Des milliers de travailleurs manifestent pour de nouveaux salaires en Indonésie

L’Indonésie connait une période de ralentissement de la croissance économique, avec la perte d’environ 26.000 emplois au cours de cette année. Du fait qu’une grande partie de la population indonésienne vit déjà juste au-dessus du seuil de pauvreté, les syndicats demandent au gouvernement central de garantir la disponibilité d’emplois, ainsi que les droits fondamentaux des travailleurs et travailleuses.
 
Le 1er septembre, des milliers de travailleurs et travailleuses ont manifesté à Jakarta et dans 20 autres provinces du pays. Ils ont demandé une augmentation de 22 pour cent du salaire minimum en 2016 pour obtenir une hausse du pouvoir d’achat, ainsi que des prix plus bas pour les produits essentiels comme les combustibles.

En outre, les syndicats demandent que les personnes employées sur une base contractuelle obtiennent des contrats permanents, notamment dans les entreprises publiques, ainsi qu’une dissolution  complète du tribunal industriel. Actuellement, le tribunal industriel demande beaucoup trop de temps et d’argent pour être une option fiable dans les conflits du travail.
 
Jyrki Raina, secrétaire général de IndustriALL Global Union, dit que les travailleurs et travailleuses et les syndicats jouent un rôle crucial dans les relations de travail en Indonésie:

35.000 manifestant(e)s à Jakarta montrent l’énorme force et la voix importante du mouvement syndical. IndustriALL soutient totalement leur lutte et demande au gouvernement indonésien d’engager des négociations.

Grève victorieuse chez Volkswagen et Mercedes Benz : 1.550 emplois sauvés

Les travailleurs de deux grandes entreprises automobiles du Brésil sont partis en grève après le licenciement de 50 travailleurs à Taubaté et 1.500 à São Bernardo do Campo. En réaction à cette grande grève, les entreprises ont décidé d’annuler les mises à pied et de réintégrer ceux qui avaient perdu leurs postes.

La grève chez Volkswagen a débuté le 17 août et a reçu le soutien et la solidarité des métallurgistes du Brésil et du monde entier. L’entreprise a finalement fait marche arrière le 28 août, a ouvert un programme de départs volontaires et a modifié la convention collective dans ce sens. Elle a également accepté de négocier des alternatives aux licenciements pour le cas où elle souhaiterait réduire ses effectifs à l’avenir. Le Syndicat des Métallurgistes de Taubaté est affilié à la CNM-CUT et à IndustriALL Global Union.

La grève chez Mercedes Benz a débuté le 24 août et a également reçu le soutien de dizaines de syndicats au Brésil et, en provenance de l’étranger, du Conseil d’Entreprise mondial de Daimler. Le 31 août, l’entreprise a annulé ses 1.500 licenciements et les travailleurs ont marqué leur accord sur un Plan de Protection de l’Emploi, qui garanti la sécurité d’emploi pendant un an. L’entreprise a modifié la convention collective dans ce sens. Le Syndicat des Métallurgistes de São Bernardo est affilié à la CNM-CUT et à IndustriALL.

Fernando Lopes, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL a déclaré :

Ces luttes et victoires démontrent que nous avons besoin d’une forte syndicalisation dans les ateliers et de réseaux de solidarité à la fois aux niveaux national et international de sorte à pouvoir nous mesurer aux multinationales. Cela force les entreprises à négocier et à respecter les droits des travailleurs.

Les travailleurs géorgiens réclament justice

Cette visite fait suite au débat sur la Géorgie tenu lors de la réunion du Comité exécutif d’IndustriALL de mai 2015. Le Secrétaire général Jyrki Raina et le Secrétaire général adjoint Kemal Özkan se sont rendus dans le pays fin août pour y délivrer un message fort de solidarité et de soutien à son dynamique mouvement syndical.

Le nouveau code du travail de 2013 comprend un chapitre sur la liberté syndicale et des dispositions qui interdisent toute discrimination basée sur l’appartenance syndicale. Toutefois, des participants à un projet de syndicalisation mené en partenariat avec l’affilié norvégien d’IndustriALL IndustriEnergi ont évoqué de nombreux employeurs qui pratiquent activement l’intimidation auprès des travailleurs, essayant de les persuader de ne pas s’affilier à un syndicat.

