Más de 400 trabajadores muertos en la India debido a fallas de seguridad en el lugar de trabajo

“Este mes se cumplen cuarenta años de la catástrofe por la fuga de gas de Union Carbide en Bhopal, que se cobró decenas de miles de vidas. Aun así, India sigue siendo el país con mayor inseguridad laboral y más víctimas fatales en la industria que ningún otro lugar del mundo. El gobierno autoritario ha flexibilizado las leyes de salud y seguridad en el trabajo mientras sigue anteponiendo las ganancias a la vida de los trabajadores. Para recuperar las protecciones perdidas y lograr puestos de trabajo seguros y estables, debemos avanzar en una lucha militante”,

expresó Gautam Mody, miembro del Comité Ejecutivo de IndustriALL.

El sector químico y farmacéutico registró algunos de los accidentes más graves de este año. En esta industria, se produjeron más de 110 accidentes de trabajo, que causaron la muerte de al menos 220 trabajadores y heridas graves a más de 550. El 21 de agosto, en Andhra Pradesh, una explosión en una fábrica farmacéutica de una zona económica especial mató a 18 trabajadores e hirió a otros 30. La planta pertenecía a Escientia Advanced Sciences.

En mayo, una gran explosión en una fábrica de productos químicos en Mumbai, propiedad de Amudan Chemicals, se cobró la vida de al menos 13 trabajadores y dejó más de 60 heridos. Según los medios de comunicación, la explosión se debió a fallas de seguridad, entre las que figuraban precauciones insuficientes en la mezcla y almacenamiento de productos químicos. A principios de febrero, un incendio en una fábrica de pintura en Delhi mató a once personas y dejó a muchas más gravemente heridas. Más tarde, la Corporación Municipal de Delhi confirmó que la fábrica funcionaba ilegalmente.

Las infracciones en materia de seguridad no se limitan a los sectores químico y farmacéutico. La industria minera registró al menos 22 accidentes, en los que murieron 60 trabajadores y más de 50 resultaron gravemente heridos. En el sector energético, más de 20 trabajadores murieron en accidentes de trabajo este año. En febrero, la explosión de una caldera causó la muerte de al menos catorce trabajadores y heridas graves a más de 25 en una fábrica de autopartes del estado de Haryana. La fábrica forma parte de la extensa cadena de suministro de la industria automotriz india.

Estos incidentes no son aislados, sino sintomáticos de un declive sistémico de la regulación laboral. Hay pruebas claras de que los accidentes se producen como consecuencia de una grave negligencia en el cumplimiento de las normas de seguridad, un sistema de supervisión débil, inspecciones fabriles inadecuadas y la contratación de una gran cantidad de trabajadores precarios carentes de formación. La mayoría de los trabajadores fallecidos y heridos son trabajadores precarios.

En los últimos años, el gobierno indio ha flexibilizado las normas de inspección y concesión de licencias en el lugar de trabajo para fomentar el crecimiento empresarial. La nueva legislación sobre seguridad y salud en el trabajo ha debilitado gravemente el sistema de inspección, al dar prioridad a la facilidad para hacer negocios sobre los derechos laborales y la seguridad de los trabajadores. Los inspectores ya no pueden realizar inspecciones sin previo aviso, emprender acciones legales inmediatas contra los infractores ni verificar eficazmente el cumplimiento debido a la autocertificación y las auditorías privadas.

“El estado actual de la seguridad laboral en el país es preocupante. El alarmante ritmo al que se producen accidentes a diario refleja el deterioro de las medidas de seguridad en los lugares de trabajo. Instamos a los empleadores a cooperar activamente con los sindicatos y la DGFASLI para poner en marcha un plan de acción que garantice lugares de trabajo seguros”,

declaró Sanjay Vadhavkar, miembro del Comité Ejecutivo de IndustriALL.

Enfatizando la urgencia de hacer frente a esta crisis, Kemal Özkan, subsecretario general de IndustriALL, afirmó:

“El derecho a un lugar de trabajo seguro es uno de los principios y derechos fundamentales en el trabajo. A observar el estado calamitoso de la seguridad laboral en la India, está claro que se está vulnerando este derecho fundamental. Instamos al gobierno indio a que revise la normativa sobre seguridad en el lugar de trabajo y entable un diálogo social con los sindicatos para evitar más muertes por fallas de seguridad”.

