L’Exécutif d’IndustriALL se positionne sur l’action à mener au plan mondial

Les réunions du comité exécutif d’IndustriALL ont toujours un aspect émotionnel. Deux cents participants venus des cinq continents passent quelques jours ensemble, leaders syndicalistes hommes et femme, pour débattre et décider des actions à mener dans le cadre du partage d’un même combat pour un monde meilleur.

En réalité, nous ne nous sommes pas retrouvés que deux journées, nous étions présents à Stockholm pendant une semaine. Du matin au soir, se tenaient des sessions officielles et des réunions connexes pour tirer parti au mieux de la présence simultanée de tant d’entre nous.

Le lundi matin, le comité des femmes a débattu de sa conférence mondiale à venir. Dans l’après-midi, le groupe de travail sur les accords cadres mondiaux (ACM) a analysé le projet d’ACM avec le détaillant suédois du secteur la confection H&M. Les membres de l’exécutif de la région Asie-Pacifique se sont également réunis.

Le mardi, un autre groupe de travail a continué à plancher sur un nouveau système de cotisations et sa réunion a été suivie par celle du Comité des Finances. Ensuite, le Comité exécutif a parcouru les mardi et mercredi un ordre du jour bien chargé.

Le jeudi, les Comités des Statuts et du Plan d’Action ont entamé leur travail en vue du 2e Congrès d’IndustriALL qui aura lieu en octobre 2016 à Rio de Janeiro. Enfin, le vendredi, les membres du staff d’IndustriALL des bureaux central et régionaux ont examiné les décisions, se sont accordés sur les actions de suivi et ont entamé les préparatifs du Congrès.

À l’issue d’une telle semaine, je me sentais plutôt fatigué, mais dans le même temps heureux et revigoré. Nous formons une formidable famille syndicale mondiale.

Le point d’orgue de la semaine a été une session avec le Premier Ministre suédois Stefan Löfven, anciennement dirigeant de l’affilié d’IndustriALL IF Metall. Stefan s’est adressé au Comité exécutif et a débattu pendant plus d’une heure avec les dirigeants syndicaux sur la manière de rendre la mondialisation valable pour les travailleurs et de bâtir nos sociétés sur base de justice sociale. Le commentaire de nombreux délégués était ensuite : si seulement nous pouvions avoir un chef d’État comme Stefan…

J’ai été heureux de recevoir l’aval du Comité exécutif pour notre action sur le salaire vital. Nous allons continuer à soutenir les combats sur les salaires de par le monde, former nos affiliés à la formulation des revendications pour leurs salaires vitaux et mobiliser du soutien en leur faveur.

Une grande percée à cet égard est un protocole d’accord qu’IndustriALL est en train de conclure avec les plus grandes marques de vêtements au plan mondial sur les salaires vitaux. L’objectif est de rassembler les syndicats et les usines des fournisseurs pour négocier des conventions collectives sectorielles exécutoires et assurer que les politiques d’achat des enseignes permettent le versement d’un salaire vital négocié. Nous avons choisi le Cambodge et le Bangladesh en tant que premiers pays cibles pour cette nouvelle approche, que nous étendrons ensuite à d’autres pays.

L’industrie mondiale du textile et de la confection, qui emploie plus de 60 millions de travailleurs et travailleuses, a été profondément insoutenable, avec des salaires de misère, de longs temps de prestation, des lieux de travail insalubres et des problèmes de liberté syndicale. Nous avons maintenant pris la voie d’un changement systémique. Nous aurons des obstacles à franchir et cela prendra des années, mais nous ne nous arrêterons que lorsque nous aurons obtenu les salaires vitaux que chaque travailleur et travailleuse mérite.

