Les syndicats israéliens obtiennent une hausse du salaire minimum

Cela signifie que le salaire minimum dans le secteur privé en Israël se situera à NIS 5.000 (US$1.252) par mois. Dans le futur, cette augmentation s’appliquera également aux salariés du secteur public.

L’accord entre le Président d’Histadrut, Avi Nissenkorn et le Président de la Fédération des Organisations économiques israéliennes, Zvi Oren, a été signé lors d’une cérémonie ce 3 décembre.

Avi Nissenkorn, Président de l’affilié d’IndustriALL Histadrut a déclaré :

"Aujourd’hui, nous avons livré un message clair aux salariés en Israël. Nous avions signifié que nous ne pourrions pas nous satisfaire d’une hausse de seulement NIS 200 (US$50) et nous avons tenu nos engagements. Nous avions promis d’ouvrir la voie à une vie digne pour 700.000 familles et nous l’avons fait.

En vertu de l’accord, il a été également établi que le salaire minimum à l’avenir se situerait à 52% du salaire moyen et non plus à 47,5% comme il est d’usage aujourd’hui.

Ces acquis rejoignent l’initiative menée par Histadrut visant au recrutement de personnes handicapées dans le secteur public et approuvée par le gouvernement au début du mois de décembre. Suivant cette décision, d’ici à 2017 le nombre de travailleuses et travailleuses ayant un handicap et employés dans le secteur public ne pourra être inférieur à 3%. À la fin de cette période, le gouvernement envisagera d’augmenter la proportion de travailleurs et travailleuses souffrant d’un handicap de 2% additionnels.

Nissenkorn ajoute :

"C’est aussi un jour de réjouissance pour les travailleurs et travailleuses affectés d’un handicap. Je suis fier d’être à la tête d’une organisation qui a mis en avant un accord dont chacun bénéficie, depuis les salariés et leurs familles jusqu’aux services publics, qui vont bénéficier d’une nouvelle main d’œuvre de qualité. Histadrut, qui se considère comme la plus grande organisation sociale d’Israël, s’est fixé pour but de continuer à œuvrer pour la réduction des fractures sociales et pour l’éradication du phénomène des travailleurs pauvres.”

Plus d’informations : http://www.histadrut.org.il/index.php?page_id…

Honda Mexique : un travailleur réintégré à nouveau licencié

Après avoir été abusivement licencié en avril 2010 et être entré en résistance au cours des quatre dernières années, Pallares Cardoza a repris son poste au sein de l’usine Honda du corridor industriel d’El Salto le 26 novembre. Quatre jours plus tard, il déclare avoir été à nouveau licencié de manière abusive.

Le Tribunal du Travail collégial de seconde instance avait ordonné et fait exécuter cette réintégration (affaire 1160/2010) mais ce 1er décembre, Alejandro Salaiza Rubio, Directeur des Relations gouvernementales, a barré à Pallares Cardoza l’accès de l’entreprise en lui signifiant qu’il avait “enfreint le règlement de l’entreprise” et qu’il serait informé des raisons de son licenciement par voie légale.

Bien que le tribunal avait ordonné que l’entreprise réintègre le responsable syndical à la fonction dont il avait été abusivement démis, Pallares Cardoza précise :

“J’ai été pratiquement placé en isolement pendant quatre jours dans les locaux administratifs.”

Honda Mexique lui avait également imposé un horaire de 8h20 à 17h40 (celui habituellement presté par les cols blancs des fonctions “protégées / de direction”), il devait se rendre au travail dans les bus attribués au personnel administratif et était tenu à l’écart de ses collègues à l’intérieur des bureaux de l’entreprise. Son heure de table avait également été modifiée de 14h10 à 14h40, une période entièrement dévolue aux fournisseurs. En d’autres termes, l’entreprise a pris toutes les mesures possibles pour s’assurer qu’il n’ait aucun contact avec ses collègues de travail.

Il est utile de savoir qu’en dépit de sa complicité ouverte avec le syndicat “jaune” CTM au sein de l’usine (SETEAMI), Honda Mexique possède un “Code d’Éthique” au sein duquel l’entreprise déclare qu’elle se conformera à la loi et à un cadre global pour les droits des travailleurs. Néanmoins, Honda Mexique prouve une fois de plus que l’entreprise n’a aucune volonté ni intention d’observer ce code ni de le mettre en pratique.

