Les victimes de Tazreen sur le point d’être indemnisées en ce second anniversaire de la tragédie

Le 24 novembre 2012, plus de 120 personnes sont mortes carbonisées après avoir été prises au piège par les issues verrouillées de l’usine Tazreen Fashions, qui fournissait en vêtements des grandes enseignes internationales. De plus, 300 personnes ont été gravement brûlées dans l’incendie.

Au cours de ces derniers jours, les parties ont mené des négociations sous les auspices de l’OIT afin de s’entendre sur les termes d’un accord. Les détails du programme seront finalisés dans les jours à venir avec l’espoir que des indemnités seront enfin versées.

En tant que partie à cet accord, la Fondation C&A s’est engagée à contribuer pour un montant significatif afin d’indemniser de manière complète et équitable les victimes de Tazreen, ceci venant s’ajouter aux fonds pour lesquels un engagement a déjà été pris. Le détail de l’engagement définitif sera élaboré et rendu public une fois que le coût de l’opération aura été finalisé.

Jyrki Raina, Secrétaire général d’IndustriALL a déclaré :

“En ce second anniversaire de la catastrophe de Tazreen, nous sommes particulièrement heureux de pouvoir dire que des indemnisations pour les survivants et les familles des victimes sont enfin en vue. Les grandes lignes de l’accord entre IndustriALL, la Campagne Clean Clothes et C&A prévoient le principe d’un processus d’indemnisation pour fournir une assistance financière bien nécessaire aux survivants, qui leur permette de couvrir des soins de santé essentiels..”

Parmi les clients de Tazreen Fashions on retrouvait Walmart, Disney, El Corte Ingles, Edinburgh Woollen Mill, Sears, Dickies, Delat Apparel et Sean John, entre autres. Deux ans plus tard, aucune de ces marques n’a versé d’indemnités.

Seule la firme originaire de Hong Kong Li & Fung, le plus grand agent d’approvisionnement du monde, et la Fondation C&A ont versé une quelconque somme par l’intermédiaire des autorités du Bangladesh. El Corte Ingles et Kik ont fait de promesses d’indemnisation informelles, mais celles-ci doivent encore se traduire par des engagements publics.

Jyrki Raina poursuit :

“Maintenant qu’un accord sur un schéma d’indemnisation a été trouvé, nous appelons toutes les marques qui se fournissaient auprès de Tazreen Fashions à contribuer au fond. Nous saluons C&A pour avoir ouvert la voie, les autres marques doivent maintenant suivre. Les victimes de cette terrible tragédie ont déjà assez souffert.”

Walmart était le plus gros client de Tazreen Fashion et les travailleurs venaient de terminer d’expédier une commande au détaillant américain tout juste avant l’incendie. Walmart n’a toujours pas indemnisé les victimes.

Philip Jennings, Secrétaire général d’UNI, qui représente les travailleurs des magasins Walmart a indiqué :

“Nous félicitons C&A d’avoir effectué cette démarche importante et appelons les autres marques à suivre son exemple. Nous demandons aux entreprises telles que Walmart, Benetton et Gap de poser les gestes justes envers les victimes à la fois de Tazreen et de Rana Plaza, les survivants et leurs familles, et de contribuer au fond d’indemnisation pour un montant juste et approprié.”

Plus plus d’informations, veuillez contacter :

Léonie Guguen, Chargée de Communication d’IndustriALL

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Portable : +41 (0)79 137 54 36

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Votez pour le “Public Eye Lifetime Award”

Pour marquer les quinze ans du prix, il est demandé aux votants de choisir au sein d’une liste  de six nominés issus de la “galerie des horreurs” des lauréats de précédentes éditions. Il s’agit de Walmart, Glencore, Dow Chemical, Chevron, Gazprom et Goldman Sachs.

Le public peut dès à présent s’inscrire pour voter en ligne.

Le nom du “gagnant” sera dévoilé à Davos, en Suisse, le 23 janvier 2015. La cérémonie programmée pour coïncider avec la réunion annuelle du Forum économique mondial qui se tient dans cette station de sports d’hiver où d’anciens lauréats seront présents.

Vous pouvez suivre l’annonce du lauréat sur le site de Public Eye ou sur twitter en temps réel.

