IndustriALL demande à Ecopetrol de réintégrer le dirigeant de l’USO mis à pied

La crise pétrolière a exacerbé les tensions entre Ecopetrol et le syndicat des travailleurs du pétrole USO. La situation a pris un nouveau tournant avec la mise à pied du dirigeant de l’USO, Edwin Palma. Le secrétaire général de IndustriALL, Jyrki Raina, a écrit au président de Ecopetrol, Juan Carlos Echeverry, pour exiger la réintégration immédiate de Palma au motif que l’entreprise a agi abusivement et illégalement.

La crise dans l’industrie pétrolière

Ecopetrol est victime d’un manque d’investissement du fait que le gouvernement colombien veut en faire une entreprise d’État à 100 pour cent. Cependant, USO, qui est affilié à IndustriALL, défend les droits de plus de 10.000 salariés qui ont été mis à pied depuis le début de la crise pétrolière.

Après l’annonce par le gouvernement qu’il ne privatisera pas Ecopetrol ou qu’il mettra pas sur le marché une part de l’actionnariat de l’entreprise et empêchera des licenciements dans l’industrie, Ecopetrol a mis à pied Edwin Palma le 27 mars. La décision a été prise après la publication par Palma sur les réseaux sociaux des salaires de dirigeants de l’entreprise. Ces chiffres circulaient déjà dans la presse. Ils montrent que certains dirigeants de Ecopetrol reçoivent un salaire mensuel pouvant atteindre 60 millions de pesos, alors que des milliers de familles colombiennes doivent vivre avec un salaire minimum de seulement 644.000 pesos par mois.

Jyrki Raina a écrit à Ecopetrol pour demander la réintégration immédiate de Palma. Le secrétaire général de IndustriALL estime que la mesure prise par l’entreprise est une tentative de réduire au silence le dirigeant syndical après sa dénonciation des abus et de la corruption parmi les hauts dirigeants de Ecopetrol. Raina a également dit que la mise à pied constitue une infraction à la législation tant nationale qu’internationale, notamment de la convention 87 de l’Organisation internationale du Travail (OIT) sur la liberté syndicale et la protection du droit syndical.

IndustriALL et ses affiliés soutiennent les travailleurs et travailleuses des secteurs des mines et de l’énergie dans leur lutte pour la défense de leurs droits, et exige la réintégration de Palma et l’arrêt des attaques contre les droits syndicaux fondamentaux des membres de l’USO.

Maroc : la famille IndustriALL continue de s’agrandir

Constitué de 2.000 délégués, 60 sections locales et régionales, 22 fédérations sectorielles, d’organisations de femmes et de jeunes et de 36 syndicats nationaux, le Congrès de l’UMT s’est tenu sous le slogan "Notre combat unitaire et revitalisé se poursuit pour une société de liberté, de démocratie et de justice sociale”.

Ce grand événement a également accueilli d’importantes figures politiques et des délégations internationales avec un intense débat sur les questions internationales et les questions stratégiques qui ont des répercussions sur la vie quotidienne et l’avenir des travailleurs marocains. Les délégués ont souligné l’importance de l’environnement régional, national et international caractérisé par des évolutions économiques et politiques significatives ayant des impacts négatifs sur les droits sociaux et les acquis des travailleurs, ce qui exige des syndicats de suivre de nouvelles stratégies.

Durant les soulèvements qu’ont connu les pays arabes ces dernières années, le Maroc est resté un pays relativement stable et a continué à attirer les investissements étrangers, en particulier dans les secteurs qui relèvent d’IndustriALL. Certains constructeurs automobiles de premier plan comme Renault se sont installés dans le pays pour y constituer une importante base de production. L’entreprise française a effectué un important investissement à Melloussa, près de Tanger, pour y assembler des véhicules d’entrée de gamme sous les marques Dacia et Renault. De la même manière, un autre géant automobile d’origine française, PSA Peugeot Citroen, possède un centre d’ingénierie au Maroc pour élargir son empreinte dans la région.

Un autre secteur important en plein essor est celui de l’aérospatial, qui a déjà attiré l’attention des plus grandes multinationales comme Boeing, Safran, Airbus, Bombardier et United Technologies. Selon les informations disponibles, le niveau d’emploi direct actuel dans le secteur sera doublé d’ici à 2020. On compte également la présence de nombreuses autres entreprises de dimension mondiale dans le pays comme Delphi, Leoni, Dell, GDF Suez et Total.

