Les syndicats de l’Europe du Sud-Est se joignent à la campagne contre le travail précaire

Des pays comme la Bosnie-Herzégovine, la Macédoine et le Monténégro connaissent des expériences de privatisation dont les conséquences probables seront la perte d’emplois industriels. Les taux de chômage élevés ont conduit à des violations graves des droits des travailleurs et il n’y a pas de réelles sanctions pour les employeurs qui bafouent les lois. Souvent, les salaires ne sont pas payés, parfois durant des mois.

Le travail précaire, l’accroissement des effectifs et le renforcement de l’unité étaient des thèmes charnières de l’ordre du jour de l’atelier qui s’est tenu les 8 et 9 septembre à Sarajevo, en Bosnie-Herzégovine. Les participants ont fermement dénoncé la complicité entre les employeurs et l’élite politique ainsi que le manque de véritable dialogue social à tous niveaux.

Sous la pression des institutions financières internationales, la Bosnie-Herzégovine a récemment adopté une nouvelle législation du travail, qui fait passer la durée au cours de laquelle un travail peut être maintenu sous contrat à durée déterminée de deux à trois ans. Des débats sont en cours au sein de la République Serbe de Bosnie et une nouvelle législation y est attendue pour bientôt. Les contrats temporaires peuvent être renouvelés jusqu’à un terme de cinq ans en Macédoine et deux ans au Monténégro.

Kata Iveljić, président du Syndicat de la Chimie et des Secteurs non-métalliques de Bosnie-Herzégovine a déclaré :

Au sein de la Fédération de Bosnie-Herzégovine, nous avons une nouvelle législation syndicale qui affaiblit les droits des travailleurs. Notre syndicat doit renégocier et aligner les conventions nationales et sectorielles sur les nouvelles dispositions légales. Nous tenterons de faire en sorte que les droits des travailleurs soient maintenus au sein des nouvelles conventions. Nous allons aussi contester la nouvelle législation qui a été adoptée sans consulter les syndicats.

Les affiliés d’IndustriALL Global Union ont indiqué que les contrats d’emploi à durée déterminée étaient devenus monnaie courante, en particulier en ce qui concerne les investissements étrangers nouveaux. En Macédoine, tous les nouveaux emplois créés dans les zones de développement industriel sont temporaires. À côté d’une législation laxiste, le gouvernement offre différents incitants aux entreprises multinationales qui implantent des usines dans ces zones, leur permettant ainsi d’engranger d’énormes bénéfices aux dépens des travailleurs et travailleuses.

Les équipementiers automobiles, en particulier, emploient des milliers de personnes sous contrats à durée déterminée et moyennant de maigres salaires (€150-160 par mois). Cette évolution des choses commence doucement à avoir un impact sur les conditions de travail dans les autres entreprises.

Des débats animés ont eu lieu sur la question de la syndicalisation et de la structuration syndicale. Les employeurs crient haut et fort qu’ils respectent la législation et le droit de se syndiquer, mais en réalité ils ont recours à différentes tactiques et moyens de pression occultes pour empêcher les travailleurs de le faire.

Pavel Trendnafilov, président du Syndicat de l’Ingénierie civile, de l’Industrie et de la Planification de Macédoine a déclaré :

La Macédoine n’a pas été à l’abri de la tendance mondiale à l’accroissement du travail précaire. C’est un obstacle majeur à la syndicalisation, car les travailleurs temporaires vivent dans la crainte que leurs contrats ne soient pas renouvelés s’ils rejoignent un syndicat.

Les leaders syndicaux présents lors de l’atelier ont souligné l’importance du réseautage aux niveaux régional et international pour favoriser les avancées et se porter mutuellement assistance dans les campagnes de syndicalisation et en vue de négociations collectives.

IndustriALL Global Union et son organisation sœur au niveau européen vont continuer à collaborer avec leurs affiliés dans la région afin de soutenir leur lutte en faveur de conditions de travail décentes et de moyens d’existence durables.

