Les syndicats malais et indonésiens poursuivent la lutte contre l’emploi précaire

En Indonésie, les trois centrales syndicales nationales, KSPI, KSBSI et KSPSI, ont mobilisé le 10 décembre un million de travailleurs et travailleuses contre, notamment, le recours à l’emploi précaire dans des entreprises d’État.

Malgré une recommandation adoptée en octobre 2013 par le Parlement indonésien pour ‘mettre fin à l’externalisation’ dans les entreprises d’État, l’emploi massif d’une main-d’œuvre externalisée se poursuit encore dans des entreprises publiques.

Le mouvement commun des travailleurs des entreprises d’État dirigé par les syndicats (GEBER BUMN) est actuellement le fer de lance d’une campagne pour interdire l’externalisation dans le secteur public et pour changer la situation d’emploi d’environ 280.000 travailleurs et travailleuses externalisés.

Plusieurs affiliés indonésiens de IndustriALL participent à cette campagne, parmi lesquels les syndicats de métallurgistes FSPMI et Lomenik; les syndicats de l’énergie FPE et KEP; et le syndicat de mineurs CEMWU.

Ils mobilisent et recrutent dans le secteur public les travailleurs et travailleuses précaires dans des entreprises comme PLN dans l’électricité et Pertamina dans le pétrole et le gaz.

Les affiliés ont réaffirmé leur détermination à poursuivre cette campagne à la réunion d’unité nationale de IndustriALL à Jakarta. Ils continueront, dans le même temps, à lutter contre l’emploi précaire dans des entreprises du secteur privé.

Il a été signalé qu’en Indonésie,  les personnes employées sous contrat et externalisées dans les industries de la confection, du textile et de la chaussure peuvent représenter 65% de la main-d’œuvre, et 60,7 % dans les industries de la métallurgie et de l’électronique. Les syndicats se heurtent à une résistance patronale pour l’application du décret adopté en novembre 2012 par le ministère de la Main-d’œuvre qui établit que les entreprises du secteur privé peuvent utiliser une main-d’œuvre fournie par des agences de placement dans seulement cinq catégories d’emplois: sécurité, nettoyage, restauration, services complémentaires dans la métallurgie, et transport.

En Malaisie, la lutte contre l’emploi précaire est liée étroitement à la question du personnel migrant. Les entreprises du pays se servent de sociétés d’intérim pour attirer une main-d’œuvre bon marché de pays tels que le Népal et Myanmar, et pour les employer indirectement avec des contrats é durée déterminée.

Le Congrès des syndicats malais (MTUC), soutenu par IndustriALL, a été très virulent dans la lutte contre l’externalisation en Malaisie. Grâce à son mouvement de protestation actuellement en cours, le gouvernement a été obligé de limiter l’emploi d’une main-d’œuvre externalisée dans le secteur agricole.

Une certaine confusion, maintenue par le patronat, entoure encore cette législation. Lors de la réunion d’unité nationale à Kuala Lumpur, les affiliés ont signalé que l’emploi d’une main-d’œuvre locale et migrante externalisée est encore un problème général en Malaisie. Les affiliés ont établi un plan d’action pour syndiquer les travailleurs et travailleuses précaires, notamment les migrants, malgré les problèmes que cela entraîne.

Les migrants ont souvent peur de participer à des activités syndicales et sont systématiquement menacés d’être renvoyés dans leurs pays. Malgré ces menaces, les affiliés de IndustriALL ont signalé que des migrants employés avec des contrats à durée déterminée ont commencé à élaborer une stratégie visant à surmonter les obstacles imposés par leurs employeurs, en participant à des votes à bulletin secret dans des entreprises de fabrication industrielle.

IndustriALL continuera de soutenir ses affiliés dans les deux pays pour faire appliquer la législation actuellement en vigueur et assurer la mise en place de contrôles efficaces sur l’emploi d’une main-d’œuvre précaire.

Le conflit du travail chez ThyssenKrupp en Italie est résolu

Dans le cadre d’un scrutin réparti sur trois jours du 15 au 17 décembre, les travailleurs et travailleuses d’AST ont voté par une majorité de 80% en faveur de l’accord négocié entre leurs représentants syndicaux et la direction de l’entreprise.