À mesure que les multinationales s’installent dans le pays et que les entrepreneurs accumulent les bénéfices après la libéralisation économique de la dernière décennie, les syndicats marocains continuent à unir leurs forces contre les bas salaires, la détérioration des conditions de travail et l’absence chronique de respect pour les droits syndicaux fondamentaux. Récemment, trois centrales syndicales, l’UMT (Union Marocaine du Travail), la Confédération Démocratique du Travail (CDT) et la Fédération Démocratique du Travail (FDT) ont joint leurs forces pour faire pression sur le gouvernement afin de défendre et faire progresser les droits et intérêts des travailleurs.

Jusqu’à fin 2014, IndustriALL comptait deux affiliés de l’UMT et un de la CDT. Le Comité exécutif d’IndustriALL a accepté quatre nouveaux affiliés de la CDT lors de sa réunion de décembre 2014. Les affiliés marocains d’IndustriALL ont déjà formé un Conseil national pour coordonner leurs actions au plan international. Des réseaux actifs regroupant des femmes et des jeunes travailleurs se mobilisent et coopèrent de manière concrète pour accroître le poids de ces groupements spécifiques au sein des organisations sectorielles.

IndustriALL a rencontré tous ses affiliés actuels et potentiels de manière individuelle et par le biais du Conseil national des Affiliés. Les membres d’IndustriALL vont s’accroître prochainement, car les syndicats qui sont en train de recruter au niveau d’importantes multinationales telles que Renault, Peugeot, Leoni ou Total sont sur le point de finaliser leur procédure d’affiliation. Le Conseil national des Affiliés a émis une requête commune en faveur d’un travail actif sur la syndicalisation, le travail précaire et la politique industrielle. IndustriALL va également mener des activités particulières pour les industries automobile et aérospatiale.

“Les syndicats marocains ont un grand potentiel de coopération syndicale et de solidarité internationale,” a déclaré Kemal Özkan, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL. “Un tel niveau d’implication, de militantisme et d’esprit de lutte dans tous nos débats est réellement prometteur et encourageant. Je suis convaincu que l’implication et l’intégration des femmes et des jeunes dans les syndicats marocains est exemplaire”.

Turquie: l’interdiction de la grève dans la métallurgie est toujours en vigueur

La grève légale et légitime décidée par l’affilié de IndustriALL, Birlesik Metal-Is, dans plusieurs entreprises situées dans différentes villes, doit maintenant être soumise au Haut Conseil d’arbitrage dans le cadre d’une procédure obligatoire du fait que la législation turque ne permet pas au syndicat de poursuivre sa grève après la période d’ajournement.

Selon la législation turque sur les syndicats et les conventions collectives, loi 6356, “une grève légale qui a été engagée et a débuté peut être suspendue par décret du Conseil des ministres pour une période de 60 jours dans le cas où elle serait considérée comme préjudiciable à la santé publique ou à la sécurité publique”. Le décret du gouvernement turc ayant été publié le 30 janvier au Journal officiel, la période de 60 jours est applicable jusqu’au 31 mars.

Dans le même temps, Birlesik Metal-Is a continué d’engager différents types “d’actions revendicatives” en réaction à la décision du gouvernement portant sur une interdiction après une forte campagne de lobbying et des pressions de l’association patronale de la métallurgie. Durant la soi-disant période d’ajournement, un médiateur a été nommé pour travailler en vue d’un règlement du conflit, mais Birlesik Metal-Is n’a pas considéré ce processus comme étant constructif, du fait qu’il s’agissait manifestement d’une infraction au droit fondamental des membres du syndicat.

Birlesik Metal-Is s’est tourné vers le Conseil d’État le 2 février pour obtenir l’annulation du Décret du gouvernement. Le syndicat a demandé tout d’abord la suspension de son exécution pour que la grève puisse se poursuivre. Le Conseil a demandé au gouvernement de lui faire parvenir les raisons invoquée pour l’ajournement de la grève. Dans sa longue réponse, le gouvernement a invoqué les arguments non pertinents concernant sa décision sur l’interdiction en tentant de relier la grève à la production de certains instruments destinés aux forces armées. IndustriALL Global Union se joint à Birlesik Metal-Is dans sa critique contre  ces arguments absurdes et vides de sens du gouvernement.

