Mexique – importante victoire juridique des travailleurs de l’industrie automobile

Les salariés de l’entreprise Arneses y Accesorios de México, qui appartient à l’équipementier finlandais PKC, se battent depuis 2007 pour se syndiquer en constituant officiellement la section 307 du syndicat Los Mineros, et pour quitter le syndicat d’entreprise CTM dirigé par Tereso Medina

Sous le contrôle et la complicité du syndicat jaune CTM, la direction a réussi à payer des salaires de misère inférieurs à 100 pesos mexicains par jour (6 euros) à plus de 7.000 salariés, avec un temps de travail illégalement long de dix heures par jour avec pause de cinq minutes, et en portant atteinte aux congés et autres prestations, sans tenir compte des cas de harcèlement sexuel dénoncés par le personnel.

Après un long procès, continuellement bloqué et retardé par le dirigeant du CTM, Tereso Medina, le président de la commission spéciale 15 a rejeté, comme dénuées de fondement, les allégations des représentants du CTM qui affirmaient que ces quatre personnes avaient été licenciées pour "manquement au devoir". Le tribunal a reconnu que les quatre travailleurs/euses avaient été mis à pied en représailles par l’entreprise et le syndicat corrompu, dans le but d’intimider les salariés et les décourager à tenter d’exercer leur droit de se syndiquer, spécifié dans la convention 87 de l’OIT.

L’affilié de IndustriALL Global Union, le syndicat Los Mineros, dirigé par Napoleon Gómez Urrutia, et les juristes qui ont assuré la défense des travailleurs/euses de l’entreprise Arneses, ont joué un rôle majeur pour obtenir ce résultat. Mais ce sont surtout la résistance et le combat mené par plus de 7.000 salariés de l’entreprise qui ont permis d’assurer ce triomphe – qui mènera bientôt, nous l’espérons, à la réintégration des quatre travailleurs/euses mis à pied et à une élection syndicale libre.

Los Mineros a demandé la tenue d’une élection syndicale (recuento), pour donner aux salariés de l’entreprise Arneses y Accesorios de México le droit de déterminer à quel syndicat ils veulent adhérer. Cela permettrait de donner à Los Mineros un contrôle sur la convention collective, au nom des 7,000 salariés à Ciudad Acuña, affiliés à sa section 307.

Pour parvenir à ce résultat, il était important de bénéficier de la solidarité active des affiliés de IndustriALL, comme United Steelworkers au Canada et aux États-Unis, United Automobile Workers (UAW) aux États-Unis, ainsi qu’à la fédération finlandaise des métallurgistes.

IndustriALL s’est joint à Los Mineros pour célébrer cette victoire juridique pour Alejandro Ojeda Ramírez, Javier Díaz Gómez, Ana María Méndez Pacheco et María de la Paz Solano Calvillo.

Le secrétaire général de IndustriALL, Jyrki Raina, dit:

Nous applaudissons cette victoire juridique historique pour Los Mineros contre PKC au Mexique, et pour tous les salariés de Arneses qui continuent de se battre et de résister, malgré une pression constante et des mesures d’intimidation de l’entreprise et du syndicat CTM. Nous ne laisserons pas PKC fuir ses responsabilités, alors que nous avons maintenant obtenu cette décision des autorités mexicaines.

“Nous poursuivrons ensemble la lutte en exigeant la réintégration, dans les plus brefs délais, des personnes licenciées, ainsi que le paiement des arriérés salariaux depuis le jour de leur licenciement. Nous demandons que l’élection syndicale (recuento) se déroule dans les usines Arneses pour permettre aux salariés de choisir leur syndicat.”

Campagne Crown: “Refus d’un nouveau démantèlement syndical au Canada”

IndustriALL soutient fermement les 120 métallurgistes de Toronto en grève depuis 20 mois pour ne pas avoir accepté une demande de Crown Holdings, l’un des plus grands fabricants de boites et d’emballages métalliques au monde, portant sur de plus grandes concessions y compris une réduction salariale de 42 pour cent pour accomplir le même travail.

