L'USW conclut un accord préliminaire dans le secteur pétrolier

Cet accord, qui a été signé le 12 mars et approuvé par les négociateurs syndicaux, devrait conduire à l'arrêt de la plus grande grève qu'ait connue le secteur du raffinage du pétrole aux États-Unis depuis 1980.

"Nous saluons la solidarité dont ont fait montre nos membres," a déclaré le Président international de l'USW, Leo W. Gerard. "Sans elle, nous n'aurions jamais pu obtenir de telles avancées dans la santé et le maintien de l'effectif."

Cette grève visait d'abord la sécurité et les conditions de travail plutôt que des hausses de salaires et la nouvelle convention quadriennale fera office d'accord de référence pour le reste de l'industrie.

Les questions de sécurité étaient au centre des négociations et le projet d'accord préconise un réexamen immédiat des niveaux d'effectifs et des charges de travail, cela avec la participation des agents de sécurité de l'USW dans tous les sites de l'entreprise.

Au cours des dernières années, l'industrie a accru les pressions sur les travailleurs, les obligeant parfois à travailler des pauses de 12 heures plusieurs semaines d'affilée. Ces pratiques sont maintenant contestées avec succès. La maintenance et les réparations régulières des installations étaient également en cause. Le projet d'accord porte aussi des hausses annuelles des salaires ainsi que le maintien de la répartition actuelle du coût du programme de soins de santé.

La grève avait démarré dans neuf sites pétroliers et chimiques après l'échec de la négociation d'une nouvelle convention. En mars, six autres usines s'étaient également mises en grève, portant le nombre total de grévistes à près de 7.000.

Le syndicat s'attend à ce que d'autres employeurs proposent les mêmes conditions lors de négociations avec leurs personnels.

Déjà, certains se rallient à cet accord et des progrès sont enregistrés sur des questions de dimension locale dans quatre sites dont Shell est propriétaire ou présent dans le capital. Les syndicats concernés n'ont plus qu'à négocier une convention reprenant les termes de l'accord national et qui règle aussi les questions locales.

Au moment de publier, nous apprenons que la section locale 13-423 a voté à l'unanimité le compromis proposé à Port Arthur, au Texas.

Le Secrétaire général d'IndustriALL, Jyrki Raina, a déclaré aux travailleurs du pétrole de l'USW : "En insistant sur les questions de santé et de sécurité, vous avez permis que non seulement les travailleurs, mais aussi les communautés voisines d'installations pétrolières soient moins exposés qu'ils ne l'étaient avant la grève. Félicitations !"

L'USW représente au total quelque 30.000 travailleurs de plus de 200 raffineries, terminaux et oléoducs dans le pays qui représentent ensemble 64 pour cent de la production pétrolière des États-Unis.

Tunisie: ‘Ils ne voleront pas notre révolution!’

La brutale attaque au musée Bardo dans la capitale tunisienne est un coup terrible porté au pays, où deux élections démocratiques paisibles ont eu lieu depuis la chute du dictateur Zine El Abidine Ben Ali lors d’un soulèvement populaire en 2011.

Selon Tahar Berberi, dirigeant du syndicat des travailleurs de la métallurgie et de l’électronique FGME-UGTT, affilié à IndustriALL, les gens sont immédiatement descendus dans la rue en criant: “Nous ne nous laisserons pas voler notre révolution,” en réaction à la nouvelle de l’attaque.

“Nous présentons notre profonde sympathie aux proches des victimes assassinées en espérant que les nombreux blessés se rétabliront rapidement. Il ne sera jamais permis aux terroristes de nuire à la volonté de démocratie et de paix de la population tunisienne, pour laquelle les syndicats ont tant combattu,” a dit Jyrki Raina, secrétaire général de IndustriALL.

Pour montrer sa colère, la centrale syndicale nationale, UGTT, organise cet après-midi un rassemblement de syndicalistes et de citoyen(ne)s devant le Parlement national, pour exprimer sa solidarité aux victimes et son rejet du terrorisme.  

“Les syndicats tunisiens sont unis pour condamner cette lâche attaque qui ne pourra que renforcer notre solidarité. Nous sortirons plus renforcés qu’auparavant,” a dit Berberi.

Les syndicats ont joué un rôle central il y a quatre ans pour établir la démocratie en Tunisie et renverser la dictature.

