation signifie réellement pour chaque lieu de travail. » Cela implique d’analyser conjointement quels sites seront fortement touchés, quelles compétences seront nécessaires, sur quelles implantations des emplois sont menacés ou de nouveaux postes seront créés. « Un tel cadre factuel commun jette les bases d’un dialogue qui permet aux salariés de ne pas se sentir victimes d’un passage en force. »
La crise d’Ormuz n’a pas modifié ce débat. Elle a rendu visibles aux yeux de tous les conséquences liées au fait de l’ignorer. Les observateurs du secteur ont averti que la transition énergétique allait s’imposer au monde très vite et non sans douleurs. C’est précisément ce qu’IndustriALL et de nombreuses autres fédérations syndicales internationales tentent d’empêcher depuis des années.
La question n’est plus de savoir si la transition aura lieu mais plutôt de savoir si les travailleuses et travailleurs contribueront à façonner ce qui remplacera le système actuel, tenu en échec, ou si cette décision sera prise à leur place par des autorités et des employeurs réagissant à une crise sans aucun plan pour le monde du travail.
L’ampleur du déficit de compétences
Le rapport sur l’emploi dans le domaine de l’énergie au plan mondial, World Energy Employment 2025 de l’AIE, a chiffré ce que les travailleuses et travailleurs sur le terrain savent déjà. Le secteur de l’énergie emploie aujourd’hui 76 millions de personnes dans le monde, soit une augmentation de plus de 5 millions depuis 2019, et a représenté 2,4 % de l’ensemble des nouveaux emplois nets créés à l’échelle mondiale au cours des cinq dernières années. L’emploi dans le secteur de l’énergie a progressé de 2,2 % en 2024, soit près du double du taux observé dans l’ensemble de l’économie.
Mais derrière cette croissance se profile une crise. Sur les 700 entreprises du secteur de l’énergie, syndicats et organismes de formation ayant participé à l’enquête de l’AIE sur l’emploi, plus de la moitié ont signalé des goulots d’étranglement critiques en matière de recrutement qui menacent déjà la mise en place des infrastructures énergétiques. Pour empêcher que ce déficit ne se creuse davantage d’ici 2030, le nombre de nouveaux arrivants qualifiés dans le secteur de l’énergie devrait augmenter de 40 %, ce qui nécessiterait un investissement supplémentaire de 2,6 milliards de dollars par an dans la formation à l’échelle internationale. Cela représente moins de 0,1 % des dépenses mondiales en matière d’éducation.
La crise d’Ormuz n’a pas créé ce déficit, elle l’a mis en exergue. La reconstruction des chaînes d’approvisionnement énergétiques, quelle que soit la direction choisie par les gouvernements, nécessitera de la main-d’œuvre, des compétences et des établissements de formation pratiquement inexistants. Le point de départ consiste à identifier où ils se trouvent et où ils ne se trouvent pas.
Pourquoi les syndicats ne peuvent pas rester en marge de l’enquête de l’AIE
C’est ce qui rend l’enquête de l’AIE sur l’emploi et les compétences, qui se clôture le 15 mai, plus pressante que jamais.
Diana Junquera Curiel, Directrice en charge de la Transition juste et de la politique industrielle chez IndustriALL, s’est exprimée franchement quant à son enjeu :
« La crise d’Ormuz a accompli en quelques semaines ce que nous défendons depuis des années : elle a fait en sorte de rendre le lien entre la sécurité énergétique et les travailleurs impossible à ignorer. Les données de cette enquête nous permettront de transformer ce moment en levier lors de chaque négociation, de chaque débat politique, de chaque discussion avec les pouvoirs publics et les employeurs sur ce qu’implique réellement la reconstruction. Sans la voix des syndicats, ces arguments perdent de leur force. C’est aussi simple que cela. »
Christiane Benner a clairement expliqué ce qui fait qu’une Transition juste fonctionne dans la pratique. On ne parle pas de grands engagements politiques mais d’outils concrets : des programmes de formation négociés collectivement, des fonds de transition que les travailleuses et travailleurs aident à concevoir et des perspectives d’emploi contraignantes qui donnent aux gens une raison de faire confiance au processus.