En 2012, l’entreprise avait doublé ses bénéfices et fait honneur à l’usine de Toronto par la remise du prix de la meilleure usine en Amérique du Nord.

Pour accentuer la pression sur les salariés qui avaient déjà subi de rudes épreuves au cours des 20 derniers mois, la direction de Crown dit maintenant que même si tous les membres du personnel acceptaient des réductions salariales jusqu’à 33 pour cent, la plupart ne retrouveraient pas leur emploi.

Kemal Özkan, secrétaire général adjoint de IndustriALL Global Union, dit:

Nous accordons notre soutien le plus ferme aux courageux sidérurgistes de Toronto. Nous les soutenons car cette grève aura des conséquences à long terme pour tout le monde au Canada. Ces travailleurs et travailleuses exercent leur droit fondamental de grève et ne peuvent pas être punis pour cela. Nous ne pouvons pas perdre cette bataille. Nous disons Non au démantèlement syndical!

Envoyez votre lettre à la Première ministre Kathleen Wynne et au ministre du Travail Kevin Flynn de l’Ontario, en leur demandant d’entreprendre une nouvelle action aux côtés des travailleurs et travailleuses, et de refuser un nouveau démantèlement syndical au Canada. L’action en ligne se trouve sur LabourStart

Action syndicale mondiale contre l’amiante

***MISE À JOUR: Le 14 mai 2015, trois pays se sont prononcés contre l’inscription de l’amiante chrysotile sur la liste des substances dangereuses à l’Annexe III de la Convention de Rotterdam: la Russie, le Kirghizstan et le Kazakhstan.***

Les syndicats australiens AMWU et CFMEU, affiliés à IndustriALL, avec Unite au Royaume-Uni, ont joint leurs forces à celles des groupes de victimes et à l’Internationale des travailleurs du bâtiment et du bois pour manifester devant l’immeuble des Nations unies.

La manifestation a eu lieu alors que les représentant(e)s des gouvernements de plus de 160 pays participaient à une conférence de l’ONU pour décider d’inscrire l’amiante chrysotile sur la liste des substances dangereuses couverte par la Convention de Rotterdam

“Ne vous fiez pas aux mensonges de l’industrie de l’amiante – tous les types d’amiante sont meurtriers,” a dit Brian Kohler, directeur de la santé et de la sécurité à IndustriALL, dans un puissant appel aux délégué(e)s.

L’inscription sur la liste couverte par la Convention signifierait que les pays qui importent de l’amiante chrysotile seraient informés qu’il s’agit d’une substance mortelle.

Cependant, il faut s’attendre à ce que des pays producteurs d’amiante, comme la Russie, le Brésil et la Chine, opposent leur veto à l’inscription sur la liste, tout comme l’Inde qui est un important importateur.

Prenant la parole à la conférence le 13 mai, le président national de l’AMWU, Andrew Dettmer, a dit:

La non inscription de l’amiante chrysotile sur la liste couverte par la Convention de Rotterdam serait un échec moral de grande ampleur.

La forte pression exercée par une campagne du lobby en faveur du chrysotile, financée par la Russie, vise à affirmer que l’amiante chrysotile est sans danger, malgré des preuves scientifiques irréfutables du contraire, position soutenue par l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

L’OMS estime à 300 millions le nombre de personnes exposées à l’amiante dans les pays où il est encore employé.  

Sharad Sawant, travailleur indien victime d’asbestose, venu à Genève avec l’aide des affiliés australiens, a fait une intervention prenante à la conférence, en donnant un témoignage de première main sur les dangers réels du chrysotile.

Il y a en Inde des milliers de personnes souffrant de maladies provoquées par l’amiante, pour lesquelles il n’y a pas de guérison possible.

IndustriALL mène durant deux semaines une campagne de publicité dans les transports publics à Genève pour rappeler aux participant(e)s à la conférence et au public que l’amiante continue d’être produit et porte la responsabilité de tuer au moins 100.000 personnes par an.

