Le droit de grève confirmé à l’OIT

Une déclaration commune des groupes des employeurs et des travailleurs affirme que le droit de mener des actions de grève est reconnu par l’OIT.

Ce cessez-le-feu bilatéral met un avant une série de propositions qui mettent fin au blocage qui laissé l’OIT dans une impasse depuis 2012.

Ces propositions seront maintenant présentées pour approbation au Conseil d’Administration de l’OIT en mars.

Les groupes des employeurs ont remis en cause le droit de grève parce qu’il n’est pas explicitement présent au sein de la Convention 87 de l’OIT, bien que pendant des années il a été accepté de manière universelle aussi bien par les gouvernements, les travailleurs que les employeurs.

Mais ceci a conduit à ce que des cas de violations graves de droits du travail dans de nombreux pays ne soient pas traitées par l’OIT en raison du fait que le groupe des employeurs campait sur ses positions.

La déclaration fait suite à une journée mondiale de protestation pour défendre le droit de grève de la part des fédérations syndicales ce 18 février, qui a impliqué plus d’une centaine d’actions menées dans plus de 60 pays, avec la participation d’affiliés d’IndustriALL. Ces protestations étaient destinées à mettre la pression à la fois sur les gouvernements et les employeurs au niveau de l’OIT.

De manière significative, le Groupe gouvernemental, qui avait été auparavant divisé sur la question, a soutenu avec force le droit de grève lors de la réunion de février. Dans une déclaration lors des débats, il a indiqué :

“Le groupe gouvernemental reconnaît que le droit de grève est lié à la liberté syndicale, qui est un principe et droit fondamental au travail de l’OIT. Il reconnaît en outre expressément que, sans protection de ce droit de grève, la liberté syndicale et, en particulier, le droit d’organiser des activités pour promouvoir et protéger les intérêts des travailleurs ne peuvent être pleinement garantis.”

Jyrki Raina, Secrétaire général d’IndustriALL a déclaré :

La reconnaissance par les employeurs du droit de grève est un très positif pas en avant. Il faut en donner le crédit à nos affiliés qui se sont battus avec force pour la défense de ce droit fondamental. Cependant, la bataille n’est pas gagnée. Nous devons rester vigilants et nous assurer que les employeurs ne prennent pas à nouveau en otage le droit de grève.

Grave répression syndicale en Géorgie

Pendant plusieurs semaines en février, RMG, qui produit plus de 10 pour cent des exportations totales de la Géorgie, a forcé durement un millier de membres de TUMMCIWG à mettre fin à leur adhésion syndicale par une contrainte de plus en plus forte et par un harcèlement.

La répression syndicale a commencé immédiatement après le rappel à la direction par TUMMCIWG de remplir ses obligations prévues dans la convention collective signée le 23 mars 2014 après 40 jours de grève.

Dès la reprise de l’activité minière en décembre 2014, après l’approbation de l’activité minière par le ministère de la Culture et de la Protection des Monuments et par l’Agence nationale de protection de l’héritage culturel, la direction a commencé une campagne de dure répression syndicale contre les membres du syndicat chez RMG Gold et RMG Copper. Le site qui est considéré comme l’un des plus anciens du monde, remonte à près de 5000 ans.

Les représentants patronaux ont forcé les salariés à signer des lettres de démission déjà imprimées. Ces actions visant à faire pression constituent des infractions aux droits inscrits dans les législations nationales et internationales sur les droits de la personne et les droits syndicaux.

Tamazi Dolaberidze, président du TUMMCIWG, a dénoncé l’entreprise dans des appels téléphoniques à plusieurs responsables de haut rang de l’entreprise, en les avertissant que cela pouvait faire l’objet de poursuites selon le droit pénal géorgien. Cependant, la pression continue.

Plusieurs chauffeurs de camions qui avaient refusé de signer leur lettre de démission au début, ont été ensuite forcés de le faire, la direction ayant arrêté le transport du minerai, ce qui les laissait sans travail et sans salaire durant la période de temps mort forcé.