Jyrki Raina

Secrétaire général

“L’emploi précaire accroît l’inégalité et la pauvreté”

Le rapport de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) ‘In It Together’: Pourquoi moins d’inégalité profite à tous, ainsi que le texte de l’Organisation internationale du Travail (OIT) Perspectives pour l’emploi et le social dans le monde – Tendances 2015, demandent aux gouvernements de prendre des mesures pour combattre l’accroissement des inégalités. L’OCDE appelle l’attention sur le fait qu’une telle inégalité menace la croissance économique et encourage ses membres à améliorer la qualité de l’emploi et réduire l’inégalité. L’OIT engage vivement les responsables politiques à étendre les droits du travail et la sécurité sociale aux travailleurs et travailleuses qui ont des formes d’emploi plus précaires.

“Les structures de l’emploi ont changé considérablement depuis la dernière décennie. Le plein-emploi, les contrats de travail stable représentent moins d’un emploi sur quatre, et les données statistiques ne s’améliorent pas sensiblement. […] En outre, la montée de l’emploi informel, les formes de travail non déclaré et temporaire, ainsi que le travail à temps partiel involontaire, ont contribué à l’accroissement de l’inégalité des revenus constaté dans la majorité des pays durant les deux dernières décennies.”, Guy Ryder, Directeur général de l’OIT.

Les deux rapports disent que l’inégalité des revenus s’est accrue depuis 2000. Cette tendance s’est aggravée avec l’extension de l’emploi précaire.

Le rapport de l’OCDE montre qu’actuellement, les modalités de travail atypiques (travail temporaire, à temps partiel et indépendant) représentent ensemble un tiers de l’emploi dans les pays de l’OCDE. Depuis le milieu des années 1990, plus de la moitié de toutes les créations d’emploi dans les pays membres de l’OCDE ont porté sur des modalités de travail atypiques. Les chiffres présentés dans les perspectives de l’OIT pour l’emploi et le social dans le monde sont encore plus alarmant: moins de 40 pour cent des salariés sont employés à temps plein, à titre permanent, et cette tranche semble même en déclin. Dans le monde, plus de six salariés sur dix travaillent soit à temps partiel soit sous une forme temporaire d’emploi. Les femmes et les jeunes représentent une grande partie de ces travailleurs et travailleuses précaires.

En plus de l’insécurité  de l’emploi, les travailleurs et travailleuses précaires ont des salaires moins élevés et des possibilités de formation limitées. Les salaires de misère sont plus courants chez  les travailleurs et travailleuses temporaires et indépendants qui sont de plus en plus nombreux à n’avoir accès qu’à des emplois de qualité médiocre. Le rapport de l’OCDE montre que l’emploi précaire peut devenir un piège surtout pour les travailleurs et travailleuses à temps partiel ou indépendants. Le rapport contredit l’affirmation des agences de travail temporaire selon lesquelles le travail temporaire constitue un tremplin pour l’emploi permanent. Il indique au contraire que dans de nombreux pays, les jeunes travailleurs et travailleuses, notamment ceux qui ont des contrats d’emploi temporaires, ont moins de chance d’obtenir des emplois plus stables.

IndustriALL soutient le combat mené par les métallurgistes en Turquie

Des milliers de salariés de l’industrie métallurgique turque à Bursa, Kocaeli, Eskişehir et autres villes ont fait grève à la mi-mai pour exiger un salaire décent et de meilleures conditions de travail qui n’étaient pas inscrites dans la convention collective sectorielle signée depuis seulement la fin de 2014. Les actions ouvrières ont été renforcées par la colère des salariés quand des hausses salariales supplémentaires ont été accordées dans un établissement de taille importante du secteur peu de temps après la conclusion du nouvel accord sectoriel.

L’agitation a touché des entreprises et de grandes multinationales comme Renault, la coentreprise Tofaş de Fiat qui produit également des véhicules pour Peugeot, Citroën, Opel et Vauxhall, ainsi que Ford, Beltan Trelleborg Vibracoustic (TBVC), Delphi, SKT, Ototrim Automotive, Rollmech, Coskunöz et Mako.

Les revendications ont porté sur des hausses salariales, la sécurité de l’emploi, la reconnaissance des représentant(e)s des salariés dans les négociations avec l’entreprise, et une assistance dans l’élimination de faux syndicats dans les négociations. En outre, les salariés de plusieurs entreprises du secteur ou hors secteur ont soutenu l’arrêt de travail et montré une ferme solidarité.

