Protestations en Australie contre la façon dont Ansell traite les travailleurs sri lankais

Ansell mène une guerre d’usure contre 300 employés sri lankais pauvres, en majorité des femmes, qui ont été mises à pied pour avoir fait grève dans l’une de ses usines.

Le syndicaliste sri lankais Anton Marcus, membre du syndicat des salariés des zones franches d’exportation et des services généraux, affilié à IndustriALL Global Union, a pris la parole au rassemblement pour défendre les travailleuses licenciées.

M. Marcus, dont la délivrance d’un visa avait été refusée l’année dernière par les autorités australiennes, a dit que les travailleuses ne voulaient rien d’autre que de pouvoir négocier dans le cadre de leur syndicat.

“Ces femmes ne possèdent presque rien, aussi quand cette entreprise australienne leur baisse leurs salaires, tout en augmentant les quotas de production, elles essayent d’exercer leur droit de négocier collectivement avec le syndicat local,” a dit M. Marcus.

“L’entreprise a réalisé l’année dernière un bénéfice de près de 200 millions d’USD, mais elle  veut prendre quelques ‘cents’ du salaire horaire de ces pauvres femmes.”

Fernando Lopes, secrétaire général adjoint de IndustriALL, a dit:

“Ansell ne doit pas s’attendre à ce que le traitement inhumain infligé aux travailleuses et travailleurs sri lankais passe inaperçu. Cette question ne va pas disparaître et le soutien aux travailleuses mises à pied augmente dans le monde.”

IndustriALL a recueilli un soutien solidaire international pour une campagne de réintégration des 300 travailleuses sri lankaises, et s’attaque à des abus identiques en Malaisie par Ansell, notamment de la part d’affiliés en Australie, aux États-Unis et au Brésil.

Des faits:

Ansell a réalisé un bénéfice de 187 millions d’USD au cours du dernier exercice, quatre fois plus que l’année précédente

Ansell est le plus grand fabricant de préservatifs sur le marché australien avec des marques très connues, notamment Lifestyle, et la ‘nouvelle génération’ SKYN.

Les travailleuses d’Ansell qui ont été mises à pied sont payées moins de 80 cents de l’heure pour travailler dans des conditions si mauvaises qu’elles doivent se soulager à leurs postes de travail, sinon elles ne pourraient pas atteindre les objectifs de production.

Les travailleuses mises à pied chez Ansell au Sri Lanka étaient forcées de travailler tous les jours de la semaine, y compris les week-ends, sans paiement des heures supplémentaires.

Les travailleurs de VW en grève contre 100 licenciements à l'usine de Taubaté au Brésil

Faute d'arriver à un accord avec le Syndicat des métallos de Taubaté, la direction de Volkswagen a annoncé sans égards le licenciement de 100 travailleurs après avoir refusé de discuter d'autres options avec le syndicat.

Le jour même, 5.500 travailleurs ont réagi en votant une grève illimitée pour réclamer la réintégration de leurs collègues. Le 19 août, un rassemblement de masse s'est tenu devant l'usine en signe de soutien et de solidarité avec les travailleurs, en présence de représentants de l'United Autoworkers (UAW), affilié à IndustriALL Global Union, et de syndicats de São Carlos, Anchieta, Curitiba et Resende affiliés à la CUT, à Força Sindical et à l'UGT.

Les négociations se poursuivent sous les auspices de la juridiction du travail. Une audience de médiation est prévue pour le 25 août.

Le Secrétaire régional Jorge Almeida a exprimé le soutien d'IndustriALL aux travailleurs de Volkswagen dans un message de solidarité dans lequel il écrit :

IndustriALL Global Union condamne avec vigueur les actions de Volkswagen Brésil qui, plutôt que de négocier un accord entre les parties, annonce de manière irresponsable le licenciement de 100 travailleurs. Nous invitons instamment Volkswagen Brésil à réfléchir encore et à épuiser toutes les voies de négociation pour éviter un conflit dont personne ne veut. IndustriALL suit les événements de près et est prêt à manifester sa solidarité de quelque manière que ce soit suivant les besoins."