“Le mouvement syndical mondial a vu les données scientifiques, vu nos camarades morts et mourants, et c’est pourquoi nous exigeons une interdiction mondiale de l’amiante sous toutes ses formes,” dit Kohler.

IndustriALL donne la parole aux travailleurs au Comité de l’acier de l’OCDE

Les représentants de IndustriALL Global Union au Comité de l’acier de l’OCDE, Fernando Lopes, secrétaire général adjoint de IndustriALL et Rob Johnston, directeur industriel du syndicat Community au Royaume Uni, ont souligné qu’il est important de considérer l’impact de ces questions sur les travailleurs et travailleuses.

IndustriALL a attiré l’attention sur les développements enregistrés sur les lieux de travail dans l’industrie, en soulignant l’importance de donner la parole aux travailleurs/euses et à leurs syndicats sur le lieu de travail. Il y a une quantité de textes montrant l’avantage pour les entreprises de donner aux travailleurs/euses la possibilité de s’exprimer et de s’engager.

Rob Johnston dit:

De mauvais exemples comme la décision prise par Tata Steel au Royaume-Uni de mettre fin à son régime de retraite porte ombrage à toute l’entreprise. Cette décision nuit à ses valeurs internes et compromet sa prétention à être l’entreprise la plus socialement responsable dans le monde.

L’égalité continue d’être un problème important dans l’industrie sidérurgique. Les possibilités offertes aux femmes varient d’un employeur à l’autre, mais l’industrie pourrait faire mieux en ayant davantage de femmes à des postes de responsabilité. Les femmes ne doivent pas être insuffisamment employées sur le lieu de travail, ce qui n’est pas seulement injuste mais également déloyal, et constitue une perte pour l’entreprise.

Fernando conclut:

Une politique industrielle dynamique visant à promouvoir l’amélioration continuelle de l’infrastructure est indispensable pour accroître la consommation d’acier et soutenir la sécurité de l’emploi dans les entreprises.

Le Comité se compose de 25 pays membres de l’OCDE, plus des membres associés et autres gouvernements invités. Le Comité fournit une tribune aux gouvernements, aux producteurs et aux syndicats pour relever les défis qui se posent dans la sidérurgie et déterminer des solutions politiques visant à encourager la présence de marchés ouverts et transparents dans cette industrie.

Les syndicats de la chimie sont déterminants dans la défense et la promotion des droits des travailleurs

L’industrie de la chimie joue un rôle important dans l’économie mondiale, car elle apparaît à différents niveaux comme l’un des secteurs industriels les plus dynamiques et les plus innovants qui, en particulier, emploie des salariés hautement qualifiés. Tout ceci ne la rend pas pour autant imperméable aux différents problèmes et défis auxquels sont confrontés les travailleurs et leurs syndicats des autres secteurs.

En ouverture de la conférence, Michael Vassiliadis, Président tant de l’affilié allemand d’IndustriALL IG BCE (Syndicat des Mines, de la Chimie et de l’Énergie) que d’IndustriALL Europe, a déclaré :

Nous savons que dans certains pays et régions du monde il est toujours dangereux de se poser en défenseur des droits de l’homme et des droits syndicaux, que dans de nombreux pays, les bénéfices se font au détriment de la protection de la santé des personnes et de l’environnement. Cependant, je suis convaincu qu’ensemble et dans une grande solidarité nous allons continuer à progresser dans notre combat contre le travail des enfants et le travail forcé et conclure des conventions collectives qui garantissent des conditions décentes et protègent de toute discrimination”.

Jyrki Raina, Secrétaire général d’IndustriALL, a fait ce commentaire :

IndustriALL a été constituée en 2012 en tant que nouvelle force dans la solidarité internationale pour se mesurer au capital international. Depuis lors, chaque journée qui passe et une journée de campagne pour notre fédération syndicale internationale”.

