Les métallurgistes confrontés à l’anti-syndicalisme en Russie

Les salariés de Turbodetal qui sont membres du Syndicat des Mineurs et des Métallurgistes, un affilié d’IndustriALL, ont prévu une action de protestation dans les rues de Chelyabinsk ce 22 novembre pour empêcher l’entreprise de détruire le syndicat de l’usine.

Depuis plus d’un an maintenant, le syndicat tente de négocier avec la direction de Turbodetal sur la question des travailleurs sous-payés qui doivent avoir plus d’un seul poste de travail et sur celle de l’augmentation du coût de la vie. Épuisés par les vaines discussions, les travailleurs ont convoqué une assemblée générale le 17 octobre dernier au cours de laquelle ils ont revendiqué une compensation pour le fait d’assurer plus d’un seul poste de travail et une meilleure paie pour faire face à l’inflation.

En réponse à cela, la direction de l’usine s’est mise en tête de se défaire du syndicat. Selon le la délégation syndicale, les contre-maîtres de l’usine ont reçu des instructions sur la manière de forcer les salariés à se retirer du syndicat. Les contre-maîtres eux-mêmes ainsi que les chefs d’équipe ont été menacés de voir leur primes réduites ou supprimées s’ils ne parvenaient pas à convaincre les travailleurs de quitter le syndicat.

Plus de 2000 travailleurs sont occupés dans l’usine. Quelque 1100 d’entre eux étaient syndiqués. À la suite des manœuvres anti-syndicales, environ 200 se sont retirés du syndicat.

Dans le même temps, l’entreprise a bloqué l’accès à leur travail à dix salariés, leur interdisant d'entre dans l’usine et par conséquent la possibilité de participer à leurs tâches syndicales. Ils avaient tous exprimé leur soutien aux revendications syndicales au cours de l’assemblée générale.

Le Syndicat des Mineurs et des Métallurgistes appelle tous les syndiqués et toutes les organisations à soutenir les travailleurs de Turbodetal qui luttent pour l’indépendance de leur syndicat confronté à l’ingérence de l’entreprise.

Les Fédérations syndicales internationales rejettent l’inadéquat salaire de 128 dollars au Cambodge

Depuis janvier, lorsque le gouvernement a envoyé ses troupes dans les rues pour réprimer les manifestations contre ce qui était alors le salaire de misère de 100 dollars, les syndicats locaux aussi bien que mondiaux, les enseignes internationales et d’autres gouvernements ont clairement exprimé que l’industrie du vêtement ne peut pas être durable là où les travailleurs et travailleuses gagnent des salaires fixés en dessous du niveau de la pauvreté ou juste à sa lisière. La décision du gouvernement, bien qu’étant légèrement au-dessus de la recommandation de 123 dollars formulée par la Commission consultative du Travail, représente une nouvelle occasion gâchée.

“Un salaire vital n’est pas seulement nécessaire pour les travailleurs et travailleuses afin de pouvoir évoluer dans la dignité, mais il est également essentiel pour la viabilité de l’industrie de la confection. C’est pour cette raison que les marques qui dominent le secteur ont donné leur soutien au concept d’un salaire vital et équitable,” explique Jyrki Raina, Secrétaire général d’IndustriALL. “Nous avons l’intention de rappeler aux grandes enseignes la parole qu’elles ont donnée et allons continuer à œuvrer avec elles sur un mécanisme qui permettra d’avoir de meilleurs salaires dans les usines qui les fournissent.”

S’exprimant depuis Brisbane avant le sommet du G20, le Secrétaire général d’UNI Philip Jennings a déclaré, “Les travailleurs et travailleuses de la confection du Cambodge ont besoin d’une hausse de salaire. Les chaînes d’approvisionnement vont être examinées ici depuis le G20 et nous allons faire savoir clairement notre déception au Cambodge.”

De plus, les Fédérations syndicales internationales sont gravement préoccupées par le contenu des récents projets de loi sur la législation syndicale, qui constitue un pas important dans la mauvaise direction.

“Bien que l’OIT appelle depuis des années le gouvernement à promulguer des lois qui soient en adéquation avec ses conventions, celui-ci fait exactement le contraire. Dans sa mouture actuelle, cette législation aurait un impact dévastateur sur les syndicats indépendants,” explique la Secrétaire générale de la CSI Sharan Burrow. “Pire encore, le gouvernement a ajouté une formulation assez vague qui lui donnerait des pouvoirs étendus pour suspendre des syndicats qui auraient recours aux grèves ou à d’autres « actions qui porteraient préjudice aux intérêts du Royaume du Cambodge ». C’est purement inacceptable.”

