Les réseaux syndicaux du verre renforcent la coopération

Les 29 et 30 octobre, les représentant(e)s des affiliés de IndustriALL Global Union dans le secteur du verre se sont rencontrés pour échanger de façon vivante leurs expériences avec des multinationales mondiales et pour déterminer des plans d’action pour le réseau syndical. Les participant(e)s ont élaboré des plans d’action pour les trois principaux groupes présents (Owens-Illinois, Owens-Corning and Saint-Gobain). Les délégué(e)s ont également fait appel à Saint-Gobain pour que ce groupe entreprenne un dialogue social avec les syndicats indiens.

Le recours à diverses formes d’emploi précaire est largement répandu dans le secteur. Le recours à l’externalisation, à la sous-traitance et aux agences de travail temporaire est courant à la fois dans le verre plat et dans le verre creux d’emballage. Les conditions dangereuses de travail sont une autre grande question pour les syndicats de cette industrie, tout comme l’exposition aux substances cancérogènes sans équipement approprié de protection en Inde.

Les représentant(e)s syndicaux/ales qui participaient aux discussions ont convenu que les comités d’entreprise européens existants, présents au sein de tous les grands groupes de l’industrie du verre, doivent jouer un rôle central et relier l’Europe, l’Amérique du Nord, l’Inde et l’Amérique latine.

Une partie importante de la réunion de réseau a permis de réunir des délégué(e)s du monde entier pour les aider à développer leur propre réseau. Et comme le dit un délégué:

“C’est notre réunion. NOUS avons travaillé ensemble en réseau et nous nous sommes fait de nouveaux amis, et que maintenant, je sais à qui m’adresser quand on a besoin d’une coordination internationale et d’une action conjointe. Nous avons élaboré un plan spécifique à notre groupe.”

Les délégué(e)s ont également adopté à l’unanimité une déclaration de solidarité avec les travailleurs et travailleuses du verre en Inde chez Saint-Gobain pour le cristal, où les syndicats ne sont pas respectés et où des militant(e)s sont suspendus ou même mis à pied (voir la déclaration à droite)

Matthias Hartwich, directeur de IndustriALL, déclare au sujet des plans d’action adoptés:

Les travailleurs et travailleuses du verre, de l’Asie aux États-Unis, ont pris un bon départ, et il faut maintenant s’assurer que ces plans sont appliqués. Nous avons besoin de réseaux syndicaux puissants dans le secteur du verre pour relever les défis auxquels le secteur aura à faire face dans l’avenir. Les conditions dangereuses de travail et l’emploi précaire sont actuellement les principales préoccupations des travailleurs et travailleuses du verre dans le monde entier. Nous soutenons le travail réalisé pour que les travailleurs et travailleuses et les syndicats soient des partenaires respectés dans le secteur.

Notre travail continue pour dire STOP au travail précaire

Plus de 100 affiliés d’IndustriALL de plus de 50 pays ont mené des actions par le biais de rassemblements de masse, de séminaires, de chaînes humaines et de campagnes de sensibilisation pour donner davantage de visibilité à la problématique du travail précaire. Notre réseau Rio Tinto a saisi cette opportunité pour mettre en lumière ces questions en planifiant des actions dans plus d’une douzaine de pays ce 7 octobre.

La journée d’action est terminée, mais la campagne pour dire STOP au travail précaire se poursuit toute l’année. Si vous cherchez quelque inspiration, consultez notre guide “Négocier la Sécurité”, qui vous donnera de brillants exemples de victoires remportées par nos affiliés dans le cadre de négociations collectives.

Il est temps pour Rio Tinto de mettre fin au silence total sur les décès chez Grasberg

L’affilié indonésien de IndustriALL, CEMWU, a annoncé le début d’une grève d’un mois à la mine, le 6 novembre, du fait que la direction de la mine ne se sent pas responsable des décès. Cinq mineurs sont morts en septembre à la mine de cuivre et d’or. Cela porte à 38 le nombre stupéfiant de travailleurs tués à la mine ces deux dernières années.

Rio Tinto a investi plus d’un milliard de dollars dans la mine Grasberg et l’entreprise est présente dans ses comités opérationnel, technique et de développement durable. La mine est détenue en majorité par Freeport.

