La lutte au plan mondial pour les droits des salariés de Crown Holdings continue

Quelque 120 travailleurs et travailleuses de l’usine Crown Holdings de Toronto au Canada, qui ont reçu naguère une haute distinction de l’entreprise pour “dévouement, engagement et sens des responsabilités”, sont maintenant dans leur 17e mois d’une grève qui a débuté en septembre 2013. Les travailleurs ont été forcés de partir en grève dès lors que la direction de Crown exigeait d’eux d’immenses concessions, dont une diminution de salaire de 42% pour les nouveaux engagés et une échelle des salaires revue à la baisse de manière permanente, pour essayer de tirer des bénéfices encore plus importants sur le dos des salariés.

L’été dernier, Crown a fait une proposition minable aux travailleurs et travailleuses. Tout en retirant son exigence d’une échelle salariale à deux vitesses, l’entreprise exigeait une diminution de 30% de tous les salaires à la place. Les travailleurs ont rejeté à une majorité écrasante cette proposition par 117 votes contre et 1 pour.

IndustriALL a apporté un soutien sans faille à son affilié, les Métallos USW, qui a lancé une campagne spéciale dont on peut traduire le slogan par “Assez de concessions !”.

En avril 2014, IndustriALL et les Métallos USW ont organisé une action spéciale de protestation à Philadelphie lors de l’assemblée générale des actionnaires de Crown. D’autres actions de protestation ont été menées en Suisse, en Italie, en Turquie et en France.

Cependant, loin de changer d’attitude, Crown a annoncé vouloir remplacer trois quarts de la main d’œuvre au sein de son usine de Toronto, même en cas de règlement du conflit. Cela signifie que les grévistes vont perdre leur emploi.

En Turquie, Crown a fait usage de failles dans la législation locale pour ne pas négocier avec le partenaire social officiellement reconnu, l’affilié d’IndustriALL Birlesik Metal-Is. L’entreprise a refusé de négocier en toute bonne foi et, en violation des principes de liberté syndicale, a licencié des militants syndicaux sans raison valable.

En octobre de l’année dernière, IndustriALL, en association avec son organisation sœur UITA, a écrit aux clients de Crown pour dénoncer l’attitude déloyale de l’entreprise par rapport à ses salariés.

Fin janvier 2015, Crown a de nouveau montré son triste visage d’entreprise anti-syndicale au Ghana. Sans discussion préalable, ni avertissement, la direction locale à lock-outés 42 travailleurs et travailleuses affiliés à IndustriALL par le biais de l’ICU, Syndicat de l’Industrie et du Commerce. Les travailleurs ont mené des actions devant les grilles fermées de l’usine en exigeant le versement de leur primes de licenciement qui est en débat depuis l’an dernier et ils sont déterminés à poursuivre leurs protestations jusqu’à ce que leurs revendications soient rencontrées.

Kemal Özkan, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL déclare :

L’ensemble de la famille IndustriALL, forte de 50 millions de membres, est fermement aux côtés des travailleurs de Crown au Canada, en Turquie et au Ghana. Nous sommes déterminés à intensifier notre campagne mondiale contre Crown Holdings et nous allons nous opposer à ses pratiques anti-syndicales par tous les moyens possibles au plan national et international. Nous allons continuer à interpeller les membres de leur conseil d’administration ainsi que leurs principaux clients et fournisseurs. Nous tiendrons également le grand public informé des mesures que prendra Crown.”

Les travailleurs iraniens continuent de se battre pour leurs droits fondamentaux

Mineurs: Cette année en janvier, 150 mineurs de charbon ont fait grève pour protester contre le projet de l’entreprise de fermer la mine. Les travailleurs de la mine de charbon Sangroos exigent le versement de plus de 8 mois de salaires impayés; ils ont également soulevé auprès de la direction des questions concernant la santé et la sécurité au travail.