Fotografía: Línea de fabricación y montaje de bicicletas ATLAS. Fábrica de ATLAS en Haryana, India. Copyright: Marcel Crozet / OIT

Plus de 400 travailleurs tués en Inde en raison de lacunes en matière de sécurité sur le lieu de travail

“Ce mois-ci, nous commémorons les quarante ans de la catastrophe de Bhopal, provoquée par Union Carbide et qui a coûté la vie à des dizaines de milliers de personnes. Pourtant, l’Inde reste le lieu de travail le moins sûr, avec plus d’accidents industriels mortels que partout ailleurs dans le monde. Le gouvernement autoritaire a revu à la baisse les lois sur la santé et la sécurité au travail, car il continue de faire passer les profits avant la vie des travailleurs et travailleuses. Pour regagner la protection perdue et obtenir des emplois sûrs et sécurisés, nous devons mener une riposte militante”,

a déclaré Gautam Mody, membre du Comité exécutif d’IndustriALL.

Le secteur chimique et pharmaceutique a connu certains des accidents les plus graves cette année. Plus de 110 accidents du travail se sont produits dans ce secteur, tuant au moins 220 travailleurs et travailleuses et en blessant gravement plus de 550. Le 21 août, une explosion dans une usine pharmaceutique située dans une zone économique spéciale de l’Andhra Pradesh a tué 18 travailleurs et en a blessé 30 autres. L’usine appartenait à Escientia Advanced Sciences.

En mai, une importante explosion dans une usine chimique de Mumbai, appartenant à Amudan Chemicals, a coûté la vie à au moins 13 personnes et en a blessé plus de 60. Selon les médias, des lacunes en matière de sécurité, notamment des précautions insuffisantes dans le mélange et le stockage des produits chimiques, ont été à l’origine de cette explosion. Au début du mois de février, un incendie dans une usine de peinture à Delhi a tué onze personnes et en a gravement blessé beaucoup d’autres. La municipalité de Delhi a confirmé par la suite que l’usine exerçait ses activités de manière l’illégale.

Les violations de la sécurité ne se limitent pas aux secteurs chimique et pharmaceutique. L’industrie minière a connu au moins 22 accidents, tuant 60 mineurs et en blessant gravement plus de 50. Dans le secteur de l’énergie, plus de 20 travailleurs et travailleuses sont décédés dans des accidents du travail cette année. En février, une chaudière a explosé, tuant au moins quatorze personnes et en blessant gravement plus de vingt-cinq dans une usine de fabrication de pièces détachées dans l’État d’Haryana. L’usine fait partie de la vaste chaîne d’approvisionnement automobile de l’Inde.

Ces incidents ne sont pas isolés mais symptomatiques d’un déclin systémique de la réglementation du travail. Il est clairement établi que ces accidents résultent d’une grave négligence des règles de sécurité, d’un système de supervision faible, d’inspections d’usine inadéquates et de l’emploi d’un grand nombre de travailleurs précaires non formés ; la majorité des tués et blessés sont des travailleurs précaires.

Ces dernières années, le gouvernement indien a assoupli les règles relatives à l’inspection des lieux de travail et à l’octroi de licences afin de favoriser la croissance des entreprises. La nouvelle loi sur la santé et la sécurité au travail a gravement affaibli le système d’inspection, en donnant la priorité à la facilité de pouvoir faire des affaires plutôt qu’aux droits du travail et à la sécurité des travailleurs et travailleuses. Les inspecteurs ne peuvent plus effectuer d’inspections inopinées, prendre des mesures juridiques immédiates à l’encontre des contrevenants ou vérifier efficacement une conformité obtenue par l’autocertification et des audits privés.

“L’état actuel de la sécurité industrielle dans le pays est inquiétant. Le taux alarmant auquel les accidents industriels se produisent quotidiennement reflète des mesures de sécurité compromises sur les lieux de travail. Nous exhortons les employeurs à s’engager activement avec les syndicats et le DGFASLI pour mettre en œuvre un plan d’action visant à garantir la sécurité des lieux de travail,”

a déclaré Sanjay Vadhavkar, membre du Comité exécutif d’IndustriALL.

Kemal Özkan, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, souligne qu’il est urgent de s’attaquer à cette crise :

“Le droit à un lieu de travail sûr est l’un des principes et droits fondamentaux au travail. Au vu de l’état désastreux de la sécurité au travail en Inde, il est clair que ce droit fondamental est violé. Nous exhortons le gouvernement indien à revoir les réglementations en matière de sécurité au travail et à engager un dialogue social avec les syndicats afin d’éviter d’autres décès dus à des manquements en matière de sécurité.”