Cependant, malgré l’urgence, le Conseil d’État n’a jusqu’à présent pas pris de décision sur la suspension de l’exécution de l’interdiction. La période de suspension prenant actuellement fin sans une décision du Conseil d’État, la loi stipule maintenant: “Dans le cas où un accord n’interviendrait pas avant la date d’expiration de la période de suspension, le Haut Conseil d’arbitrage règle le conflit à la requête de l’une des parties dans un délai de six jours ouvrables. Sinon, la compétence du syndicat des travailleurs sera sans effet”. Cela signifie que si Birlesik Metal-Is ne s’adresse pas au Haut Conseil d’arbitrage, le syndicat perdra son homologation pour mener une négociation collective.

En tant qu’autorité chargée de mener cette procédure obligatoire d’arbitration, le Haut Conseil d’arbitrage comprend un membre nommé par le Conseil des ministres, un membre sélectionné par le Conseil de l’enseignement supérieur, le Directeur général du travail au ministère du Travail et de la Sécurité sociale, de deux membres élus par la confédération du travail ayant le plus grand nombre de membres, et pour le compte des employeurs de deux membres élus par la confédération patronale ayant le plus grand nombre de membres. Le Conseil est présidé par le doyen des chefs des départements à la Cour suprême. L’expérience turque avec ce Conseil a démontré clairement jusqu’à présent qu’il le produit pas de résultats en faveur des travailleurs et travailleuses.

“Au fil de temps, le nombre d’infractions en rapport avec l’interdiction de la grève s’accroît” a dit Kemal Özkan, secrétaire général adjoint de IndustriALL Global Union. “En théorie, les conventions internationales ratifiées par la Turquie, la constitution  et la législation du pays garantissent le droit de grève. En outre, le système judiciaire assure également la protection du droit de grève. Tout comme la décision du gouvernement d’interdire la grève, la façon dont le Conseil d’État se conduit est également inacceptable. Le fait de ne pas prendre de décision sur la suspension de l’exécution du décret durant la période d’ajournement est le signe évident que le système judiciaire turc n’a pas pour objet de protéger les droits fondamentaux dans le pays. En plus des infractions aux droits fondamentaux, le droit à un procès impartial est bafoué. Une situation indigne pour la Turquie.”

Alors que Birlesik Metal-Is se trouve dans l’obligation d’aller devant le Haut conseil d’arbitrage du fait de l’incapacité du Conseil d’État de prendre une décision, c’est grâce à la détermination et au militantisme de ses simples membres que la direction syndicale a pu réaliser un accord avec un nombre important d’entreprises quand elle a décidé de faire grève. Le syndicat rendra bientôt cette information publique avec tous les détails.

IndustriALL Global Union continue d’accorder son soutien à Birlesik Metal-Is dans cette lutte. En plus d’une plainte à l’OIT concernant l’infraction à un droit fondamental, IndustriALL prêtera son assistance à Birlesik Metal-Is pour porter la question devant la Cour européenne des droits de l’homme quand tous les mécanismes judiciaires auront été épuisés dans le pays.

Allemagne: Nouvel accord pour les travailleurs de la chimie après de dures négociations

Applicable à 550.000 salariés dans 1.900 entreprises du secteur, le nouvel accord contient une hausse de 2,8 pour cent des salaires sur une période de 17 mois et un quasi doublement des contributions patronales au ‘Fonds démocratique’ du secteur au cours des prochains 24 mois.

Ce fonds spécifique à l’industrie chimique allemande est destiné à faciliter la préretraite, le travail à temps partiel, les comptes horaires de temps de travail à long terme et autres mesures visant à résoudre le changement démographique dans cette industrie. Les employeurs paieront maintenant 750 € par an et par salarié à ce fonds – en hausse par rapport à 338 € – ce qui représente une augmentation complémentaire de 0,9 %.

L’accord s’applique à de grandes entreprises multinationales telles que BASF, Evonik, Bayer, Dow Chemical et LyondellBasell en Allemagne, qui est le plus grand pays producteur de produits chimiques d’Europe.

En raison des divergences rencontrées au départ, les négociations sectorielles ont connu des moments difficiles qui ont exigé la tenue de quatre réunions séparées avant que les partenaires sociaux ne parviennent finalement à un règlement final acceptable. Quelque 100,000 personnes étaient descendues dans la rue au début de mars pour manifester leur engagement pour une hausse des salaires et l’amélioration des conditions de travail.

