Le fonds d’indemnisation des victimes de Rana Plaza atteint son objectif de 30 millions de dollars

Le Secrétaire général d’IndustriALL Jyrki Raina a salué cette nouvelle qui rend possible une indemnisation intégrale pour les victimes de la tragédie du Rana Plaza :
“Ce mécanisme d’indemnisation est innovant en matière d’accidents industriels au sein de la chaîne d’approvisionnement de la confection, mais le manque de prise de responsabilité par les enseignes vis-à-vis des travailleurs et travailleuses qui fabriquent leurs vêtements n’a été que trop apparent.”

Dans le même temps, le combat pour obtenir un salaire vital et le droit de faire partie d’un syndicat continue. Ces luttes sont fondamentales pour faire évoluer les conditions qui prévalent dans les usines de confection, de sorte que des tragédies comme celle de Rana Plaza ne puissent jamais se reproduire.

Le Secrétaire général d’UNI Philip Jennings a déclaré :
“Ce fonds d’indemnisation démontre que les fédérations syndicales internationales et les ONG sont en mesure de collaborer avec les enseignes internationales pour s’assurer que celles-ci soient dignes des responsabilités qui sont les leurs au sein de la chaîne d’approvisionnement. C’est un tournant décisif au milieu d’une pénible saga pour les survivants et les familles des victimes. Deux ans, c’est bien trop long pour que des compagnies multi-milliardaires en dollars rassemblent entre elles 30 millions de dollars, mais nous y sommes arrivés au bout du compte et les familles concernées peuvent maintenant commencer à se reconstruire une vie. Cependant, n’oublions pas que le Bangladesh a encore bien du chemin à accomplir pour mettre en place une industrie de la confection sûre et durable.”

La CSI nomme les dix pays les plus mauvais pour les travailleurs

IndustriALL Global Union connaît que trop bien ces résultats, dans lesquels les pays du Golfe sont parmi les pires pour les droits des travailleurs/euses et sur le fait que les mesures d’austérité en Europe ont eu le plus gros impact sur une réduction des normes.

L’Indice CSI sur les droits classe 141 pays contre 97 indicateurs reconnus internationalement  pour évaluer où les droits des travailleurs/euses sont les mieux protégés dans la loi et dans la pratique.

Les dix pays les pires pour les travailleurs/euses sont la Biélorussie, la Chine, la Colombie, l’Égypte, le Guatemala, le Pakistan, Qatar, l’Arabie saoudite, le Swaziland et les Émirats arabes unis.

D’autres pays classés plus bas ont connu cette année une détérioration des conditions avec une tendance négative pour les travailleurs/euses. Ces pays sont le Burundi, la République dominicaine, Hong Kong, l’Iran, la Géorgie, la Russie, le Royaume-Uni et l’Espagne.

Les principaux résultats cités dans le rapport sont les suivants:

Plus de la moitié des pays concernés par l’étude refuse aux travailleurs/euses de bénéficier de la primauté du droit.

Lire le rapport intégral ici

www.ituc-csi.org

Grève des travailleurs indonésiens contre les pratiques antisyndicales de Philips

Les travailleurs et travailleuses demandent que la direction de Philips:

Jusqu’à maintenant, la direction refuse de satisfaire aux revendications des salariés et applique des tactiques d’intimidation et des mauvais traitements, en empêchant les grévistes d’avoir accès aux équipements, comme les toilettes, la cantine et la mosquée pour la prière.

Selon la FSPMI, le syndicat PUK PT Philips Batam a été enregistré le 18 mars 2015. Batam est une municipalité indonésienne qui a le statut de zone de libre-échange, et dont l’attitude envers les syndicats est de plus en plus hostile.

Le 9 avril 2015, la direction de PT. Philips Industries Batam a reçu officiellement notification de l’enregistrement du syndicat. Dès le lendemain, la direction a appelé l’un après l’autre les membres du syndicat en faisant pression sur eux pour qu’ils signent une lettre de résiliation d’emploi. Il s’agissait de travailleurs et travailleuses permanents et contractuels.

Les personnes concernées soutenues par le syndicat ont refusé d’accepter leur licenciement et ont été expulsées de l’entreprise. Elles n’ont même pas eu la possibilité de reprendre leurs effets personnels au vestiaire. Au total, 83 responsables syndicaux et membres de la FSPMI ont été mis à pied en avril dernier par PT. Philips Industries Batam.