Le secrétaire général de IndustriALL, Jyrki Raina, a écrit à la direction de RMG pour lui demander de mettre fin aux infractions à la législation et d’empêcher une nouvelle répression syndicale. IndustriALL a demandé également à RMG de remplir ses obligations prévues dans l’accord signé en mars 2014.

ThyssenKrupp impose des suppressions d’emplois au détriment des plus faibles chez AST Terni

“Les travailleurs et travailleuses de l’industrie ne peuvent pas servir de soupapes de détente pour réduire les tensions provoquées par la politique de ThyssenKrupp dans les aciéries de Terni à Ast, après l’accord du 3 décembre”, indique-t-on dans la déclaration syndicale commune de CGIL, CISL et UIL à Terni Umbria.

L’accord a été signé début décembre par les syndicats, les employeurs et différentes institutions gouvernementales, après une longue grève de 40 jours. Il garantit au personnel employé en sous-traitance, une aide à la recherche d’un nouvel emploi et une formation, mais selon le syndicat, cela relève jusqu’ici du domaine théorique.

Les syndicats estiment que l’entreprise multinationale pousse à l’extrême sa stratégie de maintien des coûts aux dépens des sous-traitants. Par peur de perdre des contrats importants, ceux-ci acceptent les nouvelles conditions en faisant supporter toutes les charges par les travailleurs/euses. Les conséquences sont déjà visibles: dégradation des salaires et des droits, ainsi que des modifications apportées aux contrats de la main-d’œuvre en sous-traitance avec comme résultat, des pertes d’emplois.

En réponse à la situation, Cgil, Cisl et Uil ont déclaré être prêts à engager un conflit du travail dans l’aciérie ThyssenKrupp à Terni.

Environ 1.500 travailleurs seraient touchés par ce conflit. Les syndicats disent qu’une centaine au moins de pertes d’emplois est confirmée, et ils estiment que ce nombre ira en augmentant si l’entreprise ne revoit pas sa politique.

Le syndicat cherche à obtenir une réunion avec la direction de l’entreprise et prépare des mobilisations dans le cas où il ne serait pas tenu compte des revendications ouvrières.

NUM s’oppose à Glencore

"Nous sommes sérieusement exaspérés et ébranlés par l’attitude de Glencore en Afrique du Sud," dit Ecliff Tantsi, secrétaire national à l’éducation du NUM.

“Glencore assure respecter les droits de la personne, la culture communautaire, la négociation collective et le droit des salariés à adhérer librement au syndicat de leur choix, mais sa pratique est très éloignée de sa rhétorique.” 

Le 21 février, 2.000 membre du NUM à la mine de charbon Optimum dans la province de Mpumalanga, ont organisé une manifestation pacifique pour montrer leur frustration et leur colère au directeur général de Glencore, à la Commission exécutive et au Conseil d’administration en Afrique du Sud et à l’étranger.

NUM a noté avec une grande inquiétude la tendance de Glencore à absorber des entreprises dans le but de les fermer tout en conservant le permis d’exploitation minière. 

"Glencore optimalise ses bénéfices sur le dos de salariés vulnérables chez ses entrepreneurs. Ce comportement est en contradiction directe avec l’engagement pris par l’entreprise en octobre 2012 lors de l’approbation de la fusion, quand elle assurait qu’il n’y aurait aucune réduction d’effectif parmi les 100 salariés au plus bas de l’échelle," dit Tantsi.

Un nouvel amendement au projet de loi sur l’équité dans l’emploi stipule clairement que les salariés doivent recevoir un même salaire pour un même emploi. Selon NUM, la fermeture de la houillère Optimum est clairement une décision prise par Glencore pour éviter d’avoir à respecter ce projet de loi.

