Un million de travailleurs en grève dans toute l’Indonésie

Cette journée d’action fait suite aux manifestations de la semaine précédente au niveau desquelles les syndicats réagissaient à la fixation du nouveau salaire minimum pour 2015. En Indonésie, le salaire minimum est fixé par province.

Le 10 décembre, trois centrales syndicales du pays, KSPI, KSBSI et KSPSI, ont organisé une grève nationale impliquant environ un million d’adhérents dans les grandes villes du pays. Dans la seule ville de Jakarta, environ 50.000 travailleurs et travailleuses ont manifesté dans les rues.

Les syndicats sont opposés à la hausse des prix des carburants imposée par le Président. Cette augmentation signifie dans les faits que les travailleurs vont perdre 50% de leur pouvoir d’achat.

Les syndicats appellent instamment les Gouverneurs de toutes les provinces à porter le salaire minimum à USD 272,70 et à faire passer le nombre de services et produits entrant dans le calcul du coût de la vie de 60 à 84.

Un accord a été conclu sur une réforme des pensions qui doit entrer en vigueur le 1er juillet 2015, mais sa mise en œuvre soulève de plus en plus d’inquiétude.

Said Iqbal, président de la centrale syndicale KSPI, indique :

“La loi existe déjà, ce qu’il faut, c’est que gouvernement prenne un décret pour sa mise en œuvre. Une fois d’application, 44 millions de travailleurs et travailleuses bénéficieront de ce système de pension.”

Une assurance de soins de santé universelle sensée s’appliquer à tous les citoyens d’Indonésie à partir de janvier 2014 laisse toujours plus de 10 millions d'entre eux sans couverture médicale. Les syndicats revendiquent l’application de ce niveau d’assurance santé à l’ensemble de la population pour le 1er janvier 2015.

Les syndicats en grève exigent également l’arrêt de l’externalisation, qui se répand rapidement en Indonésie.

Said Iqbal déclare :

Nous voulons voir 16 millions d’emplois intérimaires convertis en emplois directs. Et si le gouvernement appliquait la loi scrupuleusement, c’est ce qui devrait se passer.

Le 11 décembre dernier, les centrales ont rencontré les membres de la Chambre des Représentants pour leur présenter leurs cinq revendications. Rusli, porte-parole de la FSPMI (Fédération des Métallurgistes indonésiens), affiliée à IndustriALL, déclare :

"Nous allons voir comment le gouvernement réagit aux revendications que nous avons soulevées lors des rassemblements. S’il n’y répond pas, nous allons organiser une grève nationale.”

Unité syndicale

Lors de la réunion du Conseil national indonésien des affiliés d’IndustriALL, convoquée ces 11 et 12 décembre pour débattre de la mise en place de l’unité syndicale, un soutien a été exprimé pour les syndicats impliqués dans les luttes.

Les affiliés d’IndustriALL en Indonésie sont pour l’instant en train de travailler ensemble sur un modèle de convention collective ainsi que sur une campagne à haute visibilité en faveur d’un congé de maternité de 14 semaines pour l’ensemble des travailleuses indonésiennes.

Les travailleurs de IAM stoïques malgré 10 semaines de grève

130 travailleurs membres de IAM et de l'Union internationale des employés des services (SEIU) sont en grève depuis le 29 septembre après avoir rejeté des propositions outrancières de l'entreprise en matière de santé et de pensions.

RHI Monofrax veut leur faire payer 4.550 $US de plus par an pour un programme de santé qui leur donnera moins de couverture qu'auparavant.

Elle veut aussi geler le régime de retraite à prestations déterminées pour le remplacer par un Plan 401K standard de retraite par capitalisation beaucoup moins intéressant pour eux.

"Les enjeux sont très élevés; les propositions qu'ont leur a faites sont, au mieux, draconiennes et la direction ne veut rien céder. Cela semble être l'étincelle qui a soudé et renforcé nos membres," déclare John Carr, de IAM.

"Nos membres ne se laissent pas abattre, ils sont déterminés", ajoute John Carr. "Cependant, même avec les dons et le soutien qu'ils reçoivent de IAM et de la communauté des travailleurs, c'est très dur."