En dépit d’une énorme pression des employeurs et du gouvernement, une action revendicative si déterminée a permis d’obtenir des gains et continuera d’en obtenir pour les travailleurs et travailleuses. Par exemple, un règlement a mis fin à 12 jours de grève chez Renault-Oyak le 27 mai, avec le paiement immédiat d’une prime de 345 euros à tous les salariés, et une prime de 200 euros versée chaque mois jusqu’à la fin de 2015. Les salaires de 165 euros par mois sans ces primes étaient bas. Une situation identique prévaut dans d’autres usines.

L’agitation a également reçu des messages de sympathie et de solidarité du monde entier, notamment de IndustriALL Global Union et de ses affiliés. Le Comité exécutif de IndustriALL Global Union, réuni à Stockholm, Suède, les 19-20 mai 2015, a adopté une résolution de solidarité pour soutenir le combat des métallurgistes turcs pour leurs droits syndicaux et des salaires justes dans le secteur automobile. 

“Nous sommes solidaires des métallurgistes dans leur résistance et nous nous opposons vivement à toute intervention de la police, à toute violence ou licenciement de travailleurs et travailleuses. Nous communiquerons avec le siège des entreprises concernées en cas de besoin.”

IndustriALL Global Union a déjà engagé une action au siège des entreprises multinationales concernées qui mènent des activités et s’approvisionnent en Turquie.

Kemal Özkan, secrétaire général adjoint de IndustriALL, a déclaré:

IndustriALL Global Union se tient toujours aux côtés des travailleurs et travailleuses en lutte pour leurs droits fondamentaux et leurs moyens d’existence. Ces séries d’actions sans précédent des métallurgistes turcs à la recherche d’un avenir meilleur pour eux-mêmes et leurs familles, inaugure une nouvelle étape dans l’histoire du mouvement ouvrier turc. Elles font preuve d’une force unifiée pour la démocratie syndicale interne. Nous sommes fiers de leur lutte et nous nous tiendrons toujours à leur côté, jusqu’à ce qu’ils obtiennent des salaires décents et des droits syndicaux qui bénéficient à tout le secteur.

Réunion du Comité exécutif de IndustriALL à Stockholm

Le Premier ministre suédois Stefan Löfven, ancien président de l’affilié de IndustriALL, IF Metall, s’est adressé aux participant(e)s et engagé une discussion sur la mondialisation et la justice sociale. Un New Deal mondial basé sur le respect commun est nécessaire.

Dans la discussion sur la mondialisation, Löfven a fait l’éloge du travail réalisé par IndustriALL et ses affiliés contre l’amiante et les pratiques antisyndicales au Canada.

Löfven a dit aux participant(e)s:

Vous pouvez être fiers de vous, vous faites un très bon travail. 

Une campagne de syndicalisation

Au cours des deux journées, les délégué(e)s ont discuté des actions et des réussites de IndustriALL, notamment les pays prioritaires, les campagnes et les accords-cadres mondiaux (ACM), conformément aux objectifs stratégiques de l’organisation.

Myanmar, qui a rejoint IndustriALL en janvier 2015, figurait parmi ces pays. Dans ce pays où les syndicats ont été illégaux jusqu’en 2012, il est impératif de former de nouveaux syndicalistes pour le recrutement et la négociation collective. Khaing Zar de l’IWFM qui est affilié à IndustriALL, a dit que le syndicat avait pour objectif de recruter 20.000 nouveaux membres d’ici la fin de l’année.

Le Comité exécutif a approuvé l’action menée en Chine, qui place au centre des préoccupations le développement démocratique au niveau local, notamment dans les entreprises avec lesquelles IndustriALL a conclu un ACM, un comité d’entreprise mondial ou un réseau. 

