Des conventions collectives sectorielles pour contrer les problèmes des travailleurs dans l’industrie chimique

En Belgique, les affiliés d’IndustriALL CSC BIE et CG-FGTB ont conclu une convention d’un an qui couvre environ 100.000 travailleurs et travailleuses et qui comporte des augmentations salariales, des dispositions en matière de retraite anticipée, des mesures en faveur de la formation, ainsi qu’un fonds démographie.

Ce fonds démographie va jouer un rôle pour les travailleurs ayant une longue ancienneté. Comme les travailleurs seront peut-être appelés à prendre leur pension à un âge plus avancé que prévu, le fonds a pour but de prendre en compte les difficultés qui y sont liées. Les modalités pratiques doivent encore en être fixées, mais ce sont employeurs et syndicats qui géreront le fonds.

Bien qu’elle doive encore être entérinée, une convention collective portant sur trois ans et concernant 200.000 travailleurs et travailleuses a récemment été élaborée par les affiliés espagnols d’IndustriALL Industria de CC.OO. et FITAG – UGT. En plus de fixer des hausses salariales, cette convention collective comporte une clause qui garanti le pouvoir d’achat des salariés, une clause améliorée d’égalité des chances, une déclaration de principe qui promeut la RSE et un engagement en vue de donner une plus grande priorité à la formation sur le lieu de travail.

Dans le cadre de la nouvelle convention, les deux affiliés espagnols d’IndustriALL sont parvenus à faire retirer aux employeurs leurs plans visant à l’allongement du temps de travail, à l’élimination des primes liées à la longueur de la carrière et à l’application d’une hausse plus légère du salaire minimum.

La convention comporte une clause améliorée concernant l’égalité des chances avec le renforcement d’une commission paritaire et l’amélioration de la représentation des salariés durant les crises.

Le Secrétaire général adjoint d’IndustriALL Kemal Özkan félicite au nom de l’organisation les deux affiliés espagnols et salue les deux conventions sectorielles.

Des conventions qui couvrent tout un secteur sont rares, mais nous espérons les voir devenir plus répandues à l’avenir, car elles renforcent les droits des travailleurs.

Le mouvement syndical se développe en Géorgie

Le dernier d’une série de cinq ateliers sur un projet syndical de syndicalisation, soutenu par IndustriALL et l’affilié norvégien Industri Energi (IE), s’est tenu à Kobuleti du 31 mai au 2 juin 2015.

Après l’adoption d’un nouveau code du travail en 2006, les syndicats de Géorgie ont subi pendant plusieurs années une pression du patronat et de l’État. Selon les experts, le code du travail est l’un des pires exemples parmi les codes existants actuellement dans le monde. À la suite des fortes pressions exercées par les entreprises, la Géorgie n’a qu’une minuscule brochure de 60 pages environ qui ne mentionne pas les syndicats, mais détaille au contraire une législation du travail correspondant aux normes internationales et à celles de l’OIT.

Le code du travail a eu des conséquences graves pour les travailleurs et travailleuses du pays; les inspections du travail ont été abolies, les syndicats sont soumis à une pression constante, et de ce fait les effectifs syndicaux sont en baisse.

Il a fallu plus de sept ans de luttes syndicales pour que les pouvoirs publics entendent la voix des syndicats, entament un dialogue et modifient un peu la législation du travail.

Tamaz Dolaberidze, président du syndicat des travailleurs de la métallurgie, des mines et de l’industrie chimique de Géorgie (TUMMCIWG), affilié à IndustriALL, a dit:

Comme les pouvoirs publics ne se rangent plus aux côtés de l’employeur lors d’un conflit collectif du travail et sont plus ouverts au dialogue social, nous avons maintenant plus de possibilités de développer nos syndicats.

Des dirigeants et des militants du syndicat des travailleurs de la métallurgie, des mines et de l’industrie chimique de Géorgie ont participé à l’atelier et écouté Ole-Kristian Paulsen, conseiller international de l’IE. Il a parlé aux participant(e)s des activités menées par les syndicats norvégiens et de la reconnaissance ultérieure du besoin d’un dialogue d’égal à égal entre les partenaires sociaux, qui a permis la prospérité du pays.