Illustration : Chaîne de fabrication et d’assemblage des vélos ATLAS. Site de l’usine ATLAS à Haryana, en Inde. Copyright : Marcel Crozet / OIT

Les droits démocratiques doivent être respectés en Géorgie

Les manifestations en Géorgie ont été déclenchées par la décision du gouvernement d’interrompre les négociations d’adhésion à l’Union européenne jusqu’en 2028. Cette décision a été perçue par de nombreux Géorgiens comme un recul significatif des aspirations du pays à l’intégration européenne, ce qui a conduit à des manifestations de grande ampleur.

Le Secrétaire général d’IndustriALL, Atle Høie, a déclaré à ce sujet :

“La force excessive utilisée à l’égard des personnes qui protestent contre la décision contraste fortement avec les principes de démocratie et de droits de l’homme. IndustriALL est solidaire de ses affiliés géorgiens qui défendent leurs droits et nous appelons le gouvernement géorgien à engager un véritable dialogue avec la société civile pour répondre aux aspirations légitimes du peuple.”

La Confédération des syndicats géorgiens (GTUC), qui compte parmi ses membres des syndicats affiliés à IndustriALL, affirme qu’il n’y a pas d’alternative à l’intégration européenne, et

“condamne catégoriquement l’usage excessif de la force par les forces de l’ordre, qui s’est traduit par la violation des droits des représentants des médias et des participants à la manifestation, y compris par des violences physiques. Nous pensons que chaque auteur et que toutes les personnes responsables doivent être immédiatement identifiés et tenus pour responsables”.

Judith Kirton-Darling, Secrétaire générale d’industriALL Europe, a déclaré à ce sujet :

“Les scènes de brutalité policière et de répression par l’État des manifestations pacifiques auxquelles nous assistons sont répréhensibles. La crise ne peut être résolue que par le dialogue, y compris avec la société civile. Le peuple géorgien a le droit de vivre dans un pays qui respecte et incarne les valeurs démocratiques, les droits de l’homme et l’État de droit”.

Tous les travailleurs ont besoin d’un syndicat et les syndicats ont besoin de travailleurs

Christina Olivier, Secrétaire générale adjointe d’IndustriALL, a souligné la responsabilité du mouvement syndical mondial dans la protection des droits de tous les travailleurs et de toutes les travailleuses, indépendamment de leur orientation sexuelle ou de leur identité de genre.

“En tant que fédération syndicale internationale, il est de notre responsabilité de représenter et de protéger les droits de tous les travailleurs et toutes les travailleuses.”

Le secrétaire général d’IndustriALL, Atle Høie, a ajouté :

“Il était grand temps d’organiser cette réunion. Toutes les personnes présentes à cet appel sont conscientes que les travailleurs et travailleuses LGBTI+ sont partout. Tous les travailleurs ont besoin d’un syndicat et nous avons besoin de tous les travailleurs.”

Le séminaire a fourni une vue d’ensemble des termes clés tels que l’orientation sexuelle, l’identité de genre, l’expression de genre et les caractéristiques sexuelles, soulignant l’importance de comprendre ces termes dans les contextes locaux. Ceci est essentiel pour s’impliquer auprès d’autres organisations et promouvoir un discours et des politiques inclusifs.

Le rapport “Laws on Us” de 2024 produit par l’ILGA (Association internationale des personnes lesbiennes, gays, bisexuelles, trans et intersexes) a mis en évidence à la fois des progrès et des reculs dans les paysages juridiques affectant de par le monde les droits des personnes LGBTI+. Des progrès ont été enregistrés, comme la réduction du nombre de pays qui criminalisent les actes homosexuels. Toutefois, des reculs tels que la loi ougandaise concernant la peine de mort et la criminalisation croissante dans des pays comme l’Irak et l’Indonésie soulignent les difficultés persistantes. En outre, les protections sur le lieu de travail et en matière de soins de santé pour les personnes LGBTI+ restent limitées, avec seulement 77 pays offrant des protections en matière d’emploi et seulement 53 offrant une couverture de soins de santé.