Michael Vassiliadis, président de IG BCE, a dit:

Une fois de plus, nous avons montré dans l’industrie chimique, qu’un syndicat puissant peut parvenir à de bons résultats pour les travailleurs et travailleuses. Nous n’avons pas seulement pris soin d’obtenir des améliorations salariales importantes dans un environnement général difficile, mais nous avons pu également actualiser et renforcer les variables démographiques dans cette convention collective. C’est important pour la population et l’industrie; c’est un investissement réel pour l’avenir.

Le secrétaire général adjoint de IndustriALL, Kemal Ozal, dit:

Pour conclure, cet accord a donné lieu à un processus prolongé au cours duquel les gens sont descendus en force dans la rue pour montrer leur soutien à IG BCE. IndustriALL se félicite de la nouvelle convention collective qui est le résultat de solides relations industrielles.

L’Allemagne a eu un taux d’inflation de 0,9 pour cent en 2014. Au début de cette année, IG BCE a conclu une convention collective pour 13.000 mineurs dans l’extraction houillère, d’un niveau de 3,6 pour cent, qui s’accompagne d’un montant forfaitaire unique de 600 €, tandis que le syndicat a récemment réussi à obtenir une hausse salariale de 5 pour cent qui s’applique à 50.000 salariés employés dans 150 entreprises du papier sur une période de 12 mois.

La grève massive des mineurs galvanise la Mauritanie

Plus de 3.000 syndiqués, dont les mineurs de Zouerate dans le nord du pays et les travailleurs qui s’occupent du traitement du minerai de fer à Nouadhibou, se croisent les bras depuis le 28 janvier, après que la Société nationale industrielle et minière (SNIM) a refusé d’honorer une hausse des salaires qui avait été conclue à la mine de Zouerate.

Les travailleurs, issus de l’affilié d’IndustriALL, la Fédération Nationale de l’Énergie, des Hydrocarbures, des Mines et de l’Industrie (FNEHMI), entament leur dixième semaine de grève après que la SNIM a failli à appliquer les hausses salariales ainsi que les primes de production pourtant convenues entre la SNIM et la FNEHMI par convention collective en octobre 2014.

Plus de 90% des membres de la FNEHMI soutiennent la grève, qui a également le soutien d’organisations de la société civile et de l’opposition politique.

“Cette grève met l’ensemble du pays dans l’embarras. Il faut qu’il y ait d’urgence un dialogue constructif,” a déclaré un leader de l’opposition. 

Depuis le début du conflit, plus de 400 grévistes ont été licenciés.

Le leader syndical Abdel M’haimid confie :

“Non seulement la SNIM refuse tout contact avec les représentants des travailleurs, mais elle aggrave une situation déjà explosive en prétendant que la convention collective est obsolète, nulle et non avenue.

M’haimid a indiqué que la grève avait un impact financier désastreux sur l’entreprise étatique.

“Il est aussi regrettable que la SNIM remplace les salariés licenciés par des sous-traitants externes qui n’ont pas l’expérience pour manipuler la machinerie, qui en peu de temps peut être rendue inutilisable par manque d’attention et usage inadéquat,” ajoute-t-il.

L’entreprise prétexte la chute du cours du minerai de fer pour n’avoir pas appliqué les hausses salariales. Mais les syndicalistes contestent cette approche et indiquent que des investissements massifs dans d’autres projets ont pesé lourdement sur les finances de la société.

Les leaders syndicaux exigent que la SNIM verse ce qu’elle a promis, réintègre les licenciés et revienne à la table des négociations.

Dans un courrier au PDG de la SNIM, le Secrétaire général d’IndustriALL, Jyrki Raina, déclare que le refus de la SNIM d’appliquer la convention collective “renvoie une bien mauvaise image de l’intégrité de votre entreprise et ne peut être interprété que comme une tentative anti-syndicale pernicieuse et une attaque injustifiable contre la négociation collective.

“J’appelle instamment la Société nationale industrielle et minière à respecter les termes conclus dans la convention collective,” ponctue Jyrki Raina. 

Les syndicats brésiliens combattent l’externalisation

Les 24 et 25 mars, le projet de IndustriALL sur l’emploi précaire en Amérique latine a tenu un séminaire national, conjointement au projet sur les jeunes de IndustriALL à Praia Grande – Sao Paulo. Les affiliés de IndustriALL se sont engagés à participer à la grande manifestation du 7 avril, et de mieux informer les  travailleurs et travailleuses sur le combat mené actuellement contre le vote du projet de loi PL 4330.