Au sujet des efforts des employeurs géorgiens pour supprimer les syndicats dans leurs entreprises, Ole-Kristian Paulsen a dit:

C’est totalement contre-productif car tout le monde finira par être syndiqué. Si l’employeur avait entrepris des efforts aussi grand pour développer la production, l’entreprise aurait obtenu de bien meilleurs résultats et réalisé de plus grands bénéfices pour elle et des salaires plus élevés pour les salariés.

Eduard Vokhmin, formateur syndical, a facilité la formation pratique. Les participant(e)s ont pratiqué diverses méthodes de syndicalisation utilisées dans certaines situations dans leurs entreprises.

Ukraine : la solidarité internationale met le holà aux interrogatoires

Au cours de ces quelques dernières semaines, plusieurs dirigeants et militants syndicaux du NPGU et du Syndicat des Mineurs des Charbonnages d’Ukraine ont subi des interrogatoires par les services de sécurité après que des milliers de mineurs ont envahi la capitale Kiev en provenance de tout le pays fin avril pour protester contre le non-paiement des salaires et la fermeture de mines.

Les autorités suspectaient que le financement des actions des mineurs soit en provenance non pas des syndicats mais de tierces parties ayant l’intention de renverser le pouvoir. Elles ont lancé une instruction judiciaire sur cette affaire et les dirigeants et militants syndicaux ont été interrogé en tant que témoins.

Mikhailo Volynets, qui est à la tête du NPGU, a été interrogé pendant plusieurs heures le 18 juin sur ses activités syndicales. Il rejette fermement les accusations.

Les actions de protestation menées en avril faisaient suite au Troisième Congrès des Mineurs tenu par les deux syndicats à Kiev le 21 avril 2015. Près de 800 délégués y étaient réunis pour débattre de la situation difficile de l’industrie ukrainienne du charbon.

Les syndicats des mines exigent que le gouvernement résorbe les arriérés de salaire, restaure les garanties sociales des travailleurs, fixe un prix équitable pour le charbon ukrainien, mette un terme aux importations de charbon, arrête les fermetures de mines et fournisse une aide financière à l’industrie minière dans son ensemble.

Volynets a prévenu que les mineurs lanceraient une grève nationale au finish si les autorités ignoraient leurs revendications.

Ces interrogatoires sont liés aux actions menées en avril et coïncidaient avec une autre vague de manifestations de masse à Kiev en mai et juin. Les syndicats exigeaient une nouvelle fois que le gouvernement mette fin à sa politique anti-sociale et prenne des mesures pour résoudre les problèmes économiques et sociaux.

Jyrki Raina, Secrétaire général d’IndustriALL a déclaré :

Au lieu d’écouter les syndicats et de prendre des mesures adéquates pour empêcher le déclin du secteur industriel des charbonnages, le gouvernement s’est lancé dans une chasse aux sorcières, rendant les dirigeants syndicaux et les mineurs otages des mauvaises politiques de l’État. Le mouvement syndical international suit de près les événements en Ukraine et condamne toute violation des droits de l’homme et des libertés syndicales.”

Japon: ratification accélérée de la Convention de Hong Kong

Une rencontre a eu lieu le 9 juin, entre une délégation conjointe de l’affilié de IndustriALL le Conseil du syndicat des métallurgistes du Japon et de la fédération des syndicats de travailleurs de l’industrie de base du Japon, et le ministère de l’aménagement du territoire, de l’infrastructure, du transport et du tourisme. La réunion avait pour but de demander au gouvernement japonais de ratifier la Convention de Hong Kong et de contribuer à la réalisation d’une solution efficace sur la question de la démolition des navires.

Le ministère a répondu qu’un effort sera fait pour accélérer la ratification de la Convention de Hong Kong en établissant une législation nationale destinée à répondre aux impératifs.