Des témoignages de membres d’affiliés d’IndustriALL ont mis en lumière les défis auxquels sont confrontés les travailleurs et travailleuses LGBTI+. Vet Tetodom de l’Alliance cambodgienne des syndicats (CATU) a parlé de l’absence de politiques de protection des personnes LGBTI+ et de la discrimination à l’emploi. Pour le Sri Lanka, Navado Bennet a expliqué comment les identités queer sont souvent rejetées et comment les personnes LGBTI+ sont contraintes de travailler dans des secteurs marginalisés. Melba Tampakan, du syndicat philippin ALU, a évoqué les progrès réalisés grâce à des lois telles que la Safe Spaces Act (loi sur les espaces sûrs), tout en abordant le projet de loi sur l’égalité SOGIE, qui est au point mort et qui offrirait des protections complètes contre la discrimination.

Vinicius Santos Lousada, de la centrale CNQ, Brésil, a souligné la nécessité d’intégrer les questions LGBTI+ dans les programmes des syndicats et de favoriser la prise de conscience pour surmonter les préjugés culturels.

Roberto Saldana de la FEASIAS, Salvador, a parlé de la création d’espaces sûrs pour les travailleurs et travailleuses LGBTI+ et de la collaboration avec les mouvements féministes pour donner la priorité aux questions LGBTI+ au niveau des syndicats.

Brittani Murray, du Syndicat des Métallos USW, a souligné que les syndicats doivent créer des espaces où les travailleurs et travailleuses LGBTI+ se sentent en sécurité et soutenus.

Le rapport de la pré-conférence de l’ILGA pour les syndicats a également mis en lumière des recommandations identifiées par les membres d’IndustriALL, telles que l’inclusion des questions LGBTI+ dans les conventions collectives, la priorité donnée à l’implication des jeunes et, plus important encore, le fait que les questions LGBTI+ ne devraient pas être confinées aux comités des femmes, étant donné qu’il s’agit de questions plus larges liées au genre.

IndustriALL s’engage à soutenir les affiliés dans la syndicalisation des travailleurs et travailleuses LGBTI+ et la négociation de leurs droits. Elle poursuivra sa collaboration au sein du comité de coordination LGBT (des FSI et de la CSI) et utilisera son site web pour partager des ressources concernant les travailleurs et travailleuses LGBTI+, des clauses pour les CCT et la promotion de la diversité et des lieux de travail sûrs. En outre, IndustriALL se concentrera sur la sensibilisation du personnel et des affiliés par le biais de programmes de sensibilisation. L’organisation développera également une liste de contrôle sur l’inclusivité afin d’aider les syndicats à identifier les domaines à améliorer et à garantir des lieux de travail plus inclusifs.

En construisant des réseaux régionaux et mondiaux, en organisant des discussions de groupe et en améliorant la visibilité, IndustriALL vise à renforcer son impact sur les droits des travailleurs et travailleuses LGBTI+ et à favoriser une plus grande inclusivité au sein du mouvement syndical.

Les métallurgistes sud-coréens organisent une grève nationale pour défendre la démocratie

La décision du KMWU découle de la déclaration de loi martiale par le président Yoon le 3 décembre, de l’incertitude persistante quant à la possibilité qu’une nouvelle déclaration de loi martiale illégale soit promulguée,et de l’espoir qu’en menant des actions de grève pacifiques, les travailleurs et travailleuses puissent agir pour mettre fin à cette crise avec la démission de Yoon.

Les fondements démocratiques de la Corée du Sud ont été bâtis sur les sacrifices des travailleurs et des travailleuses et, une fois de plus, les travailleurs et travailleuses se mobilisent pour défendre ces principes. Des salariés de grandes entreprises telles que Hyundai Motor, GM Korea et Hyundai Mobis se sont joints à la grève, avec au moins 70.000 travailleurs et travailleuses participant au mouvement dans tout le pays au milieu de l’après-midi du 5 décembre.

Alors qu’une motion de destitution est actuellement à l’étude à l’Assemblée nationale, le parti au pouvoir a exprimé son opposition, alimentant l’indignation des travailleurs et travailleuses. La grève du KMWU vise à démontrer la force collective des travailleurs et travailleuses dans la défense pacifique de la démocratie.