Les extraordinaires mobilisations et la série de protestations menées par les travailleurs et travailleuses d’AST et leurs syndicats, les affiliés d’IndustriALL FIM-CISL, FIOM-CGIL et UILM, ont joué un rôle déterminant dans la résolution du conflit.

La grève de 40 jours menée par les travailleurs et travailleuses d’AST a eu un impact énorme sur les négociations et a fait que l’entreprise a revu ses plans visant à considérablement réduire la production d’acier inoxydable au sein de son site de production de Terni, où 2.398 personnes sont occupées.

Ce plan aurait mené à la mise à l’arrêt d’un des deux hauts fourneaux et au moins 575 travailleurs et travailleuses auraient pu se retrouver sans emploi et bien d’autres encore touchés indirectement.

Dans le cadre de l’accord, l’entreprise maintiendra les deux hauts fourneaux en activité pendant au moins quatre ans avec la garantie de maintenir le volume de production actuel d’un million de tonnes par an. L’entreprise prévoit également des investissements substantiels dans son usine AST.

Bien que certains membres du personnel partiront sur base strictement volontaire, la clause fondamentale concernant la sauvegarde des emplois a été conclue dans l’intérêt des travailleurs et travailleuses.

Les syndicats poursuivent les négociations au nom des travailleurs et travailleuses employés par des entreprises tierces.

Fernando Lopes, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL a fait l’éloge des résultats obtenus par les travailleurs et travailleuses d’AST : “Nous rendons hommage à la détermination et au militantisme de nos camarades italiens. Cette victoire est une nouvelle preuve que l’unité et la détermination sont les composantes les plus importantes de notre force et de nos victoires syndicales."

Le détaillant allemand KiK attaqué par les familles des victimes de l'incendie

Les proches de cinq travailleurs qui ont péri dans l'incendie de Ali Enterprises, à Baldia Town, dans la banlieue de Karachi, ont fait assigner par un avocat allemand la plus grande chaîne "discount" de produits textiles d'Allemagne. KiK était le seul client connu de l'entreprise.

En janvier 2013, KiK a signé avec l'Institut pakistanais d'éducation et de recherche sur le travail un accord d'indemnisation prévoyant un premier versement de 1 million $US aux victimes, mais l'entreprise n'a cessé de différer le paiement sous des prétextes divers.

KiK prétend s'assurer du respect de la législation du travail et des normes de sécurité par ses fournisseurs. Or, d'après les informations qui ont circulé, les portes de l'usine Ali Enterprises étaient verrouillées et les fenêtres munies de barreaux, privant les victimes de toute possibilité de s'échapper.

Lors d'un rassemblement organisé le 14 décembre à Karachi par notre affiliée, la Fondation syndicale nationale (NTUF), et par l'Association des victimes de l'incendie de l'usine de Baldia, les orateurs ont exhorté KiK à verser les indemnités suivant les normes de l'Organisation internationale du travail (OIT).

Les organisateurs ont également demandé que le Premier ministre pakistanais, Nawaz Sharif, honore la promesse qu'il avait faite avant les élections d'indemniser les familles des victimes.

S'adressant aux manifestants, parmi lesquels figuraient les enfants des victimes, le Secrétaire général adjoint de la NTUF, Nasir Mansoor, a déclaré que la sécurité dans les ateliers de confection du Pakistan ne s'est pas améliorée malgré la tragédie de Baldia :

"Nos usines et industries restent des ateliers de misère et lieux de torture pour les travailleurs et, par conséquent, les accidents du travail se multiplient. Parce que l'inspection du travail est inopérante, les mesures de santé et de sécurité sont pratiquement inexistantes dans les usines. Les chefs d'industrie locaux et leurs entreprises multinationales croient qu'ils ont le droit de violer la législation nationale et les normes internationales du travail. Ils privent les travailleurs du droit de créer leurs propres syndicats et gagnent énormément d'argent en faisant fabriquer par une main-d’œuvre bon marché des produits de qualité qu'ils écoulent sur les marchés américain et européen avec des marges bénéficiaires énormes."