L'usine RHI Monofrax de Falconer, dans l'État de New York, fabrique des produits réfractaires utilisés dans la vitrification des déchets nucléaires.

Elle fait partie de la multinationale autrichienne RHI, qui emploie plus de 8.000 personnes dans 33 sites répartis dans le monde.

RHI Monofrax a réagi à la grève par d'autres propositions encore pires que celles qui ont conduit les travailleurs à débrayer, déclare IAM.

On trouve aussi dans le texte beaucoup de changements qui auraient une incidence négative pour l'unité de négociation, comme celles relatives au règlement du personnel et à la discipline, et une politique en matière de drogue et d'alcool qui imposerait de divulguer les besoins médicamenteux de chaque salarié.

"C'est un autre exemple flagrant d'un comportement scandaleux envers des travailleurs américains d'une entreprise à capitaux étrangers qui ne pourrait pas agir ainsi dans son pays d'origine," dénonce la Vice-présidente générale des Territoires de l'Est de IAM, Lynn Tucker. "Nos membres tiennent bon et méritent le soutien et la gratitude de tous les syndicalistes pour le combat qu'ils livrent contre la cupidité des entreprises dans ce qu'elle a de pire."

Dans un message de solidarité envoyé au Président international de IAM, Thomas Buffenbarger, le Secrétaire général d'IndustriALL, Jyrki Raina, a écrit :

"Cette entreprise empiète gravement sur les droits des travailleurs sous l'argument fallacieux de la nécessité de rester compétitive. En outre, ses propositions auraient aussi un impact négatif pour l'unité de négociation."

"IndustriALL Global Union exige que RHI Monofrax renonce à son intransigeance et renoue le dialogue avec les membres de IAM pour négocier de bonne foi un accord équitable sur les programmes de santé et de pension, dans des conditions et avec des prestations décentes et largement méritées par les travailleurs et leurs familles."

Un meurtre expose le sexisme qui sévit dans les mines sud-africaines

Âgée de 27 ans, Mosaine était employée à la mine depuis trois mois, quand le 6 février 2012,  elle a été brutalement agressée alors qu’elle travaillait seule dans une zone isolée. Un autre collègue l’a trouvée plus tard encore en vie, gisant dans une mare de sang, un préservatif jeté près d’elle. Elle est morte peu après.

Le porte-parole national par intérim du NUM, Livhuwani Mammburu, a déclaré:

“Femme vulnérable et mineur de fond, elle risquait sa vie pour subvenir aux besoins de sa famille et faisait face sous terre à toutes sortes de dangers pour sa sécurité. La nouvelle de sa mort prématurée et de la brutalité de son meurtre est difficilement supportable pour NUM et ses membres. Nous espérons qu’après sa fin brutale, Anglo American Platinum a pris des mesures pour améliorer la sécurité des travailleuses employées en milieu souterrain, afin de ne pas dissuader les femmes de rechercher un emploi de mineur.”

Peu de temps après la mort de Mosaine, le porte-parole de la Chambre des Mines, Jabu Maphalala,  aurait dit: “La Chambre traite des questions de sécurité telles que les chutes de pierre, la poussière et le bruit, et n’est pas chargée des questions de sécurité relatives aux rapports hommes-femmes”.

Ceci est inacceptable étant donné que la Charte des Mines établit que les femmes doivent constituer 13 pour cent de la main-d’œuvre des entreprises minières; pourtant les mines n’ont le plus souvent fait aucun effort suffisant pour s’adapter à cette situation et intégrer les travailleuses employées en tenant compte de leur sécurité.

Anglo Platinum a brillé par son absence lors du verdict. L’entreprise avait décidé de mener sa propre enquête, dont les conclusions n’ont pas été communiquées, et d’améliorer la sécurité des femmes travaillant dans ses mines, sans être clair sur la façon d’y parvenir. Il faut signaler que la mine employait à l’époque 3.815 travailleurs dont 262 femmes.