“Toutes les organisations politiques et civiques ont mis de côté leurs différences et se tiennent derrière le président et le gouvernement tunisien,” a dit Berberi.

On compte parmi les morts vingt touristes étrangers, selon les autorités tunisiennes.

“Sans oublier la tragédie humaine, cette attaque est préjudiciable au pays et à son économie,” a dit Berberi. “Les agences de tourisme annulent déjà des voyages.”

Dimanche, le comité exécutif de l’UGTT examinera la possibilité d’un appel en vue d’une conférence internationale pour lutter contre le terrorisme à laquelle participeraient des organisations de la force sociale mondiale et de la société civile, a dit Berberi.

En reconnaissance de la contribution des syndicats à la démocratie, IndustriALL avait organisé une  réunion de son comité exécutif à Tunis, en décembre dernier, pour soutenir l’établissement d’une société nouvelle dans laquelle les syndicats et les travailleurs et travailleuses jouent un rôle important.

La semaine prochaine, IndustriALL enverra une importante délégation au Forum social mondial qui se tiendra à Tunis du 25 au 28 mars. “Le mouvement social en Tunisie et dans la région compte sur le soutien mondial des forces démocratiques pour s’opposer à la violence et au terrorisme,” a dit Abderrahmane Hihihi, coordonnateur du Forum.

IndustriALL participera à l’évènement en animant plusieurs ateliers avec des affiliés et des partenaires sociaux.

“La communauté internationale doit maintenant montrer plus que jamais sa solidarité envers la Tunisie,” a dit Raina.

Vietnam : sur la voie du salaire vital

En janvier 2015, le gouvernement vietnamien a relevé le salaire minimum de 15% pour le porter à l’équivalent de 145 dollars par mois. C’était l’aboutissement d’un processus d’étude et de consultation mené au sein du Conseil National des Salaires.

Selon les études, ce salaire minimum couvre à présent 75% du coût de la vie et les ajustements à la hausse vont se poursuivre dans les prochaines années. Atteindre le niveau d’un salaire vital est une priorité pour le gouvernement et les syndicats ainsi que le thème d’une importante campagne mondiale d’IndustriALL.

Lors d’une récente visite au Vietnam, le Secrétaire général d’IndustriALL, Jyrki Raina, a déclaré :

“Avec son programme tripartite systématique visant à atteindre le salaire vital, le Vietnam donne l’exemple à suivre aux autres pays d’Asie, pour donner un coup de fouet au pouvoir d’achat, à la croissance économique et à la création de nouveaux emplois.”

Les trois affiliés locaux d’IndustriALL, le Syndicat national des charbonnages et des mines, le Syndicat national des travailleurs du pétrole et du gaz et le Syndicat national de l’industrie et du commerce (VUIT) représentent près de 400.000 travailleurs et travailleuses. Ils font partie de l’unique centrale syndicale, la Confédération générale du travail du Vietnam (VGCL).

Les syndicats et le Vice-Ministre vietnamien du travail, Pham Minh Huan, ont informé IndustriALL de la tenue de pourparlers visant à la ratification des conventions de l’OIT concernant le droit à la syndicalisation, la négociation collective et le travail forcé.

“L’adoption par le Vietnam des conventions de l’OIT 87, 98 et 105, qui sont fondamentales pour la sauvegardes des droits des travailleurs et travailleuses, enverrait un signal positif au monde entier”, indique Jyrki Raina.

Le Syndicat national des travailleurs du textile et de l’habillement du Vietnam prépare sa demande d’adhésion à IndustriALL. La situation dans ce secteur est typique des difficultés structurelles que les syndicats tentent de résoudre.

Le Syndicat des travailleurs du textile et de l’habillement représente 120.000 travailleurs et travailleuses, mais il y a plus de 3 millions de personnes occupées dans le secteur en plein expansion du textile, de l’habillement, de la chaussure et du cuir. Pour l’instant, les sections du VGCL dans les provinces et les villes recrutent des adhérents dans les entreprises et coentreprises à capital étranger.

Un certain nombre d’investisseurs étrangers refusent de respecter les droits des travailleurs, ce qui a conduit à près de 300 grève en 2014.

Le géant coréen de l’électronique Samsung a combattu la syndicalisation et n’a cédé qu’après une intervention vigoureuse du gouvernement vietnamien qui a autorisé le VGCL à mettre en place des sections locales dans les usines de Samsung.