“ Rio Tinto n’a fait aucune déclaration publique après les deux accidents mortels survenus à la mine Grasberg. Il s’agit d’une situation inacceptable pour une entreprise qui affirme faire tout ce qu’elle peut pour assurer la sécurité de son personnel,” dit Kemal Özkan, secrétaire général adjoint de IndustriALL.

Il semblerait que le mutisme de l’entreprise soit une tentative de cacher son nom dans les articles parus dans la presse sur les victimes. Mais il est temps pour Rio Tinto de reconnaître son échec et de parler ouvertement de ce que l’entreprise va faire pour s’assurer que ces catastrophes ne se renouvellent plus.

IndustriALL a exprimé à de nombreuses reprises auprès de Rio Tinto son inquiétude en matière de sécurité dans le travail après l’effondrement dans une galerie qui avait tué 28 travailleurs à Grasberg en mai 2013.

“Rio Tinto nous a affirmé en privé que c’est Freeport et non Rio Tinto qui assure la gestion de l’activité à Grasberg, mais que l’entreprise aide maintenant Freeport à améliorer la sécurité. Toutefois, étant donné l’énorme participation de Rio Tinto dans la mine, il est simplement peu crédible de nier toute responsabilité dans les décès,” affirme Özkan.

“Et pourquoi devrions croire que Rio Tinto allait soudainement améliorer la sécurité dans la mine, après y avoir réalisé des investissements pendant près de 20 ans? Ce n’est pas étonnant que Rio Tinto ait évité toute discussion publique sur les décès à Grasberg.”

IndustriALL n’est pas la première organisation à considérer que Rio Tinto porte la responsabilité de méthodes irresponsables à Grasberg. Le fonds de pension public de Norvège a vendu sa participation totale de 850 millions d’USD chez Rio Tinto en 2008 du fait que Grasberg déversait directement d’énormes quantités de déchets dans un réseau fluvial naturel. Le fonds a vendu en 2006 sa participation chez Freeport pour la même raison.

Özkan dit:

Avec l’entassement des corps et l’imminence d’une grève, Rio Tinto doit cesser de se cacher derrière Freeport et avoir un rôle public plus actif pour assurer la sécurité dans le travail chez Grasberg.

La lutte courageuse des syndicats de l’énergie irakiens, source de motivation pour notre mouvement

En Irak, les syndicats sont illégaux dans le secteur public depuis 1987. Des syndicats se constituent cependant, mais ils n’ont aucune protection juridique, notamment lorsque les autorités saisissent leurs locaux ou leurs finances. Les attaques du gouvernement contre les syndicats du secteur public sont allées jusqu’à des poursuites judiciaires très pénalisantes et des transferts forcés de militants sur des sites d’activité situés très loin de leurs domiciles.

Par le biais d’interviews et de questionnaires portant sur un échantillon de travailleurs et syndicalistes du secteur de l’électricité, l’étude du Solidarity Center reprend l’histoire de l’évolution du mouvement syndical en Irak avant et après la chute du régime de Saddam Hussein. Ses conclusions sont que, bien que la législation n’a pas évolué, à la fois les syndicats nouveaux et pré-existants ont connu une croissance significative depuis 2003.

Les victoires marquantes des syndicats de l’électricité, soulignées dans le rapport, comprennent l’augmentation de 30% négociée avec l’autorité militaire américaine d’occupation, la nouvelle prime de risque correspondant à 75% du salaire en 2007 obtenue à l’issue d’une campagne riche en confrontations, la modification de l’échelle des salaires en 2008 qui a rendu les promotions plus facilement accessibles, le passage à l’emploi permanent en 2008 de centaines de travailleurs sous-traitants et le versement de pécules de vacances qui étaient dus.

À la suite d’une vive campagne syndicale en juin 2010, une répression a eu lieu en juillet 2010 avec l’arrivée de nouvelles lois étendant les dispositions anti-terroristes aux activités syndicales. L’étude démontre à suffisance que la sévère répression menée par le Ministère de l’Électricité au cours des quatre dernières années a été avant tout infligée parce que les syndicats attiraient l’attention sur de graves cas de corruption au sein du ministère.

