IndustriALL Global Union répond à la crise dans les secteurs des mines et des métaux

Les secteurs des mines et des métaux n’ont pas été affectés par les crises financières de 2008 à 2012. Au cœur de la récession mondiale en 2008, déclenchée par la crise financière mondiale, l’industrie minière a enregistré une expansion dans le secteur des denrées de base. L’expansion était en grande partie attribuable à la croissance en Chine et en Inde qui avait amené une demande sans précédent de houille, de ressources minérales et de pierres précieuses. Dans le contexte des crises financières, les entreprises minières sont encore plus performantes que l’ensemble du marché. La plupart des entreprises minières ont eu de robustes bilans durant les crises.

Paradoxalement, les mineurs n’ont pas bénéficié de la croissance. Aucun avantage dans les conditions d’emploi des mineurs, principalement dans les salaires, où les travailleurs et travailleuses ont seulement sué sang et eau, en avançant péniblement dans une négociation collective dure et souvent brutale.

Même avec de bons bilans, les capitaines d’industrie sont restés sourds aux besoins de leur main-d’œuvre. À l’inverse, ils s’engagèrent dans des accès de dépenses folles, se récompensant par de fortes augmentations salariales et des primes, en faisant des investissements irresponsables dans des projets hasardeux de pipelines, et en inondant le marché avec des objectifs de production désastreux. On assiste maintenant à un effet de boomerang.

Les périodes d’essor ne durent pas éternellement et la fête a pris fin quand les économies chinoise et indienne ont commencé à ralentir et même à se contracter. Il faut s’attendre sans étonnement à ce que les travailleurs et travailleuses se préparent à des temps difficiles et fassent les frais de la chute des prix des denrées, même s’ils n’y sont pour rien dans le déroulement de la tragédie des pertes d’emplois et des licenciements de masse, quand ces entreprises se lancent dans des mesures massives de réduction des coûts.

Après avoir été considérés comme l’atout le plus important des entreprises minières, ils sont maintenant considérés comme un handicap et mis à la casse pour rejoindre la masse des chômeurs et externaliser ainsi le coût social pour la société et l’État. C’est scandaleux de voir les mineurs faire les frais de la chute des prix des denrées, alors que les entreprises minières versent des dividendes à leurs actionnaires.

IndustriALL Global Union demande à l’industrie minière d’avoir un comportement responsable en ces temps difficiles pour les mineurs et leurs familles. Nos affiliés rendent compte de tendances déconcertantes de la part des entreprises minières qui, dans leur hâte à réduire les coûts, s’attaquent aux syndicats en se tournant vers des travailleurs individuels pour les forcer à accepter des réductions volontaires.

En outre, certaines entreprises minières enfreignent les législations nationales qui exigent des consultations avec les syndicats. À cet effet, l’emploi précaire et la précarité dans le travail augmentent.

Andrew Vickers, président du secteur minier de IndustriALL Global Union et secrétaire général du syndicat de la construction, de la foresterie, des mines et de l’énergie, commente la tragédie qui se déroule, en ces termes:

IndustriALL Global Union avertit ces entreprises minières qu’elles doivent immédiatement cesser d’avoir ce comportement et ces actions néfastes. Elles doivent engager un dialogue avec les syndicats nationaux touchés pour trouver des solutions mutuellement acceptables à la crise.

Une réduction doit être une mesure en dernier recours, et dans le cas où des réductions et des mises à pied sont inévitables, le processus engagé doit respecter la législation et la réglementation du pays.

IndustriALL solidaire des travailleurs d’Arauco en Argentine

L’affilié d’IndustriALL SOEP (Syndicat des Ouvriers et Employés Papetiers) exige actuellement la réintégration de plus de 20 travailleurs licenciés par l’usine de cellulose Arauco dans la province de Misiones. Le SOEP fait partie de la FeTia (Fédération des Travailleurs de l’Énergie, des Industries, des Services et des Secteurs connexes), un affilié d’IndustriALL. Il appelle également à de meilleures conditions de travail en insistant sur l’absence de mesures en matière de santé et de sécurité au sein de l’usine.