IndustriALL et le STUHM dénoncent également la posture anti-syndicale et discriminatoire du Conseil fédéral de Conciliation et d’Arbitrage qui, de mèche avec l’entreprise, applique des délais déraisonnables pour le traitement des demandes du syndicat à représenter les travailleurs dans le cadre de la négociation collective. Plus d’un an s’est écoulé depuis que le syndicat a déposé sa requête et le conseil n’a pas encore réussi à obtenir de l’entreprise le registre des salariés qui sont habilités à prendre part au scrutin. Il n’a pas non plus encore fixé de date pour la tenue de celui-ci.

Le Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, Fernando Lopes, ajoute : “IndustriALL soutient la demande du STUHM qu’un scrutin syndical se tienne chez Honda Mexique et dénonce fermement les licenciements continus et abusifs de travailleurs qui osent se dresser en faveur de la liberté syndicale. Nous appelons Honda Mexique à respecter la législation mexicaine et à cesser ses tactiques d’obstruction pour retarder le processus judiciaire.”

Poursuite de la grève à la mine Koornfontein de Glencore

Le géant minier Glencore a offert aux membres du personnel une semaine de salaire par année de service à la mine de Koornfontein, alors que l’indemnité correspond à trois semaines dans d’autres mines. Les personnes licenciées à Koornfontein ne perdent pas seulement leur emploi, mais sont victimes d’un règlement injuste pour les nombreuses années pendant lesquelles elles ont extrait du charbon pour Glencore.

Frans Baleni, secrétaire général  du syndicat national des mineurs (NUM) affilié à IndustriALL Global Union, dit que Glencore refuse de verser une indemnité de licenciement d’un niveau décent:

“Contrairement à la pratique en vigueur dans l’industrie d’une indemnisation se montant à deux semaines de salaire par année complète de service, Glencore veut seulement payer une semaine par année. Nous mobilisons au niveau international nos syndicats affiliés à IndustriALL pour qu’ils nous rejoignent dans l’attaque menée contre cette conduite inacceptable.”

Dans un effort pour trouver une solution et mettre fin à la grève, NUM a engagé une instance chargée de la médiation. Mais lors d’une réunion organisée le 24 novembre, Glencore a  refusé de prendre connaissance de la révision des propositions du syndicat.

"On en est aujourd’hui à la 49ème journée d’une grève menée dans le calme pour lutter contre une entreprise multinationale qui refuse de verser une indemnité décente de licenciement aux travailleurs, sous prétexte de ne pas créer un précédent," poursuit Frans Balen.

"Une fois licenciés, les travailleurs n’ont aucune chance de retrouver un emploi. C’est à proprement parler une condamnation à mort et NUM se battra bec et ongles pour s’assurer que nos membres obtiennent ce qu’ils demandent.”

Le directeur des mines de IndustriALL, Glen Mpufane, dit:

”Le refus de Glencore de travailler avec les syndicats pour trouver une solution raisonnable à ce conflit est scandaleux. Nous soutenons totalement le combat mené par les mineurs et demandons instamment à Glencore de régler ce problème le plus rapidement possible.”

Le conflit dans lequel intervient le syndicat NUM est l’un des cinq conflits actuellement en cours concernant les activités minières de Glencore au Pérou, en Colombie, en Australie et aux États-Unis. IndustriALL va lancer une action au niveau mondial pour répondre aux pratiques antisyndicales de Glencore.

La lutte pour l’accès aux ressources menace les droits du travail

La transformation est en cours. Nous avons le choix entre la violence du désordre pour assurer la conservation de ressources, comme l’eau, l’énergie et les terres fertiles, des mesures désespérées de survie de dernière minute qui révoquent complètement les droits de la personne et la protection sociale, ou une transition ordonnée et juste, qui respecte et protège les travailleurs et travailleuses d’aujourd’hui, tout en créant des emplois nouveaux et décents dans les industries viables de demain.