Les participants à la manifestation ont demandé que KiK verse 500.000 roupies (5.000 $) par famille au titre de secours d'urgence et les indemnise totalement, sans délai, dans le respect des normes de l'OIT.

Les manifestants demandaient aussi que l'indemnité de 300.000 roupies (3.000 $) promise par le Premier ministre Sharif, alors qu'il était dans l'opposition, soit elle aussi versée immédiatement, sinon une grève de la faim collective sera entamée en janvier.

Amère déception aux pourparlers de Lima sur le climat

Il est évident que personne ne s’attendait à ce que la COP20 à Lima soit en mesure de négocier un accord, mais elle aurait pu définir les grandes lignes d’un accord à parachever dans un an à Paris à la COP21. Ce que le monde a obtenu n’est qu’un cadre très faible avec de nombreux blancs à remplir pour avoir quelque chose de concret à signer l’année prochaine à Paris.

L’écart entre les pays développés et les pays en développement est encore très important. Certains pays développés extérieurs à l’UE, sous la conduite des États-Unis, tentent de mettre à la poubelle un principe adopté auparavant sous le nom de "principe de responsabilités communes mais différenciées et de capacités respectives" qui stipule que les pays développés doivent assumer un rôle de premier plan en raison de leur responsabilité historique pour la plus grande partie des gaz à effet de serre présents dans l’atmosphère, et pour leur plus grande capacité d’action. Sur le plan financier, les pays développés veulent décider quels projets sont financés par le Fonds vert pour le climat plutôt que de permettre aux pays en développement de décider en fonction de leurs priorités. Il y a également un retrait général de l’objectif portant sur un accord contraignant, sur des "contributions définies dans ce but au niveau national" – globalement volontaires, des engagements nationaux non contraignants qui manqueront de transparence et dont l’application sera impossible à vérifier.

Durant ces pourparlers compliqués, les délégué(e)s des syndicats ont tenté de mettre tout au moins l’accent sur la dimension sociale de la viabilité, bien qu’une tendance se soit dessinée aux dernières réunions de la COP. Dans chaque COP, les syndicats se sont efforcés et ont généralement réussi à placer dans le texte un paragraphe ou deux sur le travail décent, sur des emplois répondant mieux aux critères de l’environnement et sur une Transition juste. Puis, quand la nouvelle conférence des Parties ouvre ses portes, on s’aperçoit que notre texte a été supprimé et que nous devons nous battre à nouveau pour lui redonner sa place. En laissant de côté les raisons complexes de cette situation, on peut dire que les pourparlers à Lima n’ont pas fait exception à cette tendance.

À la clôture de la conférence, nous avons mentionné nos demandes sociales sur un seul emplacement, un document appelé Mesures d’urgence. C’est mieux que rien, mais c’est en fait une petite victoire. Il y a une certaine opposition au texte complet des Mesures d’urgence, et aucune garantie qu’il survivra à la période préparatoire de la réunion à Paris de la COP-21. Nous avons besoin de normes sociales, de travail décent et de Transition juste, reconnus dans le texte général de la négociation; mais nous avons peu confiance et craignons que ces dispositions ne soient simplement écartées.

La COP-21 à Paris vers la fin de 2015, sera un moment décisif dans le monde. Bien que des signaux d’alarme sur le réchauffement climatique qui représente un danger mondial aient été entendus depuis au moins la fin des années 1980, très peu a été réalisé dans le monde et il ne reste maintenant plus beaucoup de temps pour réussir. En l’absence d’un accord déterminant en 2015, un changement climatique catastrophique sera impossible à empêcher de façon réaliste avec les techniques existantes. Le sort de notre monde dépendra alors de techniques que nous ne possédons pas encore, ou qui ne sont pas prouvées.

Comme indiqué par Jyrki Raina, secrétaire général de IndustriALL Global Union, le changement climatique menace tout ce que le mouvement ouvrier symbolise. Il y a deux scénarios possible de désastre, en non un seul. 

Le premier, qui fait le plus souvent l’objet de discussions, porte sur un changement climatique catastrophique qui fait des ravages sur les espèces et les espaces, et rend de larges pans de notre planète inhabitables.

