Les métallurgistes japonais obtiennent une augmentation importante des salaires

L’économie japonaise a souffert de la déflation et se trouve dans une période d’incertitudes. Les syndicats estiment que les hausses salariales contribueront à revitaliser l’économie. Le Conseil des syndicats japonais de métallurgistes (JCM) représente les membres de 50 syndicats dans les grandes entreprises des industries de l’automobile, de l’électricité et l’électronique et des TIC, des machines, de la sidérurgie et de la construction navale.

JCM insiste notamment sur les résultats suivants.  

Dans une déclaration sur les résultats obtenus par l’offensive de printemps 2015, JCM a annoncé: “Pour les syndicats qui veulent également tirer quelque chose des réponses ci-après, nous continuerons d’accorder un soutien pour qu’ils puissent obtenir de façon sûre des augmentations salariales supérieures aux résultats de l’année dernière, comme ce fut le cas dans les réponses reçues jusqu’à présent.”

IndustriALL demande à Rolls-Royce de réintégrer des syndicalistes coréens

Le 7 janvier 2015, la commission nationale des relations de travail de Busan a décidé que Rolls-Royce Marine Korea, qui fabrique des treuils pour les navires, avait mis à pied en toute illégalité des membres du syndicat en octobre 2014.

L’entreprise a déclaré avoir licencié les travailleurs, affiliés à IndustriALL par leur adhésion à la fédération coréenne des métallurgistes (FKMTU), en raison d’une “nécessité urgente de gestion”.

La Commission a décidé que Rolls-Royce Marine avait enfreint la loi sud-coréenne sur les normes de travail, qui restreint tout licenciement pour raison liée à la gestion. Par conséquent, l’entreprise est tenue de réintégrer tous les travailleurs mis à pied dans un délai de 30 jours à compter de la date de notification par écrit du jugement, mais a présenté une nouvelle demande de jugement ä la commission centrale nationale des relations de travail.

“Nous n’abandonnerons pas, tant que l’entreprise n’aura pas admis sa faute et présenté des excuses auprès des travailleurs mis à pied” a dit le dirigeant syndical Ha Young Jae. “Nous voulons une victoire pour nos travailleurs désarmés.” 

Dans une lettre à Rolls-Royce, le secrétaire général de IndustriALL, Jyrki Raina, a déclaré:

“Nous vous demandons fermement de réintégrer immédiatement les travailleurs mis à pied et de cesser de harceler les travailleurs et leur syndicat. Nous demandons en outre à la direction de Rolls Royce Marine Korea de reprendre les négociations avec le syndicat pour parvenir à une résolution juste et équitable de ce conflit, et de créer une relation constructive entre le personnel et la direction.”

Rolls-Royce Marine Korea Ltd, entreprise située dans la ville de Busan, est une filiale de Rolls-Royce, société de renommée mondiale dans le domaine des activités d’ingénierie, dont le siège est au Royaume-Uni.

Le total des ventes de l’entreprise sud-coréenne, établie en 2000, se montait à 36 millions d’USD en 2014.

Les travailleuses honduriennes de la confection en butte à des attaques

L’entreprise de confection Petralex, située dans la zone de libre-échange Búfalo dans la banlieue de la ville industrielle de San Pedro Sula, a été un champ de bataille antisyndicale au cours des huit dernières années. 

Le dernier conflit remonte au 2 mars, quand l’entreprise a commencé à s’en prendre à deux responsables syndicaux nouvellement élus, en leur offrant jusqu’à près de trois fois leur indemnité légale de départ s’ils acceptaient de quitter volontairement le syndicat – ce qui n’est pas une décision facile à prendre pour des travailleurs/euses qui gagnent seulement le tiers du montant nécessaire pour survivre. Cinq dirigeants du syndicat local Sitrapetralex, qui appartient à la FITH et qui ont refusé d’accepter l’offre ont été sommairement congédiés.  Un seul a accepté quand sa sœur a été menacée d’une mise à pied.