Les syndicats argentins du textile s’unissent pour faire campagne contre le travail précaire

Des ateliers clandestins qui exploitent principalement des travailleurs étrangers qui n’ont aucuns des droits fondamentaux du travail sont courants dans le secteur textile en Argentine. Les syndicats du secteur ont rencontré des représentants d’IndustriALL pour débattre de la manière d’améliorer les conditions de travail de ces travailleurs. Ils se sont accordés pour démarrer une campagne contre le travail précaire à la veille de la Journée mondiale d’action pour le travail décent du 7 octobre.

La réunion a vu la présence de représentants de l’Association ouvrière du Textile (Asociación Obrera Textil, AOT), de la Fédération nationale ouvrière de l’Industrie du Vêtement et des Secteurs connexes (Federación Obrera Nacional de la Industria del Vestido y Afines, FONIVA), du Syndicat ouvrier de l’Industrie du Vêtement et des Secteurs connexes (Sindicato Obrero de la Industria del Vestido y Afines, SOIVA) et du Syndicat des Tailleurs (Union Cortadores de la Indumentaria, UCI), tous affiliés à IndustriALL, ainsi que du Syndicat des Salariés de l’Industrie textile et des Secteurs connexes (Sindicato de Empleados Textiles de la Industria y Afines, SETIA). La réunion comptait également sur la participation du Secrétaire régional d’IndustriALL Jorge Almeida ainsi que des Coordinateurs de Projet pour le Travail précaire, Armelle Seby (au plan mondial) et Elías Pintado (au plan régional).

Le travail précaire dans les ateliers clandestins

Chaque délégué syndical a décrit les problèmes rencontrés et proposé des solutions possibles. Une des problématiques est celle des travailleurs immigrés qui viennent travailler dans le pays au sein d’ateliers textiles clandestins où règnent exploitation et misère. Environ 2,7 millions de Boliviens, à qui l’on a fait miroiter la promesse d’un travail décent, ont émigré en Argentine.

Au bout du compte, ils sont employés dans des conditions de travail précaires sans aucune assurance santé. Ils prestent de longues heures et sont souvent victimes de blessures sur le lieu de travail en raison de l’absence de mesures de sécurité. Les syndicats se sont dès lors accordés pour organiser une campagne ambitieuse pour tenter d’attirer l’attention du gouvernement et des compagnies textiles.

“Il faut que nous leur fassions réaliser qu’il est de leur devoir d’un point de vue social de fournir des conditions de travail décentes. Nous parlons ici d’esclavage, de travail des enfants et d’ateliers clandestins. Il existe des milliers d’ateliers de couture et de confection dans le district de Flores qui exploitent la misère avec de telles conditions de travail. Nous avons particulièrement à cœur d’agir pour influencer le législateur. Il est essentiel que les syndicats se focalisent sur cette question auprès de chacune de ces entreprises,” a expliqué Heraldo Pablo Mage de l’UCI.

Armelle Seby et Elías Pintado ont indiqué que le travail précaire constituait une des cinq priorités d’IndustriALL. Les syndicats sont encouragés à ajouter cette problématique à leurs ordres du jour afin d’empêcher que le travail précaire ne devienne encore plus répandu. IndustriALL recommande trois méthodes pour agir : des campagnes pour promouvoir de meilleures législations, des campagnes pour promouvoir la syndicalisation et la négociation collective. Le but est de construire des stratégies communes durables dans ces trois domaines.

L’assemblée a proposé des plans d’action ainsi que d’autres séminaires de planification et s’est accordée sur l’importance d’améliorer les contacts entre les syndicats affiliés à IndustriALL de sorte à faciliter l’échange d’informations, à améliorer le soutien entre tous et à constituer un ordre du jour commun. Enfin, il a été convenu de tenir une nouvelle réunion avant le 7 octobre afin d’élaborer un plan d’action pour une campagne contre le travail précaire.

