Le Sénat ajourne le vote du projet de loi sur Petrobas en raison d’une absence de débat

Dans une lettre envoyée aux sénateurs/trices quelques heures avant la réunion sénatoriale, Jyrki Raina, secrétaire général de IndustriALL Global Union, a dit:

“Nous sommes convaincus que Petrobas surmontera le défi auquel l’entreprise fait face, et poursuivra sa tâche pour promouvoir une plus grande justice sociale et la démocratie au Brésil. Nous vous demandons de voter contre ce projet de loi”.

En cas d’approbation du projet de loi, cela signifierait que Petrobras ne serait plus le seul opérateur sur les champs pétroliers situés sous la couche saline. La procédure d’urgence pour le projet de loi PLS 131/2015 a commencé le 16 juin, le vote étant prévu au Sénat à la fin du débat à la séance du 30 juin. Cependant, le vote n’a pas pu avoir lieu du fait que de nombreux parlementaires présents se sont prononcés contre la procédure et ont refusé de prendre part au vote sans avoir eu auparavant un débat plus important.

La demande d’un report du vote n’est pas venu seulement des sénateurs/trices qui se déclarent contre le projet de loi, comme par exemple Roberto Requião, mais également des personnes en faveur, comme les sénateurs/trices Lúcia Vânia et Cristovam Buarque. Tous deux ont demandé un débat plus étoffé sur le projet de loi.

Petrobras devrait être renforcée au lieu d’être affaiblie

Le gouvernement de Lula da Silva avait adopté la loi 12.351/2010, qui donnait à Petrobras des droits exclusifs sur l’exploitation des champs pétroliers situés sous la couche saline. Il s’agissait d’une avancée importante pour la population brésilienne. La décision stipulait également que les royalties serviraient à améliorer des projets sur la santé et l’éducation, et d’autres projets de réforme sociale du Parti des Travailleurs.

Le projet de loi PLS 131/2015 destiné à mettre fin aux droits exclusifs de Petrobras sur l’exploitation des champs pétroliers situés sous la couche saline avait été présenté par l’ancien candidat du PSDB à l’élection présidentielle, José Serra. Le projet de loi propose la privatisation des puits de pétrole dans les champs pétroliers sous la couche saline en eau profonde dans l’océan atlantique, où se trouvent les plus grandes réserves de pétrole brut du Brésil.

IndustriALL est opposé au projet de loi, qui promeut les intérêts d’entreprises multinationales étrangères et réduit le rôle de Petrobras sur les champs pétroliers situés sous la couche saline. Si le projet de loi est repoussé: “le Brésil peut connaître la croissance et réaliser des progrès en vue d’une souveraineté énergétique et environnementale, contrôler la production et assurer l’approvisionnement du pays. Cela permettra également d’éviter une extraction prédatrice, le risque d’accidents et des coûts financiers  plus élevés dans l’avenir”, a dit Jyrki Raina dans la lettre présentée au Sénat.

IndustriALL Global Union estime que comme Petrobras assure des milliers d’emplois au Brésil et dans le monde, l’entreprise devrait être renforcée au lieu d’être affaiblie. Elle devrait rester sous forme de propriété publique et garantir la souveraineté énergétique, le développement économique et le progrès social.

Les syndicats font monter la pression sur Lafarge Holcim

La fusion de Lafarge et de Holcim est une réalité. L’entreprise née de la fusion sera une entité unique le 15 juillet.

Les syndicats estiment que cela ne doit pas seulement être un succès pour la direction et les actionnaires, mais également pour les salariés de la nouvelle LafargeHolcim.

Contrairement à ce qui avait été promis et à ce qu’attendaient les salariés, Lafarge et Holcim ont fait la sourde oreille à toutes les propositions pour entamer un véritable dialogue social avec les travailleurs et les syndicats mondiaux qui les représentent, IndustriALL Global Union et l’Internationale des travailleurs du bâtiment et du bois, ainsi qu’avec la Fédération européenne des travailleurs du bâtiment et du bois.