Lors d’une réunion organisée par les services de la main-d’œuvre, le 24 mars, Sitrapetralex et Petralex n’ont pas pu parvenir à un accord.  Cela n’est pas surprenant du fait que la seule représentation patronale était assurée par un juriste nouvellement nommé qui rejetait toute faute en prétextant que les mises à pied résultaient d’une restructuration.

La restructuration est précisément la même excuse donnée par Petralex les quatre autres fois quand l’entreprise a mis à pied des comités exécutifs syndicaux entiers.  En juin, juillet et août 2007 et en janvier 2008, l’entreprise a suivi le même schéma habituel: le syndicat élit ses dirigeant(e)s; l’entreprise les met à pied.

L’entreprise s’est systématiquement séparée de quiconque semblait représenter une menace pour son régime de gestion-par-la-terreur; 180 membres du syndicat ont été mis à pied en 2007 et 2008.

En 2012, l’affaire Petralex a été jugée suffisamment grave pour être citée dans une plainte présentée par les syndicats honduriens à l’accord de libre-échange de l’Amérique latine.

Il est fait état dans une réponse publiée récemment dans un rapport du gouvernement américain qu’une enquête de suivi par les autorités honduriennes avait omis d’enquêter pour savoir si les dirigeants syndicaux mis à pied en 2007 et 2008 avaient été réintégrés. 

Jusqu’à présent, l’entreprise n’a payé qu’une amende de 580 USD pour ses activités antisyndicales – un prix pitoyablement faible pour huit années de répression antisyndicale brutale.

Afin d’obtenir justice pour le licenciement injustifié de dirigeants syndicaux, IndustriALL cherche à prendre contact avec l’entreprise, les services de la main-d’œuvre, l’association des exportateurs du Honduras dans la confection AHM, ainsi qu’auprès des marques qui se fournissent dans l’entreprise, parmi lesquelles Outerstuff titulaire d’une licence Adidas,  Gear for Sports (appartenant à HBI), Vanity Fair corporation, et Dallas Cowboys.

L’Université ouvrière mondiale GLU lance des cours gratuits en ligne

Ce cycle de six semaines de cours librement accessibles en ligne débute le 1er juin 2015 et détaillera les droits des travailleurs au plan mondial et donnera un aperçu des instruments et stratégies à disposition pour en tirer parti.

Avec l’appui d’un ensemble varié de cours en vidéo, d’exposés, de ressources en ligne et d’interviews avec des militants et des experts syndicaux du monde entier, les participants acquerront à la fois des connaissances et des compétences pour faire avancer la cause des droits des travailleurs partout dans le monde.

Les cours, qui rassemblent une expertise syndicale venue des quatre coins du monde, ont été mis au point avec des institutions partenaires de la GLU, le Bureau des Activités pour les Travailleurs de l’Organisation internationale du Travail (OIT) et des organisations syndicales tant nationales qu’internationales.

Les participants pourront se faire une idée de l’historique et de la notion même de droits des travailleurs au niveau international et de la structure institutionnelle de l’OIT en tant qu’acteur majeur dans la fixation des Normes internationales du Travail. Ils apprendront aussi à connaître les concepts qui sous-tendent les droits fondamentaux de la Liberté syndicale et de la Négociation collective.

Les cours aborderont les différentes approches pour atteindre l’emploi décent au sein de l’économie informelle et donneront un aperçu des instruments et initiatives au-delà de l’OIT.

Pour en savoir plus et vous inscrire, cliquez ici.

