La campagne internationale contre l’amiante cible l’ONU

IndustriALL et son affilié australien du secteur des mines AMWU font monter la pression sur les pays qui s’apprêtent à participer au vote visant à placer l’amiante chrysotile sous la tutelle de la Convention de Rotterdam, qui aura lieu lors d’une Conférence de l’ONU à Genève, Suisse, qui se tient du 11 au 14 mai.

Cette Convention établit une liste d’autres types d’amiante, sans le chrysotile, qui est pourtant tout aussi mortel que les autres et le seul à toujours être en usage commercial.

Une campagne de publicité percutante sur les trams et bus qui circulent au cœur de Genève va rappeler aux habitants et aux participants à la conférence les dangers alarmants de l’amiante. Débutant ce 6 mai, elle s’étendra sur deux semaines.

La semaine prochaine, une délégation des syndicats australiens comprenant l’AMWU et le CFMEU, un autre affilié d’IndustriALL, ainsi que des victimes de l’amiante en provenance d’Inde, arrivera à Genève pour une série d’actions destinées à soutenir la campagne.

L’amiante est à l’origine de cancers et de maladies pulmonaires telles que l’asbestose et le mésothéliome, qui sont incurables. L’Organisation mondiale de la Santé estime que 100.000 personnes meurent chaque année de leur exposition à l’amiante.

Et pourtant, 2 millions de tonnes d’amiante chrysotile sont toujours commercialisées chaque année, sans réglementation internationale.

Bien qu’interdit par 50 nations, dans des pays comme l’Inde et l’Indonésie, sa consommation s’accroît.

Les grands exportateurs d’amiante, la Russie, le Brésil et le Kazakhstan ainsi que l’Inde, sont destinés à apporter leur veto à des restrictions d’exportation du chrysotile en vertu de la Convention. 

“Porter l’amiante chrysotile sur la liste de la Convention requiert que chaque nation marque son accord, donc ces quatre pays doivent être redevables de leur veto, qui détruira des milliers de vies,” a indiqué Andrew Dettmer, Président national de l’AMWU.

Jyrki Raina, Secrétaire général d’IndustriALL, a déclaré :

“Ce commerce écœurant de l’amiante doit cesser. Toute forme d’amiante tue. Ces pays doivent prendre leurs responsabilités, fermer les mines d’amiante et arrêter de l’utiliser.”

Un certain nombre d’affiliés ont répondu à l’appel d’IndustriALL et écrit à leurs gouvernements pour exiger qu’il soutienne l’ajout du chrysotile à la liste de la Convention lors de la conférence de Genève la semaine prochaine.

IndustriALL a également collaboré avec l’Internationale des travailleurs du bâtiment et du bois (IBB) dans le cadre de la campagne et de la publication commune L’amiante est un tueur

www.endasbestos.org  #endasbestos 

Les mamans méritent mieux que des diamants de Rio Tinto

Avec des ventes totales de 6 milliards d’USD par an, les bijouteries Kay, Jared et Zales de Signet se trouvent dans tous les États-Unis, les boutiques de Peoples et Mappins dans tout le Canada, et celles de H. Samuel et Ernest Jones sont visibles dans artères commerçantes du Royaume-Uni.

Les syndicats ILWU, Unifor et USW organisent des manifestations jusqu’à la fête des Mères dans les magasins Signet aux États-Unis et au Canada, pays où cette fête est célébrée le 10 mai. Cela fait suite aux récentes manifestations aux magasins Signet aux Royaume-Uni par des syndicats et des organisations de la société civile d’une dizaine de pays.

La coalition demande à Signet de se conformer à sa propre politique responsable d’approvisionnement. Cette politique précise que l’entreprise “s’engage à avoir un approvisionnement responsable de ses produits et le respect des droits de la personne, et s’attend à une position identique de la part de ses fournisseurs du monde entier.” 

