Union et organisation pour la Journée de la femme le 8 mars!

Nous commémorons ce 8 mars la Journée international de la femme dans un contexte de  violences qui touchent de plus en plus de femmes dans le monde : femmes victimes de conflits armés et d’intolérance religieuse – des conflits qui n’ont rien à voir avec la religion, au cours desquels les femmes sont utilisées comme instruments de guerre.

Ces crises et la poursuite des difficultés économiques constituent une menace directe à l’encontre des droits des femmes et une attaque contre les réalisations des femmes. En 2015, les femmes continuent de subir la persistance de la violence, des rôles traditionnels qui leur sont attribués et des stéréotypes propres aux femmes, de préoccupations émergentes relevant de l’environnement, de l’absence d’un accès aux services de santé et de l’extrémisme.

Les préjugés sociaux, les structures raciales, culturelles, sociales, économiques, religieuses et politiques se repaissent de l’exploitation des femmes. Les femmes sont encore vulnérables aux violences domestiques et dans la société, ainsi que de l’absence de nombreuses protections juridiques comme le congé de maternité.

En Europe, l’austérité signifie que les allocations de maternité sont supprimées et que les progrès réalisés pour encourager les pères à participer davantage aux tâches familiales sont voués à l’échec. Dans de nombreux cas, les femmes ont encore le choix d’être des mères ou des travailleuses.

La région Asie-Pacifique de IndustriALL a placé ce 8 mars sous le signe de la protection de la maternité pour toutes les femmes, une revendication nécessaire en raison de l’arrivée en nombre toujours plus grand de travailleuses précaires qui ne bénéficient pas de protection de la maternité quand elles travaillent de manière occasionnelle et dans des conditions informelles.

La négociation collective peut compenser l’absence d’une législation favorable aux femmes. Toutefois, les syndicats doivent s’assurer que les revendications des femmes ne se trouvent pas compromises dans les négociations par des propositions faites par des hommes. Même si les femmes constituent une main-d’œuvre majoritaire dans des industries comme l’électronique et la confection, elles sont loin d’être représentées convenablement dans les directions syndicales. Cela constitue pour elles un handicap quand il s’agit de négocier des hausses salariales et de meilleures conditions de travail.

Christine Olivier, présidente du comité des femmes de IndustriALL, souligne le véritable défi auquel les femmes sont confrontées: 

“La syndicalisation chez les femmes est en moyenne de 40 pour cent, et pourtant les femmes occupent seulement 15 pour cent des postes dans les plus importants centres de décision de leurs organisations. En pourcentage, le taux de participation de la main-d’œuvre féminine stagne à 26 points en dessous de celui des hommes. Les femmes continuent de prédominer dans les emplois informels, peu qualifiants, précaires et sous-évalués. Les salaires des femmes sont en moyenne de quatre à 36 pour cent inférieurs à ceux des hommes. La violence à l’égard des femmes reste un trait par trop toléré sur les lieux de travail, en l’absence de normes internationales générales permettant leur interdiction sur le plan juridique.”

Aux côtés de la CSI, IndustriALL demande instamment à ses organisations affiliées de faire pression sur les gouvernements pour inscrire une proposition contre la violence à l’égard des femmes à l’ordre du jour de la prochaine Conférence internationale du Travail de l’OIT. Ce point fera l’objet d’un examen au Conseil d’administration de l’OIT du 12 au 27 mars 2015. Il est donc urgent de contacter les membres du Conseil d’administration et d’insister auprès d’eux sur la nécessité de soutenir cette proposition, et sur l’importance d’adopter une norme internationale permettant de traiter les cas de violence à l’encontre des femmes dans le travail.

Malgré l’importance de la protection de la maternité, les femmes devront encore dépasser les questions relatives à la maternité pour atteindre l’égalité entre femmes et hommes en matière de salaires, de promotions, de rejet des stéréotypes dans le travail et d’absence de discrimination.

Monika Kemperle, secrétaire générale adjointe de IndustriALL, a expliqué: “Nous sommes convaincus à IndustriALL d’avoir besoin d’un quota pour assurer une représentation réelle des femmes. Un quota peut être une mesure temporaire destinée à rester en place jusqu’à ce qu’elle ne soit plus nécessaire. Mais un quota n’assurera pas seul la transformation fondamentale de la société et des syndicats. La transformation de la situation des femmes au travail n’aura lieu qu’avec une libération réelle et une autonomisation des femmes.”