Visionnez ici une courte vidéo de présentation des cours : https://www.youtube.com/watch?v=8u8dpMVfFh0

Rana Plaza : le compte à rebours du 2e anniversaire débute avec un fond d’indemnisation où il manque encore 9 millions de dollars

Alors qu’il reste un mois avant le deuxième anniversaire de la tragédie de Rana Plaza, les trois organisations qui négocient les indemnisations pour ses victimes ont lancé ce jour une campagne sous forme de compte à rebours pour rappeler aux consommateurs, aux gouvernements et aux enseignes que près de deux ans après la catastrophe la plus meurtrière de l’industrie de la confection, justice n’a toujours pas été faite pour les milliers de travailleurs et travailleuses tués et blessés.

IndustriALL, UNI et la Campagne Clean Clothes renouvellent avec insistance leur exigence auprès des enseignes concernées par la catastrophe pour qu’elles bouchent le trou de 8,5 millions de dollars dans le financement destiné à fournir une juste et complète indemnisation à chacune des plus de 5.000 personnes éligibles.

À ce stade, 21,5 millions de dollars ont été versés au Fond fiduciaire des donateurs de Rana Plaza par le biais d’acheteurs, du Fond du Premier Ministre du Bangladesh et d’autres donateurs privés. Toutes ces contributions sont exclusivement utilisées pour des versements aux victimes de Rana Plaza et leurs familles. On a calculé qu’il faudrait au moins 30 millions de dollars pour couvrir les demandes d’indemnisation. À ce jour, les bénéficiaires n’ont reçu au maximum que 70% de ce qui leur est dû, le reste étant retardé parce que les enseignes ont failli à verser les 8,5 millions de dollars nécessaires à achever le processus.

Un certain nombre d’enseignes reconnues au plan mondial, toutes ayant des liens avec les ateliers de Rana Plaza, ont jusqu’ici refusé d’effectuer des versements adéquats au Fond. Parmi les pires réfractaires, Benetton, dont on attend toujours le premier centime. D’autres, parmi lesquels Walmart, Mango et The Children’s Place, sont mises en évidence pour avoir fait des dons qui sont très loin des attentes. Au nombre des autres entreprises dont on attend toujours le versement, on retrouve Lee Cooper, JC Penny, Matalan et Kik.

Après plusieurs mois au cours desquels pratiquement aucun don significatif n’a été enregistré par le Fond fiduciaire des donateurs de Rana Plaza, il existe des raisons d’être optimiste. Au cours des dernières semaines, des dons sont parvenus au compte-gouttes pour réduire le fossé d’un demi-milllion. Par contre, la promesse faite par Benetton en février de verser une contribution au Fond n’a toujours pas été honorée à ce jour et les rumeurs selon lesquelles la Bangladesh Alliance avait l’intention de faire un don significatif se sont avérées infondées.

Nos trois organisations espèrent que la pression qui est à nouveau mise sur les enseignes à l’occasion du compte à rebours de l’anniversaire va se traduire par des dons suffisants pour rencontrer l’ensemble des frais d’indemnisation.

Le Secrétaire général d’IndustriALL, Jyrki Raina, a déclaré : “Pour une industrie où tout est question d’image, les enseignes de la confection mettent un temps d’une longueur choquante pour faire ce qui doit être fait et refermer un des chapitres les plus honteux de l’histoire de l’industrie mondiale du vêtement."

"Pratiquement deux ans se sont écoulés depuis cet homicide industriel ; les victimes et leurs familles ont droit à une indemnisation et à la possibilité de se construire un nouvel avenir.”

Le Secrétaire général d’UNI, Philip Jennings, a déclaré : “l’horloge tourne et nous n’attendons rien de moins que de généreuses et complètes contributions d’ici au 24 avril de la part de toutes les enseignes qui doivent encore verser.

“Les enseignes de la confection se targuent d’être à l’avant-garde et de pouvoir réagir rapidement à un univers de la mode en constant mouvement. Dans ce cas, elles ont freiné des quatre fers.”

“Chaque centime ira directement aux familles qui ont perdu leurs êtres chers ou à des victimes qui ne sont plus en mesure de travailler. C’est ce qu’il est juste de faire.”