Pour plus d’informations, veuillez contacter :

Léonie Guguen, Chargée de Communication d’IndustriALL

[email protected]

Portable : 0041791375436

[email protected]

Numéro général : 00 41 22 308 50 50

www.industriall-union.org

Le syndicaliste colombien Darío Cárdenas acquitté et libéré

Cárdenas a été acquitté des accusations portées contre lui par le procureur à la suite d’une décision prise par le juge Segundo Promiscuo à Puerto López ce 5 novembre 2014.

Cárdenas avait été mis en détention à Villavicencio, dans le département du Meta, le 2 novembre 2013 après que la première cour criminelle a pris à son encontre une décision l’accusant d’obstruction sur la voie publique, de dommages aux ressources naturelles et de dommages aggravés à la propriété privée.

L’USO, qui est affiliée à IndustriALL, a publié un communiqué qui précise : “Ceci met un frein aux tentatives visant à criminaliser et discréditer les dirigeants de l’USO qui protestaient contre les multinationales du pétrole et leurs mauvaises conditions de travail et de vie, en particulier s’agissant de Pacific Rubiales Energy à Puerto Gaitán (Meta) en 2011 et 2012.”

IndustriALL félicite les collègues de l’USO pour la lutte déterminée menée depuis que ces injustices avaient été commises. Nous condamnons les coups montés contre elle dans le seul but de s’en prendre aux syndicats et de les intimider ainsi que toute personne faisant preuve de solidarité avec eux.

Fernando Lopes, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL a rendu visite à Darío Cárdenas à la prison de Villavicencio en mai de cette année pour lui faire part en personne du soutien et de la solidarité de notre fédération.

Dans son communiqué, l’USO ajoute : “Cette décision nous encourage à poursuivre notre travail et à insister pour que le gouvernement cesse de persécuter les travailleurs du pétrole, le mouvement syndical et les défenseurs des droits sociaux dans ce pays. Nous appelons à la souveraineté du système judiciaire colombien par rapport aux intérêts des multinationales, à la reconnaissance des libertés syndicales et droits des travailleurs, à l’abrogation du Statut de Sécurité Citoyenne et de toute autre législation qui criminalise la protestation sociale, foule aux pieds les droits des travailleurs et met en place ce qui est, de fait, une dictature civile dans le pays.”

IndustriALL a souvent exprimé sa préoccupation par rapport à la persécution du mouvement syndical en Colombie. Elle va poursuivre son soutien à l’USO dans sa campagne visant la libération de Rafael Rodríguez Moros, dirigeant de la Section Centre de l’USO, qui est toujours en détention.

Parlons d’Holcim

L’affilié d’IndustriALL PCSS représente les travailleurs en sous-traitance de l’usine de Chhattisgarh d’Holcim. Ce groupe basé en Suisse emploie pratiquement 70.000 travailleurs de par le monde.

Prenez connaissance du contexte d’une histoire d’exploitation, de travailleurs sous-traitants qui meurent au travail, de syndicalistes emprisonnés sur base d’accusations bidons portées par des agents de sécurité d’Holcim, de salaires de misère, d’exploitation des communautés locales et d’une entreprise qui snobe le syndicat.

Le Directeur d’IndustriALL pour les Industries des Matériaux et l’Ingénierie mécanique, Matthias Hartwich, présente cette vidéo :

Nous demandons à Holcim de tenir ses promesses, faites par le biais de ses propres documents concernant les politiques relatives aux travailleurs sous-traitants, et d’être l’employeur qu’il prétend être. Il faut que cette entreprise traite ses travailleurs, qu’ils soient permanents ou sous-traitants, suisses ou indiens, de la même manière, à savoir comme des êtres humains.

Deva Holdings doit cesser de s’en prendre à ses salariés en Turquie

La dernière infraction commise par l’entreprise pour tenter d’empêcher ses travailleurs de se syndiquer a été d’ignorer une décision officielle du Ministère du Travail de Turquie. L’entreprise a reçu pour instruction de la part de cette autorité gouvernementale le 14 octobre de reconnaître Petrol-Is et d’entamer des négociations collectives. Au lieu de cela, l’entreprise a licencié trois travailleurs de plus pour avoir soutenu le syndicat.

