Syngenta : un tribunal pakistanais juge à nouveau ses pratiques d’emploi illégales

Le 29 juin dernier, la NIRC (Commission nationale pakistanaise pour les relations sociales) a déclaré que neuf travailleurs sous-traitants de Syngenta devaient recevoir des contrats d’emploi permanents dans l’usine de production de Syngenta à Karachi. Un total de 25 cas concernant des travailleurs sous-traitants méritant légalement un emploi régularisé a été soulevé avec le soutien du syndicat le 17 juin, il reste donc 16 cas qui sont toujours en attente du verdict de la cour. Les 25 personnes concernées sont occupées dans l’usine depuis 2012.

Cette dernière victoire participe à poser des précédents positifs pour le Syndicat des Salariés de Syngenta et, avec la régularisation de leur situation, les neuf travailleurs vont officiellement être en mesure de rejoindre le syndicat qui est membre de l’organisation nationale PCEM.

Une externalisation massive a été pratiquée sur ce site en représailles à la formation par les travailleurs d’un syndicat. Sur cette base, le syndicat des travailleurs de Syngenta a intenté un procès séparé en décembre 2014, à la suite de quoi le tribunal a donné ordre à l’entreprise de ne pas poursuivre l’externalisation tant que l’affaire était en cours. Cependant, Syngenta brave cette interdiction.

On compte 84 travailleurs permanents et 80 travailleurs sous-traitants à l’usine. En comptant les 9 récemment acquis, 71 des travailleurs permanents sont syndiqués. Les syndiqués sont engagés dans la préparation, le conditionnement et l’empaquetage des produits agrochimiques.

Le Secrétaire général du syndicat, Imran Ali, a déclaré à IndustriALL :

C’est un grand acquis pour le Syndicat des travailleurs de Syngenta dans le cadre de notre lutte pour la régularisation et l’accroissement des effectifs syndicaux.

Cependant, si Syngenta s’en tient à sa pratique du passé, l’entreprise va faire appel de la décision. Entretemps, la direction refuse de dialoguer avec nous sur cette question.

Alors que le PCEM poursuit sa campagne en vue de la réintégration du Secrétaire général licencié Imran Ali, celui-ci continue à représenter son organisation dans le cadre des négociations avec Syngenta. Le dernier round de ces négociations a échoué et le syndicat a déposé un préavis de grève.

Les priorités du syndicat dans les négociations, que l’entreprise a refusé de discuter, sont la réintégration d’Imran Ali, le retrait de l’action en justice contre le vice-président du syndicat Zafar Iqbal, le versement d’un certain nombre d’indemnités en suspens et la revendication qui vise à ce que toute la production ait lieu au sein de l’usine.

Il n’y a pas qu’au Pakistan, Syngenta manque de respect pour ses travailleurs même en Suisse, où l’entreprise a son siège.

Alors qu’elle a fait plus de 25 milliards de dollars de chiffre d’affaires en 2014, l’entreprise est aussi source de problème pour ses travailleurs et leurs syndicats dans son pays d’origine avec la suppression de 116 emplois sur le site de Monthey, dans le Canton du Valais. Ce site est considéré comme l’usine clé de Syngenta, là où les nouveaux produits sont fabriqués pour la première fois avant que la production ne passe aux usines du reste du monde.

Les deux affiliés suisses d’IndustriALL Unia et Syna condamnent ces pertes d’emploi qui ont été annoncées conjointement avec un communiqué qui faisait état de la distribution aux actionnaires de dividendes d’1,5 milliards de dollars.

“Syngenta doit mettre un terme à son inacceptable attitude arrogante par rapport à ses salariés et leurs syndicats,” indique Kemal Özkan, Secrétaire général d’IndustriALL. “Comme j’ai appelé la direction à le faire lors de l’Assemblée générale des actionnaires plus tôt dans l’année, discutons ensemble avec maturité et bonne foi pour que les travailleurs de Syngenta puissent avoir leur mot à dire sur leur lieu de travail”.