Il existe une campagne de longue haleine pour obtenir une réforme de la législation du travail irakienne, dont une campagne internationale et un lobbying menés par IndustriALL et la CSI.

Le Secrétaire général adjoint d’IndustriALL Kemal Özkan précise :

Nos camarades irakiens sont jour après jour, par leurs luttes courageuses, une source de motivation pour tous au sien d’IndustriALL. Les leaders des affiliés d’IndustriALL en Irak sont soumis à des menaces de mort pour eux et leurs familles, des procès bidons et des licenciements de représailles. Mais ils continuent à syndiquer et nous serons toujours à leurs côtés dans leur lutte pour la construction d’une force syndicale.

Les syndicats biélorusses s’apprêtent à se battre contre les contrats à court terme

L’atelier a été organisé par décision du comité exécutive de IndustriALL sur la base des recommandations de la mission en Biélorussie en mars 2014. Quelque trente dirigeant(e)s et militant(e)s syndicaux/ales des quatre affiliés ont assisté à l’atelier.

Ivan Mohnachuk, membre du comité exécutif de IndustriALL et président du syndicat indépendant russe des salariés du charbon – ROSUGLEPROF, a fait part de l’expérience des syndicats russes sur la menace d’une privatisation prochaine des entreprises pour les travailleurs et travailleuses et les syndicats en Biélorussie. Il a dit que l’une des premières mesures prises par les nouveaux propriétaires portera sans doute sur une prétendue "optimisation de la production", qui signifie en réalité une réduction massive de l’emploi. Les travailleurs et travailleuses en Biélorussie sont particulièrement vulnérables en raison de la large diffusion des contrats d’emploi à court terme.

Vadim Borisov, représentant de IndustriALL dans les pays de la CÉI, a rendu compte des actions entreprises par le mouvement syndical mondial pour restreindre les formes d’emploi précaire. Il a décrit en détail les diverses formes d’emploi précaire utilisées abondamment dans les pays de la région.

Svetlana Klochok, présidente du syndicat biélorusse des travailleurs des industries de la chimie, des mines et du pétrole (BELKHIMPROFSOYUZ), a parlé des actions entreprises par son organisation pour limiter les effets négatifs d’un recours massif à des contrats à court terme en Biélorussie.

Nikolai Zimin, président du syndicat indépendant biélorusse, a demandé la prise de mesures concrètes dans la lutte pour l’abolition du décret № 29, 1999, du président Loukachenko, qui a fait passer la presque totalité de la population dans un système de contrats à court terme en Biélorussie.

Alexander Bukhvostau, président du syndicat libre des métallurgistes, SPM, a noté que le système des contrats à court terme s’en prend, en premier lieu, aux citoyens/ennes les plus actifs/ves qui militent le plus souvent dans les syndicats libres, lesquels ne sont pas affiliés à la fédération des syndicats de Biélorussie.

Le dirigeant du syndicat des travailleurs de l’industrie de la radio et de l’électronique (REP), Gennadi Fedynich, a présenté une initiative visant à recueillir des signatures pour une lettre collective demandant l’adoption d’un amendement au Code du travail de la république de Biélorussie. Fedynich espère que des changements permettront d’améliorer la sécurité des travailleurs et travailleuses employés avec des contrats à court terme et d’annuler le décret présidentiel № 29 "sur des mesures complémentaires destinées à améliorer les relations de travail, renforcer la main-d’œuvre et la discipline de l’exécutif."

Le SPM appuie la proposition et se prépare maintenant à prendre part à la campagne de collecte des signatures pour le soutien de l’initiative aux côtés du REP. La campagne vise à recueillir 50.000 signatures, après quoi l’initiative sera transmise au Comité central électoral en vue de son examen par le Parlement.

“IndustriALL Global Union se félicite que nos affiliés biélorusses travaillent et se battent ensemble contre un défi commun qui est le système des contrats à court terme,” a dit Kemal Özkan, secrétaire général adjoint. “La campagne en Biélorussie continuera de bénéficier de notre appui dans le cadre de notre campagne mondiale contre l’emploi précaire”.