Le syndicat a tenté de négocier à plusieurs reprises avec la direction la réintégration de ces mises à pied abusives. Cependant, la direction a donné chaque fois comme explication la nécessité de travailler avec efficacité.

Les personnes mises à pied ont reçu un appui considérable de leurs collègues. Et 519 autres travailleurs et travailleuses sur un effectif de 1900 salariés avaient adhéré au syndicat à la fin d’avril.

Après avoir utilisé toutes les mesures possibles sans pouvoir convaincre la direction de réintégrer les travailleurs et travailleuses, le syndicat a annoncé une grève pour la fin mai et en a averti la direction.

La grève se poursuit à ce jour. IndustriALL a contacté les directions locale et mondiale de l’entreprise pour rechercher une solution juste au conflit. En s’adressant au directeur général de Philips aux Pays-Bas, ainsi qu’au directeur de PT. Philips Industries Batam en Indonésie, Jyrki Raina, secrétaire général de IndustriALL, a demandé “la réintégration immédiate des responsables et des membres du syndicat injustement mis à pied, de mettre fin au harcèlement du personnel et de respecter le droit d’adhérer au syndicat de son choix.”

Raina a également demandé à PT. Philips Industries Batam “de reprendre les négociations pour une convention collective avec la FSPMI pour parvenir à une solution juste du conflit et créer une relation constructive entre les salariés et la direction.”

La plus longue grève de tous les temps chez Volvo Brésil prend fin au bout de 24 jours

Les membres du Syndicat des Métallurgistes de Curitiba (SMC), affilié à la Confédération nationale des Métallurgistes (CNTM), elle-même affiliée à IndustriALL, avaient voté en faveur de la grève le 8 mai dernier en réaction aux menaces proférées par la direction brésilienne de Volvo de supprimer des postes de travail. La grève a connu son épilogue le 1er juin après qu’un accord a été conclu.

L’usine Volvo de Curitiba emploie environ 3.500 travailleurs. Le 7 mai, l’entreprise avait conclu un accord avec le Ministère du Travail qui prévoyait une période de négociations de 15 jours avec le syndicat en vue de trouver une alternative aux licenciements. Néanmoins, le même jour, l’entreprise a commencé à informer les travailleurs qu’il y aurait 600 pertes d’emploi.

Le syndicat à dès lors appelé à la grève. Sergio Butka, le président du syndicat, a indiqué dès le départ qu’il était ouvert aux négociations pour examiner des options permettant à Volvo de garantir la sécurité d’emploi.

Les négociations aboutissent à un accord qui bénéficie aux travailleurs

Le 12 mai, Volvo a organisé un vote à bulletins secrets sur une proposition visant à diminuer de 50% les versements dus cette année en vertu du programme de participation aux bénéfices. Elle proposait également une flexibilisation des droits au niveau de l’accord salarial. 77% des salariés ont rejeté la proposition, 23% se prononçant en faveur.

En l’absence d’autre initiative de l’entreprise, les travailleurs ont décidé de poursuivre la grève jusqu’à ce qu’elle soit prête à négocier. Finalement, le 1er juin, Volvo a accepté de s’asseoir à la table des négociations avec le syndicat et a présenté une autre proposition par rapport à la participation aux bénéfices. Elle a proposé une augmentation de R$ 5.000-8.000 pour un premier versement et un plafond de R$30.000, en fonction des niveaux de production. Enfin, elle a négocié la possibilité d’un plan de suppression d’emplois sur base volontaire en vertu duquel les salariés acceptant de partir recevraient leur salaire plus d’autres avantages.

Fernando Lopes, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL a déclaré :

cette victoire montre que les travailleurs doivent être derrière leurs syndicats. Nous pouvons vaincre si nous restons unis.

IndustriALL salue ces négociations et les accords entre Volvo et ses salariés ainsi que la décision prise par l’entreprise d’écouter les doléances et d’accepter de négocier collectivement.

Fusion de syndicats au Lesotho

La force de négociation au Lesotho s’était beaucoup détériorée depuis une dizaine d’années en raison du fractionnement syndical dû à l’émergence de nouveaux syndicats en concurrence pour le recrutement de membres. Il en est résulté l’impossibilité d’accroître les effectifs de chaque syndicat qui sont restés à un niveau bas, inférieur au seuil nécessaire pour une reconnaissance syndicale dans beaucoup de fabriques et ateliers. Les patrons ont tiré avantage de cette situation qui a amené une érosion des salaires réels qui ne suivent pas l’inflation, ce qui fait que les gains des travailleuses et travailleurs leur permettent à peine de survivre.