Il a également été mentionné que le ministère tient des consultations avec l’Inde, le pays le plus grand au monde pour la démolition des navires, afin d’accélérer une coopération bilatérale destinée à améliorer les conditions dans l’industrie de démolition des navires. 

La colère gronde chez les travailleurs devant l'indifférence de LafargeHolcim

Les délégués ont exprimé leur colère et leurs préoccupations quant aux conséquences de la fusion dans la pratique, et ils ont évalué les effets de la campagne mondiale et des actions menées au niveau local par les syndicats en réaction à l'indifférence de la direction et à l'absence d'un dialogue social, d'une information et d'une consultation dignes de ce nom.

Trois journées d'action mondiale ont eu lieu depuis le début de l'année et ont été largement suivies aux quatre coins de la planète.

Un représentant du français Lafarge était présent à la réunion et a été soumis à des questions et critiques acerbes des participants. Ils lui ont exprimé leur malaise face aux licenciements liés à la restructuration de l'entreprise ainsi qu'aux cessations d'activités sans reconnaissance des droits fondamentaux. Les cas particuliers de l'Inde, l'Indonésie, l'Italie et la Belgique ont été évoqués comme particulièrement préoccupants en raison du nombre élevé de licenciements injustifiés et de l'incertitude pour l'avenir des travailleurs et de leurs familles, sans qu'aucune autre solution soit explorée.

L'avenir des relations du travail et du dialogue social à l'échelon mondial et local est remis en cause, et l'extension à la nouvelle entité de l'actuel accord-cadre mondial (ACM) réclamée de toutes parts. Une réglementation adéquate de la participation des travailleurs et de la santé et la sécurité au travail restent une préoccupation majeure de tous les salariés de Lafarge et de Holcim.

Les participants ont été proprement scandalisés que la direction de Holcim n'ait pas assisté à la conférence pour s'entretenir avec les travailleurs.

Les représentants des travailleurs ont ensuite discuté de nouvelles mesures pour faire monter la pression sur la direction de la future entreprise.

Le Secrétaire général adjoint d'IndustriALL Kemal Özkan a déclaré :

Nous sommes venus ensemble à cette réunion du comité syndical mondial pour discuter des revendications fondamentales qu'ont les travailleurs à la suite de la fusion des deux géants mondiaux du ciment, Holcim et Lafarge. Nous sommes toujours ouverts à un dialogue authentique, mais la direction de Holcim fait montre d'une arrogance inacceptable en refusant de parler aux représentants des travailleurs alors que la date de cette réunion était connue depuis des mois.

IndustriALL à la Conférence internationale du travail

Pendant les deux semaines de la conférence a été dressée une liste succincte de 24 pays dont les cas devaient être étudiés par la Commission de l'application des normes en raison d'une absence d'application des conventions de l'Organisation internationale du travail (OIT).

Cette Commission est un organe tripartite composé de représentants des travailleurs, des employeurs et des gouvernements.

IndustriALL s'est principalement intéressé aux cas de non-respect de la Convention n°87 sur la liberté syndicale et la protection du droit syndical, dont ceux du Bangladesh, du Bélarus, du Mexique et du Swaziland.

Au Mexique, IndustriALL poursuit le combat contre les syndicats de protection qui ne représentent pas les travailleurs et servent uniquement les intérêts des employeurs et de fonctionnaires corrompus. La Commission a reconnu l'existence de ces syndicats de protection et a recommandé en termes vifs au gouvernement de mettre en place des mesures et réformes législatives empêchant leur enregistrement. Pour en savoir plus, cliquez ici

Les déclarations des travailleurs ont illustré les énormes défis qui se posent au Bangladesh pour se conformer à la convention 87, notamment des problèmes juridiques, la question des ZFE (zones franches d'exportation), la discrimination et la violence antisyndicales et l'enregistrement des syndicats.

IndustriALL a dénoncé la violence antisyndicale au Bangladesh en produisant plus particulièrement un film montrant deux responsables syndicales passées à tabac dans une usine du groupe Azim.

