Les travailleurs de Holcim et Lafarge se préparent à une mobilisation mondiale

De nouvelles actions sont prévues dans les installations de Holcim Lafarge en Amérique du Sud et du Nord, en Asie et en Europe le 28 avril – journée internationale de commémoration des travailleurs morts et blessés.

En janvier 2013, cinq travailleurs de Holcim ont perdu la vie dans un terrible accident survenu à l’usine Ambuja-Holcim en Inde L’accident était dû à la négligence de la direction de l’usine pour assurer le respect des règles de santé et de sécurité. La trémie à cendres volantes située au cinquième étage était surchargée à près du double de sa capacité. D’un poids de 300 tonnes, elle s’effondra et traversa quatre étages. La poussière a rendu l’air irrespirable pendant des heures. Cinq travailleurs ont été retrouvés sous les débris.

Cet horrible accident n’est pas unique. La même année, il y a eu au total 73 travailleurs tués à leur poste de travail chez Holcim et Lafarge. L’intérêt des travailleurs et travailleuses qui travaillent durement pour développer la richesse des entreprises reste ignoré. Le résultat, c’est que les travailleurs et travailleuses en paient un prix très élevé avec leurs vies.

Mais ce n’est que la partie visible de l’iceberg. Le chiffre total des morts ne comprend pas tous ceux et celles qui sont décédés à la suite de maladies contractées sur leur lieu de travail par une exposition à des substances dangereuses connues pour causer des maladies respiratoires et le cancer.

Le personnel des deux entreprises a exprimé ses inquiétudes de façon répétée. Lors de la dernière assemblée générale annuelle de Holcim, des représentant(e)s de IndustriALL Global Union, de l’Internationale des travailleurs du bâtiment et du bois (IBB), de la Fédération européenne des syndicats de travailleurs du bâtiment et du bois (FETBB) et de leurs affiliés ont présenté aux actionnaires les revendications des travailleurs. Une manifestation syndicale a été organisée devant l’immeuble où les actionnaires se sont réunis et où des tracts comportant les revendications ouvrières leur ont été distribués.

Malheureusement, les deux entreprises ont fait jusqu’à présent la sourde oreille à la situation désespérée des travailleurs et travailleuses, et semblent faire peu de cas de l’avenir incertain des 130.000 membres de leur main-d’œuvre.

Pour modifier la situation et mettre fin à une source de profit impitoyable au détriment de la vie des travailleurs et travailleuses, IndustriALL, IBB, FETBB et leurs affiliés se mobiliseront le 28 avril sous la parole “Pas de fusion sans droits de santé et de sécurité des travailleurs”.

Du matériel de campagne se trouve sur cette page. Des mises à jour seront publiées sur Facebook https://www.facebook.com/UnionsatLafargeHolcim.

Accordez également votre soutien à la campagne des travailleurs et travailleuses de Holcim et Lafarge à http://www.labourstartcampaigns.net/show_campaign.cgi?c=2639

Deux ans après Rana Plaza : des progrès, mais l’on ne peut se soustraire à l’ampleur de la tâche devant soi

Il manque toujours 6 millions de dollars sur les 30 nécessaires pour que le fonds d’indemnisation puisse intervenir auprès des victimes et l’insupportable réalité est que pas une seule usine ne puisse encore être déclarée sûre à 100%.

Les leaders syndicaux au plan mondial appellent le secteur à montrer qu’il a le courage et la volonté de tourner cette page pour aller de l’avant.

Le Secrétaire général d’IndustriALL Jyrki Raina déclare :

“Deux ans après cet homicide industriel, les victimes de Rana Plaza attendent toujours une indemnisation complète. Il s’agit d’une responsabilité collective, mais nous appelons spécifiquement des enseignes telles que Benetton, Mango, Walmart et Carrefour à augmenter leur contribution."

L’industrie mondiale de la confection doit démontrer à sa clientèle qu’elle a retenu la leçon et qu’elle est capable d’aller de l’avant et de prendre en compte une autre question brûlante, celle des salaires de misère des travailleurs et travailleuses.

Les syndicats indiquent qu’ils utiliseront tous les outils de l’Accord du Bangladesh, qui est juridiquement contraignant, pour s’assurer que les enseignes et les propriétaires d’usines mettent les usines aux normes.

Des progrès importants ont été accomplis, mais le fait que toutes les mesures de remédiation ont pour l’instant du retard, jusqu’à six mois dans certains cas, est un grave problème.