Ineke Zeldenrust de la Campagne Clean Clothes a déclaré : “les victimes de Rana Plaza ont eu leur lot de promesses non tenues et de fausse sympathie de la part des enseignes. Elles veulent en finir avec cet épisode pour pouvoir reprendre le cours de leurs vies.”

Parmi les enseignes dont ont attend toujours des versements, on retrouve :

Benetton (chiffre d’affaires 2013 : 1,6 milliard d’euros)

Le 24 février 2015, Benetton s’est publiquement engagé à payer des indemnisations avant le 24 avril 2015, mais on attend toujours qu’il tienne cette promesse. La marque italienne a dit avoir nommé une tierce partie indépendante pour prendre conseil par rapport à ses versements mais a refusé d’indiquer publiquement quelle était cette tierce partie. Nos trois organisations critiquent la décision de Benetton de continuer à retarder son versement.

The Children’s Place (chiffre d’affaires 2013 : 1,8 milliard de dollars)

Cette firme américaine a versé une somme estimée à £ 450.000 par le biais de l’organisation caritative BRAC US. Les responsables de la campagne réclament 8 millions de dollars à cette entreprise qui a réalisé un chiffre d’affaires de 1,8 milliard de dollars en 2013. The Children’s Place est la cible d’une importante campagne aux États-Unis et a eu mauvaise presse lorsqu’elle a fait arrêter un survivant de Rana Plaza à l’occasion d’un mouvement de protestation au sein de son siège central.

Walmart (chiffre d’affaires 2014 : 485,651 milliards de dollars)

Walmart, le détaillant le plus important et le plus riche du monde, a versé au fond un montant estimé à 1 million de dollars par le biais de l’organisation caritative BRAC US, une somme modeste au regard de sa taille et du montant total requis. Il a laissé entendre qu’il était disposé à faire d’autres contributions, mais on attend toujours une concrétisation via un versement de sa part.

Mango (chiffre d’affaires 2013 : 1,85 milliard d’euros)

L’entreprise d’habillement espagnole a fait un très petit don l’an dernier et doit s’engager à verser l’ensemble de son dû avant l’échéance du deuxième anniversaire.

IndustriALL, UNI et la Campagne Clean Clothes sont d’avis que toutes les enseignes qui se fournissent au Bangladesh, et pas seulement celles qui ont des liens directs avec Rana Plaza, devraient participer aux indemnisations.

IndustriALL et UNI sont les deux fédérations syndicales internationales qui ont conçu et signé l’Accord sur les mesures de sécurité qui ont trait aux incendies et aux bâtiments au Bangladesh après la tragédie du Rana Plaza. Les deux fédérations et la Campagne Clean Clothes siègent au sein du comité de pilotage de l’Accord. Celui-ci a été signé par près de 200 enseignes de stature mondiale et concerne environ 1.500 usines et deux millions de travailleurs et travailleuses.

IndustriALL et ThyssenKrupp signent un accord mondial pour la promotion des droits fondamentaux

Notre affilié IG Metall et le comité d'entreprise de ThyssenKrupp ont conclu la négociation avec la direction lors d'une cérémonie qui s'est tenue le 16 mars 2015 au siège de l'entreprise, à Essen. L'accord a été élaboré en concertation avec des affiliés d'IndustriALL représentés dans tous les sites d'exploitation de ThyssenKrupp. Par la même occasion, la négociation a permis de trouver des solutions à des conflits du travail aux États-Unis et en Italie.

Berthold Huber, qui a signé l'ACM en sa qualité de Président d'IndustriALL, l'a qualifié de "précurseur" dans la mesure où la représentation du personnel sera assurée par la participation de leurs représentants au mécanisme d'examen des plaintes ainsi qu'au Comité international. Il ajoute :

"Les multinationales de dimension mondiale doivent faire en sorte d'offrir partout des conditions de travail équitables à leur personnel et de se conformer aux lois et règlements en vigueur qui protègent les travailleurs."