Le VGCL et ses affiliés ont un objectif ambitieux en matière de recrutement syndical de sorte à faire passer la syndicalisation de 8,5 à 10 millions d’ici à 2018.

IndustriALL soutient la syndicalisation et la négociation collective par le biais d’un programme régional de développement syndical régional. Dans ce contexte, cinq ateliers se tiendront cette année au Vietnam pour améliorer les performances de ses affiliés.

“De nouvelles législations sur les processus démocratiques, y compris concernant le dialogue social au travail, facilitent notre tâche. Mais beaucoup reste encore à faire : développer des capacités pour les représentants syndicaux démocratiquement élus, négocier des conventions collectives solides et défendre les intérêts des travailleurs”, a conclu Jyrki Raina.

Colombie – annonce d’une grève illimitée

La réunion avait pour but de réaliser un consensus et d’établir des plans d’action et des activités pour consolider l’unité dans le cadre d’un puissant syndicat national. Au nom du CUSME, la réunion a également annoncé le déclenchement d’une grève illimitée dans le secteur pétrolier à partir du 19 mars.

La réunion était présidée conjointement par les présidents des syndicats du CUSME: Pablo Santos (Sintraelecol), Jairo Quiroz (Sintracarbon) et Edwin Castaño (USO). Marino Vani, secrétaire régional adjoint et Carlos Bustos, coordonnateur des projets de IndustriALL en Colombie, représentaient IndustriALL Global Union.

La réunion a examiné les différents points d’accord et de discorde sur les statuts du nouveau syndicat, établis dans des séminaires régionaux en 2014 et améliorés depuis par le Comité de coordination. La réunion a également examiné un projet d’activités du CUSM et 12 séminaires régionaux en 2015.

Ces séminaires commencent le 27 mars dans six régions du pays. Plus de 300 dirigeants régionaux et locaux  poursuivront la discussion sur une action conjointe et un renforcement du syndicat des mines et de l’énergie.

Solidarité avec la grève illimitée

Après avoir formulé un projet de fusion des trois syndicats, les délégué(e)s ont rédigé une résolution demandant de nouvelles mesures destinées à faire de CUSME un syndicat fort. Ils ont établi un plan d’action conjoint en réponse aux défis auxquels ils font face dans l’immédiat, et pour renforcer la solidarité de classe parmi les travailleurs et travailleuses dans les trois secteurs. Ils ont le soutien de la centrale syndicale du pays, Central Unitaria de Trabajadores (CUT), de IndustriALL Global Union, des syndicats suédois représentés par leur centrale Solidarité-LO-TCO, et par les syndicats néerlandais représentés par FNV.

“Nous réaffirmons, en tant que membres du CUSME, notre soutien à une grève illimitée dans le secteur pétrolier à partir du 19 mars car nous croyons que le gouvernement s’apprête à privatiser, à s’ouvrir à de nouvelles participations ou à vendre des actions publiques de la plus importante entreprise d’État colombienne (Ecopetrol) à des sociétés transnationales”, a expliqué Edwin Castaño de l’USO.

La motif principal de la décision en faveur d’une grève illimitée est le sous-investissement du gouvernement colombien dans Ecopetrol, qui est l’une des plus grandes entreprises mondiales. Les syndicats demandent à l’entreprise de distribuer aux salariés 70 pour cent des bénéfices réalisés en 2014. Ils veulent que Ecopetrol reste une entreprise d’État à 100 pour cent.

La grève a également lieu en réponse aux menaces envers les travailleurs et travailleuses  et aux récentes pertes d’emplois dans les sociétés pétrolières transnationales.

“Nous accordons notre soutien et notre solidarité à la grève de nos collègues de l’USO en réponse au licenciement de 600 salariés, et pour défendre la politique pétrolière et les emplois dans le pays”, a déclaré Pablo Santos de Sintraelecol.

IndustriALL soutient le CUSME et tous les travailleurs et travailleuses des secteurs des mines et de l’énergie dans leur combat pour défendre leurs droits dans le travail. IndustriALL demande d’être solidaires avec nos collègues colombiens et de soutenir la grève qui débute le 19 mars.

Le gouvernement de l'Ontario ouvre une enquête sur la grève de 18 mois chez Crown Holdings

Une Commission d'enquête industrielle, procédure rarement utilisée, va se pencher sur le conflit du travail qu'a provoqué la multinationale américaine Crown Holdings en septembre 2013.