Les affiliés au Lesotho, le syndicat des travailleurs d’usine (Fawu), le syndicat de la confection et des secteurs connexes du Lesotho (Lecawu) et le syndicat national des travailleurs du textile (Nutex) ont reconnu que la seule façon d’obliger le gouvernement et les employeurs à se mettre d’accord sur un salaire minimum vital serait de réaliser l’unité parmi les travailleuses et travailleurs. Ils ont donc suscité l’engagement de leurs membres pour la fusion tout en travaillant ensemble durant les deux dernières années avec l’appui de IndustriALL et de son affilié suédois, IF Metall. 

Le 31 mai, les nouveaux statuts ont été adoptés à l’unanimité par les 92 délégué(e)s lors du congrès inaugural. La présidente nouvellement élue, Leticia Mohobelo, a lancé un appel pour le maintien de l’unité parmi les travailleuses et travailleurs du textile et de la confection au Lesotho. 

IndustriALL et IF Metall continueront de soutenir le développement de l’IDUL pour permettre au syndicat de représenter efficacement les travailleuses et travailleurs.

Dans son message lu au congrès du fusionnement, le secrétaire général de IndustriALL, Jyrki Raina, a dit:

Les travailleuses et travailleurs ont aujourd’hui l’espoir d’avoir créé au Lesotho un syndicat puissant capable de recruter davantage de membres et d’être pourvu de structures solides lui permettant d’être responsable de ses activités devant ses membres. Un syndicat attaché à améliorer les conditions d’emploi et les salaires, et de résoudre les problèmes de l’emploi  précaire et de la sécurité au travail.

Renforcés par cette unité, les travailleuses et travailleurs peuvent engager le combat pour un salaire minimum vital et un travail décent.

Création d'un réseau mondial pour combattre l'antisyndicalisme de Huhtamäki

Plusieurs conflits opposent l'employeur à ses travailleurs sur divers sites de Huhtamäki dans le monde, mais la direction persiste dans son refus de rencontrer les syndicats pour chercher des solutions. D'après certaines estimations, Huhtamäki aurait dépensé près d'un demi-million de dollars pour combattre les syndicats.

Les participants à la réunion du réseau mondial ont parlé des mauvais rapports entre la direction et les syndicats. Très souvent, les délégués ne sont même pas autorisés à pénétrer dans les locaux de l'entreprise. Dans de nombreux pays, les normes de santé et de sécurité sont fréquemment violées.

Le travailleurs de l'usine de la ville de Commerce, en Californie, ont des conditions de travail très dures, avec des températures dépassant souvent les 40°. Lorsqu'ils ont voulu créer un syndicat pour discuter de leurs conditions de vie et de travail, ainsi que des questions de santé et de sécurité avec la direction de l'usine, la réponse fut un "NON" catégorique.

Et pourtant, le code de conduite de Huhtamäki et que le groupe impose à ses fournisseurs, reconnaissant tous les principes fondamentaux de l'OIT, y compris le droit des salariés de créer des associations, les travailleurs de l'entreprise avaient entamé une procédure de création d'un syndicat. Les travailleurs du site de Commerce subissent une violation directe de leurs droits de se syndiquer, de s'organiser et de négocier collectivement.

Les participants à la réunion ont exprimé leur soutien aux efforts des travailleurs de Commerce pour créer un syndicat dans leur usine.

Le Vice-président de Huhtamäki, Sami Pauni, participait à la réunion et il a présenté un bref exposé sur la situation de l'entreprise. Toutefois, après une intervention demandant pourquoi Huhtamäki dépense tant d'argent pour combattre les syndicats plutôt que d'entamer un dialogue social avec eux, M. Pauni s'est montré embarrassé et a quitté la salle.

Ross Levy, un travailleur de l'usine de Commerce qui participait à cette réunion du réseau mondial, a déclaré à propos de cet incident :

Une fois de plus, Huhtamäki, par le biais de son Vice-président, tourne le dos aux syndicats et à ses travailleurs.