Tués en confectionnant des vêtements pour Primark, TOPMAN, Burton, New Look, River Island

La firme Jeans Company Private Limited, créée en 2010, produit des blue jeans, des chemises et des casquettes pour ces marques de renom. Elle occupe 1.150 personnes, mais la plupart des travailleuses et travailleurs avaient quitté leur poste pour la prière du vendredi de ce 5 septembre. Seuls 40 étaient encore présents lorsque le toit s'est effondré, sinon le bilan humain aurait été beaucoup plus lourd.

Pour le Secrétaire général d'IndustriALL Global Union, Jyrki Raina :

Les usines de vêtements présentent toujours un danger au Pakistan et au Bangladesh parce que les améliorations de la sécurité sont beaucoup trop lentes. Les grandes marques n'en font pas assez; combien de cadavres faudra-t-il encore pour qu'elles assument leurs responsabilités et offrent des conditions de travail sûres à tous les travailleurs qui leur permettent de faire des milliards de dollars de bénéfices ?

Le toit de l'usine était en mauvais état, fait d'un assemblage de bambous et de boue. Récemment, la direction y avait entreposé des bidons remplis de produits chimiques, ce qui pourrait être la cause de l'effondrement. Six personnes, dont le directeur, ont été arrêtées après l'accident.

Nos affiliés pakistanais condamnent cet accident et ils ont exprimé leurs préoccupations devant les problèmes de santé et de sécurité que connaît l'industrie du vêtement. Niaz Khan, Secrétaire général du syndicat Ittehad Labour Union for Carpet Industries, a demandé au gouvernement de réactiver les services d'inspection des usines et d'assurer la sécurité des travailleuses et des travailleurs. Sous les pressions venant de toutes parts, le Ministre-en-chef du Pendjab a annoncé des indemnités de 500.000 roupies (4.800 $) pour les travailleurs décédés et 100.000 roupies pour les blessés.

En outre, les syndicats pakistanais vont veiller à ce que les familles des travailleurs décédés reçoivent 400.000 roupies des compagnies d'assurance. Nadeem Parwaz, de la Pakistan Textile, Garments and Leather Workers' Federation, a déclaré que son syndicat se met en relation avec les familles et les proches des victimes pour qu'ils puissent bénéficier d'une aide.

Cet accident soulève des questions à propos de la politique de sécurité industrielle du pays, parce que beaucoup d'usines opèrent dans des bâtiments mal conçus et en mauvais état et menacent gravement la vie des travailleurs.

Le troisième anniversaire de la plus grande catastrophe industrielle qu'ait connu le secteur de l'habillement au Pakistan, chez Ali Enterprises, le 11 septembre, a été l'occasion de rappeler haut et fort au détaillant allemand Kik qu'il n'a toujours pas indemnisé les victimes tuées en confectionnant des vêtements pour la marque KiK.

Suivez la Conférence mondiale des femmes EN DIRECT

(NB : il faut pour être équipé d'un navigateur Safari, Chrome ou Firefox)

Joignez-vous à l’action mondiale pour la justice chez le fournisseur de Mulberry en Turquie

Joignez-vous à l’action en ligne (#Justice4MulberryWorkers) ou en demandant dans votre boutique locale Mulberry que les sacs à main luxueux et les marques de vêtements fassent honneur à ses propres 'principes d’approvisionnement à l’échelle mondiale'.

SF Leather a réagi à la décision de ses salariés de se syndiquer à l’affilié de IndustriALL Global Union, Deriteks, en mettant à pied 14 militants syndicaux de premier plan le 26 mars. Quand Deriteks a rejeté l’offre de l’entreprise en avril de réintégrer 11 des 14 à la condition qu’ils oublient le syndicat, SF Leather a fait agressivement campagne pour écraser complètement la dynamique de syndicalisation.

Environ 90 pour cent des porte-monnaie en cuir fabriqués par les 190 travailleurs/euses de SF Leather vont chez Mulberry. La seule action de Mulberry a été de s’attacher les services d’un cabinet indépendant d’audit, Re-Assurance, pour mener une investigation. Les auditeurs n’ont pas parlé aux personnes touchées.