Il ne s’agit pas d’un futur abstrait. C’est ce que vivent déjà certaines personnes. Le 4 décembre, la délégation syndicale au COP-20 a rencontré des veuves, des enfants et des amis de quatre dirigeants Asháninka de la communauté péruvienne de Saweto à la frontière brésilienne: Edwin Chota Valera, Leoncio Quincima Meléndez, Jorge Ríos Pérez et Francisco Pinedo d’Alto Tamaya, Ucayali. Ils ont été assassinés par des bûcherons qui abattaient illégalement des arbres, alors qu’ils tentaient de protéger leurs terres ancestrales de la destruction. Le changement climatique occasionnant des pressions, il est à craindre que de telles confrontations iront en s’amplifiant.

Ces hommes assassinés étaient des dirigeants de leur communauté.  Leurs veuves nous ont lancé un appel au secours. Les émotions étaient à vif.

L’une a dit: “J’ai fait beaucoup de chemin. Vous ne me connaissez pas, mais vous devez savoir que nous sommes harcelés. Le gouvernement ne reconnaît pas notre droit au sol et vend nos terres aux multinationales. Mais c’est notre terre ancestrale, comment peuvent-ils la vendre? Cela me rend si triste. Je suis maintenant veuve. Les gens parlent du climat, mais ce sont les multinationales qui détruisent le climat, la terre et l’eau. Nous voulons le protéger.”

Une autre, fille d’un des hommes assassinés, a dit: “Nous sommes maintenant les seules gardiennes de notre forêt. Nous ne sommes pas traitées avec respect. L’État détruit le lieu où nous vivons. Je veux être respectée en tant que membre de la communauté indigène. Il est important d’avoir du soutien pour empêcher la destruction des arbres, et les hommes ont été tués. Nous protégeons la forêt, non seulement pour nous, mais pour tout le monde – elle est la source de l’eau claire, de l’air pur. Soutenez notre lutte.”

Une troisième femme nous a dit: “C’est grâce au soutien de ma famille que nous sommes encore ici. Nous subissons une menace constante des bûcherons exploitant illégalement la forêt et des trafiquants de drogue. Le Brésil comme le Pérou doivent nous protéger. Nous sommes des êtres humains, nous demandons justice. Nous ne voulons pas tuer les tueurs, Je demande justice. Nous voulons vivre en paix et en harmonie.”

L’un des hommes a ajouté: “Les gouvernements ne comprennent pas que les frontières n’existent pas. Les populations indigènes ne connaissent pas de frontières, le fait que l’on soit au Pérou ou au Brésil est hors de propos. L’environnement non plus ne connaît pas de frontières. Il y a ici une lutte menée par des populations indigènes pour leur terre. Mais vous devez comprendre qu’il s’agit d‘une question qui concerne l’humanité. Les exploiteurs peuvent gagner de l’argent, mais bientôt ils n’auront pas les moyens d’acheter de l’eau, de l’oxygène ou la vie elle-même.”

Licenciements abusifs au sein d’une usine automobile sous tension

L’entreprise a réprimé la grève, licencié trois travailleurs et organisé une attaque brutale et de grande ampleur sur onze salariés par des hommes de main du CTM. Cependant, elle a ensuite signé un accord avec le SNTMMSRM en vertu duquel elle promettait de réintégrer les trois travailleurs licenciés, d’accorder des participations aux bénéfices aux travailleurs et, ce qui est le plus important, de respecter le droit des travailleurs à rejoindre un syndicat de leur choix. Elle s’était aussi engagée à ne pas procéder à des représailles contre les travailleurs qui ont pris part à la grève.

Néanmoins, ce 26 novembre, Teksid Hierro a licencié 17 salariés, dont leur porte-parole, Imelda Jimenez, pour avoir appelé l’entreprise à se conformer à l’accord.

L’entreprise prétend avoir licencié ces travailleurs parce qu’une production avait pris fin et que les contrats concernés étaient temporaires. En fait, la vérité est que l’entreprise essayait d’intimider les travailleurs juste avant un scrutin qui doit décider quel syndicat aura le droit de mener des négociations collectives.

Le syndicat s’est élevé contre les licenciements et dit que l’entreprise essaie de provoquer un arrêt de travail comme cela avait été le cas le 19 avril.

Les travailleurs licenciés ont déclaré :

“La production se poursuit toujours et nous remplissons toutes les prescriptions légales pour avoir droit à des contrats permanents ; nous sommes licenciés parce que, le 19 mai, nous avons pris l’initiative de demander à l’entreprise de se défaire du CTM afin que nous puissions être représentés par le SNTMMSRM, dirigé par Napoleón Gómez Urrutia.”