Les salariés ont décidé de protester à la suite de la décision de l’entreprise de licencier plus de vingt d’entre eux. L’entreprise a répliqué en faisant ordonner l’arrestation de onze travailleurs qui exerçaient leur droit de grève. Bien qu’ils ont été relâchés quelques heures plus tard, le Secrétaire général de la FeTIA, Pedro Wasiejko, a précisé dans un commentaire qu’il s’agissait là du genre de “pratique injuste et illégitime typique de cet employeur”.

Le syndicat a décidé d’accentuer les protestations pour pousser l’entreprise à réintégrer les travailleurs écartés. Le Ministère du Travail a ordonné un arbitrage obligatoire et s’est engagé  à prendre toutes les mesures utiles à une médiation visant à la réintégration du personnel licencié.

Le Ministère du Travail a également confirmé “l’absence de santé et sécurité” dans douze sections de l’ancienne usine de cellulose Alto Paraná dans la ville de Puerto Esperanza. Les travailleurs appellent depuis des mois à l’application des législations en matière de santé et sécurité.

Jorge Almeida, Secrétaire régional d’IndustriALL, déclare :

IndustriALL soutient ces revendications et est prête à offrir tout l’appui nécessaire pour qu’une solution soit trouvée au conflit.

Des programmes Master relatifs au travail ouverts au Brésil et en Afrique du Sud

Les programmes portent sur la gestion des affaires mondiales dans les domaines des normes internationales de travail, de l’économie, du commerce et des entreprises multinationales sous l’angle du travail, et sur les syndicats et autres mouvements sociaux en tant qu’acteurs de changement.

Un nombre limité de bourses sera accordé par le réseau de l’Université ouvrière mondiale à des étudiant(e)s nécessitant un soutien. 

Les dates limites de dépôt des demandes ainsi que des précisions sur le programme se trouvent sur les liens suivants:

1er septembre 2015 pour l’Université du Witwatersrand  http://www.global-labour-university.org/3.html
Contact: Pulane Ditlhake [email protected]  



1er octobre 2015 pour l’Université de Campinas http://www.global-labour-university.org/114.html 

Contact: Prof.  Eugenia Leone [email protected]

L’Université ouvrière mondiale est le fruit d’une initiative conjointe d’universités de plusieurs continents, de l’Organisation internationale du Travail (OIT), du mouvement syndical international et de la Fondation Friedrich Ebert. L’Université ouvrière mondiale propose des cours de maîtrise dans cinq pays sur le syndicalisme, le développement durable, la justice sociale, les normes internationales du travail, les entreprises multinationales, les politiques économiques et les institutions mondiales, et promeut une coopération en matière de recherche sur les questions relatives au travail dans le monde. Pour tout renseignement complémentaire, consulter le site internet http://www.global-labour-university.org/.

Victoire au Pakistan de la PCEM contre le travail précaire chez Shell

En dépit de la résistance et des recours de la direction, cette victoire a été acquise par l’affilié d’IndustriALL, la PCEM, Fédération pakistanaise des Travailleurs de la Chimie, de l’Énergie, des Mines et des Industries diverses.

Environ 300 travailleurs de l’usine de lubrifiants de Shell Pakistan à Karachi ont sollicité pour la première fois l'enregistrement officiel en 2013 de leur Syndicat Insaf des Travailleurs de Shell Pakistan. En 2014, le bureau d’enregistrement de la capitale Islamabad a reçu de la part de la direction de l’entreprise une demande visant à annuler cet enregistrement sur base du fait que ces 300 travailleurs sous-traitants n’étaient pas officiellement des salariés de Shell.