Mosaine n’a pas été la seule victime de violences sexistes avec une issue fatale dans les mines d’Afrique du Sud. Cynthia Setuke a été agressée et assassinée le 9 octobre 2013 dans le puits d’accès de la mine de platine Aquarius Kwezi à Rustenburg. Sa sœur Ceciliah Setuke relie le manque d’action après le meurtre de Mosaine à l’agression contre sa sœur, et demande combien de meurtres devront avoir lieu avant de prendre en compte les conditions de travail des femmes employées en milieu souterrain.

Setuke dit:

“Cynthia était membre du syndicat national des mineurs. Je comprends que les syndicats se battent pour que les femmes profitent d’une égalité dans des métiers où les hommes détenaient auparavant une position prédominante. C’est bien, nous sommes toutes contentes que les femmes puissent venir travailler comme mineurs, mais cela doit-il ouvrir les portes à de nouveaux sévices et humiliations pour les femmes? Est-ce que les syndicats se battent pour cela? Je comprends que les femmes doivent pouvoir travailler partout et sans aucune crainte”.

NUM a approuvé le jugement final pour le meurtre horrible de Pinky Mosiane et dit que le verdict allait rendre justice à sa famille, à ses proches et ses ami(e)s et clore ce chapitre douloureux de leur existence. Sanki Molefe, une femme mineur et présidente de la structure féminine NUM à Rustenburg a dit: "Le jugement en lui-même ne rendra pas la vie à Pinky Mosiane. Mais nous sommes heureuses que justice a finalement été rendue."

Elle ajoute:

“Après le meurtre de Pinky, le ministère des Ressources minérales a publié une directive selon laquelle les femmes ne doivent pas être laissées travailler seules dans une zone souterraine isolée, mais quand une autre femme a été assassinée chez Aquarius, la mine a assuré ne pas en avoir eu connaissance. La directive doit être appliquée dans toutes les mines, et des mesures doivent être appliquées pour assurer la sécurité des femmes travaillant en milieu souterrain.”

La justice pour Mosaine a été trop lente pour sauver une autre victime. Malgré un nombre réduit de suspects, qui se limitait aux personnes travaillant sous terre au moment de l’agression contre Mosaine, cela a pris 20 mois avant l’arrestation de Tutu Rooi Oliphant, un travailleur contractuel chez Anglo Platinum. Oliphant a été arrêté alors qu’il purgeait une peine de 25 ans de prison pour le viol d’un enfant de 5 ans, une agression qui eut lieu après le viol et le meurtre de Mosaine.

Le géant suisse de la chaussure doit assumer la responsabilité de son fournisseur sri-lankais

Douze mois plus tard, 100 d’entre eux maintiennent la mobilisation pour revendiquer leur réintégration avec le soutien de leur syndicat, le FTZ&GSEU, un affilié d’IndustriALL.

L’enseigne mondiale Bata, dont le siège est en Suisse, était le principal client de l’usine Palla au moment des licenciements massifs et mesures anti-syndicales.

La Campagne Clean Clothes (CCC) et IndustriALL appellent Bata à agir au sujet de cette grave violation de droits commise par leur fournisseur.

En contradiction avec son code de conduite, Bata s’est complètement retiré de Palla à la fin de 2013. Une mesure appropriée aurait été de s’assurer que l’usine réintègre les travailleurs et travailleuses licenciés, reconnaisse le syndicat et verse les augmentations de salaires qui étaient dues.

Au strict minimum, Bata doit s’assurer que les travailleurs licenciés perçoivent des indemnités de rupture adéquates et soient retirés de la liste noire d’agitateurs syndicaux. En les plaçant sur liste noire, Palla a rendu impossible pour ces travailleurs la recherche d’un autre emploi.

Le président du FTZ&GSEU, Anton Marcus, qui est également membre du Comité exécutif d’IndustriALL, déclare :

“Ces travailleurs et travailleuses assuraient la production pour Bata et l’entreprise n’assume pas sa responsabilité. C’est pourquoi IndustriALL et la Campagne Clean Clothes ont lancé cette campagne publique. Nous espérons que Bata va changer de position sans plus tergiverser.”

