L'écart salarial hommes-femmes persiste

Pour y remédier, IndustriALL a lancé l'an dernier son Pay Equity Toolkit, une trousse à outils conçue par l'experte mondiale sur l'égalité de rémunération et la violence fondée sur le sexe Jane Pillinger, qui propose aux organisations syndicales des stratégies pour s'attaquer à l'inégalité de rémunération. Principalement, ces mesures consistent à sensibiliser les gens, à promouvoir la transparence des rémunérations, à éliminer les causes structurelles et à apporter un soutien aux travailleuses sous-payées des secteurs formel comme informel.

À partir de cette trousse à outils, IndustriALL élabore des modules de formation pour aider les syndicats à calculer, faire rapport et négocier sur le thème de l'égalité de rémunération. Des formations auront lieu en Ouganda et en Turquie en 2024 avec le soutien de la FES.

Statistiques importantes de l'OIT (2024) :

Selon la directrice d'IndustriALL en charge des questions de genre, Armelle Seby :

"Pour le comité des femmes, la lutte contre la persistance de l'écart de rémunération entre hommes et femmes est une priorité pour IndustriALL. La trousse à outils ainsi que les modules de formation visent à mieux préparer les affiliés à mieux comprendre en quoi consiste l'écart de rémunération entre hommes et femmes et comment procéder à des évaluations de neutralité des postes afin de combattre la sous-évaluation du travail des femmes. Le module de formation consiste pour une bonne part à former les syndicats à négocier sur tous ces éléments. La formation des membres des équipes de négociation est essentielle pour donner aux syndicats les moyens de mettre la valeur des emplois, y compris les emplois féminisés, au centre de la négociation collective et du dialogue social."   

33.000 salariés de Boeing en grève

Une majorité écrasante de 94 % a voté pour le rejet de l’offre et 96 % ont voté en faveur de la grève. Les travailleurs sont frustrés par des années de stagnation des salaires et par les concessions faites sur les retraites et les soins de santé pour maintenir des emplois délocalisés.

Dans une déclaration, l’IAM s’est engagée à :

“Continuer à se battre pour une convention qui réponde aux besoins des salariés, avec une forte solidarité à travers l’Amérique du Nord pour soutenir la grève. Les travailleurs le disent, notre avenir tient dans notre combat”.

Georg Leutert, Directeur de l’aérospatiale pour IndustriALL, a déclaré à ce sujet :

“Nous sommes solidaires des travailleurs de Boeing, qui ont raison de faire grève pour exiger de meilleures conditions de vie pour eux et leurs familles. Nous les soutenons dans cette période difficile et espérons qu’un accord acceptable et bénéfique pourra être conclu.”

Illustration : site de l’Association internationale des machinistes et des travailleurs de l’aérospatiale (IAM)

Au Pérou, les travailleurs de Smurfit Kappa en grève pour un salaire de subsistance

Faute d'un accord avec la direction de l'entreprise, le Syndicat national des travailleurs de Smurfit Kappa Peru, membre de la FETRIMAP, elle-même affiliée à IndustriALL Global Union, a rompu le processus de négociation collective le 16 juillet, qualifiant de ridicule la hausse des salaires proposée par la direction.

Le 24 juillet, le syndicat avait manifesté pacifiquement au siège de Paramonga de Smurfit Kappa Peru, filiale de Smurfit Westrock, leader mondial des emballages durables. Des membres du syndicat ont déclaré aux médias que leur but est d'obtenir les avancées réclamées en mai, dont une hausse des salaires, afin d'obtenir la signature d'une meilleure convention collective pour les travailleurs.

Le 11 août, le syndicat a approuvé une grève générale illimitée, reconnue légale par la Direction générale du travail de la province de Lima le 3 septembre. Le lendemain, cette même direction convoquait les parties à une réunion hors procédure pour tenter d'arriver à un accord sur les revendications du syndicat pour 2024 et 2025.