La Commission a recommandé l'envoi au Bangladesh d'une mission tripartite de haut niveau afin d'évaluer plus précisément la situation dans le pays.

Le ministre du Travail du Bélarus a évoqué la récente décision du Président Loukachenko d'amender son propre décret qui imposait un taux minimum de 10 % d'adhérents pour pouvoir créer un syndicat, avec un plancher fixé à 10 personnes.

Même si la nouvelle est encourageante, les droits des travailleurs et des syndicats sont muselés au Bélarus où les contrats de courte durée sont la règle et les obstacles bureaucratiques empêchent l'enregistrement des syndicats indépendants.

Pendant la Conférence, le Bélarus a été classé parmi les 10 pays les pires du monde pour les travailleurs par la CSI qui lançait l'édition de 2015 de son Indice des droits dans le monde. Selon ce rapport, le Bélarus se distingue par la discrimination antisyndicale, le travail forcé et la répression des mouvements de protestation.

Il n'est donc pas surprenant que la Commission se soit dite "profondément préoccupée par le fait

que, dix ans après la présentation du rapport de la commission d’enquête, le gouvernement du Bélarus n’a rien fait pour donner suite à la plupart des recommandations de cette commission. Les travailleurs continuent de se heurter à de nombreux obstacles, en droit et dans la pratique, pour exercer pleinement leur droit de constituer des syndicats de leur choix ou de s’y affilier."

Bien qu'il ait enregistré la confédération syndicale TUCOSWA le mois dernier, le Swaziland figurait une fois encore sur la liste des cas examinés par la Commission qui a conclu qu'il reste beaucoup à faire au gouvernement avant que le pays soit en totale conformité avec la convention 87.

Les conclusions de l'examen du cas du Swaziland dressent la liste de neuf mesures que le gouvernement est instamment prié de prendre sans plus tarder. En première place figure la libération sans conditions de l'avocat de la Confédération syndicale du Swaziland (TUCOSWA), Thulani Maseko, qui purge une peine de deux ans de prison pour outrage à magistrat, ainsi que celles de tous les autres travailleurs dont le droit à la liberté d'expression a été violé.

La Commission a aussi demandé que soit enregistré sans plus tarder le Syndicat unifié du Swaziland (ATUSWA) affilié à IndustriALL. L'ATUSWA est le produit de la fusion, en 2013, de plusieurs syndicats représentant les travailleurs de l'industrie du Swaziland, notamment ceux du textile, de l'habillement et de la métallurgie. Affilé à la TUCOSWA, l'ATUSWA n'a pas été enregistré alors qu'il répond aux critères d'enregistrement définis par le gouvernement.

La Commission a aussi cité la réforme législative qui s'impose pour mettre le pays en conformité avec la convention sur la liberté syndicale et a demandé instamment au gouvernement swazi d'accepter une assistance technique à cet effet.

Pour le rapport intégral de la Commission de l'application des normes de cette année, cliquez ici

Les travailleurs approuvent l’accord obtenu chez Tenaris, Italie

L’accord avec Tenaris Dalmine a été approuvé lors d’un vote qui eut lieu les 11 et 12 juin.

Selon l’accord, les 406 licenciements annoncés précédemment seront réduits à 301. Le nombre inférieur a été obtenu par des contrats de solidarité qui permettent à chaque membre du personnel de garder son emploi, mais avec un nombre plus réduit d’heures de travail. L’une des pierres angulaires des négociations portait sur le destin de 120 apprentis. L’accord négocié stipule qu’ils recevront maintenant confirmation de leur emploi. L’entreprise avait annoncé auparavant que leur contrat temporaire ne serait pas renouvelé.

Sur les 301 mises à pied, 261 auront lieu à l’usine Dalmine, alors que 40 autres pertes d’emploi auront lieu sur des sites annexes. Les contrats de solidarité auront une durée de 12 à 24 mois, et une option de mobilité volontaire accompagnée d’un soutien jusqu’à l’âge de la retraite sera offert à tous les travailleurs/euses qui auront accès au programme avant 2020.