IndustriALL cible Glencore pour son attitude antisyndicale

Les rapports nationaux des 32 délégué(e)s représentant des affiliés de IndustriALL de 14 pays ont donné la preuve de “la brutalité constante et du manque de respect des droits des travailleurs/euses et des droits syndicaux par Glencore dans toutes ses activités, et ce en contraste flagrant avec l’image créée par ses organes de relations publiques,” a dit Andrew Vickers, président du secteur minier et secrétaire général du syndicat de la construction, de la foresterie, des mines et de l’énergie (CFMEU) d’Australie.

Le réseau mondial Glencore a établi que le géant industriel des secteurs miniers et des matières premières se livrait à une campagne antisyndicale brutale dans cinq pays. Ces attaques sont en contradiction flagrante avec la prétention affirmée par Glencore de respecter les droits de la personne, la culture communautaire, la négociation collective et le droit des salariés de décider librement de leur adhésion à un syndicat. La pratique chez Glencore est très éloignée de sa rhétorique.

La réunion a pris connaissance de la situation alarmante en matière de sécurité dans les activités de Glencore. Au Pérou et en Colombie, la situation des travailleurs en matière de sécurité et de santé est particulièrement inquiétante Certains rapports indiquent que les blessures sont courantes et que Glencore refuse de travailler avec les syndicats pour prendre en compte ces questions. En outre, l’emploi généralisé d’une main-d’œuvre en sous-traitance et de l’emploi précaire par Glencore dans ses activités mondiales, constituent un facteur déterminant pour les statistiques alarmantes sur la sécurité et la santé.

La réunion a pris fin avec un plan d’action clair pour mener les activités du réseau. Le plan comporte un soutien solidaire immédiat du réseau mondial aux activités prévues par l’USW pour la journée de l’actionnariat Glencore, le 10 décembre 2014, qui coïncide ironiquement avec la journée internationale des droits de l’homme.

Glen Mpufane, directeur du secteur minier de IndustriALL Global Union, a déclaré que le jour de reddition des comptes est arrivé pour Glencore.

La réunion du réseau mondial Glencore s’est tenue au moment du lancement de la réunion du réseau mondial d’Anglo American.

Des grévistes de la faim menacés d’emprisonnement en Biélorussie

Les travailleurs en proie au désespoir, qui étaient employés à l’usine Bobruisk de pièces et d'équipements de tracteur (BZTDiA), ont été détenus par la police, le 10 novembre, sous l’inculpation de protestation publique sans autorisation, alors qu’ils faisaient une grève de la faim.

Ils sont maintenant dans l’attente d’une citation en justice et pourraient être relâchés après une amende importante ou même une peine de prison.

Les travailleurs, membres du syndicat libre de Biélorussie (SPB), réfutent l’accusation de protestation non autorisée et disent qu’ils sont en fait les victimes d’un licenciement arbitraire en tant que syndicalistes.

Les travailleurs licenciés ont reçu le soutien solidaire de leurs collègues d’autres syndicats, et quatre personnes au moins les ont rejoints par sympathie pour participer à leur grève de la faim.

Dans une réponse de l’entreprise en date du 14 novembre, le directeur de l’usine a dit que les licenciements résultaient de l’optimisation de la main-d’œuvre dans l’usine et qu’ils n’étaient pas liés à leur appartenance au SPB. Cependant, BZTDiA a déjà publié des offres d’emploi pour embaucher du personnel ayant les mêmes qualifications que les travailleurs licenciés.

Les travailleurs ont publié le mois dernier une lettre ouverte au président biélorusse, pour exprimer leurs préoccupations sur la façon dont le directeur de l’usine se sert de manière abusive du système de contrats à court terme en vigueur dans le pays pour se séparer de professionnels hautement qualifiés, membres d’un syndicat. Dans sa réponse, le gouvernement approuve simplement la position de l’entreprise. 

Le système des contrats à court terme et son utilisation pour harceler les militants syndicaux en Biélorussie a été fermement critiqué par le mouvement ouvrier international. Il forme une partie de la plainte formulée contre les infractions à la liberté syndicale, présentée à l’Organisation internationale du Travail en 2000. Depuis lors, l’OIT a régulièrement fait état de la question biélorusse en notant de légers progrès ou même aucun progrès dans l’application des recommandations de la Commission d’enquête de l’OIT.

Le dernier rapport du Comité de la liberté syndicale du BIT sur la Biélorussie se trouve sur le site internet de l’OIT

Le syndicat cambodgien accroche la victoire chez SL Garment

Au sein de l’accord, signé entre les dirigeants du C.CAWDU et SL Garment ce 17 novembre, l’entreprise accepte d’abandonner toutes les charges contre les leaders et les militants du syndicat.