Source : Enquête de l’AIE sur le travail et l’emploi 2025
Ces revendications n’ont de poids que lorsqu’elles s’appuient sur des données crédibles et reconnues au niveau international. L’Enquête de l’AIE sur le travail et l’emploi, qui a recueilli les réponses de travailleuses, de travailleurs et de leurs représentants dans 65 pays, pose la question de ce qui rend un emploi décent. Les réponses fournies étaient dépourvues de toute ambiguïté : un salaire équitable (90 %), la sécurité de l’emploi (73 %) et un environnement de travail sûr (71 %). Ce sont là les éléments fondamentaux que garantit la négociation collective. Pourtant, la même enquête a révélé que seuls 35 % des participants considéraient les emplois dans le secteur des énergies propres comme des emplois de qualité, offrant à la fois de bonnes conditions de travail et un bon salaire. C’est précisément cet écart entre ce que les salariés considèrent comme modalités propres à un emploi décent et ce que la transition énergétique offre actuellement que les syndicats ont pour mission de combler. Ces priorités, consignées dans un rapport lu par les gouvernements et les employeurs du monde entier, permettent de mettre les revendications des travailleuses et travailleurs sur la table dans des instances où les syndicats ne sont pas toujours présents.
L’enquête 2026 peut mettre en avant ces mêmes attentes. Mais seulement si les affiliés y participent.
Chaque réponse d’un syndicat, d’un représentant des travailleuses et travailleurs ou d’un organisme de formation rend le rapport final plus difficile à ignorer. Elle rend le déficit de compétences plus difficile à écarter. Elle facilite la défense d’une formation négociée collectivement.
Nous faisons face à un choc énergétique. La question est désormais de savoir si l’expérience des travailleuses et travailleurs sera prise en compte dans ce qui va suivre ou si les gouvernements et les employeurs vont, une fois de plus, reconstruire le système sans eux.
Vous trouverez le lien vers toutes les enquêtes ici
Vague de déréglementation en Asie du Sud : protection des travailleurs anémiée
Des dirigeants syndicaux du Bangladesh, d’Inde, du Pakistan, du Népal et du Sri Lanka se sont réunis lors d’un webinaire sur les réformes du droit du travail organisé par IndustriALL le 4 mai dernier. Les discussions ont mis en évidence la manière dont ce changement est amené. Les salaires stagnent, l’emploi à durée déterminée est banalisé et le recours aux sous-traitants s’intensifie, réduisant ainsi la responsabilité des employeurs.
Les réformes du droit du travail portent atteinte aux droits
Les gouvernements utilisent les réformes juridiques pour restreindre les définitions de poste des salariés, ce qui rend plus difficile la revendication des droits et des protections. L’enregistrement des syndicats devient plus restrictif tandis que la surveillance et la divulgation des données découragent la syndicalisation. Adhérer à un syndicat devient de plus en plus risqué, ce qui émousse le pouvoir collectif et décourage la résistance.
La participation accrue des femmes et des jeunes travailleurs est souvent présentée comme un progrès. Cependant, les intervenants ont mis en garde contre les dangers de cette expansion qui se fait par le biais d’emplois précaires et mal rémunérés, sans protections adéquates, sécurité de l’emploi ou garanties contre l’exploitation.
Les intervenants ont pointé du doigt une propension flagrante à l’application insuffisante des normes du travail. Les violations généralisées du droit du travail, l’inefficacité des systèmes d’inspection et les obstacles accrus à la syndicalisation sapent systématiquement l’application de la loi y compris là où des protections formelles existent.
Cela a soulevé une question cruciale : dans quelle mesure une non-application aussi propagée passe-t-elle de simple lacune à véritable stratégie ?
Élaborer une réponse collective
La consignation systématique des violations et le recours aux mécanismes internationaux ont été identifiés comme des outils clés. L’inclusion de l’Inde sur la liste préliminaire de la Commission de l’application des normes (CAN) de l’OIT au titre de la Convention n° 81 offre une occasion de faire valoir la responsabilité mais une résistance collective soutenue restera essentielle pour défendre les droits des travailleurs.