Tantsi dit:

"Glencore ne veut pas être soumis au respect de la loi dans notre pays."

NUM a donné sept jours à Glencore pour répondre à ses demandes:

Glen Mpufane, directeur de l’exploitation minière de IndustriALL dit que la solidarité mondiale est seule capable de montrer à Glencore comment se comporter avec son personnel:

Glencore agit comme le veut son statut, comme un produit plutôt que comme une entreprise minière. L’exploitation minière pour elle n’est pas là pour durer, c’est une activité à court terme, et elle entend par court terme, du profit. La tentative de Glencore en Afrique du Sud doit être rejetée, tout comme sa tentative à Sherwin Alimuna.

USA : La riposte des travailleurs aux géants du pétrole

Les conventions collectives en vigueur dans l'industrie pétrolière américaine sont arrivées à expiration à partir du 31 janvier. Devant le refus de l'industrie de faire des propositions raisonnables, les travailleurs de 15 sites sont maintenant en grève aux États-Unis. Cette action est menée par 7.000 travailleurs et touche 12 raffineries qui représentent environ un cinquième de la capacité totale de raffinage du pays.

La santé et la sécurité sont au centre de ce conflit. En 1973, après une grève nationale, le prédécesseur de l'USW avait remporté de haute lutte une victoire contre Shell Oil et des améliorations dans ce domaine. Mais au fil des décennies, ces avancées se sont effritées du fait des réductions de personnel, de la sous-traitance et des compressions de coûts.

On "rogne" sur la maintenance, le matériel est acheté au "moins-disant" et de plus en plus d'emplois qualifiés sont sous-traités et assurés par une main-d’œuvre temporaire moins payée, plus facilement intimidée et en général non syndiquée. Les raffineries américaines se retrouvent ainsi avec ce qui ne ressemble même pas à un noyau de personnel spécialisé; souvent, il n'y a pas assez de gens sur site pour assurer le fonctionnement normal, et a fortiori faire face à une urgence. Le manque d'effectifs implique des horaires de travail inhumains ainsi qu'un stress et un épuisement chroniques.

L'industrie pétrolière est une des industries les plus riches de la planète. Pourtant, elle affiche le plus profond mépris pour la santé et la sécurité de ceux qui assurent ses bénéfices et qui vivent dans les communautés environnantes.

Les 50 millions d'adhérents d'IndustriALL du monde entier soutiennent sans réserve l'United Steelworkers dans leur combat contre une industrie riche et dangereuse, et des grands syndicats du pétrole mènent des actions de solidarité.

Le Secrétaire général d'IndustriALL, Kemal Özkan, a déclaré :

Nous continuerons à soutenir nos camarades de l'industrie pétrolière aux États-Unis et ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour les aider à remporter la victoire.

IG Metall obtient 3,4% de hausse des salaires dans l'industrie

Cet accord a été conclu aux petites heures du matin du 24 février entre notre affilié IG Metall et des groupes d'employeurs.

Il concerne 800.000 travailleurs de la métallurgie et de l'électronique du grand bassin industriel de Bade-Wurtemberg et servira de référence pour la négociation d'autres accords dans d'autres régions du pays qui couvrent au total 3,7 millions de travailleurs.

Cette hausse des salaires, qui doit prendre effet en avril, est une grande victoire pour le syndicat :

"Ce résultat assure la stabilité de l'économie allemande", s'est réjoui le Président d'IG Metall, Detlef Wetzel.

Plus de 850.000 adhérents d'IG Metall ont mené des grèves dans tout le pays depuis la fin janvier alors que les représentants des syndicats et des employeurs négociaient âprement les salaires et les prestations pour les 12 prochains mois.

Les travailleurs recevront aussi une prime unique de 150 euros correspondant à la période de janvier à mars écoulée depuis la fin de la précédente convention collective.