Aux termes de l'accord, ThyssenKrupp s'engage à respecter, entre autres normes internationales, les principes de l'Organisation internationale du travail (OIT) dans toutes ses filiales du monde entier. Il s'agit en particulier des conventions n° 298798,100105111138 et 182. C'est ainsi que ThyssenKrupp s'engage à respecter les principes suivants :

L'ACM comporte aussi des dispositions strictes assurant son application et sa vérification par un Comité international composé de représentants de la direction et des travailleurs.

ThyssenKrupp est un des plus grands groupes mondiaux de la métallurgie; il fabrique des pièces et des systèmes pour l'industrie automobile, des ascenseurs, des escaliers roulants. Il a aussi des activités dans le négoce des matières premières et les services à l'industrie.

81 travailleurs de Maruti Suzuki libérés sous caution

C'est après les violences qui ont éclaté, cette année-là, à l'usine Maruti Suzuki, en Inde, et qui ont entraîné la mort d'un cadre que près de 2.800 travailleurs furent licenciés et 147 emprisonnés, inculpés de meurtre, tentative de meurtre et association de malfaiteurs.

Deux travailleurs ont été remis en liberté sous caution en février de cette année, suivis de 79 autres le 17 mars, tandis que 64 attendent encore une mesure similaire.

La procédure de libération a traîné en longueur, et la direction n'a jamais été en mesure de produire des preuves matérielles contre les travailleurs.

L'avocate de la Cour suprême Vindra Grover commente ainsi le retard pris par la procédure de libération sous caution :

"L'enquête criminelle, l'instruction et l'incarcération sont utilisées par l'État pour donner satisfaction aux entreprises privées, écraser les syndicats et réprimer les travailleurs."

Le Secrétaire régional d'IndustriALL, Sudhershan Rao, s'est félicité de la décision de la cour qui a choisi de protéger les droits fondamentaux des travailleurs, et a exprimé sa solidarité :

"Cette épreuve aurait pu être évitée aux travailleurs si le gouvernement s'en était remis à l'esprit du tripartisme. Espérons maintenant que les autres travailleurs incarcérés vont être eux aussi rapidement libérés."

L'USW conclut un accord préliminaire dans le secteur pétrolier

Cet accord, qui a été signé le 12 mars et approuvé par les négociateurs syndicaux, devrait conduire à l'arrêt de la plus grande grève qu'ait connue le secteur du raffinage du pétrole aux États-Unis depuis 1980.

"Nous saluons la solidarité dont ont fait montre nos membres," a déclaré le Président international de l'USW, Leo W. Gerard. "Sans elle, nous n'aurions jamais pu obtenir de telles avancées dans la santé et le maintien de l'effectif."

Cette grève visait d'abord la sécurité et les conditions de travail plutôt que des hausses de salaires et la nouvelle convention quadriennale fera office d'accord de référence pour le reste de l'industrie.

Les questions de sécurité étaient au centre des négociations et le projet d'accord préconise un réexamen immédiat des niveaux d'effectifs et des charges de travail, cela avec la participation des agents de sécurité de l'USW dans tous les sites de l'entreprise.

Au cours des dernières années, l'industrie a accru les pressions sur les travailleurs, les obligeant parfois à travailler des pauses de 12 heures plusieurs semaines d'affilée. Ces pratiques sont maintenant contestées avec succès. La maintenance et les réparations régulières des installations étaient également en cause. Le projet d'accord porte aussi des hausses annuelles des salaires ainsi que le maintien de la répartition actuelle du coût du programme de soins de santé.

La grève avait démarré dans neuf sites pétroliers et chimiques après l'échec de la négociation d'une nouvelle convention. En mars, six autres usines s'étaient également mises en grève, portant le nombre total de grévistes à près de 7.000.

Le syndicat s'attend à ce que d'autres employeurs proposent les mêmes conditions lors de négociations avec leurs personnels.