La délégation syndicale, dirigée par Emanuele Fantini (Fim-Cisl), Eugenio Borella, (Fiom-Cgil) et Angelo Nozza (Uilm), a considéré l’accord obtenu comme étant positif, bien que toutes les revendications ouvrières n’aient pas été acceptées.

Parmi les réalisations obtenues, les dirigeants syndicaux ont cité la diminution du nombre total de licenciements et la confirmation de l’emploi des apprentis, ce qui prouve que l’entreprise est prête à investir dans les ressources humaines. L’option de départ volontaire à la retraite et l’accord sur les contrats de solidarité sont également vus comme étant positifs.

L’OIT demande une plus grande protection pour tous les travailleurs

Le Comité pour la discussion récurrente sur la protection sociale (Protection du travail) a dit que malgré quelques avancées sur les systèmes de salaire minimum, de temps de travail, de santé et de sécurité, et de protection de la maternité, beaucoup trop de travailleurs et travailleuses manquent d’une protection sociale suffisante.

La discussion a tenu compte d’un rapport préparé par l’Organisation international du Travail (OIT), Protection du travail dans un monde du travail en mutation, qui dépeint les nouveaux défis auxquels font face les travailleurs et travailleuses. Les nouvelles technologies et la mondialisation ont conduit à différents modèles économiques qui ont créé de nouvelles barrières à l’exercice de la liberté syndicale. La couverture de la négociation collective est en baisse. Les règles de protection du travail ont été mises en question sous le prétexte qu’elles avaient un effet négatif sur l’emploi. 

Le Comité a dit qu’il fallait faire plus pour donner une meilleure protection aux travailleurs et travailleuses dans les formes d’emploi atypiques. Ces formes d’emploi ou emplois précaires mettent en question la relation traditionnelle d’emploi qui a été à la base de la protection du travail. Le Comité a recommandé, comme du reste la réunion des experts de l’emploi atypique en février, d’évaluer le besoin de nouvelles normes internationales de travail pour l’emploi temporaire et une discrimination basée sur le statut d’emploi. 

Une attention particulière a été également portée à la santé et la sécurité. Le Comité a stipulé la nécessité de déterminer les risques émergeants liés notamment à la nouvelle façon de travailler, à l’augmentation de la violence envers les travailleurs et travailleuses, à une exposition à des substances dangereuses et aux problèmes psychosociaux.  Il a été une fois de plus surtout question de la nécessité pour les employeurs de développer des politiques et des mécanismes de gestion des risques en consultation avec la main-d’œuvre et ses représentants syndicaux.  Le Comité a rappelé la nécessité de protéger les femmes enceintes, et insisté, comme stipulé par la convention 183 de l’OIT, pour que toutes les femmes, y compris celles qui ont un emploi atypique, puissent profiter de la protection sans discrimination.

Le Comité a également demandé la tenue d’une réunion tripartite d’experts sur les développements et les défis présentés par les horaires flexibles de travail et leur impact sur les salariés. La pression exercée sur la main-d’œuvre pour travailler pendant des périodes prolongées, ainsi que les contrats sans horaire sur appel, sont d’autres questions qui ont été soulevées au cours des discussions.

Le Comité a recommandé que, compte tenu de la nécessité, la discussion porte l’année prochaine sur les chaînes mondiales d’approvisionnement. IndustriALL Global Union participera à ce débat et proposera des mesures efficaces pour assurer une bonne protection du travail pour le personnel des chaînes d’approvisionnement et pour les formes atypiques d’emploi.