En réponse aux invitations des syndicats visant à établir un mécanisme pour traiter les nombreuses préoccupations de tous les travailleurs dont l’avenir est sombre ou incertain, la direction a seulement répondu jusqu’à présent en promettant de commencer à faire les choses correctement une fois l’entreprise dûment établie. Ça suffit! Le moment est venu. 

Les travailleurs ne peuvent plus attendre davantage ! Il est temps  de mettre de côté tous les autres sujets et d’engager de toute urgence une discussion sérieuse avec vos propres travailleurs et leurs représentants aux niveaux national, régional et également mondial. 

Signez cette pétition en ligne qui sera transmise à Eric Olsen, directeur général de LafargeHolcim, Wolfgang Reitzle et Bruno Lafont, coprésidents du conseil d’administration de Lafarge-Holcim.

Le travail contractuel – une menace pour la société indienne

La réunion qui s’est tenue les 23 et 24 juin avec le soutien de l’organisation d’aide syndicale néerlandaise FNV Mondiaal, a permis d’écouter 35 syndicalistes affiliés à IndustriALL par l’intermédiaire de Shramik Ekta Mahasangh (SEM).

Les affiliés se battent pour syndiquer les travailleurs et travailleuses temporaires, et l’atelier a examiné des stratégies destinées à surmonter les nombreux obstacles auxquels ils sont confrontés.

Les participant(e)s ont révélé que leurs entreprises – tant nationales que multinationales – embauchent toujours moins de personnel permanent et utilisent davantage une main-d’œuvre précaire et non syndiquée.

On a entendu de nombreux récits sur des entreprises qui se séparent de leur personnel permanent pour embaucher de nouveaux travailleurs et travailleuses aux mêmes emplois, mais pour une fraction du salaire. Presque tous les travailleurs permanents réunis dans la salle avaient eu des  collègues qui faisaient le même travail avec un salaire très inférieur (en gagnant, ce qui est incroyable, jusqu’à 80 pour cent de moins).

Un salaire qui permet de vivre est un rêve très éloigné pour la plupart de ces contractuels, même si beaucoup de ces personnes travaillent depuis des années au même poste. Soit leur contrat à court terme est continuellement renouvelé, soit elles passent par différentes agences pour éviter les pressions juridiques obligeant à transformer leur emploi avec un contrat permanent. Cette situation peut se poursuivre durant 20 à 25 ans  en Inde – et même plus longtemps.

Les effets sur le personnel contractuel dans l’emploi précaire sont désastreux. Non seulement en raison des conditions d’emploi, mais aussi pour leur place sans la société indienne. Les bas salaires sont à l’origine d’une longue série de conséquences, la plus importante étant de pouvoir se marier. La première question posée par la belle famille est de savoir si le travailleur a un emploi permanent. Si ce n’est pas le cas, il n’y a pas de mariage.

Les contractuels sont souvent dans l’impossibilité d’envoyer leurs enfants à l’école après un certain âge – les filles étant généralement les premières victimes. Mais cela touche aussi les garçons, qui n’ont alors d’autre option que de devenir des travailleurs contractuels, peut-être  dès l’âge de 14 ans.

Beaucoup de contractuels et d’intérimaires disent ne pas pouvoir prendre des vacances. Un contractuel a dit avoir été forcé – soudainement – de travailler 12 heures par jour, au lieu de huit et parfois dix heures. C’était le choix, l’acceptation ou pas de boulot.

Les contractuels n’ont pas les moyens d’acheter des médicaments. Ni pour eux ou leur famille. Il n’y a pas de protection de l’enfance et pas de crèche. Pas de congé de maternité. Aucune possibilité de prêt bancaire, non… la liste est sans fin.

Beaucoup de femmes cachent sciemment les bijoux qui indiqueraient qu’elles sont mariées, par peur de perdre leur emploi temporaire si elles étaient enceintes, ou par peur de ne jamais retrouver un emploi permanent.

SEM se défend en tentant de syndiquer ces travailleurs et travailleuses précaires. Malheureusement, cela amène une nouvelle série de problèmes. Non seulement des contractuels perdent souvent leur emploi dès leur adhésion syndicale, sans compter les pressions, le harcèlement et les représailles contre les syndicats de personnel permanent ou qui cherchent à syndiquer des travailleurs et travailleuses précaires.