Le Secrétaire général d’UNI, Philip Jennings déclare :

“Il est scandaleux que ceux et celles qui ont perdu leurs mères et leur soutien de famille n’aient toujours pas été indemnisés, parce qu’un clan de multinationales ne peut ouvrir son cœur et son portefeuille bien garni pour verser les 6 millions de dollars qui font défaut au fonds d’indemnisation. Toutes les enseignes doivent joindre leurs forces pour mettre fin à cette crise en comblant le fossé dans le financement et donner un coup de fouet au travail de mise à niveau des usines.”

L’Accord sur les mesures de sécurité ayant trait aux incendies et aux bâtiments au Bangladesh, un instrument juridiquement contraignant, a été négocié par IndustriALL, UNI et leurs partenaires des ONG avec les enseignés à la suite de l’effondrement du Rana Plaza.  L’Accord compte maintenant la signature de plus de 200 enseignes et a accompli à ce jour l’inspection de près de 1.500 usines et identifié plusieurs milliers de problèmes de sécurité à résoudre.

Myanmar : le syndicat permet de solutionner la grève dans une usine de vêtements

Début avril, 590 des près de 700 salariés d’une usine de vêtements de la ville de Yayni au Myanmar sont partis en grève. Exigeant une hausse salariale, les travailleurs se plaignaient aussi d’avoir perdu une partie de leurs droits lorsque l’usine a été privatisée et que la production d’articles de papeterie et de ménage est passée à celle de vêtements.

Des recruteurs syndicaux de l’affilié d’IndustriALL, la Fédération des Travailleurs de l’Industrie du Myanmar (IWFM) ont assisté les grévistes. Les conditions de vie et de travail dans l’usine leur ont été expliquées : une seule toilette pour 690 travailleurs, pas d’accès à de l’eau potable et absence des prestations sociales prévues par la loi.

Les grévistes ont exprimé un certain nombre de revendications, dont le refus des heures supplémentaires imposées, le double salaire pour les prestations du dimanche et des jours fériés, le passage des pauses à 20 minutes ainsi qu’une augmentation de salaire de 30.000 Kyats (US$30) par mois à 60.000 Kyats (US$60).
 
Après négociations, toutes les revendications sauf celle portant sur les salaires ont été rencontrées. Après avoir admis une hausse de seulement quelques dollars, l’employeur a finalement conclu avec les travailleurs un nouveau salaire mensuel de 41,000 Kyats (US$41).
 
Comme le Myanmar est en transition après une dictature où les syndicats étaient illégaux, il existe un besoin énorme de formation et de construction des capacités. Des représentants de l’IWFM ont évoqué la privatisation, les processus de négociation collective et la manière de construire des syndicats forts.

Les travailleurs de l’usine se sont mis d’accord pour constituer et enregistrer un syndicat, dont les effectifs devraient s’élever à 500 membres.

Le Secrétaire général d’IndustriALL, Jyrki Raina, qui s’est rendu au Myanmar en mars déclare :

La lutte des travailleurs et travailleuses de la confection à Yayni illustre les défis auxquels ils sont confrontés au Myanmar. Ayant visité le pays récemment, j’ai été très impressionné par la passion de tous ces jeunes gens qui n’ont que récemment obtenu le droit d’être protégés par un syndicat. Nous connaîtrons davantage de luttes comme celle-ci à l’avenir, à mesure que travailleurs et travailleuses revendiqueront des conditions de travail décentes et des salaires vitaux, ce dont nous sommes encore loin.

IndustriALL responsabilise les travailleuses au Kenya

En examinant le rôle des femmes dans les syndicats, les participantes ont identifié plusieurs problèmes auxquels les femmes sont confrontées au Kenya. Les entreprises se séparent des travailleuses quand elles sont enceintes, les travailleuses occasionnelles signent un contrat valable uniquement pour trois mois, les droits liés à la maternité ne sont même pas une question abordée, et la santé des femmes doit faire l’objet d’une plus grande attention car elles ne s’alimentent pas comme il faut pour réaliser des économies. Les participantes ont convenu que leurs syndicats doivent se battre en faveur des droits liés à la maternité.