Au lieu de prendre des mesures pour résoudre le conflit, SF Leather a engagé des poursuites contre Deriteks. Le président de la section du syndicat à Izmir, Makum Alagöz, passe maintenant en justice pour non-respect de la confiscation d’une bannière syndicale le 26 mai; de l’instruction reçue le 3 juin de cesser de distribuer du matériel de campagne en ligne; et pour avoir utilisé le nom de Mulberry dans la campagne.

Les trois demandes faites à Mulberry sont les suivantes:

1) Exiger que SF Leather suspende immédiatement toutes les poursuites engagées devant les tribunaux contre Deriteks Sendika et les salariés de SF Leather.

2) Exiger que SF Leather réintègre les 14 personnes illégalement mises à pied.

3) Exiger que SF Leather cesse immédiatement toutes les activités antisyndicales illégales

La campagne IndustriALL-LabourStart a déjà permis d’envoyer à Mulberry plus de 10.000 messages de soutien au droit des travailleurs et travailleuses de SF Leather à Izmir d’adhérer au syndicat Deriteks.

Le secrétaire général adjoint de IndustriALL Global Union, Kemal Özkan, déclare:

“Le syndicat mondial de Deritek appuie de tout cœur l’action du 16 septembre et ses revendications capitales. L’inaction de Mulberry est inacceptable. L’entreprise vend les porte-monnaie haut-de-gamme de SF Leather sous le prétexte qu’elle respecte les travailleurs et travailleuses qui les ont fabriqués. Mensonges.”

Trouvez Mulberry en ligne ici:

Twitter: @Mulberry_Editor

Facebook: https://www.facebook.com/Mulberry?fref=ts

Le Mexique reste sous la scrutation de l’OIT

Les droits syndicaux au Mexique feront encore l’objet d’un examen à la prochaine réunion de la Commission de l’application des normes de l’OIT, au cours de la Conférence internationale du travail en juin 2016.

Des affiliés de IndustriALL et une coalition de syndicats alliés au Mexique ont compilé une liste de cas destinés à être examinés à la réunion de la Commission d’experts  pour l’application des conventions et des recommandations en novembre 2015, qui expose avec documents à l’appui la pratique systématique des contrats de protection par l’employeur à tous les niveaux de l’économie, ainsi que la répression brutale et la criminalisation des travailleurs et travailleuses qui essaient de constituer leurs propres syndicats.

La diversité des cas relevés par les travailleurs et travailleuses et par les syndicats pour être présentés à l’OIT confirme l’étendue du phénomène, avec des exemples de luttes et de résistance dans le secteur minier, notamment à Cananea; dans le secteur automobile où les salariés de Honda à Jalisco se sont battus pendant plus de quatre ans pour une élection syndicale; le contrat de protection de l’employeur célébré publiquement et signé par BMW en 2014 à San Luis Potosi, cinq ans avant la construction de l’usine; l’exploitation et l’intimidation du personnel agricole de San Quintin par les syndicats officiels de charro, (CTM et CROC dans ce cas); la violence institutionnelle contre la main-d’œuvre dans l’industrie des pièces automobiles chez Ciudad Acuña-PKC, Monclova; le refus de PEMEX et les tribunaux du travail pour permettre au syndicat dûment enregistré UNTyPP de syndiquer et de négocier au nom des employés administratifs dans l’industrie pétrolière; l’intimidation des travailleurs et travailleuses de SANDAK/BATA dans l’industrie du cuir et de la chaussure, et bien d’autres encore.

Comme signalé par les syndicats mexicains dans leur rapport à l’OIT, les syndicats du secteur public à Mexico ne sont pas mieux lotis avec les contrats de protection et le harcèlement des syndicats démocratiques. Les cas cités se rencontrent dans le secteur de l’éducation, les instituts technologiques, les universités et les syndicats de fonctionnaires.