Malgré un exercice extrêmement lucratif en 2012, au cours duquel l'entreprise a pratiquement doublé ses bénéfices, les travailleurs avaient été priés de faire de nouvelles concessions sur leurs salaires et leurs prestations. Devant l'intransigeance de l'employeur, ils n'ont eu d'autre option que de faire grève.

Au cours des 18 derniers mois, Crown a invariablement refusé de négocier un règlement équitable du conflit avec la section locale 9176 de l'USW, préférant recruter des travailleurs de remplacement pour prolonger l'affrontement, mettre le syndicat à genoux et casser la grève.

Des alliés de l'USW comme notre affilié Unifor se sont joints à lui pour demander au gouvernement de l'Ontario d'aider à mettre fin au conflit en obligeant Crown à négocier un règlement équitable.

Le directeur de l'USW pour l'Ontario, Marty Warren, explique que :

La plupart des grévistes de Crown ont de nombreuses années d'ancienneté et ont consacré leur vie professionnelle à faire de Crown la gigantesque entreprise rentable qu'elle est aujourd'hui. Ces 18 mois de grève ont plongé nos membres dans des difficultés financières et des tragédies personnelles sans précédent. La création d'une commission d'enquête doit mette un terme au long et tragique refus de Crown de traiter équitablement des salariés qui lui sont dévoués."

Le Directeur d'IndustriALL en charge de la santé, la sécurité et la durabilité, Brian Kohler, a adressé un message de solidarité au piquet de grève de Crown à l'annonce de la décision du gouvernement :

Les enjeux de ce combat dépassent le piquet de grève de Toronto. D'autres salariés nord-américains le suivent attentivement; si Crown obtient gain de cause, des conflits similaires vont se multiplier sur tout le continent. Notre réponse commune au comportement éhonté de Crown doit être la solidarité mondiale !"

Adieu à Fred Higgs, un grand leader syndical

Fred avait été élu Secrétaire général d'une des organisations fondatrices d'IndustriALL, la Fédération internationale des syndicats de travailleurs de la chimie, de l'énergie, des mines et des industries diverses (ICEM), en 1999 puis réélu en 2003 à ce poste qu'il a occupé jusqu'à la fin de 2006.

Il était entré au Transport and General Workers' Union (T&G) en 1967 dont il a été délégué d'atelier chez Chloride Battery pendant 11 ans. Il a été nommé permanent en 1979 avant de devenir Secrétaire national du T&G pour les secteurs de la chimie, du pétrole et du caoutchouc. Dans les années 1990, il est devenu Vice-président de l'ICEM et de l'EMCEF.

Fred était animé par la volonté de venir en aide aux travailleurs opprimés partout dans le monde. Il s'était activement impliqué dans la lutte pour la fin de l'apartheid en Afrique du Sud, dans des campagnes de solidarité avec les travailleurs de Colombie, de Palestine et d'autres pays, et avait contribué à la reconstruction des syndicats de l'ex-Union soviétique et d'Europe de l'Est.

La santé et la sécurité au travail occupaient une grande place dans l'action de Fred qui était membre d'organismes tant officiels qu'officieux pour la santé dans l'industrie au Royaume-Uni ainsi que d'autres initiatives de niveau européen et mondial. Il militait activement dans la lutte pour l'égalité et les droits des femmes.

Pendant ses mandats de Secrétaire général, l'ICEM a réalisé de grandes avancées dans le domaine des accords-cadres mondiaux. Fred siégeait aussi au conseil d'administration du Pacte mondial des Nations unies depuis son lancement par son Secrétaire général, Kofi Annan, en 2000. Il a lancé une initiative sans précédent pour convaincre les multinationales de l'industrie pharmaceutique de la nécessité de fournir gratuitement des traitements contre le VIH-Sida aux pays en développement.

Le T&G lui a décerné sa distinction la plus prestigieuse, le Gold Badge, en 2007 pour ses réalisations pendant sa remarquable carrière syndicale, partie de la base pour accéder aux instances nationales puis à la tête d'une organisation mondiale.

Fred souffrait depuis de nombreuses années de divers problèmes de santé. On lui avait diagnostiqué en 2006 des plaques pleurales causées par une exposition professionnelle à l'amiante lorsqu'il travaillait chez Chloride Battery à Londres, dans les années 1960.

