Le changement climatique est l’affaire des syndicats

La justice climatique exigera un engagement des gouvernements pour des politiques industrielles viables et de solides programmes sociaux. Le mouvement syndical fera pression sur les responsables nationaux pour qu’ils définissent une politique climatique mondiale juste, ambitieuse et contraignante, dans l’intérêt du public. Il s’agit d’empêcher une catastrophe climatique, mais aussi de transformer des millions d’emplois pour les rendre respectueux de l’environnement, et de créer des millions de nouveaux emplois viables tout en assurant une gestion juste durant la période de transition.

Les gouvernements examinent les premières ébauches d’un accord sur le climat destiné à être adopté en décembre à la 21ème Conférence des Parties à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (COP 21). Il est crucial de nous engager sur la voie qui nous mènera à la décarbonisation de l’économie en 2015 pour limiter l’augmentation du réchauffement dans le monde à 2º centigrade par rapport aux niveaux préindustriels.

En travaillant étroitement avec la CSI, les affiliés de IndustriALL demandent d’appuyer de tout leur poids une semaine d’action durant la première semaine de juin, et faire pression sur les gouvernements pour qu’ils prennent l’engagement d’un accord à Paris à la COP 21.

Lors d’une réunion organisée récemment, les 19 et 21 mai à Stockholm, Suède, les membres du comité exécutif de IndustriALL Global Union ont réaffirmé l’engagement de IndustriALL de se battre pour une justice climatique.

Le secrétaire général de IndustriALL, Jyrki Raina, dit:

Le changement climatique menace tout ce qui compte pour le mouvement syndical: l’honnêteté, la justice sociale, le travail décent. La science est sans équivoque. Le besoin d’une action pour limiter le dérèglement climatique – il ne s’agit plus d’empêcher, mais de limiter – est clair et urgent.

Jyrki Raina rend compte de la réunion du Comité exécutif à Stockholm

IndustriALL soutient les sidérurgistes britanniques

Les affiliés de IndustriALL, Community The Union, Unite et GMB sondent actuellement leurs membres chez Tata Steel UK sur la possibilité d’une action revendicative après le refus de la direction d’ouvrir des négociations sur le projet de suppression du régime de retraite de British Steel.

Cela signifie que les salariés perdraient en moyenne 25 pour cent de leur retraite à moins qu’ils ne travaillent jusqu’à 65 ans et non 60 ans comme prévu.

Dans le cas où les membres approuveraient une action revendicative, ce serait la première grève nationale de la sidérurgie au Royaume-Uni depuis 30 ans.

En proposant la résolution, Rob Johnston de Community, membre du Comité exécutif, a dit:

“Tata Steel s’enorgueillit d’être l’une des entreprises les plus éthiques dans le monde. Cependant, elle a commencé à amoindrir ses propres valeurs et à s’en écarter… Tata refuse tout dialogue.”

Rob Middlemas, membre de Community, a travaillé 39 ans à l’aciérie Skinningrove de Tata au nord-est de l’Angleterre, qui appartenait auparavant à Corus et British Steel.  Il a dit au Comité exécutif:

“Nous avons proposé une solution financière pour venir à bout du déficit, mais ils ont décidé de ne pas accepter cette proposition. Ils nous ont laissé sans autre option que de demander à nos membres leur opinion sur une action revendicative. Si nous reculons et les laissons libres de se saisir de notre plus grand atout dans nos clauses et conditions, où cela s’arrêtera-t-il?

Middlemas a ajouté que les sidérurgistes travaillent longuement et durement en équipes postées de 12 heures:

“Auparavant, mes collègues avaient le droit de prendre leur retraite à 60 ans dans la sidérurgie, une industrie qui occupe comme on le sait une main-d’œuvre nombreuse.

“Je devrai travailler plus de cinquante ans dans l’industrie avant d’avoir une retraite pleine, sinon je perdrai 30 pour cent si je la prends à 60 ans. Nous avons suivi la recommandation du gouvernement et payé pour bénéficier du régime de retraite.”

Tata Steel prévoit de mettre fin l’année prochaine en avril au régime de retraite actuellement en vigueur.