La Secrétaire générale adjoint d’IndustriALL, Monika Kemperle, ajoute :

“S’il vous plaît, Bata, prenez vos responsabilités. Saisissez cette opportunité de remettre les choses à leur place de sorte à ce que ces travailleurs et travailleuses reçoivent une indemnité et puissent retrouver leur emploi.”

Pour les dernières informations sur cette lutte, regardez l’entretien avec Anton Marcus.

Suivez IndustriALL sur les médias sociaux la semaine prochaine pour vous joindre à l’appel pour que Bata intervienne dans cette affaire.

Contexte de ces violations de droits : http://www.industriall-union.org/industriall-and-ccc-denounce-palla-shoemaker-in-sri-lanka

Les politiques du marché du travail sont des facteurs-clés pour l’augmentation des salaires, selon un rapport de l’OIT

Dans sa présentation du rapport mondial sur les salaires 2014/15 de l’OIT, le directeur général de l’organisation, Guy Ryder, dit:

“Dans beaucoup de pays, la répartition des salaires et de l’emploi salarié a été un facteur-clé des tendances récentes d’une inégalité. Cela explique l’importance des institutions et des politiques du marché du travail – notamment dans les domaines du salaire minimum et de la négociation collective– qui ont un effet sur la répartition des revenus.”

La croissance des salaires dans les pays développés s’est ralentie jusqu’à presque zéro, et est même négative dans certains pays. Selon le rapport, la croissance moyenne des salaires dans les pays développés fluctue autour de 1 pour cent par an depuis 2006 pour ensuite ralentir davantage en 2012 et 2013 jusqu’à seulement 0,1 et 0,2 pour cent respectivement.

“La stagnation des salaires doit être traitée en tant que problème de justice et de croissance économique,” a dit Sandra Polaski, directrice générale adjointe de la politique de l’OIT. “Et comme l’inégalité dans son ensemble est causée le plus souvent par une inégalité salariale, des politiques du marché du travail sont nécessaires pour en venir à bout.”

Cependant, les salaires dans les pays développés sont en moyenne trois fois plus élevés que dans le groupe de pays en émergence et en développement.

Dans les pays en développement, le rapport révèle de très grandes différences selon les régions.

En 2013, les salaires ont augmenté de 6,0 pour cent en Asie et de 5,8 pour cent en Europe orientale et en Asie centrale, mais seulement de 0,8 pour cent en Amérique latine et dans les Caraïbes.

Au Moyen-Orient, les salaires paraissent avoir progressé de 3,9 pour cent, mais seulement de 0,9 pour cent en Afrique; toutefois les données dans ces régions restent incomplètes.

Le rapport dit également que dans une majorité de pays où les inégalités se sont accrues, comme aux États-Unis ou en Espagne, des changements dans les salaires et l’emploi ont été la force dominante.

Les écarts salariaux entre différents groupes de travailleurs comme les femmes, les migrants et les personnes employées dans l’économie informelle ont également contribué à l’inégalité générale.

L’écart entre les salaires et la productivité s’est également creusé, notamment dans les pays développés, ce qui signifie que la valeur des marchandises a augmenté, ce qui ne va pas de pair avec des salaires plus élevés.

“Cette tendance signifie que les travailleurs et travailleuses et leurs familles obtiennent une part plus réduite de la croissance économique, alors que les propriétaires du capital en profitent le plus,” dit l’OIT.

“Tandis que les mécanismes de redistribution fiscale, notamment les taxes et les politiques de protection sociale sont également part de la solution, ils ne peuvent pas se charger du fardeau des inégalités. Une stratégie globale inclura des politiques de salaire minimum, le renforcement de la négociation collective, l’élimination de la discrimination contre les groupes vulnérables, ainsi que des politiques de taxation progressive et des systèmes adéquates de protection sociale,” a dit Polaski.

Jyrki Raina, secrétaire général de IndustriALL Global Union, a dit:

“Nous soutenons les conclusions du rapport, qui vont dans le sens de nos actions pour obtenir un salaire minimum vital par un recours à la fois à des campagnes nationales globales sur un salaire minimum et à une négociation collective robuste au niveau de l’industrie."