La PCEM a soutenu la demande de régularisation des 300 travailleurs sous-traitants auprès de la commission nationale des relations sociales à Karachi. La cause de leur régularisation va maintenant être renforcée après la décision prise par l’autorité chargée de l’enregistrement des syndicats. On ne compte que 59 salariés permanents chez Shell Pakistan pour environ 500 personnes employées sur base d’un contrat de sous-traitance.

Le Président de la PCEM Imran Ali, qui occupe également la présidence du Conseil national des affiliés d’IndustriALL au Pakistan confie :
“La direction ne les acceptait pas en tant que travailleurs de Shell Pakistan et soutenait dès lors qu’ils n’avaient pas le droit de former un syndicat ou de participer à toute activité syndicale, mais avec le soutien de la PCEM, ces travailleurs ont été en mesure de faire enregistrer leur syndicat. Et le 16 juillet dernier, le Registre pakistanais des Syndicats a rejeté l’appel introduit par la direction.”
 
Ce Syndicat des Travailleurs de Shell Pakistan nouvellement formé va maintenant participer à la négociation d’une nouvelle convention collective de travail et devenir membre de la PCEM.
 
Le Secrétaire général adjoint d’IndustriALL Kemal Özkan ajoute :

Nos camarades de la PCEM sont sur la ligne de front du combat mondial contre le travail précaire. Nous sommes fiers de cette victoire et ce syndicat va continuer à obtenir des améliorations des conditions d’emploi auxquelles les travailleurs et travailleuses du Pakistan ont droit.

IndustriALL au Myanmar

Du 22 au 24 juillet, IndustriALL a tenu un atelier sur le salaire vital à Rangoun, au Myanmar. Les objectifs étaient de renforcer les actions des affiliés destinées à obtenir un salaire vital dans le pays, d’améliorer les connaissances sur la manière pour les syndicats d’utiliser les différents mécanismes de fixation des salaires, d’explorer la manière dont la campagne mondiale d’IndustriALL en faveur du salaire vital pouvait être utilisée pour améliorer les revenus salariaux au Myanmar et de donner un élan supplémentaire à la campagne des affiliés en faveur de la mise en œuvre du nouveau salaire minimum de US$3,2 par jour.

Le salaire poche d’un travailleur se compose de différentes primes et prestations, ce qui rend la question du salaire minimum compliquée. Dans le cadre de l’atelier, l’OIT a traité de la fixation des salaires au Myanmar. La population doit travailler 60 heures par semaine pour pouvoir rencontrer ses besoins et contracte régulièrement des prêts pour survivre jusqu’à la paie suivante. Les bas salaires entraînent des conditions de vie misérables et les travailleurs passent d’usine en usine en quête d’une meilleure paie.

Ces bas salaires qui forcent les travailleurs à rechercher de meilleurs solutions ailleurs font que les employeurs sont réticents à investir dans la formation, ce qui signifie dès lors que les compétences restent faibles. C’est un cercle vicieux puisque des travailleurs qualifiés sont la clé pour progresser dans la chaîne de valeur ajoutée.

Les institutions du Myanmar compétentes en matière de salaire doivent être renforcées. Les participants de l’atelier ont débattu de l’usage des mécanismes de fixation des salaires, de la façon de combiner une stratégie sur le salaire minimum avec la négociation collective et sur la manière d’étendre les conventions collectives aux sous-traitants et de couvrir les travailleurs concernés ainsi que les autres en situation précaire. La question du salaire minimum a été reconnue comme utile en tant qu’outil de recrutement.

On s’est accordé à dire que le processus de négociation collective devrait comporter l’un ou l’autre mécanisme tripartite pour le contrôler, ce qui pourrait contribuer à diminuer le nombre de grèves. De plus, les syndicats nationaux peuvent recevoir de l’aide de la part des fédérations syndicales internationales afin de mettre la pression. Ces centrales nationales doivent faire en sorte que le gouvernement permette aux travailleurs précaires d’avoir un contrat. Les travailleurs en sous-traitance devraient être couverts par la convention collective de l’usine et bénéficier du salaire minimum.