La résolution, qui est une composante de la stratégie visant à ramener Tata à la table de négociation, a reçu l’approbation des sidérurgistes en Inde et aux États-Unis.

Dans un communiqué séparé, Paul Reuter responsable national pour l’acier du syndicat Unite a déclaré:

"Après cinq mois de négociations intenses où les syndicats ont proposé à l’entreprise des économies de 850 millions de GBP, Tata Steel UK a décidé qu’il serait idéologiquement faux pour des salariés qui ont travaillé durement dans des conditions extrêmement stressantes et un environnement physiquement exigeant, de pouvoir prendre leur retraite avec les pensions qui leur avaient été promises à l’origine."

Au début de ce mois, IndustriALL a évoqué la situation difficile des sidérurgistes britanniques à une réunion du Comité de l’acier de l’OCDE à Paris.

IndustriALL envisage également de se servir des réunions de son réseau pour rassembler les syndicats dans le monde et soutenir les sidérurgistes.

Deuxième anniversaire de l’Accord

En mai 2013, IndustriALL, Uni ainsi que des enseignes de la confection de stature mondiale signaient un accord sans précédent visant à rendre sûres les usines du secteur au Bangladesh, après la tragédie de Rana Plaza.

Avec plus de 200 entreprises signataires et 1.500 usines couvertes, l’Accord est engagé dans un effort de grande envergure visant à identifier et résoudre tous les risques majeurs de sécurité au sein de ces entreprises.

L’Accord a agit immédiatement lorsque les inspections ont décelé des problèmes qui mettaient en danger imminent la vie des travailleurs et travailleuses. Sur tous les sites, les signataire et les usines conçoivent et mettent en œuvre des Plans d’Action Corrective pour remédier à tous les risques pour la sécurité ayant été identifiés.

La tâche gigantesque qui consiste à résoudre effectivement les problèmes de sécurité au sein de toutes les usines inspectées et de mettre sur pied des commissions paritaires de sécurité efficaces entre les travailleurs et les directions au niveau de toutes les usines qui fournissent aux signataires de l’Accord est maintenant en cours.

Brad Loewen, Inspecteur à la Sécurité en Chef de l’Accord indique :

“Remédier à tous ces dangers représente une quantité de travail énorme pour l’industrie du prêt-à-porter, mais le travail de remédiation dans les usines inspectées est en cours. On constate de bons progrès en particulier en matière d’électricité, ce qui est positif sachant que la plupart des incendies dans les usines ont pour origine des défaillances électriques. Nous avons donc permis d’éviter des incendies dans des usines couvertes par l’Accord.

“Nous sommes heureux de pouvoir également rapporter que nous avons contrôlé les premières usines où tous les problèmes qui touchaient à la sécurité incendie, à la sécurité électrique, ainsi qu’à la structure ont été l’objet d’actions correctives complètes à la suite des premières inspections.”

Les premières inspections de l’Accord ont suscité l’urgence d’améliorer la sécurité au travail au niveau de l’industrie du prêt-à-porter au Bangladesh.

Rob Wayss, Directeur exécutif de l’Accord, précise :

“Identifier les problèmes et mettre au point des solutions pour y remédier est la première étape. Au cours des trois années que l’Accord a encore devant lui, nous allons œuvrer avec les signataires et les fournisseurs pour arriver au bout de la remédiation au sein de toutes les usines et nous assurer qu’une Commission de Santé et Sécurité capable de maintenir et de contrôler les questions de sécurité au jour le jour est en place dans toute usine reprise dans l’Accord.

“Ceci nécessite un effort concerté de la part des usines avec le soutien des entreprises signataires de l’Accord et les collègues des syndicats parties à l’Accord. L’équipe au service de l’Accord est sur le pied de guerre pour apporter son soutien à toutes les parties si nous devions nous heurter à des obstacles en chemin.”

Le Secrétaire général d’IndustriALL Jyrki Raina, a été l’un des architectes de l’Accord ; il déclare :

Au bout de deux ans, l’Accord a engrangé d’importants progrès pour rendre les usines plus sûres. Mais si l’industrie de la confection du Bangladesh doit devenir réellement durable, nous devons également y compter des syndicats qui ne soient pas constamment sous le feu des attaques. IndustriALL poursuit sans relâche son but qui est de syndiquer l’industrie de la confection au Bangladesh et de se battre pour que l’ensemble des travailleurs et travailleuses de la confection ait un salaire vital.