RDC: la lutte contre le travail précaire dans le secteur des mines

Trois affiliés d’IndustriALL Global Union ont négocié ensemble en mars 2015  avec succès la conversion de 180 travailleurs précaires en travailleurs permanents au sein de l’entreprise minière congolaise COMIDE. Cette bonne pratique a été présentée le 01 juillet à Lumbunbashi  lors de la formation d’IndustriALL sur les stratégies de négociations collectives contre le travail précaire.
 
Une délégation syndicale composée de représentants du personnel  de La CSC (Conseil des Syndicats Congolais de la Métallurgie), l’OTUC (Organisation des Travailleurs Unis du Congo) et l’UNTC (Union Nationale des Travailleurs du Congo) a réussi à convertir en mars 2015 à la fois les travailleurs temporaires et en sous-traitance en travailleurs permanents. Les délégués, après s’être renseigné et documenté sur les coûts générés par la sous-traitance ont démontré à l’entreprise que l’utilisation de travailleur précaires était plus coûteuse à l’entreprise. Ils ont présenté une alternative à l’entreprise. La proposition qui garantissait la pérennité des emplois a remporté l’adhésion des travailleurs qui ont accepté une réduction de leur salaire en contrepartie de la sécurité d’emploi.
 
Ce succès est d’autant plus remarquable que les syndicats ont réussi à changer le statut d’une grande majorité des travailleurs précaires (180 sur 200) au sein de l’entreprise. En outre, les syndicats sont parvenus à un accord pour éviter toute compétition concernant les nouveaux membres et leurs cotisations.
 
Cette initiative a fait suite à l’atelier sur le travail précaire organisé par IndustriALL en mars 2015. Les délégués du personnel ont à la suite de cet atelier, rapporté leurs inquiétudes à COMIDE sur les conditions de santé et sécurité des travailleurs précaires travaillant sans équipement de protection individuel (EPI). Par ce biais, les représentants du personnel  ont pu saisir l’opportunité de négocier une pérennisation des contrats de travail de leurs collègues en contrats de travail permanent.

Inde : combattre le travail précaire dans l’industrie du ciment

Le PCSS est un syndicat de travailleurs sous-traitants de la Province indienne de Chhattisgarh, qui jouit d’un riche sous-sol. Dans cette province, les géants cimentiers Holcim et Lafarge comptent chacun deux usines et un nombre égal de mines de calcaire captif. Actuellement, l’usine ACC de Jamul, où Holcim a investi des millions de dollars, est en train de connaître une expansion gigantesque pour devenir un site de pointe.

Le PCSS s’est battu au cours des 25 dernières années pour faire appliquer le Barème salarial du Ciment dans les usines d’ACC et d’Ambuja. Ce barème, qui est d’application dans l’ensemble du secteur cimentier en Inde, précise qu’aucun emploi en sous-traitance n’aura lieu d’être dans la production du ciment à l’exception des activités de chargement-déchargement et de conditionnement. Il précise aussi que tous les salariés doivent percevoir le barème prévu, qui représente environ trois fois l’actuel et dérisoire salaire minimum (moins de 4 euros par jour).

Le PCSS a non seulement lutté dans la rue et au sein des tribunaux pour obtenir quelques jugements en sa faveur, mais il a aussi une vigoureuse tradition démocratique de soutien populaire et entretient des relations étroites avec les familles des travailleurs.

Le PCSS soulève la question des femmes de la classe ouvrière ainsi que celle des communautés rurales concernées. Le syndicat a réclamé des emplois permanents pour les fermiers qui ont perdu leurs terres au profit des usines cimentières, combattu les effets des tirs de mines à proximité des villages et aussi l’empiétement des usines cimentières sur des terrains communaux. Le syndicat gère également une école primaire pour les enfants des travailleurs.

En tant qu’affilié d’IndustriALL, le PCSS a eu l’opportunité de soulever la question des travailleurs en sous-traitance d’Holcim et des communautés locales affectées auprès du Point de Contact national suisse pour l’OCDE à Berne, par le biais d’une plaine pour infraction aux Principes directeurs de l’OCDE à l’intention des entreprises multinationales. Malheureusement, en pratique l’attitude d’Holcim continue à être arrogante. Aujourd’hui, le combat le plus important du PCSS est la question du redéploiement et de la réinsertion de plus de 1000 travailleurs sous-traitants qui étaient occupés depuis des décennies par l’ancienne usine ACC Jamul et qui ont obtenu en leur faveur des décisions de justice ordonnant leur régularisation, alors que ces mêmes travailleurs sont maintenant confrontés à la menace d’un licenciement dans le cadre de la nouvelle expansion de l’usine.

