Préassemblée générale de Rio Tinto: “L’autre vérité sur Rio Tinto”

La réunion était présidée par Business and Human Rights, et les nombreux participants parmi lesquels figuraient des investisseurs et des ONG ont écouté plusieurs interventions qui ont   dit l’autre vérité sur Rio Tinto.

Kemal Özkan, secrétaire général adjoint de IndustriALL a dit dans sa déclaration liminaire:

Rio Tinto, qui est un chef de file de l’industrie, se décrit comme étant socialement responsable, mais parmi toutes les multinationales minières impitoyables, Rio Tinto se singularise comme étant exceptionnellement mauvaise.

Rio Tinto doit se montrer à la hauteur de la réputation qu’elle s’attribue pour que ses actes correspondent à ses paroles.

Ron Thomas de United Steelworkers à Labrador City, Canada, a dit que la détérioration des relations avec Rio Tinto était telle que 2.300 plaintes ont été soumises à arbitrage.

“Jusqu’à présent, Rio Tinto avait refusé tout dialogue avec le syndicat. Quand elle a appris que j’arrivais, elle a convoqué notre première réunion.”

“Je demande à Rio Tinto de traiter avec respect nos membres, de cesser d’employer des travailleurs contractuels et de redonner leur emploi à nos membres. Quelque chose doit changer. L’entreprise ne peut pas disposer du droit de laisser à l’abandon la ville où nous avons grandi.”

Dans un discours passionné, Vansler Standing Fox, membre de la tribu San Carlos Apache s’est opposée au développement prévu d’une mine de cuivre sur une terre sacrée des Indiens d’Amérique.

“Le projet de loi qui a donné cette terre à Rio Tinto a été approuvé discrètement par le congrès. Il faut maintenant que la population se dresse et arrête ce processus; s’il n’y a pas d’eau, il n’y aura pas d’emplois et par la suite, pas de vie.”                     

Lucy Graham, conseillère juridique de Business and Human Rights, Amnesty International, a parlé des crimes et des préjudices causés par l’entreprise dans la mine de cuivre au Myanmar, le projet Monywa.

Liz Umlas, conseillère en chef sur les stratégies de capitalisation IndustriALL, a dit.

“Nous avons entendu parler de très grandes conditions de pauvreté des parties concernées, causées par une entreprise qui se considère elle-même comme occupant une position dominante.”

Le rapport de IndustriALL Global Union intitulé “Pas durable: L’autre vérité sur Rio Tinto”, fournit davantage d’informations sur les pratiques controversées de Rio Tinto et les risques encourus par l’entreprise. Le rapport peut être téléchargé ici http://www.industriall-union.org/fr/themes/confronter-le-capital-mondial/entreprises-multinationales/rio-tinto

Rio Tinto, balayez devant votre porte ! travailleurs et communautés du monde entier affrontent le géant minier lors de son AG

Rio Tinto, une des plus grosses compagnies minières du monde, fait face à des critiques et protestations acerbes à l’entame de son AG pour son attitude anti-syndicale, ses catastrophes en matière de santé et sécurité des travailleurs, ses mauvaises relations avec les communautés locales, ses activités politiques suspectes, son incapacité à respecter les droits des peuples indigènes et son manque de transparence.

Les protestataires comprennent des travailleurs et des membres des communautés proches des sites de Rio Tinto en Mongolie et à Madagascar, des communautés inuits du Canada, d’Indonésie, des communautés apaches des États-Unis, d’autres encore venus de France, d’Australie, de Namibie et d’ailleurs.

Alors que l’entreprise prend publiquement l’engagement de respecter les droits syndicaux, elle défend aussi ouvertement ce qu’elle appelle “la relation directe” où le syndicat est considéré comme une force extérieure, indésirable. Alors qu’elles se targuent de “gérance environnementale,”’ les mines de Rio Tinto ont régulièrement pollué l’air et l’eau aux alentours de leurs sites, de la Papouasie occidentale au Wisconsin.

Kemal Özkan, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL déclare :

“Parmi les nombreux graves contrevenants aux droits des travailleurs dans l’industrie minière, Rio Tinto a été choisi comme cible en raison de son arrogance envers les travailleurs ainsi que pour les dommages causés aux communautés locales et à l’environnement. L’entreprise est systématiquement en défaut du point de vue de l’environnement, des relations sociales et de la gouvernance. Notre campagne se poursuivra jusqu’à ce que Rio Tinto devienne l’acteur social qu’il se targue d’être.