Pour se sortir de cette situation, SEM a enregistré en septembre 2014 un syndicat séparé pour la main-d’œuvre employée dans tout l’État de Maharashtra, le syndicat des travailleurs contractuels du Maharashtra (MCWU). Son enregistrement a, jusqu’à présent, été rejeté pour des raisons techniques, sans doute à la suite de pressions du lobby des employeurs. La procédure a redémarré en mars 2015 et on espère maintenant que l’enregistrement aura lieu en août.

Le nouveau syndicat espère que les travailleurs et travailleuses précaires resteront membres du syndicat, même en changeant de nombreuses fois d’emploi.

SEM réalise actuellement avec le soutien de IndustriALL-FNV Mondiaal un projet sur l’emploi précaire en Asie du Sud, en assurant une localisation dans la région de Pune pour rassembler des informations sur la situation des contractuels dans différentes zones industrielles.

MCWU nommera des organisateurs/trices chargés de démarrer la syndicalisation et le recrutement de travailleurs et travailleuses précaires. Dès que possible, MCWU formera des comités locaux composés de dirigeant(e)s aux niveaux local et fédéral, chargés de négocier avec les directions locales au nom des personnels contractuels.

SEM espère syndiquer au moins 3.000 travailleurs et travailleuses précaires d’ici la fin de 2015 à Pune et dans ses environs, qui est la deuxième plus grande ville du Maharashtra. En cas de succès, le syndicat espère pouvoir entamer la syndicalisation dans d’autres parties de l’État dans les prochaines années – un effort particulièrement nécessaire.

Les déplorables conditions de travail des femmes révélées à la conférence IndustriALL sur les TIC

C’est un fait notable que les conditions de travail des femmes dans l’industrie de la confection sont très identiques à celles de l’électronique. Un rapport intitulé Mind the Gap qui analyse les conditions de travail des femmes dans les industries de la confection et de l’électronique en Inde a fait l’objet de discussions à la conférence. Le travail peut rendre les femmes autonomes et leur offrir une indépendance, mais il s’accompagne trop souvent de mauvais traitements.

Le rapport conclut que les conditions de travail dans les deux chaînes d’approvisionnement ne respectent pas les normes de l’Organisation internationale du Travail, et que les salaires des travailleuses ne leur permettent pas de vivre. Les bas salaires enferment perpétuellement les travailleuses dans l’endettement et ne leur donnent pas la possibilité de briser le cycle de la pauvreté. En outre, les femmes employées dans la confection souffrent de malnutrition et d’anémie causées par des problèmes sa santé.

L’étude compare les conditions de travail et les salaires dans deux différentes chaînes mondiales d’approvisionnement destinées à satisfaire le marché européen avec des liens dans le sud de l’Inde – l’industrie de la confection au Bangalore qui produit des vêtements pour des marques européennes très connues comme H&M, une multinationale suédoise, et le groupe norvégien Varner, ainsi que dans l’industrie électronique à Sriperumbudur (près de Chennai) où les entreprise électroniques Dell et Samsung (respectivement américaine et coréenne) fabriquent leurs produits. 

D’une manière générale, les travailleuses viennent de régions rurales pour chercher de meilleurs emplois que dans l’agriculture. Le changement technologique a permis de créer des emplois, mais le travail se caractérise par de bas salaires et une absence de sécurité sociale. Pour vivre, les travailleuses n’ont que de pauvres logements et de mauvaises conditions de vie, pas d’accès aux hôpitaux, aux écoles, à de l’eau et à un système sanitaire. À Chennai, les travailleuses vivent dans des zones où le maintien de l’ordre n’est pas suffisant et qui manquent donc de sécurité.

Les travailleuses au Bangalore parlent des objectifs de production toujours élevés auxquels elles sont soumises. Elles doivent travailler plus que le nombre légal d’heures de travail, elles sont harcelées et intimidées par leurs contremaîtres, et sont constamment menacées de mettre fin à leur contrat. Elles disent qu’il leur est impossible de joindre les deux bouts sans heures supplémentaires, mais les heures supplémentaires sont une contrainte car elles dérangent leur vie personnelle et les empêchent de s’occuper des enfants, de préparer les repas, de laver le linge et de faire les courses.