Les réponses du gouvernement ont été fermes. Le ministre du travail, Kim Moon-soo, a défendu la déclaration de loi martiale de M. Yoon et qualifié la grève générale d’“illégale”, malgré la ratification par la Corée du Sud des conventions de l’Organisation internationale du travail (OIT) protégeant le droit des travailleurs et travailleuses à faire grève pour défendre leurs intérêts économiques et sociaux. M. Kim a également menacé de prendre des “mesures strictes” à l’encontre des syndicats participant à l’action.

Les rassemblements se poursuivent quotidiennement, y compris les veillées aux chandelles et les marches vers les bureaux du président. Bien que les manifestants aient été bloqués par la police la nuit dernière, ils restent déterminés à poursuivre leur action.

Le KMWU prévoit une grève générale illimitée si Yoon refuse de démissionner. Le syndicat souligne que les événements de mardi soir montrent que la démocratie peut être effacée en un instant d’inattention et que les travailleurs ont beaucoup à perdre d’un retour à la loi martiale, d’où la nécessité de démettre Yoon de ses fonctions et de mettre fin à cette crise.

IndustriALL soutient pleinement la revendication de démission du Président Yoon et l’action de grève. Ce que le Président a fait est inacceptable et il a perdu toute crédibilité en tant que dirigeant démocratique.

Les syndicats marocains s'attaquent à la santé et la sécurité dans le secteur du textile

Ces dernières semaines, des accidents du travail dans le secteur du textile et de l'habillement ont tué et fait des blessés parmi les travailleurs. Des incendies dans des ateliers de Fez, Casablanca et Tanger, causés par des pratiques dangereuses comme l'utilisation de chaudières au gaz, ont causé le décès d'un travailleur et des hospitalisations d'autres, grièvement brûlés.

Ces incidents soulignent un problème croissant dans le secteur du textile, de l'habillement, de la chaussure et du cuir (THCC) au Maroc, qui a connu un développement rapide pour répondre à la demande des grandes marques internationales. Malgré cette croissance, la santé et la sécurité restent terriblement défaillantes et mettent des travailleurs en grand danger.

En réaction, notre affilié, le Syndicat national de Textile, Habillements et Cuir (SNTHC-CDT), a lancé une campagne pour dénoncer la détérioration des conditions de travail et le manque de mesures de sécurité. Le 15 novembre, il a publié un appel à un débat national qui rassemblerait toutes les parties prenantes en vue d'élaborer une stratégie afin d'améliorer la santé et la sécurité dans le secteur THCC.

Les efforts du syndicat ont permis d'obtenir une rencontre avec le ministère du Travail, le 29 novembre à Rabat. Cette réunion, à laquelle assistaient le secrétaire d'État Hicham Sabri ainsi que des dirigeants syndicaux, dont le secrétaire général de la SNTHC-CDT, Ahmed Hassoun, s'est concentrée sur la nécessité d'améliorations d'urgence à la situation de la santé et la sécurité.

"La réunion fut positive; le ministère a pris note de la demande du SNTHC-CDT pour un débat national rassemblant toutes les parties prenantes du secteur", a déclaré Ahmed Hassoun. "Nous avons aussi informé le ministre de l'ACCORD sur la sécurité et souligné l'importance de sa mise en œuvre au Maroc. En conséquence, le ministère s'est engagé à organiser une réunion avec les représentants de l'ACCORD, d'IndustriALL et du SNTHC-CDT pour discuter des possibilités d'application de l'ACCORD au Maroc."

La délégation a souligné le rôle des employeurs qui ne respectent pas la législation sur la santé et la sécurité et a fait part de ses préoccupations devant les conditions de travail inhumaines dans les ateliers clandestins. Elle a exhorté le ministère à mettre fin à ces pratiques et à se doter d'une stratégie nationale de mise en œuvre de mesures de santé et de sécurité efficaces.

Pour le secrétaire général d'IndustriALL, Atle Høie, il est important d'agir vite :

"Nous sommes extrêmement peinés de la fréquence des accidents dans ce secteur au Maroc. Nous nous réjouissons des résultats de la réunion entre le ministre et le SNTHC-CDT, qui s'inscrit dans les initiatives et les efforts incessants du syndicat pour remédier à une situation d'une telle gravité. Le temps ne joue pas en notre faveur. Il faut des actions fortes. L'application de l'ACCORD international au Maroc serait un grand pas dans la bonne direction."