Déjà, certains se rallient à cet accord et des progrès sont enregistrés sur des questions de dimension locale dans quatre sites dont Shell est propriétaire ou présent dans le capital. Les syndicats concernés n'ont plus qu'à négocier une convention reprenant les termes de l'accord national et qui règle aussi les questions locales.

Au moment de publier, nous apprenons que la section locale 13-423 a voté à l'unanimité le compromis proposé à Port Arthur, au Texas.

Le Secrétaire général d'IndustriALL, Jyrki Raina, a déclaré aux travailleurs du pétrole de l'USW : "En insistant sur les questions de santé et de sécurité, vous avez permis que non seulement les travailleurs, mais aussi les communautés voisines d'installations pétrolières soient moins exposés qu'ils ne l'étaient avant la grève. Félicitations !"

L'USW représente au total quelque 30.000 travailleurs de plus de 200 raffineries, terminaux et oléoducs dans le pays qui représentent ensemble 64 pour cent de la production pétrolière des États-Unis.

Tunisie: ‘Ils ne voleront pas notre révolution!’

La brutale attaque au musée Bardo dans la capitale tunisienne est un coup terrible porté au pays, où deux élections démocratiques paisibles ont eu lieu depuis la chute du dictateur Zine El Abidine Ben Ali lors d’un soulèvement populaire en 2011.

Selon Tahar Berberi, dirigeant du syndicat des travailleurs de la métallurgie et de l’électronique FGME-UGTT, affilié à IndustriALL, les gens sont immédiatement descendus dans la rue en criant: “Nous ne nous laisserons pas voler notre révolution,” en réaction à la nouvelle de l’attaque.

“Nous présentons notre profonde sympathie aux proches des victimes assassinées en espérant que les nombreux blessés se rétabliront rapidement. Il ne sera jamais permis aux terroristes de nuire à la volonté de démocratie et de paix de la population tunisienne, pour laquelle les syndicats ont tant combattu,” a dit Jyrki Raina, secrétaire général de IndustriALL.

Pour montrer sa colère, la centrale syndicale nationale, UGTT, organise cet après-midi un rassemblement de syndicalistes et de citoyen(ne)s devant le Parlement national, pour exprimer sa solidarité aux victimes et son rejet du terrorisme.  

“Les syndicats tunisiens sont unis pour condamner cette lâche attaque qui ne pourra que renforcer notre solidarité. Nous sortirons plus renforcés qu’auparavant,” a dit Berberi.

Les syndicats ont joué un rôle central il y a quatre ans pour établir la démocratie en Tunisie et renverser la dictature.

“Toutes les organisations politiques et civiques ont mis de côté leurs différences et se tiennent derrière le président et le gouvernement tunisien,” a dit Berberi.

On compte parmi les morts vingt touristes étrangers, selon les autorités tunisiennes.

“Sans oublier la tragédie humaine, cette attaque est préjudiciable au pays et à son économie,” a dit Berberi. “Les agences de tourisme annulent déjà des voyages.”

Dimanche, le comité exécutif de l’UGTT examinera la possibilité d’un appel en vue d’une conférence internationale pour lutter contre le terrorisme à laquelle participeraient des organisations de la force sociale mondiale et de la société civile, a dit Berberi.

En reconnaissance de la contribution des syndicats à la démocratie, IndustriALL avait organisé une  réunion de son comité exécutif à Tunis, en décembre dernier, pour soutenir l’établissement d’une société nouvelle dans laquelle les syndicats et les travailleurs et travailleuses jouent un rôle important.

La semaine prochaine, IndustriALL enverra une importante délégation au Forum social mondial qui se tiendra à Tunis du 25 au 28 mars. “Le mouvement social en Tunisie et dans la région compte sur le soutien mondial des forces démocratiques pour s’opposer à la violence et au terrorisme,” a dit Abderrahmane Hihihi, coordonnateur du Forum.