Les travailleurs irakiens réclament dans la rue leurs salaires impayés

Les manifestants sont employés par des entreprises étatisées qui sont auto-financées. Cela signifie que leurs salaires ne sont pas garantis par le gouvernement dans le cas où ces entreprises rencontrent des difficultés financières.

Les protestataires, parmi lesquels un grand nombre sont membres des syndicats affiliés à IndustriALL, veulent que leurs salaires soient versés au départ du Budget général et non pas via le système d’auto-financement.

Le Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, Kemal Özkan, déclare :

Nous appelons le gouvernement irakien à rencontrer les revendications légitimes de ses travailleurs et à verser immédiatement les salaires en souffrance. La conversion de compagnies étatisées en entreprises auto-financées met en péril la sécurité d’existence des travailleurs et les laissent à la merci de mauvaises gestions.

Parmi les revendications des travailleurs, on retrouve :

Hashmeya Muhsin al-Saadawi, président du Syndicat général des Ouvriers et Techniciens de l’Électricité d’Irak, par ailleurs membre du Comité exécutif d’IndustriALL, déclare :

“L’Irak fait face à des circonstances exceptionnelles, étant confronté à une guerre sans merci contre le terrorisme, ainsi qu’à une bataille à livrer contre la corruption qui se répand dans l’ensemble de l’économie. Pour venir à bout de cette situation compliquée, il faut sécuriser les emplois dans tous les secteurs et les travailleurs et travailleuses doivent être protégés par des législations du travail et syndicales équitables.”

Succès de la campagne mondiale : la Turquie ratifie la C176 de l’OIT

Cette Convention elle-même a été rédigée par une organisation à l’origine d’IndustriALL et adoptée par l’Organisation internationale du Travail (OIT) en juin 1995. Les affiliés d’IndustriALL du secteur minier partout dans le monde, et en particulier le CFMEU, la NUM, l’USW, ROSUGLEPROF et IG BCE, ont longuement mené campagne aux côtés des syndicats turcs et fait pression sur le gouvernement turc pour qu’il ratifie la C176.

Ces syndicats ont conduit une mission de solidarité à Soma un mois après l’homicide industriel de 301 mineurs le 13 mai dernier. Cette délégation s’était engagée à mettre un coup d’accélérateur à la campagne pour la ratification de la C176 par la Turquie, étant déterminée à honorer ainsi la mémoire des mineurs tués.

L’accident évitable de Soma a été suivi de 18 décès supplémentaires à la mine de charbon de Has Sekerler, près d’Ermenek, en octobre. IndustriALL avait réagi à cette catastrophe en écrivant individuellement à l’ensemble des 535 membres du Parlement de Turquie les 29 et 30 octobre pour exiger d’eux la ratification de la C176.

En parallèle à une série de dispositions pratiques vitales, dont des prescriptions sur les inspections, les enquêtes et rapports après accident, la formation, la prévention des risques et le droit pour les travailleurs de se soustraire au danger, la C176 exige l’implication des travailleurs dans le processus de décision concernant la santé et la sécurité.

La Convention 176 établit de manière fondamentale que “les travailleurs ont (le droit) d’être informés, formés et consultés de manière effective, ainsi que de participer à la préparation et la mise en œuvre de mesures relatives à la sécurité et à la santé au sujet des dangers et des risques auxquels ils sont exposés dans l’industrie minière.”

Le Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, Kemal Özkan, souligne cette importante victoire mais insiste pour dire que la campagne pour la sécurité des mines en Turquie est loin d’être terminée :

La ratification par la Turquie de la Convention 176 de l’OIT est le premier pas en direction de la remise en ordre d’un mode de fonctionnement des entreprises qui tue des mineurs pour le profit de quelques-uns. Maintenant que nous avons obtenu la ratification, nos efforts vont se porter sur la mise en œuvre de cette importante convention, de sorte à ce que l’industrie minière turque soit mise à niveau par rapport aux normes internationales. Fondamentalement, nous sommes convaincus que plus fort est le syndicat, plus sûre est la mine et nous exigerons toujours des propriétaires d’exploitations minières le respect de leurs partenaires syndicaux.