L'engagement du ministère de se mettre à l'écoute des représentants de l'ACCORD, d'IndustriALL et du SNTHC-CDT fait espérer un changement palpable. Au centre des préoccupations seront toujours la mise en place de mécanismes de santé et de sécurité forts et la redevabilité dans un secteur du textile et de l'habillement en plein essor au Maroc. 

Solidaire avec les syndicats sud-coréens, IndustriALL condamne l’atteinte à la démocratie

La décision radicale du président Yoon Suk Yeol d’instaurer la loi martiale constitue un dangereux dépassement du cadre démocratique et porte atteinte aux principes de gouvernance. Le mouvement syndical joue un rôle essentiel dans la sauvegarde de la démocratie, la protection des droits des travailleurs et travailleuses ainsi que la garantie de la justice pour tous. Les tentatives visant à restreindre ces droits menacent non seulement les syndicats, mais aussi le fondement même de la démocratie en Corée du Sud.

IndustriALL soutient la mobilisation des syndicats, notamment l’appel à la grève générale lancé par la Confédération coréenne des syndicats pour aujourd’hui et demain, ainsi que l’appel de tous les affiliés à la démission du Président Yoon Suk Yeol. La suspension illégale des droits démocratiques par le Président Yoon Suk Yeol et l’imposition d’un régime militaire, même pour une nuit, représentent une atteinte flagrante à la démocratie. Dans un monde où l’espace démocratique est de plus en plus menacé, de telles actions ne peuvent être ignorées ou laissées sans réponse. Nous devons envoyer un message clair : toute atteinte aux principes démocratiques se heurtera à une forte résistance.

IndustriALL appelle le prochain Président de Corée du Sud à défendre les principes démocratiques et à respecter l’État de droit, et à engager un dialogue constructif avec toutes les parties prenantes, y compris le mouvement syndical.

La démocratie n’est pas négociable et tout écart ne peut être et ne sera toléré.

Crédit photo : Confédération coréenne des syndicats

Appel à l'action : STOP à l'antisyndicalisme de YPC Precision en Thaïlande !

En décembre 2022, le Syndicat des travailleurs des pièces pour automobiles et de la métallurgie de Thaïlande (TAM), affilié à IndustriALL par le biais de la Confédération du travail dans l'industrie de Thaïlande (CILT), a accueilli dans ses rangs 400 travailleurs d'YPC.

En février 2023, l'employeur, YPC, a riposté en suspendant trois responsables syndicaux, Panicha Kanyana, Anucha Chaipha et Suphatsorn Sakaew, et en transférant 38 membres du syndicat dans d'autres départements. Ils n'ont plus été autorisés à faire des heures supplémentaires, ont été astreints à des objectifs de rendement déraisonnables et menacés d'être remplacés par de la main-d’œuvre externalisée.

Dans un courrier à YPC de mars 2023, le secrétaire général d'IndustriALL, Atle Høie, a exhorté l'entreprise à cesser de saper les droits au travail légitimes de ses travailleurs et à se conformer aux normes internationales du travail.

Suphatsorn Sakaew a quitté l'entreprise depuis, mais Panicha Kanyana continue de se battre pour sa réintégration et Anucha Chaipha a été réintégrée en juin de l'an dernier, mais elle subit quotidiennement de la discrimination au travail; les heures supplémentaires lui sont interdites et elle est affectée à des tâches futiles.

Le président de la CILT, Prasit Prasopsuk, a déclaré :

"Les menées antisyndicales de la direction d'YPC sont une violation flagrante des droits fondamentaux des travailleurs thaï garantis par la Loi sur les relations du travail de Thaïlande. Nous exigeons la réintégration immédiate de Panicha Kanyana et l'arrêt des discriminations contre Anucha Chaipha."

Atle Høie a ajouté :

"Nous combattrons cet antisyndicalisme aux côtés de la CILT et du TAM. Nous exhortons tout un chacun à appuyer l'appel à l'action lancé par le groupe de travail jeunesse d'IndustriALL en Asie du Sud-est, Asie de l'Est et Pacifique (SEA2PAC-Y) et à signer la pétition. Le démantèlement syndical est inacceptable et viole les droits des travailleurs inscrits dans la législation thaïlandaise.

Signez et faites circuler la pétition lancée par SEA2PAC-Y.   