Le Comité exécutif a approuvé les actions menées par IndustriALL pour établir des négociations de branche dans les pays producteurs de vêtements. IndustriALL travaille avec les grandes marques mondiales de vêtements signataires d’un protocole d’entente avec l’organisation, pour amener les fabriques et ateliers fournisseurs et les syndicats à négocier ensemble des conventions collectives de branche exécutoires sur des salaires minimums décents et de s’assurer que les pratiques d’achat de la marque permettent le paiement du salaire négocié. Le Cambodge et le Bangladesh ont été identifiés comme étant des pays prioritaires pour cette nouvelle approche. IndustriALL continuera de soutenir toutes les luttes des affiliés  pour une augmentation du salaire minimum et pour négocier un salaire permettant de vivre décemment.

On célèbre le 7 octobre la Journée mondiale pour le travail décent qui marque une journée d’action pour la campagne STOP Travail précaire. Le Comité exécutif a approuvé les actions menées actuellement et la nouvelle méthode employée pour attirer l’attention sur les conséquences de l’emploi précaire dans la société, au-delà du lieu de travail. 

Adoption de trois résolutions de solidarité

IndustriALL continuera de dénoncer les pratiques liées aux contrats de protection et autres infractions aux droits du travail. Deux syndicats affiliés au Mexique ont reçu un ultimatum pour signer un protocole d’entente contre les contrats de protection et démontrer leur consentement, ou prendre le risque d’être exclus à la prochaine réunion du Comité exécutif en décembre 2015.

Les sidérurgistes britanniques se battent contre l’un des plus grands producteurs d’acier au monde, TATA Steel, après que l’entreprise a décidé de mettre fin à un régime de retraite. Le Comité exécutif a adopté une résolution pour demander à IndustriALL d’engager des pourparlers avec TATA Steel.

Le Comité exécutif de IndustriALL a adopté une résolution de solidarité pour soutenir le combat mené en Turquie par les métallurgistes. Plusieurs milliers de travailleurs et travailleuses de l’automobile ont cessé le travail, en demandant un salaire décent et l’annulation de leur adhésion au syndicat Turk Metal favorable à l’entreprise.

Piquet des syndicats devant les bâtiments du gouvernement à Kiev

En plus du versement intégral des arriérés de salaire et d’une indemnisation des travailleurs pour ces retards, les syndicats ont soulevé une série d’importantes revendications :

Le 27 avril dernier, l’Organe représentatif conjoint des Syndicats ukrainiens a décidé lors d’une réunion d’ouvrir un conflit collectif de travail au plan national avec le Cabinet des Ministres d’Ukraine et l’Organe représentatif conjoint des Employeurs. Le gouvernement a négligé de résoudre les problèmes économiques et sociaux des travailleurs par le dialogue social. Au contraire, les revendications syndicales ont été ignorées, menant à un conflit collectif de travail national.

Plusieurs syndicats affiliés à IndustriALL ont pris part au piquet.

Ce piquet du 27 mai venait appuyer les revendications et plusieurs affiliés d’IndustriALL y ont pris part. Les prochains piquets sont prévus les 3 et 10 juin prochains.

Les syndicats d’Europe du Sud-Est luttent contre le travail précaire

Travail précaire, croissance des effectifs et construction de l’unité syndicale étaient des thèmes centraux de l’ordre du jour de l’atelier qui se tenait sur deux jours, les 22 et 23 mai, en Croatie.

Les affiliés d’IndustriALL de la région ont rapporté que l’emploi temporaire était devenu une pratique courante, en particulier dans les secteurs du textile, du pétrole et des équipementiers automobiles. Et la tendance est à la hausse.

Les employeurs exploitent des failles dans la législation et créent de cette manière des inégalités parmi les travailleurs et travailleuses. Les jeunes sont de plus en plus recrutés sur base de contrats à court terme, sans la moindre opportunité de pouvoir miser sur l’avenir. De plus, sous la pression des institutions financières internationales, la législation du travail dans cette région du monde a été amendée pour favoriser des contrats de travail plus souples et alléger les procédures de licenciement. La législation existante avait été estimée trop protectrice pour les travailleurs et être un obstacle aux investissements étrangers.

Cependant, en dépit d’un environnement politique et économique défavorable, les syndicats de Croatie et de Serbie sont parvenus à négocier des limites au recours au travail précaire au sein des conventions collectives et, dans certains cas, à convertir des contrats temporaires en emplois permanents.