En outre, les conventions 150 et 155 concernant le secteur minier tombent également dans le cycle actuel de présentation des rapports; un rapport qui a été soumis au Comité des experts concerne le nombre intolérable d’incidents, l’absence d’une indemnisation juste des travailleurs et travailleuses et de leurs familles, et l’incapacité du gouvernement mexicain de respecter les inspections du travail et les normes de santé et de sécurité.

Des mesures très importantes destinées à traiter le problème des contrats de protection et à s’occuper de la corruption dans les Commissions du travail sont passées en revue dans les commentaires présentés par IndustriALL.

Le secrétaire général adjoint de IndustriALL Global Union, Fernando Lopes, a dit:

Malgré les nombreuses promesses et déclarations publiques de responsables gouvernementaux après la dernière Conférence internationale du Travail, pour “éradiquer les contrats de protection”, IndustriALL demande qu’un accord se fasse sur une feuille de route avec tous les partenaires sociaux, et avec le soutien technique de l’OIT, pour prendre des actions concrètes et des mesures destinées à mettre la législation en conformité avec les mécanismes de surveillance de l’OIT.

Le Vietnam augmente le salaire minimum de 12,4%

Au cours actuel, le nouveau salaire minimum sera de 3,5 millions de dong, 155 dollars, dans la plupart des régions développées du Vietnam.

Un processus ouvert de consultation tripartite, mené par le Conseil national des Salaires et appuyé par des études, avait déjà conduit à une revalorisation de 15% début 2015.

Cette augmentation de 2015 amenait à une multiplication par 17 du salaire minimum en 15 ans.

Quatre taux différents existent, de sorte que les travailleurs des régions les plus développées perçoivent actuellement un salaire minimum de VND 3.100.000 et ceux de la Région Quatre, la moins développée, de VND 2.150.000. Ces taux vont maintenant tous connaître une augmentation de 12,4%.

La Confédération générale du Travail du Vietnam (VGCL), dont les trois affiliés d’IndustriALL sont membres, indique que ce salaire minimum se situe toujours en deçà des besoins fondamentaux des travailleurs. La VGCL avait initialement proposé un pas de 16,8% pour cette augmentation. Au début des consultations, la Chambre du Commerce et de l’Industrie du Vietnam (VCCI) avait insisté pour que l’augmentation ne dépasse pas 10%.

Ce plan va maintenant être transmis au gouvernement central pour approbation.

Le Secrétaire général d’IndustriALL Global Union, Jyrki Raina, a pris note de cette évolution positive :

“Toute personne qui travaille a droit à un salaire vital, depuis le travailleur de la confection du Vietnam jusqu’au mineur de Namibie. Nous croyons aux vertus de la constitution d’une force syndicale et de la négociation pour l’obtention de meilleurs salaires. Faire campagne pour l’augmentation des salaires minimums est une mission centrale d’IndustriALL.

Lors de notre réunion tenue plus tôt dans l’année au Vietnam, j’ai loué le gouvernement vietnamien pour avoir donné le bon exemple aux autres pays de la région. Un salaire minimum revalorisé donne un coup de fouet au pouvoir d’achat, à la croissance économique et à la création de nouveaux emplois.

Le temps est maintenant venu pour le gouvernement de ratifier les Conventions 87, 98 et 105 de l’OIT afin de consacrer la protection des travailleurs au sein de la législation.

Au taux de change actuel, voici en dollars quelques chiffres clés sur les salaires minimums en Asie du Sud et du Sud-Est :

Bangladesh68 (secteur de la confection)

Myanmar

85 (108,000 Myanmar Kyats)

Cambodge

128

Vietnam

155 (au 1er janvier 2016)

Chine

314 (Shenzhen et Shanghai)

Rassemblement à Vienne de centaines de femmes syndicalistes pour une conférence mondiale

L’évènement, accueilli par le syndicat autrichien PRO-GE, se tient du 14 au 16 septembre dans la capitale.

Le président autrichien, Dr Heinz Fischer, prononcera une allocution à la cérémonie d’ouverture, aux côtés de la ministre de la Santé, Sabine Oberhauser, du ministre du Travail, Rudolf Hundstorfer, et de la secrétaire d’État, Sonja Stessl.