Jorge Almeida a évalué l’importance de la réunion en ces termes :

“Le travail précaire nous impose de réorganiser nos tâches et d’améliorer le fonctionnement journalier de nos syndicats. Nous félicitons les syndicats du textile d’Argentine qui ont accepté de mandater des représentants à cette réunion et de débattre de la manière de renforcer le travail syndical afin de promouvoir des emplois décents.”

L'USW mobilise pour des conventions équitables dans la sidérurgie

Des rassemblements et des défilés étaient prévus du 19 au 21 août devant les usines de ArcelorMittal de quatre États : Virginie occidentale, Pennsylvanie, Ohio et Indiana.

Par ailleurs, des membres de l'USW participent également à une série d'actions visant 12 usines de Allegheny Technologies (ATI) dans six États.

En juin, l'USW avait entamé la négociation de nouvelles conventions-cadres avec ArcelorMittal et U.S. Steel qui emploient ensemble près de 30.000 de ses adhérents. Les deux conventions expirent le 1er septembre.

L'USW indique que ArcelorMittal et U.S. Steel ont maintenu leurs propositions consistant à réduire les indemnisations et obliger les travailleurs syndiqués à cotiser nettement plus pour des prestations de santé en période d'activité ou à la retraite qui devraient couvrir beaucoup moins que dans le régime actuel.

"Nous sommes conscients que la sidérurgie connaît des moments difficiles," déclare le Président international de l'USW, Leo Gerard, "mais nous savons aussi que depuis des générations, elle offrait de bons emplois, de niveau moyen, qui ont permis aux travailleurs de nourrir leurs familles et de soutenir leurs communautés.

"Il est important que cela continue pour notre génération et celles qui nous suivront," ajoute Leo Gerard.

Les métallurgistes de U.S. Steel ont organisé des séances de préparation à la grève et au lock-out dans des sections locales de tout le pays. Dans chaque usine, les activistes se rassemblent pour préparer les piquets de grève, mobiliser le soutien de leur communauté et gérer l'assistance aux grévistes ou aux victimes de lock-out en cas d'arrêt de travail.

Ailleurs, le sidérurgiste Allegheny Technologies a annoncé le 14 août le lock-out de 2.200 travailleurs dans 12 sites des États-Unis. C'est l'aboutissement d'une campagne de plusieurs mois de la direction d'ATI pour forcer les travailleurs à accepter des concessions draconiennes et inutiles. Pour l'USW, ATI dépense des millions de dollars en embauchant à l'extérieur pour remplacer des travailleurs syndiqués qualifiés et expérimentés alors même que le syndicat n'a jamais menacé de faire grève, ou même organisé un scrutin de grève.

Pour le Secrétaire général adjoint d'IndustriALL, Fernando Lopes, "IndustriALL et ses 50 millions de membres soutiennent sans réserve les membres de l'USW dans leur combat pour des conventions équitables, pour le bien-être des travailleurs et de leurs familles.

Négociation dans l’industrie pour des salaires décents

Dans les chaînes d’approvisionnement de l’industrie de la confection, les conditions de travail relevant de l’exploitation sont la norme. Les travailleuses sont soumises à de longues heures de travail, souvent au-delà des limites fixées par la loi, pour des salaires de misère et de mauvaises conditions.

Des dizaines d’années de campagnes publiques, d’incendies et d’effondrement de bâtiments, qui se répètent périodiquement en causant des multitudes de morts, ont donné un niveau élevé de visibilité aux conditions de travail dans les chaînes d’approvisionnement de la confection. Mais les réponses données par ces entreprises situées en haut de la chaîne n’ont pas permis d’apporter le changement fondamental nécessaire.