Au Brésil, les intérêts des milieux d’affaires travaillent d’arrache-pied pour obtenir la libéralisation de l’externalisation. L’année dernière, les syndicats ont réussi grâce à une campagne très active, à bloquer un processus judiciaire auprès de la Cour suprême fédérale du Brésil, engagé par une entreprise de pâte à papier et de papier. Si le tribunal avait tranché en faveur de l’entreprise, cela aurait établi une jurisprudence permettant aux employeurs d’externaliser les travaux liés également à leurs activités essentielles.

Pendant deux ans, les syndicats ont multiplié les actions destinées à bloquer l’adoption du projet de loi PL 4330. Ils ont réussi à mobiliser d’autres partenaires de la société civile dans le cadre du Forum pour la défense des travailleurs externalisés. Ce forum s’adresse à différents secteurs de la société civile (universitaires, ONG) et à des confédérations syndicales, et fait activement campagne contre l’externalisation. Les syndicats ont présenté d’autres modèles de projets de loi sur la réglementation de l’externalisation, ainsi que des amendements au projet actuel. Toutefois, le Parlement n’a pas tenu compte de ces initiatives. Les syndicats cherchent à retarder le vote, ajouter des amendements au projet de loi et ouvrir un débat public incluant des partenaires sociaux pour discuter de la question de l’externalisation.

Les jeunes femmes et hommes sont parmi les plus touchés par l’emploi précaire. En 2014, la main-d’œuvre externalisée au Brésil représentait 27 pour cent de l’ensemble du secteur formel dans le pays (environ 13 millions de salariés). Les salaires des personnes précarisées étaient inférieurs de 25 pour cent, elles travaillaient trois heures de plus par jour, et la rotation de personnel était plus élevée.

Aux côtés de leurs confédérations syndicales, les affiliés de IndustriALL mènent la campagne contre l’emploi précaire au Brésil. Le projet offre une plate-forme de discussion et de planification des activités. Un comité de coordination, auquel participent les directions de plusieurs affiliés de IndustriALL, dirige le projet sur l’emploi précaire.

En 2014, les affiliés ont réussi à obtenir des contrats permanents pour 3.500 travailleurs et travailleuses précaires (dont 1.000 salariés chez Renault- Paraná et 212 chez Volkswagen-Curitiba). Cette année, en dépit d’une situation économique difficile, le syndicat du caoutchouc de Sao Paulo a pu obtenir la régularisation de la situation de personnes occupant un emploi précaire dans le département de la gestion de la qualité de Titan.

Les affiliés ont également signalé des succès dans la limitation de l’externalisation dans les activités satellites par la négociation collective (accords de St Gobain, Scania, Renault, accord dans les industries de la chaussure, du cuir, de la confection et du textile dans l’État fédéré de Paraná).

Ribeirão Preto (Sao Paulo), syndicat des métallurgistes (affilié à CNTM-Força Sindical) a signé un accord avec l’entreprise principale pour assurer l’extension de la convention collective à tous les salariés des entreprises sous-traitantes. Les métallurgistes de San Carlos (affiliés à CNM-CUT) ont négocié la même clause avec l’entreprise Dynamic.

Des affiliés ont effectué des inspections du travail avec le ministère du Travail dans des établissements où des plaintes concernaient l’emploi précaire et de mauvais traitements de la part d’employeurs

(par exemple, par le syndicat des couturiers de Sao Paulo, où des établissements ont recours une main-d’œuvre en condition d’esclavage, les syndicats du textile de RN, Pernambuco et Sao Paulo).

Le syndicat Santos Chemical (Baixada Santista) a relevé un nombre important d’accidents dans des entreprises qu’il représente, les victimes étant des travailleurs externalisés. Après avoir réalisé des efforts qui n’ont pas permis d’aboutir à une négociation avec l’entreprise, le syndicat a présenté des plaintes au service de police, dans lesquelles il nomme les accidents comme étant des crimes de l’employeur contre des travailleurs et travailleuses.

IndustriALL soutient le combat mené par ses affiliés brésiliens contre l’emploi précaire. Fernando Lopes, secrétaire général adjoint de IndustriALL, dit: 

“L’adoption de la nouvelle loi est un défi aux progrès réalisés par les affiliés de IndustriALL au Brésil. IndustriALL soutient la forte mobilisation de ses affiliés le 7 avril.