Catelene Passchier, porte-parole des travailleurs au Comité de la protection du travail, a dit:

Nous avons besoin de changements fondamentaux pour assurer que la croissance économique, la justice sociale et les conditions décentes de travail aillent de pair. Il est totalement inacceptable et inconvenant qu’après des dizaines d’années de croissance économique, de nombreux travailleurs et travailleuses n’aient encore pratiquement aucune protection sociale, soient exposés à des conditions extrêmement dangereuses de travail, doivent travailler un nombre excessif d’heures, manquent de protection de maternité ou ne gagnent même pas un salaire minimum convenable. Sans représentation collective, de nombreux travailleurs et travailleuses n’ont pratiquement pas la possibilité de bénéficier de leurs droits, et ne peuvent pas utiliser le potentiel offert par la négociation collective et le dialogue social.

Le Mexique devrait agir pour en finir avec les syndicats non-démocratiques, indique l’OIT

Le Mexique faisait partie d’une liste restreinte de 24 pays sélectionnée pour un examen par la Commission de l’application des normes de l’OIT à Genève ce mois-ci, pour son incapacité à appliquer la Convention 87 sur la Liberté syndicale et la Protection du Droit syndical.

Les Conclusions, adoptées par le Conseil d’Administration de l’OIT ainsi que la Commission de l’application des normes demandent au gouvernement mexicain :

La Commission a demandé au gouvernement mexicain d’observer, sans tarder, la disposition obligeant les conseils de conciliation et d’arbitrage des 31 États du pays à publier les registres et les statuts syndicaux ainsi que d’accepter l’assistance technique de l’OIT pour prendre en compte les problématiques relevées dans ces recommandations.

Les représentants du gouvernement et des employeurs du Mexique à cette réunion de l’OIT ont tenté de mettre l’accent sur les progrès accomplis par leur pays par le biais de la nouvelle législation du travail et la prétendue transparence des conventions collectives. Cependant, IndustriALL et les représentants des travailleurs ont fermement dénoncé les violations quotidiennes et institutionnalisées des droits des travailleurs par les cours locales et fédérales du travail, indiquant également que, malheureusement, “le système criminel et corrompu de relations sociales connu sous le terme de Contrats de Protection continue de s’étendre dans tous les secteurs.”

Des exemples de graves violations du droit à la liberté syndicale ont été cités par rapport à l’affilié mexicain du secteur des mines d’IndustriALL, Los Mineros, et de son combat en vue d’élections syndicales démocratiques chez l’équipementier automobile finlandais PKC à Ciudad Acuña, à l’usine de matériel roulant ferroviaire Gunderson de Monclova, chez le fabricant de tubes en acier CB&I de Matamoros, ainsi que la criminalisation systématique des travailleurs qui sont licenciés et ensuite traînés devant les tribunaux par les entreprises, comme dans le cas de Sandak/Bata, des travailleurs du STRACC et du STUHM de Honda-Jalisco.  

La représentante des travailleurs issue de la Confédération syndicale finlandais SAK a parlé de la situation à Ciudad Acuña chez Arneses y Accesorios de Mexico (le cas PKC), en précisant qu’au Mexique, la législation nationale est utilisée comme excuse pour saper les normes fondamentales de l’OIT. Elle a appelé le gouvernement à remplir ses obligations en rapport avec la Convention 87.

Les cas des ouvriers agricoles de San Quintin qui se battent contre les contrats de protection afin de venir à bout des conditions de travail proche de l’esclavage et du travail des enfants a été mis en exergue. Le représentant du gouvernement américain a soutenu la position d’IndustriALL, exigeant explicitement que le gouvernement du Mexique prenne des mesures sérieuses pour remettre de l’ordre dans les structures des Conseils du Travail locaux afin d’y avoir une représentation adéquate des travailleurs et de se pencher sur la question de la présence permanente des syndicats de protection, ce qui viole l’Accord de libre-échange nord-américain.

“Ces Recommandations de l’OIT représentent une avancée positive, mais nous devons continuer à mettre la pression sur le gouvernement du Mexique afin qu’il respecte le droit des travailleurs à la Liberté syndicale et de nos affiliés ainsi que de l’ensemble des travailleurs et travailleuses du Mexique à disposer d’emplois décents,” a déclaré Fernando Lopes, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL.