Le Secrétaire général d’IndustriALL, Jyrki Raina, a écrit ce 6 novembre au PDG Philipp Haas, responsable des activités de Deva en Turquie :

Je tiens à vous dire, M. Haas, que si notre fédération mondiale est confrontée tous les jours à des employeurs irresponsables aux quatre coins du monde, le comportement entrepreneurial inqualifiable de Deva Holdings constitue quant à lui un mépris et un manque de respect flagrants à l’égard de ses salariés. Cette affaire constitue pour Deva Holdings une infraction aux normes du secteur, à celles de l’OCDE et de l’OIT ainsi qu’à la législation turque du travail et la range dans la catégorie des pires contrevenants aux droits syndicaux.

Déjà en 2010, Deva avait eu recours à toute une série de tactiques anti-syndicales pour démanteler un système de relations sociales vieux de 40 ans dans les usines de Çerkezköy, de Kartepe et du quartier de Topkapı à Istanbul. Deva Holdings a mis à la porte 74 salariés en 2010 parce qu’ils refusaient de remplacer leur convention collective par des contrats individuels.

Deva a ensuite mis dehors 8 travailleurs de plus le 22 juillet 2014 pour avoir fait usage de leur droit à rejoindre Petrol-Is. Un total de 24 mises à pied a eu lieu au cours de la dernière vague de syndicalisation.

La direction de Deva a reçu des milliers de messages de protestation déjà par le biais de LabourStart, dans le cadre de la campagne mondiale en soutien aux efforts de syndicalisation de Petrol-Is.

Malgré ces licenciements massifs et autres pressions anti-syndicales illégales, les salariés de Deva ont réuni la majorité requise pour pouvoir ensuite demander et obtenir l’officiel “Certificat de Compétence” de la part du Ministère turc du Travail le 14 octobre 2014. Ce décret officiel du gouvernement turc impose à Deva Holdings d’entamer des négociations collectives avec Petrol-Is en tant que partenaire social reconnu.

Mais, au lieu de respecter l’autorité et les conclusions du Ministère du Travail, la direction de Deva a déclaré à ses travailleurs que l’entreprise ne reconnaîtrait ni ne négocierait jamais avec un quelconque syndicat en Turquie. Et la pratique, maintenant bien en place de la part de Deva, de mettre à la porte tout salarié soupçonné d’être un sympathisant actif du syndicat été utilisée à nouveau. Nous détaillons ci-après les cas de ces travailleurs, derniers en date à avoir été jetés à la rue pour avoir soutenu un syndicat.

  1. Ramazan Atasever avait une ancienneté d’un an et demi. Il lui a été dit que la raison de son licenciement étaient des problèmes physiologiques.
  2. Şenol Aygün avait une ancienneté de onze ans. La raison apparente de son licenciement était qu’il ne possède pas un bagage suffisant par rapport aux procédés technologiques mis en œuvre dans le cadre de son travail. Cependant, avec onze années d’expérience à son poste, il s’agit d’une excuse sans aucune crédibilité pour virer quelqu’un qui soutient un syndicat.
  3. Hasan Yiğit avait une ancienneté de sept années. On lui a dit qu’il était mis dehors en raison d’éléments du passé dans son dossier. Ceci fait encore passer le message auprès des salariés qu’ils seront virés sans raison valable s’ils sont en faveur du syndicat.

Deva refuse aussi d’entendre la voix de l’opinion publique, en particulier de l’Association des Médecins et de l’Association des Pharmaciens qui ont déjà dit publiquement que les travailleurs de Deva devraient avoir la possibilité d’exercer leurs droits fondamentaux sans subir de pression ou d’intimidation.

Dans sa lettre à Deva, Jyrki Raina ajoute :

Je me dois de vous rappeler que ce degré de manœuvres anti-syndicales persistantes et éhontées vous feront porter l’étiquette d’entreprise malhonnête à l’extrême. Nous allons le faire largement savoir jusqu’à ce que vous reconnaissiez Petrol-Is comme le syndicat que vos salariés ont choisi pour les représenter.

La négociation collective doit maintenant commencer, tel que prescrit par le Ministère du Travail, et les 27 salariés que vous avez licenciés pour leur soutien à Petrol-Is doivent être réintégrés.

Des travailleurs désespérés décident de faire grève de la faim en Biélorussie

Neuf militants au moins du syndicat libre de Biélorussie (SPB) ont été licenciés. Toutes ces personnes sont hautement qualifiées et sous contrat à court terme comme la majorité des salariés en Biélorussie, même s’ils ont été employés dans l’usine pendant de nombreuses années; leur seule faute étant d’avoir osé adhérer à un syndicat indépendant.