Les syndicats combattent la violence faite aux femmes

En Afrique sub-saharienne, entre 36 et 71% des femmes ont été victimes de violences physiques ou sexuelles du fait leur mari ou partenaire de couple. En Amérique du Nord, les violences domestiques sont la cause de davantage de décès et de handicap parmi les femmes âgées de 16 à 44 ans que les cancers ou les accidents de la route. En moyenne, 92 femmes sont violées chaque jour en Inde. Dans l’ensemble du monde, 35% des femmes ont connu des violences physiques et/ou sexuelles. Entre 40 et 50% des femmes connaissent des avances sexuelles non-sollicitées, contacts physiques ou autres formes de harcèlement sexuel au travail.

Le harcèlement sexuel est particulièrement présent dans l’industrie de la confection. Lors du premier atelier d’IndustriALL pour les femmes en Éthiopie en 2013, le harcèlement sexuel a été pointé dans une usine particulière et des mesures ont été prises en conséquence. Sensibilisation et formations ont été menées et les cas avérés de harcèlement sexuel ont diminués de manière significative. Dans l’industrie de la confection en Jordanie, le Programme pour un Meilleur Emploi a contribué à fixer une tolérance zéro pour le harcèlement sexuel dans les usines. Les managers sont avertis et il y a un risque de conséquences pour les affaires.

Au vu de la violence croissante faite aux femmes, les syndicats ont fait du combat contre la violence une question syndicale. Les Métallos USW, affiliés d’IndustriALL, déclarent :

Il n’y a aucune place pour la violence faite aux femmes, que ce soit au travail ou ailleurs.

Et notre affilie nord-américain Unifor a un serment anti-violence :

Je jure de jamais commettre de violence envers les femmes, ni de les excuser ou de les garder sous silence. Ceci est mon serment.

Les syndicats en appellent à l’OIT pour débuter des discussions sur une nouvelle norme portant sur la violence exercée en fonction du sexe. Une norme de l’OIT serait utile dans le cadre de la négociation de conventions collectives portant sur la violence et pour tirer le meilleur parti du dialogue social pour la prévenir. Les employeurs devraient prendre un intérêt à créer des lieux de travail exempts de violence.

Dans ce but, les syndicats doivent faire pression sur leurs gouvernements pour qu’ils soutiennent une telle norme internationale.

Cette initiative et d’autres du même genre seront au cœur de l’événement du 25 novembre de cette année, la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes. Veuillez faire connaître auprès d’IndustriALL le travail que vous-mêmes menez pour éliminer la violence faite aux femmes à l’occasion de cette Journée ou dans d’autres circonstances.

Création de syndicats puissants à Myanmar

Jusqu’en 2011, toute sorte d’activité syndicale était strictement interdite à Myanmar. Un projet de loi sur les entités syndicales a été adopté en octobre de cette année. La loi est entrée en vigueur en mars 2012, ce qui a permis l’organisation de syndicats sur les lieux de travail. Les dirigeants syndicaux qui avaient fui le Myanmar ont commencé à retourner au pays.

En septembre 2012, après des décennies d’exil, la Fédération des syndicats – Birmanie (FTUB), devenue maintenant la Fédération des syndicats – Myanmar (FTUM), et ses dirigeants ont été autorisés à revenir et à poursuivre leurs activités syndicales. Actuellement, deux ans plus tard, le secrétaire général de la FTUM, Maung Maung, dénombre 622 syndicats affiliés avec 43.500 membres – soit la moitié des 1.225 syndicats enregistrés au Myanmar.

La Fédération des travailleurs industriels a vu le jour les 18 et 19 octobre de cette année à son congrès fondateur, sous l’égide de la Fédération des syndicats de Myanmar. Les 30 congressistes appartenaient aux 37 organisations de base du travail avec 6.500 membres cotisants. Myo Myint du syndicat des travailleurs de l’industrie du plastique Shwe Mi a été élu président de la fédération.