L’entreprise a démis les travailleurs avant de leur verser leurs salaires et prestations en essayant de les forcer à accepter leurs primes de licenciement et ne pas se retrouver sans argent durant la période des fêtes de Noël. Imelda Jiménez et Joel Silva ont accusé l’entreprise de mensonge, ont refusé de signer les documents scellant leur licenciement et décidé de poursuivre le combat. Il est important de comprendre que les travailleurs qui ne signent pas ces documents peuvent continuer à prétendre à la réintégration et au versement de salaires impayés ainsi que prendre part au scrutin pour désigner le syndicat qui représentera les salariés.

Imelda a indiqué qu’après avoir été licenciée et avoir refusé d’accepter son licenciement elle a  organisé une réunion pour ses collègues, qui ont été rejoints par un représentant national du SNTMMSRM et juriste auprès du syndicat, M. Alzaga, qui a fait part du soutien inconditionnel du syndicat.

“Nous crions au licenciement abusif et exigeons ma réintégration et le versement des salaires impayés. Mes collègues vont me soutenir au travers de tout le processus et je me battrai jusqu’au bout”, a-t-elle dit.

Les travailleurs savent qu’une réunion du conseil du travail est prévue pour le 10 décembre afin de recevoir la demande du syndicat de pouvoir représenter les travailleurs en matière de négociations collectives et pour fixer une date pour le scrutin. Il est clair que l’entreprise a licencié les travailleurs dans une tentative d’intimidation avant le scrutin.

Manuel Prince Durán, représentant syndical à Monclova, Coahuila, a indiqué que le syndicat soutenait les travailleurs de Teksid et ceux-ci souhaitaient un syndicat authentique qui fasse quelque chose pour combattre l’exploitation à laquelle ils sont soumis. Il a déclaré que les travailleurs savaient que si le syndicat des mines obtenait le droit de les représenter, il soutiendrait les travailleurs licenciés au plan juridique et financier au cours de l’ensemble du processus menant au rétablissement de leurs droits.

Travailleurs de TEKSID, unis, nous remporterons la lutte et le scrutin ! a martelé le syndicat.

IndustriALL condamne totalement ces licenciements abusifs et les intimidations par Teksid des travailleurs et exige que les autorités protègent les travailleurs et défendent leurs droits syndicaux.

Le magazine de IndustriALL est sorti!

L’article de fond: “Campagnes, recrutements et victoires” met en vedette certaines  batailles récentes où IndustriALL et ses affiliés se sont trouvés en première ligne. Des syndicats cambodgiens qui se battent pour obtenir une hausse des salaires de misère, au syndicat Autoworkers (UAW) en Amérique qui cherche à syndiquer les travailleurs et travailleuses dans le sud des États-Unis hostile aux syndicats, cet article montre comment les syndicats adoptent une approche stratégique pour obtenir des réussites. 

La campagne de IndustriALL ’Stop Travail Précaire’ a connu cette année la plus forte participation d’affiliés. Le rapport spécial publié dans Global Worker s’intéresse à la façon dont les syndicats ripostent en limitant l’emploi précaire par des accords réalisés en négociant collectivement et par la législation.

Les lecteurs et les lectrices trouveront plusieurs portraits dans ce numéro de Global Worker, l’un sur le combat mené par le syndicat de la construction, la foresterie, les mines et l’énergie (CFMEU) pour défendre des travailleurs australiens et un autre portrait de Alejandra Ancheita, une juriste mexicaine, défenseur des droits de la personne, qui risque sa vie pour lutter avec les travailleurs et travailleuses. Comme cette édition coïncide avec une réunion du Comité exécutif de IndustriALL en Tunisie, l’un des portraits jette un regard sur la façon dont les syndicats tunisiens ouvrent la voie à la stabilité.

Jetez également un coup d’œil sur l’interview de Sharan Burrow par IndustriALL, “Le monde a besoin d’une hausse des salaires”.

Alors que les femmes syndicalistes travaillent dans des domaines traditionnellement dominés par les hommes, un rapport sur les femmes en Amérique latine jette un regard sur la façon dont elles trouvent leur voie dans les structures syndicales, en dépit de la discrimination dont elles font l’objet.