Réalisation de nouveaux modèles de coopération

Les programmes de responsabilité sociale des entreprises (RSE) comptent sur des audits et des mises en conformité pour tenter d’améliorer les conditions dans les fabriques, qui produisent leurs produits. Ces efforts unilatéraux, volontaires et non contraignants, ont échoué dans une écrasante majorité pour améliorer les salaires et le temps de travail ou pour assurer le respect du droit des travailleuses à se syndiquer. Notoirement, les organes chargés des audits sociaux et des homologations SAI et BSCI ont donné une très bonne note, respectivement à Ali Enterprises avant l’incendie qui a tué 254 personnes et au Rana Plaza avant son effondrement qui a fait perdre la vie à 1.129 personnes.

Jenny Holdcroft, directrice de politique de IndustriALL dit:

“Les infractions aux droits des travailleuses dans la confection, les bas salaires et une durée du travail excessive sont des problèmes mondiaux qui nécessitent un réponse mondiale. Nous devons changer fondamentalement la façon dont la production est organisée dans les chaînes d’approvisionnement de la confection pour que les travailleuses puissent échapper aux salaires de misère et à une durée du travail paralysante.”

Un tel changement fondamental pourrait être l’héritage de l’effondrement du Rana Plaza. L’Accord du Bangladesh sur les mesures de sécurité qui ont trait aux incendies et aux bâtiments, juridiquement contraignant, a été signé par des syndicats mondiaux et plus de 200 entreprises de vêtements.

L’expérience acquise par l’Accord a permis aux syndicats et aux entreprises de déterminer les éléments indispensables à l’efficacité des stratégies d’amélioration des normes de travail:

Ces expériences ont permis aux entreprises de confection et à IndustriALL Global Union de mettre leurs forces en commun pour obtenir une amélioration des salaires dans l’industrie de la confection, dans un processus connu sous l’appellation AGIR.

Détermination des causes profondes

Les travailleuses de la confection sont actuellement sous-représentées dans les syndicats, lesquels font face à des obstacles énormes à la syndicalisation, de la part des employeurs comme des gouvernements. Plus de 90 pour cent des salariés dans l’industrie mondiale de la confection n’ont pas la possibilité de négocier leurs salaires et leurs conditions, et ne sont donc pas capables d’exiger une part équitable de la valeur engendrée par leur travail.

Les salaires dans l’industrie de la confection au Bangladesh sont actuellement de 68 USD par mois, mais les syndicats disent qu’ils doivent être augmentés pour atteindre au moins 120 USD pour que les travailleuses puissent assurer convenablement leur besoins et ceux de leur famille. Au Cambodge, le salaire minimum est monté à 128 USD, tout en étant encore très inférieur aux revendications pour un salaire décent.

L’absence de négociation pour un salaire global dans l’industrie de la confection a laissé les travailleuses dépendre de mécanismes inefficaces de salaire minimum pour une augmentation. Alors que la fixation du salaire minimum établit un niveau commun, les salaires qui en résultent sont très inférieurs au niveau de salaire décent dans les plus importants pays de production de vêtements, comme le Cambodge et le Bangladesh.

En particulier dans les chaînes d’approvisionnement de l’industrie, la négociation au niveau de chaque fabrique ne suffira jamais pour obtenir une amélioration des salaires et des conditions quand les EMN peuvent simplement passer d’un fournisseur à un autre où les normes et le coût du travail sont encore plus bas. Les efforts entrepris par certaines EMN pour améliorer les normes rencontrent une opposition de leurs fabricants, qui doivent rivaliser avec d’autres sur le coût du travail. Même si les acheteurs augmentent les prix qu’ils paient, il n’y a aucune garantie sans négociation collective que les hausses se répercutent sur le personnel. En outre, la plupart des fournisseurs ont de multiples acheteurs, qui tous négocient les prix individuellement.

La clé réside dans la négociation au niveau de l’industrie

La négociation au niveau de l’industrie permet de prendre en compte dans les structures salariales les caractéristiques propres à l’industrie du textile et de la confection, ce que les procédures de fixation du salaire minimum sont dans l’incapacité de faire. Elle permet la conclusion d’accords exhaustifs tenant compte de toutes les questions pertinentes, telles que les salaires, les heures supplémentaires, les horaires de travail, les pics de production, la productivité et l’efficacité.