Nous demandons à tous nos syndicats affiliés d’entreprendre des actions ce 8 mars et de nous envoyer des photos sur les activités qu’ils auront organisées.

Une compagnie australienne fait un coup bas aux mineurs du Botswana

Les travailleurs ont reçu l’ordre d’arrêter le travail durant le poste de nuit, vers 2h30 du matin, ce 27 février et il leur a été demandé de ramener tout l’équipement à mi-chemin vers la surface. Ils ont ensuite été rassemblés avec l’ensemble des autres travailleurs présents sur le site et le Président Directeur Général de DML, M. Bob Fulker, en présence de membres des forces de police du Botswana, leur a annoncé que la direction n’avait plus autorité sur la mine et qu’ils devaient immédiatement quitter les lieux, y compris les logements mis à disposition par la compagnie. Les travailleurs n’ont pas eu le droit de poser des questions, ont été poussés vers des bus par la police et abandonnés à Maun, une ville située à 90 km de là.

Les travailleurs étaient sous la menace d’un licenciement parce que l’entreprise s’était déclarée incapable de maintenir l’exploitation uniquement en surface et devait développer des activités souterraines pour rendre la valorisation des réserves de cuivre viable. Pourtant, le 9 février, l’entreprise annonce qu’elle a trouvé un candidat pour mener à bien les investissements souhaités et apporter les finances nécessaires pour mettre fin à ses ennuis du moment.

Ensuite, de manière inattendue, à la fin février, expliquant être incapable de négocier une extension de son crédit, l’entreprise opte pour l’aveu de faillite volontaire et déclare ne plus avoir de responsabilité envers les travailleurs de sa mine phare du Botswana.

Affilié d’IndustriALL, le Syndicat des Mineurs du Bostwana (BMWU) n’a pas été informé préalablement du lock-out par la direction. Lorsque les responsables du BMWU sont arrivés à la mine, l’accès leur en a d’abord été interdit par la police, ensuite il leur a été interdit par la direction d’entrer en contact avec les travailleurs. Trois heures plus tard, la direction a accepté, en traînant les pieds, que les responsables syndicaux s’adressent aux travailleurs prêts à embarquer dans les deux derniers bus.

Cette brève réunion a été interrompue par M. Fulker et la police. Le Président du BMWU Jack Tlhagale raconte : “Lorsque M. Fulker en a eu terminé et s’en est allé, le Commandant de la Police a pris le relais, accompagné d’un autre policier en civil, pour indiquer que « la discussion était close» et qu’il souhaitait que tout le monde quitte sur le champ le site de l’entreprise.”

“La mine DML Boseto déploie ses activités au Botswana et devrait respecter les lois du pays qui ont totalement été mises de côté,” dit Tlhagale. “A ce stade, l’entreprise a violé les lois du Botswana et a basé toute son action sur la législation australienne. La police du Botswana était présente pour la mise en œuvre de ce déni et de cette violation de nos lois au nez et à la barbe de tous.”

“Le comportement de l’entreprise australienne DML est inacceptable, il laisse les travailleurs sur le carreau et le BMWU confronté au défi de mener un recours. Ce qui est encore plus choquant, c’est la manipulation des forces de l’ordre par DML pour violer les droits des travailleurs et de leur syndicat,” s’indigne Jyrki Raina, Secrétaire général d’IndustriALL. “Nous avons fait appel à la solidarité de nos affiliés australiens et le Syndicat des Travailleurs du Secteur manufacturier a accepté de représenter les intérêts des travailleurs auprès des administrateurs.“

Le bilan des morts s’alourdit à la mine de Donetsk

***DERNIÈRES NOUVELLES*** Ce 5 mars à 19h00, les opérations de sauvetage ont été arrêtées après que le dernier corps des 33 mineurs tués dans le coup de grisou a été localisé et remonté à la surface de la mine de Zasyadko.

On avait appris que les opérations de secours avaient été suspendues en raison de la panne du système de ventilation et de la présence d’un niveau élevé de méthane qui aurait pu conduire à un nouveau coup de grisou dans le même secteur.