D'autres avancées ont été obtenues en matière de retraite anticipée, en particulier pour les plus bas salaires. Dorénavant, les employeurs verseront 90 pour cent des salaires pendant que les travailleurs poursuivent leur activité en régime de préretraite, un montant qui sera maintenu lorsqu'ils auront arrêté le travail et jusqu'à l'âge officiel de départ à la retraite. Cela veut dire que la préretraite sera plus abordable pour les salariés à faible revenu, en particulier ceux des chaînes de montage et de la production générale.

En outre, l'argent des entreprises qui n'ira pas au financement de la retraite anticipée (qui doit être accessible à 4 pour cent au moins du personnel) devra être affecté à des programmes de formation.

Le Président d'IG Metall a parlé d'un "premier pas important" vers l'instauration d'un modèle pour les droits des travailleurs en matière d'évolution de carrière.

Le Secrétaire général d'IndustriALL, Kemal Özkan, a commenté la nouvelle en ces termes :

"Nous félicitons IG Metall pour cette avancée considérable. IG Metall a une fois de plus démontré sa force et décroché une hausse significative des salaires pour les travailleurs de la métallurgie et de l'électronique. Le soutien massif de près d'un million de travailleurs dans une série de grèves d'avertissement témoigne de la force de la solidarité des travailleurs."

Rio Tinto cherche la confrontation avec les syndicats lors d’une réunion internationale

La réunion se déroulait dans les bureaux de Rio Tinto à Zurich le 6 février dernier. Elle avait été convenue entre un membre du Comité exécutif de Rio Tino et IndustriALL, avec le soutien du réseau mondial des syndicats de Rio Tinto. L’entreprise avait marqué son accord préalable sur un ordre du jour fixe pour la réunion.

“Rio Tinto s’est comportée avec arrogance dès l’entame de la réunion, fixant des ultimatums, menaçant de poursuites judiciaires et nous empêchant de nous exprimer. J’ai rarement vu ce genre de comportement depuis que la période de l’apartheid a pris fin,” a commenté le Secrétaire général du Syndicat national des Mineurs d’Afrique du Sud et Vice-président d’IndustriALL Frans Baleni.

“J’ai fait le voyage depuis l’Australie jusqu’en Suisse dans l’espoir d’avancer sur des problèmes que la direction australienne de Rio Tinto a refusé d’aborder. Il est notamment question de fréquentes brimades et d’accusations de harcèlement sexuel au niveau des activités de l’entreprise chez Hunter Valley Coal,” a indiqué le Secrétaire général de la section Mines et Énergie du CFMEU, qui occupe aussi la présidence de la section des Mines d’IndustriALL, Andrew Vickers.

“Au lieu de cela, Rio Tinto s’est seulement déclarée être disposée à discuter si nous acceptions son ultimatum de mettre fin à notre campagne. L’entreprise crie sur tous les toits qu’elle a la volonté de travailler avec les parties prenantes d’importance, comme les syndicats, mais le message qu’on nous envoie est plutôt “comme je dis, sinon rien”.”

“L’attitude de Rio Tinto au Labrador (Canada), est mauvaise pour ses affaires et mauvaise pour les travailleurs. Il y a 2.300 doléances en cours qui démoralisent les travailleurs et travailleuses et la direction locale refuse de collaborer avec le syndicat pour les résorber,” a indiqué Euclid Hache, représentant des Métallos USW.

“Nous espérions que la direction générale de Rio Tinto collaborerait avec nous pour trouver le chemin de relations sociales moins conflictuelles au Labrador. Au lieu de cela, elle a rejeté le dialogue et a choisi l’escalade dans le conflit.”

“Malheureusement, cela ne m’a pas surprise,” a confié la Secrétaire du Conseil d’Entreprise Européen de Rio Tinto, Véronique Roche. “Rio Tinto a pour habitude de négliger de dialoguer avec respect avec ses salariés européens et leurs syndicats.”