Swaziland : la centrale syndicale enfin reconnue

Lorsque les deux plus importantes centrales syndicales, la Fédération des Syndicats du Swaziland et la Fédération du Travail du Swaziland ainsi que l’Association nationale des Enseignants du Swaziland se sont réunies pour former le TUCOSWA, la fusion a été largement saluée.

Cependant, quelque temps à peine après le congrès de fondation en mars 2012, le TUCOSWA a été informé que la reconnaissance qu’il avait obtenue était nulle et non-avenue parce que la législation du travail ne prévoyait pas l’existence de fédérations. En conséquence, les deux plus grandes fédérations patronales ont également perdu leur reconnaissance.

À l’origine, l’accusation portée par certains responsables du gouvernement était que la nouvelle fédération avait des aspirations politiques, après que le congrès du TUCOSWA a décidé que boycotter les élections législatives à venir si les partis politiques restaient interdits dans le pays. La pression a ensuite monté pour que le TUCOSWA soit reconnu. Lors de la Conférence internationale du Travail (CIT) de l’OIT en 2014, le gouvernement du Swaziland a balayé les accusations de répression centrées sur la question en suspens de la reconnaissance du TUCOSWA qui constituait, de fait, une interdiction de la centrale syndicale.

La date limite du 15 mai 2014 a été dépassé en ce qui concerne les critères à rencontrer pour que le Swaziland continue à bénéficier de clauses commerciales préférentielles avec les États-Unis en vertu de l’AGOA (Loi sur la croissance et les opportunités en Afrique). L’un des cinq critères prévoyait “l’adoption définitive de l’amendement de la Loi sur les relations professionnelles permettant l’enregistrement des fédérations syndicales et patronales.” Ainsi, peu de temps après la CIT, les États-Unis ont annoncé le retrait de l’accès pour le Swaziland aux dispositions de l’AGOA à dater du 1er janvier 2015.

La situation s’est dégradée lorsqu’en 2014 les préoccupations internationales au sujet de la liberté d’expression et d’association et de l’état de droit au Swaziland ont atteint un sommet avec la condamnation de l’avocat spécialiste des droits de l’homme Thulani Maseko et du journaliste Bheki Makhubu à deux ans de prison pour outrage à magistrat à l’issue d’un procès interminable.

Mais la pression a été maintenue en 2015 après que plusieurs milliers d’emploi ont été perdus à la suite du retrait de l’éligibilité à l’AGOA et le soutien croissant aux campagnes visant à la libération de Maseko et Makhubu. Fin mars 2015, le Rapporteur spécial sur la liberté d’expression et l’accès à l’information en Afrique et le Rapporteur spécial sur les défenseurs des droits de l’homme en Afrique ont demandé la libération immédiate et inconditionnelle de Maseko et Makhubu.

L’enregistrement a été accordé sans tambour ni trompette avant la CIT de 2015. Cependant, ceci arrive peut-être trop tard parce que l’attention est passée de la levée de l’interdiction du TUCOSWA à la question de l’emprisonnement de Maseko et Makhubu, qui a elle-même mis en lumière la détresse d’autres prisonniers politiques retenus dans les geôles du Swaziland.

Le 21 mai 2015, le Parlement européen doit débattre sur les cas de violations de droits de l’homme, de la démocratie et de l’état de droit s’agissant de Maseko et Makhubu et une motion de résolution sur le Swaziland a été déposée.

On espère que cette large condamnation internationale aboutira en fin de compte à une condamnation de la part des gouvernements africains ainsi qu’à des actes concrets pour obliger le Swaziland à se conformer aux normes internationales en matière de droits de l’homme et de droits syndicaux.

Le Secrétaire général de l’ATUSWA, Wander Mkhonza indique que si l’enregistrement de la fédération est une victoire qui se doit d’être célébrée, ce n’est qu’un début :

Je crois que ce que nous avons réussi à faire c’est, en fonction des circonstances, de rester présents dans l’esprit de la population en général et des travailleurs en particulier. Notre tâche immédiate et de regagner la confiance des travailleurs et travailleuses.