Or, Smurfit Kappa Peru ne s'est pas présentée à la réunion, ce que le syndicat a interprété comme un désintérêt pour les revendications des travailleurs et la menace de grève. En conséquence, le Syndicat national des travailleurs de Smurfit Kappa Peru est entré en grève le 6 septembre.

Dans un communiqué, le syndicat a déclaré :

"C'est une date historique pour nos collègues qui travaillent chez Smurfit Westrock Peru. Nous devions y arriver pour confronter nos peurs et nous affirmer; il fallait agir. La direction essaie de répandre la peur et les conflits parmi nos collègues en diffusant des mensonges. Aujourd'hui, nous sommes prêts à nous battre et à montrer que nous sommes unis. Nous sommes unis dans notre combat et, ensemble, nous sommes forts. Le poing levé, nous exigeons un changement face à tant d'indifférence."

Le secrétaire général adjoint de la FETRIMAP, Julián Alfaro, a déclaré :

"Notre syndicat conteste la position de l'entreprise, pour laquelle "il ne peut y avoir de négociation tandis qu'il y a des grèves". Cette politique, recommandée par le cabinet d'avocats Vinatea & Toyama, exacerbe les conflits du travail, tant chez Smurfit Kappa Peru que dans d'autres entreprises privées où les syndicats sont présents. Mais nous continuerons à soutenir les syndicalistes et à leur fournir une assistance juridique pour que leurs cahiers de revendications pour 2024 et 2025 soient satisfaits."

Le combat des travailleurs de Smurfit Kappa Peru pour la défense de leurs droits au travail et pour l'obtention d'un salaire de subsistance a aussi reçu le soutien du réseau des travailleurs de Smurfit Kappa d'IndustriALL en Amérique latine. Ce réseau régional a organisé des campagnes de soutien aux travailleurs et il suit les négociations de près. Le but est de montrer qu'il est important de donner des moyens d'action aux syndicats, pas seulement au niveau national, mais aussi régionalement et internationalement.

Pour le secrétaire régional adjoint d'IndustriALL, Christian Alejandro Valerio :

"L'entreprise doit respecter le droit des travailleurs de faire grève et promouvoir le dialogue pour répondre aux revendications des travailleurs de Smurfit Peru et arriver à un accord.

"La montée des pratiques antisyndicales dans les départements des ressources humaines est préoccupante, dans les firmes locales comme dans les multinationales. Cette tendance est encouragée par des cabinets d'avocats et des consultants locaux qui cherchent à empêcher un dialogue qui devrait normalement s'instaurer entre employeurs et travailleurs." 

Un travailleur d'ArcelorMittal victime d'un choc électrique au Brésil

D'autres accidents ont été signalés en septembre dans les usines d'ArcelorMittal du monde entier, avec notamment le décès d'un travailleur électrocuté à Kryvyi Rih, en Ukraine, et un autre écrasé dans un laminoir au Venezuela.

Pour IndustriALL,  ArcelorMittal n'accorde jamais la priorité à la santé et la sécurité, comme le montrent tragiquement les 314 décès survenus sur ses sites entre 2012 et 2023, auxquels il faudrait ajouter tous les incidents non déclarés.

Patrick Correa, le directeur d'IndustriALL en charge des métaux de base, a déclaré :

"Ce dernier accident tragique envoie à nouveau un message clair : la santé et la sécurité des travailleurs d'ArcelorMittal ne peuvent plus être négligées. Il est inacceptable que des vies soient encore mises en danger au nom du profit. Nous exigeons de la direction qu'elle prenne immédiatement des mesures concrètes pour assurer un lieu de travail sûr et respectueux. Le 13 septembre, des syndicats du monde entier se rassembleront pour faire entendre la voix des travailleurs, réclamer le changement et rappeler à tous ceux qui sont concernés qu'aucun travailleur ne devrait risquer sa vie pour un emploi."

Devant l'augmentation du bilan humain sur les sites de l'entreprise, le 13 septembre, IndustriALL a manifesté avec IndustriALL Europe et des affiliés du monde entier pour une journée d'action mondiale pour dire : Ça suffit !