Le Coordinateur de Projet d’IndustriALL Kenny Perkins a expliqué le processus de négociation collective au Myanmar vers lequel ses syndicats devraient tendre :

  1. Syndiquer – rassembler des données
  2. Former une équipe en vue des négociations collectives – élaborer des propositions
  3. Étudier les propositions finales  – préparer les documents d’appui
  4. Soumettre les propositions au Comité exécutif – le CE les soumet à la direction
  5. Élire l’équipe qui négociera – s’assurer que des femmes en font partie
  6. Négocier – signer la convention
  7. Éduquer et recruter – enregistrer la convention pour la rendre opposable

Il a souligné l’importance pour les syndicats d’agir dans l’unité afin d’obtenir davantage pour les travailleurs :

Si les syndicats ne peuvent s’entendre entre eux, cela affaibli la capacité à négocier et rend plus facile pour les employeurs de tirer parti de la situation.

D’un salaire minimum à un salaire vital

Les salaires devraient être suffisants pour couvrir les besoins de base et apporter un petit plus en termes de revenu. Bien que le salaire minimum du Myanmar constitue à de nombreux égards un jalon, ce n’est toujours pas un salaire vital. La campagne pour un salaire vital est une priorité pour IndustriALL.

La Secrétaire générale adjointe d’IndustriALL Monika Kemperle a présenté les éléments clés :

Les propriétaires de l’industrie de la confection sont des nationaux alors que les commandes viennent des enseignes internationales. IndustriALL collabore avec les grandes marques pour atteindre le salaire vital en poussant conjointement vers des augmentations du salaire minimum, en explorant les possibilités de négocier des conventions salariales sectorielles et en promouvant la syndicalisation et la négociation collective.

Il a été demandé aux participants de donner leur vision d’un salaire vital :

Nous voulons un salaire décent qui n’oblige pas nos familles à nous entretenir.

Grâce à un salaire minimum, nous n’avons pas à prester d’heures supplémentaires pour arriver à 100 dollars.

Cela signifie avoir sa dignité en tant que femme et que travailleuse.

Nous voulons avoir une vie active et dynamique dans un cadre sécurisé.

Nous voulons du temps pour des loisirs.

IndustriALL solidaire des membres de SITRAMINA au Pérou

Le syndicat SITRAMINA, affilié à la FNTMMSRP et à IndustriALL Global Union, représente les travailleurs et travailleuses employés par Antapaccay, filiale de Glencore. Les deux parties se sont rencontrées le 24 juillet à Lima au sujet des pratiques antisyndicales de l’entreprise, lors d’une audience décidée par le département de la médiation des conflits et de la négociation collective du ministère du Travail.

La réunion n’a pas permis de réaliser des progrès importants, mais les deux parties ont convenu de poursuivre les discussions dans le but de conclure une convention collective d’ici le 17 août.

Et bien que l’entreprise n’accepte pas d’être considérée comme étant responsable d’infractions aux droits syndicaux, la réunion a eu  une importance stratégique pour les travailleurs et travailleuses. Le réseau mondial Glencore de IndustriALL continue d’exprimer sa solidarité avec les collègues de l’entreprise Antapaccay.

Le secrétaire régional adjoint de IndustriALL Global Union, Marino Vani, qui assistait à la réunion, a dit que IndustriALL continue de soutenir fermement les syndicats affiliés à la fédération des mineurs:

IndustriALL suivra de près les négociations et se tiendra prêt avec le réseau mondial des syndicats de Glencore à entreprendre une action de solidarité pour soutenir les membres de SITRAMINA.

AFL-CIO décerne à TUCOSWA le prix des droits de l’homme

Le Swaziland a fait l’objet dans le passé d’une plate-forme juridique de base pour la défense des droits des travailleurs et travailleuses, un système de relations de travail comprenant un tribunal du travail, un organe de médiation et d’arbitrage, et un système de dialogue tripartite entre les syndicats, les employeurs et le gouvernement, parallèlement au régime autocratique du monarque. Cependant, le gouvernement monarchique du Swaziland est devenu, ces dernières années, de plus en plus répressif.