Dès que le système de ventilation des puits a été réparé, les opérations de sauvetage ont repris et la recherche des mineurs qui manquent à l’appel se poursuit.

Un coup de grisou à 1.230 mètres de profondeur est survenu dans la mine de Zasyadko tôt dans la matinée du 4 mars. Selon Mikhail Volynets, Président du Syndicat indépendant des Mineurs d’Ukraine, un affilié d’IndustriALL, 16 mineurs ont été blessés et dirigés vers les hôpitaux, cinq d’entre eux souffrant de brûlures.

Viktor Turmanov, du Syndicat des ouvriers mineurs des charbonnages d’Ukraine a révélé que “Onze brigades de secouristes ukrainiens ont été dépêchées sur les lieux au départ des territoires contrôlés par le gouvernement ukrainien mais l’accès à la mine, située dans la province de Donetsk, leur a été refusé. Les autorités de la province se sont déclarées aptes à procéder au sauvetage des victimes par leurs propres moyens.”

Cependant, comme l’explique Mikhail Volynets, “Les équipes de secours de la mine disposent de peu de moyens et n’ont pas la capacité de mener à bien leurs tâches efficacement et intégralement.”

Kemal Özkan, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL déclare :

Nous présentons nos plus sincères condoléances aux familles des victimes et avons une pensée pour les blessés. Nous comptons bien qu’une enquête digne de ce nom sera menée et que les conclusions qui s’imposent seront tirées de cette douloureuse tragédie. Il est évident, au vu du bilan désastreux de cette mine en particulier et du terrible tribut versé en vies humaines, qu’il faut accorder à la santé et la sécurité une suprême importance. L’employeur et les autorités doivent prendre à leur charge cette responsabilité et offrir des conditions de travail sûres et saines. Aucun mineur ne devrait ainsi être envoyé à la mort !”

La mine de Zasyadko est connue depuis des années pour ses mauvaises conditions de sécurité. En 2007, elle avait été le théâtre de la pire catastrophe minière d’Ukraine, qui a fait plus de cent morts. Avant cela, en 1999, quelque 50 mineurs avaient perdu la vie dans une explosion. En 2001, 55 autres mineurs avaient péris, 20 en 2002 et 13 en 2006 avaient encore perdu la vie.

9 mineurs tués et 23 portés disparus après l’explosion dans un charbonnage en Ukraine

Le coup de grisou s’est produit tôt dans la matinée du 4 mars. Selon le Syndicat indépendant des travailleurs des charbonnages d’Ukraine, un affilié d’IndustriALL, 16 mineurs ont été blessés et dirigés vers les hôpitaux, cinq d’entre eux souffrant de brûlures. Neuf mineurs auraient perdus la vie et vingt-trois sont toujours portés disparus.

Viktor Turmanov, du Syndicat des ouvriers mineurs des charbonnages d’Ukraine a expliqué que onze brigades de secouristes ukrainiens avaient été dépêchées sur les lieux au départ des territoires contrôlés par le gouvernement ukrainien mais que l’accès à la mine, située dans la province de Donetsk, leur avait été refusé. Les autorités de la province se sont déclarées aptes à procéder au sauvetage des victimes par leurs propres moyens. Cependant, selon Mikhail Volynets, du Syndicat indépendant des Mineurs d’Ukraine, les équipes de secours de la mine disposent de peu de moyens et n’ont pas la capacité de mener à bien leurs tâches efficacement et intégralement.

Selon nos informations, les opérations de sauvetage ont été interrompues en raison de l’élévation du niveau de méthane, ce qui pourrait entraîner une nouvelle explosion dans le même secteur.

15 charbonnages sur 60 restent en fonctionnement dans la région de Donetsk.

La mine de Zasyadko est connue depuis des années pour ses mauvaises conditions de sécurité. En 2007, elle avait été le théâtre de la pire catastrophe minière d’Ukraine, qui a fait plus de cent morts. Avant cela, en 1999, quelque 50 mineurs avaient perdu la vie dans une explosion. En 2001, 55 autres mineurs avaient péris, 20 en 2002 et 13 en 2006 avaient encore perdu la vie

Kemal Özkan, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL déclare :

Nous présentons nos plus sincères condoléances aux familles des victimes et avons une pensée pour les blessés. Nous comptons bien qu’une enquête digne de ce nom sera menée et que les conclusions qui s’imposent seront tirées de cette douloureuse tragédie. Il est évident, au vu du bilan désastreux de cette mine en particulier et du terrible tribut versé en vies humaines, qu’il faut accorder à la santé et la sécurité une suprême importance. L’employeur et les autorités doivent prendre à leur charge cette responsabilité et offrir des conditions de travail sûres et saines. Aucun mineur ne devrait ainsi être envoyé à la mort !”