“Tout ce que nous voulons, c’est le respect des travailleurs, des communautés et de l’environnement.”

Simon Dubbins, Directeur de Unite pour l’International déclare :

”La façon dont Rio Tinto traite ses travailleurs et les communautés au sein desquelles il évolue fait de toute déclaration de sa part d’être un employeur responsable une bouffonnerie pure et simple. Ensemble avec notre Fédération internationale IndustriALL, nous mettons en place une campagne mondiale qui va rassembler les travailleurs et leurs syndicats ainsi que des militants des communautés locales. Nous avons amassé une précieuse expérience à l’occasion d’autres campagnes d’entreprise et nous allons faire usage de nos connaissances et ressources pour réclamer des comptes à Rio Tinto et le forcer à changer d’attitude.”

Richard Solly, coordinateur du London Mining Network déclare :

“Année après année, lors des AG de Rio Tinto, des représentants de communautés issues du monde entier viennent exprimer clairement leurs préoccupations face au comportement de l’entreprise. Année après année, l’entreprise les remercie d’être venus, dit respecter leurs points de vue et propose un dialogue. Mais le peu d’évolution au niveau du comportement réel de l’entreprise fait froid dans le dos. Elle doit joindre le geste à la parole.”

Quand ? De 10h00 à 11h00, le jeudi 16 avril à Londres

Où ? Au Centre de Conférence Queen Elizabeth II à Westminster

Page Facebook des protestataires : https://www.facebook.com/events/1574775316131163

Le rapport d’IndustriALL “Rio Tinto: The way it really works (Rio Tinto : la façon dont ça fonctionne vraiment)”, donne davantage d’informations sur les pratiques controversées de Rio Tinto et les risques que cela comporte pour l’entreprise. Ce rapport sera rendu public ce soir sur http://www.industriall-union.org/riotinto

Des travailleurs du secteur pharmaceutique défendent leurs droits syndicaux aux Philippines

Le 31 mars, environ 35 salariés de Takeda Pharmaceutical ont défilé dans les rues fort fréquentées de Makati pour appeler leur direction à respecter et reconnaître leur syndicat et la convention collective existante, en vigueur jusqu’en 2017.

Le conflit fait suite à un plan de restructuration de l’entreprise. Takeda Healthcare Philippines Inc. prend la place de Takeda Pharmaceutical Philippines et cette démarche, en pratique, signifie la dissolution du Syndicat des Salariés de Boie-Takeda, affilié à la Fédération TF-3, elle-même membre d’IndustriALL.

Craignant les répercussions du plan de l’entreprise sur les salariés, le syndicat avait fait part de ses préoccupations à la direction. Les responsables syndicaux se sont alors entendu dire que tous devraient introduire de nouvelles candidatures et que ne pas le faire signifierait la fin pure et simple de leur emploi. L’entreprise a ensuite insisté pour déclarer que le syndicat cesserait d’exister le 31 mars 2015, puisqu’il s’agirait d’une nouvelle entreprise.

“Exercer les droits à la liberté syndicale et à la négociation collective est un acquis fondamental des travailleurs et travailleuses et ceux-ci doivent être respectés et, nonobstant tout changement du mode d’opération de l’entreprise, ces droits ne devraient pas être remis en cause, a indiqué Runstedt Pelayo, Président de la Fédération TF-3.

Dès le début de ce conflit, l’affilié japonais d’IndustriALL UA Zensen et le syndicat Takeda qui en est membre ont interpellé la direction de l’entreprise en direct pour soutenir la lutte aux Philippines.

“Nous soutenons nos camarades aux Philippines et leur lutte en faveur de la liberté syndicale ainsi que du droit à négocier collectivement, tels que repris dans les Conventions 87 et 98 de l’OIT”, déclare UA Zensen dans son communiqué.

Les syndicats exposent les revendications des travailleurs à une assemblée annuelle de Holcim

Des représentant(e)s de IndustriALL Global Union, de l’Internationale des travailleurs du bâtiment et du bois et de la Fédération européenne des syndicats de travailleurs du bâtiment et du bois, et de leurs affiliés, se sont rendus à l’assemblée annuelle de Holcim. Les syndicats ont parlé des inquiétudes et des revendications des salariés, qui restent ignorées dans la méga-fusion entre les deux cimenteries de renom mondial, Holcim et Lafarge.