Un élan pour une vie meilleure au Myanmar

En mars, j’ai fait une mini-tournée de l’Asie qui comprenait des visites au Myanmar et au Vietnam. Le programme était sensiblement le même dans les deux pays : rencontre avec le ministre du travail, nos affiliés et nos partenaires, visite d’usines de confection et conférences de presse. Les horaires étaient serrés, mais ce fût très enrichissant.

Voyez d’abord ma première rencontre dans une zone industrielle près de la principale ville du Myanmar, Rangoun. Plus de 200 jeunes femmes et quelques hommes s’étaient rassemblés dans une salle pour y célébrer la Journée internationale de la Femme, le 8 mars.

Il n’était pas possible pour nous de défiler en raison d’une température de 38° et d’un soleil accablant. Nous sommes donc demeuré à l’intérieur et avons débattu de syndicalisation, de consolidation des syndicats, de l’accession de davantage de femmes à des responsabilités syndicales ainsi que de soins de santé et de protection de la maternité.

Cinquante années de régime militaire ne signifient pas seulement qu’il n’existe pas de société civile ou de classe moyenne dans ce pays de 50 millions d’habitants. Il y a aussi le manque d’hôpitaux, de dispensaires et de connaissance s’agissant de maternité ou de problèmes de santé. Il va falloir des années pour construire un nouveau Myanmar.

Mais ces camarades, jeunes travailleuses souriantes, ont montré une énergie et un élan immenses en vue d’atteindre une vie meilleure. Elles comprennent que pour créer ce changement, elles vont devoir joindre leurs forces dans des syndicats.

IndustriALL soutient la syndicalisation, la formation et la construction syndicale au Myanmar, avec l’appui de nos partenaires comme la CSI, l’IBB et la FES. Depuis 2002, 1.400 sections syndicales ont été mises sur pied. Mais le chemin est encore long.

En décembre 2014, IndustriALL a approuvé l’adhésion des fédérations des travailleurs d’industrie et desd mines, l’IWFM et la MWFM, toutes deux affiliées à la centrale syndicale CTUM dirigée par Maung Maung.

Il y a moins de trois ans, les syndicats sont partis de rien, leur croissance a donc été impressionnante. Ils savent qu’ils ont un besoin immense de formation, car il n’y a aucune expérience en matière de négociation tant du côté des travailleurs que du côté des directions d’entreprise. C’est aussi valable s’agissant des questions de santé et de sécurité.

Mais les travailleurs et travailleuses apprennent rapidement. Je me suis rendu dans l’usine de confection appartenant à l’entreprise japonaise Sakura, près de Rangoun, où 600 personnes, en majorité des femmes, travaillent dur 60 heures par semaines, à raison de 10 heures par jour du lundi au samedi.

Récemment, le comité syndical (composé exclusivement de femmes !) a conclu la toute première convention collective de cette usine. Il a obtenu une hausse salariale de 18% qui porte le plus bas salaire à US$ 118 par mois. Le recours à la grève n’a pas été nécessaire, mais tous et toutes ont porté des brassards rouges pendant deux semaines en signe d’avertissement pacifique.

A mesure que s’accélèrent les investissements et la production industrielle, le gouvernement s’attelle à de nouvelles législations du travail et à la fixation du tout premier salaire minimum. J’ai exprimé au Ministre du Travail combien il était important que celui-ci soit fixé au niveau d’un salaire vital.

Le ministre savait de quoi je parlais. Des grèves sauvages menées par des ouvriers et ouvrières impatients d’obtenir de meilleurs salaires se répandent. Les gérer de manière pacifique constituera un des tests décisifs de la nouvelle société.

Jyrki Raina

Secrétaire général

Kirghizstan : la compagnie pétrolière chinoise refuse de reconnaître le syndicat

Après que la direction de la China Petrol Company Zhongda de Kara-Balta a renvoyé d’un revers de main les protestations des travailleurs contre des diminutions de paies et autres infractions à la législation du travail, ceux-ci ont formé une section locale affiliée au MMTUK. Le 30 décembre 2014, cette section locale a été enregistrée auprès des autorités conformément à la loi.

Les demandes des syndiqués pour que leurs cotisations syndicales soient prélevées de leurs salaires ont été adressées à l’entreprise ainsi qu’un courrier appelant à entreprendre des négociations collectives. Trois mois plus tard, les cotisations ne sont toujours pas prélevées et la négociation collective n’a pas encore débuté.