Explosion meurtrière sur un chantier naval au Bangladesh

L’explosion s’est produite sur le chantier de démantèlement des navires de SN Corporation, dans la station de pompage d’un navire en cours de ferraillage, alors que les ouvriers découpaient des tuyauteries. Les affiliés d’IndustriALL ont signalé que quelques jours avant l’explosion, un incendie s’était déclaré sur le même navire alors que des travailleurs effectuaient le même type d’opération. La direction a décidé d’arrêter le travail dans cette section, mais le travail y a ensuite repris, ce qui a provoqué un accident dévastateur.

Il ne s’agit pas d’un incident isolé sur le chantier de démantèlement de navires de SN Corporation. Selon les syndicats, il y a eu au moins quatre incidents cette année seulement, dus à des manquements en matière de sécurité. Les médias révèlent que la commission chargée d’enquêter sur l’explosion du 7 septembre a identifié des défaillances techniques et de gestion qui ont conduit à l’explosion.

SN Corporation Unit-2 a obtenu son certificat de conformité à la Convention de Hong Kong (HKC) en mars 2023, devenant ainsi le deuxième chantier naval du Bangladesh à se conformer aux lignes directrices de l’Organisation maritime internationale pour un recyclage sûr et écologiquement rationnel des navires. La conformité à la Convention de Hong Kong exige que l’entreprise dispose d’un plan pour le recyclage des navires.

Les lignes directrices indiquent clairement que l’installation doit prévoir qu’aucun travail à chaud ne commence dans les espaces suivants tant qu’ils n’ont pas été certifiés “sûrs pour le travail à chaud” :

(i) les espaces clos susceptibles de contenir des atmosphères dangereuses

(ii) à l’intérieur, sur ou à proximité immédiate d’espaces contenant ou ayant contenu des liquides ou des gaz combustibles ou inflammables

(iii) à l’intérieur, sur ou à proximité immédiate de réservoirs de carburant qui contiennent ou ont contenu du carburant en dernier lieu

(iv) sur les canalisations, les serpentins de chauffage, les raccords de pompes ou autres accessoires reliés à des espaces contenant ou ayant contenu des combustibles

(v) les fonds de cale, les cales à cargaison, les espaces de la salle des machines et les espaces des chaudières ne contenant pas d’atmosphères dangereuses.

Walton Pantland, Directeur d’IndustriALL pour la construction navale et le démantèlement des navires, a déclaré :

“Ce chantier naval dispose d’un certificat de conformité, mais n’a manifestement pas respecté les procédures correctes, qui stipulent clairement que les matériaux inflammables doivent être enlevés avant le début du découpage. L’entreprise a-t-elle préparé un plan pour le recyclage de ce navire ? Pourquoi n’a-t-il pas été suivi ? Pourquoi personne ne l’a contrôlé ? Des travailleurs ont perdu la vie à cause de ces manquements impardonnables.

Cela montre que la Convention de Hong Kong n’est pas suffisante en soi. Elle nécessite des inspections gouvernementales indépendantes et des syndicats forts sur le terrain pour garantir son respect. En outre, les armateurs devraient contrôler le respect de la Convention par les chantiers navals auxquels ils vendent leurs navires”.

Les affiliés d’IndustriALL ont demandé une indemnisation pour les victimes et pour la revalidation des travailleurs blessés. Selon certaines informations, le ministère de l’environnement a suspendu l’autorisation environnementale de l’unité 2 de la SN Corporation.

Ashutosh Bhattacharya, Secrétaire régional d’IndustriALL pour l’Asie du Sud, a pour sa part déclaré :

“Nous sommes solidaires de nos affiliés du secteur de la démolition des navires du Bangladesh, qui déplorent la perte tragique des vies des travailleurs dans l’explosion du chantier de recyclage de navires de SN Corporation. Cet accident dévastateur, à l’instar d’autres incidents antérieurs, met en évidence le besoin urgent d’une application plus stricte des règles de sécurité et d’une protection plus forte des travailleurs dans les industries dangereuses. La vie des travailleurs ne devrait jamais être compromise par la négligence et le non-respect des protocoles de sécurité. Nous exigeons des mesures immédiates pour que ces tragédies ne se répètent pas”.