La Confédération syndicale du Swaziland (TUCOSWA), créée en 2012 lors de la fusion de la Fédération du travail du Swaziland, la Fédération des syndicats du Swaziland et l’Association nationale des enseignants du Swaziland, s’est vue refuser son enregistrement et un statut juridique durant trois ans. Pendant ce temps, l’espace politique des syndicats s’est réduit. Le dialogue tripartite s’est interrompu et la liberté syndicale a été réduite régulièrement par des actions policières contre les réunions syndicales et les protestations.

Malgré les pressions exercées par d’autres pays et par l’Organisation international du Travail, le gouvernement du Swaziland a refusé de réaliser les réformes politiques promises pour reconnaître la liberté de rassemblement, de parole et de syndicalisation, et la réduction du large pouvoir discrétionnaire conféré à la police pour perturber les activités syndicales et arrêter des militant(e)s de la société civile, parmi lesquels des responsables syndicaux, des journalistes, des dirigeant(e)s du mouvement étudiant et des dissidents politiques. 

“De par son attitude agressive, le gouvernement du Swaziland a constamment enfreint son engagement international sur les normes fondamentales du travail, et a compromis le développement économique du pays. En raison de sa violation systématique au critère d’admissibilité des droits ouvriers inscrits dans la loi sur la croissance et les potentialités de l’Afrique (Africa Growth and Opportunity Act – AGOA), le Swaziland a perdu un accès préférentiel au marché des États-Unis en 2015,” explique AFL-CIO. Cela a eu comme résultat la perte de milliers d’emplois dans le secteur de la confection et comporte le risque de la perte de milliers d’autres au cours de l’année.  L’inconsistance du gouvernement pour prendre des décisions reste le plus grand obstacle à la création d’emplois et à la réduction de la pauvreté dans le pays.”

Les attaques tant physiques que juridiques contre les travailleurs et travailleuses du Swaziland et leurs alliés étant de plus en plus fréquentes, TUCOSWA est resté résolu dans son soutien aux droits ouvriers, la défense de son droit d’exister, et pour soutenir les militant(e)s des droits de la personne harcelés et emprisonnés illégalement. TUCOSWA a défendu la démocratie, la liberté de parole et de rassemblement. Grâce aux efforts et au soutien persistants des syndicats du monde entier, TUCOSWA a gagné la bataille de sa reconnaissance en mai 2015, mais continue de faire face à des obstacles pour obtenir une réalité juridique. 

“Le Swaziland ne pourra pas faire face à ses grands besoins économiques sans un TUCOSWA puissant, capable de soutenir les efforts des travailleurs et travailleuses pour se syndiquer, négocier et plaider en faveur des droits élémentaires de la personne;” dit AFL-CIO. “Pour sa détermination à se battre pour un pays plus démocratique qui reconnaisse et protège la liberté syndicale et les droits ouvriers, AFL-CIO est heureux de décerner à TUCOSWA le prix des droits de l’homme George Meany-Lane Kirkland.”

Les Conseils d’Entreprise discutent des relations sociales au sein des entreprises chimiques allemandes en Chine

La Chine est de loin le plus grand producteur mondial de la chimie et de nombreuses multinationales allemandes comptent de gros investissements dans le pays. Un total de 189 filiales de sociétés chimiques allemandes sont actives en Chine. Ensemble, elles représentent un chiffre d’affaires de 17,4 milliards d’euros et emploient 52.000 personnes. Dans le même temps, les entreprises chinoises investissent de plus en plus en Allemagne et en Europe.

Environ 60 participants ont évalué l’évolution des relations sociales en Chine et de possibles collaborations et partenariats avec leurs homologues chinois. La principale attente exprimée lors du Forum de l’Industrie d’IG BCE est le besoin pour les travailleurs d’être unis au plan mondial pour que la concurrence entre les entreprises ne se fasse pas au détriment des conditions de travail, de la sécurité et des salaires.