Conducteurs d’autobus: Le 6 janvier, les conducteurs d’autobus membres du syndicat des personnels des lignes d’autobus rapides de Téhéran (VAHED) ont protesté contre le licenciement abusif de collègues et l’incapacité de l’entreprise d’accorder le financement raisonnable promis pour des logements ouvriers.

Personnel enseignant: Trois mois après le début de l’année scolaire, les membres de l’association professionnelle des enseignants d’Iran (ITTA) protestent contre le délai de trois mois pour le règlement des “heures supplémentaires” pour près de 500.000 enseignant(e)s.

Métallurgistes: Alors que le coût de la vie continue d’augmenter en Iran, les salaires restent très bas. Le 7 janvier 2015, les travailleurs/euses employés par le groupe industriel iranien Khodro IKCO (une usine de montage automobile), ont commencé une grève de la faim pour obtenir l’augmentation de leurs très bas salaires. La grève s’est étendue à tous les ateliers de l’usine.

L’Iran, pays peu respectueux des droits fondamentaux de la personne et des droits syndicaux, continue d'être une priorité importante pour IndustriALL Global Union.

“Ces actions vraiment encourageantes sont une source d’inspiration”, dit Kemal Özkan, secrétaire général adjoint de IndustriALL. “Notre solidarité et notre soutien envers nos camarades iraniens se poursuit.”

En attendant, l'Union des métallurgistes et des mécaniciens d'Iran (UMMI) continue de défendre et de faire progresser les droits syndicaux dans des conditions très difficiles. Le syndicat veut améliorer la communication avec les travailleurs et travailleuses sur son nouveau site Internet, ainsi qu’auprès d’autres syndicalistes et camarades du mouvement ouvrier en Iran et dans le monde.

Le site Internet est bilingue, en farsi et en anglais, et il présente des documents et des déclarations de syndicats indépendants de travailleurs iraniens en anglais.

Ce nouveau site Internet est le fruit du travail réalisé par les travailleurs et travailleuses qui ont à cœur d’œuvrer pour l’unité du mouvement ouvrier et d’être au service de l’ensemble des syndicats iraniens du travail,

dit l’UMMI.

Ne galvaudez pas votre amour avec les diamants et l’or sales de Rio Tinto !

Pour cette Saint Valentin, IndustriALL, le London Mining Network, Earthworks et LabourStart mettent au défi Signet, le plus grand détaillant en joaillerie du monde, d’exiger de son plus important fournisseur en diamants et en or, la multinationale minière Rio Tinto, de mettre bon ordre à ses pratiques pour y inclure le respect des droits des travailleurs, des populations indigènes et de l’environnement.

Avec des ventes annuelles de l’ordre de 6 milliards de dollars au plan mondial, les 1.400 bijouteries Kay et Jared sont présentes aux États-Unis dans chacun des états, 1,600 magasins Zales couvrent l’ensemble des États-Unis et du Canada et 500 boutiques Samuel et Ernest Jones affichent leur enseigne dans les plus importantes rues commerçantes du Royaume-Uni. La Fédération nationale de la distribution estime que 21% des consommateurs américains vont offrir un bijou à l’élu(e) de leur cœur à l’occasion de la prochaine Saint Valentin, alimentant ainsi les ventes de bijoux aux États-Unis, qui représentent 5 milliards de dollars.

La coalition appelle Signet à respecter aussi bien sa propre Politique d’approvisionnement responsable, que son engagement public de 2006 par rapport aux Règles d’Or de la campagne No Dirty Gold (pas d’or sale) en faveur de pratiques minières plus responsables. La Politique d’approvisionnement responsable de Signet déclare que l’entreprise est “engagée pour l’approvisionnement responsable de nos produits ainsi que pour le respect des droits de l’homme et nous attendons la même chose de nos fournisseurs partout dans le monde.” L’approbation des Règles d’Or, entérinées par plus de 100 détaillants de bijouterie de par le monde, engage le signataire à faire pression sur ses fournisseurs pour qu’ils s’alignent sur les Règles, qui découlent de législations largement acceptées en matière de droits de l’homme et de principes fondamentaux de développement durable.