Les syndicats slovènes ont pris part à un processus législatif qui a aboutit à davantage de restriction sur le travail temporaire ainsi qu’à le rendre plus cher pour les employeurs. Les participants à l’atelier ont exprimé leur détermination quant à la conscientisation sur les effets pervers du travail précaire sur les travailleurs et la société dans son ensemble. Ils ont également pris l’engagement de participer à la Journée mondiale pour le travail décent du 7 octobre 2015.

Des débats animés ont également eu lieu sur la question du recrutement et du renforcement syndical dans le contexte d’une économie en mutation. Restructurations et privatisations ont prélevé un lourd tribut auprès des travailleurs et leurs syndicats. Le passage des entreprises du statut d’entités publiques à celui de sociétés privées est toujours en cours dans certains pays et, en conséquence, davantage d’emplois devraient encore être perdus. Recruter de nouveaux membres au sein des entreprises nouvellement établies est donc une priorité absolue pour tous les syndicats.

Les participants ont débattu de stratégies destinées à mieux communiquer avec les membres et à s’adresser aux jeunes qui en savent peu sur le travail syndical. Ils ont également été d’accord pour dire que les syndicats devaient coopérer de manière plus étroite à tous niveaux, renforcer leurs structures et rassembler leurs forces pour faire progresser le droit des travailleurs à avoir des conditions de vie et de travail décentes.

Kemal Özkan, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL déclare :

Même dans des circonstances adverses, nos affiliés continuent à faire face aux défis, comme le travail précaire. Ensemble avec notre organisation sœur au niveau européen, nous allons continuer à leur apporter tout notre soutien et toute notre solidarité.

Afin d’aider les affiliés dans leur lutte contre l’expansion du travail précaire, l’ouvrage “Négocier la sécurité – Stratégies syndicales de négociation contre le travail précaire” est dorénavant disponible en serbe.

Maroc: Grève des travailleurs de l’électricité contre les privatisations

Malgré les revendications de longue date de la FENTE, affiliée à IndustriALL Global Union, pour conserver le statut de service public au secteur de l’électricité, les autorités ont signé le 26 septembre 2014 un accord de privatisation de la distribution d’électricité dans la région de Casablanca. Le gouvernement a ignoré des consultations avec la FNTE, qui fait partie de la centrale nationale, Union Marocaine du Travail, sur les conséquences pour les travailleurs et travailleuses et leurs familles.

Après plusieurs actions menées par la FNTE, le gouvernement a finalement engagé des négociations avec l’organisation syndicale. Des négociations marathon ont permis d’aboutir à un "accord-cadre" élaboré par la FNTE et destiné à servir d’espace de discussion pour trouver des solutions aux problèmes des salariés dans des bouleversements aussi considérables.

Mais dans une mesure provocatrice adoptée récemment, en ignorant les droits ouvriers et le dialogue social, le gouverneur de Casablanca et la direction générale ont mis fin aux négociations et donné comme instruction d’appliquer l’accord de privatisation pour le 31 mai 2015.

Mohamed Zeroual, secrétaire général de la FNTE, dit:

Outre ses défauts juridiques et techniques, un tel accord aura des conséquences directes et indirectes négatives pour les salariés, ainsi que pour la population de la région de Casablanca. Nous tenons les autorités responsables de tous les effets négatifs.

Après la grève du 25 mai, au lieu d’écouter les travailleurs et travailleuses et de reprendre les négociations, les autorités ont choisi d’adopter un autre plan d’action provocateur et décidé de prendre immédiatement le contrôle des agences de ventes. En réponse à l’escalade de la direction, la FNTE a annoncé une nouvelle grève de deux jours dans les sept agences de ventes concernées.

Kemal Özkan, secrétaire général adjoint de IndustriALL, dit:

IndustriALL est très préoccupé de l’escalade et de l’absence de dialogue social et de négociations avec les représentants des salariés. Les droits des travailleurs occupent une place centrale dans toute décision sur le changement de propriété d’un service public stratégique tel que l’électricité. IndustriALL soutient le combat légitime de la FNTE pour obtenir une sécurité pour tous les travailleurs et travailleuses du secteur.