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Vous pouvez également lire Global Worker sur la version en ligne ici: http://www.industriall-union.org/fr/globalworker

Les travailleuses inscrivent des problématiques au sommet de l’ordre du jour d’IndustriALL

La réunion a lieu pendant la campagne des 16 jours de non-violence à l’égard des femmes et des enfants qui a débuté le 25 novembre.

“Si la non-violence doit servir à mesurer le niveau de développement de la société, nous sommes mal,” a dit Christine Olivier, qui est la Présidente du Comité des Femmes d’IndustriALL, en ajoutant que 35% des femmes dans le monde ont fait l’expérience de violences physiques ou sexuelles à leur égard.

“Combattre la violence contre les femmes et la protection de la maternité doit constituer une part naturelle du travail du Comité des Femmes ainsi que de chaque directeur de section industrielle et de bureau régional,” a déclaré le Secrétaire général d’IndustriALL, Jyrki Raina, avant d’ajouter que les préoccupations exprimées par les femmes sont déjà intégrées dans des projets et que le budget qui leur est dévolu a été augmenté.

La proposition du Secrétaire général visant à ce que tous les hommes prêtent serment contre la violence à l’égard des femmes lors du Congrès 2016 d’IndustriALL a été vigoureusement appuyée par le Comité.

En 2014, trois conférences régionales ont proposé d’adopter un quota de 40% de participation des femmes à tous les niveaux de décision d’IndustriALL. Ces trois conférences, en Amérique latine, Asie-Pacifique et Afrique sub-saharienne, ont compté plus de 30% de participation des femmes.

La Secrétaire générale adjointe, Monika Kemperle, a souligné le blocage dans les discussions au niveau européen, où les membres songent à un quota de 20% pour les femmes.

“Les femmes sont sous-représentées en Europe. Nous constatons une baisse de leur représentation,” a-t-elle dit. Il a été rappelé à l’assemblée qu’un accord politique conclu lors du Congrès de fondation d’IndustriALL en 2012 a prévu une amélioration de la représentation des femmes. Actuellement, un tiers du Comité exécutif d’IndustriALL est composé de femmes (20 sur 60).

Le débat s’est ensuite concentré sur l’obtention d’un quota de 40% pour les femmes à tous les niveaux d’IndustriALL. De plus, des progrès ont été accompli par l’élection d’une femme et d’un homme à la coprésidence des sections d’IndustriALL.

“Pourquoi 40%? Nous voulons changer la face de nos secteurs, ce que nous ne pourrons faire qu’avec la présence de femmes. Nos organisations sœurs UITA et UNI ont toutes deux un quota de 40% de femmes,” indique Jyrki Raina.

La réunion a décidé que “Renforcer nos droits, notre sécurité et notre participation aux processus de décision” devrait être le thème de la Conférence mondiale des Femmes 2015 à Vienne, en Autriche.

L’enquête révisée sur la participation des femmes chez les affiliés a été abordée lors de la réunion. L’enquête a été envoyée à trois reprises. Il y a eu 200 réponses sur 700. De manière générale, l’étude a montré qu’IndustriALL compte entre 20 et 30% de femmes parmi les adhérents, suivant les secteurs. Des syndicats de la confection comptent environ 80% de femmes parmi leurs membres alors que certains syndicats des mines n’atteignent même pas 10% de femmes.

Éléments d’Action

La présidente fera rapport au Comité exécutif sur ces points, entre autres.

Le nouveau salaire minimum déclenche des manifestations en Indonésie

Après l’annonce du nouveau salaire minimum pour 2015 en Indonésie, les affiliés d’IndustriALL KSPI et FSPMI revendiquent entre 22 et 30% d’augmentation, suivant la province. Les revendications salariales tiennent compte de l’augmentation du coût de la vie dans le pays ; l’inflation était de 9% en septembre.

Le salaire minimum en Indonésie est fixé par province.

L’association patronale indonésienne a annoncé des hausses de salaire allant selon les provinces de 4 à 10%. Le gouvernement a fixé un objectif allant de 7 à 11%.