Les syndicats ont souligné que le nombre croissant de prestations informelles, la déréglementation du travail et l’exclusion des travailleuses et travailleurs de l’élaboration des politiques reflètent un changement systémique à travers l’Asie du Sud. Ces faits ne peuvent être abordés isolément. Les syndicats doivent renforcer la solidarité régionale afin d’élaborer des stratégies communes, d’intensifier la pression et de s’opposer aux facteurs transfrontaliers de la déréglementation.
Kemal Özkan, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, a déclaré :
« Dans les instances de gouvernance mondiale, les protections du travail sont considérées comme des obstacles, les droits collectifs comme une rigidité et la précarité dépeinte comme une opportunité. Ce à quoi nous assistons ne constitue pas seulement un changement économique mais un affaiblissement délibéré des institutions démocratiques et du pouvoir des travailleuses et travailleurs. »
Ashutosh Bhattacharya, Secrétaire régional d’IndustriALL pour l’Asie du Sud, a ajouté :
« Au nom de la consolidation et de la déréglementation, des droits durement acquis sont systématiquement remis en cause. C’est pourquoi le renforcement de la solidarité internationale et de l’action collective ne se pose plus en option mais en nécessité. »
Méga-accord entre KONE et TK Elevator : les travailleurs derniers informés
Si elle était approuvée par les autorités de régulation, cette acquisition, la plus marquante de l’histoire des entreprises finlandaises et l’un des désengagements de capitaux privés majeurs en Europe, donnerait naissance au plus grand fabricant d’ascenseurs et d’escaliers mécaniques au monde. Les principaux sujets de discussion portent sur la prise de contrôle de TK Elevator par KONE et ses effets potentiels sur les droits des travailleuses et travailleurs. Par cette opération, la multinationale emploierait plus de 100.000 salariés dans plus de 100 pays différents.
Les travailleuses, les travailleurs et leurs représentants ont appris la nouvelle en même temps que le reste du monde, par la presse financière. Le PDG leur a, par ailleurs, adressé un e-mail pour les informer une fois l’annonce publiée.
C’est inadmissible. Ce communiqué constitue une grave violation de l’accord-cadre signé en 2021 entre TK Elevator, le Comité d’entreprise du groupe, IG Metall et IndustriALL. TKE elle-même considère ce texte comme un garde-fou essentiel pour la protection des droits humains et des droits des travailleurs à l’échelle mondiale. De plus, elle viole clairement les accords du CEE et du Conseil mondial des travailleurs, signés respectivement en 2022 et 2024. Ceux-ci établissent des droits à l’information et à la consultation.
Une confiance trahie
La réaction des représentants syndicaux a été immédiate et sans aucune ambiguïté. Knut Giesler, Vice-président du Conseil de surveillance de TKE et Responsable régional d’IG Metall pour la Rhénanie-du-Nord-Westphalie, a qualifié cette annonce de scandaleuse. Il l’a en outre qualifiée d’attaque directe contre les droits de cogestion des travailleuses et travailleurs en Allemagne, en Europe et dans le monde. IG Metall a exigé la tenue d’une réunion extraordinaire du Conseil de surveillance de la société.
Dans le jargon propre aux marchés financiers, les 700 millions d’euros (824 millions de dollars) de synergies annuelles prévues signifient tout bonnement des suppressions d’emplois. Cela représente une menace directe pour des dizaines de milliers de salariés de TKE à travers le monde.
Christiane Benner, Présidente d’IG Metall et d’IndustriALL :
« La cession de TK Elevator à KONE ne doit pas se faire au détriment des salariés. Nous n’accepterons pas le sacrifice de milliers d’emplois de qualité sous le prétexte de synergies. Quiconque soutient cette fusion doit également garantir la préservation des emplois et des implantations, le respect de la cogestion et la création d’opportunités pour le personnel. Toute autre issue se heurtera à une opposition inflexible de notre part. »
Et c’est pourquoi nous nous battrons pour que :
Aucun site ne soit isolé.