Mort de 8 mineurs au Pakistan dans un bassin houiller considéré comme meurtrier

L’accident du 19 février fait suite à la mort en 2013 de huit autres mineurs à la mine de charbon Nasir, située également sur le bassin houiller Duki considéré comme meurtrier.

En raison du manque de moyens de secours sur le site ou localement, l’aide a dû venir de Quetta – situé à plus de 200 km. Cela a pris 15 heures aux services de secours pour atteindre le lieu de l’accident.

Sept mineurs ont été tués par une explosion de méthane, qui a provoqué un glissement de terrain et l’effondrement de la mine. Un huitième mineur est mort par inhalation de méthane et 14 autres ont été blessés dans une tentative courageuse de secourir leurs collègues en l’absence de services d’urgence.

L’affilié de IndustriALL Global Union, la fédération centrale des mineurs du Pakistan (PCMLF), a révélé que les inspecteurs des installations minières négligent de vérifier les mesures de sécurité ou de contrôler les niveaux de dangerosité du méthane dans les mines:

“Les inspecteurs se rendent chaque semaine aux mines de charbon pour empocher des pots-de-vin, et ne pénètrent pas à l’intérieur des mines pour accomplir les tâches qui leur sont assignées,” a dit un haut responsable de la PCMLF sous le couvert de l’anonymat.

Selon le ministère pakistanais des Mines et des Minéraux, environ 350 mines de charbon opèrent légalement dans le bassin charbonnier Duki, sans compter des douzaines d’autres qui opèrent illégalement.

Dans une lettre de solidarité adressée à la PCMLF, Jyrki Raina, secrétaire général de IndustriALL, a dit:

“IndustriALL Global Union condamne fermement les décès, qui n’auraient jamais dû avoir lieu, des huit mineurs de charbon et des blessures infligées à 14 autres, et demande au gouvernement pakistanais de ratifier de toute urgence la convention 176 de l’OIT sur la sécurité et la santé dans les mines, et dans la période intermédiaire et en matière d’extrême urgence, d’appliquer le recueil de directives pratiques sur la sécurité et la santé dans les mines de charbon souterraines comme le recommande la réunion d’experts sur la sécurité et la santé dans les mines de charbon. Nous demandons aux autorités de tenir compte sérieusement de la vie des mineurs et de placer leur vie avant le profit.”

Victoire pour 5.000 grévistes chez General Motors au Brésil

Des milliers de grévistes, membres du syndicat des métallurgistes, à l’usine de Sao Jose dos Campos, située au sud-est de Sao Paolo, avaient cessé le travail pour protester contre les projets de GM de mettre à pied provisoirement des membres du personnel avant d’en licencier 800.

Cependant, après plusieurs séries de négociations “GM a accepté d’annuler les mises à pied qui étaient notre principale revendication, ce qui fait que nous avons mis fin à la grève,” a dit le dirigeant syndical, Antonio Ferreira de Barros, au moment où la grève se terminait le 26 février.

Les salariés ont accepté une mise à pied provisoire payée de cinq mois pour 650 personnes à compter du 9 mars, après quoi ils retrouveront leur travail pour au moins trois mois, a dit Barros.

GM avait proposé à l’origine des mises à pied provisoires payées de deux mois, après quoi les travailleurs seraient mis à pied de façon permanente.

L’entreprise va maintenant encourager des membres du personnel à quitter volontairement leur emploi avec un programme de départ négocié.

L’usine Sao Jose de Campos produit les modèles GM S10 et Trailblazer. Elle a réduit sa main-d’œuvre dans l’usine de 7.500 en 2012 à 5.200 actuellement.