Mais Rio Tinto est notoirement connu pour enfreindre les droits du travail, des communautés et de l’environnement. Ses pratiques ont été récemment avérées dans le rapport intitulé L’autre vérité sur Rio Tinto :

Bien que l’organisation ‘Responsible Jewellery Council’ (RJC) ait certifié Rio Tinto, elle est malheureusement très entachée d’erreurs.  Elle n’est pas indépendante – elle est régie par l’industrie, elle exclut la main-d’œuvre, la société civile et les communautés sur lesquelles elle a un impact. Elle manque également de transparence – le public est dans l’impossibilité de savoir si une entreprise ayant la certification RJC respecte les propres conditions de certification de RJC, sans parler des droits internationaux relatifs aux personnes et aux normes de l’environnement.

Le secrétaire général de IndustriALL Global Union, Jyrki Raina, déclare: “Nous avons exprimé à de multiples occasions des inquiétudes avec Signet sur les pratiques de son fournisseur Rio Tinto qui sont mauvaises pour les travailleurs et travailleuses, les communautés et l’environnement. Jusqu’à présent, Signet est resté le plus souvent silencieux tandis que Rio Tinto répondait par des menaces. Nous continuerons d’exprimer nos inquiétudes jusqu’à ce que Rio Tinto change ses pratiques et se conduise comme l’entreprise responsable qu’elle affirme être.”

Des syndicalistes colombiens à Londres pour défier les multinationales du secteur des mines

La visite, le mois dernier, de Jairo Quiroz, Président de l’affilié d’IndustriALL Sintracarbon et de son Secrétaire à l’Éducation , Igor Diaz, entre dans le cadre d’un effort conjoint d’IndustriALL et du réseau LMN (London Mining Network) qui font campagne ensemble sur des thèmes d’intérêt commun autour des industries minières.

Le LMN est un groupement d’associations qui militent pour les droits de l’homme, le développement, l’environnement et la solidarité. Il vient en aide à des communautés locales qui, dans le monde entier, sont gravement affectées par l’exploitation minière, en particulier s’agissant des entreprises minières qui sont basées à Londres ou y sont financées.

Cette mission de prise de parole de la part de ces deux dirigeants comprenait des allocutions auprès d’institutions influentes, comme le Comité consultatif sur l’investissement éthique de l’Église d’Angleterre, le Congrès des Syndicats écossais et le Foreign and Commonwealth Office. Ils ont également participé à la réunion d’IndustriALL sur Bettercoal, une démarche commune à plusieurs fournisseurs d’énergie européens achetant du charbon à la Colombie et visant à fixer des normes et des audits sur la question. Les deux syndicalistes ont rencontré des ONG, dont la Colombia Solidarity Campaign, Global Justice Now, Justice for Colombia, et War on Want.

Le point d’orgue de la mission était d’assister à l’AG d’Anglo American le 24 avril et de s’adresser directement aux actionnaires. Le Président de Sintracarbon, Jairo Quiroz, y a pris la parole pour faire un plaidoyer très émouvant et persuasif en vue de mettre fin à la dérivation de la rivière à la mine du Cerrejón en Colombie. Cette mine est la propriété conjointe d’Anglo American, BHP Billiton et Glencore.

Quiroz a ainsi posé une requête non seulement dans l’intérêt du syndicat, mais aussi en faveur de l’environnement et de toute forme de vie potentiellement menacée par cette dérivation. Il a appelé au respect des droits des populations indigènes et a exhorté Anglo American à mettre en place des lieux de travail plus sûrs pour ses mineurs. Il a en outre critiqué l’entreprise pour son recours à la sous-traitance et appelé à l’élimination de ce phénomène au Cerrejón.

Alors que Jairo Quiroz est reparti en Colombie, Diaz, accompagné du Directeur des Mines et DGOJP d’IndustriALL, Glen Mpufane, a pris la route de Hanovre, en Allemagne, pour y être reçu par l’affilié d’IndustriALL IG BCE.

Après cette étape allemande de sa mission en Europe, Diaz est maintenant à Genève pour une série d’activités en lien avec Glencore. Son programme comprend une allocution à des parlementaires suisses sur les abus commis par Glencore en Colombie. De plus, il dénoncera les activités de Glencore au représentant de l’ACTRAV (OIT) et s’exprimera devant les Rapporteurs Spéciaux du Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU. Il a été appelé à participer également à un événement public sur la face cachée de Glencore en Colombie le 4 mai à Genève.