Les travailleuses n’ont pas droit à des pauses de durée suffisante pour aller à la toilette. Si elles y vont plus de trois ou cinq fois par période de huit heures, elles subissent des insultes et sont humiliées par leurs contremaîtres. Pour se rendre à la toilette, cela ne doit pas prendre plus de cinq minutes, et elles doivent se dépêcher de retourner à leur travail. Pour respecter les objectifs, les travailleuses boivent moins d’eau pour éviter de devoir se rendre à la toilette. Il s’agit le plus souvent d’une main-d’œuvre féminine, et les contremaîtres sont des hommes.

Chez Dell en Inde, la plupart des travailleuses sont de jeunes femmes célibataires. Les salaires sont bas. Elles font volontairement des heures supplémentaires pour gagner suffisamment d’argent afin de faire face aux dépenses de leur famille. Les femmes envoient plus de la moitié de leur salaire pour aider leur famille au village, c’est pourquoi elles ne peuvent pas se permettre quelque chose de plus pour elles-mêmes, pas même des aliments nutritifs. Les travailleuses chez Dell ne s’attentent pas à une promotion. La majorité espèrent seulement pouvoir travailler jusqu’à leur mariage, du fait qu’elles retournent à leur village pour un mariage arrangé.

Alors que Nokia mène encore des activités en Inde, on y trouve un syndicat et les conditions de travail sont sensiblement meilleures. C’est pourquoi la syndicalisation est cruciale pour obtenir une amélioration des conditions de vie et de travail. C’est uniquement avec des syndicats qu’il sera possible de surmonter les abus fréquents dans les usines du monde qui produisent les biens que nous consommons quotidiennement.

IndustriALL a besoin d’un directeur pour l’industrie du textile et de la confection

L’industrie de la confection et du textile avec 60 millions de travailleuses et travailleurs dans le monde est le plus grand secteur de IndustriALL. Très peu de salariés sont syndiqués et l’industrie se caractérise par des bas salaires, de longues heures de travail et des lieux de travail dangereux. L’Accord du Bangladesh a permis d’amorcer un changement systémique, et nous axons maintenant notre travail sur la syndicalisation des travailleuses et travailleurs et pour assurer des structures de négociation avec des salaires décents. Nous avons besoin d’un(e) directeur/trice pour mener notre action dans le secteur. Le poste est basé à Genève et implique de fréquents déplacements.

 Principales tâches 

Conditions requises 

Candidatures à présenter avant le mercredi 8 juillet 2015 

Nous vous demandons de présenter votre candidature accompagnée d’un CV et d’une lettre précisant votre motivation par courriel à Maita Wyss [email protected] au plus tard pour le mercredi 8 juillet 2015. Conformément à la politique d’égalité entre femmes et hommes de IndustriALL et en tenant compte de la nature du secteur, nous encourageons les femmes à présenter leur candidature. Nous ferons passer un entretien à un petit nombre de candidat(e)s et achèverons rapidement le processus de candidature pour permettre au nouveau/elle directeur/trice de l’industrie de commencer son travail à Genève dès que possible, de préférence en septembre-octobre 2015.

Le travail reprend à l’OIT

En février 2015, après une journée d’action mondiale décidée par la Confédération syndicale internationale (CSI) avec le soutien de IndustriALL Global Union et d’autres syndicats mondiaux, le groupe des employeurs à l’Organisation internationale du Travail (OIT) a finalement accepté de reconnaître le droit de grève. Dans une déclaration conjointe, le groupe des travailleurs et le groupe des employeurs ont donc mis fin à trois ans de blocage en décidant d’examiner des cas importants d’infraction aux droits des travailleurs et travailleuses.