Aucun pays ne soit opposé à un autre.
Aucun salarié ne soit laissé pour compte.
« D’un point de vue européen, cette annonce constitue une violation flagrante tant de l’esprit que de la lettre des accords du Comité d’entreprise européen chez KONE et chez TK Elevator. Plus de 45.000 travailleuses et travailleurs en Europe sont directement concernés par ce projet d’acquisition et pourtant leurs représentants élus ont été complètement mis à l’écart. C’est inacceptable. Avant que toute nouvelle mesure ne soit prise, KONE et TK Elevator doivent se conformer pleinement à leurs obligations existantes en matière d’information et de consultation. Si cette opération doit se poursuivre, elle doit s’inscrire dans un projet de croissance qui profite également aux salariés, grâce à la sécurité de l’emploi, au respect de la négociation collective ainsi qu’à une information et une consultation préalables et complètes »
a déclaré Judith Kirton-Darling, Secrétaire générale d’industriAll Europe.
La question à laquelle KONE doit répondre
KONE n’a pris aucun engagement public quant au respect des accords existants de TKE. L’entité issue de la fusion aura son siège en Finlande. L’architecture actuelle de cogestion de TK Elevator comprend la structure du Conseil de surveillance, le Comité d’entreprise du groupe, le Comité d’entreprise européen, le Conseil mondial des travailleurs ainsi que l’accord-cadre mondial (ACM) lui-même. Cependant, son avenir semble incertain sous la nouvelle direction à moins que KONE n’assume toutes ces obligations de manière formelle et explicite.
Le Secrétaire général d’IndustriALL, Atle Hoie, a déclaré :
« L’annonce de l’acquisition de TK Elevator par KONE constitue une violation directe de l’ACM et de l’accord avec le Conseil mondial des travailleurs signés entre IndustriALL et TK Elevator en 2021 et 2024. Loin d’une simple formalité, ceux-ci instaurent l’engagement contraignant de consulter les travailleuses et travailleurs avant que des décisions de cette ampleur ne soient prises et non à posteriori. Plus de 100.000 membres du personnel à travers le monde ont appris le plus grand changement de l’histoire des deux entreprises par la presse financière. C’est intolérable. Il n’y aura aucune coopération syndicale dans le cadre de cette transaction à moins que nos accords ne soient pleinement respectés. »
Une action immédiate
IndustriALL et industriAll Europe coordonnent leurs efforts avec leurs affiliés, notamment IG Metall et les membres finlandais, pour garantir que les travailleuses et travailleurs des deux parties prenantes à cette transaction aient leur mot à dire.
Le processus d’examen antitrust devrait durer au moins jusqu’à la mi-2027. Ce délai ne fait pas uniquement référence à une démarche réglementaire ; il est à prendre comme une opportunité. Durant cette période, les syndicats n’auront de cesse de se battre chaque jour pour leurs emplois.
Une société d’investissement privé a racheté TK Elevator en 2020. La main-d’œuvre a déjà payé le prix de cette transition. Elle ne sera pas une nouvelle fois laissée pour compte.
La plus grande entreprise mondiale d’ascenseurs ne devrait pas se construire sur le dos de salariés qui n’ont jamais été consultés.
Ceux-ci ne sont pas l’objet de cet accord, ils en sont le fondement. Au bout du compte, ce sont eux qui ont créé la valeur et ils doivent être traités avec reconnaissance et respect.
Les syndicats africains réclament une place à la table des négociations sur le climat
Cette initiative a été élaborée en collaboration avec le bureau régional d’IndustriALL pour l’Afrique subsaharienne et le Réseau de l’énergie pour l’Afrique subsaharienne. Elle a également impliqué les affiliés d’IndustriALL au Ghana, la CSI-Afrique, le Congrès du Travail du Nigeria et le Congrès des syndicats du Ghana. L’objectif est d’ancrer plus fermement les garanties pour le monde du travail dans les politiques climatiques africaines.