SL Garment versera également un total de 300.000 dollars aux travailleurs actuellement en poste qui ont pris part aux grèves contre l’entreprise en 2013.

SL Garment versera les sommes directement aux salariés après avoir vérifié avec le syndicat la liste des membres du personnel éligibles. Des représentants du C.CAWDU et du Ministère du Travail seront témoins et observateurs de la répartition de l’argent aux salariés.

La maison-mère de SL Garment, JD United, est un important fournisseur de l’enseigne de mode américaine GAP.

Le Président du C.CAWDU, Ath Thorn, qui était l’un des leaders du syndicat qui faisait l’objet des accusations de SL Garment, a indiqué que la pression mise sur GAP avait fait en sorte que l’enseigne exerce une influence sur son fournisseur pour arriver à un accord.

SL Garment a également accepté que l’actionnaire de l’entreprise, Meas Sotha, qui avait recruté les membres de la police militaire ayant attaqué les travailleurs lors des grèves de 2013, n’ait aucune implication dans les activités journalières de l’employeur ni dans la gestion quotidienne de l’usine.

Cet accord de novembre 2014 fait suite à un règlement conclu entre le C.CAWDU et SL Garment en décembre 2013. Dans le cadre de celui-ci, l’entreprise avait promis d’abandonner toutes les charges pesant sur les leaders syndicalistes. Toutefois, elle avait mangé sa parole à peine quelques mois plus tard.

Jyrki Raina, Secrétaire général d’IndustriALL réagit :

Nous félicitions le C.CAWDU pour cet important succès qui marque un grand pas en avant dans l’amélioration des relations sociales entre les syndicats et les fabricants de vêtements au Cambodge. Cet accord ouvre la voie à une collaboration entre le C.CAWDU et SL Garment et augure d’un avenir plus productif pour l’entreprise.

Parlons des syndicats en Iran

Pour IndustriALL Global Union, c’est maintenant une priorité importante et un devoir de soutenir le combat mené par ces syndicats pour constituer des organisations démocratiques capables de défendre et de promouvoir les droits syndicaux,

dit Kemal Özkan, secrétaire général adjoint de IndustriALL.

L’Iran est un pays important de la région MENA dans les secteurs du gaz, du pétrole et de la fabrication industrielle. Cependant, les droits fondamentaux de la personne et les droits syndicaux sont loin d’être respectés.

IndustriALL cite Jamshid Ahmadi, un militant iranien qui travaille avec le syndicat des métallurgistes et des mécaniciens d’Iran (UMMI). Il cherche à sensibiliser la communauté internationale sur les activités de l’UMMI et à établir des liens avec des syndicats indépendants dans le monde.

Les syndicats ne sont pas reconnus en Iran. La législation iranienne du travail interdit actuellement les syndicats et en empêche la création. Les conseils islamiques du travail sont les seules organisations autorisées en Iran, mais ce ne sont pas des syndicats – ce sont des organes tripartites qui rassemblent le ministère du Travail, les employeurs et des travailleurs dûment sélectionnés sur la base de leur loyauté au gouvernement et de leur affiliation religieuse. Il s’ensuit qu’ils sont peu appropriés et mal préparés pour négocier sur les demandes et les besoins des travailleurs et travailleuses d’Iran,

poursuit Jamshid.

Les syndicalistes iraniens mènent leurs activités dans des conditions particulièrement difficiles. Ils paient de leur liberté, de leur vie et de leur sécurité leur engagement dans des activités syndicales,

dit-il encore.

Des arrestations et des détentions ont lieu régulièrement en Iran; des travailleurs et travailleuses sont fréquemment arrêtés pour avoir soutenu le droit de syndiquer les salariés et pour avoir créé des structures syndicales indépendantes. La torture est utilisée systématiquement pour arracher des aveux, et les prisonniers politiques se voient refuser automatiquement tout accès aux soins médicaux.

Les travailleurs hongrois protestent contre l’austérité

Un millier de travailleurs au moins sont descendus dans les rues et ont fait entendre leur voix contre le plan du gouvernement visant à augmenter l’impôt sur les avantages extra-salariaux de 35,7% jusqu’à 51,17% tout en abaissant le montant maximum annuel que les employeurs pourraient en verser.