Le directeur de l’usine a donné officiellement à certains travailleurs comme explication pour leur licenciement, qu’il s’agit d’une optimisation de la main-d’œuvre. Toutefois, dans le même temps, des journaux locaux ont publié des offres d’emploi pour le recrutement de travailleurs dans l’usine ayant des compétences identiques ou égales à celles des personnes congédiées.

L’hypocrisie de la direction de l’usine a forcé les travailleurs à se servir de tous les moyens possibles pour obtenir justice, notamment en écrivant il y a deux semaines une lettre ouverte au président biélorusse Alexandre Loukachenko. Dans la lettre, les travailleurs appelaient l’attention sur la discrimination syndicale dont ils font l’objet tout en affirmant que les difficultés de l’usine résultaient de la position discriminatoire de la direction.  Le personnel syndiqué hautement qualifié fait l’objet de menaces et de mises à pied, pour être finalement remplacé par des gens moins qualifiés à qui il manque plusieurs années d’expérience pour atteindre le niveau des collègues congédiés.

Quand les travailleurs désespérés ont appris que leur lettre ne serait pas prise au sérieux, et qu’elle n’avait aucune chance de se trouver dans la boite à lettres du directeur qui les avait licenciés, quatre d’entre eux ont décidé de faire grève de la faim pendant deux jours. Le syndicat tente de leur accorder tout le soutien possible.

Kemal Özkan, secrétaire général adjoint de IndustriALL dit: “Notre soutien solidaire va droit aux grévistes. Le système des contrats de travail à court terme en Biélorussie n’est pas seulement mauvais pour les travailleurs et travailleuses et la démocratie, mais il porte atteinte à la stabilité économique des entreprises, et il est de ce fait préjudiciable à l’ensemble de l’économie du pays.”

Faire face aux défis présentés par une politique industrielle viable

À l’atelier qui s’est tenu à Tunis les 30 et 31 octobre, les affiliés marocains et tunisiens de IndustriALL Global Union ont examiné la manière d’exercer une meilleure influence sur la politique industrielle à instituer dans leurs pays. Des affiliés français et allemands ont partagé leurs expériences en matière de mobilisation sur les questions relevant de la politique industrielle.

La syndicalisation augmente en Tunisie, mais on dénombre encore de nombreuses infractions aux droits dans le secteur privé. Les syndicats ont eu continuellement des entretiens avec le gouvernement et les partis politiques, mais il n’y a pas encore de véritable politique industrielle viable. Beaucoup d’entreprises multinationales sont présentes en Tunisie, et l’emploi est la principale préoccupation.

Au Maroc, la question de l’emploi se pose dans des usines connectées à des multinationales, notamment dans les industries de la confection et de l’électronique, mais les conditions de travail sont mauvaises et le gouvernement n’exerce pas un contrôle strict des conditions. La plupart des entreprises enfreignent le droit de l’environnement.

Les participant(e)s ont convenu de la nécessité pour les syndicats de s’engager avec les gouvernements et les employeurs pour exercer davantage de contrôle sur le développement des industries dans lesquelles leurs membres sont employés. Les syndicats français et allemands ont donné des exemples sur la façon dont ils ont pu travailler avec leurs membres sur ces questions. Les campagnes commencent par une formation donnée aux membres sur les questions, la détermination par la discussion de positions sur la politique syndicale et de propositions, et la mobilisation d’un soutien aux propositions. Le travail effectué au niveau local par une mobilisation des membres pour sauver des usines menacées, le travail avec la communauté locale et l’élaboration de propositions alternatives ont eu un résultat particulièrement bon.

En Allemagne, plusieurs entreprises dans le secteur éolien offshore ont été relocalisées à Bremerhaven à la suite de l’effondrement de la construction navale qui a entraîné la perte de plusieurs milliers d’emplois qualifiés. Actuellement, l’emploi augmente dans le service au développement de l’industrie. En France, un nouveau propriétaire a repris un chantier de construction navale à Marseille après une grève qui a duré plus de 500 jours. La main-d’œuvre considérait que le chantier était viable et ne devait pas être fermé. Maintenant, le carnet de commandes est rempli pour les trois prochaines années. D’autres exemples d’une action syndicale concernent la coopération syndicale en Allemagne avec des employeurs de l’industrie chimique pour réduire la consommation d’énergie tout en augmentant la production, et une mobilisation massive de 20.000 travailleurs/euses à Paris a permis l’établissement d’un organe tripartite national pour traiter de l’avenir de l’industrie.