C’est ainsi que cette année, la Conférence internationale du Travail de l’OIT à Genève qui réunissait en juin 4500 délégué(e)s des gouvernements, des employeurs et des travailleurs, était différente des trois dernières années. Après avoir pu sortir de l’impasse en février, des sujets sérieux ont pu faire l’objet de discussions qui ont permis de dégager des conclusions-clés.

Je suis particulièrement satisfait des conclusions sur le Mexique. Le Conseil d’administration du BIT et le Comité sur l’application des normes ont demandé au gouvernement mexicain de réaliser des réformes législatives destinées à empêcher l’enregistrement de syndicats qui n’ont pas le soutien de la majorité des travailleurs et travailleuses qu’ils décident de représenter au moyen d’un processus électoral démocratique.  

Le gouvernement mexicain a rapidement établi publiquement que la loi ne soutient pas ce système de contrats de protection défendu par des syndicats jaunes et des patrons corrompus. Toutefois, 90 pour cent des conventions collectives sont décidées sans consultation des salariés. Maintenant, la CSI et IndustriALL examinent les prochaines étapes de notre action conjointe vers des relations démocratiques personnel-direction au Mexique. 

Au Bangladesh, l’Accord sur les mesures de sécurité qui ont trait aux incendies et aux bâtiments améliore la sécurité dans les ateliers et fabriques de la confection. Nous avons également pu recueillir auprès des marques mondiales de vêtements la somme nécessaire de 30 millions d’USD pour régler l’indemnisation des victimes et des familles de l’homicide industriel du Rana Plaza en avril 2013. Maintenant, le Comité de l’OIT recommande l’envoi d’une mission tripartite de haut niveau chargée d’examiner les problèmes juridiques, les questions concernant les zones franches d’exportation (ZFE), la discrimination et la violence antisyndicales, et l’enregistrement des syndicats. L’industrie de la confection et ses quatre millions de travailleuses et travailleurs a été pratiquement une zone d’exclusion syndicale. Nous devons maintenant la syndicaliser.

Le Comité de l’OIT a réitéré sa critique contre la Biélorussie où le gouvernement n’a pas tenu compte de la plupart des recommandations précédentes. Les salariés ne peuvent pas adhérer librement à un syndicat de leur choix. Dans son remarquable Index des droits dans le monde 2015 , la CSI classe la Biélorussie comme l’un des dix pays les pires au monde pour les travailleurs et travailleuses. Le rapport dit que la Biélorussie se caractérise par une discrimination antisyndicale, le travail forcé et une répression des protestations.

Au Swaziland, le Comité a demandé l’enregistrement du syndicat Atuswa, affilié à IndustriALL, et la remise en liberté d’un dirigeant syndical emprisonné.

Le Comité de protection sociale a conclu que malgré quelques avancées sur les systèmes de salaire minimum, d’heures de travail, de santé et de sécurité, et de protection de la maternité, les travailleurs et travailleuses manquent en trop grand nombre d’une protection sociale suffisante. Il faut s’attaquer à ces défauts dans les chaînes mondiales d’approvisionnement. Ce sera un thème important de la conférence de l’OIT en 2016.

Pour IndustriALL, les normes de l’OIT sont une pierre maîtresse pour les droits des salariés. La syndicalisation et la mobilisation des travailleurs et travailleuses restent les meilleurs instruments à mettre en pratique.

Jyrki Raina

Secrétaire général

Les syndicats d'Afrique de l'Est unissent leurs forces pour s'attaquer à leurs problèmes

Ce projet a pour but de renforcer par la coopération nationale et internationale les syndicats des secteurs manufacturier et minier du Kenya, de Tanzanie et d'Ouganda. Des syndicats plus forts peuvent mieux défendre leurs adhérents, améliorer les conditions de travail et la sécurité et la santé sur le lieu de travail.

De plus en plus de travailleurs n'ont d'autre choix que d'accepter un emploi temporaire, précaire et dangereux afin de pouvoir joindre les deux bouts et de soutenir leur famille. L'emploi précaire est une menace énorme pour les travailleurs, non seulement sur le plan social et économique, mais il a aussi des impacts négatifs sur les communautés et sur l'économie dans son ensemble.