IndustriALL participera à l’évènement en animant plusieurs ateliers avec des affiliés et des partenaires sociaux.

“La communauté internationale doit maintenant montrer plus que jamais sa solidarité envers la Tunisie,” a dit Raina.

Vietnam : sur la voie du salaire vital

En janvier 2015, le gouvernement vietnamien a relevé le salaire minimum de 15% pour le porter à l’équivalent de 145 dollars par mois. C’était l’aboutissement d’un processus d’étude et de consultation mené au sein du Conseil National des Salaires.

Selon les études, ce salaire minimum couvre à présent 75% du coût de la vie et les ajustements à la hausse vont se poursuivre dans les prochaines années. Atteindre le niveau d’un salaire vital est une priorité pour le gouvernement et les syndicats ainsi que le thème d’une importante campagne mondiale d’IndustriALL.

Lors d’une récente visite au Vietnam, le Secrétaire général d’IndustriALL, Jyrki Raina, a déclaré :

“Avec son programme tripartite systématique visant à atteindre le salaire vital, le Vietnam donne l’exemple à suivre aux autres pays d’Asie, pour donner un coup de fouet au pouvoir d’achat, à la croissance économique et à la création de nouveaux emplois.”

Les trois affiliés locaux d’IndustriALL, le Syndicat national des charbonnages et des mines, le Syndicat national des travailleurs du pétrole et du gaz et le Syndicat national de l’industrie et du commerce (VUIT) représentent près de 400.000 travailleurs et travailleuses. Ils font partie de l’unique centrale syndicale, la Confédération générale du travail du Vietnam (VGCL).

Les syndicats et le Vice-Ministre vietnamien du travail, Pham Minh Huan, ont informé IndustriALL de la tenue de pourparlers visant à la ratification des conventions de l’OIT concernant le droit à la syndicalisation, la négociation collective et le travail forcé.

“L’adoption par le Vietnam des conventions de l’OIT 87, 98 et 105, qui sont fondamentales pour la sauvegardes des droits des travailleurs et travailleuses, enverrait un signal positif au monde entier”, indique Jyrki Raina.

Le Syndicat national des travailleurs du textile et de l’habillement du Vietnam prépare sa demande d’adhésion à IndustriALL. La situation dans ce secteur est typique des difficultés structurelles que les syndicats tentent de résoudre.

Le Syndicat des travailleurs du textile et de l’habillement représente 120.000 travailleurs et travailleuses, mais il y a plus de 3 millions de personnes occupées dans le secteur en plein expansion du textile, de l’habillement, de la chaussure et du cuir. Pour l’instant, les sections du VGCL dans les provinces et les villes recrutent des adhérents dans les entreprises et coentreprises à capital étranger.

Un certain nombre d’investisseurs étrangers refusent de respecter les droits des travailleurs, ce qui a conduit à près de 300 grève en 2014.

Le géant coréen de l’électronique Samsung a combattu la syndicalisation et n’a cédé qu’après une intervention vigoureuse du gouvernement vietnamien qui a autorisé le VGCL à mettre en place des sections locales dans les usines de Samsung.

Le VGCL et ses affiliés ont un objectif ambitieux en matière de recrutement syndical de sorte à faire passer la syndicalisation de 8,5 à 10 millions d’ici à 2018.

IndustriALL soutient la syndicalisation et la négociation collective par le biais d’un programme régional de développement syndical régional. Dans ce contexte, cinq ateliers se tiendront cette année au Vietnam pour améliorer les performances de ses affiliés.

“De nouvelles législations sur les processus démocratiques, y compris concernant le dialogue social au travail, facilitent notre tâche. Mais beaucoup reste encore à faire : développer des capacités pour les représentants syndicaux démocratiquement élus, négocier des conventions collectives solides et défendre les intérêts des travailleurs”, a conclu Jyrki Raina.