Illustration : Chantier de démolition de navires de SN Corporation, Bangladesh

Journée d’action syndicale mondiale chez ArcelorMittal : ASSEZ de morts au travail !

Devant l’augmentation effrayante du nombre de décès sur tous les sites d’ArcelorMittal, les syndicats du monde entier manifestent ensemble leur solidarité et exigent de l’employeur qu’il fasse passer les vies et la sécurité des travailleurs avant le profit. Avec au moins 314 morts déclarés entre 2012 et 2023 et sans doute des milliers d’autres victimes d’accidents ayant subi des lésions sur leur lieu de travail, les travailleurs sont à la merci d’une véritable crise de la santé et la sécurité chez le géant de la sidérurgie et de la mine.

L'accident survenu au début de la semaine, dans lequel un jeune travailleur de l’usine d’ArcelorMittal de João, au Brésil, a été électrocuté et perdu un bras, nous rappelle cruellement la nécessité d’une journée d’action mondiale pour attirer l’attention sur l’état de la sécurité et la santé.

Depuis 2012, le nombre de décès augmente de façon spectaculaire sur les sites d’ArcelorMittal du monde entier : 113 dans les mines de la multinationale et 201 dans ses usines sidérurgiques du Kazakhstan, d'Afrique du Sud, du Brésil, d’Espagne, de France, du Maroc, d’Ukraine, des États-Unis et d’ailleurs. En 2007, à la suite d’un accident qui tua 41 mineurs au Kazakhstan, des syndicats d’ArcelorMittal du monde entier avaient constitué, avec l’employeur, un comité mondial paritaire de santé et de sécurité dans le but de s’attaquer aux problèmes de sécurité dans le monde entier par des inspections des sites et en remédiant aux situations les plus graves.

Or, ce comité ne s’est pas réuni physiquement depuis la pandémie de COVID-19 et il n’y a eu aucune inspection de site. En 2021, les syndicats ont exprimé leur angoisse devant l’augmentation du nombre de décès chez ArcelorMittal, lui demandant de réunir à nouveau le comité et d’appliquer les règles de sécurité de l’OIT. Rien n’a été fait.

Aujourd'hui, partout dans le monde, les syndicats mènent une journée d’action mondiale. Au Brésil, ce sont des assemblées générales, des distributions de tracts et une manifestation ; en France, des actions collectives et des réunions avec des délégués d’atelier; en Espagne, les travailleurs ont manifesté devant les grilles des usines pour réclamer un changement. Partout, d’Argentine au Mexique, en Amérique du Nord, en Afrique du Sud et au Liberia, des syndicats ont exprimé la colère des travailleurs devant l’état de la santé et la sécurité dans l’entreprise et pour dire : Ça suffit ! 

Réunis devant les bureaux d’ArcelorMittal à Londres, IndustriALL Global Union et IndustriALL European Trade Union étaient réunis aujourd'hui pour réclamer une action d’urgence.

La secrétaire générale adjointe d'IndustriALL Global Union Christine Olivier a déclaré :

« Des centaines de travailleurs sont partis travailler sur les sites d’ArcelorMittal et ne sont jamais rentrés auprès des leurs. Qu’attend de plus la direction pour prendre la santé et la sécurité au sérieux ? Les problèmes de santé professionnelle ne peuvent trouver de solution sans la participation des représentants des travailleurs, et la direction doit collaborer avec les syndicats pour réactiver d’urgence le comité mondial paritaire de santé et de sécurité. Notre but doit être zéro mort au travail. Chaque vie compte. »

Judith Kirton-Darling, la secrétaire générale d’IndustriALL European Trade Union, ajoute :

« Des travailleurs écrasés, électrocutés, brûlés, asphyxiés, tués dans une explosion, la sinistre liste des morts et des blessés ne cesse de s’allonger. On ne peut plus attendre; ArcelorMittal doit tendre la main aux syndicats et investir dès maintenant dans ses sites et ses travailleurs. Les vies des travailleurs doivent passer avant le profit ! »

Un rapport de l’OIT met en lumière le travail d’IndustriALL autour de la C190

Ce rapport met en lumière la manière dont IndustriALL et ses affiliés ont abordé la violence et le harcèlement sur le lieu de travail, en particulier depuis l’adoption de la Convention 190 de l’OIT (C190) en 2019. Cette convention historique, qui vise à éradiquer la violence et le harcèlement basés sur le genre (VHBG), a alimenté une vague de transformation sur les lieux de travail dans le monde entier.