Les affiliés d’IndustriALL se battent contre les licenciements chez Whirlpool en Italie

Les actions de protestations comprenaient une grève générale dans le secteur le 22 mai dans la région de Caserta et une grève de trois heures dans l’ensemble du groupe Indesit le 25 mai.

C’est par ces protestations que les travailleurs ont répliqué à l’annonce des licenciements faite par le groupe Whirlpool par le biais d’un communiqué de presse du 20 mai. L’entreprise y annonçait 480 licenciements additionnels au sein du personnel administratif des usines Indesit de Fabriano (200 emplois), Varese (200 emplois) et Milan (80 emplois).

Whirlpool, une marque nord-américaine, a fait l’acquisition d’une majorité des parts du géant italien de l’électro-ménager Indesit en juillet 2014. Par cette acquisition, l’entreprise a doublé de taille en Europe, au Moyen-Orient et en Afrique.

Depuis cette acquisition et la restructuration permanente qui a suivi, l’entreprise n’a pas caché que des licenciements seraient inévitables.

Cependant, les syndicats sont d’avis que les licenciements annoncés ont été décidés de manière unilatérale puisque l’entreprise avait d’abord promis qu’elle n’y procéderait pas avant 2018. Ceux-ci viennent s’ajouter aux 940 pertes d’emploi déjà prévues auparavant par Indesit et la suppression de quelque 400 autres postes annoncée par Whirlpool le 16 avril.

Selon les syndicats, le total des licenciements atteindra 2.060 postes dans toute l’Italie. Ceci représenterait un tiers de toute la main d’œuvre de l’entreprise en Italie, qui compte actuellement 6.740 collaborateurs au total.

Cette décision de l’entreprise a été un grand choc pour le gouvernement italien qui s’est impliqué dans les négociations, et notamment pour la Ministre du Développement économique, Federica Guidi, qui a pris part à un mois de négociations infructueuses. Elle a qualifié l’annonce de l’entreprise de “plan innommable”.

Après les grèves qui ont été organisées, la FIM-CISL, la FIOM-CGIL et l’UILM ont fait part d’une manifestation nationale qui est prévue à Varese ce 12 juin 2015.

L’Accord au Bangladesh annonce l’application par les premières fabriques des recommandations sur la sécurité

Le 20 mai 2015, les ingénieurs de l’Accord ont vérifié l’application correcte de toutes les prescriptions de prévention et de réparation résultant des inspections initiales dans deux fabriques de vêtements – Concord Fashion Export Ltd. et Jeacon.

Les deux fabriques indiquées dans l’Accord sont situées dans le même bâtiment que South Shalna à Gazipur, Dacca.

Il est dit dans une déclaration sur cette étape importante de l’Accord:

“Près de deux ans après la signature de l’Accord, l’application et la vérification de toutes les mesures initiales de prévention et de réparation dans ces deux fabriques, indiquent clairement après inspection que l’Accord permet d’obtenir un véritable changement et que les fabriques et ateliers de prêt-à-porter pour des entreprises signataires de l’Accord et des distributeurs ne présentent plus de risques.”

L’Accord a été établi après l’effondrement du bâtiment Rana Plaza à Dacca qui abritait des fabriques et ateliers, et avait causé la mort de plus de 1.100 personnes et blessé 2.000 autres. Cet accord contraignant constitue une véritable percée juridique entre des marques mondiales, des distributeurs et des syndicats, et a pour but d’obtenir de bonnes conditions de santé et de sécurité au Bangladesh dans l’industrie du prêt-à-porter.

Les inspecteurs chargés de l’application de l’Accord ont depuis inspecté et établi des recommandations dans plus de 1.600 fabriques et ateliers au Bangladesh, pour 200 signataires de l’Accord.