L’un des plus scandaleux exemples récents provient de la ville de Kazreti, où 1.000 travailleurs employés par la compagnie minière RMG ont été contraints par le biais d’entretiens en tête-à-tête de quitter le syndicat. IndustriALL exige du gouvernement géorgien des mesures urgentes pour garantir une réelle liberté syndicale.

La nouvelle législation encourage des négociations collectives de bonne foi, ainsi que la médiation en tant que passage obligé pour la résolution d’un conflit. Pourtant, signer des conventions collectives n’est toujours pas une mince affaire.

Le droit de grève a été limité dans des secteurs tels que ceux de la production d’électricité, de pétrole et de gaz.

Les conditions de santé et de sécurité exigent des améliorations urgentes. Selon les statistiques officielles, une moyenne de 39 salariés par an sont décédés et 70 ont été grièvement blessés au cours des huit dernières années.

S’adressant aux médias géorgiens, le Secrétaire général d’IndustriALL Jyrki Raina a déclaré :

IndustriALL se joint à la campagne des syndicats géorgiens en faveur de la ratification des Conventions de l’OIT n°155 sur la Santé et la Sécurité professionnelles et n°176 sur la Santé et la Sécurité dans les Mines ainsi qu’en faveur de mesures urgentes à prendre pour garantir la santé et la sécurité des travailleurs.

En dépit d’améliorations inscrites dans la loi, la semaine de travail de 48 heures est devenue la nouvelle règle au lieu des 40 heures qui étaient censées représenter le temps de travail normal. La GTUC a appelé la Cour Constitutionnelle à annuler cette disposition. Le code permet aussi le travail précaire sous forme de contrats temporaires renouvelables jusqu’à un terme de 30 mois.

La Géorgie est l’un des rares pays à ne pas compter d’inspectorat du travail. IndustriALL soutient la revendication des syndicats de ratifier la Convention 81 de l’OIT sur les Inspections du Travail et de mettre en place un mécanisme approprié d’application de la législation du travail.

La mission d’IndustriALL, qui comptait en ses rangs le Secrétaire régional Vadim Borisov, a rendu visite à l’usine d’embouteillage JSC,,MINA”, une filiale du géant verrier turc Sisecam. La majorité des travailleurs de MINA a adhéré à l’affilié d’IndustriALL, le Syndicat des Travailleurs de la Métallurgie, des Mines et de l’Industrie chimique de Géorgie.

“La plupart des usines de Sisecam dans les différents pays sont syndiquées par des affiliés d’IndustriALL et jouissent de relations sociales constructives. Nous nous réjouissons à l’idée de la signature dans un avenir proche d’une toute première convention collective entre MINA et notre affilié. Ceci constituera un exemple de bon fonctionnement des relations sociales”, a conclu Jyrki Raina.

Kirghizistan: Les syndicats défendent en premier lieu le Code du travail

Le groupe de travail, composé de représentant(e)s d’agences gouvernementales, des milieux d’affaires et des syndicats, a proposé les amendements suivants au texte final du projet de loi:

Le 18 juin 2015, le gouvernement du Kirghizistan a déposé un projet de loi contenant des amendements au Code du travail en vue d’un débat public. Le gouvernement avait présenté les amendements à la législation du travail sous le prétexte d’assurer un équilibre entre les droits des employeurs et ceux des travailleurs et travailleuses, et également pour créer des conditions favorables aux entreprises. Cependant, le projet initial aggravait considérablement les droits des travailleurs et travailleuses et les garanties sociales pour plus de 90 pour cent de la main-d’œuvre au Kirghizistan.

Les syndicats du Kirghizistan ont pris position contre ces amendements qui étaient en contradiction avec la convention 158 et la recommandation 166 de l’Organisation internationale du Travail sur le licenciement. Une manifestation syndicale massive et une action éclair contre le Code du travail esclavagiste ont eu lieu devant le ministère de l’Économie et le siège du gouvernement du Kirghizistan à Bichkek. La campagne internationale de protestation sous forme d’envoi de lettres de solidarité contre de tels amendements au Code du travail a été lancée.

Maintenant, le projet de loi convenu sera présenté au gouvernement, puis au Parlement, pour examen et approbation.

IndustriALL félicite son affilié, le syndicat des mineurs et des métallurgistes du Kirghizistan (MMTUK), pour sa victoire et cette étape importante vers un renforcement des droits juridiques des travailleurs et travailleuses au Kirghizistan.