“Le travail précaire est pour l’heure l’un des plus grands défis auxquels les syndicats sont confrontés. Sans sécurité d’emploi pour les travailleurs, la société ne peut pas progresser. IndustriALL est engagé à combattre la précarité et est aux côtés du PCSS dans son combat,” a indiqué Apoorva Kaiwar, Secrétaire régional d’IndustriALL pour l’Asie du Sud.

Rio Tinto responsable du vol de salaires dans les eaux australiennes

Ce vol évident de salaires et les mauvais traitements infligés aux travailleurs qui transportent par bateau la bauxite pour Rio Tinto, appellent l’attention sur les problèmes liés au recours par l’entreprise à l’emploi précaire.

Le navire a été affrété par Rio Tinto pour transporter par cabotage le minerai de ses mines de bauxite de Weipa et Gove jusqu’à sa raffinerie d’alumine située à Yarwun, en passant par les eaux australiennes. Ce navire qui appartient à un armateur japonais, est immatriculé au Panama, opère depuis le Portugal, et son équipage est entièrement philippin.

“Non content d’employer des marins venus de pays où la pauvreté est généralisée avec des salaires de seulement 2 USD de l’heure, l’opérateur de ce navire n’a pas payé un seul centime des salaires des membres d’équipage depuis avril,” a dit Dean Summers, de la fédération internationale des ouvriers du transport, qui a inspecté récemment le navire.

En sous-traitant le transport par bateau de sa bauxite, Rio Tinto réduit actuellement l’emploi d’opérateurs ferroviaires pour transporter ses produits en Australie.

“Dans le cas où Rio Tinto décidait de transporter sa bauxite par route ou par rail, l’entreprise devrait payer des salaires minimums australiens et respecter la réglementation australienne sur la santé et la sécurité, mais elle peut éviter ces obligations par mer et réduire considérablement les coûts,” a dit Summers.

L’emploi de main-d’œuvre en sous-traitance et autres formes d’emploi précaire par Rio Tinto a récemment été vivement critiqué dans les réunions annuelles de l’entreprise.

Rio Tinto prétend assumer la responsabilité pour sa main-d’œuvre directe et indirecte, mais le fait que ce vol évident des salaires, qui a seulement été constaté lors d’une inspection syndicale, montre clairement que l’entreprise ne réussit pas à contrôler sa chaîne d’approvisionnement,

a indiqué Kemal Özkan, secrétaire général adjoint de IndustriALL.

IndustriALL demande à Rio Tinto de s’assurer que les travailleurs touchés recevront immédiatement tous les salaires qui leur sont dus. Nous demandons également à l’entreprise de réduire le recours à l’emploi précaire qui vise à affaiblir les syndicats et réduire les conditions des salariés. Et nous demandons à Rio Tinto d’améliorer l’information cruellement incorrecte du public sur son recours à l’emploi précaire,

a ajouté Özkan.

La Suisse mise sous pression par les syndicats du monde entier à propos de Glencore

Dans le cadre d’une semaine d’action mondiale contre la multinationale milliardaire dont le siège se situe en Suisse, les syndicats ont remis en mains propres des lettres de protestation auprès des consulats et ambassades helvétiques de par le monde.

Glencore emploie plus de 180.000 personnes dans plus de 50 pays et est l’un des plus grands producteurs de matières premières dans le monde, réalisant un bénéfice de 2,3 milliards de dollars en 2014. L’entreprise entretient une longue tradition d’hostilité envers les syndicats.

Cette action syndicale coïncide avec une Initiative populaire en Suisse en vue de mettre en place une législation qui rende les multinationales suisses responsables pour leurs violations des droits syndicaux et de l’environnement en dehors de leurs frontières. L’Initiative populaire fait mention de l’inconduite de Glencore pour illustrer la nécessité d’avoir une telle loi.