L’inspecteur en chef de l’Accord, Brad Loewen, a dit:

“Je suis fier du travail difficile effectué par notre personnel pour encourager les fabriques et ateliers, et vérifier leur mise en conformité. Le travail de mise en conformité est effectué par les fabricants et ce sont eux qui méritent notre reconnaissance au plus haut niveau. Le résultat, c’est que les travailleuses et travailleurs de la confection connaissent finalement la sécurité. C’est ce qui nous motive chaque jour.

J’espère que des dizaines de vérifications seront confirmées chaque mois alors que nous poursuivons nos contrôles.

IndustriALL et UNI Global Union ont été les principaux vecteurs de l’Accord. Le secrétaire général de IndustriALL, Jyrki Raina, a dit:

Cette réalisation importante prouve que la coopération entre les syndicats, les propriétaires des ateliers et fabriques et les marques permet d’obtenir des changements. Le personnel de l’Accord et les propriétaires d’ateliers et de fabriques ont droit à des félicitations pour leur détermination à réaliser de véritables améliorations pour la sécurité des travailleuses et travailleurs de la confection.

Depuis la catastrophe du Rana Plaza, les efforts déployés par IndustriALL et ses partenaires pour la syndicalisation ont permis aux syndicats du Bangladesh d’obtenir 65.000 nouveaux membres.

Toutefois, la question brûlante des salaires de misère est encore un fléau dans l’industrie de la confection au Bangladesh où le salaire minimum est de 68 USD par mois – l’un des plus bas au monde.

IndustriALL estime que la hausse des salaires est une priorité au Bangladesh et fait actuellement pression pour obtenir un salaire minimum vital dans la confection dans le cadre d’accords de branche.

Deux semaines de grève menacent Kone au Royaume-Uni

Ce système de localisation, baptisé VAMS, sert à évaluer les charges de travail et, pour Unite, il ne devrait pas être utilisé pour vérifier les horaires ou les heures de départ et d'arrivée sur site parce qu'il n'est pas fiable; et il cite le cas d'un chauffeur qui aurait roulé plus de 1.600 km en une seule journée sans refaire le plein de son véhicule.

Unite s'adresse maintenant à la direction finlandaise après que les négociations au Royaume-Uni aient échoué au bout de dix heures de pourparlers. Une grève de 300 agents des services techniques devrait démarrer le 27 mai pour s'achever le 9 juin. Elle ira de pair avec un refus des heures supplémentaires, du service de nuit et des astreintes pratiqué depuis le 27 mars.

Pour la responsable nationale d'Unite, Linda McCulloch :

"Unite demande à la haute direction de la firme finlandaise d'intervenir. Nos membres sont furieux de la manière dont ils ont été traités par la direction britannique qui n'a tenu aucun compte de leurs préoccupations légitimes. Ils n'ont pas confiance en elle.

"Les faits ont montré que les kilométrages comptabilisés par le système VAMS pour les déplacements, qu'ils soient professionnels ou privés, sont inexacts et exagérés. Des employés se voient imputer des distances excessives qui peuvent se traduire par des déductions de salaires indues, voire des mesures disciplinaires."

Unite réclame un nouvel accord-cadre qui résoudrait les problèmes occasionnés par le système VAMS, ce que refuse la direction. Un tel accord existe déjà pour les dispositifs portatifs et Unite demande un équivalent pour le système VAMS.

En novembre 2014, le département des ascenseurs et escaliers roulants d'IndustriALL a adopté la Déclaration de Vienne qui demande l'abandon des systèmes de surveillance.

Le directeur du Secteur de l'ingénierie mécanique d'IndustriALL, Matthias Hartwich, juge inacceptable cette forme de pression exercée sur les salariés :

En novembre dernier, le réseau des ascenseurs et escaliers roulants a demandé aux quatre plus grands fabricants, dont Kone, de renoncer à ce type de système de localisation. Plutôt que d'utiliser des dispositifs peu fiables, Kone devrait veiller à la santé et la sécurité de ses travailleurs et leur offrir une formation en la matière.

Les principaux sites d'exploitation de Kone sont situés à Chertsey dans le Surrey, à Gateshead, Glasgow, Keighley dans le Yorkshire, et Warrington.