Le rapport indique que le travail d’IndustriALL est ancré dans la promotion de la ratification et de la mise en œuvre de la C190. Il a mobilisé ses affiliés à travers les continents pour intégrer des politiques de lutte contre la violence et le harcèlement fondés sur le genre dans les conventions collectives et favoriser des environnements de travail sûrs pour tous les travailleurs et toutes les travailleuses.

Par exemple, IndustriALL a aidé les syndicats du Nigeria, d’Argentine et des Philippines à pousser leurs gouvernements à ratifier la convention C190, tout en soutenant les syndicats indonésiens dans la mise en place de politiques de tolérance zéro contre la violence et le harcèlement sexuel sur le lieu de travail. Ces efforts sont exemplatifs d’un mouvement mondial croissant en faveur d’environnements de travail ancrés dans la dignité et la sécurité.

IndustriALL a également réalisé des avancées significatives grâce à son engagement
“Pas sur notre lieu de travail, pas dans notre syndicat”, qui appelle ses affiliés à lutter activement contre la violence à l’égard des femmes et à en promouvoir l’élimination. Cet engagement est devenu un catalyseur pour les syndicats du monde entier, les poussant à donner la priorité à la lutte contre la violence et le harcèlement fondés sur le genre dans leurs structures internes et leurs négociations externes.

En outre, la résolution novatrice adoptée par IndustriALL lors de son troisième congrès appelle à la tolérance zéro pour le sexisme, la misogynie et la violence à l’égard des femmes, ancrant ainsi ces principes dans le tissu des mouvements syndicaux mondiaux, note le rapport. Cette résolution a ensuite conduit à l’élaboration et à l’adoption de la nouvelle politique d’IndustriALL sur la violence à l’égard des femmes, le sexisme et la misogynie.

L’Accord international élargi pour la santé et la sécurité dans l’industrie de la confection et du textile, signé par les confédérations syndicales internationales et les détaillants de vêtements, comprend des mesures visant à prévenir le harcèlement sexuel, créant ainsi des environnements plus sûrs pour des millions de travailleurs et travailleuses. En outre, le protocole d’accord signé entre IndustriALL et Anglo American, une société minière de stature mondiale, marque un tournant pour la sécurité au travail et la lutte contre la violence fondée sur le sexe dans le secteur minier.

L’objectif d’IndustriALL s’étend à des programmes de formation complets, dotant les dirigeants syndicaux des outils nécessaires pour lutter contre la violence liée au sexe. Son initiative mondiale de formation cible des secteurs tels que l’exploitation minière, la confection et l’électronique, afin de favoriser la prise de conscience et de négocier de meilleures politiques sur le lieu de travail.

“Les efforts collectifs d’IndustriALL et de ses affiliés ont créé un précédent de taille dans la lutte contre la violence et le harcèlement sur le lieu de travail, notamment la violence à l’égard des femmes. L’engagement de l’organisation à ratifier la convention C190 et à intégrer ses principes dans les pratiques de travail mondiales est un puissant témoignage du rôle que jouent les syndicats dans la création pour tous de lieux de travail exempts de toute forme de violence et de harcèlement. Par le biais du dialogue social, de partenariats stratégiques et d’un plaidoyer inébranlable, IndustriALL transforme le monde du travail pour les générations à venir”,

a déclaré Armelle Seby, Directrice pour l’égalité des genres auprès d’IndustriALL.