Jyrki Raina a déclaré à son propos :

"J'ai eu le plaisir de travailler avec Fred depuis la fin des années 1980, dans les différentes fonctions qu'il a occupées. Je n'ai pu qu'éprouver du respect pour le professionnalisme d'un authentique syndicaliste, rompu à toutes les questions touchant à la santé et la sécurité, et un négociateur d'exception qui a contribué à débloquer si souvent des situations difficiles. Nous avons partagé beaucoup de bons moments un peu partout dans le monde, parfois en compagnie de son adorable épouse Rita. Fred était un excellent camarade – et j'entends encore résonner son rire caractéristique."

L’industrie de l’électronique mise au défi pour son recours à des produits toxiques

Ce 16 mars, l’Electronic Industry Citizenship Coalition (EICC), une association d’industriels comprenant plus de 100 entreprises du domaine de l’électronique, s’est réunie à Bruxelles pour débattre de stratégies de gestion des produits chimiques.

Des groupements de la société civile, menés par le GoodElectronics Network et l’International Campaign for Responsible Technology (ICRT), ont saisi la balle au bond pour lancer de manière formelle un Défi à l’industrie de l’électronique en l’incitant instamment à améliorer la sûreté chimique et à arrêter de mettre les travailleurs et travailleuses en danger par l’exposition à des substances toxiques.

Le Défi insiste sur l’importance de la divulgation des informations, la substitution des produits dangereux par des alternatives plus sûres, la protection des salariés, la liberté syndicale, la participation des travailleurs aux mesures de contrôle du lieu de travail, la protection de l’environnement et la nécessité d’indemniser les travailleurs, les communautés locales et les autorités pour les dommages à l’environnement.

Brian Kohler, Directeur d’IndustriALL pour la Santé, la Sécurité et la Durabilité, indique :

“La santé et la sécurité relèvent des droits des travailleurs. Ceux-ci ont des droits et les employeurs ont des responsabilités. C’est aussi simple que cela. Il est temps pour l’industrie de l’électronique d’arrêter de se retrancher derrière des systèmes d’audit inefficaces et des réglementations bancales et de prendre des mesures concrètes pour arrêter d’empoissonner ceux qui s’activent sur leurs chaînes de production.”

Les preuves des affections et cancers qui touchent les travailleurs et travailleuses de l’électronique se multiplient. Les syndicats et les ONG rapportent des centaines de cas de travailleurs et travailleuses de l’électronique qui sont tombés malades au cours des cinq dernières années des suites d’expositions au benzène et autres produits hautement toxiques utilisés lors de la fabrication.

IndustriALL et ses syndicats affiliés des régions clés où sont fabriqués les produits électroniques au Cambodge, en Indonésie, en Malaisie, aux Philippines, en Corée du Sud et aux États-Unis se sont joints à l’appel fait aux employeurs de l’électronique de prendre conscience du défi.

Cliquez ici pour prendre connaissance du défi et voir ceux qui le soutiennent.

Le Mexique en passe de ratifier la Convention 98 de l’OIT sur la Négociation collective

M. Navarrete s’est engagé à agir à l’issue de réunions avec la CSI, son Organisation régionale pour les Amériques, la CSA et IndustriALL dont les secteurs sont affectés particulièrement durement par les contrats de protection qui privent les travailleurs de leur mot à dire au niveau des conditions d’emploi et de travail et au sein de leurs syndicats.

Sharan Burrow, la Secrétaire générale de la CSI précise que “les contrats de protection ouvrent dans les relations sociales des brèches béantes pour des pratiques de corruption et représentent une grave violation de la liberté syndicale et du droit de négocier collectivement. Le droit des travailleurs à participer pleinement et démocratiquement à la fixation des salaires et des conditions d’emplois est une chose fondamentale. La pratique des contrats de protection corrompus n’a été tolérée que trop longtemps. Nous saluons l’engagement du Ministre à se pencher sur la discussion de nouvelles réformes législatives qui, nous l’espérons, mettront fin à cette violation des droits des travailleurs qui affecte un grand nombre d’entre eux au Mexique”.

Fernando Lopes, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL précise : “en dépit de pas concrets qui ont été faits lors de la réunion, le chemin est encore long avant que nous ne puissions parler de changements positifs. Nos affiliés et d’autres syndicats mexicains indépendants voient leur travail quotidien constamment sapé par le système injuste des contrats de protection. Les travailleurs et travailleuses ainsi que l’économie mexicaine sont les otages de ce système pourri qui manipule les droits des travailleurs et fait obstacle à tout progrès en matière de conditions de travail et de vie”.