Les participants ont échangé sur des options de politiques, s’agissant notamment de la durabilité et de ses effets sur l’emploi, des réseaux syndicaux, des accords cadres mondiaux en tant qu’instruments permettant de faire progresser la solidarité entre les travailleurs, du recrutement et des campagnes syndicales, des problèmes de baisse des effectifs syndicaux et de montée insidieuse de l’emploi précaire ou encore de santé et sécurité professionnelles.

À l’issue des deux journées de conférence, avec pour but de rencontrer les défis existants et de construire une plus forte unité et solidarité entre les travailleurs et travailleuses de la chimie, les participants ont adopté un programme d’action sur des objectifs stratégiques pour IndustriALL : construction d’une force syndicale partout dans le monde, confrontation du capital international, défense des droits des travailleurs, combat contre l’emploi précaire, pérennisation d’un emploi industriel durable.

Les participants ont élu à l’unanimité deux personnes à la coprésidence de la Section de l’Industrie de la Chimie, à savoir Iris Wolf, d’IG BCE, Allemagne, et Sergio Luiz Leite, Fequimfar-Força Sindical, Brésil.

En prélude à la Conférence mondiale de la Chimie, des réunions mondiales du Réseau international d’IndustriALL pour les syndicats du secteur pharmaceutique et des Délégués de BASF ont eu lieu pour débattre des actions à mener au cours de la période à venir.

L’excellente qualité des débats, l’engagement et l’esprit de solidarité ont marqué cette Conférence mondiale de la Chimie” a indiqué Kemal Özkan, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL.

Nos affiliés de la chimie ont mis sur pied un ambitieux Programme d’Action, qui servira de base réelle à la mise en place d’une force syndicale mondiale dans ce secteur crucial.

Des photos de la Conférence sont disponibles sur le compte Flickr d’IndustriALL.

Les enseignes ont la clé pour arriver à des salaires vitaux au Cambodge

Le processus actuel de fixation du salaire minimum au Cambodge a ses limites et il n’est pas parvenu à déboucher sur un salaire vital. La représentation au sein du conseil chargé de la fixation des salaires n’est pas équitable, les conclusions des études selon lesquelles le niveau d’un salaire vital est bien plus élevé que le salaire minimum actuel ne sont pas suivies d’effets et le gouvernement et les employeurs ont toujours peur que si le salaire minimum devait être exagérément revalorisé, les enseignes cesseraient de se fournir au Cambodge.

Les affiliés ont salué les démarches d’IndustriALL auprès des enseignes de stature mondiale dans le but de mettre en œuvre des négociations sectorielles pour les travailleurs et travailleuses de la confection.

La Directrice pour la Politique d’IndustriALL Jenny Holdcroft indique :

Les acheteurs du secteur doivent être amenés à débattre des salaires, prendre l’engagement de continuer à se fournir au Cambodge et faire usage de leur influence auprès des employeurs pour faire augmenter les salaires.

Un expert du domaine des salaires de l’OIT a donné des informations précieuses sur les mécanismes de fixation des salaires et la manière de s’en servir. L’importance d’augmentations régulières et constantes du salaire minimum avec des ajustements annuels et basées sur des analyses et un effort de consensus a été soulignée.

Des délégués syndicaux en provenance des Philippines ont partagé leur expérience du mécanisme de fixation du salaire minimum avec lequel ils travaillent et qui est construit sur base d’augmentations prévues par des conventions collectives. Ils ont indiqué comment ils utilisaient ces structures pour continuer à lutter pour l’obtention d’un salaire vital.

Les syndicats cambodgiens ont poursuivi le développement de leurs plans pour leur implication dans le processus de fixation du salaire minimum qui se déroulera en octobre, afin d’assurer une nouvelle hausse en 2016 qui aille dans le sens du salaire vital.