Igor Diaz a déclaré : “Avoir la possibilité, par le biais du travail et du soutien d’IndustriALL, d’accéder à des tribunes publiques où nous pouvons souligner les thématiques chères aux travailleurs est un élément très important pour notre lutte, en particulier si cela permet d’améliorer les conditions de travail et la vie sociale en Colombie.”

Rio Tinto mentirait-il sur le travail précaire ?

Au cours de l’AG, Kemal Özkan, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, a pris la parole pour dénoncer la politique d’externalisation de Rio Tinto. Les travailleurs précaires ont chez Rio Tinto moins de sécurité d’emploi, de moins bonnes conditions de travail et moins de protection sociale.

Il n’y a pas de réel bénéfice à tirer pour Rio Tinto de cette externalisation massive.  […] La raison d’être de ce modèle comprenant un recours massif à l’emploi précaire est d’affaiblir les syndicats.

M. Sam Walsh a soumis apparemment de fausses justifications au recours à l’externalisation et au travail précaire.

L’externalisation […] concerne un domaine dans lequel des tâches clairement spécifiques sont externalisées [par Rio Tinto] en raison d’une expertise particulière que l’un de nos fournisseurs ou sous-traitants fournit physiquement. Il peut s’agir de choses dont [Rio Tinto] a besoin de manière périodique plutôt de régulière. Et c’est la meilleure manière et la plus efficace de s’en fournir. Clairement, il y a des périodes au cours desquelles [Rio Tinto] a des surcroîts d’activités et ce sont pendant ces périodes que [Rio Tinto] a besoin de répondre aux fluctuations du marché […]. Mais je peux vous assurer que l’externalisation sert à donner ce type de flexibilité et que ce n’est pas une stratégie anti-syndicale. C’est davantage le fait pour l’entreprise d’admettre que dans notre domaine il existe des fonctions clés que [l’entreprise] doit fournir [elle-même] et d’autres que vous devez compléter par l’expertise de tiers.” (Sam Walsh, Assemblée générale des actionnaires de Rio Tinto plc, Londres, avril 2015)

Rio Tinto n’est pas transparent à propos du recours aux travailleurs précaires et ne révèle pas combien de personnes sont occupées sur les sites qu’il gère directement ; il rapporte uniquement les salariés directs. Cependant, une récente enquête menée par IndustriALL auprès de ses affiliés représentant les travailleurs de Rio Tinto sur des sites qui sont la propriété entière ou partielle de l’entreprise dans 14 pays, a enregistré des réponses qui offrent un contraste marqué avec les déclarations du PDG de Rio Tinto.

Les sous-traitants [chez IOC] ne sont pas des ouvriers spécialisés comme vous les aviez, ils remplacent nos membres de manière permanente. “ (Ron Thomas, Président des Métallos USW chez IOC Labrador répondant à Sam Walsh lors de l’AG de Rio Tinto à Londres)

Parmi les syndicats consultés lors de l’enquête, le pourcentage de salariés précaires sur les sites de Rio Tinto est estimé à pas moins de 70%. Les syndicats de Rio Tinto rapportent que l’entreprise multiplie le recours à des formes d’emploi précaire. Au cours des cinq à dix dernières années, le travail précaire en France est passé de 5 à 25% des effectifs. Le recours au travail précaire de Grasberg (Indonésie) a doublé.

Il y a clairement une stratégie visant à remplacer des pans importants des effectifs permanents par des travailleurs externalisés ou occasionnels. Chez Rössing (Namibie), après des licenciements en 2013 et 2014 combinés à de l’externalisation, des salariés ayant été licenciés sont maintenant repris sur base de contrats de six mois.

Dans les mines de Rio Tinto en Australie, le Syndicat de la Construction, de l’Exploitation forestière, des Mines et de l’Énergie (CFMEU) indique que Rio Tinto licencie des salariés permanents tout en continuant à employer des travailleurs occasionnels, remplace des travailleurs permanents par des sous-traitants occasionnels et a dans certains cas une politique ouvertement destinée à passer à une majorité de travailleurs externalisés.