Aux États-Unis, des membres de la Section locale 235A des Métallos USW, qui sont lock-outés chez Sherwin Alumina par Glencore à Gregory, au Texas, depuis neuf mois, ont remis un courrier au Consulat de Suisse à Houston. Les membres de l’USW ont également rendu visite aux consulats de Los Angeles, New York et San Francisco ainsi qu’à l’Ambassade de Suisse à Washington.

Au Canada, les Métallos USW ont aussi remis une lettre de protestation au consulat de Suisse à Vancouver par solidarité avec les travailleurs et travailleuses de Glencore des États-Unis et d’ailleurs.

Une délégation de haut niveau du CFMEU d’Australie, emmenée par Tony Maher, Président de la Section Mines et Énergie du CFMEU et Lorraine Usher, Vice-présidente de la Section Mines et Énergie du CFMEU, a remis un courrier de protestation au consulat de Suisse à Sydney. Glencore a remplacé les salariés syndiqués par des travailleurs en sous-traitance dans sa mine de Collinsville et les a fait expulser, eux et leurs familles, des complexes d’habitation de l’entreprise, avec un impact dévastateur sur la communauté locale.

En République Démocratique du Congo, les affiliés d’IndustriALL du TUMEC, le Syndicat des mines, du métal, de l’énergie et de la chimie, ont réussi à négocier leur passage par la zone présidentielle de la capitale, soumise à des mesures de sécurité strictes, pour remettre en mains propres un message de protestation contre Glencore à l’ambassade de Suisse. L’Initiative populaire soulève la question de destructions de l’environnement et violations des droits de l’homme perpétrées par Glencore dans le pays comme source de préoccupation particulière.

Le Syndicat des Mineurs argentins AOMA et le Syndicat des Métallurgistes UOM ont également appelé instamment l’Ambassade de Suisse à réguler les activités des multinationales d’origine suisse telles que Glencore. Dans le cadre d’une autre action, l’ASIJEMIN, Syndicat des professions spécialisées des mines, a envoyé un courrier à l’Ambassade de Suisse.

En Colombie, où Glencore a été lié à un groupe paramilitaire responsable du meurtre de syndicalistes, l’affilié d’IndustriALL Sintracarbon a organisé des activités au sein de ses sections locales dans le cadre de la semaine mondiale d’action. Le Secrétaire à l’éducation du syndicat, Igor Diaz Lopez, qui a reçu des menaces de mort dans le cadre de ses activités syndicales, a été interviewé par la télévision colombienne et a eu de ce fait l’occasion de dénoncer les violations des droits des travailleurs et des libertés syndicales perpétrées par Glencore.

Pendant ce temps, en Afrique du Sud, l’affilié d’IndustriALL NUM (Syndicat national des mines) a cette semaine menacé de poursuivre le gouvernement si Glencore maintenait son intention de licencier plus de 600 travailleurs de son site d’Optimum Coal. Le NUM accuse Glencore de ne pas se conformer aux plans syndicaux et sociaux concernant les primes de rupture en faveur des travailleurs.

Le Secrétaire général d’IndustriALL Jyrki Raina a déclaré :

“Cette action des affiliés d’IndustriALL envoie un message fort à l’entreprise, lui indiquant que nous sommes unis dans la défense des droits des travailleurs de Glencore aux quatre coins de la planète.

“L’Initiative populaire montre que le mauvais comportement de Glencore est aussi intolérable pour les citoyens suisses qu’il ne l’est pour ceux qui en sont les victimes à l’étranger. Nous applaudissons cet effort en vue de rendre Glencore et les autres multinationales responsables de leurs méfaits à l’étranger devant les tribunaux suisses.” 

Campagne de syndicalisation commune des syndicats ougandais

La réunion, qui avait reçu le soutien du conseil des syndicats danois pour le développement international – LO-FTF, a permis de réunir quatre syndicats affiliés à IndustriALL et représentant une large gamme d’industries dans les secteurs du textile, de l’énergie, de la chimie et du personnel de bureau. Les trois principaux objectifs étaient les suivants:

Une stratégie nationale de syndicalisation pour l’Ouganda axée sur trois stratégies-clés a été élaborée et adoptée par tous les syndicats présents à la réunion:

Engura Geoffrey, secrétaire général du syndicat des travailleurs du pétrole, de la chimie et des secteurs connexes d’Ouganda a fait le commentaire suivant: “L’application correcte de la stratégie d’action commune que nous avons maintenant établie dans l’unité et la coopération, apportera un changement dans chaque syndicat présent dans le mouvement syndical, et d’une manière générale en Afrique de l’Est. Nous remercions avec gratitude notre syndicat mondial pour ce soutien.”