Mais Rio Tinto est tristement célèbre pour fouler aux pieds les droits des syndicats, des communautés locales et de l’environnement.

La campagne de Rio Tinto pour saper le droit fondamental des travailleurs et travailleuses à se syndiquer et à négocier collectivement a récemment été mise en lumière dans le rapport Rio Tinto et son “Implication Directe”. Ces violations des droits des syndicats, des communautés locales et de l’environnement ont récemment été disséquées dans le rapport Inviabilité : La vilaine vérité sur Rio Tinto.

Le Responsible Jewellery Council (Conseil de la Joaillerie Responsable – RJC) a octroyé une certification à Rio Tinto, mais il se fait que malheureusement le RJC est largement biaisé.  Il n’est pas indépendant : il est régi par le secteur, à l’exclusion des syndicats, de la société civile et des communautés locales concernées. Il n’est pas non plus transparent : il est impossible pour le grand public de pouvoir déterminer si une entreprise qui a la certification  est en adéquation avec les propres règles de certification du RJC, sans parler de ce qu’il en est des droits de l’homme et des normes d’environnement internationales.

Le Secrétaire général d’IndustriALL, Jyrki Raina, indique : “Jusqu’à ce que Rio Tinto change radicalement de comportement, cette entreprise continuera à entacher la réputation de tous ses principaux partenaires commerciaux. Signet ne fait pas exception. Signet prétend que son implication dans des programmes d’audit social non-indépendants et gérés par le secteur est une réponse suffisante à nos préoccupations. C’est une insulte à tous ceux qui sont affectés par le comportement anti-social de Rio Tinto, à commencer par les clients de Signet.”

Le directeur de la campagne Pas d’Or Sale d’Earthworks, Payal Sampat, déclare : “Personne ne voudrait que ce qui symbolise son amour soit fait avec de l’or ou des diamants qui portent préjudice aux écosystèmes ou à des communautés locales. Signet ne peut apporter aucune garantie digne de ce nom que ses bijoux ne sont pas fabriqués avec des pierres ou de l’or sales. Il est grand temps que le plus grand bijoutier du monde donne un coup de balai au niveau de sa chaîne d’approvisionnement.”

Richard Solly, Coordinateur du London Mining Network, déclare : "Rio Tinto a un long passif de violations des droits fonciers des populations indigènes, de divisions de communautés locales, de pollutions des terres et des ressources aquatiques ainsi que de confrontations avec les syndicats.

Il existe des préoccupations tangibles et constantes par rapport aux impacts humains et environnementaux de ses activités d’exploitation de cuivre et d’or sur les sites d’Oyu Tolgoi en Mongolie et de Grasberg en Papouasie, où ses violations des droits des populations indigènes et ses destructions environnementales ont conduit le fonds de pension géré par le gouvernement norvégien à y désinvestir.”

Soutien au droit de grève le 18 février

Il s’agit de répondre aux attaques sans précédent du patronat et des gouvernements, à la fois contre le droit de grève et la défense de ce droit par l'Organisation internationale du Travail (OIT).

"Le droit de grève est un élément essentiel de la liberté syndicale et de la négociation collective. Les syndicats défendront le 18 février ce droit fondamental partout dans le monde contre les attaques des employeurs et des gouvernements", a déclaré Jyrki Raina, secrétaire général de IndustriALL.

Pendant près d’une centaine d’années de son histoire, l'OIT a contrôlé l'application des conventions et des recommandations de l'OIT avec l’appui total des groupes tripartites – travailleurs, employeurs et gouvernements. Toutefois, depuis 2012 le groupe des employeurs s’est livré à des attaques contre ce système, notamment en mettant en cause le droit de grève.