Les travailleurs font maintenant état d’intimidations de la part de la direction qui a entretemps mis sur pied un syndicat alternatif, à sa botte.

Le refus de l’entreprise de reconnaître le syndicat et son mépris face à ses revendications légitimes ont détérioré la situation au sein de la raffinerie et fait monter l’insatisfaction auprès des travailleurs. Les mesures prises par l’employeur sont en infraction avec la législation du travail et la Constitution du Kirghizstan, ainsi qu’avec la législation internationale, dont les Conventions 87 et 98 de l’Organisation internationale du Travail (OIT).

Dans un courrier adressé à M. Shi Jiang Guo, Directeur général de la China Petrol Company Zhongda, le Secrétaire général d’IndustriALL, Jyrki Raina, déclare :

“IndustriALL insiste pour que votre direction cesse de violer les droits syndicaux et se conforme aux législations du travail nationale et internationale. Il est aussi impératif que votre direction reconnaisse la section locale du MMTUK et entame des négociations collectives.” 

IndustriALL a également écrit au Premier Ministre du Kirghizstan pour exprimer l’espoir que cette raffinerie se conforme aux Conventions de l’OIT ratifiées par son pays et à la législation du Kirghizstan. 

IndustriALL invite instamment ses affiliés à soutenir la section locale du MMTUK en envoyant des lettres de protestations à l’employeur par le biais du formulaire qui se trouve à droite de cette page.

Création de syndicats au Myanmar

Maung Maung est le président de la CTUM, à laquelle appartiennent les syndicats du pays dans la proportion de 50 pour cent. Il a passé 24 années de sa vie en exil avant son retour au Myanmar en 2012. Maung Maung est également membre du conseil d’administration de l’Organisation international du Travail (OIT), l’un des 14 membres représentant les travailleurs.

Le besoin se fait sentir de bien comprendre les relations industrielles. On a besoin de beaucoup d’aide pour élever le niveau de sensibilisation et développer également des compétences en matière de syndicalisation et de normes de santé et de sécurité, de salaire minimum, de travail décent. Nous avons donc beaucoup de pain sur la planche.

Un syndicat brésilien sécurise l'emploi chez Toyota et Ford

Ce syndicat, affilié à IndustriALL Global Union par le biais de la CNM-CUT, a signé, le 27 mars avec Ford, un accord qui garantit l'emploi des travailleurs à son usine de São Bernardo do Campo jusqu'en 2017.

En plus de la sécurité d'emploi, cet accord prévoit des hausses de salaires pendant deux années et un programme de partage des bénéfices basé sur les résultats pendant trois ans.

Quelques jours auparavant, le 23 mars, un accord similaire sur la protection de l'emploi et la croissance durable avait été signé par ABC et approuvé à l'unanimité par les travailleurs de l'usine de Toyota située elle aussi à São Bernardo.

Le constructeur japonais a annoncé un projet d'investissement de 19 millions $ dans la modernisation de l'usine de São Bernardo qui fut, en 1960, le premier site industriel de Toyota hors du Japon.

Elle emploie actuellement 1.700 personnes à la construction des modèles Corolla et Camry destinés aux États-Unis. 

Selon ABC, l'usine devrait accroître la production de chaque unité de 10 pour cent par la création d'une troisième équipe, et de 40 pour cent celle de pièces destinées à la future usine Toyota de Porto Feliz, dans l'État de São Paulo.

Par cet accord, "Toyota veut mettre en pratique un de ses grands principes, qui est de poursuivre sa contribution au développement de l'économie et de la société dans les pays où elle a ses activités," a déclaré Steve St. Angelo, le Président de Toyota Brésil.

"Cet accord arrive à un moment crucial pour le pays, dont l'industrie automobile est en difficulté et beaucoup de constructeurs adoptent des mécanismes pour éviter les licenciements," a déclaré le Président du syndicat des métallurgistes ABC, Rafael Marques.

Le Secrétaire général adjoint d'IndustriALL Global Union Fernando Lopes a déclaré : "Nous félicitons le Syndicat des travailleurs de la métallurgie ABC pour cette énorme réalisation qui garantit l'emploi de ses adhérents de São Bernardo. Ces accords sont dans la ligne du programme de protection de l'emploi que négocient actuellement nos affiliés CNM-CUT et ABC avec le gouvernement fédéral et qui, lorsqu'il sera adopté, facilitera, espère-t-on, la propagation de cette bonne pratique à tous les secteurs industriels du Brésil."