“La responsabilité sociale des entreprises ne se limite pas à l’Allemagne. Un travail de qualité nécessite le respect, l’équité et la confiance,” a dit Michael Vassiliadis, Président d’IG BCE. “Nous devons mettre sur pied une Cellule de Compétence pour aider nos amis sur place.”

Bien que le gouvernement chinois a effectué des réformes dans le domaine de la législation du travail et la mise en place d’une Loi sur les Contrats de Travail, d’une Loi sur la Promotion de l’Emploi et de dispositions sur le règlement des conflits de travail, le chemin vers un marché du travail efficace et équitable est encore long et ardu.

Le cadre légal prédéterminé par le gouvernement central peut être interprété et appliqué de manière souple dans les régions respectives par les administrations locales, ce qui rend difficile la revendication et l’application des dispositions et législations.

Un autre problème fondamental est la restriction à l’établissement de syndicats indépendants. Tout syndicat local nouvellement formé doit rejoindre l’officielle Fédération chinoise des Syndicats (ACFTU) pour être considéré comme légitime.

Les participants ont entendu des rapports qui indiquent que des multinationales telles que Bayer et Evonik appliquent le modèle de relations sociales allemand au sein de leurs usines situées en Chine. Ceci implique des élections pour les représentants des travailleurs et la négociation de conventions collectives. Les rapports ont montré que le soutien apporté par les membres des conseils d’entreprise allemands a aidé à l’établissement d’une approche commune et d’une culture de coopération sur les lieux de travail.

Oliver Zühlke, qui préside le Conseil d’Entreprise général de Bayer AG, a fait rapport sur la situation au niveau de la participation au sein des usines Bayer en Chine. Il a indiqué que 96% des salariés étaient syndiqués et que des représentants des travailleurs étaient élus au sein des usines chinoises de Bayer. Aussi, les relations sociales ne fonctionnent pas que pour l’échange d’informations techniques et organisationnelles, mais aussi pour le partage des préoccupations en matière de ralentissement des investissements ou de migration économique.

“Nous avons la possibilité de nous exprimer ouvertement pour que les mêmes normes soient appliquées à tous les salariés d’une même multinationale. Établir de bonnes relations sociales en Chine sert également les travailleurs en Allemagne. La concurrence ne devrait pas se faire sur le plan des coûts de main d’œuvre. Nous voulons un système par lequel tous les salariés soient à même d’exercer leurs droits fondamentaux,” a dit Kemal Özkan, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL dans le cadre d’une interview lors du Forum de l’Industrie.

Le syndicat pakistanais NTUF condamne le licenciement de 24 ouvriers textiles

FKN est sur succursale de Rashid Textile, implantée dans une zone industrielle de Karachi, SITE. Elle produit des serviettes de toilette et aspire à exporter vers l’UE, entre autres. Pour pouvoir recruter de nouveaux travailleurs rémunérés avec de moindre salaires, la direction a bloqué l’entrée sur le site de l’usine des 24 licenciés qui n’ont pu prendre leur poste ce 18 juillet, juste avant la fête de l’Aïd.

Les travailleurs licenciés ont alors contacté le NTUF pour défendre leur cas auprès des autorités concernées et combattre l’attitude répressive de l’entreprise.

Un des travailleurs licenciés, Muhammad Nadeem, rapporte que les conditions de travail à l’intérieur de l’usine sont déplorables et que les 900 travailleurs y sont en position de faiblesse. Nombre d’entre eux y sont forcés de travailler jusqu’à 20 heures par jour.

Les ouvriers de l’usine FKN sont principalement employés via des sous-traitants illégaux et n’ont pas le droit de former un syndicat. Ils ne reçoivent aucune prestation sociale et souvent même pas leur salaire.