Lors de l’atelier, les femmes ont réalisé une tâche pratique consistant à déterminer la localisation sur leur lieu de travail, qui a permis de révéler la ségrégation des emplois dans le travail. Par exemple, seuls les hommes sont employés à faire du repassage et les femmes ne peuvent pas travailler aux lessiveuses. Cependant, la situation sur les lieux de travail se modifie grâce aux syndicats, et par exemple, les travailleurs/euses n’ont plus à faire d’heures supplémentaires pour réaliser leur objectif.

Les participantes ont creusé l’idée de créer des comités de femmes qui n’existent pas dans aucun de leurs syndicats. Elles ont aussi parlé d’allouer des postes de responsabilité à des femmes dans les syndicats. Plusieurs ont déjà réservé des postes, d’autres ont des postes de coordonnatrices, mais sans structure propre aux femmes. Il faut encore travailler davantage pour s’assurer que les femmes occupent une place centrale.

Dans la discussion sur les tâches attribuées aux comités des femmes, les participantes ont fait remarquer la nécessité pour les femmes de participer à la négociation collective, sinon leurs revendications seront abandonnées.

À la fin de la réunion, les participantes ont pris les décisions suivantes:

– remettre un exemplaire de la convention collective à chaque membre,

– encourager davantage de femmes à adhérer au syndicat,

– faire état auprès de la direction de la question relative aux droits des femmes

– recommander aux femmes d’exercer leurs droits et de mettre en pratique leurs capacités,

– s’assurer que la ventilation est suffisante pour empêcher des pertes de connaissance chez les travailleuses

– se battre pour que davantage de travailleuses contractuelles adhèrent au syndicat,

– se battre pour que les travailleuses contractuelles obtiennent un emploi permanent

Les affiliés irakiens d’IndustriALL luttent contre les salaires impayés

Les travailleurs et travailleuses soupçonnent les 71 entreprises étatiques présentes au sein de la chaîne d’approvisionnement du secteur manufacturier qui ne versent pas les salaires de le faire intentionnellement dans le cadre d’une stratégie pour favoriser une privatisation massive.

La politique du gouvernement visant à faire passer le statut de ces entreprises de propriété du Ministère de l’Industrie et des Ressources Minérales à celui d’entreprises auto-financées a fait que les salariés ne sont payés que lorsqu’il y a des bénéfices.

Au cours de la récente et dure passe économique en Irak, de nombreuses entreprises ne font pas de bénéfices et les travailleurs se retrouvent avec des salaires impayés.

Des milliers de ces travailleurs concernés ont tenu des manifestations de masse depuis la fin de l’année dernière, au bout de trois mois sans salaire.

Le Comité de Coordination des Travailleurs Irakiens, mené par les affiliés d’IndustriALL, a annoncé une série d’actions au finish pour obtenir satisfaction à ses revendications et la fin de la négligence délibérée du Ministère de l’Industrie et des Ressources Minérales.

IndustriALL porte les revendications de son conseil national devant le gouvernement irakien. Celles-ci comprennent :

Avec le soutien des syndicats irakiens affiliés à IndustriALL, les travailleurs et travailleuses ont organisé des protestations dans tout le pays et exigé le paiement de leurs arriérés de salaires ainsi qu’une solution à long terme à ce problème.

L’étendue des manifestations a conduit le gouvernement à intervenir pour assurer le paiement régulier et mensuel des salaires. Cette mesure ponctuelle est destinée à stopper les protestations mais il n’y a pas de plan à long terme.

En dépit du caractère hors-la-loi de la formation de syndicats dans le secteur public, il s’en crée de nouveaux au travers de cette lutte.

Le Secrétaire général adjoint d’IndustriALL Kemal Özkan déclare :

Nous n’accepterons jamais que travailleurs et travailleuses soient utilisés comme des pions pour que des entreprises publiques puissent être privatisées. Quelle honte ! Ces travailleurs et travailleuses quant à eux montrent une grande bravoure en menant la contre-attaque et IndustriALL se range à leurs côtés.

Réaction au versement par Benetton d’1,1 million de dollars au fonds d’indemnisation de Rana Plaza

Le Secrétaire général d’UNI, Philip Jennings, a déclaré : “Nous sommes profondément déçus de la contribution de Benetton. C’est un geste symbolique et nous les appelons à faire davantage. Nous allons poursuivre nos efforts pour que Benetton augmente son apport.

“Les consultants qu’ils ont engagés leur ont été de mauvais conseil en proposant la voie de la mesquinerie. Il est ici question de la vie des gens et pas d’une période de soldes.