Allemagne: les travailleurs de la chimie déterminés à négocier

De nouveaux pourparlers sont prévus les 12 et 13 mars à Neuss, Rhénanie du Nord-Westphalie. L’affilié de IndustriALL Global Union, IG BCE, qui représente le personnel des secteurs de la chimie, des mines et de l’énergie, veut obtenir une hausse salariale de 4,8 pour cent sur une période contractuelle de douze mois. En outre, le syndicat demande l’extension de la convention collective au fonds "Démocratie et vie au travail".

Le fonds, alimenté par des contributions patronales régulières, constitue une part essentielle des négociations menées actuellement. Il sert à financer les instruments destinés à prendre en compte et concrétiser le changement démocratique de la main-d’œuvre par une analyse de la pyramide des âges et de la qualification, en assurant une formation aux salariés selon leur âge.

Les neuf tentatives qui ont eu lieu dans les négociations au niveau régional n’ont pas donné de résultat avant les pourparlers au niveau fédéral à Kassel. Bien que dans l’industrie chimique, la situation économique soit stable et solide en Allemagne, les employeurs des entreprises chimiques ne distinguent encore qu’une faible marge pour les augmentations salariales et doivent encore faire une proposition concrète.

IG BCE prévoit maintenant des rassemblements sur plus de 300 sites au cours des prochaines semaines du fait que dans la chimie, les salariés contestent la position des employeurs.

"Les généreux dividendes versés aux actionnaires, les primes octroyées aux cadres dirigeants, et seulement quelques centimes pour les travailleurs et travailleuses – c’est un rêve pour les employeurs,” a dit Peter Hausmann, membre du conseil d’administration et négociateur en chef pour IG BCE. “Nous allons maintenant accroître la pression – aux portes des usines, dans les rues et sur les places. IG BCE se battra pour les droits de ses membres.”

“Les négociations dans l’industrie allemande de la chimie sont suivies par tous nos affiliés du monde entier du fait qu’il s’agit de la plus importante convention collective dans le secteur au niveau mondial,” a dit Kemal Özkan, secrétaire général adjoint de IndustriALL. “Notre soutien va à nos collègues allemands, et nous nous attendons à une grande réussite”.

HUGO BOSS : enseigne de luxe, employeur foireux

Le Syndicat turc des Industries du Textile, du Tricot et de l’Habillement TEKSIF, un affilié d’IndustriALL, a aidé au cours de ces trois dernières années les travailleurs et travailleuses de HUGO BOSS d’Izmir à se syndiquer. Les travailleurs, dont une vaste majorité gagne un salaire qui se situe sous le seuil de pauvreté malgré un temps de travail conséquent, des heures supplémentaires à discrétion et l’absence de prestations sociales, tentent d’obtenir un salaire vital et d’être entendus sur leur lieu de travail.

Alors que HUGO BOSS prétend publiquement qu’il respecte les normes du travail reconnues au plan international dans tous ses sites d’activités à l’échelle mondiale, les 3.000 travailleurs et travailleuses d’Izmir ont vu leurs droits du travail fondamentaux attaqués par leur direction.

Les violations comprennent le ciblage des sympathisants du syndicat, de leurs familles et de leurs amis proches par des menaces, des punitions et des licenciements. Il a fallu des procès interminables pour prouver vingt licenciements abusifs de sympathisants du syndicat entre 2011 et 2014 et huit cas sont toujours devant les tribunaux. Bien que la Haute Cour d’Appel a confirmé que ces travailleurs ont été mis à la porte par HUGO BOSS en raison de leur appartenance au syndicat et ordonné leur réintégration, la direction a fait le choix, autorisé par la loi, de plutôt leur verser une indemnité supplémentaire.

À présent, de façon tout à fait choquante, cette pratique se poursuit avec trois nouveaux sympathisants clés du syndicat victimes de la part de la direction de licenciements abusifs en février 2015.

À aucun moment au cours de ce processus la direction d’Izmir de HUGO BOSS n’a accepté la proposition de TEKSIF de résoudre le problème par le dialogue social. Et il n’y a d’autre part aucune intervention de la direction internationale. Lorsque IndustriALL a contacté le PDG de HUGO BOSS en août 2014 pour lui demander d’intervenir pour faire cesser ces violations et entamer un dialogue social constructif au sein de l’usine, sa réaction a été de menacer de poursuites judiciaires et de nier toute responsabilité.