Les participant(e)s ont conclu que les syndicats ont le droit de participer aux prises de décision concernant les industries dans lesquelles leurs membres sont employés. Les syndicats doivent de toute urgence renforcer leur capacité de coopération avec les gouvernements et les employeurs pour exercer une influence sur la direction que prendra l’industrie dans l’avenir. Il faudra que les syndicats conçoivent d’abord leur propre perspective et élaborent des propositions en faisant appel à leurs membres. Les syndicats devront s’engager politiquement pour atteindre leurs objectifs et il leur sera indispensable de travailler avec la société civile.

Une revendication déterminante des syndicats porte sur un dialogue social tripartite au niveau sectoriel qui permettra à leurs membres de déterminer la direction que prendra leurs industries dans l’avenir.

Les travailleurs de BHP Billiton et Glencore Xstrata se préparent à la grève au Pérou

Il s’agira de la première grève à Antamina, dont BHP Billiton Ltd et Glencore Xstrata détiennent chacun 33,75% des actions. Cette mine est située à 4.300 mètres au-dessus du niveau de la mer, dans la partie centrale de la cordillère des Andes.

La FNTMMSRP, qui est affilée à IndustriALL, a annoncé que le syndicat d’Antimina, fort de plus de 1.600 adhérents, avait décidé par scrutin lors de 6 réunions de partir en grève en raison d’un large mécontentement face aux problèmes avec l’entreprise.

La fédération indique que les travailleurs se plaignent des conditions de santé et sécurité dans la mine :

Les travailleurs demandent également une juste rétribution des congés et des heures supplémentaires, leur inclusion dans le Fond de Pension complémentaire des Mineurs et le respect de la convention collective par l’entreprise, en particulier s’agissant des permis de travail, du transport en cas d’urgence, des salles polyvalentes pour les réunions et la participation du syndicat au recrutement.

IndustriALL va suivre les événements de près durant cette grève et proposer sa solidarité à la Fédération des Mineurs ainsi qu’aux travailleurs d’Antamina dans leur lutte légitime pour leurs droits syndicaux.

Des briseurs de grève à l’origine de probables émanations chimiques alors que perdure le lock-out des syndiqués USW qualifiés

Des photos et des vidéos de l’usine montrent un nuage de vapeur s’en échapper dans la soirée du 26 octobre. Il est fortement suspecté qu’il s’agisse d’une dangereuse fuite d’hexafluorure d’uranium (UF6), un gaz hautement corrosif qui est un réactif utilisé dans l’enrichissement de l’uranium. Lorsqu’il vient en contact avec la peau, il peut provoquer de sérieuses brûlures et de graves radiations.

Le lock-out des 150 travailleurs qualifiés de cette usine de conversion d’uranium conduit à ce que des temporaires la fassent tourner sans expérience suffisante de la manipulation de substances chimiques dangereuses.

IndustriALL soutient pleinement la demande d’enquête formulée par l’USW auprès de la NRC, la Commission de régulation du nucléaire.

“Il est temps pour Honeywell de mettre un terme à ce lock-out insensé, de rendre leur travail aux 150 travailleurs expérimentés concernés et d’en arriver à la conclusion d’une nouvelle convention équitable,” déclare le Président international de l’USW Leo W. Gerard.

Bien que Honeywell démente de manière véhémente toute fuite, un représentant de la NRC en a attribué la responsabilité à un défaut de fonctionnement de matériel mis en œuvre par des sous-traitants, un travail précédemment réalisé en interne par des adhérents de l’USW.

“Il y a eu des erreurs systématiques dans les réactions face à l’urgence. Ce n’est pas que nous, des citoyens concernés ont appelé les secours et il leur a été répondu que l’entreprise avait indiqué que la situation était sous contrôle, tout cela alors qu’ils pouvaient contempler le nuage de gaz s’échapper du bâtiment et du site,” précise le Président de la section 7-669 de l’USW Stephen Lech, qui était sur place lors de l’incident. “Un porte-parole de l’entreprise au New Jersey et des officiels de la NRC en Géorgie faisaient rapport sur les événements à Metropolis pendant que nous étions témoins de l’évolution de la situation.”

“En maintenant la folie qu’est ce lock-out, Honeywell expose non seulement des salariés mais aussi toute une communauté locale au risque d’une catastrophe,” déclare le Directeur pour la Santé, la Sécurité et l’Environnement de l’USW, Mike Wright. “Il faut que cela cesse.”