La promesse du Ministre mexicain fait suite à la campagne menée par des organes syndicaux mexicains et internationaux pour l’abolition des contrats de protection, qui a connu son point d’orgue lors d’une réunion à Mexico la semaine dernière au cours de laquelle les syndicats ont exprimé par le menu leurs préoccupations et appelé le gouvernement à agir.

Le Ministre Navarrete a également promis de se pencher sur la résolution en temps voulu de toute une série d’autres problématiques soulevées par les syndicats.

Vous pouvez lire la lettre du Ministre Navarrete (en espagnol).

L’effondrement d’un bâtiment au Bangladesh provoque la mort d’au moins sept personnes.

Environ 70 personnes travaillaient dans le bâtiment au moment où l’accident s’est produit, dont un grand nombre sur le toit. Les corps d’au moins sept travailleurs morts ont été dégagés et plus de 60 personnes ont été secourues dont un grand nombre hospitalisées avec des blessures plus ou moins graves. Les opérations de secours sont terminées.

Le bâtiment détruit qui venait d’être construit appartient à l’organisation d’assistance sociale des forces armées du Bangladesh “Senakul Sansathan”. L’usine dans laquelle se trouvait l’entrepôt fabrique du ciment Elephant Brand et en assure la production depuis 1995.

L’entreprise de travaux publics chargée de la construction du toit est une agence locale de la société chinoise China National Building Material Company Ltd., détentrice du contrat après un appel d’offres international.

Le Bangladesh a un mauvais bilan en matière de normes de sécurité qui ont trait aux incendies et aux bâtiments. L’effondrement du bâtiment Rana Plaza à Dhaka a causé la mort de plus de 1.130 personnes employées dans la confection le 24 avril 2013.

À la suite de cette tragédie et en raison de la pression du mouvement syndical et du public au niveau international, plus de 180 marques mondiales et distributeurs ont signé avec IndustriALL Global Union et UNI Global Union l’Accord historique sur les mesures de sécurité qui ont trait aux incendies et aux bâtiments au Bangladesh et lancé un important projet destiné à améliorer la sécurité et la viabilité dans l’industrie de la confection au Bangladesh.

Jyrki Raina, secrétaire général de IndustriALL, dit : “L’accord a obtenu un effet immédiat en réduisant les risques dans l’industrie de la confection au Bangladesh, bien que la route à parcourir soit encore longue avant que l’on puisse assurer de bonnes conditions de sécurité et de viabilité dans l’industrie de la confection au Bangladesh. La nouvelle tragédie à Mongla montre que le gouvernement du Bangladesh doit commencer immédiatement à prendre des mesures identiques de sécurité dans tous les secteurs de l’économie au Bangladesh. Les travailleurs et travailleuses doivent avoir le droit de pouvoir retourner en vie et en bonne santé à la maison après leur travail, qu’ils soient employés dans la construction, la confection, le ciment ou tout autre secteur.”

Le rapport d'une ONG dénonce les violations flagrantes dont sont victimes les travailleuses de l'habillement au Cambodge

L'enquête menée par Human Rights Watch (HRW) sur les conditions de travail dans 73 ateliers, qui a servi à la préparation du rapport "Work Faster or Get Out" (travaillez plus vite ou, dehors), a recueilli les témoignages de 270 travailleuses ainsi que de plusieurs des huit affiliés cambodgiens d'IndustriALL Global Union, d'agents du gouvernement, de militants des droits au travail, et de l'Association cambodgienne de la confection (GMAC).

Ce rapport accuse les marques de ne pas protéger ni promouvoir les droits des travailleurs de leurs fournisseurs directs ou indirects dans leurs chaînes de production. Elle leur reproche aussi de ne pas protéger les lanceurs d'alerte et de sacrifier les entreprises qui posent des problèmes plutôt que d'y remédier, de mettre des emplois en jeu pour diminuer les risque de dénonciation des violations des droits au travail.

Human Rights Watch a aussi constaté un large recours abusif aux contrats de courte durée, que les employeurs utilisent illégalement pour pouvoir contrôler et licencier plus facilement leur personnel, éviter de payer des primes de maternité et autres prestations et décourager la création de syndicats et l'affiliation syndicale.