Les délégué(e)s ont ratifié les statuts de leur fédération et vécu de manière concrète la satisfaction de pouvoir élire leur direction par un vote à bulletin secret. Le plan d’action donne la priorité à la syndicalisation, au renforcement des capacités pour le règlement des conflits, à une campagne pour le salaire minimum, à l’établissement de bonnes relations de travail et à l’amélioration des conditions de travail. Des moyens seront également accordés aux questions concernant les femmes, les jeunes et les travailleurs/euses migrant(e)s.

Ouvrir la voie menant à la négociation collective

IndustriALL a organisé une formation pour la négociation collective en décembre 2013 qui a permis la conclusion d’un accord avec ‘Yes Garment’. Il s’agit d’une première dans le secteur pour garantir des hausses salariales, l’amélioration des relations de travail et de meilleures conditions de travail.

La campagne en faveur d’un salaire minimum se poursuit. Le salaire journalier moyen est actuellement de 2 USD, ce qui est maigre. Les militant(e)s se battent pour obtenir 4 USD. Le gouvernement a annoncé qu’il allait réaliser une étude sur le coût de la vie pour les travailleurs et travailleuses à la fin de l’année 2014.

La secrétaire régionale de IndustriALL Global Union, Annie Adviento, dit:

“Les syndicats sont optimistes, mais beaucoup de pression internationale sera nécessaire sur le gouvernement pour traduire cet engagement en une véritable action.

Nous nous félicitons des activités de syndicalisation à Myanmar et continuerons d’appuyer la lutte des syndicats pour obtenir de bonnes conditions de travail et un salaire minimum décent.

“Qu’il n’y ait plus de morts dans les mines. Le gouvernement turc doit ratifier la C176 de l’OIT maintenant, sans délai”, martèle IndustriALL

Vingt travailleurs ont été secourus ou se sont échappés par leurs propres moyens du charbonnage envahi par les eaux. Mais l’espoir faiblit pour leurs dix-huit camarades qui restent prisonniers sous terre. Bien que l’eau soit pompée, le risque grandit avec le temps qui passe pour ces hommes toujours au fond. Aucun contact n’a pu être établi avec les dix-huit victimes. La cause de l’envahissement de la mine par les eaux n’a pas encore été établie. Mais la conviction profonde et la thèse soutenue par IndustriALL est que tout accident minier est évitable. Plus de 3.000 personnes ont été tuées et plus de 100.000 blessées à des degrés divers entre 1941 et ce jour dans des accidents miniers en Turquie. On dénombre 740 charbonnages et 48.706 mineurs dans le pays. Moins de six mois après l’homicide industriel de Soma qui a coûté la vie à 301 mineurs turcs le 13 mai dernier, dix-huit mineurs sont maintenant prisonniers des galeries du charbonnage inondé de Has Sekerler. Très récemment, le Cabinet a transmis un projet de loi au Parlement visant à ratifier la Convention 176 de l’OIT sur la Sécurité dans les Mines à la suite d’une lutte et d’un lobbying efficaces de la part des organisations syndicales locales et internationales et avec l’appui ferme de l’opinion publique. Cependant, l’affaire est toujours en suspens à l’ordre du jour du Parlement. L’Organisation internationale du Travail a organisé plus tôt dans le mois une Réunion nationale tripartite sur l’amélioration de la santé et la sécurité professionnelles dans les mines en Turquie. Représentants du gouvernement, des travailleurs et des employeurs, ainsi que d’autres parties prenantes concernées, ont conclu les débats par un accord sur les principaux éléments d’une feuille de route pour l’amélioration de la santé et de la sécurité professionnelles dans le secteur. De plus, le Parlement turc a adopté en septembre un projet de loi qui donne aux mineurs de nouveaux droits concernant le temps de travail, les primes de licenciement, l’âge de la retraite, le salaire le plus bas, qui devrait être le double du salaire minimum, ainsi que des prérogatives légales en faveur des victimes de Soma et leurs familles. Cependant, une approche cohérente des questions de santé et de sécurité fait encore défaut. Le Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, Kemal Özkan, a déclaré :

L’attention des médias du monde entier se tourne une nouvelle fois vers les dangers insensés auxquels sont soumis les mineurs turcs par un secteur non régulé. À présent, il n’est simplement plus permis au gouvernement turc d’ignorer les appels à l’action en matière de santé et sécurité dans les mines. Le premier geste à poser en urgence est la ratification et la mise en œuvre de la Convention 176 de l’Organisation internationale du Travail qui permettra d’aligner le secteur sur les normes internationales. La vie des travailleurs n’est pas une marchandise que l’on peut échanger contre le coût de mesures en faveur de la sécurité.