IndustriALL soutient le groupe des travailleurs de l'OIT et demande le renvoi de ce différend devant la Cour internationale de Justice pour avis consultatif. Cependant le groupe des employeurs et certains gouvernements ont bloqué cette demande au Conseil d'administration de l'OIT en novembre 2014. Au lieu de cela, une réunion tripartite est prévue du 23 au 25 février 2015 pour examiner la question.

La prolongation de ce conflit a un impact hors de l'OIT. Par exemple l’interdiction par le gouvernement turc la semaine dernière de la grève des métallurgistes en Turquie ne peut pas être efficacement contestée à l'OIT tant que le blocage actuel persiste.

"L'issue de ce litige au sein de l’OIT aura des répercussions sur les lieux de travail dans le monde entier. Nous devons entreprendre des actions dans nos pays et exiger que la grève continue d’être reconnue comme un droit fondamental dans le monde", a déclaré Raina.

Les syndicats peuvent participer le 18 février à la Journée mondiale d'action de plusieurs façons:

Veuillez informer [email protected] des actions entreprises le 18 février.

La sécurité d’abord? Nouvel accident mortel chez Rio Tinto

Un travailleur d’une équipe de nuit qui actionnait un excavateur près d’un bassin de résidus dans l’entreprise QIT Madagascar Minerals (QMM) de Rio Tinto est mort le 28 janvier quand son excavateur s’est renversé dans le bassin.

Bien que ses collègues aient immédiatement appelé du secours sur une ligne d'urgence, le travailleur immergé dans le bassin n’a pas pu être localisé avant 17 heures. Son corps a été retrouvé à l'extérieur de la cabine de l’excavateur une fois la bassin vidangé.

L’affilié de IndustriALL, FISEMA, représente les salariés de Rio Tinto à Madagascar. FISEMA pose des questions sur la cause de l'accident, la raison pour laquelle il a fallu 17 heures pour retrouver le corps du travailleur décédé, pourquoi le corps a été retrouvé à l’extérieur de la cabine, et si de tels travaux dangereux devaient être effectués de nuit.

Cet accident permet de douter que Rio Tinto a procédé de manière adéquate à l’examen de la sécurité des travailleurs de l’équipe de nuit et que l’entreprise a également prévu des équipements et des procédures de secours appropriés. Nous demandons instamment à Rio Tinto de travailler en étroite collaboration avec FISEMA pour déterminer les causes de ce décès et prendre toutes les mesures nécessaires pour que cela ne se reproduise plus,

a déclaré Kemal Özkan, secrétaire général adjoint de IndustriALL.

En janvier 2015, les accidents mortels à Madgascar et dans la mine Grasberg en Indonésie où Rio Tinto détient une participation minoritaire – et où 39 travailleurs ont été tués au cours des deux dernières années – jettent le doute sur l’affirmation longtemps assurée par Rio Tinto qui selon ses dires accorde une grande valeur à la sécurité des travailleurs.

"Dans le monde entier, de nombreux syndicats de Rio Tinto ont dit à IndustriALL que Rio Tinto applique de façon arbitraire les procédures de santé et de sécurité, fait pression sur les travailleurs pour que la production prenne le pas sur la sécurité, exerce une action disciplinaire sur les travailleurs qui refuseraient un travail dangereux, et ne traite pas véritablement les dangers présents en milieu de travail. Nous exigeons que Rio Tinto change immédiatement ses pratiques afin de respecter les revendications en matière de sécurité", a déclaré Özkan.

Le syndicat porte les pratiques anti-syndicales de SQM devant les tribunaux

SQM est le plus grand producteur mondial de lithium. Il est pour l’instant empêtré dans une controverse liée à des irrégularités financières. Il a également violé les droits fondamentaux de ses travailleurs et travailleuses, qui ont subi des représailles et ont été victimes de pratiques anti-syndicales. L’entreprise a aussi licencié deux travailleurs dont le syndicat tente d’obtenir la réintégration.