En septembre, le Parlement de Turquie a adopté un projet de loi qui apporte de nouveaux droits pour les mineurs à propos du temps de travail, des primes de licenciement, de l’âge de la retraite et des salaires. Cependant, nombre d’employeurs ont fait peser le coût de ces changements sur les travailleurs.

Plus de 3.000 personnes ont été tuées et plus de 100.000 blessées de 1941 à nos jours dans le cadre d’accidents miniers en Turquie. Le pays compte 740 charbonnages et 48.706 mineurs.

La Turquie est le 30e pays à ratifier la C176.

Journée d’action Glencore

Un réseau mondial Glencore a été mis en place en novembre lors d’une réunion du secteur minier de IndustriALL Global Union à Sao Paolo. Armé d’un plan d’action précis, le réseau soutient les activités prévues par l’affilié United Steelworkers (USW) pour la Journée des investisseurs de Glencore le 10 décembre. La journée coïncide ironiquement avec la Journée international des droits de l’homme.

Les travailleurs et travailleuses membres de l’USW sur le site de Glencore's Sherwin Alumina au Texas ont été lock-outés pour avoir refusé d’accepter un contrat inférieur aux normes qui retirerait aux retraités le droit aux soins de santé.

Le directeur des mines de IndustriALL, Glen Mpufane, dit que le soutien solidaire à une action de l’USW a marqué le début d’une campagne mondiale de IndustriALL contre Glencore:

“Nous sommes particulièrement alarmés des questions de sécurité. Aux États-Unis, l’usine Sherwin Alumina a déjà eu un taux de blessures double de la moyenne nationale, et elle emploie maintenant du personnel de remplacement inexpérimenté dans ses installations. C’est une décision imprudente qui pourrait avoir des conséquences catastrophiques pour la main-d’œuvre.

“Nous demandons à Glencore de résoudre les conflits de travail et de communauté qui s’étendent dans le monde, notamment en Afrique, en Asie, en Australie, en Amérique latine et en Amérique du Nord.”

Montrez votre soutien – une délégation de l’USW représentant 450 mineurs lock-outés au Texas protestera devant le siège de la multinationale minière Glencore (50 Berkeley St, Londres) à Londres le 10 décembre à 12 heures.

Aux Philippines, les syndicats du ciment se préparent pour la fusion Holcim-Lafarge

Dans une réunion tenue le 4 décembre à Bulacan, les syndicalistes des cimenteries ont échangé leurs vues sur l’impact de la fusion de Holcim et de Lafarge sur les travailleurs et travailleuses, ainsi que sur la menace d’une scission d’actifs de Lafarge aux Philippines.
Comme la fusion aura lieu en 2015, les dirigeants syndicaux ont décidé d’organiser une conférence nationale sur le ciment en février. Elle fait suite au plan stratégique d’action visant à s’assurer que les salariés des cimenteries figureront en tête de l’ordre du jour pour la réorganisation mondiale de l’entreprise.

“Les Philippines seront le pays le plus touché par cette fusion et par les scissions d’actifs de Lafarge, et nous voulons nous assurer qu’il n’y aura pas de répercussions sur l’emploi dans ce processus. Nous demandons de faire entendre notre voix et que nos droits soient respectés,” a dit Macario B. Noble, Jr., président de PCWC.

À la conférence syndicale mondiale de Holcim-Lafarge à Houffalize, Belgique, qui eut lieu les 25 et 26 novembre, Noble a insisté pour que des mesures appropriées concernent notamment l’établissement de réseau, le renforcement des capacités, le respect et l’application des accords mondiaux destinés à assurer la sécurité de l’emploi, et le maintien des conventions collective en vigueur au niveau local.  

Pour assurer une participation ouvrière au processus de fusion et au-delà, un conseil syndical mondial a été fondé avec les fédérations syndicales internationales de l’Internationale des travailleurs du bâtiment et du bois (IBB) et de la Fédération européenne des travailleurs du bâtiment et du bois (FETBB).  