Les syndicats vont demander une étude de la part de l’OIT sur la fluctuation des salaires, ainsi qu’un soutien technique de sa part et s’en serviront comme base pour déterminer leur revendication commune auprès du gouvernement. Ils vont œuvrer en commun pour obtenir le soutien du gouvernement à leur position. Des actions seront nécessaires pour assurer que lorsque le salaire minimum augmente, ce soit le cas aussi pour la rémunération à la pièce, car ce ne l’a pas été jusqu’ici.

Les affiliés ont appelé au maintien de la solidarité entre eux durant le processus de fixation du salaire minimum et à la conservation d’une position unie. Des mesures seront prises pour rallier davantage de syndicats à la position commune.

Le besoin probable d’un soutien solidaire d’IndustriALL et des syndicats au plan international a été identifié, tout comme celui d’avoir l’engagement des enseignes qu’elles ne se retireront pas du Cambodge si son salaire minimum augmente.

La réunion s’est conclue sur le soutien entier exprimé par les affiliés cambodgiens à l’idée d’aller ensemble de l’avant dans le processus qu’IndustriALL a mis en place avec les enseignes de statures mondiales dans le but d’avoir des négociations sectorielles sur les salaires. L’étape suivante sera pour les syndicats de formuler leurs propositions pour un plan national d’action de mise en œuvre au Cambodge, à discuter avec les enseignes et leurs fournisseurs.

Les syndicats envoient un message fort aux actionnaires de Glencore

La délégation internationale de IndustriALL s’est retrouvée devant la salle de réunion à Zug, pour distribuer des tracts relatant aux actionnaires les nombreuses infractions de Glencore aux droits des travailleurs et travailleuses dans le monde, juste avant le début de la séance, puis la délégation est entrée à l’assemblée générale pour délivrer son message.

Les questions syndicales ont dominé la réunion car il était impossible pour l’entreprise de continuer de les négliger. Certains actionnaires, qui ignoraient les infractions, ont quitté la salle, scandalisés par la conduite de Glencore.

“Le directeur général, lui-même, considérait comme légitimes les questions soulevées, et il s’est engagé à aller parler aux gens sur le terrain. Ces questions devront être résolues d’une façon ou d’une autre,” dit Glen Mpufane, directeur de l’exploitation minière à IndustriALL.

“La réponse obtenue après mon intervention sur les infractions aux droits des travailleurs et travailleuses en Colombie n’était pas acceptable, l’entreprise estimant que les salariés sont libres d’adhérer à un syndicat, alors qu’en réalité, ils font face à de l’intimidation,” dit Igor Diaz, responsable de l’éducation chez Sintracarbon et coordonnateur du réseau Glencore. 

Rey Herrera, vice-président de la section 235A de l’USW a incité l’entreprise à mettre fin immédiatement au lock-out dans leurs installations Shermin Alumina au Texas, et de remettre le personnel au travail tout en poursuivant la négociation pour obtenir un contrat juste et équitable.

“Ils ont dit qu’ils feraient un effort pour parler avec nous, mais ce qu’ils disent et ce qu’ils font sont deux choses différentes,” dit Herrera.

“J’ai assisté à beaucoup d’assemblées générales et je dois dire que nous avons réussi à parler de toutes les questions qui nous concernent. J’ai eu le plaisir d’un entretien tête à tête avec le directeur général de Glencore, Yvan Glasenberg, pour examiner les questions qui se posent aux États-Unis, en Colombie, en Afrique du Sud et en Australie, et l’on peut seulement espérer que les services de direction en tiendront compte,” dit Wayne McAndrew, vice-président national des mines et de l’énergie du CFMEU.

La délégation internationale était composée d’affiliés de IndustriALL, United Steelworkers (USW), syndicat national des mineurs (NUM), syndicat de la construction, de la foresterie, des mines et de l’énergie (CFMEU), et SintraCarbon, qui ont passé toute la semaine à organiser des évènements de solidarité et des réunions avec des dirigeant(e)s politiques et des défenseurs des droits de la personne en Suisse.