Les salariés et les syndicalistes ont distribués des tracts aux actionnaires faisant état de leurs préoccupations concernant les conséquences de la fusion en cours. Beaucoup d’actionnaires de Holcim n’étaient pas au courant de la situation et ont écouté les explications qui leur furent données en plusieurs langues, alors que d’autres évitaient tout contact avec les salariés qui travaillent dur pour les profits et les dividendes versés.

Une délégation syndicale a assisté à l’assemblée générale et parlé aux actionnaires. Kemal Özkan, secrétaire général adjoint de IndustriALL Global Union, a dit:

Mesdames et messieurs, il vous appartiendra bientôt de décider en tant qu’actionnaires, lors d’une assemblée générale extraordinaire, de la fusion de Holcim avec Lafarge. Le prix des actions Holcim à la Bourse montre que la fusion est lucrative pour les actionnaires.

Mais la lumière cache souvent beaucoup de zones d’ombre. Pour obtenir l’approbation de cette fusion, les deux entreprises doivent vendre plusieurs unités et plusieurs usines. Cela aura des conséquences pour au moins 15.000 salariés des deux entreprises. Beaucoup se retrouveront chez CRH [autre entreprise de matériaux de construction]. Et personne n’a jusqu’à présent accepté de donner des garanties pour les salariés. Ce qu’offrent CRH, Holcim et Lafarge n’est que le MINIMUM légal.

En fait 15.000 salariés qui ont permis d’obtenir l’argent de la fusion et sont maintenant envoyés chez CRH, n’ont aucune garantie pour leur avenir et paient maintenant avec la peur de perdre leur emploi, pour le succès pour la fusion.

Une déclaration sur les droits des travailleurs et travailleuses de Holcim et Lafarge a été signée par les salariés et leurs représentants, et affichée à l’entrée de la salle de réunion.

La déclaration est la suivante: “Nous, représentants des salariés de Holcim et Lafarge en Europe et dans le monde, demandons aux directions de Holcim et Lafarge d’honorer leur responsabilité sociale et leurs promesses faites à "leurs" salariés, lesquels ont en premier lieu permis par leur propre travail de rendre la fusion possible.”

Le texte de la déclaration a été parachevée avec une liste de revendications aux actionnaires de Holcim:

Montrez votre soutien à la campagne des travailleurs et travailleuses de Holcim et Lafarge pour la défense de leurs droits à http://www.labourstartcampaigns.net/show_campaign.cgi?c=2639

Les délégués d'IndustriALL arrêtent des actions et des stratégies pour l'Amérique latine et les Caraïbes

Pendant cette réunion, qui se tenait à l'invitation du Syndicat national des mineurs, les 8 et 9 avril à Mexico, les discussions ont essentiellement porté sur la situation politique et économique des pays de la région, sur la mise en œuvre du plan d'action régional d'IndustriALL Global Union et sur les préparatifs du prochain Congrès mondial d'IndustriALL, en 2016.

S'agissant du plan d'action régional d'IndustriALL, les délégués ont souligné qu'il est important que les syndicats soient forts pour défendre les droits au travail, faire pièce au capital mondial, combattre le travail précaire (http://www.industriall-union.org/fr/stop-travail-precaire-les-travailleurs-se-mobilisent) et promouvoir l'emploi durable dans l'industrie, tout en tenant compte des facteurs environnementaux et du changement climatique.

La veille de la réunion régionale, des déléguées aux réunions des femmes et des jeunes travailleurs ont échangé leurs expériences et planifié des actions (http://www.industriall-union.org/fr/au-mexique-les-femmes-montrent-la-voie). Ces rencontres leur ont permis d'élaborer des propositions visant à stimuler et faciliter la participation des femmes et des jeunes travailleurs aux échelons régional et mondial.

Le Mexique avait été choisi pour ces réunions afin de manifester notre solidarité avec les syndicats indépendants de ce pays où la liberté syndicale et le droit de négocier collectivement sont inexistants.

Les délégués ont exhorté le gouvernement mexicain à garantir le droit au retour de Napoleón Gómez Urrutia (http://www.industriall-union.org/mexican-appeals-court-cancels-last-charges-against-napoleon-gomez), le Secrétaire général du syndicat des mineurs qui a pu s'adresser aux participants, via Skype, depuis son exil au Canada. Les délégués ont affirmé qu'ils ne cesseront pas la lutte tant que Napoleón Gómez Urrutia ne pourra rentrer au pays pour diriger personnellement le syndicat.