Dialogue nécessaire pour sauver des emplois dans le polissage des diamants au Botswana

Deux entreprises, Teemane Manufacturing Company et Diamond Manufacturing Botswana, sont sur le point d’arrêter leurs activités avec la perte de 300 emplois. Ceci fait suite aux récents licenciements dans deux autres entreprises, Leo Schachter et Eorostar Botswana.

Ces entreprises sont présentes au Botswana depuis des années, mais elles disent maintenant être incapables de faire face à la concurrence de la taille et du polissage des diamants à bas coûts pratiqués en Asie. L’une des préoccupations principales du BDWU est que les entreprises du secteur au Botswana sont obligées de se fournir uniquement chez DeBeers pour conserver leurs licences, ce qui signifie que DeBeers peut fixer les prix. Comme la plupart de ces entreprises ont des activités dans d’autre régions du monde, elles peuvent aisément transférer leur production lorsque les coûts d’approvisionnement au Botswana excèdent ce qu’elles peuvent trouver ailleurs.

Le BDWU fait pression sur le gouvernement pour qu’il mette sur pied un conseil de négociation sectorielle. Il a jusqu’ici refusé et il y a un manque de soutien de la part des employeurs.

Le BDWU indique dans un communiqué de presse que le gouvernement est à la fois un régulateur et un négociant : “Le gouvernement possède des intérêts importants dans l’industrie de l’extraction des diamants, par le biais de leur tri et valorisation. En vertu de son implication dans le secteur, le gouvernement est gravement limité dans son rôle de régulateur.

Le BDWU se dit exclu des discussions entre employeurs et gouvernement et n’être informé qu’une fois que les décisions de licenciement ont été prises. Le syndicat appelle à la mise en place d’un forum de dialogue social pour le secteur.

“Un tas de problèmes auraient pu être évités si les partenaires du secteur avaient été ouverts au dialogue social et avaient partagé les informations importantes relatives au secteur, » indique le BDWU.

Le gouvernement aurait dû depuis longtemps jouer un rôle directeur dans ce cadre en créant un forum au sein duquel les syndicats, les entreprises et le gouvernement puissent se réunir pour faire face aux problématiques du secteur.

Les syndicats veulent également que le gouvernement du Botswana développe une politique d’émancipation des entrepreneurs locaux du secteur du diamant avec l’espoir qu’une telle participation locale puisse engendrer une plus grande implication dans la durabilité du secteur que celle des compagnies multinationales.

72 morts dans l’incendie d’une fabrique de chaussures des Philippines

Au moment où l’incendie s’est déclaré, les travailleurs/euses d’un atelier de sandales en  caoutchouc se sont trouvés bloqués au deuxième étage car des barreaux aux fenêtres les empêchaient de s’échapper. Il n’y avait pas de sorties de secours et le personnel n’avait pas reçu de véritable formation pour lutter contre un incendie.

72 travailleurs et travailleuses ont trouvé la mort, et le nombre de victimes pourrait encore s’alourdir car des corps restent encore au deuxième étage de la fabrique détruite par l’incendie.

L’incendie pourrait avoir été provoqué par des travaux de soudure menés à proximité de produits chimiques inflammables.

L’entreprise Kentex Manufacturing Inc. fabrique des sandales de plage en caoutchouc destinées au marché intérieur, et emploie environ 300 personnes. Selon des rapports, l’entreprise engage sa main-d’œuvre auprès d’un sous-traitant véreux, CJC Manpower Services, une agence qui n’est pas enregistrée au ministère du Travail. Sur plus de 300 personnes travaillant dans la fabrique, seules 54 sont employées régulièrement.

Outre l’absence de conformité aux normes de sécurité et de santé, notamment un manque de prévention contre l’incendie, un rapport initial du ministère du Travail a trouvé que l’entreprise payait les travailleurs et travailleuses moins que le salaire minimum obligatoire, de même que le refus de contribuer aux pensions de retraite, aux prestations de maladie et autres formes de sécurité sociale.

Les affiliés de IndustriALL Global Union aux Philippines coordonnent avec le ministère du Travail l’enquête menée sur l’incendie.