Un conseil de coordination nationale compose de quatre membres a été formé pour aider la coordonnatrice de projet dans l’application des différentes activités du projet au sein des syndicats.

Un comité national de santé et de sécurité au travail de huit membres avec deux représentant(e)s de chaque syndicat a été formé. Les attributions du comité ont été élaborées et adoptées par tous les syndicats.

Les affiliés ont émis différentes idées pour la réalisation de documents destinés à apporter une aide pour la syndicalisation, l’emploi précaire, et la santé et la sécurité au travail.

Deux études sur la localisation destinées à aider la syndicalisation ont été examinées et adoptées par tous les syndicats.

Un plan national de travail a été élaboré et adopté par tous les syndicats pour une action commune dans la syndicalisation, l’emploi précaire, et la santé et la sécurité au travail.

Biryeri Zauja, secrétaire à la syndicalisation et l’éducation du syndicat des travailleurs du textile, de la confection, du cuir et des secteurs connexes d’Ouganda, a fait le commentaire suivant: “Si les affiliés s’engagent fermement, le mouvement syndical aura un avenir brillant en Ouganda. En nous rassemblant, nous pouvons constituer un puissant groupe de pression sur le gouvernement pour qu’il modifie les politiques sur l’emploi précaire, la santé et la sécurité au travail, et la syndicalisation."

Les quatre affiliés de IndustriALL présents à la réunion étaient les suivants:

Les syndicats obtiennent leur premier salaire minimum au Myanmar

Le syndicat demandait 4.000 kyatts par jour, alors que les employeurs faisaient pression pour 2.500 kyatts. La proposition du gouvernement de 3.600 a été acceptée par les syndicats et fera l’objet d’une loi après une période de deux mois pour commentaires. 

Ce montant, qui se base sur une journée de travail de huit heures, a une portée nationale. Alors qu’une clarification finale est nécessaire pour ouvrir le droit au congé payé, le nouveau salaire minimum est plus élevé que le salaire mensuel de 68 USD au Bangladesh. Les employeurs font toujours pression pour avoir le droit de ne pas payer les travailleurs et travailleuses le dimanche.

Le salaire minimum sera appliqué sur les lieux de travail de plus de 15 salariés. La demande syndicale devait concerner les lieux de travail de plus de 5 salariés, et cette revendication reste présente dans l’évaluation du salaire minimum après 12 mois.

La décision fait suite à une année de négociations entre le gouvernement, les employeurs et les syndicats.

Les indications reçues donnent à penser que le salaire des personnes employées dans les zones franches d’exportation sera supérieur à ce nouveau minimum.

Le secrétaire général de IndustriALL, Jyrki Raina, est satisfait de ces nouvelles:

J’ai dit en mars dernier au ministre du Travail du Myanmar qu’un salaire minimum permettant de vivre était d’une importance primordiale. Les travailleurs et travailleuses de ce pays sont impatients de justice sur les lieux de travail, et cela commence par un salaire décent, des heures de travail raisonnables et le droit de se syndiquer.

Khaing Zar Aung, secrétaire général adjoint de la fédération des travailleurs industriels du Myanmar (IWFM), affiliée à IndustriALL, a dit au début de l’année à IndustriALL qu’un salaire moyen de 100 USD par mois ne pouvait être obtenu qu’en faisant de 12 à 16 heures d’heures supplémentaires en plus des 44 à 46 heures de travail habituelles par semaine.

Le salaire si bas ajoute aux souffrances des travailleurs et travailleuses – nous demandons des salaires de base et une durée du travail correcte.

Deux syndicats du Myanmar ont rejoint IndustriALL Global Union en décembre 2014. Après la légalisation des syndicats en 2012, le mouvement syndical international a soutenu les salariés au Myanmar en matière de syndicalisation et de formation.