En réponse aux déclarations de Kemal Özkan, Sam Walsh a indiqué que Rio Tinto est

une organisation qui a une conscience […], qui propose de bonnes conditions d’emploi […] et garde la santé et la sécurité en ligne de mire.

Pourtant, en recourant au travail précaire, Rio Tinto génère des inégalités parmi ses travailleurs. Chez Rio Tinto en Nouvelle-Zélande et à la fonderie Alma, les salariés précaires gagneraient 50% moins que les salariés directs. De plus, les travailleurs précaires ont généralement de moindres prestations sociales. Également, ces travailleurs sont exposés à davantage de risques en matière de santé et de sécurité.

Le combat contre le travail précaire est devenu une revendication centrale de la Campagne Rio Tinto d’IndustriALL. La dernière publication d’IndustriALL sur Rio Tinto, The way it really works (La façon dont ça fonctionne vraiment) décrit les conséquences de ce recours accru au travail précaire.

MENA: Les femmes créent leur réseau régional de IndustriALL

Les femmes de la région ont accompli de nombreuses réussites, mais elles n’ont pas été des championnes en matière syndicale. Toutefois, les associations de la société civile semblent être plus favorables à la participation des femmes.

Parmi les points importants de la réunion, citons les suivants:

En Tunisie, les femmes mènent des activités syndicales au détriment de la famille. En Iraq, les femmes disent avoir besoin de l’accord des parents pour participer à des activités syndicales, même si elles travaillent à l’usine avec des hommes.

Au Maroc, les deux tiers des 8.000 personnes qui travaillent dans le secteur du câblage électrique sont des femmes. Les femmes souffrent beaucoup, mais également pour des raisons de santé. Elles sont obligées de travailler très rapidement et sont sujettes à des lésions dues à des contraintes musculaires liées au stress ou attribuables à des efforts répétitifs, ce qui entraîne un risque d’accident.

On constate au Maroc des améliorations dans la législation et les règlements, mais il y a un fossé entre la législation et ce qui se passe sur le terrain. Certaines femmes ne sont pas payées, des lois ne sont pas appliquées dans l’industrie, les femmes enceintes ne peuvent pas prétendre à un emploi, le mariage et les enfants limitent le développement des carrières. “Les femmes accomplissent des tâches non payées, subissent une inégalité salariale et l’absence d’un équilibre entre le travail et la famille.” Les responsabilités familiales ont une incidence sur l’avenir des femmes. Les femmes qui travaillent dans le secteur informel sont les plus vulnérables. Il est fait peu de cas des questions liées aux femmes dans les négociations, et leurs besoins ne se retrouvent pas dans les actions et les revendications. Le harcèlement sexuel n’est pas pris sérieusement.

En Tunisie, les femmes occupent 85 pour cent des emplois dans l’industrie textile, et ce taux est en augmentation. Toutefois, l’hygiène et le manque de toilettes sont d’une grande gravité. Les questions doivent être traitées sur-le-champ. Les femmes devraient aspirer à des positions plus élevées, mais elles ne le cherchent pas du fait qu’elles subissent le carcan de leur vie quotidienne.

La participation des femmes en Égypte dans le secteur pétrolier est pratiquement nulle. Les hommes finissent par accorder plus de soutien, mais les femmes hésitent encore à participer.

Dans l’industrie textile de Jordanie, les femmes constituent 60 pour cent de la main-d’œuvre. Le congé de maternité est un fardeau pour l’employeur. Il est pris en charge maintenant par la sécurité sociale. Il y a beaucoup de langues et de barrières culturelles dans l’industrie textile en Jordanie car des gens de neuf nationalités y sont employés. La durée du travail est longue, entre 8 et 10 heures par jour. Les objectifs de productivité sont élevés et laissent peu de temps pour se rendre à la toilette. C’est pourquoi les Jordaniennes préfèrent rester à la maison ou rechercher un autre emploi. Le harcèlement sexuel est une raison de plus pour laquelle des femmes quittent ce travail, ou y consentent dans certains cas.