Nous allons devant les tribunaux en raison de la violation de valeurs fondamentales relatives aux droits syndicaux et à la liberté syndicale, qui font non seulement partie de la législation du travail mais sont aussi inscrits dans la Constitution”, précise Miguel Soto, le Secrétaire général du syndicat.

SQM mis en cause depuis 2012

L’entreprise a des problèmes depuis des années. En 2012, elle a obtenu un contrat spécial pour le lithium après avoir proposé 40 millions de dollars pour une concession. Ce contrat portait sur l’exploration et la production de lithium métallique pouvant aller jusqu’à 100.000 tonnes sur 20 ans. Cependant, la CEL (Commission spéciale d’adjudication) a invalidé la procédure après avoir constaté que SQM n’avait pas respecté les règles d’adjudication.

SQM a également été impliqué dans l’affaire Cascada, au cours de laquelle une minorité d’actionnaires de cette entreprise ont été accusés d’irrégularités. Le SVS (le régulateur du marché financier et de l’assurance) a mené une enquête sur de possibles infractions à la loi sur  les marchés financiers et à la législation des entreprises. Au bout du compte, l’entreprise fait l’objet d’une enquête pour son rôle dans un dispositif de fraude fiscale impliquant de fausses factures et connu sous le nom de Pentagate.

Une entreprise qui ne respecte pas les droits des travailleurs

Le 6 décembre 2014, Boris Chaile et Cristian Rojo, salariés de la filiale de SQM Salar, ont été élus à la direction du Syndicat inter-entreprises des Métallurgistes, Quelques jours plus tard, l’entreprise les a licenciés en invoquant une clause de l’Article 161 du Code du Travail faisant référence aux “besoins de l’entreprise”. Cependant, ceci ne prend pas en compte la sécurité d’emploi reconnue aux dirigeants syndicaux élus.

Le 21 janvier 2015, l’Inspectorat du Travail de Calama a demandé à l’entreprise de réintégrer ces dirigeants, mais l’entreprise a refusé. Les travailleurs ont dû faire face à d’autres représailles et ont été victimes des pratiques anti-syndicales de l’entreprise. CONSTRAMET a dès lors décidé de saisir à nouveau les tribunaux contre l’entreprise pour violation de droits fondamentaux.

Au lieu de défendre les travailleurs, les dirigeants de l’entreprise les ont menacés de représailles s’ils restaient membre du syndicat inter-entreprises. Il leur a été dit qu’ils risquaient le licenciement.

Miguel Soto est persuadé que l’entreprise tente de saper le droit à négocier collectivement. Avec le soutien d’un syndicat-maison, elle a refusé de négocier et a imposé ses conventions collectives de travail.

Les travailleurs du pétrole de l'USW entament une grève nationale

Près de 4.000 adhérents du syndicat ont arrêté le travail dans neuf raffineries et usines de produits chimiques pour protester contre le refus des compagnies pétrolières de prendre en compte les graves préoccupations des travailleurs en matière de sécurité.

L'USW négocie actuellement une nouvelle convention collective qui définirait une référence nationale en matière de conditions de travail, de salaires et de prestations avec les compagnies pétrolières dont Shell a pris la tête. La précédente convention est arrivée à expiration à la fin janvier.

"Shell a refusé de remettre une contre-proposition et a quitté la table des négociations", a déclaré le Président international de l'USW, Leo W. Gerard. "Nous n'avons eu d'autre choix que de déposer un préavis de grève.

Son syndicat représente les travailleurs de 65 raffineries américaines qui produisent environ 64 pour cent du pétrole consommé dans le pays.

Shell a avancé plusieurs propositions dérisoires qui ont toutes été rejetées par l'USW.

"Nous avons dit à Shell que nous étions prêts à continuer à négocier un texte équitable qui profite aux travailleurs et à l'industrie, mais ils ont refusé de revenir à la table," a dit le Vice-président international de l'USW, Gary Beevers, qui dirige le Programme national de négociation du secteur pétrolier du syndicat.