Le plan de travail pour les sessions des organes subsidiaires (SB64) et la COP 31 comprend plusieurs étapes. Il s’agit notamment de mettre en place un groupe de liaison AGN-syndicats sur le Programme de travail pour une transition juste (JTWP) doté d’un mandat officiel. Il est également question de compiler des notes d’information sectorielles sur l’emploi, la reconversion professionnelle, les minéraux critiques et les travailleuses et travailleurs du secteur informel. Il faudra enfin d’organiser des séances d’information conjointes avant les sessions. Par ailleurs, la soumission de données conjointes au processus de cartographie du Secrétariat sur les voies de transition conçues dans le respect de la souveraineté est prévue. L’élaboration d’un document exposant les positions unifiées des syndicats africains sur le JTWP, les mécanismes d’ajustement aux frontières et les chaînes de valeur équitables est également prévue. Parmi les autres activités figurent l’organisation d’une réunion parallèle à la COP 31 sur le thème de la transition juste pour le monde du travail africain. Un autre objectif consiste à examiner le mécanisme de liaison syndicale avec l’AGN et l’institutionnaliser.
Les participants à la réunion ont pris conscience que le financement est au cœur des griefs exprimés. L’Afrique subsaharienne reçoit chaque année moins de 3 % du financement pour le climat au plan mondial. Une grande partie de ce financement prend la forme de prêts plutôt que de subventions. Les syndicats ont dénoncé l’utilisation de prêts en tant que contributions au climat. Ils ont fait valoir que cela risquait d’aggraver la crise de la dette du continent. Les taux d’intérêt dans la région sont environ sept fois plus élevés que ceux des pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Combler cet écart nécessite une réforme en profondeur des banques multilatérales de développement. C’est ce qu’ont fait valoir les syndicats.
S’inspirant de la Vision minière africaine, les participants ont exigé que les minéraux critiques tels que le lithium et le cobalt soient traités localement. Cela générerait une croissance décente et créatrice d’emplois en lieu et place d’exportations de matières premières.
Le commerce comme outil d’exclusion
Les syndicats ont exprimé leurs inquiétudes concernant le Mécanisme d’ajustement carbone aux frontières de l’Union européenne, arguant qu’il risque de répercuter les coûts de la transition énergétique sur les producteurs et les travailleurs africains. Ils ont également rejeté les interdictions de produits et les subventions vertes qui fonctionnent comme des barrières commerciales. Ils ont plutôt insisté sur le droit des États à mettre en place des chaînes de valeur régionales dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale africaine.
Protection des travailleurs et justice de genre
Influencés par l’expérience sud-africaine de « transition énergétique juste », les syndicats ont appelé à des transitions négociées prévoyant des préavis de cinq ans pour la sortie des énergies fossiles et la parité salariale pour les travailleuses et travailleurs concernés. Un thème récurrent a été la nécessité de protéger l’importante main-d’œuvre informelle du continent. Ils ont insisté pour que les normes de l’Organisation internationale du travail (OIT) soient explicitement liées au financement climatique. En particulier, les syndicats souhaitent que l’on accorde une attention particulière aux opportunités et aux droits des femmes et des jeunes dans l’économie verte. Les syndicats ont également appelé au financement intégral du Plan d’action pour l’égalité des sexes afin de lutter contre l’impact disproportionné des catastrophes climatiques sur les femmes.
La réunion, organisée avec le soutien d’IndustriALL, du syndicat danois 3F et de la Fondation Friedrich Ebert au Sénégal, a rassemblé 20 participants venus du Ghana, du Nigeria, du Sénégal, d’Afrique du Sud, de Zambie et du Zimbabwe. Des délégués de la société civile de Gambie et du Sénégal y ont également assisté.
« L’AGN s’engage à intégrer systématiquement les questions liées au travail, à approfondir des discussions ouvertes, à impliquer les principales parties prenantes et à fournir une plateforme et des orientations pendant les négociations »,
a déclaré Antwi-Boasiako Amoah, Président de l’AGN.