Le second, qui est moins discuté, est une panique de dernière minute pour éviter le premier scénario, ce qui nous obligera à accepter des mesures draconiennes qui provoqueront un anéantissement des droits de la personne, des droits des travailleurs et travailleuses, et de la dignité humaine. On pourrait sauver l’écosystème avec ce scénario, mais en se retrouvant réduit en esclavage par les quelques personnes riches à milliards qui auront réussi à procurer des abris sûrs à leurs richesses.

La seule façon d’éviter que cela ne devienne réalité est de réaliser une Transition juste – un pont jeté vers un avenir viable qui respecte et protège les droits des travailleurs et travailleuses, crée des perspectives d’emploi pour les temps à venir, et insiste sur les droits de la personne, les normes sociales et la dignité humaine. Cela ne nous sera pas donné tel quel; nous devrons nous battre pour obtenir cela – nous battre contre des forces et des idéologies puissantes retranchées sur leurs positions.

L’année 2015 sera une année de lutte pour obtenir un avenir décent pour les citoyens et citoyennes d’aujourd’hui et de demain sur la planète Terre.

Australie : fin d’un lock-out de huit semaines chez Otis

Le lock-out a eu lieu après que 90% des travailleurs d’OTIS ont rejeté par un vote un accord excluant le syndicat et qui auraient réduit drastiquement les salaires et autres prestations. Après que les travailleurs d’Otis ont reçu un soutien international sans précédent, un accord a été obtenu ce 17 décembre.

L’affilié d’IndustriALL, ETU (qui fait partie du CEPU) et l’AMWU ont obtenu une convention de trois ans et demi qui comprend une augmentation de 14% des salaires, des augmentations des indemnités de déplacement, des conditions de marché permettant des marges salariales supérieures au reste du secteur et, pour la première fois, une protection des revenus.

Allen Hicks, Secrétaire national de l’ETU indique :

“Grâce à un immense soutien au plan international et dans le pays, nos membres sont restés unis et ont résisté aux attaques conservatrices guidées par l’idéologie menées contre eux.”

IndustriALL avait rejoint les travailleurs d’Otis en Nouvelle-Zélande, aux États-Unis, au Canada, au Danemark et en Irlande pour condamner le traitement auquel les travailleurs étaient soumis.

Matthias Hartwich, Directeur d'IndustriALL pour l’ingénierie mécanique précise :

“Nous avons maintenu une ferme solidarité avec nos camarades syndicalistes. Nous saluons cette convention qui montre toute la différence que peut faire un soutien international.”

IndustriALL a également soutenu la revendication qu’Otis vienne à la table avec l’affilié d’IndustriALL AMWU et les membres de l’ETU pour négocier un accord équitable qui prévoie des conditions décentes et bien méritées ainsi que des prestations extra-salariales pour les travailleurs et leurs familles.

Otis Elevators est l’un des plus grands fabricants et installateurs de systèmes de transport vertical au monde.

Community s’associe à Tesco pour améliorer sa chaîne d’approvisionnement britannique

Le partenariat entre l’affilié d’IndustriALL, Community, et Tesco, le troisième plus grand détaillant du monde, intervient à la suite de sérieux soupçons concernant la manière dont sont traités les travailleurs et travailleuses dans le secteur de l’habillement au Royaume-Uni.

Il est notamment question de salaires en dessous des barèmes ou non versés, de durées de travail excessives, de fausses déclarations de revenus, d’abus sur les travailleurs, de déductions illégales sur les salaires et de sous-traitance non-autorisée.

La nouvelle convention verra Community et Tesco œuvrer en partenariat pour mettre un terme à ces abus ayant cours dans la chaîne d’approvisionnement de l’entreprise.

Roy Rickhuss, Secrétaire général de Community, déclare :

“Nous sommes persuadés que Tesco a un engagement sincère par rapport à une éthique commerciale et à l’amélioration des conditions au niveau de sa chaîne d’approvisionnement au Royaume-Uni. C’est pourquoi nous avons développé cette convention inédite qui mettra à l’épreuve les compétences et l’expertise des deux organisations pour en assurer la réussite. Le but est de rendre le secteur de l’habillement au Royaume-Uni soutenable sur le long terme et en faire à nouveau une plaque tournante de niveau mondial.”