Au cours de la période de préparation de l’assemblée générale, l’objectif visait à exposer le comportement de Glencore et montrer que les pratiques de l’entreprise étaient très différentes de sa rhétorique.

Glen Mpufane dit:

Glencore assure respecter les communautés, la négociation collective et le droit des salariés à adhérer librement au syndicat de leur choix, mais les témoignages des affiliés recueillis par IndustriALL montrent que dans plus de 14 pays, on assiste à une brutalité et un manque de respect systématiques des droits des travailleurs et travailleuses dans toutes les activités de l’entreprise.

Une conférence publique sur une initiative de responsabilité sociale d’entreprise pour les entreprises multinationales suisses (EMN) a eu lieu le 4 mai dans laquelle on a pu entendre des récits déchirants d’attaques brutales de Glencore contre les travailleurs et travailleuses et leurs communautés au Texas, en Colombie, en Afrique du Sud et en Australie.

Le 5 mai, la délégation a eu un entretien avec la division Actrav de l’Organisation internationale du Travail (OIT) où elle a pu défendre son point de vue et explorer des solutions de l’OIT.

La mission de la délégation s’est trouvée renforcée par l’invitation de s’adresser aux membres du Parlement fédéral à Berne le 6 mai. La réunion a confirmé le besoin urgent et approprié de l’initiative suisse sur les EMN suisses. Un protocole d’engagement, de consultation et de communication avec IndustriALL a été approuvé.

Les syndicats sri-lankais obtiennent ensemble une importante hausse salariale

Le nouveau gouvernement sri-lankais a accepté de revaloriser les salaires du secteur privé d’environ US$18, ce qui équivaut à une augmentation de 15 à 35%. Ceci fixe le salaire minimum pour le secteur privé à US$74 par mois.

Dans le même temps, les salariés du secteur public ont vu leurs salaires augmentés de US$74, ce qui donne un salaire minimum d’environ US$223, en tenant compte d’allocations et autres gratifications.

Le Conseil des Affiliés d’IndustriALL du Sri Lanka se bat depuis des années pour l’augmentation du salaire minimum dans le secteur privé et a joué un rôle majeur dans ce récent succès.

À propos de cette augmentation des salaires, Leslie Devendra, du Conseil des Affiliés d’IndustriALL du Sri Lanka et Président du plus grand syndicat du pays, le SLNSS, nous dit :

Cette augmentation est une étape bienvenue en vue de réduire l’immense fossé entre les salariés du secteur privé et ceux du secteur public, mais il reste encore du travail.

Drummond acquitté en dépit d’accidents et de menaces

Ce jugement met fin à six années de bataille juridique au cours desquelles les dirigeants de Drummond ont été accusé d’avoir participé au financement du groupe paramilitaire Autodefensas Unidas de Colombia (AUC). La Cour d’Appel fédérale de la région d’Atlanta, aux États-Unis, a jugé que les preuves contre Drummond étaient insuffisantes, une décision qui suscite la colère des travailleurs de l’entreprise.

Les syndicats Sintramienergética, Funtraenergética et les familles des syndicalistes assassinés ont été les premiers à porter l’affaire en justice. Ils ont accusé Drummond d’entretenir des liens avec les groupes paramilitaires depuis 1985. Selon Francisco Ramirez Cuellar, un leader syndicaliste du secteur des mines, des paramilitaires, des travailleurs, des sous-traitants et un ancien chef de la sécurité de Drummond lui ont tous affirmé que l’entreprise avait “financé la création d’un Front Paramilitaire de 200 hommes dès 1886 et lui avait donné trois millions de dollars”.

“L’innocence d’une organisation criminelle”

La décision d’acquitter Durmmond a choqué les travailleurs de l’entreprise, qui sont dans une situation difficile. Deux salariés ont été récemment tués dans un accident de travail à Magdalena. L’entreprise est aussi responsable de pollutions à répétition. En réaction à ces graves infractions, le Mouvement national des Victimes des Multinationales (MNVC) a déclaré : “Nous sommes choqués d’entendre que le porte-parole de l’entreprise est suffisamment cynique que pour venir prétendre que cette organisation criminelle est innocente”.