"Ce rapport démontre une fois de plus que les prétendues pratiques de responsabilité de l'entreprise, qui ne servent qu'à donner du lustre à la réputation des marques, ne font rien pour remédier aux abus", a déclaré Jyrki Raina, le Secrétaire général d'IndustriALL.

"De nouvelles approches sont requises d'urgence et IndustriALL s'emploie à faire de la confection une industrie sûre et durable dans le monde entier. Le rapport d'Human Rights Watch montre que beaucoup reste à faire."

Le rapport épingle aussi Marks & Spencer, Gap et Joe Fresh (Loblaw) pour le secret qu'elles entretiennent sur leurs fournisseurs, avec les difficultés que cela entraîne pour vérifier les conditions de travail dans ces ateliers.

Heures supplémentaires imposées

Des travailleurs de fournisseurs comme de sous-traitants ont déclaré avoir été menacés par la direction de licenciement ou de réduction de salaire s'ils refusaient de faire des heures supplémentaires. Au-delà de la norme des 48 heures par semaine, la loi cambodgienne limite le nombre d'heures supplémentaires à 2 par jour (12 heures par semaine). Or, la plupart des travailleurs interrogés dépassaient de loin ce plafond de 12 heures par semaine.

L'obligation de respecter les objectifs de rendement font que les travailleuses et travailleurs n'ont pas le temps d'aller à la toilette, de se reposer ou de se désaltérer. Certains disaient faire l'objet d'intimidations physiques en raison de leur "lenteur".

Discrimination envers les femmes  

Des travailleuses ont témoigné avoir été renvoyées parce qu'elles étaient enceintes et leur contrat n'a pas été renouvelé par la suite.

"Ils engagent des femmes et sont outrés quand ils apprennent que l'une d'elles était enceinte; alors ils renvoient les femmes enceintes", déclare Nheoum Soya, une ouvrière de Phnom Penh. "J'ai choisi d'avorter pour pouvoir reprendre le travail, pour être une bonne travailleuse, en espérant leur donner satisfaction."

Les cadres de l'usine ne prenaient non plus aucune disposition pour les femmes enceintes, comme par exemple les laisser aller plus souvent aux toilettes, et ils harcelaient les femmes enceintes qu'ils accusaient d'être improductives.

Le harcèlement sexuel s'avère une pratique courante, sous la forme de remarques grivoises et d'avances, et aussi d'attouchements de la part des cadres et des collègues hommes.

Discrimination antisyndicale

Human Rights Watch a rassemblé des preuves de pratiques antisyndicales dans au moins 35 usines depuis 2012 au Cambodge. Il s'agit notamment de n'offrir que des contrats de courte durée, de licencier ou harceler les représentants syndicaux nouvellement élus et d'encourager des syndicats acquis à la direction.

D'après les syndicats, dès que les travailleurs veulent s'organiser, la direction renvoie les responsables, ou bien elle les force ou les soudoie pour qu'ils démissionnent afin d'empêcher la formation du syndicat.

Sous-traitants

En règle générale, les conditions chez les sous-traitants sont pires. Les travailleurs déclarent qu'on les force à travailler pour moins du salaire minimum, que les femmes ne touchent pas de prime de maternité et que, parfois, elles sont obligées de travailler le dimanche et les jours fériés sans supplément de salaire. Le personnel de ces usines dit avoir peur de créer un syndicat ou d'y adhérer.

Ce qui est plus alarmant, c'est que certains travailleurs disent que le sous-traitant pour lequel ils travaillent emploie des enfants que l'on cache lorsque viennent des visiteurs. Chez un sous-traitant qui fabrique pour H&M, des enfants de moins de 15 sont soumis au même régime de travail que les adultes.

Manque de responsabilité du gouvernement

Human Rights Watch qualifie de "lamentable" l'application par le gouvernement cambodgien de sa législation du travail, pourtant rigoureuse. Deux anciens inspecteurs du travail interrogés séparément ont parlé d'un "système d'enveloppes" par lequel les propriétaires d'usines versent des pots-de-vin aux inspecteurs en échange de rapports d'inspection favorables.

Sur les milliers d'inspections effectuées entre janvier 2009 et décembre 2013, seules dix amendes ont été imposées à des usines en infraction, d'après les chiffres du gouvernement.

Les exportations de vêtements du Cambodge représentaient en 2014 un total de 5,7 milliards $ et les femmes forment une proportion estimée à 90 à 92 pour cent des 700.000 personnes employées par cette industrie.