Les Conventions 87 et 98 au cœur des négociations sur le libre-échange entre l’UE et la Thaïlande

Ce 27 novembre, le Réseau de pilotage 8798 des conventions de l’OIT a soumis un mémorandum aux représentants de l’UE à Bangkok, rejoint par plus de 300 syndicalistes, pour souligner l’urgence d’incorporer les Conventions sur le droit à la syndicalisation et à la négociation collective. Sia Jampathong, Député du Parti populaire et ancien président de la Fédération thaïlandaise du textile, de la confection et du cuir (TWFT), s’est également joint à la présentation du mémorandum.

Prasit Prasopsuk, Président de la Confédération du travail industriel de Thaïlande (CILT) et coordinateur du réseau, a indiqué que les travailleurs et travailleuses thaïlandais se sont vu refuser le droit à la syndicalisation et à la négociation collective pendant des décennies, ce qui a conduit à l’exploitation de la main-d’œuvre et à l’injustice sur les lieux de travail.

“L’incohérence entre la loi sur les relations de travail et les conventions 87 et 98 de l’OIT, combinée à des lois et pratiques restrictives, a affaibli le pouvoir de négociation des travailleurs et travailleuses et s’est traduite par des salaires injustes, des avantages sociaux inadéquats et de mauvaises conditions de travail.”

Il en résulte des salaires injustes, des avantages sociaux inadéquats et de mauvaises conditions de travail, les employeurs exploitant les vides juridiques et recourant fréquemment à des poursuites judiciaires pour intimider les syndicalistes. Entre 2015 et aujourd’hui, 1.371 syndicalistes ont été poursuivis en justice par des employeurs.

“Si les travailleurs et travailleuses thaïlandais ne sont toujours pas en mesure de se syndiquer et de négocier collectivement, le commerce et les investissements qui en résulteront deviendront inévitablement des mécanismes permettant de perpétuer l’oppression, l’exploitation et les violations des droits du travail en Thaïlande”,

a indiqué Prasit Prasopsuk.

Ramon Certeza, Secrétaire régional d’IndustriALL pour l’Asie du Sud-Est, a souligné l’état précaire de la syndicalisation en Thaïlande, où seulement 1,3 % des 40,5 millions de travailleurs sont syndiqués. La vastes majorité des travailleurs et travailleuses locaux et migrants ne bénéficient d’aucune protection adéquate.

“Le taux de syndicalisation de la Thaïlande est non seulement faible par rapport aux autres nations d’Asie du Sud-Est, mais il est également très loin des normes européennes. Le gouvernement thaïlandais doit prendre des mesures significatives, notamment en ratifiant les Conventions 87 et 98 de l’OIT, pour remédier à cette situation”,

a déclaré Ramon Certeza.

Dans une lettre commune adressée à la Commission européenne en avril, IndustriALL Global Union et industriAll Europe ont appelé l’UE à s’assurer que des clauses relatives au travail garantissant le droit à la syndicalisation et à la négociation collective fassent partie des négociations commerciales entre le gouvernement thaïlandais et l’UE, en demandant en particulier au gouvernement de s’engager à ratifier les Conventions 87 et 98 de l’OIT.

“L’Union européenne doit utiliser l’effet de levier de ses négociations commerciales avec la Thaïlande pour améliorer les droits fondamentaux des travailleurs et travailleuses dans ce pays. Il serait tout à fait inacceptable de conclure un accord de libre-échange sans un chapitre solide sur le commerce et le développement durable, incluant les conventions fondamentales de l’OIT. Toutefois, au vu de l’expérience acquise avec d’autres pays de l’ANASE, même cela ne suffirait pas. Nous devons voir des changements concrets sur le terrain pour nous assurer qu’il ne s’agit pas seulement d’engagements sur le papier mais qu’ils reflètent réellement les valeurs que l’Union européenne prétend défendre“,

a déclaré Judith Kirton-Darling, Secrétaire générale d’industriAll Europe.

Deux poids, deux mesures chez POSCO : des pratiques antisyndicales derrière un rapport ESG de façade

En 2017, environ 80 travailleurs de l’usine de POSCO en Turquie ont été licenciés dans le cadre de leurs efforts déployés pour s’organiser au sein du syndicat Birleşik Metal İş, un affilié des fédérations syndicales IndustriALL Global Union et industriAll Europe. Les tribunaux turcs ont par la suite statué sans équivoque que ces licenciements étaient consécutifs aux activités syndicales des travailleurs, une violation à la fois du droit du travail turc et des conventions internationales du travail. Les tribunaux ont accordé une indemnité aux travailleurs et travailleuses licenciées, soulignant ainsi l’injustice.