La cour a également statué qu’il n’y avait pas suffisamment de preuves pour démontrer que les dirigeants de Drummond étaient responsables d’un “supposé plan conçu par l’entreprise ayant mené à l’assassinat par l’AUC de civils demeurant à proximité des installations minières et ferroviaires”. Ramirez Cuellar a expliqué que Jim Adkins, chef de la sécurité pour Drummond jusqu’en 2001, et la direction de l’entreprise avait fomenté un plan pour créer “un groupe paramilitaire afin de « garantir » la sécurité dans la zone d’exploitation minière et autour de la voie ferrée qui sert au transport du charbon”.

Les travailleurs et leurs familles avaient décidé d’essayer d’obtenir justice de ces crimes devant des tribunaux en Europe, en Indonésie et en Amérique du Sud. Ils ont également décidé d’appeler à la nationalisation des mines de Drummond et Prodeco (Glencore) et de réclamer des indemnités pour les salariés ainsi que les travailleurs malades et licenciés et leurs familles auprès des deux entreprises.

IndustriALL condamne les perpétuelles violations de droits de l’homme en Colombie et appelle à des actions immédiates pour dissoudre les groupes paramilitaires, conformément aux recommandations répétées des Nations Unies. 

Le Premier mai dans le monde

À Dacca, Bangladesh, Amirul Haque Amin, président de l’affilié de IndustriALL, la fédération nationale des travailleuses de la confection (NGWF), a exhorté les travailleuses et travailleurs de la confection de créer un mouvement unifié pour assurer que les tragédies du Rana Plaza et de Tazreen ne se reproduiront pas.

Le personnel de IndustriALL a défilé à Genève pour obtenir l’interdiction de l’amiante. Toutes les cinq minutes, quelqu’un meurt dans le monde de maladies provoquées par l’amiante, et pourtant la quantité énorme de 2 millions de tonnes d’amiante est produite chaque année. 

IndustriALL a également demandé à Holcim et Lafarge de respecter les droits des travailleurs et travailleuses dans le processus de fusion en cours.

Le Conseil du Pakistan de IndustriALL a marché par solidarité devant le club de la Presse à Karachi.

Plus de 500 travailleuses et travailleurs de la confection au Pakistan ont participé à une conférence du travail organisée par les travailleurs du textile, de l’habillement et du cuir du Pakistan (PTGLW), pour examiner, entre autres, les questions relatives au travail sous contrat, aux salaires, et à la santé et la sécurité.

Au Guatemala, les manifestant(e)s ont exigé le respect des droits des travailleurs et travailleuses et de la personne, ainsi que la liberté syndicale.

En Australie, le CFMEU, affilié à IndustriALL, a manifesté en force sous le slogan Touch one, touch all! (Un seul touché, cela nous concerne tous!).

Au rassemblement du Premier mai à Chattisgarh, Inde, organisé par INTUC et INMF, les orateurs ont exhorté le gouvernement à ne pas prendre de mesures contre la liberté syndicale, le droit à la négociation collective et le droit de grève.

Le secrétaire général de IndustriALL, Jyrki Raina, dit:

Le Premier mai est un jour de célébration du combat en faveur des droits des travailleurs et travailleuses. C’est un jour qui permet de montrer au monde que les travailleurs et travailleuses sont là pour défendre leurs droits. La vue de toutes les actions formidables entreprises par les affiliés de IndustriALL dans le monde montre précisément – que les syndicats ne disparaîtront pas!

Cependant, le Premier mai n’est pas nécessairement une célébration pacifique des droits des travailleurs et travailleuses partout dans le monde, comme le montre cet article de Equal Times.

En Turquie, la police a tiré des balles recouvertes de caoutchouc sur des manifestants, et à Bahreïn, les autorités ont interdit le rassemblement annuel du Premier mai.