La secrétaire régionale de IndustriALL pour la région Asie-Pacifique, Annie Adviento, dit:

Les responsables de cet incendie et les personnes qui n’ont pas appliqué les règles prescrites devront rendre des comptes. Nous devons nous assurer qu’il n’y aura plus jamais de tragédies que les travailleurs et travailleuses devront payer de leurs vies.

Les plans pour la Conférence Mondiale des Femmes dévoilés

Environ 250 participant(e)s représentant des affiliés d’IndustriALL de 140 pays devraient prendre part à la Conférence qui se tiendra dans la capitale autrichienne, Vienne, du 14 au 16 septembre.

Sous les auspices de son affilié autrichien PRO-GE, IndustriALL espère pouvoir donner l’opportunité à autant de femmes syndicalistes que possible d’assister à cette conférence, qui sera également retransmise en direct sur internet par diffusion vidéo en continu pour celles et ceux qui ne pourront pas se déplacer.

Les principaux points à l’ordre du jour seront la santé et la sécurité, la violence faite aux femmes, la protection de la maternité, la durabilité par la construction syndicale et la représentation des femmes.

Le Secrétaire général d’IndustriALL, Jyrki Raina, a saisi l’opportunité de la réunion du comité à Stockholm pour souligner son soutien au principe d’un quota pour les femmes :

“Je veux voir 40% de femmes à tous les niveaux de responsabilité d’IndustriALL,” a-t-il dit, ajoutant qu’il dirigera la manœuvre en vue de l’adoption de ce quota lors du Congrès d’IndustriALL qui se tiendra au Brésil en octobre 2016.

Jyrki Raina a aussi rappelé aux participant(e)s le travail qu’IndustriALL mène en permanence pour l’émancipation des femmes syndicalistes partout dans le monde.

Il a ajouté que les coprésidences des sections d’industrie d’IndustriALL étaient déjà partagées à 50-50 par des hommes et des femmes.

Un projet de résolution sur le quota a été présenté à la réunion pour considération en vue de la conférence mondiale de septembre. La résolution sera ensuite proposée au Congrès en 2016.

Monika Kemperle, Secrétaire générale adjointe d’IndustriALL, a déclaré :

“La résolution est l’expression de ce que nous voulons réaliser. Les étapes suivantes consisteront à voir comment atteindre ces objectifs dans la pratique.”

Le principe d’un quota de 40% a été approuvé par l’Amérique latine, l’Asie-Pacifique et l’Afrique mais doit encore recevoir l’aval de l’Europe et de l’Amérique du Nord.

Monica Veloso, de la Confédération des Métallurgistes brésiliens CNTM, a indiqué :

“Les femmes sont en grande majorité invisibles aux niveaux de décision. Les femmes sont sur les lieux de travail, mais pas dans les syndicats. Elles doivent être des participantes à part entière et des protagonistes au sein de leurs syndicats aux niveaux national et international.”

Plusieurs participantes ont exprimé le besoin d’une solidarité et unité entre les femmes, ainsi que d’une plus grande implication de la part des hommes à faire avancer la cause des femmes au sein du mouvement syndical.

En plus de prendre une résolution sur un quota pour garantir la participation des femmes, IndustriALL doit recruter davantage de femmes et de jeunes travailleurs a dit Monica Kemperle, en particulier des travailleuses non-manuelles et celles qui ont des emplois précaires.

“La face du syndicalisme doit changer pour refléter de nouveaux visages du monde du travail : les femmes et les jeunes,” a-t-elle dit.

La date limite pour s’inscrire à la Conférence Mondiale des Femmes est le 30 juin 2015.

Glencore-Prodeco doit payer 60.023 millions de pesos pour modification de contrat

Après une enquête financière en profondeur, le contrôleur général de Colombie a ordonné au groupe Prodeco, appartenant à la multinationale Glencore plc, à Hernán Martínez Torres,  ministre des mines et de l’énergie de 2006 à 2010, à l’ancien directeur de Ingeominas, Mario Ballesteros, et à l’ancien directeur technique de Ingeominas, José Fernando Ceballos, de payer 60.023 millions de pesos.