Décollage de la puissance syndicale dans l’industrie aérospatiale

Près d’une centaine de délégué(e)s de 16 pays, représentant 25 syndicats, se sont réunis au début de juillet lors d’une conférence mondiale de l’aérospatiale de deux jours à Berlin. La conférence avait pour  thème le renforcement des syndicats et la manière de faire face au capital mondial dans une industrie en expansion.

Jürgen Kerner, trésorier de IG Metall, a souhaité la bienvenue en Allemagne aux délégué(e)s et exprimé la solidarité avec la famille mondiale des travailleurs et travailleuses de l’aérospatiale.

Au cours de la cérémonie d’ouverture, Holger Schilenkamp, représentant le ministère fédéral allemand des Affaires économiques et de l’Énergie, a souligné l’importance de ce qu’on appelle en Allemagne la codétermination, en affirmant qu’elle est dans l’intérêt des travailleurs/euses et des employeurs.

Dans son allocution d’ouverture, Tom Buffenbarger, vice-président de IndustriALL, président de IAMAW et directeur du secteur aérospatial de IndustriALL, a dit que l’industrie mondiale se trouve à un tournant décisif et qu’elle doit faire un choix entre deux voies:

“Dans la première, les travailleurs et travailleuses devront abandonner leur droit fondamental de grève et seront accusés des fautes commises par les directions.

“La seconde est favorable aux syndicats de l’aérospatiale, et les directions reconnaissent la valeur d’une main-d’œuvre syndiquée capable de s’engager librement dans la négociation collective.”

Rien qu’aux États-Unis et au Canada, plus de 600.000 emplois dans l’aérospatiale, soit près de 50 pour cent de la main-d’œuvre du secteur, ont disparu au cours des 20 dernières années. Comme c’est le cas dans de nombreuses industries, les entreprises de l’aérospatiale dépendent de plus en plus d’une main-d’œuvre contractuelle.

Au cours des deux jours de débats avec des intervenants, les participant(e)s ont examiné la manière de défendre les droits des travailleurs et travailleuses et de s’opposer aux activités antisyndicales. Les accords-cadres mondiaux (ACM) ont été reconnus comme étant d’importants instruments permettant d’assurer le renforcement des droits du travail dans le secteur.

"Nous devons demander aux entreprises aérospatiales de s’engager dans des accords mondiaux qui honorent les normes internationales du travail," a dit Tom Buffenbarger.

Plan d’action

Les participant(e)s ont donné leur accord pour le lancement d’un certain nombre de réseaux d’entreprise et d’échanger des informations, mais aussi de renforcer la solidarité ouvrière dans le secteur.

Un plan d’action a été adopté qui comporte des étapes concrètes pour faire face au capital mondial, défendre les droits des travailleurs/euses, combattre l’emploi  précaire et assurer un emploi industriel durable.

La conférence mondiale a également adopté une résolution qui réitère la position de IndustriALL sur la solidarité avec les travailleurs et travailleuses dans les syndicats affiliés et qui font face à la prison pour avoir fait grève en 2010.

Le secrétaire général adjoint de IndustriALL, Kemal Özkan, a dit:

“Nous continuerons de syndiquer les travailleurs et travailleuses et de soutenir nos syndicats dans le secteur aérospatial. Dans une industrie mondiale, nous combattrons l’austérité tout en défendant et en améliorant les droits des travailleurs et travailleuses.

“Les droits des travailleurs et travailleuses ne sont pas négociables, et nous devrons trouver des solutions pour assurer la protection de tous les salariés dans toutes les parties de la chaîne mondiale d’approvisionnement.”

La conférence a réélu Tom Buffenbarger à la direction de la section avec un groupe d’action qui jouera un rôle dans l’application du plan d’action avec le secrétariat.

IndustriALL veut une solution juste et durable à la dette grecque

Les Grecs vont voter dimanche 5 juillet pour décider d’accepter ou non les propositions de la Banque centrale européenne, du FMI et de la Commission européenne, qui entraîneraient des   réformes économiques rigoureuses en échange de nouveau crédit.

La Grèce est empêtrée dans plus de 300 milliards d’euros de dette, qui équivaut à environ 180 pour cent du PIB. Les mesures d’austérité imposées par les trois institutions financières connues sous le nom de Troïka ont produit des années de déclin, d’incertitude et de pauvreté en Grèce, et non de rétablissement.