“Le rapport souligne le rôle crucial que jouent les syndicats dans la prévention de la violence et du harcèlement et dans la promotion de la ratification et de la mise en œuvre de l’instrument qu’est la C190 de l’OIT. Nous avons recueilli plus de 200 exemples d’initiatives, de stratégies, d’initiatives et de négociations syndicales aux niveaux national, régional et mondial visant à prévenir la violence et le harcèlement, y compris des approches tenant compte de la dimension de genre dans les négociations collectives, dans la santé et la sécurité au travail, ainsi que par le biais de politiques sur le lieu de travail auxquelles les travailleurs et  travailleuses font confiance. Il est impressionnant de voir un tel engagement et un tel militantisme syndical à tant de niveaux différents”,

a déclaré Jane Pillinger, experte en matière d’égalité des genres et auteur du rapport.

Photo : Shutterstock

Les mineurs de charbon veulent une transition énergétique juste

IndustriALL a organisé une réunion virtuelle de ses affiliés du secteur charbonnier pour discuter des défis et des opportunités qui se présentent pour les mineurs dans un paysage énergétique en mutation accélérée, l'accent étant mis sur la question brûlante des pertes d'emplois qui s'annoncent et sur leurs retombées. Le coût social d'une transition injuste et inique a été mis en lumière dans la discussion de deux rapports de recherche, Coal 2023, de l'Agence internationale de l'énergie, et Global Coal Mine Tracker (GCMT), de Global Energy Monitor, ainsi que de rapports par pays fournis par des participants.

L'appel d'IndustriALL pour une transition juste prenant en compte le coût social pour l'emploi des mineurs et les moyens d'existence de leurs communautés que causeront la fermeture imminente des charbonnages et l'arrêt des centrales au charbon a été amplifié par le rapport sans précédent, effrayant, sobre et exhaustif du GCMT.

D'après ce rapport, l'industrie charbonnière perdra près d'un million d'emplois, soit 100 par jour, ce qui veut dire qu'il est important d'agir pour éviter une vague de troubles économiques et sociaux.

Le texte trouve un écho dans l'expérience que vivent jour après jour les mineurs, loin de la rhétorique d'une transition juste que sert l'industrie charbonnière alors qu'elle les licencie et devant l'incapacité de certains gouvernements à tenir la bride haute à ces compagnies, en particulier dans les pays du Sud.

Si les chiffres du rapport relatifs aux pertes d'emplois ne sont pas contestés, la suite du scenario ne sera pas un processus linéaire…

"…ces chiffres ne disent pas tout; la situation de chaque pays sera différente selon que l'industrie est essentiellement domestique ou tournée vers l'exportation,"

a déclaré Tony Maher, le président du Syndicat australien de la mine et de l'énergie.

Devant la perspective du volume et de l'ampleur des crises de l'emploi, on n'insistera pas assez sur l'urgence de plans pour une transition juste qui mettent des feuilles de route pour les compétences au cœur et au centre d'un plan d'urgence pour une transition juste. C'est ce que montre la feuille de route pour les compétences dans l'énergie South Africa 2030 qui constate que, bien que…

"…les mineurs ont souvent les compétences nécessaires pour se tourner vers d'autres carrières dans le secteur de l'énergie ou dans d'autres industries à faible intensité de carbone, ce passage aura des conséquences pour les cadres, les techniciens, les opérateurs de production, le personnel de maintenance, les conducteurs d'engins et les employés de ces secteurs, …les mineurs et les opérateurs de process seront les plus affectés et/ou auront le moins de chances de retrouver des postes équivalents".

C'est au vu de cela que

"la participation, la consultation des travailleurs et le dialogue sont essentiels pour l'élaboration et la mise en place d'une transition juste devant être assortie de garde-fous pour la protection des emplois des mineurs,"

a déclaré Glen Mpufane, le directeur d'IndustriALL en charge des mines, des DGOJP et de la SST.