La Grèce a besoin d'investissements et de respect des droits sociaux

Les dirigeants d'IndustriALL Global Union et d'IndustriALL European Trade Union se sont rendus à Athènes pour une mission de solidarité, le 28 août 2015. Les Secrétaires généraux Jyrki Raina et Ulrich Eckelmann et les Secrétaires généraux adjoints Kemal Özkan et Luc Triangle ont rencontré les affiliés grecs de la Fédération panhellénique des travailleurs de la métallurgie, de la Fédération panhellénique de l'énergie, de la Fédération des électrotechniciens grecs, de la Fédération grecque des travailleurs de l'industrie cimentière ainsi que de la confédération syndicale grecque GSEE.

Les travailleurs grecs ont vécu des temps très difficiles depuis la crise économique et financière qui a frappé le pays en 2008. Les niveaux de la dette et du déficit public ont conduit l'économie grecque au bord du gouffre. Une aide financière s'imposait, mais elle s'est accompagnée de conditions rigoureuses.

La conséquence a été une chute de 25 pour cent du PIB du pays et une crise humanitaire profonde. Il y a quelques semaines, le gouvernement grec a été contraint d'accepter un nouveau programme d'aide financière assorti de conditions draconiennes.

Les réductions des salaires, des pensions et de la protection sociale qui ont été imposées pèsent lourdement sur la production économique, l'emploi et les recettes fiscales. Plus de 50 pour cent des jeunes sont sans travail et les familles sont incapables de payer leurs loyers, de rembourser leurs prêts hypothécaires et parviennent à peine à nourrir leurs enfants.

La troïka composée de la Commission européenne, la Banque centrale européenne et le Fonds monétaire international a totalement sous-évalué l'ampleur de l'impact négatif des réformes qu'elle a imposées et des rigueurs de l'austérité. Elles ont engendré un cercle vicieux délétère dans lequel plus d'emprunt avec des conditions insoutenables creuse encore l'endettement. Tout le monde reconnaît maintenant que seul un allègement peut stopper l'accroissement de la dette.

Le Secrétaire général d'IndustriALL European Trade Union, Ulrich Eckelmann, a déclaré :

Nous sommes convaincus que la Grèce fait partie de l'avenir de l'Europe. Sauver la Grèce, c'est aussi sauver l'Europe dans une situation économique et politique extrêmement difficile.

Pour garantir une reprise réussie de la croissance et de l'emploi, des mesures d'urgence s'imposent:

–      Le retour à une économie saine, fondée sur un plan de reconstruction nationale englobant l'industrie manufacturière, l'agriculture et le tourisme

–      Un plan ambitieux pour la croissance et l'emploi, afin de contrebalancer les réformes économiques

–      Une vague d'investissement pour moderniser l'économie, soutenir l'innovation, développer l'infrastructure sociale et améliorer les infrastructures et l'efficacité énergétiques

–      Une solution durable à la crise de la dette grecque, solution nécessaire à un espoir de croissance et de reprise de l'économie grecque

–      Le respect des droits syndicaux fondamentaux, de la négociation collective à tous les niveaux et d'un dialogue social renforcé

Le train de réformes doit comporter la lutte contre la corruption, le travail au noir et l'évasion fiscale. La libéralisation des licenciements collectifs, des privatisations, de nouvelles baisses des pensions, la déréglementation de la législation du travail et le démantèlement de la négociation collective n'aident pas la Grèce. Ces mesures détruisent la sécurité sociale, le revenu des salariés et le pouvoir d'achat; elles auront un effet dévastateur sur la demande intérieure et, par conséquent, sur la reprise économique.

Le Secrétaire général d'IndustriALL Global Union, Jyrki Raina, a  conclu en ces termes :

Nous devons briser le cercle vicieux de l'augmentation de la dette et de la baisse du PIB et recréer un climat propice à l'investissement pour faire reculer le chômage et la pauvreté. Nous allons collaborer avec les syndicats grecs pour élaborer un plan de croissance industrielle. 

Sherritt, montrez-nous la justification des licenciements

Seuls 20 des 900 travailleurs concernés du site d’Ambatovy de la multinationale canadienne ont été réintégrés. Les 880 restants ignorent toujours de quoi leur avenir sera fait et s’ils seront un jour autorisés à retourner à leurs postes.