"Cet arrêt de travail porte sur la pénibilité des heures supplémentaires, les niveaux d'effectifs dangereusement insuffisants, les situations dangereuses que l'industrie persiste à nier, les incendies qui éclatent tous les jours, les rejets, les fuites et les explosions qui menacent les communautés locales tandis que l'industrie ne fait pas grand-chose pour y remédier, le refus de l'industrie de donner aux travailleurs les possibilités de se spécialiser, le recours flagrant à la sous-traitance avec son incidence sur la santé et la sécurité au travail et la dégradation de notre lieu de travail où des travailleurs syndiqués, qualifiés et expérimentés, sont remplacés par des sous-traitants lorsqu'ils quittent ou partent à la retraite," ajoute Gary Beevers.

Dans un message de solidarité adressé au Président international de l'USW, le Secrétaire général d'IndustriALL, Jyrki Raina, écrit :

"Nous sommes aux côtés des travailleurs du pétrole de l'USW qui ont un droit fondamental à la sécurité au travail. Les réductions de coûts par le recours à la sous-traitance, les horaires de travail déraisonnables et des possibilités de formation inadéquates ne peuvent pas mettre des vies en danger. Nous exhortons les compagnies pétrolières à prendre sérieusement en compte le bien-être de leurs travailleurs et la sécurité de l'industrie pétrolière dans son ensemble."

"IndustriALL Global Union et ses affiliés de l'industrie pétrolière du monde entier expriment fermement leur solidarité avec tous leurs camarades de l'USW," ajoute Jyrki Raina.

Nissan rejette l'offre du gouvernement américain d'intercéder dans le conflit avec l'UAW

L'UAW et IndustriALL ont accepté l'offre de médiation du PCN et ont participé, en novembre, à une séance d'information préliminaire avec des médiateurs du Federal Mediation and Conciliation Service qui leur ont expliqué la procédure.

"Manifestement, Nissan se comporte d'une certaine manière dans d'autres parties du monde, mais elle exploite démesurément les travailleurs aux États-Unis. Le fait que cette entreprise continue de nier la gravité de la situation et son refus de mettre fin à ces abus ou d'entamer un dialogue qui pourrait s'avérer positif pour les travailleurs comme pour l'entreprise sont absolument déraisonnables" a déclaré le Président de l'UAW, Dennis Williams.

Jyrki Raina, le Secrétaire général d'IndustriALL qui représente 50 millions de travailleurs dans le monde, dont 150.000 chez Nissan et la majorité du personnel de Renault dans le monde, s'est dit gravement déçu par cette annonce. "L'UAW et les affiliés d'IndustriALL ont tenté à plusieurs reprises de rencontrer Nissan North America pour trouver une solution. Le refus de Nissan de s'engager dans le processus de l'OCDE envoie un message très préoccupant à ses partenaires Renault et Daimler, ainsi qu'à la communauté mondiale des investisseurs." Et il ajoute : "Nous savons de Nissan qu'elle respecte les droits des travailleurs dans d'autres parties du monde, mais aux États-Unis, nous avons des cas démontrés d'intimidation et d'exploitation des travailleurs et de leurs communautés. C'est là un recul inquiétant de Nissan."

Le PCN américain a également indiqué avoir échangé des informations à ce propos avec les PCN du Japon, de France et des Pays-Bas, et que "ces PCN se tiennent à la disposition des parties pour leur apporter leur assistance." Nissan est une firme japonaise dont le groupe français Renault détient 43,4 pour cent du capital et l'Alliance Renault-Nissan est une société de droit néerlandais. Après la Déclaration finale du PCN américain, l'UAW et IndustriALL envisagent maintenant de porter l'affaire devant ces instances pour tenter de trouver une issue au conflit.

Le gouvernement américain recommande que Nissan "procède à un examen des droits au travail dans l'ensemble de ses activités" du point de vue du respect des Principes directeurs de l'OCDE et envisage d'autres formes de médiation pour régler les problèmes soulevés dans le cas de l'OCDE.