La violence contre les femmes a constitué un thème prioritaire. Il y a une multitude de types de violence au travail. Le harcèlement sexuel sévit dans le secteur du textile. Il est cependant difficile d’en apporter la preuve. En outre, les femmes travaillent loin de chez elles, et les transports ne sont pas sans risques. Les femmes ont besoin d’être accompagnées, alors que les hommes ne considèrent pas cela comme un problème.

Dans certains pays, les guerres et les conflits religieux limitent une participation des femmes.

Il faut que les femmes mettent à bas les cloisonnements, il faut qu’elles s’imposent,

affirme Hashmeya Muhsin.

Malgré les défis importants auxquels les femmes sont confrontées au travail et dans la vie syndicale, les bonnes pratiques dans la région montrent également jusqu’où les femmes sont allées. Le réseau des femmes de IndustriALL au Maroc a été présenté. Le réseau se réunit régulièrement, mène des activités, ainsi que des activités éducatives, ce qui permet aux femmes de différentes centrales syndicales nationales de travailler ensemble sur des questions-clés, et de promouvoir une participation des travailleuses aux activités syndicales.

Les participantes ont mis l’accent sur le fait que les femmes ont besoin d’une formation pour surmonter les barrières psychologiques, de connaissances sur les conventions de l’OIT, par exemple, et d’une formation pour améliorer leurs compétences, et également pour rendre compte.

Les femmes ont élaboré les objectifs suivants pour le réseau régional:

Monika Kemperle a conclu la réunion en faisant l’éloge du bon travail réalisé par les femmes:

IndustriALL accordera définitivement son soutien à ce réseau des femmes. Ces femmes sont un exemple et permettent à chacune de voir comment faire face aux défis et poursuivre la lutte.

Que faites-vous pour le Premier mai?

Le Premier mai a permis à des millions de travailleurs et travailleuses dans le monde à se rassembler dans leur combat pour de bonnes conditions de travail. 

Profitez de cette journée pour appuyer vos revendications et renforcer l’unité dans les rangs syndicaux. Dites à IndustriALL ce que vous allez faire cette année pour le Premier mai  – envoyez-nous vos photos ou vos vidéos pour que nous puissions les diffuser largement.
 

Mobilisation des travailleurs de Lafarge et Holcim pour la santé et la sécurité

Les travailleurs et travailleuses des deux multinationales ont mis à profit la Journée internationale de commémoration des travailleurs morts et blessés du 28 avril pour exprimer leur mécontentement par rapport à la santé et la sécurité professionnelles au sein de leurs entreprises.

Entre 2011 et 2014, environ 300 salariés ont été tués en effectuant leur travail pour Holcim ou Lafarge. Ce chiffre honteusement élevé a incité les travailleurs à dire aux directions des deux entreprises que les mesures prises actuellement pour répondre aux préoccupations en matière de santé et sécurité sont inadéquates.

Des mesures plus sérieuses et une plus grande implication des deux entreprises sont nécessaires avant et après la fusion de sorte à assurer le droit le plus fondamental de tous les travailleurs qui est de rentrer chez eux sains et saufs à la fin de leur journée de travail.

À l’usine Holcim d’Obourg en Belgique, les syndicats CSC BIE et CG FGTB ont décidé conjointement de boycotter la Journée de la Sécurité organisée par leur employeur et de mettre sur pied un arrêt de travail avec assemblée générale pour informer les travailleurs sur le mauvais bilan de l’entreprise en matière de santé et sécurité au plan mondial.

Aux Philippines, les travailleurs ont marqué la journée d’action contre Holcim et Lafarge en organisant une marche et un rassemblement devant les bureaux du gouvernement. L’action des syndicats philippins s’est clôturée hier par une intervention à la radio qui reprenait les différentes manifestations conduites par les syndicats sur ce sujet.

Au Liban, 350 travailleurs d’une usine Holcim ont observé une minute de silence à la mémoire de tous les travailleurs décédés alors qu’ils travaillaient pour l’entreprise.