Sherritt avait annoncé la mise à pied de 900 travailleurs pour une période de six mois en invoquant des raisons économiques, une justification rejetée par le Comité d’Entreprise de la mine et de l’usine de traitement.

Les performances de Sherrit Ambatovy ont été estimées excellentes pour 2014 et l’entreprise a fait état d’une hausse de 11% des revenus générés par le site pour le premier trimestre 2015, soit à peine quelques mois avant les licenciements. Les objectifs de production avaient été atteints, en avance, en mars 2015.

Pour encore davantage démonter l’affirmation selon laquelle des facteurs économiques seraient à l’origine des licenciements, l’entreprise a fait don d’un million de dollars à la défense nationale du pays en octobre 2014, un geste qu’IndustriALL considère être contre l’éthique et la bonne gouvernance. Ce montant aurait permis de verser un salaire mensuel moyen de 600.000 MGA (US$ 181) pendant six mois aux 900 travailleurs licenciés.

Dans le même temps, Sherritt Ambatovy continue à recruter à l’étranger. Alors que c’est contraire aux lois et réglementations de Madagascar, Sherritt Ambatovy recherche ainsi des travailleurs dont les qualifications peuvent être rencontrées par des nationaux. Le code des mines de Madagascar concernant les gros investissements stipule qu’une priorité à l’emploi doit être donnée aux nationaux.

Sherritt Ambatovy continue à snober l’offre faite par IndustriALL pour résoudre le conflit. En conséquence, IndustriALL est maintenant en pourparlers avec son affilié canadien, Unifor, pour mobiliser la solidarité avec les travailleurs d’Ambatovy parmi les salariés qui sont syndiqués au sein des activités de Sherritt au Canada.

IndustriALL examine également avec Unifor la possibilité de demander des comptes à Sherritt en vertu de la stratégie de responsabilité sociale des entreprises pour le secteur de l’extraction internationale du Canada qui attend des compagnies minières canadiennes qui opèrent à l’étranger qu’elles promeuvent les valeurs canadiennes et appliquent dans leur comportement les plus hautes valeurs éthiques.

Tout en mobilisant la solidarité internationale directe parmi ses affiliés du secteur minier, IndustriALL continue à formuler les revendications suivantes auprès de Sherritt Ambatovy :

Akzo Nobel doit mettre fin aux violations flagrantes des droits syndicaux dans son usine de Corée du Sud

La direction de l’usine sud-coréenne d’Akzo Nobel a systématiquement refusé d’engager un dialogue direct avec les syndicats, préférant plutôt recruter un avocat spécialiste du droit du travail pour s’opposer à eux.

Après une médiation du ministère de l’emploi et du travail, l’employeur s’est engagé à entrer dans des “négociations collectives sincères et de bonne foi”, mais depuis, les relations se sont détériorées.

En juillet, les négociations salariales ont été arrêtées. Et, au mépris total de la convention collective, l’employeur a commencé à recruter de plus en plus de travailleurs sous-traitants, pour saper les conditions de travail des salariés permanents et affaiblir la capacité du syndicat à obtenir satisfaction par rapport aux revendications légitimes des travailleurs.

Le 22 juillet, une grève partielle a été lancée. Un délégué syndical a été blessé et hospitalisé pendant plus d’une semaine à la suite d’une agression physique alors que la direction tentait d’enlever des affiches syndicales.

La KCTF demande à la direction de reprendre les négociations salariales et de cesser ses violations systématiques des normes de santé et sécurité professionnelles fondamentales dans l’usine. Le syndicat a également envoyé un courrier à l’Ambassadeur des Pays-Bas en Corée, pour demander une issue constructive au conflit.

Le Secrétaire général d’IndustriALL Jyrki Raina appelle lui aussi à la mise en place immédiate de solutions :

Nous appelons avec force Akzo Nobel à intervenir immédiatement au sein de son usine Ansan en Corée du Sud afin de s’assurer que la direction locale de l’entreprise agisse en stricte conformité avec les législations nationales et internationales du travail et, en conséquence, s’engage dans un processus véritable de négociation tout en cessant de s’en prendre aux travailleurs et aux syndiqués.

IndustriALL signe une lettre ouverte à Samsung

Selon l’une des recommandations, Samsung devra financer une fondation indépendante à but non lucratif et résoudre toutes les questions encore à régler, liées aux multiples maladies du travail comme la leucémie et le lymphome chez des travailleurs et travailleuses de Samsung.