Lien vers la Déclaration finale : http://www.state.gov/e/eb/oecd/usncp/links/rl… 

165.000 métallurgistes allemands lancent des grèves d’avertissement

Les arrêts de travail ont lieu au moment où le syndicat allemand, IG Metall, négocie avec le patronat une convention collective à l’échelle du secteur industriel pour 2015.

Après deux séries de négociations le mois dernier, IG Metall a rejeté une proposition des associations patronales de la métallurgie et de l’industrie électrique qui prévoyait une hausse dérisoire des salaires et une réduction des droits liés à la retraite.

Les employeurs ont offert une hausse salariale de 2,2 pour cent du 1er mars au 31 décembre 2015, qui n’incluait pas les deux premiers mois l’année.

IG Metall demande une augmentation salariale à hauteur de 5,5 pour cent et d’une durée de 12 mois.

La proposition patronale cherche aussi à réduire le droit à une retraite partielle (qui permet aux salariés de réduire leur temps de travail au cours des dernières années avant leur départ à la retraite) de 4 à 2 pour cent de l’effectif total employé dans une entreprise.

En outre, seul le personnel ayant la charge de travail la plus lourde aurait la possibilité de prendre une retraite partielle, l’employeur disposant du droit exclusif de décider qui peut en bénéficier. 

Les employeurs ont également rejeté un appel de IG Metall pour élargir dans la nouvelle convention collective, la possibilité des salariés de participer à des sessions de formation et de qualification pendant le temps de travail payé.

Une troisième série de négociations débutera le 6 février en Rhénanie-du-Nord-Westphalie.

La grève des métallurgistes interdite en Turquie

La législation turque du travail sur les syndicats et la convention collective de travail, loi numéro 6356, comporte une disposition selon laquelle “une grève ou un lock-out légal, qui a été décidé ou a commencé, peut être suspendu par décret par décision du Conseil des ministres pour une période de 60 jours, s’il risque de compromettre la santé publique ou la sécurité nationale. La suspension prend effet à la date de publication du décret“.

Le décret gouvernemental, signé par le président Recep Tayyip Erdogan, le Premier ministre Ahmet Davutoğlu et l’ensemble du cabinet, considère la grève des métallurgistes comme “risquant de compromettre la sécurité nationale”.

Ce n’est pas nouveau pour les syndicats turcs – en 2014, des grèves dans les secteurs du verre et des mines avaient été interdites par le même gouvernement et pour la même raison.

“Le droit de grève n’existe plus en Turquie”, dit Kemal Özkan, secrétaire général adjoint de IndustriALL Global Union. “Ce droit fondamental, garanti par la Constitution du pays et par les normes internationales ratifiées par le gouvernement, existe seulement sur le papier, non dans la réalité”.

La loi établit également que “si un accord n’intervient pas avant la date d’expiration de la période de suspension, le Conseil supérieur d’arbitrage règle le différend à la demande de l’une des parties dans un délai de six jours ouvrables. Sinon, la compétence du syndicat ouvrier est annulée”.

C’est l’indication claire que la soi-disant “suspension” est en fait une “interdiction” en termes réels, du fait qu’il n’y a aucune possibilité de poursuivre la grève après la période de 60 jours.

Birlesik Metal-Is adressera certainement un recours au Conseil d’État pour l’annulation du Décret gouvernemental avec une demande de suspension de son exécution pour être en mesure de poursuivre la grève.

Toutefois, la dernière expérience dans l’industrie du verre en 2014 n’a pas été positive du fait que le Conseil d’État a statué en faveur du gouvernement, à l’inverse de la jurisprudence précédente basée sur des arguments économiques plutôt que de la protection des droits fondamentaux.

Kemal Özkan précise également:

Il est scandaleux de voir le gouvernement turc enfreindre sans discernement des droits fondamentaux. Cependant nous ne renoncerons jamais et continuerons d’apporter notre soutien et notre solidarité au syndicat Birlesik Metal-Is.