“Au cours de l’année écoulée, IndustriALL a mené une campagne pour exposer au grand jour le fossé qui existe entre les déclarations de Rio Tinto sur la durabilité et ses pratiques réelles. Notre but, comme nous l’avons clairement fait savoir au cours de campagne, est de convaincre Rio Tinto de vivre selon ses principes. Cela ferait de cette entreprise un acteur économique plus florissant et serait bon pour l’ensemble des parties prenantes qui la compose,” a déclaré le Secrétaire général adjoint d’IndustriALL Kemal Özkan.

Malheureusement, la campagne n’a pas encore atteint cet objectif, comme l’a démontré la direction générale de Rio Tinto en refusant de poursuivre le dialogue avec nous. Nous allons dès lors redoubler d’efforts.

Benetton accepte d’indemniser les victimes du Rana Plaza

Le secrétaire général de IndustriALL, Jyrki Raina, a dit:

"Nous sommes heureux d’apprendre enfin que Benetton a promis de contribuer au Fonds fiduciaire des donateurs du Rana Plaza. Il est maintenant temps pour Benetton de montrer ce que l’entreprise a décidé d’offrir. 

“Nous demandons à Benetton de faire ce qu’on attend moralement d’elle, et d’indemniser avec compassion. Nous attendons une contribution importante au Fonds fiduciaire des donateurs du Rana Plaza de la part d’une grande marque qui s’est approvisionnée au Rana Plaza et a investi considérablement au Bangladesh."

Le secrétaire général de UNI Global Union, Philip Jennings, a dit:

“Nous comprenons que Benetton promet de participer et d’assumer sa part de responsabilité pour les victimes de la tragédie du Rana Plaza.

“Pour une entreprise dont les bénéfices se montent à plus de 200 millions d’USD sur un chiffre d’affaires de 1,6 milliard d’USD, nous nous attendons à ce que Benetton fasse preuve des plus généreuses couleurs. UNI et IndustriALL sont déjà prêts à des pourparlers pour assurer une indemnisation juste.”

Bien que IndustriALL et UNI accueillent cette nouvelle avec circonspection, les deux syndicats mondiaux appellent l’attention sur des questions en attente qui pourront être résolues de toute urgence grâce au paiement effectué par Benetton.

Les deux syndicats mondiaux ont également recommandé la prudence concernant le maintien des promesses de paiement de Benetton, et ils ont fait remarquer que Benetton a participé à l’origine à l’accord d’indemnisation du Rana Plaza soutenu par l’ONU, mais s’est ensuite retiré avant l’établissement du fonds.

Le droit de grève au centre des débats au Mexique

Le gouvernement se plaît à proclamer que le Mexique est un pays "sans grèves". Mais en réalité, cette situation n'est pas le fruit d'un dialogue social digne de ce nom; elle confirme plutôt que le droit de grève ne s'impose pas en tant que tel, mais qu'il découle de la liberté syndicale, un droit inexistant dans la pratique au Mexique.

Pour marquer cette journée d'action, IndustriALL Global Union a adressé aux 500 participants à l'assemblée plénière de l'Union nationale des travailleurs (UNT) un message dans lequel il s'est engagé, aux côtés d'autres organisations démocratiques, à défendre le droit de grève.

Le Syndicat mexicain des électriciens (SME) avait lui aussi invité la Responsable régionale d'IndustriALL, Laura Carter, à prendre la parole devant plus de 800 de ses adhérents à une manifestation organisée à l'occasion de cette journée d'action. Et les syndicats indépendants qui participaient à une réunion de coordination ont appuyé les appels lancés au gouvernement pour qu'il défende le droit de grève à l'OIT.