“Primark, qui se fournissait également à Rana Plaza, a versé 7,3 millions de dollar d’indemnités, mais Benetton ne considère pas les victimes comme des personnes qui méritent l’attention et la compassion prônée par la marque.”

Le Secrétaire général d’IndustriALL, Jyrki Raina, a déclaré : “Bien que chaque centime compte et nous rapproche du but qui est d’offrir un avenir aux victimes, Benetton avait la possibilité de prendre le haut du pavé dans son secteur et de refermer une fois pour toutes l’un des chapitres les plus sombres de son histoire.

“Ceux qui sont morts à Rana Plaza étaient des personnes qui incarnaient les couleurs unies de Benetton (United Colors of Benetton). Nous sommes d’avis qu’un apport de 5 millions de dollars aurait été respectueux de leur sacrifice.”

En dépit du fait d’être lié directement à Rana Plaza, ce n’est qu’au bout de deux années de campagnes menées par des syndicats et des ONG que Benetton a annoncé il y a un mois environ qu’il allait contribuer au fonds d’indemnisation. Benetton a engagé PricewaterhouseCoopers pour le conseiller sur le montant que l’entreprise devrait verser.

Nos deux fédérations internationales ont été très surprises de ce choix, sachant que PricewaterhouseCoopers n’est pas connu pour son expertise dans le domaine du calcul d’indemnités après des accidents industriels au sein des chaînes internationales d’approvisionnement. De plus, PricewaterhouseCoopers a lui-même demandé l’avis de WRAP (Worldwide Responsible Accredited Production), connu pour avoir effectué des inspections bancales dans des usines et failli à dénoncer les problèmes structurels du bâtiment de Rana Plaza lui-même avant son effondrement.

UNI et IndustriALL sont les deux fédérations syndicales internationales qui ont conçu et signé l’Accord sur les mesures de sécurité ayant trait aux incendies et aux bâtiments au Bangladesh dans le sillage de la tragédie du Rana Plaza. L’Accord du Bangladesh a été signé par près de 200 enseignes mondiales et environ 1.500 usines et 2 millions de travailleurs et travailleuses tombent sous son application.

Les deux fédérations syndicales internationales appellent instamment Benetton à faire une plus importante contribution au fonds d’indemnisation.

Rio Tinto fait honte aux syndicats

Le réseau IndustriALL Global Union des syndicats de Rio Tinto a présenté aujourd’hui sa liste de griefs à l’Assemblée générale des actionnaires. Le géant minier fait honte pour son incapacité à respecter les droits syndicaux et assurer la sécurité des travailleurs et travailleuses, pour les dommages causés à l’environnement et pour son attitude envers les peuples indigènes et autres communautés.

Plusieurs syndicats du monde entier aux côtés d’ONG et de groupes de défense des peuples indigènes s’étaient rassemblés devant le lieu où se tenait l’Assemblée générale 2015 de Rio Tinto. Ils scandaient des slogans et assuraient avec défiance la poursuite de la campagne de  IndustriALL.

Dans la salle où se tenait l’Assemblée générale, le secrétaire général adjoint de IndustriALL, Kemal Özkan, a délivré le message conjoint du réseau syndical. 

Kemal Özkan dit:

Notre campagne se poursuivra jusqu’à ce que l’entreprise Rio Tinto devienne l’acteur social qu’elle se vante d’être. Tout ce que nous recherchons, c’est le respect des travailleurs et travailleuses, des peuples indigènes, des communautés et de l’environnement.

Ron Thomas, président de l’USW, citant les activités de Rio Tinto à Labrador City, Canada, a dit à l’Assemblée générale:

“Je demande à Rio Tinto de traiter nos membres avec respect et de cesser d’employer des contractuels. Nous voulons travailler pour Rio Tinto et retrouver nos emplois.”

Des personnes assistant à l’Assemblée générale ont émis de fortes critiques, en demandant à Rio Tinto de rendre des comptes pour son arrogance et son manque de respect pour d’autres actionnaires concernés.

La Première Nation des Innus au Québec a accompli un geste symbolique fort en s’adressant à l’Assemblée générale dans sa langue autochtone, avant d’affirmer:

“Nous sommes venus ici dans un esprit de paix. Quand est-ce que Rio Tinto voudra négocier et signer un accord avec nous. Vous enlevez les ressources sans partager avec nous les bénéfices réalisés. Le temps est venu de payer la location aux véritables propriétaires de cette terre.”