Le gouvernement n’a pas consulté les partenaires sociaux avant de proposer ces amendements et les représentants des travailleurs en ont seulement pris connaissance par la presse. L’augmentation prévue de la taxation affecterait de manière négative un grand nombre de ménages, car ces avantages extra-salariaux constituent une part importante et essentielle du revenu de nombreuses familles hongroises.

D’autre affiliés d’IndustriALL, dont la Fédération des syndicats des travailleurs des matériaux de construction, la Fédération des syndicats de la chimie, de l’énergie et des industries diverses ainsi que le Syndicat des travailleurs des mines et de l’énergie BDSZ, se sont joints aux protestations.

La bonne nouvelle est que, selon la VASAS, pendant que la manifestation était en cours, le leader du groupe parlementaire du parti au pouvoir, l’Alliance civique hongroise Fidesz, a annoncé que ses élus ne soutiendraient pas le plan du gouvernement. Le 19 novembre, la partie la plus critiquable de la loi fiscale 2015 prévoyant des hausses d’impôts a été rejetée par le Parlement.

Bien que se déroulant le même jour, cette action syndicale n’était pas directement en lien avec la “Journée d’indignation publique” qui a regroupé à Budapest plus de 10.000 personnes devant le Parlement hongrois pour exiger la démission du chef de l’administration fiscale qui est accusé de corruption, ainsi que pour réclamer davantage de transparence de la part du gouvernement du Premier Ministre Viktor Orban.

200 mineurs polonais occupent le siège d’une entreprise

La liquidation du géant minier polonais, Kompania Weglowa S.A. (KW), menace l’emploi de plus de 46.000 personnes employées par l’entreprise d’État.

Les mineurs qui participent à l’action, dont certains sont membres des affiliés de IndustriALL Global Union, KADRA et Solidarnosc, campent devant les bureaux de l’entreprise à Katowice depuis jeudi dernier.

Ils refusent de quitter les lieux tant qu’ils n’auront pas eu des contacts et des entretiens avec des représentants du ministère du Travail.

Ils veulent que le gouvernement polonais intervienne pour sauver l’entreprise, déjà touchée par un plan de restructuration de réduction de la main-d’œuvre portant sur 26.000 salariés.  Plus de 10.000 emplois ont été perdus au cours des deux dernières années.

Cependant, la semaine dernière, le directeur général de KW, Miroslaw Taras, a dit aux représentants syndicaux qu’il a été dans l’impossibilité d’obtenir le financement nécessaire à la restructuration de l’entreprise, du fait que le projet d’émission d’euro-obligations permettant d’obtenir des millions de dollars n’a pas pu aboutir.

Le directeur général a dit aux syndicalistes que sa seule option pour sauver l’entreprise consiste à supprimer des équipes de mineurs et à liquider plusieurs mines. Il a également dit qu’il est revenu de la capitale polonaise Varsovie sans avoir pu obtenir un soutien du gouvernement.

L’entreprise fait face à une crise financière identique à celle qui l’avait frappée il y a dix ans. Le gouvernement avait pris des mesures d’aide au sauvetage de l’entreprise après l’occupation du siège de KW par les mineurs.

“La situation des travailleurs et travailleuses est très tendue et exige une forte réponse et des actions spécifiques de la part du gouvernement,” a déclaré Marek Gacka, vice-président de l’Alliance KADRA. “Il faut espérer que la situation prendra fin positivement pour les salariés de Kompania Weglowa. Nous pouvons assurer qu’ils resteront ici jusqu’au bout.”

La coalition des syndicats polonais a publié aujourd’hui une déclaration, dans laquelle elle critique le gouvernement pour son inaction et pour avoir minimisé les problèmes de KW.

Huhtamaki cède sous les accusations de pratiques déloyales de travail

L’USW avait fait état d’infractions de la part de Huhtamaki aux droits des travailleurs et travailleuses précisés dans la loi fédérale sur les relations de travail par une modification de sa politique de non sollicitation et une application discriminatoire de cette politique, en retirant des documents favorables aux syndicats de la salle où les salariés prennent leurs pauses.