Ils ont également appelé le gouvernement mexicain à apporter une solution aux conflits impliquant actuellement des syndicats et à prendre des mesures contre les pratiques délétères qui mettent les travailleurs à la merci des employeurs et du gouvernement (http://www.industriall-union.org/fr/agression-brutale-dun-syndicaliste-des-mineurs-mexicains-par-des-nervis-de-la-ctm). Ils ont aussi discuté de l'utilisation des contrats de protection, qui apportent une reconnaissance officielle à des syndicats corrompus et à leurs dirigeants, et de l'utilisation que font les entreprises des élections pour faire obstruction à la négociation collective.

Les délégués ont exprimé leur solidarité avec le combat que livrent les journaliers des champs de San Quintin, en Basse-Californie. Ils ont entendu le témoignage émouvant d'un collègue d'Ayotzinapa à propos des disparitions d'étudiants de l'école normale de cette ville et ont exprimé leur solidarité avec les étudiants et leurs familles. Les autres résolutions portaient notamment sur l'abolition des licenciements antisyndicaux et sur les persécutions en Colombie.

Aux États-Unis, le lock-out d’Honeywell se termine sur un accord

Cette nouvelle convention entraîne une hausse de salaire de 2% tous les deux ans, la poursuite de la participation de l’entreprise au programme de soins de santé pour les salariés syndiqués et une plus grande souplesse de recours par l’entreprise à des sous-traitants qualifiés pour des travaux de maintenance des installations.

L’USW et Honeywell se sont accordés sur un planning de retour au travail des salariés en fonction du renouvellement des agréments de la part de la Commission Américaine de Réglementation Nucléaire. L’ensemble des adhérents devrait avoir repris le travail d’ici au mois prochain.

Honeywell avait déjà lock-outé les adhérents de l’USW du site de Metropolis en juin 2010 pour une période de 14 mois.

Des médiateurs fédéraux ont assisté aux négociations et un projet de convention a été validé par un vote des membres de la section locale 7-669 le 30 mars.

L’usine produit du combustible nucléaire et retraite de l’uranium.

IndustriALL avait fait part du début du lock-out en août 2014 et sur les risques de faire tourner l’usine avec des travailleurs remplaçants inexpérimentés pendant le lock-out, en novembre 2014.

“Une fois de plus, nos camarades de Metropolis ont prouvé que nous étions plus forts en restant unis,” a déclaré Leo W. Gerard, Président international de l’USW.

“Nous sommes heureux que nos membres ont ratifié cette nouvelle convention de trois ans. Je sais que, tout comme du côté d’Honeywell, nos membres ont hâte de reprendre le travail et de contribuer au succès de ce site. Celui-ci n’a plus rien produit depuis la mi-décembre et je suis sûr que nos clients ont également hâte de voir la production reprendre,” a déclaré Stephen Lech, Président de la section locale USW 7-669.

Le Secrétaire général adjoint d’IndustriALL Kemal Özkan a salué la fin du lock-out :

Le retour au travail des adhérents de l’USW chez Honeywell signifie que la production peut reprendre aux bons soins de travailleurs formés et expérimentés. La section locale USW 7-669 a tenu bon face aux tentatives de l’employeur de la détruire et elle mérite la convention équitable qu’elle a obtenue.

Brésil: grève générale le 15 avril

Le projet de loi PL 4330 ne fixe aucune limite à l’externalisation dans les secteurs privé et public. Les activités, notamment celles concernant l’activité principale d’une entreprise, pourront être externalisées.

Dans le cas où ce projet devenait loi, cela pourrait mener à un remplacement massif d’une main-d’œuvre permanente, embauchée directement, par des travailleurs et travailleuses contractants avec de plus mauvaises conditions de travail, moins de protection et des prestations réduites.  

Fernando Lopes, secrétaire général adjoint de IndustriALL, a dit: 

L’adoption du projet de loi PL 4330 marque un pas en arrière pour les droits des salariés. L’externalisation est un véritable obstacle à la liberté syndicale. IndustriALL soutient ses affiliés qui se mobiliseront le 15 avril pour obtenir le retrait de ce projet de loi.