Le directeur de l’ingénierie mécanique et des industries de matériaux de IndustriALL, Matthias Hartwich, dit:

Il est impératif que la direction de Holcim et Lafarge engage dès maintenant des pourparlers avec les syndicats sur les conséquences possibles dans les domaines des droits du travail et des conditions de travail. Il est inacceptable que la direction promette de parler aux travailleurs et travailleuses après que les décisions ont été prises.

Comité exécutif d’IndustriALL à Tunis

L’Union Générale Tunisienne du Travail (UGTT) et ses syndicats affiliés, dont les membres d’IndustriALL du pays, ont joué un rôle crucial dans l’élaboration de la nouvelle constitution.

Houcine Abassi, Secrétaire général de l’UGTT, a accueilli le Comité exécutif à Tunis et promis de protéger les acquis des travailleurs :

“Les travailleurs et travailleuses sont fondamentaux dans la quête d’une Tunisie démocratique. La présence d’IndustriALL dans le pays envoie un message fort de soutien à nos syndicats et à leur travail.”

Ahmed Anmar, Ministre tunisien des Affaires sociales, a pris l’engagement du dialogue social avec les syndicats et déclaré :

“Le peuple tunisien a montré sa maturité et c’est à lui que nous devons ces derniers pas en avant vers la démocratie.”

Les deux journées ont permis d’entendre les rapports et de tenir les discussions sur le travail permanent d’IndustriALL au niveau de la mise en place d’une puissance syndicale et de la syndicalisation, de la lutte pour les droits syndicaux et de la campagne pour un salaire vital. L’organisation élargit ses frontières : des nouveaux affiliés en provenance, entre autres, de Mauritanie et du Myanmar portent le total des pays où IndustriALL est représentée à 143.

Adoption de quatre résolutions de solidarité

Le Comité exécutif d’IndustriALL a adopté une résolution soutenant les revendications de la FNTE (Fédération nationale des Travailleurs de l’Énergie) faites auprès du gouvernement du Maroc de maintenir l’électricité dans le pays en tant que service public ainsi que de préserver les emplois, les acquis et les droits de tous les travailleurs et travailleuses de l’électricité.

150 membres d’IG Metall sont en grève depuis le 4 décembre et occupent les locaux de l’équipementier automobile ThyssenKrupp à Esslingen en Allemagne. Ces salariés exigent que l’entreprise annule son plan visant à fermer le site avant Noël. Le Comité exécutif a adopté une résolution en soutien des grévistes pour maintenir le site ouvert.

IndustriALL et ses affiliés chez ThyssenKrupp sont à un stade avancé de négociation avec l’entreprise pour la signature d’un Accord Cadre Mondial. IG Metall et IndustriALL n’entendent pas arrêter ce processus.

Les syndicats belges sont unis dans une série d’action de grèves réparties sur le mois. Ces grèves tournantes s’opposent aux mesures d’austérité du gouvernement de droite. Une importante unité entre les deux principales centrales, la FGTB (Fédération générale du Travail de Belgique) et la CSC (Confédération des Syndicats chrétiens), rend ces grèves d’autant plus fortes et significatives.

Depuis septembre 2014 et l’arrivée au pouvoir d’une coalition comprenant la N-VA (Nouvelle Alliance flamande) et le MR (Mouvement réformateur), un programme d’austérité sauvage a été déployé par le Premier Ministre Michel, qui est ouvertement hostile aux travailleurs.

Le Comité exécutif d’IndustriALL a adopté une résolution pour assurer de son soutien et de sa solidarité les Camarades belges dans cette période de confrontation et exiger de la coalition gouvernementale du Premier Ministre Michel qu’elle consulte les syndicats sur les graves modifications de dépenses sociales.

L’Exécutif d’IndustriALL a également pris position contre l’amiante et a pris la résolution de collaborer avec l’IBB, la CSI et des groupes de soutien sur l’amiante ainsi que d’autres groupements de la société civile pour apporter son appui à la campagne pour que l’amiante chrysotile soit porté sur la liste de la Convention de Rotterdam en mai 2015, ainsi qu’a la campagne générale contre l’industrie de l’amiante.