Des actions, des séances d’information et des arrêts de travail ont également été organisés sur d’autres sites d’Holcim et de Lafarge en différents pays et régions du monde.

Le Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, Kemal Özkan, a déclaré : “Cette fusion, alors qu’elle ouvre de nouvelles perspectives pour les principaux actionnaires de l’entreprise, ne peut pas ignorer le sort de ceux qui par leur travail quotidien en font la richesse. Les droits fondamentaux des travailleurs doivent être respectés. Pas de fusion sans droits à la santé et la sécurité pour les travailleurs !”

Les syndicats népalais lancent un fonds de secours

La Fédération générale des Syndicats népalais (GEFONT) a constitué un fonds de secours pour aider les gens sur le terrain. C’est le séisme le plus grave à avoir touché le pays en 80 ans.

La GEFONT a passé la semaine à mobiliser pour sortir les victimes des gravats. Elle va utiliser les fonds en se concentrant sur l’aide immédiate à apporter aux innombrables femmes, hommes et enfants qui ont perdu leur foyer en leur fournissant un abri provisoire, des vêtements et de la nourriture.

La GEFONT portera ensuite son attention sur la reconstruction et l’hébergement en ayant recours à des ressources nationales et internationales pour venir en aide à ses membres, aux travailleurs et à la population en général.

IndustriALL, qui compte neuf affiliés au Népal, se joint à l’appel de la CSI de participer à un grand élan d’aide internationale. Le Secrétaire général Jyrki Raina a déclaré :

“Nos pensées vont aux familles des victimes et aux milliers de personnes qui ont perdu un être cher et qui luttent pour leur survie sans nourriture et sans toit. Nous saluons l’élan des syndicats pour aider le peuple du Népal et la solidarité internationale déjà déployée par de nombreuses organisations syndicales de l’étranger.” 

Les syndicats népalais ont annulé les célébrations du 1er Mai et vont tenir une veillée aux chandelles à la mémoire des milliers de personnes qui ont péri dans le tremblement de terre dévastateur qui a touché ce pays montagneux le 25 avril dernier.

Le Président de la GEFONT Bishnu Rimal a déclaré :

"Cette année, les syndicats népalais ne vont pas fêter le 1er Mai, nous allons veiller en l’honneur de nos chers disparus, pour le prompt rétablissement des personnes blessées et pour exprimer notre solidarité avec les familles des victimes. Nous allons également célébrer la mémoire de ceux qui ont été tués dans l’avalanche sur l’Everest.”

L’état du Trésorier de la GEFONT Gunaram Acharya est jugé sérieux. Il a été pris dans un glissement de terrain et a subi de graves blessures.

Faites un don à la GEFONT ici

MENA: Augmentons les effectifs syndicaux!

يلا ننظم أكتر

Plus de 80 participant(e)s ont assisté à la conférence MENA de IndustriALL organisée à Beyrouth, Liban, du 20 au 23 avril 2015, sur le thème "Renforcement de la puissance syndicale par la syndicalisation". Les délégué(e)s étaient venus d’Algérie, de Bahreïn, d’Égypte, d’Iraq, de Jordanie, de Kuwait, du Liban, de Libye, de Mauritanie, du Maroc, de Palestine, de Tunisie et du Yémen, auxquels s’étaient joints des représentant(e)s d’affiliés européens de France, d’Allemagne et d’Espagne.

Les quatre jours complets de la conférence ont permis de tenir diverses réunions sectorielles et intersectorielles, de réseaux et de femmes: réunion régionale IndustriALL de réseau des syndicats du textile, de l’habillement et du cuir du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord; réunion régionale du réseau des syndicats du pétrole et du gaz du MENA; réunion régionale des syndicats de l’automobile et des équipementiers du MENA; réunion régionale du MENA; réunion régionale du réseau des femmes du MENA.

Plusieurs syndicats de la région MENA ont eu des difficultés pour la syndicalisation et à se rendre sur de nouveaux sites de production en raison des conflits politiques, du terrorisme, de la détérioration des conditions de sécurité, de conflits armés dans certains pays et de l’absence de lois pour protéger le droit de se syndiquer.