Selon Jenny Holdcroft, la négociation collective au niveau de l’industrie est le mécanisme qui fait défaut et qui permet d’obtenir des progrès importants pour des salaires décents aux travailleuses de la confection:

Les accords au niveau de l’industrie présentent de très grandes difficultés aux employeurs pour échapper à leurs obligations. Les coûts du travail se trouvent ainsi écartés de la concurrence dans une situation équilibrée permettant des conditions d’amélioration pour toutes les travailleuses d’une industrie.

La motivation permet alors de rivaliser dans les domaines de l’efficacité et de la qualité au lieu de s’attaquer aux salaires et aux conditions de travail. Les entreprises ont un intérêt collectif à ne pas être affaiblies par des employeurs sans scrupules qui versent des salaires inférieurs au taux en vigueur.

Concernant tous les salariés d’une industrie, les accords industriels s’appliquent aux travailleuses les plus vulnérables, notamment à celles dont la situation est précaire, aux migrants, aux contractuels et aux personnes travaillant à domicile dans l’industrie de la confection.

Protocole d’entente sur les salaires décents dans l’industrie de la confection

IndustriALL a signé un protocole d’entente avec chaque marque concernée par le processus AGIR. Le protocole d’entente est clair et permet de déterminer le développement de la négociation dans l’industrie de la confection des pays producteurs, qui est essentiel pour obtenir des salaires décents et la reconnaissance du droit des travailleuses à se syndiquer et à négocier collectivement, afin de réaliser cet objectif.

Le processus AGIR développera les moyens de relier les responsabilités de la chaîne d’approvisionnement des entreprises acheteuses au processus de négociation collective entre les syndicats et les employeurs locaux. Cela impliquera le développement de mécanismes contractuels ou autres qui soutiennent les fournisseurs pour l’application d’un salaire négocié. Des engagements sur la poursuite de l’approvisionnement et d’une plus grande stabilité des commandes en sont la clé, et des engagements sur les prix pratiqués tiendront compte des hausses résultant de négociations.

En reliant la négociation collective nationale au niveau de l’industrie entre les syndicats et les employeurs aux pratiques d’achat des marques, AGIR crée un cadre de véritables relations industrielles dans la chaîne d’approvisionnement. De par la négociation au niveau de l’industrie, les salaires peuvent être négociés à un niveau permettant aux travailleuses de subvenir correctement à leurs besoins et à ceux de leur famille, tout en tenant compte de la nature propre de l’industrie, du temps de travail, de la productivité et autres questions en relation avec les salaires.

Pour s’assurer que le taux approuvé est vraiment payé, les accords produits doivent être enregistrés et exécutoires juridiquement selon la législation nationale. Les fabriques doivent également avoir les moyens de payer au taux approuvé, ce qui est obtenu par une réforme des pratiques d’achat. Ces trois éléments doivent être présents pour créer un système qui assurera vraiment des salaires décents.

Le processus AGIR vise à transformer la façon dont les salaires sont établis, par la conclusion d’accords au niveau de l’industrie ayant le soutien des pratiques d’achat des marques en tant qu’élément principal de fixation des salaires dans l’industrie mondiale de la confection. Il s’agit d’un but ambitieux qui nécessitera une grande volonté politique, notamment dans les pays qui fournissent une main-d’œuvre bon marché aux chaînes mondiales d’approvisionnement.

La voie à suivre

Pour la première fois, le processus AGIR a établi l’engagement de IndustriALL et des grandes marques de vêtements à travailler ensemble pour créer un système qui tient compte des obstacles structurels aux salaires décents. Le résultat consistera à augmenter les salaires des travailleuses de la confection d’une façon telle qu’ils seront évolutifs, durables et applicables.