La veille de ce vote crucial, plusieurs affiliés de IndustriALL Global Union ont manifesté aux côtés de leurs confédérations syndicales devant la Chambre des représentants dans la capitale Brasilia pour tenter d’empêcher l’adoption du projet de loi PL 4330.

Ils envisagent de faire campagne auprès des parlementaires pour reporter le vote et de poursuivre le débat sur la question de l’externalisation. Cependant, les syndicats se sont vus refuser l’accès à la Chambre des représentants et des affrontements ont eu lieu avec la police. Deux syndicalistes ont été détenus et trois ont été blessés.

Malgré cette opposition, la Chambre des représentants a décidé de ne pas reporter le vote et a approuvé le “dispositif d’intervention d’urgence” pour pouvoir voter rapidement en séance plénière en faveur du projet de loi. Le projet de loi a été approuvé le lendemain par 324 voix contre 137. Le gouvernement avait également tenté sans succès de reporter le vote.

Le 14 avril, les partis politiques présenteront des amendements aux points les plus controversés du projet de loi. Après discussion et approbation sur ces demandes d’amendement, le projet de loi sera présenté au Sénat.

Vietnam : 90.000 grévistes pour la sécurité sociale

90.000 travailleurs et travailleuses étaient partis en grève après que le gouvernement vietnamien a suggéré des modifications de la couverture sociale prévues pour l’an prochain. Celles-ci prévoyaient que les salariés perdraient la possibilité d’obtenir une prime unique versée immédiatement lorsqu’ils quittent un emploi pour quelque raison que ce soit. En lieu et place, ils auraient une allocation mensuelle au moment de la retraite.

L’âge de la retraite au Vietnam est de 55 ans pour les femmes et 60 pour les hommes.

En fonction du nouveau projet de loi, les travailleurs et travailleuses devraient accumuler 20 ans de cotisations au régime de sécurité sociale pour avoir droit à une pension arrivés à l’âge de la retraite. Si 20 années ne sont pas comptabilisées, ils auraient toujours la prime, mais uniquement après avoir atteint l’âge de la retraite.

La plupart des travailleurs et travailleuses des entreprises de la confection ou de l’électronique ont de longs temps de travail, allant jusqu’à 50 ou 60 heures par semaine. Selon la propre estimation des travailleurs, ils n’auraient pas la possibilité d’accumuler plus de 20 ans de cotisations, car ils retournent dans leurs villages dès lors qu’ils ont acquis suffisamment d’argent pour y mener leur vie. Il existe également une méfiance par rapport à la capacité du Fond de Sécurité Sociale à effectuer les versements à l’avenir.

La perspective de perdre la prime unique, qui permet aussi aux travailleurs de subsister entre deux emplois, a déclenché les manifestations. Cette grève pacifique a vu les travailleurs et travailleuses manifester au sein de l’usine et défiler sur la voie publique.

Au bout d’une semaine de mouvement, le vice-ministre du travail, Doan Mau Diep a suggéré à l’Assemblée nationale de revoir la proposition de loi et de prévoir une solution où les travailleurs auraient le choix entre obtenir une compensation immédiate en quittant l’emploi ou se maintenir dans le système et avoir des allocations au moment de la retraite.

Jyrki Raina, secrétaire général d’IndustriALL, a indiqué que bien que cette grève semble avoir trouvé une issue, elle avait montré le besoin d’un dialogue social renforcé qui permette de trouver des solutions à long terme en vue de construire un système d’assurance sociale viable au Vietnam.

Des arrêts de travail de cette envergure envoient un signal fort au gouvernement, aux employeurs et aux syndicats. Les travailleurs et travailleuses ont un profond désir de vies meilleures et entendent être traités de manière juste. Comme souhaité par les syndicats vietnamiens, IndustriALL va poursuivre ses ateliers de formation afin de leur permettre d’étendre leur capacité à défendre les intérêts des travailleurs et à négocier des conventions collectives solides.

Au Mexique, les femmes montrent la voie

Monica Veloso, membre du Comité exécutif d’IndustriALL, a ouvert les débats en rappelant aux participants que l’Amérique latine prenait un rôle de premier plan dans la représentation des femmes.

Dix femmes travailleuses qui ont participé au programme de formation aux fonctions dirigeantes “Mineras de acero” ont fait part de leur expérience lors de la réunion. Au Mexique, les femmes constituent en moyenne 10% de la main d’œuvre des mines.