IndustriALL a alors envoyé à l’entreprise les verdicts circonstanciés du Tribunal local et de la Haute Cour en proposant à nouveau le dialogue mais n’a obtenu qu’une fin de non-recevoir. Ensuite, après les nouveaux licenciements de février, IndustriALL a de nouveau écrit au PDG de HUGO BOSS, avec la même absence de réaction.

Le Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, Kemal Özkan, a déclaré :

Dans ces conditions, il est maintenant devenu évident, et coulé en chose jugée, que HUGO BOSS a violé des droits syndicaux fondamentaux consacrés par des normes nationales et internationales, Qui plus est, la direction locale d’Izmir et la direction générale en Allemagne ont refusé de manière répétée les demandes de Teksif et d’IndustriALL d’ouvrir la discussion et de résoudre les problèmes par le dialogue sur base de respect et reconnaissance mutuels. L’attitude de l’entreprise par rapport à ces infractions est choquante et inacceptable pour nous.

La majorité de la production de vêtements dans l’ensemble du secteur est faite par des fournisseurs, mais cette usine qui produit une part importante de la collection HUGO BOSS est directement la propriété de l’enseigne et est gérée par elle. C’est la plus grosse usine de confection de Turquie et, en tant que telle, elle a le potentiel de servir de référence pour le secteur en matière de relations sociales dans le pays.

La chaîne d’approvisionnement de Hugo Boss connaît aussi de graves problèmes. Également en Turquie, le principal fournisseur de l’entreprise, Edirne Giyim, a licencié des syndiqués et, tout comme dans le cas de Hugo Boss, les tribunaux ont jugé que ces salariés avaient été mis à la porte en raison de leur appartenance syndicale. De plus, et c’est un élément important, le DRH d’Edirne Giyim a été condamné a un an et demi de prison et six chefs de département ont eu des peines de six mois de prison. Il existe également des rapports sans ambiguïté de la part d’inspecteurs du Ministère du Travail et de la Sécurité sociale qui mettent en lumière de nettes violations des droits syndicaux.

À la suite de ces violations de droits syndicaux fondamentaux, la Campagne Clean Clothes (CCC), une organisation agissant en partenariat avec IndustriALL, a mené une enquête approfondie en 2013-2014 sur les usines de HUGO BOSS. L’enquête, publiée en juin 2014 a apporté des preuves irréfutables que les travailleurs et travailleuses qui fabriquent les collections de HUGO BOSS sont payés largement en dessous du salaire minimum vital. En réalité, l’enquête montre que la vaste majorité des travailleurs et travailleuses produisant pour HUGO BOSS en Turquie gagnent un salaire qui se situe sous le seuil de pauvreté.

Des progrès à l’OIT sur le travail précaire

Réuni au siège de l’OIT à Genève du 16 au 19 février, un Comité d’Experts représentant les employeurs, les gouvernement et les travailleurs a débattu de la manière dont l’OIT devait réagir aux menaces pour les droits des travailleurs qu’entraîne l’expansion du travail précaire.

Le débat était étayé par un rapport préparé par l’OIT qui brosse un tableau assez familier. Il montre comment le travail précaire a proliféré au cours des dernières années, en particulier s’agissant des postes peu qualifiés et indique que les femmes et les jeunes sont affectés de manière disproportionnée.

Le rapport souligne les problèmes qui se posent lorsque le travail précaire n’est pas un choix délibéré. L’Europe aussi bien que les États-Unis enregistrent des taux élevés de travail à temps partiel involontaire et, au Royaume-Uni, quatre cinquièmes de tous les travailleurs et travailleuses employés à durée déterminée sont en période d’essai ou ne peuvent trouver un emploi permanent. En Grèce, au Portugal et en Espagne, ce chiffre s’élève à plus de 90% des travailleurs temporaires. Le rapport de l’OIT montre que le travail précaire ne constitue pas nécessairement un marche-pied vers l’emploi permanent. En fait, à mesure que l’emploi temporaire se répand, les travailleurs à temps partiel ont davantage de chances de rester dans une précarité d’emploi et sont jusqu’à dix fois plus susceptibles de se retrouver au chômage que les travailleurs et travailleuses permanents.