En Égypte et en Iraq, les syndicats indépendants et libres continuent de se battre pour obtenir des pratiques de travail justes et une législation syndicale qui reconnaisse le droit de se syndiquer librement. L’apparition de DAESH dans différentes parties de la région accentue la misère quotidienne des travailleurs et travailleuses qui se trouvent dans l’impossibilité de se rendre à leur travail, et dans certains cas Daesh exerce un contrôle sur les sites de production.

Le gouvernement irakien transforme actuellement des entreprises publiques, plus de 70 au total, en un système de soi-disant autofinancement. Cela signifie que les salaires sont seulement versés quand l’entreprise réalise des bénéfices. De cette façon les salaires de milliers de travailleurs et travailleuses se trouvent bloqués pendant des mois.

Le gouvernement marocain hésite encore à la réponse à donner à la revendication des syndicats pour une amélioration du pouvoir d’achat de la population et des fonds de retraite, et à mettre fin aux infractions aux droits syndicaux. Les trois centrales nationales, Union Marocaine du Travail (UMT), Confédération Démocratique du Travail (CDT) et Fédération Démocratique du Travail (FDT) ont récemment annoncé que le mois de mai sera un mois de protestations et de condamnation dans tout le pays.

En Palestine, la souffrance des travailleurs et travailleuses dans les territoires occupés et les points de passage continuent d’être des questions importantes pour obtenir des conditions décentes de travail et l’augmentation des effectifs syndicaux.

À Kuwait, pays très dépendant des revenus pétroliers, le nouveau projet gouvernemental pour une "alternative stratégique" représente une menace directe à long terme sur les droits et les retraites des salariés dans le secteur du pétrole. La confédération des travailleurs des industries du pétrole et de la pétrochimie, affiliée à IndustriALL, reste fermement attachée à la défense des 30.000 salariés du secteur.

Les participant(e)s de Libye et du Yémen ont fait état des difficultés extrêmes des travailleurs et travailleuses et de leurs organisations, en raison des affrontements armés qui ont lieu dans ces deux pays, et demandent un règlement pacifique des conflits.

Les syndicats tunisiens ont joué un rôle-clé dans la transition de leur pays. Cependant, la révision du code du travail, la mise en application des résultats obtenus par le dialogue social entre l’UGTT, le gouvernement et l’organisation patronale, de même que l’amélioration des systèmes de santé et d’éducation, sont des problèmes courants pour les syndicats.   

La conférence a examiné les progrès réalisés dans le travail fourni par IndustriALL dans différents secteurs et plusieurs pays, ainsi que les perspectives d’avenir pour la création de syndicats libres plus puissants. Les participant(e)s ont partagé leurs propres expériences concernant les structures de leurs syndicats respectifs et les stratégies de syndicalisation visant à améliorer les stratégies et la coopération, dans le but d’obtenir un meilleur taux de syndicalisation à un niveau tant national que sectoriel.

Les femmes et les jeunes constituent une part importante de la société dans les pays du MENA. Conformément aux préoccupations des syndicats dans ces régions, la conférence a examiné en détail la façon de pouvoir donner plus d’autonomie aux femmes et aux jeunes dans les syndicats. Avec les affiliés des pays respectifs, les progrès de IndustriALL pour l’établissement de réseaux de femmes et de jeunes a donné lieu à des discussions intenses.

Étant donné le nombre d’entreprises multinationales (EMN) menant des activités dans la région, notamment dans les secteurs du pétrole et du gaz, de la confection et de la métallurgie, et les difficultés rencontrées par les travailleurs et travailleuses pour se syndiquer et assurer la défense de leurs droits dans les chaînes d’approvisionnement, la conférence a donné lieu à des discussions intenses sur la manière d’améliorer les tactiques de syndicalisation et de faire pression sur les EMN pour obtenir un dialogue social constructif. Des réussites obtenues en Tunisie, en Égypte, en Jordanie et au Maroc ont été soulignées. 