"Une transition énergétique équitable et juste doit prendre en compte, outre d'autres interventions du politique, le Programme de travail pour une transition juste (JTWP) adopté à la COP28 et les Principes directeurs de l'OIT pour une transition juste vers des économies et des sociétés écologiquement durables pour tous, dont les mesures assureront un passage à l'emploi futur pour les mineurs de charbon,"

a déclaré Kemal Özkan, secrétaire général adjoint d'IndustriALL.

À cette réunion virtuelle participaient des affiliés d'IndustriALL des industries charbonnières d'Afrique du Sud, d'Allemagne, d'Australie, de Colombie, de Hongrie, d'Inde, d'Indonésie, du Malawi, du Pakistan, de Pologne, d'Ukraine, du Vietnam et du Zimbabwe, qui ont tous appelé à une solidarité maximale, mondiale et bilatérale entre tous, notamment avec l'Ukraine dont l'industrie charbonnière subit des attaques dans la guerre avec la Russie.

Solidarité à Malmö : les travailleurs de Ford rejoignent le piquet de grève de Tesla

Le conflit entre Tesla et ses salariés suédois, représentés par les affiliés d’IndustriALL IF Metall et Unionen, a commencé il y a un peu plus de onze mois, lorsque Tesla a refusé de signer des conventions collectives, qui sont la pierre angulaire du modèle social suédois. En Suède, les syndicats jouent un rôle crucial dans la négociation de salaires équitables, de conditions de travail et d’avantages sociaux pour les salariés. Le refus de Tesla de s’engager dans ces accords a entraîné des protestations et des grèves de IF Metall dans les centres de service de Tesla. Cette lutte a attiré l’attention de manière générale, car elle remet en question les politiques de travail de Tesla dans un pays connu pour la force de ses droits syndicaux.

La délégation allemande était conduite par Benjamin Gruschka, Président du Conseil d’entreprise de l’usine de Cologne, du Conseil d’entreprise général allemand ainsi que du Conseil d’entreprise européen de Ford, et comprenait David Lüdtke, Président d’IG Metall à Ford Cologne ; Dennis Klein, Président de la représentation des jeunes à Ford Cologne ; Sabine Lawitzke et Thomas Süther, tous deux membres du Conseil d’entreprise de Ford Cologne ; et Hans Lawitzke, Secrétaire du Conseil d’entreprise européen de Ford et Président adjoint d’IG Metall à Ford Cologne.

La délégation a rejoint le piquet de grève du centre de service de Tesla, aux côtés des travailleurs et travailleuses en grève qui sont actuellement présents en deux équipes durant les heures d’ouverture du centre. La délégation a eu l’occasion de discuter avec les travailleurs et travailleuses, dont beaucoup ont fait part de leurs expériences personnelles et des difficultés qu’ils rencontrent face aux pratiques de Tesla.

“Il est clair que le traitement réservé par Tesla à ses salariés n’est pas seulement un problème local, il fait partie d’un schéma plus large que nous observons au-delà des frontières. Aujourd’hui, nous sommes ici pour soutenir nos amis suédois et leur faire savoir qu’ils ne sont pas seuls”,

a déclaré Benjamin Gruschka.

La délégation a rejoint la manifestation publique organisée par IF Metall, qui a attiré une foule de sympathisants venus de tout Malmö. Cette manifestation a donné lieu à des discours de divers représentants syndicaux, qui ont tous appelé Tesla à respecter les droits des travailleurs et à s’engager dans des négociations de bonne foi avec ses salariés.

“Cette manifestation est un signal important pour la direction de Tesla Suède. Il n’y a aucun signe d’affaiblissement de la détermination de nos membres, bien qu’ils soient en grève depuis plus de 10 mois. Au contraire, de plus en plus de salariés de Tesla rejoignent IF Metall et choisissent de participer à la grève. Nous demandons à Tesla de s’asseoir à la table des négociations et de trouver une solution à ce conflit. Nos membres chez Tesla méritent des conditions de travail équitables et sûres à long terme, comme tout le monde sur le marché du travail suédois”,

a déclaré Marie Nilsson, Présidente d’IF Metall et d’IndustriALL.