Les affiliés d'IndustriALL Global Union du Kenya, de Tanzanie et d'Ouganda appellent leurs gouvernements, les employeurs, les travailleurs et toutes les autres parties prenantes à collaborer avec les syndicats pour faire face à l'explosion du travail précaire et s'efforcer de réduire autant que possible les maladies et les accidents du travail; ce qui doit se faire par la législation et de la négociation collective.

Parmi les objectifs du projet de renforcement syndical en Afrique de l'Est figurent :

Le but premier est de donner plus de pouvoir aux affiliés d'IndustriALL de ces trois pays pour qu'ils deviennent un contrepoids puissant et un partenaire dans le dialogue avec les entreprises. Lorsque les travailleurs auront les moyens d'améliorer leurs existences et d'avoir un travail décent, ces trois pays et toute la région de l'Afrique de l'Est verront leur situation s'améliorer.

Pour la coordinatrice de projet d'IndustriALL, Catherine Aneno :

Nous souhaitons voir des syndicats plus puissants en Afrique de l'Est. Pour les quatre prochaines années, nous voulons des effectifs en augmentation dans la région, moins de travail précaire et des emplois plus sûrs et plus sains.

Organisons, agitons et éduquons nos adhérents.

Goodyear piétine les travailleurs britanniques avec la fermeture d’une usine

Le projet de fermeture, qui entre dans le cadre d’une proposition de réorganisation en Europe de Goodyear, menace des centaines d’autres emplois dans la chaîne d’approvisionnement.
 
Le syndicat britannique Unite affilié à IndustriALL Global Union a averti que la fermeture de l’usine Goodyear à Wolverhampton aurait de graves ramifications dans l’économie locale en plus des dommages causés aux salariés.
 
L’usine Goodyear à Wolverhampton mélange des composés de caoutchouc pour la fabrication de pneus, ainsi que le rechapage de pneus. Il est prévu de fermer en octobre prochain la division du rechapage, et les composés de caoutchouc d’ici janvier 2017.
 
Gerard Coyne, secrétaire régional de Unite dans les Midlands de l’Ouest, a dit:
“La fermeture de l’usine et la perte de centaines d’emplois qualifiés dans la fabrication industrielle sera un coup dévastateur porté à l’économie.
 
“C’est scandaleux que Goodyear n’ait pas eu la décence d’annoncer sa décision au personnel, au lieu de laisser les salariés trouver qu’ils seront sans emploi dans la presse locale."
 
Le site historique à Wolverhampton a produit des pneus pendant près de 90 ans. Le secrétaire général adjoint de IndustriALL, Kemal Özkan, dit:

Je connais personnellement l’usine à Wolverhampton. Pendant des années, Goodyear a réduit petit à petit les effectifs du personnel et procède maintenant à la clôture finale. Nos camarades ont contribué au succès de Goodyear durant des dizaines d’années, et c’est quelque chose dont il faut se souvenir.

Nous soutenons l’outrage exprimé par notre affilié quant aux projets et demandons à Goodyear de commencer par respecter ses salariés dont les efforts ont contribué à l’énorme succès de l’entreprise.

La nouvelle de la fermeture de l’usine au Royaume-Uni fait suite à l’annonce en avril dernier que Goodyear avait l’intention de construire une nouvelle usine au Mexique.
 
L’affilié de IndustriALL aux États-Unis, United Steel Workers (USW), a dit à l’époque que la décision était décevante, mais pas surprenante

Le président international de l’USW, Leo W. Gerard, a dit:
 “Les membres de l’USW chez Goodyear ont été des partenaires motivés qui ont démontré à maintes reprises leur engagement pour soutenir le succès de l’entreprise. Nous avons travaillé durement ensemble pour aider l’entreprise à se redresser, et l’USW a mené le combat pour stopper le flot de pneus venus de chine à des prix abusifs.”
 
Goodyear emploie environ 75.000 personnes dans des usines aux États-Unis, en Amérique du Sud, en Europe et en Asie.