Les syndicats mondiaux s’élèvent contre les commentaires du ministre des Finances du Bangladesh

Les syndicats disent que les critiques de M. Abul Maal Abdul Muhith concernant l’Accord sur les mesures de sécurité qui ont trait aux incendies et aux bâtiments au Bangladesh, qu’il décrit comme étant une ‘corde’ au cou de l’industrie de la confection, sont totalement irresponsables.

“Par vos remarques, vous accusez à tort l’Accord de tenter de freiner le progrès au Bangladesh, alors qu’en vérité c’est l’inverse. Comme votre gouvernement le sait parfaitement, l’Accord a eu lieu en réponse à l’effondrement du Rana Plaza, quand il devint évident dans le monde entier, et plus spécialement pour les marques de vêtements, que la sécurité des travailleuses et travailleurs de la confection ne pouvait pas être garantie au Bangladesh.”

Plus de 1.100 personnes ont été tuées et 2.000 autres blessées quand le complexe du Rana Plaza, qui abritait des fabriques et ateliers de vêtements, s’est effondré en avril 2013.

“Dans cette situation, la réponse la plus facile pour les marques aurait été de s’en aller et de rechercher des pays plus sûrs pour leur production. À l’inverse, IndustriALL et UNI ont négocié l’Accord avec plus de 200 marques dont les produits sont fabriqués au Bangladesh, afin de démontrer leur engagement envers l’industrie au Bangladesh en travaillant avec les fabriques et ateliers pour y renforcer la sécurité,” poursuit-on dans la lettre.

L’Accord a effectué des contrôles dans 1.600 fabriques et ateliers de vêtements et fait à chaque fois des recommandations. 

“N’oublions pas qu’avant l’Accord, l’autorégulation des marques et les inspections gouvernementales n’avaient pas pu empêcher de se produire le pire accident industriel au Bangladesh,” a dit le secrétaire général de IndustriALL, Jyrki Raina.

“Les remarques du ministre sont inexactes et irresponsables. L’Accord change de manière positive les règles du jeu dans l’industrie de la confection au Bangladesh, et ses commentaires font courir un risque pour la viabilité de cette industrie dans l’avenir,” a dit Philip Jennings, secrétaire général de l’UNI.

Le ministre aurait fait les commentaires lors d’une réunion des associations patronales de l’industrie de la confection. Il a prétendu que la confiance des marques dans l’industrie de la confection au Bangladesh était déjà revenue et que l’Accord devait donc cesser d’exister.

Ceci ne peut pas être plus éloigné de la vérité. Le danger pour l’industrie de la confection au Bangladesh n’est pas passé et les fabriques et ateliers ne sont pas encore sûrs.

Dans leur lettre au ministre, Jyrki Raina et Philip Jennings lui demandent de cesser d’envoyer des messages négatifs aux fabriques et ateliers qui pourraient avoir pour effet de délayer ou de contrecarrer les améliorations essentielles pour la sécurité sur les lieux de production. 

IndustriALL et UNI ont également écrit au président de la BGMEA, Atiqul Islam, au sujet de ses commentaires à la même réunion, rapportés ensuite par la presse, selon lesquels il décrivait l’Accord comme étant un ‘gros problème’ pour l’industrie du prêt-à-porter au Bangladesh.

Islam a fait ces remarques dans le cadre des efforts accomplis par l’Accord pour assurer la réintégration du personnel licencié pour avoir signalé son inquiétude concernant des risques de sécurité et d’incendie. 

“Il est important que les travailleuses et travailleurs puissent dénoncer les infractions relatives aux règles de sécurité et à leurs droits sans crainte de représailles pour que ne se répète pas ce qui s’est passé au Rana Plaza quand des membres du personnel ont fait part de leur inquiétude, mais ont été forcés de retourner dans le bâtiment,” a dit Raina.

IndustriALL et UNI continueront de soutenir le travail réalisé par l’Accord au Bangladesh jusqu’à ce que la sécurité existe dans les fabriques et ateliers.