Pour mettre un terme aux accusations contenues dans l’accord avec le Bureau, Huhtamaki devra informer par courriel tous ses salariés, en anglais et en espagnol, et afficher la décision pendant 60 jours sur les panneaux d’affichage de l’entreprise, en donnant les renseignements suivants:

LA LOI FÉDÉRALE VOUS DONNE LE DROIT:

• de former, d’adhérer ou d’aider un syndicat;

• de choisir un(e) représentant(e) pour négocier avec nous en votre nom;

• d’agir avec d’autres salariés pour votre bénéfice et votre protection;

• de choisir de ne pas s’engager dans aucune de ces activités protégées.

NOUS NE RETIRERONS PAS des textes syndicaux  de la salle où les salariés prennent leurs pauses, sauf durant les services d’entretien de routine, pour empêcher le désordre, des détritus, un danger ou des conditions disgracieuses, ou encore pour maintenir une installation sanitaire propre.

 NOUS ANNULERONS la dernière phrase de notre politique de Non Sollicitation ou de Distribution dans le manuel à l’usage des salariés, qui précise: "Les documents ou textes laissés sans surveillance dans les locaux de Huhtamaki seront ramassés et retirés." La portion retirée de la politique sera remplacée par le texte suivant: " Les documents ou textes laissés sans surveillance dans les locaux de Huhtamaki pourront être ramassés et retirés durant les services d’entretien de routine, pour empêcher le désordre, des détritus, un danger ou des conditions disgracieuses, ou encore pour maintenir une installation sanitaire propre."

NOUS N’INTERVIENDRONS PAS de quelque manière que ce soit ou de façon analogue dans vos droits spécifiés à la section 7 de la Loi.

L’UAW et VW un cran plus près de la reconnaissance officielle

Ce 12 novembre, Volkswagen a annoncé une nouvelle politique qui entérine qu’avec plus de 45% de soutien, le syndicat pourra rencontrer toutes les deux semaines le comité exécutif de VW Chattanooga.

Le Syndicat des travailleurs de l’automobile UAW et son pendant allemand IG Metall ont salué ce pas en avant, mais souhaitent davantage. Le Secrétaire-trésorier Gary Casteel a indiqué :

“Lors des premières conversations qui auront lieu, nous rappellerons les engagements qui ont été pris par Volkswagen et l’UAW au printemps dernier en Allemagne : Volkswagen reconnaîtra l’UAW comme le représentant de nos membres. Nous sont convaincus que Volkswagen a pris cet engagement de bonne foi et que l’entreprise l’honorera. De plus, nous présenterons à la direction de l’usine de Chattanooga la lettre d’intention de septembre au sein de laquelle l’influent Conseil d’entreprise mondial du groupe Volkswagen exprime son désir que cette usine soit “un site représenté par l’UAW”.

Le président d’IG Metall Detlef Wetzel a ajouté :

“Nous attendons que VW montre son vrai visage et accepte que l’UAW soit son partenaire social dès lors qu’il démontre qu’il représente une majorité des travailleurs.”

La politique annoncée par VW ce mercredi n’est pas parfaite puisqu’elle ouvre la possibilité d’avoir plus d’un syndicat pour représenter les travailleurs et endosser le rôle de partenaire social. Un petit syndicat jaune existe dans l’usine.

La Section 42 de l’UAW a été constituée pour syndiquer et représenter les travailleurs de l’usine VW de Chattanooga. Elle a été soutenue tout au long de sa campagne par IG Metall, le Conseil d’entreprise mondial du groupe Volkswagen et IndustriALL.

L’usine de Chattanooga est la seule usine VW du monde à n’avoir pas de représentation de ses travailleurs. La Section 42, sous la conduite du président Mike Cantrell et du vice-président Steve Cochran, récemment élus, va prendre sa place au sein du Conseil d’entreprise mondial du groupe Volkswagen. Jusqu’ici, elle a été la seule usine à ne pas être représentée au sein de cet organe mondial où salariés et direction se rencontrent régulièrement pour définir la politique de l’entreprise.

L’influence extérieure de lobbies anti-syndicaux bien financés rend un scrutin libre et équitable impossible chez VW Chattanooga. C’est pour cette raison que le syndicat a appliqué une autre stratégie pour donner la parole aux travailleurs et une structure pour les relations sociales sur leur lieu de travail.

Volkswagen se pose un exemple dans le secteur industriel en défiant les politiciens anti-syndicaux et les autres formes de pression dans le Sud des États-Unis pour travailler avec l’UAW et se conformer aux normes internationales du travail. L’UAW fait également campagne pour syndiquer les salariés dans ce contexte hostile chez Mercedes-Benz en Alabama et Nissan au Mississippi.