Des modifications faites sans accord préalable ou prévision

Ils ont tous été impliqués dans les modifications apportées à un contrat minier, lesquelles ont entraîné une réduction de la redevance de base, des redevances et compensation complémentaires sur le revenu brut de la production de la mine Calenturitas en 2010, année où les changements ont été opérés.

Selon le contrôleur, les accusés ont modifié le contrat sans réaliser les processus d’évaluation ou de prévision exigés pour des projets miniers de grande envergure. Cela s’est donc traduit par une réduction de plus de 52 millions de pesos de redevance.

L’ancien ministre Martínez a expliqué que des représentants de Prodeco lui avaient rendu visite au ministère des mines pour lui dire que l’entreprise n’était pas satisfaite de la clause de redevance car elle l’empêchait de réaliser un développement complet de la mine. Il a dit qu’il était en désaccord avec l’entreprise et avait demandé à ses représentants d’en discuter avec Ingeominas.

Les représentants de Prodeco ont dit ne pas avoir réalisé qu’ils agissaient irrégulièrement en modifiant le contrat. Toutefois, le contrôleur a dit posséder la preuve nécessaire pour prouver la culpabilité des accusés.

Bien que Glencore assure respecter les communautés, la négociation collective et les droits des travailleurs et travailleuses, IndustriALL Global Union dit savoir que l’entreprise est impliquée dans des différends industriels et communautaires partout dans le monde. IndustriALL soutient donc la décision du contrôleur général de Colombie qui déclare que l’entreprise a enfreint “l’intérêt national et les principes administratifs, et donc l’intérêt financier de l’État de Colombie”.

“La conduite des entreprises multinationales nuit à la souveraineté colombienne. Les entreprises ont un impact sur l’environnement et les communautés, provoque des changements dans les zones dans lesquelles elles mènent des activités, et ne laissent que des traces de maladie et pauvreté dans leur sillage. Une délégation de représentant(e)s de syndicats et de communautés a dénoncé récemment l’entreprise à l’assemblée générale annuelle d’actionnaires de Glencore en Suisse,” dit Carlos Bustos Patiño, coordonnateur de projets pour IndustriALL en Colombie.

IndustriALL vient de sortir un nouveau numéro de Global Worker

Faisant suite à l’homicide industriel du charbonnage de Soma qui a coûté la vie à 301 mineurs turcs en mai 2014, une enquête sur le secteur minier turc met en lumière les conséquences dévastatrices qu’y a eue la privatisation.

Face à une industrie de l’électronique qui est l’un des plus gros secteurs d’IndustriALL, un dossier de fond examine la manière dont les syndicats recrutent et combattent l’emploi précaire au sein de cette industrie florissante.

Un autre dossier spécial de Global Worker s’intéresse à la négociation sectorielle en tant qu’outil essentiel dans la lutte pour des salaires vitaux et le combat contre l’inégalité.

Alors que les richesses mondiales sont concentrées dans de moins en moins de mains, les inégalités croissantes sont aussi dues aux attaques des entreprises, des politiciens de droite et des institutions financières internationales contre la négociation collective. Des conventions d’entreprise offrent moins de protection et à un plus petit nombre de travailleurs.

déclare Jyrki Raina, Secrétaire général d’IndustriALL.

Cette parution de Global Worker présente également un profil de la Fédération des Travailleurs de la Chimie de Hongrie (VDSZ), et une entrevue avec le leader syndical nigérian Issa Aremu, dont l’organisation, le Syndicat national des travailleurs du textile, de la confection et des vêtements sur mesure (NUTGTW) a remporté des succès au niveau du recrutement des travailleurs et travailleuses informels au Nigeria.

En janvier 2015, IndustriALL a salué l’arrivée de deux syndicats du Myanmar en tant que nouveaux affiliés. Dans un pays où les syndicats n’ont acquis une existence légale que depuis 2012, un article examine la tâche ardue qui est celle de ces syndicats au moment de recruter les travailleurs et de s’attaquer à la problématique de l’emploi précaire au sein du pays.

Voyez encore l’interview accordée à IndustriALL par Barbara Figueroa, Présidente de la centrale syndicale chilienne CUT.

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