Les premiers signataires incluent de nombreuses organisations syndicales et de la société civile, parmi lesquelles IndustriALL Global Union, Good Electronics, Asia Monitor Resource Centre.

Les signataires de la lettre ouverte estiment que Samsung devrait accepter la recommandation du Comité de médiation et établir un organe comportant des experts de l’extérieur chargés de résoudre les principales questions suivantes concernant l’indemnisation et la prévention:

  1. Comment déterminer impartialement les personnes pouvant en bénéficier et fixer le montant de l’indemnisation en fonction de la maladie et de l’ancienneté.
  2. Quel est le niveau de transparence nécessaire pour les substances chimiques dangereuses, et comment préciser les secrets commerciaux légitimes.
  3. Quelle est la qualité et la quantité des substances chimiques, ainsi que le contrôle de l’état de santé devant être faits (et à rendre public);
  4. Comment développer une stratégie efficace d’évaluation et d’utilisation de produits chimiques plus sûrs dans la production pour empêcher l’apparition de maladies dans l’avenir.

La lettre précise ce qui suit

“Le but consiste à assurer des stratégies efficaces de prévention dans l’avenir dans le cadre de la fondation proposée comportant de nombreux experts indépendants capables de vous aider à devenir une entreprise de premier plan, respectée en matière de santé au travail et dans l’environnement, à l’égal de votre position dominante dans le monde dans le domaine de la technologie.”

Dans le cas où Samsung insisterait pour contrôler toutes ces décisions-clés, vous ne pourriez pas obtenir le consentement et la paix sociale que vous déclarez vouloir rechercher.”

Pour soutenir et approuver la lettre ouverte, se rendre sur le lien http://bit.ly/1La7vy8

Un combat déterminé donne un nouveau code du travail aux travailleurs irakiens

Le 17 août, le Parlement irakien a adopté une nouvelle législation du travail qui donne le droit de grève et de négociation collective, interdit le travail des enfants, la discrimination et le harcèlement sexuel. Elle comporte également des améliorations concernant la grossesse et les congés de maternité, et traite des droits des entreprises sous-traitantes et de l’absence de discrimination des travailleurs/euses migrants.

Le nouveau code du travail irakien englobe les personnels des secteurs privé, mixte et coopératif, mais exclut les personnes relevant de la législation sur la fonction publique et les forces armées.

Les travailleurs et travailleuses en Irak ont subi de graves infractions et de dures conditions de travail en raison de l’absence d’une législation du travail et de lois sur les syndicats équitables répondant aux normes internationales. Depuis dix ans, IndustriALL Global Union a fait campagne avec acharnement en faveur des droits fondamentaux des travailleurs et travailleuses d’Irak pour qu’ils profitent de conditions de travail équitables et modernes, ainsi que de lois sur les syndicats conformes aux normes et aux conventions de l’OIT.

Hassan Juma, président de la fédération irakienne des syndicats du pétrole, affiliée à IndustriALL, dit:

Les contributions syndicales ont été de grande valeur pendant tout le processus rédactionnel. Durant cette période, les syndicats ont pu élaborer et présenter des amendements importants au projet final du texte de loi.

Hashmeya  Al-Sadawi, président du syndicat des travailleurs de l’électricité de Basra et membre du Comité exécutif de IndustriALL, dit:

IndustriALL et la solidarité syndicale mondiale ont eu un effet crucial pour l’adoption d’une loi du travail moderne correspondant aux conventions de l’OIT.

Toutefois, l’interdiction des syndicats dans le secteur public se poursuivra jusqu’à la promulgation de la loi sur les syndicats. Nous demandons instamment au gouvernement irakien de signer et ratifier la convention 87 de l’OIT, qui passe maintenant devant le Parlement irakien pour ratification. Cela ouvrira la voie à l’adoption de la loi sur les syndicats.

Le vote final sur la loi a été précédé d’une session de deux jours réunissant des dirigeants syndicaux d’Irak, le ministère du Travail, le Comité du travail du Parlement irakien, le Centre de solidarité d’AFL-CIO, IndustriALL Global Union et des dirigeants de ses affiliés irakiens, qui ont examiné le dernière version et les amendements au projet.