À la mine de phosphate Rofomex, cinq femmes travaillent aux côtés de 1.500 hommes. Sur le site de Minera Peñasquito, on en compte 117 pour une main d’œuvre totale de 1.579 salariés.

Les femmes effectuent les mêmes tâches que les hommes et ont les mêmes salaires et prestations, gagnant cinq fois l’équivalent du salaire minimum national. Elles ont le sentiment de mieux s’en sortir que les femmes employées dans les zones franches du nord du pays et acquièrent des compétences pratiques et sont formées à l’utilisation d’outillage.

Les femmes sont également confrontées à d’autres défis. Par exemple, les crèches et garderies sont certes disponibles au Mexique, mais sont souvent très distantes des mines. Certaines femmes ont deux semaines de travail suivies d’une semaine de repos parce qu’elles habitent trop loin de leur lieu de travail et ne peuvent pas faire la navette chaque jour. Elles disposent de logements décents dans des camps, mais doivent laisser leurs enfants à leurs mères. Des services de crèches et garderie feraient également l’affaire des hommes, car il existe aussi un nombre significatif de pères célibataires.

Deux participantes de Trinidad et Tobago qui travaillent pour ArcelorMittal ont expliqué que dans leur usine, les femmes n’occupaient en principe que des fonctions administratives, mais maintenant elles sont également sidérurgistes. À travail égal, elles ont un salaire égal. Généralement, les hommes ont une préférence à l’embauche, mais grâce aux revendications syndicales, maintenant des femmes sont également engagées. Les femmes font face à moins de discriminations. Il y a eu aussi pas mal de harcèlement sexuel. Il faut un certain temps pour que les femmes s’expriment à ce sujet et réalisent qu’elles peuvent combattre la tendance.

Au Brésil, le syndicat des métallurgistes CUT lutte pour la parité. En vertu des politiques adoptées, une femme doit occuper au moins une des trois fonctions dirigeantes à la présidence, au secrétariat général ou à la trésorerie.

Monica Veloso a conclu en disant que “les femmes doivent être présentes et être des protagonistes au sein de leurs organisations locales”. Le travail fondamental permettant d’arriver à une meilleure représentation des femmes doit être mené depuis la base.

Les participantes ont décidé de créer un réseau régional des femmes pour mieux appréhender les réalités de chacune et continuer à rassembler leurs forces pour faire avancer leurs propositions.

Mauritanie : issue heureuse à la grève des mineurs

Des milliers de travailleurs avaient posé l'outil le 28 janvier après que la Société nationale industrielle et minière (SNIM) ait dénoncé un accord conclu en octobre de l'an dernier avec notre affiliée la Fédération nationale de l'énergie, des hydrocarbures, des mines et de l'industrie (FNEHMI) qui prévoyait une hausse des salaires et l'octroi d'une prime de production entre autres conditions.

Après une campagne intense menée par la FNEHMI et d'autres syndicats, la direction a accepté de revenir à la table des négociations.

Le Président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz a annoncé que, s'ils reprennent le travail, les grévistes recevront l'équivalent de deux mois de salaire plus un autre mois d'avance.

En outre, les 400 travailleurs licenciés pour avoir fait grève seront réintégrés sans aucune sanction.

Le Secrétaire général de la FNEHMI, Laghdaf Dia Sanghare, a déclaré :

Tous les syndicats qui ont participé à la grève sont convaincus que cette solution est acceptable étant donné la gravité de la situation : les travailleurs étaient sur le point de perdre leur emploi et l'entreprise était au bord de la faillite.

"Dans l'ensemble, la solution est satisfaisante parce que l'accord prévoit la poursuite des négociations sur d'autres matières, en particulier sur le motif particulier de la grève qui était l'application de l'accord de 2014 qui stipulait l'octroi aux travailleurs d'une augmentation de 10 pour cent."

L'État mauritanien détient 78 pour cent de la SNIM. Les autres actionnaires sont la Banque industrielle du Koweït, la Compagnie minière arabe et le Fonds irakien de développement extérieur.

La SNIM est considérée comme le poumon de l'économie mauritanienne. Ce pays désertique d'Afrique dépend étroitement des produits de minerai de fer qui représentaient 76 pour cent de ses exportations en 2013.