Sur la base de ces expériences, et sur celles de l’Accord du Bangladesh, il n’y a aucune raison pour que des modèles identiques ne soient pas développés pour institutionnaliser les relations entre les acheteurs, les fabriques et la main-d’œuvre, et se tourner vers d’autres problèmes de droit du travail implantés tout comme les chaînes d’approvisionnement sont exploitées.

Nous avons maintenant la possibilité de modifier l’architecture des relations industrielles pour faire face aux réalités des relations d’emploi et des conditions de travail dans les chaînes mondiales d’approvisionnement actuelles afin d’obtenir de véritables relations industrielles dans les chaînes d’approvisionnement.

Le scrutin à venir chez Honda au Mexique sera surveillé de près

Le Syndicat indépendant des travailleurs de Honda, STUHM, revendique le droit de négocier collectivement depuis plus de quatre ans. Si le STUHM prend le dessus et emporte le scrutin, Honda fera alors partie d’une poignée seulement d’usines d’assemblage automobile au Mexique, qui est le quatrième exportateur de véhicules au monde, à compter un syndicat indépendant.

IndustriALL et ses affiliés du secteur de par le monde, ainsi que les syndicats indépendants du Mexique, ont donné leur soutien au STUHM en vue d’obtenir des élections propres. Les affiliés d’IndustriALL, la Confédération des Travailleurs de l’Automobile du Japon (JAW) et la Fédération générale des Travailleurs de Honda (AHWU), ont exprimé leur solidarité avec les travailleurs de Honda au Mexique qui exigent, si le scrutin syndical doit se tenir, que la direction de Honda Mexique “garantisse des élections justes et équitables basées sur la volonté des travailleurs eux-mêmes”. 

IndustriALL a exigé des garanties du Conseil électoral fédéral pour que le scrutin soit libre et équitable et que des mesures élémentaires soient prises pour assurer l’intégrité du processus.

Au Mexique, la majorité des travailleurs sont couverts par des “contrats de protection” (des conventions collectives bidon qui sont conclues sans que les travailleurs n’y consentent ni n’en aient connaissance).

L’expérience du STUHM n’est malheureusement que trop courante au Mexique. En juin de cette année, après quatre ans d’attente, le Conseil fédéral du Travail a finalement produit un registre de votants, pour ensuite, en appliquant clairement deux poids deux mesures, ne donner au syndicat que quelques jours pour formuler des objections par rapport aux milliers de noms composant la liste.

Au grand désarroi du STUHM, il s’est avéré que la liste était truffée d’erreurs, comportant notamment des noms de travailleurs décédés depuis longtemps. Ce fiasco a poussé IndustriALL à écrire au Conseil pour exiger qu’une liste fiable soit mise à disposition et que d’autres précautions élémentaires soient prises, conformément aux normes internationales.

Dans sa seconde lettre au Président du Conseil fédéral de Conciliation et d’Arbitrage du Mexique, le Secrétaire général d’IndustriALL, Jyrki Raina, a exigé que :

Dans des échanges ultérieurs, IndustriALL a rappelé aux autorités que la situation était devenue tellement grave que le cas de Honda avait été soulevé lors de la Conférence internationale du Travail à Genève et que tous les regards étaient désormais tournés vers le Mexique pour s’assurer que les travailleurs de Honda reçoivent, sans plus de délai, le droit de rejoindre le syndicat de leur choix.

Le Conseil fédéral du Travail va convoquer une audience à la fin du mois d’août pour déterminer les prochaines étapes.

Une grève de quatre jours des chauffeurs devrait paralyser les livraisons d'Indesit au Royaume-Uni

D'après Unite, "La livraison de milliers de 'produits blancs', depuis les frigos jusqu'aux machines à laver en passant par les autocuiseurs, va être gravement perturbée comme plus de 200 chauffeurs et magasiniers d'Indesit UK Ltd vont mener quatre jours d'action de grève dans le cadre d'un litige salarial."

Ces grèves devraient démarrer à 6 heures du matin pour une durée de 24 heures le 21 août, 48 heures le 27 août et 24 heures le 1er septembre.