Malgré cela, POSCO présente la situation de manière erronée dans son rapport ESG. L’entreprise affirme que les travailleurs et travailleurs licenciés ont refusé d’être réintégrés, alors que les faits démontrent le contraire. Après avoir gagné leur procès, les travailleurs et travailleuses ont demandé leur réintégration, mais leurs demandes ont été rejetées par l’entreprise.

En 2022, la Cour suprême a confirmé que Birleşik Metal İş était le syndicat officiel des travailleurs et travailleuses de POSCO, une décision renforcée par le ministère du Travail, qui a délivré un certificat d’autorisation obligeant l’entreprise à engager des négociations collectives. Le 4 novembre 2022, le syndicat a officiellement demandé à POSCO d’entamer des négociations, mais l’entreprise est restée sans réaction.

Lorsque le ministère du travail est intervenu, organisant une réunion le 24 novembre 2022, POSCO n’y a toujours pas participé. En vertu de la législation turque, un tel manquement déclenche une médiation obligatoire. Pourtant, même ce processus a été bloqué par l’entreprise. Le médiateur désigné, Yusuf Bayraktutan, a confirmé le refus de POSCO de participer à toute réunion, laissant le processus de négociation collective dans l’incertitude.

Après la finalisation de la procédure judiciaire, Birleşik Metal İş a voulu entamer le processus de négociation collective, mais l’entreprise n’a jamais réagi, ce qui a conduit le syndicat à perdre son certificat sur le lieu de travail en 2023.

Le rapport ESG de POSCO revendique un engagement à dialoguer avec les syndicats, mais son comportement raconte une autre histoire. Le rapport indique que des “représentants des salariés” ont remplacé les syndicats, ce qui va directement à l’encontre du droit du travail turc et des conventions de l’Organisation internationale du travail (OIT), qui affirment qu’on ne peut remplacer une véritable représentation syndicale.

En outre, POSCO affirme à tort qu’elle n’a pas pu s’engager avec un syndicat en raison de l’absence d’un organe officiel. Cette affirmation est contredite par la reconnaissance de Birleşik Metal İş en tant que syndicat légitime à la suite des décisions de justice. Malgré les appels du syndicat, des autorités turques et des mandats légaux, l’entreprise a toujours refusé de reconnaître le syndicat ou d’entamer un dialogue.

L’année dernière, IndustriALL et industriAll Europe ont appelé son conseil d’administration à mettre en œuvre efficacement les lignes directrices pour la gestion des droits de l’homme, à reconnaître Birleşik Metal İş comme agent de négociation collective et à engager des négociations de bonne foi, comme l’exige l’arrêt du tribunal.

Kemal Özkan, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, indique :

“POSCO a des antécédents de pratiques antisyndicales au plan mondial qui contredisent ses propres principes de diligence raisonnable. La malhonnêteté dont fait preuve l’entreprise dans sa réaction à l’affaire en Turquie devrait alarmer les investisseurs : il s’agit d’une entreprise qui est prête à enfreindre la loi pour saper les syndicats, puis à mentir à ce sujet. POSCO devrait s’asseoir à la table des négociations et faire preuve de bonne foi.”

Judith Kirton-Darling, Secrétaire générale d’industriAll Europe, a déclaré :

“L’ampleur de la déformation de la vérité et des pratiques antisyndicales affichée par la direction de POSCO est honteux. Birleşik Metal İş ainsi que les travailleurs et travailleurs de POSCO ont été contraints de franchir toutes les étapes juridiques pour garantir un des droits de l’homme les plus fondamentaux : pouvoir se syndiquer et négocier collectivement. Il est temps que POSCO se comporte de manière responsable en Turquie ; industriAll Europe continuera à examiner et à contester toute attaque contre ses membres, en utilisant tous les leviers à sa disposition.”

Les déclarations de POSCO concernant son implication auprès des travailleurs et ses pratiques éthiques en matière de travail sonnent creux dans le contexte de son comportement en Turquie. Cette affaire n’est pas seulement un problème local, mais un test de l’engagement de l’entreprise envers les principes ESG au plan mondial. Pour POSCO, la voie à suivre est claire : un véritable dialogue, le respect des droits des travailleurs et un engagement en faveur de la transparence. Toute autre attitude serait une trahison des valeurs qu’elle prétend défendre.