Dans le but de renforcer les mises en réseau et d’améliorer la coopération entre les syndicats des pays d’origine des EMN et ceux des chaînes d’approvisionnement dans la région MENA, les syndicats européens ont insisté sur l’intérêt des travailleurs et travailleuses des deux côtés. Les intervenants ont appelé l’attention sur des éléments-clés des activités de grandes entreprises européennes dans la région, ainsi que sur la coopération bilatérale en cours entre des syndicats en Europe et dans la région MENA. Des représentant(e)s de IG Metall, Allemagne; FTM-CGT, France; CCOO de industria, Espagne, et MCA-UGT, Espagne, ont signalé le potentiel de coopération et d’activités pour renforcer la présence syndicale. La syndicalisation a été planifiée pour les mois à venir.  

Le secrétaire général adjoint de IndustriALL, Kemal Özkan, souligne le soutien de l’organisation au renforcement des syndicats et son appui au programme de syndicalisation de ses affiliés:

Une telle participation sans précédent et les discussions passionnantes sont le reflet de l’engagement et de la prise de conscience de nos affiliés. Les syndicats, qui font preuve d’un tel enthousiasme et d’une bonne compréhension des défis rencontrés, défendront leurs droits et réussiront tôt ou tard à faire aboutir les revendications de leurs membres.

Les participant(e)s, qui ont décidé d’approfondir les discussions dans leurs pays d’origine et d’identifier des cibles potentielles de syndicalisation, ont adopté un slogan:

AUGMENTONS LES EFFECTIFS SYNDICAUX!! – !!  يلا ننظم أكتر 

Rana Plaza : un dernier effort pour combler le fossé dans les indemnisations

Le 24 avril 2013, plus de 1.100 travailleurs et travailleuses ont été tués et des milliers d’autres blessés dans le cadre de cet homicide industriel qui a ouvert les yeux du monde sur les conditions régnant au sein des usines de confection.

Deux ans après l’effondrement meurtrier du bâtiment, il manque toujours au fonds d’indemnisation du Rana Plaza 2,7 millions de dollars sur les 30 qui sont l’objectif.

Le Secrétaire général d’IndustriALL Jyrki Raina déclare :

“Refermons maintenant ce qui constitue l’un des chapitres les plus honteux de l’histoire de l’industrie de la confection et allons de l’avant. Le secteur, multi-milliardaire, en a les moyens. Nous en appelons à toutes les enseignes de premier plan pour mettre un terme à cette crise de financement.”

À l’occasion de la date anniversaire, des personnes ont manifesté en faveur d’un changement au niveau de l’industrie de la confection.

Les affiliés d’IndustriALL partout dans le monde ont organisé des actions de solidarité : dans les rues de Dacca, des enfants devenus orphelins il y a deux ans ont effectué un sit-in, le Conseil d’IndustriALL pour le Bangladesh (IBC) a formé une chaîne humaine suivie d’un rassemblement.

“Nous exhortons les acheteurs et les autres parties concernées à solder le reliquat des indemnisations et nous exigeons des lieux de travail sûrs,” ont martelé les dirigeant de l’IBC. 

Vers un salaire vital

Depuis la catastrophe, des progrès pour rendre les usines de confection bangladaises plus sûres ont été accomplis, par le biais de l’Accord du Bangladesh, juridiquement contraignant.

Cependant, au vu du retard pris au niveau du processus de remédiation et de l’approche de plus en plus anti-syndicale des propriétaires d’usines et du gouvernement, la lutte des travailleurs et travailleuses de la confection au Bangladesh n’est pas terminée.

Jyrki Raina soutient que les enseignes et les propriétaires d’usines doivent se ranger du côté de la solution, en collaborant avec IndustriALL.

“Des progrès importants ont été accomplis. Maintenant, ce qu’il faut à l’industrie de la confection sont des emplois durables avec des salaires vitaux, des conditions de travail sûres et un temps de travail raisonnable. Pour cela, il faut que des structures de négociation soient en place où les enseignes paieraient un peu plus pour permettre des salaires vitaux pour les millions de travailleurs et travailleuses de pays comme le Bangladesh, le Cambodge et le Myanmar.”