Paule-France Ndessomin, Secrétaire régionale d’IndustriALL pour l’Afrique subsaharienne, a souligné :
« Le débat sur le changement climatique s’oriente désormais vers la protection des travailleuses et travailleurs et des intérêts communautaires. Pour les syndicats africains, la transition énergétique juste est un combat contre un nouvel extractivisme vert. »
Décès sur des chantiers de démolition navale certifiés : des lacunes mises en évidence dans l’application des normes en vigueur
Le 28 avril dernier, chez Janata Steel à Sitakunda, un contremaître monteur-ajusteur a subi de graves blessures à la poitrine, au cou et à la tête alors qu’il démontait un immense escalier de service. Il a mis fin à son arrêt de travail dès le cinquième jour. Cela soulève des questions quant à la possibilité, pour les travailleurs, de prendre un congé suffisant sans crainte de représailles.
Quelques semaines plus tôt, un électricien du chantier de recyclage NB Steel, exploité par KR ShipRecycling Yard, est décédé des suites d’un choc électrique sur son lieu de travail. La Fédération des métallurgistes du Bangladesh (BMF), affiliée à IndustriALL, est intervenue pour s’assurer que la famille de la victime reçoive une indemnisation supérieure aux normes du secteur. Cependant, cet accident met en exergue des défaillances systémiques plus profondes.
La sécurité sur le lieu de travail doit être non négociable et les employeurs qui ne l’instituent pas doivent être tenus pour responsables. Il est nécessaire de mettre en place des mécanismes qui garantissent un soutien à long terme aux travailleurs concernés ainsi qu’à leurs familles.
Transparence et prise de responsabilité insuffisantes
Le chantier de démolition navale KR Ship Recycling Yard a récemment reçu le prix « Green Factory » décerné par le gouvernement en matière de sécurité alors qu’il ne respecte pas ces normes dans la pratique. Ces accidents révèlent que le gouvernement bangladais n’a pas encore assuré l’application effective de la Convention de Hong Kong. Une intervention urgente de l’État s’avère donc nécessaire.
En dépit d’un cadre qui impose des audits, des formations et une surveillance sur base de délais précis, les décès répétés sur des chantiers de démantèlement certifiés soulèvent de sérieuses interrogations quant à la manière dont ces normes sont contrôlées et appliquées sur le terrain. La question n’est plus de savoir si des réglementations existent. Mais plutôt de savoir si les travailleurs ont réellement le pouvoir de mettre un terme à une tâche dangereuse avant qu’elle ne devienne mortelle.
Walton Pantland, Directeur en charge du secteur de la construction navale et de la démolition des navires chez IndustriALL, a déclaré :
« Il est navrant d’apprendre que deux nouveaux accidents, dont un mortel, se sont produits en avril sur des chantiers de démolition navale au Bangladesh. Il s’agit du troisième décès depuis janvier 2026 chez KR Ship Recycling, une entreprise censée être conforme à la Convention de Hong Kong et certifiée par le gouvernement via le document d’autorisation pour le recyclage des navires (DASR). On a dénombré trois morts et 17 blessés dans le pays cette année, alors que les chantiers ne sont pas particulièrement chargés. C’est absolument inacceptable et cela montre que le secteur n’a tiré aucune leçon de désastres précédents. »
« Le fait que, bien qu’il soit prêt à être mis en œuvre, le programme EIS n’ait pas encore été activé, s’avère tout aussi funeste. Cela signifie que la famille du travailleur décédé ne recevra pas de pension au titre de dédommagement. Ce drame évitable doit servir de catalyseur pour induire un changement véritable au sein de cette industrie. Cela ne peut pas continuer. »
La Fédération des métallurgistes du Bangladesh a ajouté :
« Le récent accident survenu dans le secteur du recyclage des navires nous rappelle de façon tragique le besoin urgent de transparence et de responsabilité. Une enquête complète et indépendante doit mettre au jour les causes de cette catastrophe et les travailleurs eux-mêmes doivent être habilités à se façonner un avenir plus sûr en participant activement aux comités conjoints de SST et en exerçant leur droit fondamental de refuser une tâche dangereuse. »