L’OIT a confirmé ce que les syndicats savent déjà : les travailleurs précaires gagnent moins que les salariés permanents, ont une couverture sociale inadéquate, sont pénalisés en termes d’opportunités de formation et souffrent d’un taux plus élevé d’accidents. Leur statut d’emploi signifie également qu’ils sont confrontés à des difficultés pour exercer leurs droits à la liberté syndicale et à la négociation collective.

Le rapport complet peut être consulté ici.

La Réunion d’Experts a émis la recommandation que l’OIT poursuive son travail en vue d’améliorer la collecte des données et de faire rapport sur le travail précaire. Elle devrait aussi :

Chose importante à noter, ces recommandations appellent également à la tenue de Réunions d’Experts sur l’emploi temporaire et sur la discrimination sur base du statut d’emploi, ouvrant ainsi la possibilité de développer de nouvelles normes internationales du travail dans ces deux domaines.

Ces recommandations vont ensuite être présentées au Conseil d’Administration de l’OIT pour approbation.

Mobilisation pour des salaires décents

En décembre 2014, un million de salariés sont descendus une nouvelle fois dans les rues des principales villes d’Indonésie, pour exiger des salaires plus élevés. En conséquence, les nouveaux salaires minimums atteignent maintenant 240-260 USD par mois dans les plus grandes zones de production. Grâce à une action stratégique et de fortes mobilisations, les travailleurs et travailleuses d’Indonésie ont doublé leurs salaires depuis 2011. Et ils continueront d’exiger une juste part des bénéfices des entreprises.

Le Cambodge a été une terre de campagnes durant la plus grande partie de l’année. Après la mort de cinq travailleurs tués par les forces de sécurité dans des manifestations en janvier 2014, IndustriALL a lancé une action stratégique avec notre syndicat et des ONG alliées et de grandes marques de vêtements pour entamer un processus de négociation qui permettraient d’obtenir des salaires décents pour 500.000 travailleuses et travailleurs de la confection.

Après deux journées d’action mondiale et deux séries de pourparlers avec des grandes marques, le gouvernement cambodgien et des employeurs, et une action plus unifiée des syndicats, le Premier ministre a confirmé le nouveau salaire minimum mensuel fixé à 128 USD en novembre, ce qui est encore loin d’un salaire permettant de vivre, mais toutefois 70 pour cent plus élevé qu’en 2013.

Les salaires sont en hausse dans toute l’Asie. En janvier 2015, le Viêt-nam a augmenté le salaire minimum qui est passé de 128 à 146 USD par mois. Il atteint en Chine 300 USD dans les principales zones de production industrielle. Le Myanmar confirmera pour la première fois cette année l’adoption d’un salaire minimum.

La garantie d’un salaire minimum vital pour tous les travailleurs et travailleuses dans nos industries est l’un des objectifs-clés des campagnes de IndustriALL Global Union. Les salariés doivent être payés suffisamment durant les heures régulières de travail pour couvrir les dépenses relatives au logement, à la nourriture, aux soins de santé et à l’éducation. Nous réussirons de cette façon à réduire  le nombre excessif d’heures supplémentaires responsable de la mort scandaleuse de trois employés cambodgiens de la confection l’année dernière.  

La stratégie de IndustriALL porte sur trois éléments-clés:

  1. Un soutien aux affiliés dans les campagnes pour un salaire minimum national
  2. L’augmentation de la capacité de négociation des syndicats par des ateliers organisés en Asie-Pacifique, Amérique latine, Afrique subsaharienne, Moyen-Orient et Afrique du Nord
  3. Un engagement des marques mondiales pour soutenir la liberté syndicale et la négociation collective dans leurs chaînes d’approvisionnement   

IndustriALL mène des pourparlers avec d’importantes marques dans notre plus grand secteur, l’industrie du textile et de la confection, qui emploie 60 millions de travailleuses et travailleurs dans le monde, pour développer une négociation sectorielle et obtenir des salaires décents dans le cadre des pratiques d’achat. Les marques ont une emprise réelle sur les fournisseurs et les gouvernements des pays hôtes. Elles doivent payer davantage pour obtenir leurs produits

Cependant, rien ne changera sans puissance et unité syndicales sur le terrain. La syndicalisation et la mobilisation des travailleuses et travailleurs dans une action conjointe sont indispensables au succès dans notre lutte pour un salaire minimum vital.

Jyrki Raina

Secrétaire général