La convention va établir un modèle fixant des critères pour les fournisseurs britanniques de Tesco ainsi qu’un nouveau chapitre de coopération entre l’enseigne et Community.

Ce que fera cette convention :

• Tesco et Community vont collaborer pour entreprendre des audits sur mesure impliquant différentes parties prenantes au niveau des fournisseurs britanniques de Tesco, conçus spécifiquement par rapport aux problématiques qui prévalent au sein du secteur de l’habillement à Leicester et au Royaume-Uni en général.

• Tesco fournira des experts en commerce éthique pour ces audits, soit internes, soit indépendants. Community participera aussi activement aux audits, en prenant un rôle moteur dans certains domaines et en assurant aux travailleurs et travailleuses une représentation.

• Ce processus d’audit a pour but d’aboutir à une meilleure représentation des travailleurs, à une vision claire pour Tesco des conditions qui prévalent dans sa chaîne d’approvisionnement et à l’assurance pour toutes les parties que toutes les préoccupations qui auront été identifiées fassent l’objet d’une prise en charge et soient résolues.

• De plus, Tesco et Community vont explorer la possibilité de collaborer pour donner un soutien actif aux fournisseurs de Tesco dans des domaines tels que la Santé et la Sécurité, ce qui peut apporter des bénéfices directs à la fois pour les travailleurs et pour la durabilité des activités des fournisseurs.

• Conscients que certains fournisseurs peuvent avoir déjà reconnus des syndicats en place, les partenaires travailleront dans le cadre des relations déjà existantes.

Arménie: les travailleurs du caoutchouc protestent pour des salaires impayés

Le 4 décembre, plus de 1.000 salariés de l’usine de caoutchouc Nairit se sont rassemblés devant la résidence présidentielle pour exiger le règlement de 18 mois d’arriérés salariaux. Les travailleurs et travailleuses protestaient également contre un avis de licenciement envoyé à un grand nombre d’entre eux. Les protestataires se sont rassemblés de nouveau les 8 et 15 décembre pour continuer de faire entendre leurs revendications.

Actuellement, 770 personnes seulement travaillent dans l’usine, mais 1.667 autres salariés ont été contraints d’être en congé payé forcé durant les quatre dernières années.

Des protestations ont eu lieu récemment après la décision de la direction de procéder à des licenciements massifs. Plus de 1.500 travailleurs et travailleuses, qui avaient été mis à pied provisoirement pendant quatre ans, font l’objet d’un licenciement en février, du fait que de nouveaux contrats seront signés par seulement 500 personnes pour assurer dans l’avenir la maintenance de l’usine. Les protestataires veulent que l’usine règle avant cette date les arriérés salariaux estimés à 13 millions d’USD. Le 2 décembre, les salariés ont reçu un mois de salaire en dépit de leur revendication portant sur le paiement des salaires des 18 derniers mois.

Lors d’une réunion avec les représentants de Nairit le 13 décembre, le Premier ministre Hovik Abrahamya a conseillé aux travailleurs et travailleuses de chercher plutôt à parvenir à une solution avec le conseil d’administration de l’usine. Selon le Premier ministre, des experts internationaux de la Banque mondiale devraient mener une étude de faisabilité pour la reprise des activités de Nairit et publier leurs conclusions en février-mars 2015.

Nairit était la seule usine d’Union soviétique à produire du caoutchouc chloroprène, un caoutchouc synthétique utilisé comme matériau d’isolation et comme base pour des adhésifs. L’usine a été fermée en 1989 pour des raisons environnementales et a repris des activités partielles en 1992. En 2006, 90 pour cent des actions de Nairit ont été vendues à l’entreprise britannique Rainoville Property Limited. Les 10 pour cent restants sont la propriété du gouvernement arménien. En décembre 2013, le géant pétrolier russe Rosneft a annoncé son projet d’investir 400 millions d’USD dans l’usine de caoutchouc Nairit, mais l’entreprise a été forcée d’annuler le projet.