Les syndicats ciblent la Suisse à propos de Glencore

La semaine d’action du Réseau syndical mondial de Glencore qui a lieu du 29 juin au 3 juillet coïncide avec une Initiative populaire en Suisse qui fait campagne pour modifier la législation de sorte à ce que les multinationales ayant leur siège en Suisse, comme Glencore, soit rendues responsables de leurs atteintes aux droits de l’homme ou à l’environnement perpétrées à l’étranger.

Si l’Initiative populaire recueille 100.000 signatures, les citoyens helvétiques pourront voter sur la question de savoir s’il faut légiférer à cet égard dans le cadre de la Constitution fédérale.

Si ce vote abouti, cela signifiera que les victimes d’atteintes aux droits de l’homme ou à l’environnement perpétrées par des multinationales suisses dans des pays étrangers pourront faire comparaître l’entreprise concernée devant les tribunaux en Suisse et pourront y réclamer des compensations.

Cela rendra également les entreprises suisses responsables des violations commises par leurs filiales ou par les entreprises qu’elles contrôlent au sein des pays où elles sont actives.

Au cours de la semaine mondiale d’action, des affiliés d’IndustriALL en provenance d’Afrique, d’Australie, d’Amérique latine et des États-Unis, qui forment le Réseau syndical mondial de Glencore, remettront une lettre de protestation aux Ambassades et Consulats suisses.

Ce courrier implore le gouvernement suisse de s’assurer que Glencore respecte les normes internationales et cesse de maltraiter personnes et environnement à l’étranger.

“La Suisse a bonne réputation en matière de respect des droits des travailleurs et de négociation collective. Cependant, les actes posés par Glencore à l’étranger donnent mauvaise réputation au pays et sa conduite ne serait pas tolérée en Suisse,” confier le Directeur d’IndustriALL pour les Mines Glen Mpufane.

IndustriALL s’en prend à Glencore à propos d’accusations d’anti-syndicalisme, d’atteintes à la santé et la sécurité et d’évasion fiscale à la suite de litiges ouverts par des affiliés. Et ce ne sont que quelques exemples.

Le Réseau syndical mondial de Glencore compte des représentants issus de quatorze pays, à savoir l’Argentine, l’Australie, le Botswana, le Brésil, le Canada, le Chili, la Colombie, la République démocratique du Congo, le Mexique, la Namibie, le Pérou, l’Afrique du Sud, les États-Unie et la Zambie.

Vous trouverez ici davantage de détails sur l’Initiative populaire : http://konzern-initiative.ch/?lang=fr

La FSPMI obtient un accord avec Philips en Indonésie

Les travailleurs de PT. Philips Industries Batam, sont partis en grève début juin pour protester contre l’anti-syndicalisme et les licenciements abusifs dont la direction de l’entreprise était coupable.

Ce 19 juin, le syndicat affilié d’IndustriALL FSPMI Batam et PT. Philips Industries Batam ont conclu un accord en vertu duquel la direction locale va reprendre les négociations collectives locales. Ces négociations concernent un plan de restructuration de l’entreprise sous contrôle des représentants des autorités locales et/ou du gouvernement.

En retour, le syndicat va mettre un terme à la grève et tous les grévistes vont reprendre le travail. Les grévistes percevront l’intégralité de leur salaire pour la période durant laquelle ils étaient en grève.

Cet accord a été conclu à peine une semaine après que la Conférence mondiale d’IndustriALL sur les TIC, l’électricité et l’électronique qui s’est tenue en Malaisie, n’adopte une résolution de soutien aux travailleurs licenciés abusivement chez PT. Philips Industries Batam en Indonésie.

La résolution appelait la direction de l’entreprise à réintégrer les travailleurs licenciés, à arrêter le harcèlement des travailleurs et à reprendre les négociations collectives avec la FSPMI en vue d’arriver à une conclusion juste et équitable du conflit, ainsi que de créer une relation constructive entre les salariés et la direction.

Judy Winarno, président de la Section Électricité et Électronique de la FSPMI a déclaré :

Au nom des travailleurs et travailleuses de l’électronique de la FSPMI je voudrais remercier tout un chacun pour la solidarité internationale et les efforts déployés par la grande famille que représente IndustriALL.