En même temps, il y aura une grève du zèle du 19 août à minuit au 21 août à 6 heures du matin, et du 25 août à minuit au 27 août à 6 heures.

L'offre de la direction, garantissant une indemnité de départ calculée sur 45 heures par semaine  et l'introduction de la pondération de Londres (une allocation spéciale destinée à compenser le coût de la vie élevé dans la capitale)  pour les convoyeurs jusqu'à cette année, a été rejetée par les adhérents.

Pour le responsable régional d'Unite, Mark Plumb, "Il est évident que ce conflit porte principalement sur l'offre dérisoire de 1,5 pour cent qui était inférieure à l'inflation à la date anniversaire, en janvier".

Cette offre salariale est la même que celle faite en 2014, lorsque le taux d'inflation était de 2 pour cent.

"Nos membres sont fatigués de se faire rouler d'une année sur l'autre avec des primes ponctuelles qui ne se concrétisent jamais ou qui, si elles se concrétisent, ne représentent pratiquement rien. Nos membres veulent une augmentation substantielle de leur rémunération de base après des années de hausses inférieures à l'inflation", a déclaré Mark Plumb.

Action des syndicats colombiens pour recruter des travailleurs externalisés

Le recrutement de nouveaux membres parmi des travailleurs/euses externalisés représente une nouvelle étape vers l’obtention de contrats d’emploi direct pour ces travailleurs et travailleuses, et leur permettre de tirer avantage de la négociation collective et des conventions collectives, et de regagner le droit de grève. Lors du séminaire tenu les 28 et 29 juillet, les syndicats Sintracarbón et USO, affiliés à IndustriALL Global Union, ont fait état de leurs expériences réussies de recrutement de nouveaux membres parmi des travailleurs/euses externalisés, respectivement dans les entreprises Cerrejón et Ecopetrol.

Certains responsables syndicaux ont critiqué cette initiative, car elle confirmait selon eux la réalité de l’externalisation. Toutefois, les syndicats ont expliqué qu’ils ont pour objectif d’établir une plate-forme d’action donnant à ces travailleurs et travailleuses la possibilité d’obtenir de meilleures conditions de travail et de vie.

Sintraelecol, également affilié à IndustriALL, a suivi l’exemple de Sintracarbón et USO. Avec le soutien de l’école nationale des syndicats (Escuela Nacional Sindical) et de IndustriALL, des dirigeants de Sintraelecol ont dressé une liste des revendications à présenter à ENEL (Codensa et Emgesa) à Bogota et Cundinamarca et à la compagnie énergétique de Bogota (EEB).  Avec l’engagement et le soutien de tous les travailleurs/euses des lieux de travail de production d’énergie, de commercialisation et de transmission, le syndicat a négocié une convention collective applicable aux contractuels, ainsi qu’à un petit nombre de salariés directement employés. L’entreprise a accepté de respecter la législation et la liberté syndicale.

“Les syndicats doivent recruter un nombre massif de travailleurs/euses externalisés. Ils doivent être capables d’établir au niveau du secteur un équilibre favorable des forces et de défendre les droits des travailleurs et travailleuses. Nous devons miser sur la négociation de conventions collectives-cadres applicables à tous les travailleurs/euses externalisés pour leur donner les mêmes conditions que les salariés employés directement. Nous devons tous être impliqués dans ce combat. Sintracarbon et USO ont fait des progrès impressionnants sur cette question”, a dit Carlos Bustos, coordonnateur de projets de IndustriALL en Colombie.

Les travailleurs protestent contre le "retour de l'apartheid" chez Rio Tinto en Namibie

Cette action de protestation de vendredi dernier fait suite à l'arrêt de travail de juillet après que Rio Tinto ait installé des dispositifs de surveillance dans les camions. Les travailleurs sont représentés par le Syndicat des mineurs de Namibie (MUN) affilié à IndustriALL.