“Alors que Tesla continue d’étendre ses activités à travers l’Europe, la lutte pour les droits des travailleurs est loin d’être terminée. Des syndicats comme IG Metall et IF Metall sont déterminés à faire en sorte que les multinationales doivent rendre des comptes et ce qui s’est passé ce 10 septembre 2024 nous rappelle que le pouvoir de la solidarité peut dépasser les frontières et les langues”,

a déclaré Georg Leutert, Directeur d’IndustriALL pour le secteur automobile.

Crédit photo : Hans Lawitzke

L’inspection du travail dénonce l’exploitation sexuelle chez Dharm au Botswana

Le siège de Dharm se trouve en Inde, qui est son principal pays d’approvisionnement en diamants.

À la suite d’une plainte déposée auprès du ministère par le BDWU (Syndicat des travailleurs du diamant du Botswana), affilié à IndustriALL, des inspecteurs du travail ont mené une enquête chez Dharm et ont interrogé six travailleuses victimes de harcèlement sexuel. Les inspecteurs ont également interrogé trois femmes qui ont depuis quitté l’entreprise en raison du harcèlement sexuel pratiqué par le directeur, qui a été suspendu dans l’attente des résultats d’une enquête.

Selon le rapport des inspecteurs, les formes de harcèlement sexuel reprochées au directeur général comprenaient le viol, les attouchements inappropriés et le harcèlement sexuel “quid pro quo”, qui se produit lorsque un emploi, un salaire et des avantages sont promis à la condition que l’employé se soumette à des avances sexuelles importunes. Dans l’un des cas cités dans le rapport, le directeur général a harcelé sexuellement des polisseuses de diamants après leur avoir demandé de faire le ménage chez lui. Les inspecteurs ont déclaré que cela constituait une violation du code national de bonnes pratiques en matière de relations sociales (modèles de procédures et d’accords) de 2006, qui définit le harcèlement sexuel comme “des avances ou des suggestions sexuelles persistantes, non sollicitées et non désirées, faites par une personne à une autre. Il s’agit clairement d’un cas de harcèlement sexuel, dont l’auteur est le directeur général”.

Les inspecteurs ont écrit que le directeur avait utilisé son pouvoir financier pour harceler sexuellement les travailleuses, en violation même du manuel des ressources humaines de l’entreprise. Ce manuel, qui vise à mettre fin au harcèlement sexuel, stipule que “le harcèlement sexuel comprend un comportement de nature sexuelle, y compris des plaisanteries, des attouchements, des commentaires, des images pornographiques et autres, qui interfèrent de manière déraisonnable avec la capacité d’un employé à accomplir son travail en raison d’un environnement hostile”.

En outre, l’inspection a condamné l’inclusion du directeur général dans l’enquête sur le harcèlement sexuel et s’est demandé comment un auteur présumé pouvait jouer ce double rôle de “juge et partie”.

“En assistant à la procédure d’enquête le concernant, il a devancé les conclusions de l’enquête et rendu la procédure nulle et non avenue”, indique le rapport qui a été envoyé à Dharm.

Outre la question du harcèlement sexuel, le rapport d’inspection mentionne également que Dharm a rétabli des prestations en faveur de travailleurs qu’elle avait supprimées sans concertation avec le syndicat.

Dominic Obusitse Mapoka, Président du BDWU, a déclaré :

“Nous nous félicitons des mesures prises par Dharm à l’encontre de son directeur général, mais nous attendons avec impatience l’adoption de politiques sur le lieu de travail pour lutter contre le harcèlement sexuel. En tant que syndicat, nous espérons une solution à l’amiable sur d’autres questions que nous avons soulevées auprès des ministères du travail et de l’intérieur.”

“Il est honteux qu’un directeur général censé tenir à l’œil le harcèlement sexuel en soit l’auteur. Nous félicitons le BDWU d’avoir défendu les droits des travailleuses contre le harcèlement sexuel et d’avoir abordé cette question avec le ministère du travail et de la protection sociale”,

a déclaré Paule France Ndessomin, Secrétaire régionale d’IndustriALL pour l’Afrique subsaharienne.

Photo : Shutterstock