Ces annonces ont poussé les travailleurs et travailleuses déçus à manifester partout en Indonésie. Dans la zone industrielle de Bekasi, 50.000 travailleurs et travailleuses ont arrêté le travail et ont défilé sur la toute proche autoroute. La police s’en est prise violemment aux manifestants, blessant grièvement trois personnes. Douze travailleurs ont été arrêtés et maintenus en détention par la police jusqu’au lendemain.

Si les revendications ne sont pas satisfaites, les mobilisations devraient perdurer. Avec une autre fédération (KEP, ISI, SPN et FARKES) l’affilié du KSPI, la FSPMI prévoit une grève nationale les 10 et 11 décembre.

Jyrki Raina, Secrétaire général d’IndustriALL, commente :

Notre organisation internationale soutient les travailleurs et travailleuses en Indonésie qui revendiquent un salaire minimum qui leur permette de vivre.

Création d’un syndicat industriel unique au Chili – un "rêve devient réalité”

Le besoin d’avoir un syndicat capable d’unifier et de recruter les travailleurs et travailleuses des divers secteurs de l’industrie a eu comme résultat la création du syndicat national des travailleurs de la fabrication industrielle, des mines, de la chimie et de l’énergie (Industrial Chile) le 28 novembre. “Cette décision marque la fin d’une étape dans le processus”, a déclaré Miguel Soto, secrétaire général du syndicat, en mettant fin au huitième congrès de l’ancienne Confédération nationale des métallurgistes.

L’édification du nouveau syndicat industriel a pris quatre ans, dans un processus qui a abouti à ce congrès et qui constitue une étape importante et historique dans l’histoire du mouvement syndical chilien. Les délégué(e)s ont discuté des changements à apporter aux structures syndicales et à la procédure des négociations collectives. Des organisations fraternelles ont été invitées à se joindre au débat du fait que cette initiative est un projet de IndustriALL Global Union qui a bénéficié du soutien et de la solidarité du syndicat suédois LO-TCO.

Le travail assumé par CONSTRAMET dans le milieu d’une période de revendications ouvrières et de réformes importantes dans le pays a été salué par le congrès. Bárbara Figueroa, présidente de la CUT, a fait l’éloge des débats et demandé à tous les dirigeants syndicaux présents de participer au développement des politiques du pays. Javiera Blanco, ministre du Travail, a dit qu’en “renforçant la négociation collective, les syndicats amélioreront le milieu de travail, encourageront à mieux comprendre ce qui se passe et assureront la promotion du dialogue social”.

Une délégation du siège de IndustriALL à Genève et du bureau d’Amérique latine en Uruguay a assisté au congrès, sous la direction de Fernando Lopes, secrétaire général adjoint de IndustriALL. Il était accompagné de représentant(e)s de syndicats affiliés en Argentine, au Mexique, en Colombie, au Brésil et en Uruguay, qui ont tous fait l’éloge de la création d’un syndicat industriel, qui permettra de renforcer le combat mené contre l’emploi précaire et les infractions aux droits des travailleurs et travailleuses.

Les délégué(e)s ont examiné les statuts du nouveau syndicat et le projet des organisateurs de chercher à obtenir une reconnaissance officielle sous le nom de ‘Industrial Chile’.

Les délégué(e)s ont approuvé un plan d’action lors d’un débat dans lequel Miguel Soto a insisté sur la nécessité de mettre fin à une situation dans laquelle les salariés d’une même entreprise sont représentés par grand nombre de syndicats. “Nous parviendrons à ce but avec une formation et un syndicat plus fort, qui incorporera les femmes et les syndicats régionaux”.

Les délégué(e)s ont pris la décision d’appliquer le plan qui a fait l’objet d’un accord dans des réunions qui se sont déroulées avant le congrès. Cela inclut la tenue de séminaires régionaux et de réunions dans le nord, le centre et le sud du pays pour élaborer un programme pour chaque région. L’attention devra principalement porter sur l’élaboration d’un programme important de formation qui donnera la priorité à l’UNITÉ et mettra fin à la perception dans la population que les syndicats servent principalement à avantager leurs propres membres.

Dans son discours de clôture du congrès, Horacio Fuentes, président du syndicat, a insisté sur la responsabilité importante des délégué(e)s dans ce processus de renforcement de l’organisation et de lutte contre la fragmentation. “Nous devons être sévères envers nous-mêmes. Nous savons que la création d’un tel syndicat est une tâche complexe, mais nous savons également que c’est possible. Nous devons exercer une plus grande influence dans l’élaboration des politiques nationales et nous voulons que notre syndicat puisse proposer ses propres politiques”.