La pétition des travailleurs de Rössing explique que l'équipement de surveillance – comprenant un enregistreur vocal dissimulé derrière le siège du chauffeur – a été installé par la direction sans qu'il y ait eu de consultation, ce qui est contraire au code de conduite "The Way We Work" de Rio Tinto.

IndustriALL avait récemment dénoncé les violations systématiques par Rio Tinto de son propre code de conduite dans un document intitulé Rio Tinto, Comment ça marche vraiment !

La pétition dénonce aussi le harcèlement des représentants des travailleurs, le changement unilatéral des conditions de travail par la direction et exprime ses préoccupations en matière de sécurité.

La sécurité est un sujet d'inquiétude pour tous les travailleurs de Rio Tinto. Cette année, des travailleurs sont déjà décédés chez Rio Tinto au Canada, au Chili, en Indonésie, à Madagascar et en Afrique du Sud.

Les travailleurs de Rössing demandent notamment l'abandon des charges contre des travailleurs qui avaient protesté contre l'installation de ces systèmes de surveillance, que la direction respecte sa politique d'entreprise et qu'elle traite les travailleurs avec respect.

Récemment, le MUN s'est aussi inquiété de la progression du travail précaire à la mine de Rössing; c’est-à-dire le recours à une main-d’œuvre temporaire, occasionnelle et intérimaire souvent sous-payée, privée de prestations et dont l'emploi est incertain.

Les travailleurs de Rössing se préparent pour la journée mondiale d'action chez Rio Tinto, le 7 octobre. C'est à cette date que des syndicats du monde entier se mobilisent contre le travail précaire dans le cadre de la campagne STOP au travail précaire d'IndustriALL. Les syndicats de Rio Tinto du monde entier vont lui demander d'arrêter de recourir au travail précaire pour plutôt offrir des emplois sûrs avec de bons salaires et de bonnes prestations.

Femmes occupées dans les mines : des collègues de travail, pas des objets sexuels

S’exprimant lors d’une conférence concernant la santé et la sécurité dans les mines en Afrique du Sud le 7 août dernier, Phumeza Mgengo, qui est Secrétaire nationale de la Section des Femmes du NUM, a déclaré :

"En tant que femmes, nous sommes considérées dans la plupart des cas comme des objets sexuels. Lorsque l’on confie aux femmes des tâches qui leur demandent de se baisser, leurs formes sont révélées et cela conduit à du harcèlement sexuel.”

Elle a indiqué aux participants que les femmes se plaignaient d’abus et de discrimination de la part de leurs collègues mineurs :

“Lorsqu’ils [les hommes] nous aperçoivent, ce ne sont pas des collègues qu’ils voient mais des objets sexuels.”

Le secteur des mines en Afrique du Sud a été entaché d’actes de violence envers les femmes. En mars de cette année, une femme a été violée à la mine de Thembelani à Rustenburg et en décembre de l’année dernière, un travailleur sous-traitant a été condamné pour le viol brutal et le meurtre en 2012 de Pinky Mosiane, une femme qui travaillait dans les profondeurs de la mine Khomanani d’Anglo Platinum.

Le Directeur de la Section des Mines d’IndustriALL, Glen Mpufane, a déclaré :

“La violence sexuelle à l’encontre des femmes est répandue et non signalée par les victimes de peur de représailles, d’intimidation et de perdre leur emploi.

Selon des chiffres officiels, le nombre de femmes occupées dans les mines est passé de six pour cent de la main d’œuvre début 2008 à seize pour cent fin 2014. Cependant, les femmes sont sous-représentées dans tous les postes hiérarchiques.

“La discrimination à l’encontre des femmes est profondément ancrée et un changement s’impose,” a ajouté Glen Mpufane.

Dans un mois, Phumeza Mgengo s’exprimera sur la santé et la sécurité des femmes dans les mines à l’occasion de la Conférence mondiale des Femmes d’IndustriALL qui se tient en Autriche les 15 et 16 septembre.