Depuis la réforme de la législation du travail de 2012, les attaques contre les droits au travail se multiplient. Les syndicats indépendants et leurs dirigeants démocratiquement élus sont régulièrement privés de reconnaissance juridique tandis que les syndicats jaunes et leurs "contrats de protection" corrompus sont imposés aux travailleurs. Les grèves, lorsqu'il y en a, sont fréquemment jugées illégales. L'exemple le plus récent de cette érosion des droits au travail est la tentative de faire passer une réforme constitutionnelle qui priverait de leurs droits collectifs des milliers de travailleurs employés dans des organes de l'État décentralisés (à savoir, la réforme de l'article 123 b).

Les syndicats indépendants pourraient aussi être affectés si le réexamen de l'application de la convention 87 de l'Organisation internationale du travail et le traitement de la plainte déposée par IndustriALL auprès du Comité de la liberté syndicale de cette organisation étaient mis en veilleuse du fait de la déstabilisation des organes de contrôle de l'OIT provoquée par le Groupe des employeurs.

En tant que participant à la prochaine réunion tripartite sur le droit de grève et que membre du Conseil d'administration de l'Organisation internationale du travail, le gouvernement mexicain participera à la décision sur l'opportunité de soumettre la question à la Cour internationale de justice en vue d'une interprétation définitive, la piste que préconise le mouvement syndical international.

Les syndicats de IBM demandent la fin des suppressions d’emploi

Dans une initiative qui a provoqué la colère des salariés de IBM dans le monde, au moment où ils étaient menacés par des suppressions d’emploi massives, les cadres dirigeants de IBM ont reçu des primes de plusieurs millions de dollars malgré les mauvais résultats financiers pendant 11 trimestres consécutifs.

Kan Matsuzaki, directeur des TIC, de l’électricité et l’électronique à IndustriALL Global Union, a déclaré:

Les travailleurs et travailleuses de IBM dans le monde veulent la réussite de leur entreprise, mais les cadres de IBM doivent réaliser que les salariés sont les atouts du succès commercial et non un handicap. Il est essentiel pour IBM d’engager de toute urgence un dialogue constructif et ouvert avec les syndicats qui représentent les travailleurs et travailleuses de l’entreprise pour expliquer ce qui se passe et en donner la raison. Faire barrage à la main-d’œuvre n’est pas une réponse.

Alan Tate, chef de l’information, de la communication et des télécommunications à la fédération syndicale international UNI Global Union, basée en Suisse, qui représente 3 millions de salariés des industries des TIC, a déclaré: “Les salariés de IBM dans le monde apprennent par les médias à se préparer pour un emploi. Cette incertitude amène un niveau élevé d’anxiété chez nos membres et porte atteinte à la réputation de IBM en tant qu’employeur.

“Selon des renseignements recueillis aux États-Unis, au Canada et dans d’autres pays, des salariés de IBM ont reçu un avis de résiliation de leur contrat. Selon d’autres sources, l’évaluation professionnelle des salariés de IBM (‘PBC’) est artificiellement baissée de façon à justifier une augmentation des suppressions d’emploi. Pendant ce temps, les initiés de l’entreprise signalent que s’il est mis fin à des emplois, c’est pour transférer des postes dans des pays où les coûts de personnel et les protections sociales sont considérablement plus faibles.”

Selon la section 1701 de l’organisme américain Alliance@IBM Communication Workers of America (CWA) la menace des suppressions d’emploi aux États-Unis et au Canada pourrait concerner jusqu’à 5.000 travailleurs et travailleuses.

Des membres de IBM Global Union Alliance pour les travailleurs et travailleuses de IBM ont demandé à l’entreprise de mettre fin à ses plans de suppressions d’emploi et d’indiquer clairement que cela n’a commercialement aucun sens de se séparer de salariés qui essaient de régler les difficultés de l’entreprise par leur engagement sans précédent dans la productivité et l’innovation.

L’Alliance a également demandé à l’entreprise de signer un accord avec les salariés et les représentant(e)s de leur syndicat pour démontrer la valeur accordée à leur contribution dans l’entreprise dans le but d’améliorer le moral. Les principales demandes de IBM Global Union Alliance sont les suivantes: