Canada : l’USW parvient à réduire le nombre de licenciements chez Rio Tinto

Dans ce qui est son plan de réduction des effectifs le plus lourd depuis le début des années 90, la Compagnie minière IOC a annoncé en avril qu’elle licenciait 150 travailleurs dans le cadre d’une opération de réduction des coûts. Tous les travailleurs des services de nettoyage devraient partir, laissant aux opérateurs de machines lourdes et aux autres salariés le soin de nettoyer.

Le syndicat affilié d’IndustriALL, les Métallos USW, a appris que 150 de ses membres allaient perdre leur gagne-pain au moment où le géant minier Rio Tinto, actionnaire majoritaire d’IOC, fait des bénéfices records.

Mais à la suite de mouvements de protestation syndicale impliquant un millier de participants, IOC a partiellement revu sa décision et conservera 55 des salariés qui devaient initialement partir.

Ron Thomas, Président de l’USW chez IOC Labrador, salue la nouvelle, car on a toujours besoin de ces travailleurs.

Mais il reste des problèmes chez IOC. En plus des licenciements maintenus, il existe plus de 2.500 litiges en cours. La direction contrevient constamment à la convention collective, ne laissant d’autre choix que les procédures de litige.

Lors de l’assemblée générale annuelle des actionnaires de Rio Tinto à Londres en avril de cette année, le conflit chez IOC a été évoqué à la fois par Ron Thomas et IndustriALL.

Parlant du recours massif de Rio Tinto à la sous-traitance, Ron Thomas avait déclaré :
“Les sous-traitants chez IOC ne sont plus les ouvriers spécialistes d’avant, ils remplacent constamment nos membres.

“Rio Tinto doit traiter nos membres avec respect et les remettre au travail.”

IndustriALL fait campagne pour accroître la présence syndicale dans les usines de Rio Tinto et forcer l’entreprise à reconnaître les droits des travailleurs. Alors que l’entreprise prétend appliquer de bonnes pratiques entrepreneuriales, dans les faits le bilan de Rio Tinto fait état de conflits majeurs avec les syndicats, les communautés locales, les populations indigènes et les autorités.

Kemal Özkan, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, déclare :
“IndustriALL soutient sans réserve les Métallos USW dans leur lutte chez Rio Tinto au Labrador. Les violations systématiques par Rio Tinto de sa convention collective avec l’USW au Labrador doivent cesser.

Nous exigeons que Rio Tinto adopte une attitude positive par rapport aux relations sociales et négocie de bonne foi avec l’USW pour résoudre ce conflit.

Hugo Boss doit se préoccuper des infractions commises par son fournisseur péruvien

Dans un courrier adressé au PDG de Hugo Boss, M. Claus-Dietrich Lahrs, IndustriALL appelle la multinationale à s’assurer instamment que Topy Top réintègre les syndicalistes mis à pied et cesse de résilier ses contrats de travail à court terme avec les salariés syndiqués.

L’utilisation de ces contrats à court terme par les fournisseurs péruviens du secteur du textile et de la confection non seulement est contraire aux normes internationales du travail et au propre code de conduite de Hugo Boss, mais elle empêche également les travailleurs de se syndiquer et de défendre leurs droits.

Le Secrétaire général d’IndustriALL, Jyrki Raina, écrit :

“Topy Top est bien connu de nous, car nous avons régulièrement eu affaire aux infractions de cette entreprise. C’est un exemple type des problèmes qui font suite au recours abusif aux contrats à court terme.”

Cette lettre tombe au moment où Hugo Boss a l’intention de rencontrer la direction de Topy Top dans les locaux de la marque en Allemagne.

En avril, au cours des négociations sur une nouvelle convention collective, Topy Top a renvoyé Huber Amed Albujar, le Secrétaire du syndicat SINTOTTSA, affilié à IndustriALL par le biais de la FNTTP (Fédération nationale des Travailleurs du Textile du Pérou).

L’entreprise a également mis dehors 12 syndiqués, dont cinq étaient censés bénéficier d’une immunité à cet égard.

Albujar a été un critique virulent de l’exploitation des contrats à court terme et un ferme défenseur des droits des travailleurs au sein de l’entreprise. Ce n’est pas la première fois que Topy Top a tenté de s’en débarrasser.

Il est maintenant confronté à quatre accusations de fautes, qu’il récuse toutes.

IndustriALL, ensemble avec son affilié FNTTP, exige que Hugo Boss assure :

De plus, la FNTTP, avec ses syndicats membres, revendique depuis longtemps que les contrats à court terme soient convertis en contrats permanents, en accord avec le propre code de conduite de Hugo Boss.

IG Metall s’engage pour le renforcement des accords mondiaux

Au cours d’une réunion tenue les 2 et 3 juin au siège du syndicat à Francfort, les participants de cet atelier particulier ont débattu de leurs expériences et des évolutions générales dans le domaine des ACM, y compris les quarante-six d’entre eux conclus entre IndustriALL et des multinationales, parmi lesquelles ont compte bon nombre d’entreprises d’origine allemande. Cet accords couvrent un large éventail de secteurs, allant de l’aérospatiale à l’ingénierie mécanique et font référence à toute une série de notions, dont les conventions fondamentales de l’OIT, le travail décent, la santé et la sécurité professionnelles, l’interdiction du travail des enfants, le travail forcé et d’autres encore.

Les nouvelles lignes directrices pour les ACM, adoptées par le Comité exécutif d’IndustriALL lors de sa réunion de Tunis en décembre 2014, ont également été débattues par les participants. Ces nouvelles lignes directrices fixent une série de principes concernant la procédure de négociation et de conclusion des nouveaux ACM de manière transparente et ouverte. Les participants ont analysé la progression entre les ACM datant de la fin des années quatre-vingt-dix et ceux conclus récemment.

Les participants ont également évoqué les résultats d’une étude sur les première et deuxième générations d’ACM qui a été menée récemment en collaboration avec des scientifiques. Cette étude détermine que ces accords ont plus d’influence sur les politiques des multinationales qu’on ne le pensait. D’autre part, elle montre qu’il y a toujours beaucoup de chemin à parcourir. Il a été dit lors de l’atelier qu’“Il ne fait aucun doute que la présence d’un syndicat et d’un conseil d’entreprise est cruciale pour faire d’un ACM une réussite. Si nous n’en assurons pas le suivi, l’accord reste lettre morte comme le montrent certains mauvais exemples d’accords de la première génération”. L’atelier a encore souligné l’importance de la mise en œuvre et du renforcement des capacités pour les structures syndicales nationales et locales, partout dans le monde dans les pays où les compagnies multinationales déploient leurs activités.

Wolfgang Lemb, membre du Comité exécutif d’IG Metall, a indiqué clairement que la valeur d’un ACM qui fonctionne bien ne doit pas être sous-estimée et que dans le même temps il est crucial de le situer dans le contexte d’une série d’activités et d’une présence syndicale, un ACM constituant un élément parmi d’autres au sein d’une boîte à outil complexe.

Kemal Özkan, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, a déclaré dans son allocution :

Pour IndustriALL, les ACM doivent rencontrer les normes que nous avons définies ensemble au sein de nos lignes directrices sur les ACM. Ils doivent contenir au minimum les normes fondamentales du travail de l’OIT, telles que la liberté syndicale, le droit à la négociation collective, l’interdiction du travail des enfants et du travail forcé et des règles de non-discrimination. Mais nous en voulons davantage. Avec un ACM digne de ce nom, nous voulons faire une différence pour les salariés de l’entreprise signataire et nous devons y intégrer la chaîne d’approvisionnement et des règles pour le suivi de l’ACM avec la participation des syndicats.”

Les affiliés d'Europe orientale se réunissent pour être plus forts dans la sidérurgie et la mine

Fernando Lopes, le Secrétaire général adjoint d'IndustriALL, a fait rapport sur les tendances mondiales dans la sidérurgie. Suivant les prévisions des grandes firmes du secteur, la Chine est le seul pays dont la production et la consommation progressent et son taux de croissance devrait encore doubler d'ici à 2030. Les États-Unis, deuxième producteur mondial, et la Russie, qui vient en septième place, conserveront leurs positions entre 2014 et 2030, mais avec des volumes de production en légère baisse. Ce recul serait dû en grande partie à l'utilisation de nouveaux matériaux pour remplacer le métal, par exemple dans l'automobile et d'autres industries.

Pour Sergueï Komychev, le Président du Syndicat des travailleurs de l'industrie métallurgique et minière d'Ukraine (MMIWU), la chute de la production métallurgique de 40 à 30 millions de tonnes par an est le résultat des changements survenus dans l'économie ukrainienne après la crise financière de 2008-2010, ainsi que du conflit militaire au Donbass. Il a également évoqué les rapports difficiles avec l'association d'employeurs du pays. Les multinationales n'en font pas partie et ne sont donc par concernées par la convention collective de branche.

Les participants se sont penchés de près sur le travail précaire, de plus en plus répandu dans la région. En Ukraine, le recours au travail précaire est limité par la "loi sur l'emploi de la population", entrée en vigueur le 1er janvier 2013, qui a légalisé la relation de travail triangulaire et impose une licence pour pouvoir recruter des travailleurs pour le compte d'un autre employeur. Elle a par exemple entraîné la fermeture de l'agence d'emploi Azov Personnel Service qui réemployait beaucoup de travailleurs dans des entreprises métallurgiques. Peinant dans les ateliers surchauffés d'autres entreprises et dans des conditions de travail dangereuses, alors qu'ils étaient officiellement employés par Azov, ces travailleurs n'avaient aucune des prestations auxquelles ils auraient eu droit s'ils avaient été employés directement par l'entreprise. Après la fermeture de cette agence d'emploi, plusieurs centaines de travailleurs ont été réintégrés de manière permanente. Mais il a fallu du temps au MMIWU pour reconstituer leurs antécédents professionnels dont ils avaient perdu la trace pendant la période où ils étaient employés par Azov.

Andreï Chevdov, le Vice-président du Syndicat des mineurs et des travailleurs de la métallurgie de Russie, a dit que la Russie avait adopté une loi interdisant le travail précaire.

Assylbek Nuralin, le Président du Syndicat des travailleurs de l'industrie minière et métallurgique de la République du Kazakhstan, a évoqué les difficultés que rencontre son syndicat lorsqu'il négocie au niveau sectoriel. Le cours de l'aluminium a chuté à deux reprises en cinq ans, le cuivre a perdu un tiers de sa valeur et le minerai de fer a chuté de 40 pour cent. Les prix sont maintenant proches des coûts de revient. Dans le même temps, le nombre des travailleurs a diminué de plus d'un tiers dans certaines industries, ce qui complique la tâche des syndicats qui doivent négocier avec les employeurs.

Eldar Tadzhibaev, le Président du Syndicat de la mine et la métallurgie du Kirghizistan, a parlé de l'évolution de son syndicat et de la réforme de structure prévue dans ses statuts.

Tamaz Dolaberidze, le Président du Syndicat des travailleurs des industries métallurgique, minière et chimique de Géorgie, a commenté les pressions exercées sur les travailleurs syndiqués chez RMG Gold et RMG Copper. Il a également fait rapport sur le projet de syndicalisation soutenu par le syndicat norvégien Industri Energi.

Les participants à la réunion se sont félicités de la décision du Comité exécutif d'IndustriALL d'accepter l'affiliation du Syndicat de branche des Organisations syndicales de mineurs, métallurgistes et bijoutiers de la République d'Arménie (TUMMJRA), et Fernando Lopes a remis un drapeau d'IndustriALL Global Union à la délégation du syndicat.

Madagascar : des tentatives de suicide après les licenciements chez Sherritt

Sherritt, une multinationale d’origine canadienne, exploite la mine et les installations de traitement de nickel d’Ambatovy à Madagascar, où elle est l’actionnaire majoritaire. Ambatovy est la plus grande exploitation au monde de nickel et de cobalt finis au départ de minerai latéritique.

Le 3 juin, Sherritt a annoncé de manière inattendue qu’il mettait à la porte 1.100 des travailleurs d’Ambatovy. Ce nombre de licenciements chez Ambatovy représente 12% des emplois directs et indirects de Sherritt au niveau mondial.

Lorsque les travailleurs se sont présentés à l’usine d’Ambatovy le vendredi 5 juin, ils ont été refoulés et informés qu’ils avaient perdu leur emploi. Certains sont allés jusqu’à se défaire de leurs vêtements de travail et ont entrepris de rentrer chez eux pieds nus.

Le caractère soudain des licenciements a conduit à une situation désespérée pour les travailleurs et leurs familles, nombre d’entre eux ayant contracté des emprunts pour construire leur maison sur foi de leur emploi auprès de la compagnie minière. Les travailleurs mis à pied se sont tout juste vus offrir un mois de salaire en guise de prime de licenciement.

Pas plus tard qu’en octobre dernier, Sherritt annonçait que le site d’Ambatovy se verrait épargner les 10% de pertes d’emplois qui affectent ses autres sites de par le monde dont ceux de Cuba, d’Espagne et du Pakistan, faisant de la mine de Madagascar sa principale priorité après un investissement de 7 milliards de dollars.

Les performances d’Ambatovy ont été jugées excellentes en 2014 et l’entreprise a annoncé une hausse de 11% de ses revenus au départ de ce site pour le premier trimestre.

Les objectifs de production ont été atteints en mars, en avance sur le programme, en dépit d’un arrêt de deux semaines en raison de problèmes techniques, ainsi que d’une grève de 17 jours sur le site d’extraction de Moramanga. Sherritt avait encore annoncé que la production d’avril n’avait pas été affectée par une autre grève de 10 jours à l’usine de Tamatave.

En mai, l’entreprise a déclaré que la chute continue des cours du nickel sur les marchés mondiaux a eu un effet adverse sur ses bénéfices et que les grèves et la fermeture de son usine d’Ambatovy pendant deux semaines avaient contribué au déclin des bénéfices.

Les syndicats rejettent les affirmations de Sherritt selon lesquelles les actions de grève avaient affecté les bénéfices et disent que les licenciements massifs sont en fait des représailles impitoyables envers les tentatives des travailleurs d’obtenir des salaires équitables pour les locaux par rapport au personnel étranger et les protestations contre le département des ressources humaines à propos de plus de 50 cas de licenciements abusifs.

Après une conférence de presse convoquée par la direction d’Ambatovy, les médias locaux ont violemment attaqué les syndicats pour avoir contribué aux difficultés financières de l’entreprise et aux pertes d’emploi. L’absence d’accès pour les syndicats aux données financières chez Ambatovy empêche de pouvoir déterminer réellement si la décision soudaine de supprimer 1.100 postes est due à des raisons financières ou est une forme de représailles aux grèves qui ont précédé.

Les syndicats affirment que différentes procédures requises par la législation nationale du travail n’ont pas été suivies au moment de décider et de mettre en œuvre le plan de licenciement.

IndustriALL compte des affiliés dans le secteur des mines à Madagascar. Le Directeur pour les Mines d’IndustriALL, Glen Mpufane, a déclaré :

“Nous présentons nos plus sincères condoléances à la famille de la travailleuse qui s’est suicidée. Il apparaît évident que le sort de plus d’un millier de mineurs n’a pas d’importance pour une direction dont la seule préoccupation est le profit. IndustriALL appelle le gouvernement de Madagascar à prendre des mesures dans l’intérêt des travailleurs et travailleuses. La législation du pays exige que les travailleurs soient consultés et un plan de licenciement mis en place. Si cela avait été respecté, peut-être la vie de cette travailleuse aurait-elle été épargnée.”

L’inquiétude monte à propos de la législation syndicale au Cambodge

Au cours des derniers 18 mois, on a vu au Cambodge les travailleuses et travailleurs descendre dans les rues pour faire entendre leurs revendications visant à une revalorisation du salaire minimum et à de meilleures conditions de travail. Trop souvent, ces actions se sont heurtées à des réactions violentes de la part des autorités.

À la suite de ces violences, des enseignes de la confection de stature mondiale et les syndicats ont incité le gouvernement à remettre à l’ordre du jour un projet de législation syndicale apparu à l’origine en 2011 et ensuite abandonné.

En 2014, ce projet de nouvelle législation a été remis sur le métier et les partenaires sociaux ont été consultés. Les syndicats aussi bien que les enseignes de la confection veulent voir l’émergence de lois qui protègent les droits fondamentaux et jettent de meilleures bases pour les relations sociales dans le secteur.

Cependant des craintes existent que le projet actuel datant d’octobre 2014 ne fasse l’inverse.

Un article du projet régit la structure des syndicats et fixe à 20% le minimum d’adhérents pour pouvoir mettre en place un syndicat, un seuil considéré excessif et qui peut s’avérer être un obstacle.

Un autre article offre au gouvernement le pouvoir de suspendre un syndicat si ses actes ne rencontrent pas son approbation, comme des grèves par exemple. Il s’avérerait également qu’il interdise les contacts avec des ONG qui ne sont pas enregistrées au Cambodge, de sorte à tenter de priver les syndicats de solidarité internationale.

Le mois dernier, IndustriALL, ensemble avec la Confédération syndicale internationale (CSI), a écrit au Premier Ministre du Cambodge pour appeler instamment le gouvernement à réévaluer cette législation qui est “gravement régressive (…) largement en désaccord avec les normes internationales”.

Certaines portions du projet de législation syndicale ne sont pas conformes aux dispositions des Conventions de l’OIT n°87 (sur la liberté syndicale et la protection du droit syndical) et n°98 (sur le droit d’organisation et de négociation collective), toutes deux ratifiées par le Cambodge.

Au contraire, cette loi risque de représenter un sérieux pas en arrière et menace de saper, plutôt que de protéger, les droits à la liberté syndicale, à se syndiquer et à négocier collectivement.

Le Secrétaire général d’IndustriALL Jyrki Raina déclare :

Ce projet de loi sur les syndicats s’attire des critiques de toutes parts. Le gouvernement cambodgien ne peut pas permettre qu’elle braque les travailleurs, ce qui conduirait inévitablement à la détérioration de relations déjà fragiles.

Grève contre la baisse des pensions des affiliés britanniques de IndustriALL dans la sidérurgie

La première grève nationale au Royaume-Uni dans la sidérurgie en 35 ans a reçu un puissant soutien dans les bulletins de vote des quatre grands syndicats de Tata: Community, Unite, GMB et UCATT. Community, Unite et GMB sont affiliés à IndustriALL Global Union. UCATT, qui syndique les salariés de la construction, est affilié à l’Internationale des travailleurs du bâtiment et du bois.

Les membres de Community, qui est le syndicat le plus important chez Tata Steel UK, ont voté à 88 pour cent en faveur de la grève.

Le déficit du fonds de pension de Tata Steel UK s’est considérablement accru depuis 2011, et malgré des concessions considérables du personnel durant la crise financière, Tata tente d’obtenir que les salariés paient la note du déficit du fonds de pension.

Le secrétaire général de IndustriALL, Jyrki Raina, a écrit au président de Tata Steel, Cyrus Mistry, pour demander que l’entreprise reprenne les négociations et cherche à obtenir une solution juste avec les affiliés de IndustriALL:

Tata s’enorgueillit d’être l’entreprise mondiale la plus éthique, mais sa décision de fermer le fonds de pension de la sidérurgie britannique en raison des futures charges à payer signifie que les salariés et leurs familles, qui sont le moteur de l’entreprise, souffriront financièrement au moment de prendre leur retraite. Cette décision est en contradiction totale avec les propres valeurs de Tata, sans compter que le refus d’engager un dialogue sérieux avec les syndicats signifie que les métallurgistes n’ont d’autre alternative que d’engager une action revendicative pour défendre leur droit à une pension de retraite durement acquise.

Le secrétaire général Raina a également insisté sur le fait que les syndicats britanniques étaient déjà prêts de discuter d’autres options depuis novembre dernier. Les quatre syndicats ont proposé à Tata d’épargner 850 millions de livres sterling (1,3 milliard d’USD) sur les pensions.

La réunion du Comité exécutif de IndustriALL à Stockholm, Suède, les 19 et 20 mai 2015, a soutenu à l’unanimité le combat des sidérurgistes britanniques pour protéger leurs pensions de retraite. IndustriALL a porté la question à l’OCDE les 11 et 12 mai.

En raison du travail intensif dans l’industrie sidérurgiste, des longues et dures journées de travail, les salariés ont toujours pu prendre leur retraite à 60 ans en touchant une pension complète. La fermeture du fonds de pension de la sidérurgie britannique fera perdre aux travailleurs 25 pour cent de leur pension de retraite, à moins qu’ils ne travaillent cinq années supplémentaires, soit une perte de 5 pour cent par an.

Tata Steel UK a quatre sites de production au pays de Galles: Port Talbot, Llanwern, Shotton et Trostre, ainsi que Motherwell en Écosse, et Corby, Scunthorpe, Redcar, Rotherham, Hartlepool, Walsall et Wednesbury en Angleterre.

Les mécaniciens hongrois spécialistes des turbines se préparent à faire grève pour un salaire équitable

La Fédération des Travailleurs de la Chimie de Hongrie, VDSZ appelle à la solidarité internationale en faveur de ses membres de Granite Hongrie. Alors que Granite déploie des activités dans 100 pays, sur 2.500 sites avec 6.000 salariés, les conditions imposées aux travailleuses et travailleurs en Hongrie sont bien inférieures à ce qui se pratique ailleurs.

Les salariés de Granite effectuent la maintenance des turbines et compresseurs utilisés dans la cadre de la production d’électricité. L’entreprise a son siège aux États-Unis, en Floride, et est une filiale à 100% de General Electric, GE.

Les techniciens sont souvent rappelables et réagissent immédiatement lorsque des réparations s’imposent, ce qui implique de se déplacer sur un site qui peut se situer n’importe où sur le globe. Pendant le temps où un rappel est possible, le salaire horaire de 3 euros est bas. Les conditions d’emploi lors des missions extérieures sont insuffisantes et les Hongrois ont le sentiment de subir une discrimination.

Après la mise sur pied d’une section syndicale locale en 2014 et son adhésion à la VDSZ, des négociations ont été menées en avril 2015 entre le nouveau syndicat et la direction régionale de Granite. Face aux revendications des travailleurs toujours ignorées à ce stade et un employeur qui ne se comporte pas conformément à la convention, la VDSZ se prépare à la grève pour exiger un traitement conforme à celui des autres salariés de Granite ailleurs dans le monde et des salaires corrects, en vertu des performances.

Le président de la VDSZ, un syndicat fort de 30.000 membres, Tamás Székely, qui est également membre suppléant du Comité exécutif d’IndustriALL, dialogue avec la direction de Granite. Des messages de solidarité avec les travailleurs de Granite peuvent être envoyés vers la boîte [email protected].

Le Secrétaire général adjoint d’IndustriALL Kemal Özkan a assuré du soutien de l’internationale :

Il n’y a aucune justification à ce que les salariés hongrois de Granite soient traités avec moins de respect que des travailleurs affectés aux mêmes tâches au sein de la même entreprise ailleurs dans le monde. Leurs exigences de conditions similaires et d’un salaire égal sont fondées. Nous suivons attentivement leur lutte et célébrerons comme il se doit les hausses salariales qu’ils méritent lorsque qu’ils les obtiendront.

Les syndicats prêts à reconstruire le Népal

Des représentant(e)s des syndicats, des employeurs et des gouvernements du monde entier assistaient à cet évènement. Malgré les terribles épreuves subies par le Népal au cours des récents tremblements de terre, les syndicats népalais estiment généralement que les choses ne doivent pas s’arrêter là, et que c’est le début d’un processus. Différents orateurs ont exprimé cette idée à de nombreuses reprises lors de cet évènement.

Le Népal traverse une période dramatique après une série de tremblements de terre dévastateurs, le premier ayant eu lieu le 25 avril dernier. Son épicentre se situait à Barpak, un village isolé du district de Gorkha; il avait une magnitude de 7,8 sur l’échelle de Richter. Aucune maison n’est actuellement habitable. Le lendemain, la zone fortement touchée par le séisme couvrait 16 districts, et une série de répliques a occasionné de nouvelles destructions.

Le troisième tremblement de terre important s’est produit le 12 mai avec une magnitude estimée de 7,3 sur l’échelle de Richter. Il n’a pas été moins dévastateur que le premier, bien que légèrement moins fort. En tout, environ 300 secousses ont été enregistrées au Népal, lesquelles ont causé plusieurs glissements de terrain qui ont occasionné de nouveaux dégâts.

Selon le JTUCC, 8.699 personnes ont été rapportées jusqu’ici comme étant mortes. Il y a eu également près de 22.000 blessés. Plus d’un demi-million d’habitations ont été détruites. De nombreuses institutions d’éducation dont des écoles sont à l’état de ruines. Le JTUCC évalue à 8 milliards de NPR (environ 70 millions d’euros) les pertes subies par les institutions d’éducation et les écoles, un lourd fardeau pour un pays comme le Népal. Près de 600 sites du patrimoine ont été gravement endommagés ou totalement détruits.

Un rapport détaillé sur les conséquences du tremblement de terre “Nepal’s killer Quake’15, Post quake review: destruction & possibilities” a été diffusé au Forum sur le Népal. Ainsi qu’un documentaire déchirant “Nepal’s Killer Quake ’15” montrant le résultat dévastateur, qui a été projeté lors de la réunion.

Après des exposés de dirigeants syndicaux népalais au niveau national, une séance de questions-réponses a été organisée. Les représentant(e)s des syndicats et des gouvernements ont délivré de nombreux messages de solidarité et de soutien.

Les organisateurs de la réunion ont expliqué ce qu’était la situation des migrants népalais au Qatar qui n’ont pas eu l’autorisation de quitter leur emploi en raison de la Kafala en vigueur au Qatar. Selon Bishnu Rimal, président du JTUCC, un accord est en vue avec le Qatar, qui permettra aux Népalais/es de se rendre dans leur pays. Rimal a également fait remarquer qu’en cas de problème, les travailleurs et travailleuses doivent contacter le JTUCC.

JTUCC a également expliqué comment acheminer un soutien solidaire aux victimes des séismes au Népal. Pour cela, se reporter à notre article précédent décrivant la possibilité de faire des dons par l’intermédiaire de GEFONT.

Plusieurs affiliés de IndustriALL ont déjà versé des dons aux syndicats népalais, comme la fédération nationale des syndicats du Pakistan (NTUF) qui s’est rendue au Népal du 12 au 17 mai pour distribuer des produits alimentaires d’une valeur de 200.000 USD. Le bureau régional de IndustriALL en Inde a donné son assistance à cette occasion et est prêt de nouveau à apporter son aide en cas de besoin.

À la fin de la réunion, IndustriALL a interviewé en vidéo Bishnu Rimal, président du JTUCC.

La CSI lance une pétition pour arrêter les négociations commerciales TPP

La CSI a lancé une pétition en ligne visant les ministres du commerce du TPP en leur demandant d’arrêter les négociations et d’en faire connaître le texte. La pétition est rédigée en anglais, espagnol et français.

L’accord commercial est négocié entre 12 pays – Australie, Brunei, Canada, Chili, Japon, Malaisie, Mexique, Nouvelle-Zélande, Pérou, Singapour, États-Unis et Viêt-nam.

“Avec ces tractations commerciales qui ont lieu à huis clos, les travailleurs et travailleuses en seront les perdants car elles vont concentrer encore plus de pouvoir entre les mains des entreprises multinationales, au détriment du bien commun,” a dit Sharan Burrow, secrétaire générale de la CSI.

La pétition de la CSI dit:

“Un bon accord doit s’appliquer avant tout aux gens en renforçant les droits fondamentaux du travail comme spécifiés par l’Organisation internationale du Travail, la protection de l’environnement et les services publics, et ne pas offrir de droits spéciaux aux investisseurs étrangers leur permettant de poursuivre en justice des gouvernements, ce qui ne peut que saper les décisions prises aux niveaux local, régional et national, et la législation, et de promouvoir un accès à un prix abordable à des médicaments vitaux avec des règlementations justes de patentes. Pour conclure, les méthodes employées par le TPP avant de rendre publiques ses règles radicales, ne sont pas compatibles avec une gestion ouverte et participative.”