Les problèmes évoqués ont porté sur les financements politiques aux États Unis, le manque de transparence dans de nombreux règlements, notamment au Myanmar, et la dégradation de l’environnement.

Le président et le directeur général ont dû s’expliquer sur de récents évènements où des salariés de Rio Tinto ont été tués au travail à Madagascar, au Canada, en Afrique du Sud et en Indonésie.

Directement après l’Assemblée générale, le groupe conduit par IndustriALL a manifesté devant deux bijouteries appartenant à Signet, qui se fournissent en diamants chez Rio Tinto. La clientèle des boutiques H. Samuel et Ernest Jones à Oxford Street, en plein cœur de la zone commerciale animée de Londres, a pu apprendre comment les diamants commercialisés par Signet sont souillés par le comportement de Rio Tinto contraire à l’éthique.

La campagne Crown se prolonge au Royaume-Uni

Les actions de ce 15 avril ciblaient Arnold Donald, PDG de Carnival, en sa qualité de membre du conseil d’administration de Crown Holdings.

L’action s’est déroulée à la fois au siège de Carnival à Southampton et à Londres, où l’entreprise tenait son assemblée générale annuelle des actionnaires.

En 2013, les travailleurs du site de fabrication d’emballage de Crown à Toronto, qui sont membres d’IndustriALL par le biais des Métallos USW, ont été forcés à partir en grève sur les conditions de travail et d’emploi.

Portant des gilets de sauvetage, des grévistes canadiens de Crown, membres des Métallos USW, et des militants du syndicat britannique Unite ont déployé une gigantesque banderole devant les bureaux de la société à Southampton qui posait la question : “Pourquoi Arnold Donald jette-t-il des travailleurs par-dessus bord ?”

Les protestataires ont également distribué des tracts reprenant des informations sur la grève à environ 200 actionnaires qui se rendaient à l’AG de Carnival à Londres. 

M. Donald, qui a soutenu qu’il ne pouvait rien faire pour obtenir que Crown change de position par rapport à la grève à Toronto, a dû faire face à de rudes questions lors de l’AG.

Interpellant M. Donald lors de l’AG de Carnival, le Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, Kemal Özkan, a souligné que les exigences de Crown d’obtenir des coupes spectaculaires dans les salaires et autre prestations ainsi que ses efforts en vue de détruire le syndicat, minait le propre plan industriel de Carnival :

“Carnival dépend des bonnes conditions de salaire, de pensions et de congés payés contenus dans les conventions conclues avec les syndicats,” a précisé Kemal Özkan, qui a également cité les pratiques anti-syndicales de Crown en Turquie, en Colombie, au Maroc et au Ghana.

Le Ghana doit combattre l’emploi précaire

Les problèmes liés à l’emploi précaire et l’externalisation étaient visiblement à l’ordre du jour d’une rencontre entre le secrétaire général de IndustriALL, Jyrki Raina, et le ministre de l’Emploi et des Relations de Travail du Ghana, Haruna Iddrisu, le 14 avril 2015 à Accra.

Raina était accompagné du secrétaire régional, Fabian Nkomo, et des dirigeants des affiliés de IndustriALL, le syndicat industriel et commercial (ICU), le syndicat des travailleurs des mines du Ghana (GMWU) et le syndicat des travailleurs du transport, du pétrole et de la chimie du Ghana (GTPCWU).

Le ministre s’est engagé à étudier avec soin un document préparé par les syndicats sur la nécessité de limiter l’externalisation et la précarisation. Plus de 60 pour cent de la main-d’œuvre au Ghana appartient au secteur informel.

Dans des entreprises, des personnes employées sous contrat travaillent dur aux côtés d’autres salariés permanents, mais sans être couvertes par les conventions collectives. Les personnes occupant un emploi précaire gagnent parfois le tiers du salaire des salariés permanents. Et sans bénéficier des prestations sociales prévues dans les conventions collectives.

Jyrki Raina et le ministre Iddrisu ont convenu de la nécessité pour le Ghana d’établir une base industrielle solide, comportant des produits offrant une valeur ajoutée au lieu d’exporter des ressources minérales et du pétrole brut. Il faut pour cela une politique industrielle capable de stimuler la création d’emplois permanents de bonne qualité, d’investissements dans l’infrastructure, de compétences et de formation de la main-d’œuvre, ainsi qu’un accès à l’énergie à un coût raisonnable. La pénurie d’électricité est un problème énorme pour les entreprises industrielles.