Une plainte auprès des autorités du travail a été déposée par l’avocat du NTUF au nom des 24 travailleurs licenciés ce 27 juillet. Le département concerné a convoqué la direction et un de ses représentants s’est présenté sans dossier et sans argumentation. Les autorités ont donné l’ordre à la direction de se présenter à nouveau le 2 août avec un dossier complet.

La direction du NTUF déclare qu’elle va se battre en faveur de la cause des travailleurs de FKN jusqu’à ce qu’ils soient tous réintégrés.

Apoorva Kaiwar, Secrétaire d’IndustriALL pour la Région de l’Asie du Sud déclare :

IndustriALL est aux côtés des travailleurs de FKN Textile et condamne l’attitude inhumaine de sa direction qui a licencié 24 travailleurs à la veille de l’Aïd.

Mise à pied de 65 salariés par le fournisseur de multinationales, Enpay, pour leur adhésion syndicale en Turquie

L’entreprise turque fabrique des transformateurs électriques et des éléments de transformateurs utilisés dans les systèmes de circuits et destinés à l’exportation dans plus de 50 pays. Propriétaire d’usines en Slovaquie et en Inde, Enpay emploie environ 900 personnes dans ses usines situées à Kullar, Izmit, l’une des zones industrielles en Turquie.

Le mois dernier, la direction locale a réagi agressivement à la décision de ses salariés de commencer à adhérer au syndicat uni des métallurgistes, Birlesik Metal-Is, affilié à IndustriALL.

IndustriALL Global Union et son organisation sœur du même nom en Europe ont exhorté à deux reprises la direction de Enpay à mettre fin son agression antisyndicale et à réintégrer les personnes mises à pied. Cependant, malgré une réponse de l’entreprise le 1er juillet spécifiant que Enpay agissait conformément à la législation nationale et aux normes internationales du travail, les mises à pied se sont poursuivies.

Nous prenons note de votre lettre du 1er juillet. Nous souhaitons beaucoup que votre conformité déclarée aux normes nationales et internationales du travail soit réelle. Toutefois, la mise à pied de tous les représentants des salariés élus de Birlesik Metal-İs avec d’autres personnes soutenant le syndicat relève clairement d’une action punitive, de même que l’intervention de votre direction dans la syndicalisation des salariés” pour reprendre les termes de votre lettre.

En réaction à une grande proportion de la main-d’œuvre décidée à adhérer à Birlesik et à élire ses propres représentants, Enpay a mis à pied 11 membres du syndicat le 13 juillet et 12 autres le 20 juillet pour avoir participé à des manifestations pour demander la réintégration, qui atteignent maintenant 65 mises à pied. Tous les représentants élus ont été mis à pied.

Le nombre de renvois a augmenté sans interruption à chaque infraction patronale, les travailleurs et travailleuses réagissant par des actions punies par esprit de vengeance par la direction. Et cette montée en flèche se poursuit.

L’action ouvrière en réponse aux infractions de la direction a engendré des arrêts de travail, des rassemblements et des manifestations sur le tas.

L’entreprise s’est adressée au procureur public en soutenant que les arrêts de travail sont illégaux, mais la réclamation a été rejetée et l’ouverture d’un procès a été refusée.

Dimanche 26 juillet, la police a arrêté des salariés et le président local de Birlesik Metal-Is à Kocaeli, pour s’être simplement rassemblés dans le calme devant l’usine. Ils ont été relachés dans la soirée.

Le secrétaire général adjoint de IndustriALL, Kemal Özkan, a déclaré:

IndustriALL Global Union s’attend à ce que les multinationales clientes de Enpay utilisent leur influence pour mettre fin aux absurdités de Enpay. Malheureusement, il y a actuellement de nombreux cas identiques en Turquie. Les employeurs et leurs entreprises clientes doivent maintenant savoir qu’une politique d’agression ne pourra simplement pas exclure les syndicats démocratiques sur les lieux de travail turcs. Il est de leur responsabilité d’adopter de toute urgence des mesures correctrices.