Le Secrétaire général d'IndustriALL, Jyrki Raina, a déclaré à ce propos :

Cette réunion n'était qu'une première étape dans la lutte pour rendre leurs droits aux travailleurs et aux syndicats des usines de Huhtamäki. La lutte va continuer tant que les propriétaires de l'entreprise n'accepteront pas de faire des concessions.

La réunion du réseau syndical mondial se tenait à l'initiative d'IndustriALL Global Union et d'UNI Syndicat mondial, en présence de représentants des travailleurs d'usines de Huhtamäki d'Australie, des États-Unis, d'Allemagne, de Finlande, de Suède, de Russie, de France et du Royaume-Uni.

Les participants à la réunion du Réseau mondial Huhtamäki ont adopté une déclaration proposant des mesures pour améliorer les conditions des travailleurs de l'entreprise et entamer un dialogue avec la direction.

La grève des travailleurs israéliens de la chimie se termine par une victoire

Environ 2.000 travailleurs et travailleuses s’étaient mis en grève le 2 février 2015 après la menace proférée par Israel Chemicals Limited (ICL) de mettre à pied des centaines de salariés de ses usines Dead Sea Works et Bromine Compounds situées dans le sud d’Israël.

Dans un nouvel accord entre ICL, Histadrut et les comités de salariés des deux usines, seules 38 personnes (19 dans chaque usine) seront mises à pied. Toutefois, elles ont jusqu’à la fin de l’année pour faire leur preuves quand leur emploi futur sera pris en considération. Toutes les personnes mises à pied recevront une indemnité de départ de 300 pour cent.

ICL emploie 4.500 personnes en Israël, parmi lesquelles 3.500 sont basées dans le sud du pays. En outre, 25.000 travailleurs et travailleuses dépendent de ICL pour leur emploi.

La victoire remportée protégera les travailleurs et travailleuses et l’économie dans le sud d’Israël, où le taux de chômage est élevé et où les possibilités de trouver un emploi sont faibles, dit le président de Histadrut, Avi Nissenkorn:

“Nous permettons à 2.000 personnes de retrouver leur emploi, le Sud gagne…À ce stade, personne n’a encore été mis à pied.”

Environ 100 travailleurs et travailleuses des deux usines seront forcés de partir à la retraite, en plus des 100 salariés qui ont déjà pris leur retraite ces derniers mois. Histadrut a pu obtenir un bien meilleur système d’indemnisation pour les retraités.

Le président du comité des salariés de Dead Sea Works, Armond Lankri, a dit: "Ce fut l’une des batailles les plus importantes…Heureusement, le pays tout entier nous a soutenu. Je suis heureux d’avoir pu mettre fin à une période difficile et réussi à maintenir le statut et les droits des travailleurs et travailleuses.”

Le président du comité des salariés de Bromine Compounds, Avner Ben-Senior, a dit: "Nous n’avons pas lutté pour de l’argent et une amélioration des conditions car il s’est agi d’un combat pour défendre un principe, à savoir qu’en premier lieu, une entreprise rentable ne doit pas licencier des travailleurs et travailleuses!”

Rana Plaza : une responsabilité largement partagée

Des chefs d'accusation de meurtre ont été retenus contre les propriétaires d'ateliers de confection installés dans l'immeuble et plus d'une dizaine d'agents de l'administration, accusés de ne pas avoir tenu compte des avertissements demandant de condamner le bâtiment la veille de son effondrement, le 24 avril 2013.

Jyrki Raina, le Secrétaire général d'IndustriALL, qui représente les travailleurs de l'habillement au Bangladesh, a déclaré : 

Les victimes du Rana Plaza et leurs familles méritent que justice leur soit rendue. La responsabilité de la pire catastrophe industrielle qu'ait connu le Bangladesh est largement partagée. L'effondrement de l'immeuble est l'aboutissement d'un système de production intenable qui exige des fournisseurs qu'ils produisent plus pour moins cher et qui repose sur une main-d’œuvre bon marché et des coûts faibles, quelles que soient les conséquences. 

 “Maintenant, les inspections d'usines effectuées dans le cadre de l'Accord sur le Bangladesh signifient que les marques qui ont le sens des responsabilités ne se fient plus à des systèmes de contrôle internes qui ont tragiquement échoué.

Or, après deux années, les victimes du Rana Plaza attendent toujours une indemnisation complète et digne de ce nom. Nous exhortons les marques qui se fournissent au Bangladesh, ainsi que son gouvernement, à honorer leurs obligations et à verser les 2,3 millions $ nécessaires pour que les victimes soient complètement indemnisées.