Iddrisu a réitéré l’engagement du gouvernement pour l’Agenda du travail décent, et s’est engagé à poursuivre le dialogue avec les syndicats pour trouver des solutions aux différents problèmes.

Raina a de nouveau exhorté le gouvernement à ratifier la convention 176 de l’OIT sur la santé et la sécurité dans les mines. Le Ghana est un important pays minier. Le ministre a donné à ses services la tâche de vérifier où en était le ministère des mines dans le processus de ratification.

Au cours des visites effectuées dans des entreprises d’aluminium, d’acier et de textile, les directions, tout comme les représentants syndicaux locaux, ont cité la pénurie d’électricité comme le problème le plus important pour lequel le gouvernement n’a pas de stratégie claire. La production doit être arrêtée plusieurs jours par mois, ce qui entraîne une diminution des ventes. La tâche des dirigeants syndicaux au niveau local s’en trouve d’autant compliquée pour négocier des hausses salariales et de meilleures conditions de travail.

Dans toutes les réunions et à la conférence de presse, les écarts salariaux entre le personnel local et les expatriés faisant le même travail ont été décrits comme étant un problème généralisé. Raina s’est engagé à soulever la question de l’impartialité et de l’égalité de traitement des travailleurs et travailleuses dans plusieurs entreprises multinationales avec lesquelles IndustriALL a signé des accords-cadres mondiaux.

Les affiliés de IndustriALL au Ghana ont parlé au secrétaire général de leur coopération toujours plus forte en faveur de l’unité. Ils partagent ensemble un puissant engagement vers une fusion des trois syndicats pour créer une organisation unique parlant d’une seule voix forte. Le Conseil national du Ghana de IndustriALL prépare une action conjointe pour le Premier mai contre l’externalisation et l’emploi précaire.

La lutte contre l’externalisation s’intensifie au Brésil

La confédération Central Única de los Trabajadores (CUT) et d’autres centrales syndicales brésiliennes ont appelé les syndicats à faire grève et à organiser d’autres évènements le mercredi 15 avril. Sur de nombreux points, le projet de loi menace les droits des travailleurs et travailleuses. IndustriALL réaffirme son soutien à ses affiliés dans leur lutte contre l’externalisation au Brésil.

L’externalisation porte atteinte aux droits du travail. Si le projet de loi était adopté, les entreprises pourraient externaliser toutes leurs activités menées dans tous leurs départements et sections. Cela mettrait en danger le statut de tous les salariés ayant un contrat d’emploi direct du fait qu’ils pourraient être juridiquement remplacés par une main-d’œuvre externalisée qui serait payée 24,7 pour cent de moins. Cela amènerait également une plus grande instabilité de l’emploi car la main-d’œuvre externalisée serait employée pendant des périodes de travail plus courtes comparées à celles des personnes ayant un contrat d’emploi direct.

Bien que la Chambre des Députés ait approuvé le projet de loi la semaine dernière, les travailleurs et travailleuses espèrent pouvoir différer le processus. Durant la journée nationale d’action, les salariés ont retardé le début de leur journée de travail ou organisé une protestation à l’entrée de leur lieu de travail. Des manifestations ont eu lieu à Sao Paulo, Fortaleza, Brasilia, Río de Janeiro, Curitiba, Teresina, Aracaju et Florianopolis.

Ce n’est pas la première fois que les salariés protestent contre le projet de loi. Le 7 avril, des responsables syndicaux et des militants représentant des syndicats, des fédérations et des confédérations syndicales ont protesté dans les rues de tout le pays. L’idée était de faire pression sur les membres de la Chambre des Députés pour retarder leur vote sur le projet de loi et procéder à un débat plus approfondi, mais cela n’a pas été possible. La police a réprimé violemment les manifestations, détenu quatre personnes et blessé huit autres.

Cette semaine, des amendements aux points les plus controversés du projet de loi seront discutés à la Chambre des Députés, avant d’être envoyés au Sénat. C’est pourquoi les travailleurs et travailleuses estiment que le temps est venu de descendre dans les rues pour faire pression sur le Congrès.

IndustriALL Global Union a exprimé son soutien le plus total et sa solidarité avec les travailleurs et travailleuses du Brésil pour leur journée d’action du 15 avril. Les travailleurs et travailleuses ont droit à un emploi décent et au respect des droits du travail, tels que la santé et la sécurité.