Kemal Özkan, secrétaire général adjoint de IndustriALL, félicite les travailleurs et travailleuses d’Irak, les syndicats et leurs dirigeants pour leur détermination et leur obstination, qui ont été cruciales pour gagner cette longue bataille:

Nous attendons avec intérêt de réelles améliorations avec la nouvelle loi en raison de résultats concrets permettant de contribuer à de meilleures conditions de travail et de vie pour les travailleurs et travailleuses d’Irak. Nous demandons instamment aux autorités de prendre des mesures identiques et d’accélérer l’adoption d’une loi sur les syndicats reconnaissant le pluralisme syndical et s’appliquant à tous les travailleurs et travailleuses d’Irak, notamment au secteur public.

La campagne internationale a reçu le soutien de l’Organisation international du Travail (OIT), de la Confédération syndicale internationale (CSI) et des fédérations syndicales mondiales sœurs, du Centre de solidarité d’AFL-CIO, ainsi que de nombreuses centrales syndicales nationales et d’organisations non gouvernementales nationales et internationales.

Nous avons besoin de plus de femmes dirigeantes !

IndustriALL Global Union représente 50 millions de travailleurs dans de nombreux secteurs de l’industrie, de l’énergie et des mines. Selon les statistiques de l’OIT, 75% des travailleurs de la confection sont des femmes. Le secteur avec la plus grande prédominance des hommes est celui de la construction navale et démolition des navires, avec seulement 8% de travailleuses. La moyenne dans les secteurs relevant d’IndustriALL est de 30%.

Ce chiffre a contribué à la décision prise par le Congrès de fondation d’IndustriALL à Copenhague en 2012 d’adopter des statuts qui prévoient qu’au moins 30% des membres du Comité exécutif seront des femmes.

Mais le Congrès de Copenhague a également adopté à l’unanimité un Accord Politique qui précise :

"Le Congrès de Fondation d’IndustriALL reconnaît le besoin de continuer à accroître la représentation des femmes à tous les niveaux de direction, au sein des organes décisionnels ainsi que des structures régionales et invite le Comité exécutif à mettre immédiatement en place des dispositions administratives en vue d’accroître la représentation des femmes et à prendre toutes les mesures nécessaires afin de permettre d’amender les statuts lors du second congrès d’IndustriALL en 2016.”

En 2014, nos conférences régionales en Amérique latine, Asie et Pacifique et Afrique sub-saharienne ont proposé de faire passer à 40% la représentation des femmes au niveau des postes de direction d’IndustriALL.

Même si ces décisions concernent les structures mondiales d’IndustriALL, notre but est de soulever le débat sur les changements nécessaires au sein de nos syndicats affiliés tant au niveau national que local.

Nous devons développer une culture d’égalité entre les hommes et les femmes dans les syndicats. Nous devons participer à l’émancipation des femmes et leur faire de la place au sein des structures de décision.

L’avenir des syndicats dépend dans une grande mesure de leur habilité à attirer des femmes et des jeunes travailleurs. À ce jour, il leur est difficile de s’identifier à ces hommes aux cheveux gris et clairsemés qui occupent la direction de tant de syndicats, ou de croire que cette génération d’hommes plus âgés comprenne et se préoccupe des thèmes qui ont de l’importance pour les femmes et les jeunes. La présence de diversité au niveau de la direction est importante au sein des gouvernements, des entreprises et des syndicats.

Je reconnais que nous sommes un peu confrontés au problème de l’œuf et de la poule. Il serait bon que davantage de pression vienne du niveau des usines. Mais à ce jour, l’industrie n’en fait pas assez pour attirer les femmes, bien que l’évolution de son image la rende plus attirante que par le passé. L’automatisation et les nouvelles technologies requièrent moins de force musculaire et les emplois de cols blancs sont à la hausse.

IndustriALL va continuer à mettre en œuvre des formations au leadership pour les femmes et des actions afin de défendre les droits des femmes, combattre la violence faite aux femmes et garantir le droit à la maternité. Ce ne sont pas des problématiques des femmes, ce sont des problématiques syndicales qui nous concernent tous.

Du 14 au 16 septembre prochain, je rejoindrai 300 femmes syndicalistes des cinq continents lors de la conférence mondiale des femmes d’IndustriALL à Vienne où toutes ces questions seront à l’ordre du jour. J’anticipe avec intérêt des débats animés sur la manière dont nous allons mettre en place notre pouvoir syndical mondial, hommes et femmes réunis.

Jyrki Raina

Secrétaire général