IndustriALL envoie des courriers au Président du Parlement de Turquie, au Premier Ministre, aux leaders de groupes parlementaires de l’opposition et à des membres individuels du Parlement en vue d’accélérer le processus de ratification.

IndustriALL solidaire de la grève générale au Maroc

La frustration est grande au sein du mouvement syndical marocain après que le gouvernement a refusé tout dialogue social concernant une série de questions fondamentales relevant du monde du travail. Ces problématiques comprennent les salaires, les conditions de travail, les pensions et les prestations sociales dans un contexte de grave réduction du pouvoir d’achat, à mesure que les frais liés aux transports, services et fournitures des régies publiques s’accroissent.

Le refus du gouvernement d’entamer un dialogue avec les syndicats sur ces questions fondamentales est une violation de la législation nationale du travail ainsi que des normes de l’OIT.

Le Secrétaire général d’IndustriALL Jyrki Raina a écrit aux affiliés marocains :

Nous affirmons fermement notre solidarité avec les travailleurs marocains dans le cadre de leur grève nationale, qui a lieu ce 29 octobre, et appelons le gouvernement à s’asseoir à la table avec les syndicats pour négocier collectivement des matières qui sont d’une importance fondamentale aussi bien pour les travailleurs que pour l’ensemble des citoyens, comme les salaires, les conditions de travail, le Fonds d’Intervention et le Fonds National de Pension.

IndustriALL appelle le gouvernement du Maroc à prendre en compte sans le moindre délai les préoccupations et revendications légitimes des travailleurs marocains.

L’appel à la grève est lancé et coordonné par les trois grandes centrales syndicales du pays : l’Union Marocaine du Travail (UMT), la Confédération Démocratique du Travail (CDT) et la Fédération Démocratique du Travail (FDT).

Le gouvernement marocain est soumis à la pression de ses créanciers internationaux, par le biais du Fonds monétaire international, pour couper dans les dépenses publiques et appliquer des réformes à l’encontre des travailleurs dans les domaines des pensions et des prestations sociales. Mais le message fort et unitaire lancé par la grève générale est que ces réformes rétrogrades ne soient pas intégrées dans le budget 2015.

La plupart des subsides mis en danger à l’heure actuelle sont ceux obtenus par le mouvement social de 2011 dans le cadre du Printemps arabe. Les dépenses engagées par le gouvernement ont maintenu le régime en place alors que les autocrates des pays voisins étaient déchus du pouvoir.

“Nous avons été les premiers à vouloir des réformes, mais il appartient au gouvernement d’en supporter le coût, car les travailleurs n’ont pas à payer pour les erreurs des gestionnaires,” indique Miloudi Moukharik, leader du plus grand syndicat marocain, l’UMT.

Envoyez des messages de solidarité aux affiliés d’IndustriALL du Maroc via ce lien.

Le PDG d’IBM abandonne la Feuille de Route 2015

Alors qu’IBM se focalisait sur la “Feuille de Route” et ses objectifs hors de portée, des dommages considérables ont été commis à la fois aux salariés et à l’entreprise :

Bien que la  “Feuille de Route 2015” ait été abandonnée, les pertes d’emplois, les coupes dans les salaires et le climat de travail délétère signifient que les salariés d’IBM ne sont pas au bout de leurs peines.

Les syndicats membres de l’Alliance mondiale des syndicats d’IBM, dont ceux d’IndustriALL, se sont fermement opposés à la Feuille de Route 2015 et vont continuer à se battre contre les pertes d’emploi et les actions prises au détriment des salariés d’IBM. L’Alliance exhorte les dirigeants d’IBM à écouter ses salariés et syndicats avant que cette entreprise autrefois si prestigieuse ne perde son âme par la cupidité et l’incompétence de ses cadres.