Des brassards rouges pour des hausses salariales au Myanmar

La fédération des mineurs de Myanmar (MWFM), affiliée à IndustriALL, a obtenu une augmentation des salaires pour les travailleurs et travailleuses de YangTSe, Paypauk AukShin, SinoHydro. Les mines de cuivre Wampao au Myanmar sont situées à Monywa, dans la région de Sagaing.

Quand l’employeur a refusé de négocier des augmentations salariales, en mai, les salariés ont pris la décision de porter des brassards rouges en signe de protestation. Deux semaines plus tard, des pourparlers ont commencé entre le syndicat et l’employeur, mais du fait de l’impossibilité de parvenir à un accord, les salariés ont continué de porter des brassards rouges à leur travail.

La protestation visuelle a permis d’obtenir un résultat, le 14 mai, avec une augmentation des salaires de 50 pour cent, ainsi que le paiement d’arriérés résultant du calcul incorrect des heures supplémentaires entre janvier 2011 et avril 2013.

Les travailleurs et travailleuses de la confection portent des brassards rouge

En mai, les salariés de l’entreprise coréenne de confection New Way Garment Factory dans la zone industrielle Hlaingthayar, Yangon, ont décidé de porter des brassards rouges, ce qui leur a permis finalement d’obtenir une augmentation des salaires.

Plus de 500 membres du syndicat dans l’entreprise de confection New Way Garment Factory ont déclenché une campagne de port de brassards rouges. Les membres de la fédération des travailleurs industriels du Myanmar (IWFM) ont porté des brassards rouges pendant 17 jours à leur travail. Après un contact pris par la direction de l’entreprise auprès des dirigeants syndicaux, un accord a été signé sur une augmentation de base des salaires de 0,35 USD par jour.

Le coût réel de la mode est payé par les travailleurs

Pour le Secrétaire général d'IndustriALL Global Union, Jyrki Raina, "C'est un film important qui montre que suivre la mode a un coût élevé.

"Les conditions effrayantes que subissent les travailleurs de l'habillement dans les chaînes d'approvisionnement mondiales doivent changer. Les profits énormes des marques doivent entraîner des hausses de salaires qui permettent aux travailleurs de survivre."

Comme le montre le film, ce n'est rien moins qu'un changement systémique qui s'impose. Les marques de vêtements ont créé un modèle d'externalisation intenable qui leur permet d'optimiser leurs profits au détriment des travailleurs. Elles l'ont créé et elles peuvent le changer.

IndustriALL Global Union ne se limite pas à décrire l'énorme fossé qui sépare les salaires des travailleurs de l'habillement des bénéfices des grandes marques. Il agit concrètement auprès de ces marques pour changer en profondeur les méthodes du commerce des vêtements, pour s'assurer que les travailleurs reçoivent une partie de ces bénéfices sous la forme de salaires de survie.

Pour mener ce changement à bien, il faut donner aux travailleurs les moyens d'agir par le biais des syndicats. Avec ses affiliés de 140 pays, IndustriALL s'attache à renforcer les syndicats dans tous les pays qui produisent des vêtements.

Jyrki Raina, un des architectes de l'Accord sur l'incendie et la sécurité des bâtiments au Bangladesh, un document ayant force contraignante et qui fait date, signé par plus de 200 marques mondiales de la mode, conclut en ces termes :

Nous travaillons avec les plus grandes marques mondiales de vêtements pour apporter des changements systémiques dans l'industrie textile mondiale.

Des syndicats forts, qui réclament et obtiennent des salaires plus élevés pour les travailleurs de l'habillement empêcheront la spirale mondiale infernale qui voit les marques déplacer leur production d'un pays à l'autre à la recherche de salaires toujours plus faibles.

L'Accord sur l'incendie et la sécurité des bâtiments au Bangladesh

Le but de cet accord est de rendre les lieux de travail plus sûrs au Bangladesh après l'effondrement de l'immeuble du Rana Plaza qui tua plus de 1.100 travailleuses et travailleurs de l'habillement en avril 2013. Il concerne plus de 2 millions de travailleurs et a permis de réaliser à ce jour près de 1.500 inspections d'usines et de détecter des milliers de problèmes de sécurité auxquels il doit être remédié..