“Je vous demande instamment de poursuivre la lutte pour la réalisation de cette énorme tâche”, a conclu le président de ‘Industrial Chile’.

Holcim-Lafarge: Pas de fusion sans droits des travailleurs!

La décision a été prise par 75 dirigeants syndicaux de 22 pays représentant les travailleurs et travailleuses de Lafarge et Holcim, les 25 et 26 novembre, lors d’une réunion à Houffalize, Belgique. La réunion était organisée par CSC bâtiment – industrie & énergie (CSC BIE) de Belgique, la Fédération européenne des travailleurs du bâtiment et du bois  (FETBB), l’Internationale des travailleurs du bâtiment et du bois (IBB) et IndustriALL Global Union.

IndustriALL et l’IBB ont pris à la réunion l’engagement de travailler ensemble avec les affiliés dans la campagne de soutien aux revendications des travailleurs et travailleuses.

La fusion devrait permettre l’établissement d’une entreprise de 130.000 salariés et un chiffre d’affaires de 35 milliards d’euros, qui deviendrait la plus grande cimenterie au monde. Les deux entreprises veulent obtenir de la fusion une réduction des coûts et une réorganisation du travail. La réalisation de la fusion devrait intervenir au premier semestre de 2015.

Les syndicats n’ont pas grande confiance sur l’issue de cette fusion qui repose sur une politique industrielle dûment motivée et surtout sur un esprit de cupidité d’entreprise uniquement à la recherche du profit maximum à tout prix avec des effets dramatiques sur les droits et les conditions de travail.

Les travailleurs et travailleuses de Holcim et Lafarge et leurs syndicats ont fait clairement entendre leurs revendications concernant le respect de leurs droits et la reconnaissance des syndicats en tant que partenaires sociaux durant le processus de fusion et par la suite. IndustriALL soutient avec force ces revendications,

a dit Kemal Özkan, secrétaire général adjoint de IndustriALL Global Union.

Il s’agit d’une fusion mondiale par les actionnaires et pour les actionnaires,

estime Ambet Yuson, secrétaire général de l’IBB.

Les droits et intérêt des salariés qui, par leur travail, ont permis aux actionnaires de réaliser un profit, ont été perdus dans les très nombreuses réunions où l’on a parlé de l’impact des deux géants du ciment. C’est une chose importante pour nous qui représentons, en tant que syndicats, les travailleurs et travailleuses de l‘industrie du ciment, que de nous mobiliser pour développer une stratégie concrète et coordonnée qui place les questions propres à la main-d’œuvre au centre de la fusion.

En tant qu’acteur ayant le plus de poids sur le marché après la fusion, Lafarge et Holcim doivent montrer aux autres le bon exemple à suivre. Cela n’est possible que dans la mesure où ils reconnaissent et consultent les salariés en tant qu’interlocuteurs occupant une position égale, tout en donnant des informations réelles sur les structures de l’entreprise et ses activités fondamentales.

D’autres revendications portent sur de bonnes conditions de travail et des salaires décents, tout en observant le principe du “salaire égal pour un même travail” pour le personnel permanent et les personnes employées en sous-traitance. L’externalisation, qui est beaucoup utilisée par les deux entreprises et surtout par Holcim, et qui se traduit par des emplois précaires mal payés et sans sécurité, doit être limitée.

Les syndicats insistent sur une solution sociale juste pour les travailleurs et travailleuses des entreprises qui seront vendues pendant et après la fusion. La future entreprise ne doit pas seulement reprendre l’accord-cadre mondial signé par Lafarge, mais l’ajuster à la nouvelle situation. Un comité d’entreprise mondial avec des organes régionaux consultatifs sur chaque continent doit être créé de toute urgence afin d’établir un bon dialogue social.

À la conférence, Pierre Cuppens (CSC BIE et vice-président de l’IBB) a été très clair: 

Nous promettons de suivre ce processus de fusion avec attention; nous ne laisserons pas tomber les travailleurs et travailleuses. Le prix offert n’est pas le seul élément important, il y a aussi la sécurité de l’emploi et le respect des conventions collectives du travail actuellement en vigueur.