Le secrétaire général de IndustriALL, Jyrki Raina, a dit:

“La Grèce ne doit pas être rançonnée par ses créancier. Le rétablissement économique du pays ne pourra être obtenu que par une solution juste, et surtout durable, pour la restructuration de la dette.

“Les cinq années d’austérité en Grèce sont un échec. Il est temps de trouver une meilleure solution et de déterminer une voie économique réaliste pour le pays. Les institutions de la Troïka doivent entendre les voix du peuple grec et ne pas interférer avec le gouvernement élu démocratiquement.” 

Les membres féminines d’IndustriALL exigent le respect des droits des femmes en Inde

Les participantes se sont rencontrées pour débattre de leurs expériences en matière de négociation collective et d’enjeux relatifs au milieu du travail.

Les témoignages des différentes participantes ont montré que les multinationales ont une influence considérable à la fois au niveau du gouvernement ainsi qu’au niveau du système judiciaire. Le résultat en est que les travailleurs et travailleuses sont de plus en plus exploités et que le gouvernement indien essaie d’amender différentes législations relatives au travail au détriment des masses laborieuses.

Le travail informel est une question clé pour les femmes travailleuses. Nombre d’entre elles ne peuvent pas compter sur une allocation de maternité et sont confrontées à des problèmes de garde d’enfant en raison de l’absence de crèches sur leurs lieux de travail. De plus, ces femmes n’ont pas de sécurité d’emploi et ne dévoilent pas leur statut marital, de peur de perdre leur emploi.

L’assemblée a établi un projet de plan d’action concret pour syndiquer les travailleurs précaires, parmi lesquels les femmes sont les plus exploitées. Les militantes de WCL ont l’intention de recruter 500 travailleuses précaires d’ici à décembre 2015, alors que celles du Port de Bombay ont décidé d’en syndiquer 1.000 d’entre elles. Les participantes en provenance de Yazaki India ont indiqué que cette entreprise emploie 2.500 travailleurs et travailleuses en sous-traitance contre 500 permanents. Elles ont décidé de discuter avec les travailleurs permanents la possibilité de recruter 100 membres chez les sous-traitants.

Les participantes ont également débattu d’un programme pour engager le changement, par le biais de formations, de mise en place de ressources syndicales, de planification stratégique, de recrutement, de négociation collective, de financement et de communication.

Une militante suspendue par son employeur, Ever Electronics, une multinationale coréenne qui fournit des composants électroniques à LG, a témoigné de ce que celle-ci tente de briser le syndicat et a suspendu de nombreux salariés. La réunion a lancé un appel à IndustriALL pour soutenir les travailleurs et travailleuses d’Ever Electronics par la mise en place d’un réseau syndical au sein de cette multinationale.

À l’issue de cette réunion, l’affilié d’IndustriALL Shramik Ekta Mahasangh Women (SEM) a décidé de lancer une campagne dans toute la région industrielle de Pune sur la mise en œuvre d’allocation de maternité et le respect des droits des femmes travailleuses.

Ce sujet et d’autres considérations ont fait l’objet d’un débat lors de la réunion du Comité des Femmes indiennes tenue le 14 juillet à Delhi. Le travail précaire se révèle être le principal sujet de préoccupation des femmes. En règle générale, les travailleurs permanents sont des hommes et les précaires des femmes. Le comité des femmes entend mener des actions le 7 octobre, Journée mondiale pour le travail décent.

Parmi les autres sujets d’inquiétude soulevés par les femmes, on retrouve la santé, en particulier le VIH-SIDA, le harcèlement sexuel, les conflits de caste (la plupart des femmes travailleuses proviennent des castes les plus basses et sont confrontées à des hommes issus de castes supérieures), l’alphabétisation des femmes, la retraite anticipée des femmes, les travailleurs migrants, la violence domestique, les bas salaires des femmes et l’économie informelle.

De plus, le 15 juillet les femmes ont décidé de s’attacher à un exercice de cartographie afin de déterminer où les femmes indiennes travaillent et quelles sont les activités qu’elles pratiquent. Ceci va demander un temps et des efforts considérables.