Le Secrétaire général adjoint d’IndustriALL Kemal Özkan ajoute :

Nous sommes fermement aux côtés de nos camarades de la section 7-669 de l’USW dans leur lutte pour une convention équitable chez Honeywell. Ce lock-out vindicatif envoie un terrible message à la communauté locale de Metropolis, à savoir que cette entreprise est prête à risquer la fuite dans l’atmosphère de substances susceptibles de causer des brûlures plutôt que de dialoguer avec un syndicat.

Les Métallos USW qui mènent campagne ont organisé une grande manifestation dans les rues de Metropolis le 11 octobre et une journée d’appels téléphoniques concertés auprès du siège de l’entreprise au New Jersey, ce qui a paralysé ses lignes.

Voici le portrait de l’exploitation

Les révélations du Daily Mail montrent que les travailleuses de la confection qui produisent un t-shirt orné du slogan “Voici le portrait d’une féministe” pour la chaîne britannique de vêtements haut de gamme Whistles, ont un salaire de seulement 1 USD de l’heure et dorment à 15 par pièce dans des lits superposés.

La dirigeante syndicale Jane Ragoo de l’affilié mauricien de IndustriALL Global Union, CMCTEU, dit: “C’est scandaleux, et ce n’est pas parce qu’un t-shirt coûte cher et qu’il porte un message éthique qu’il est fabriqué éthiquement. Les personnes employées dans la confection à Maurice, en majorité des femmes, travaillent de très longues heures pour un salaire très bas.”

Une travailleuse de la confection, qui peine six jours par semaine, gagne seulement 6,000 roupies (190 USD) par mois. Toute personne employée dans le secteur de l’exportation à Maurice, est tenue par la loi de travailler 45 heures par semaine avec en plus dix heures supplémentaires obligatoires par semaine.

On estime à 65.000 le nombre de personnes employées dans le pays dans le secteur du textile, dont environ 15.000 migrants, qui viennent en majorité du Bangladesh où les salaires sont parmi les plus bas au monde.

L’exploitation des migrants est particulièrement grave, dit Ragoo:

“Les migrants n’ont pas le droit d’adhérer à un syndicat, ce qui fait qu’ils ne peuvent pas se défendre en tant que groupe.  Quand quelqu’un est malade et doit subir une opération chirurgicale, il est immédiatement licencié et renvoyé dans son pays, même si les soins médicaux sont supposés être gratuits à Maurice.  Le ministère du Travail sanctionne le licenciement par le retrait du permis de travail.  Il n’y a aucune possibilité de faire appel devant un tribunal.”

L’entreprise du textile impliquée dans l’article du tabloïd, la Compagnie Mauricienne de Textile (CMT), emploie 10.000 personnes, dont un grand nombre de migrants.

“Les autorités inspectent les logements de l’entreprise pour les migrants, en autorisant un nombre limité de personnes par logement. Le problème, c’est que les entreprises du textile rempliront au maximum les dortoirs, ce qui fait que les femmes souffrent d’une absence d’intimité ou même d’un endroit pour mettre leurs vêtements et leurs affaires personnelles,” révèle Ragoo.

Les syndicats font campagne dans le pays pour un salaire minimum national de 9.000 roupies (284 USD) par mois pour toutes les travailleuses et travailleurs. Toutefois, même ce chiffre est très loin du salaire minimum vital mensuel qui est estimé à 14,500 roupies (458 USD).

Les augmentations du salaire minimum à Maurice sont du ressort du ministère du Travail et aucune mise à jour n’a eu lieu dans la plupart des industries depuis de nombreuses années.

On estime à 100.000 sur une population active de 550.000 le nombre de personnes qui à Maurice gagnent moins de 130 USD par mois, ce qui signifie un niveau de vie d’extrême pauvreté. Sur ces 100.000, 85 pour cent sont des femmes.

Jenny Holdcroft de IndustriALL Global Union, qui représente les travailleuses et travailleurs de la confection au niveau international, a déclaré:

“L’exploitation des travailleuses et travailleurs de la confection est très répandue, non seulement à Maurice mais dans l’ensemble des pays en développement. Les détaillants du secteur de la mode appliquent des majorations massives au détriment des travailleuses et travailleurs, tout en prétendant être socialement responsables. La seule façon d’obtenir de meilleurs salaires et conditions de travail dans la confection est d’accorder à ces salariés de meilleurs droits et des lois offrant des conditions d’emploi plus sûres – et c’est pour cela que les syndicats se battent dans tous les pays où les vêtements sont fabriqués."