Togo: journeé de sensibilisation à la CSTT

Durant plus de deux heures, elles ont partagées les expériences sur les techniques de recrutement de membres que certaines avaient apprises lors d’une formation tenue en début de ce mois de décembre sous la conduite de Mme Marie-France Paula, coordinatrice régionale de Industriall.

Les travailleuses ont aussi rendu compte des résultats de la mise en oeuvre de ses techniques apprises et du nombre du nouveaux membres. Avec la camarade Jeanne Boutora, représentante de la FIT, elles ont ensuite partagé entre elles diverses techniques de ménage et de pratiques domestiques pour rendre la maison plus agréable et plus accueillante en ces périodes de fêtes de fin d’année. Elle se sont données rendez-vous le samedi prochain pour apprendre d’autres techniques telles que la décoration de la maison, la préparation de savon liquide etc. Il faut retenir que cette activité a été réalisée grâce au soutien de Industriall, la fédération internationale des syndicat des secteurs de l’industrie.

Belgique : grève générale nationale contre l'austérité

Le Premier ministre Charles Michel a prêté serment en octobre après avoir formé un gouvernement avec la Nouvelle alliance flamande (NVA) et le Mouvement réformateur (MR). Cette coalition de centre-droit veut imposer un large éventail de mesures d'austérité qui vont fortement abaisser la qualité de vie des travailleurs belges.

Cette grève de 24 heures du 15 décembre s'inscrivait dans le cadre d'un mois d'actions et de grèves tournantes dans toutes les régions et tous les secteurs de l'industrie.

Parmi les mesures d'austérité proposées contre lesquelles était dirigée cette gigantesque grève générale, citons :

Écoutez ces syndicalistes expliquer pourquoi ils ont fait grève le 15 décembre. Un compte Facebook est nécessaire pour accéder à ces vidéos : https://www.facebook.com/media/set/?set=vb.171238582919259&type=2

Dans le message de solidarité qu'il a adressé aux affiliés belges, le Secrétaire général d'IndustriALL, Jyrki Raina, écrit :

Notre syndicat mondial est à vos côtés et vous soutient tout au long de ce mois d'actions, et plus particulièrement en ce lundi 15 décembre, dans cette grève générale que vous menez ensemble. Ce combat que les syndicats belges livrent ensemble, avec les confédérations FGTB-ABVV et ACV-CSC rassemblant tous les travailleurs, retiendra l'attention du monde entier.

Pendant la grève du 15 décembre, le programme d'austérité du Premier ministre Charles Michel a reçu le soutien du Fonds monétaire international. Le chef de mission du FMI, Edward Gardner, a conclu ce jour-là son examen annuel en qualifiant d'"adéquates" les mesures d'austérité et en appelant à changer "l'accès généreux aux transferts sociaux" dont bénéficient les Belges.

Le Comité exécutif d'IndustriALL, réuni les 4 et 5 décembre à Tunis, a adopté une résolution de soutien inconditionnel aux camarades belges dans cette phase de confrontation. L'Exécutif d'IndustriALL a critiqué en particulier le fait que le gouvernement n'ait pas du tout dialogué avec les syndicats avant d'imposer ces mesures d'économie draconiennes.

Un accident du travail finalement reconnu

Depuis son accident du travail survenu il y a 13 ans à l’usine Tenaris en Colombie, Rubén Montoya s’est battu pour sa survie. L’accident l’a laissé dans l’incapacité de travailler, mais son employeur avait jusqu’à maintenant refusé de lui verser une pension et autres prestations. En désespoir de cause, Montoya avait entamé une grève de la faim et tenté à deux reprises de se suicider.  

Finalement, grâce à la mobilisation du syndicat colombien SINTRATUCAR, membre de FETRAMECOL affilié à IndustriALL Global Union, et de l’appui massif du Conseil mondial des travailleurs de Tenaris et de LabourStart, un règlement financier a été réalisé et Montoya touche maintenant une pension.

Le secrétaire général adjoint de IndustriALL, Fernando Lopes, dit:

Nous sommes satisfaits qu’un règlement ait pu être obtenu et que Montoya touche finalement la pension à laquelle il a droit. Mais la durée de la procédure est scandaleuse, et Montoya en a payé un prix bien trop élevé.