IndustriALL Global Union, qui représente 50 millions de travailleurs et travailleuses des secteurs du textile, de l’énergie et des mines, réunit des syndicalistes femmes des cinq continents pour aborder certaines questions qui touchent davantage les femmes sur le lieu de travail.

“Vienne a ouvert ses bras à nos collègues syndicalistes, et nous sommes heureux d’accueillir tant de femmes en Autriche pour la première Conférence mondiale des femmes de IndustriALL. Elle promet d’être une conférence vivante et instructive d’où nous émergeront plus fortes et mieux équipées pour améliorer la vie des femmes au sein du mouvement syndical,” a dit la secrétaire générale adjointe de IndustriALL, Monika Kemperle.  

Un thème majeur de la conférence portera sur le rôle des syndicats pour empêcher la violence contre les femmes, avec à cette occasion le lancement d’une nouvelle campagne. La violence contre les femmes et la discrimination, que ce soit au travail ou non, limite le potentiel des femmes au travail et est donc une question syndicale.

Des intervenantes venues de pays aussi divers que l’Australie, la Colombie, l’Irak, le Myanmar, l’Ukraine et l’Afrique du Sud, partageront leur expérience et leur expertise pour améliorer la santé et la sécurité, accroître la protection de la maternité, empêcher le VIH/Sida, renforcer les effectifs, lutter contre l’emploi précaire, mettre fin à la discrimination des femmes, et obtenir un équilibre entre le travail et la famille, parmi d’autre sujets.

Une Charte de l’égalité pour la défense des droits des femmes sera proposée à l’adoption lors de la Conférence. Les syndicats, surtout dans les secteurs dominés par les hommes, n’ont pas toujours admis les besoins propres aux femmes ou tenu compte sérieusement de leurs préoccupations. 

Les participantes se prononceront également sur les structures dirigeantes propres à IndustriALL dans une motion visant à accroître la représentation des femmes de 30 à 40 pour cent.

L’évènement sera diffusé en direct sur www.industriall-union.org et pourra être suivi sur twitter à @IndustriALL_GU et #WWCVienna.

Pour tout renseignement complémentaire, contacter Leonie Guguen, agente des communications à IndustriALL Global Union. Courriel: [email protected]. Téléphone: +41 (0)79 137 54 36. www.industriall-union.org

Le détaillant allemand KiK doit verser les indemnisations promises aux victimes de l’incendie de l’usine pakistanaise

Deux cent cinquante-quatre personnes ont péri carbonisées et cinquante-cinq ont été grièvement blessées à la suite d’un brasier s’étant soudainement déclenché dans une usine qui fournit la marque premier prix KiK, le 11 septembre 2012.  Les malheureux travailleurs ont été piégés dans cet enfer derrière des sorties verrouillées et des fenêtres munies de barreaux.

Après le traumatisme de la catastrophe, KiK, qui compte 3.200 boutiques en Allemagne, en Autriche et en Europe de l’Est, a signé un Protocole d’accord juridiquement contraignant qui engage l’entreprise à un premier versement d’un million de dollars aux victimes et leurs familles en guise de secours d’urgence

En vertu de cet accord, KiK a versé un million de dollars au fond de secours provisoire. Cependant, l’entreprise a jusqu’ici failli à remplir ses obligations qui, aux termes du Protocole d’accord, devait la voir engager des négociations de bonne foi pour déterminer les indemnisations des victimes sur le long terme.

De plus, le Protocole prévoyait que KiK verserait une somme de 250.000 dollars pour la mise en œuvre de nouvelles normes de travail ; cette somme doit également toujours être versée.

Depuis la signature du Protocole d’accord le 21 décembre 2012, l’entreprise a adopté différentes tactiques dilatoires pour éviter de verser des indemnisations sur le long terme pour perte de revenu, frais médicaux, préjudice physique et moral, entre autres.

Le mari de Rifit Bibi, Muhammad Asghar Khan, a péri carbonisé dans l’incendie d’Ali Enterprises, la laissant veuve avec quatre jeunes enfants à charge.

“J’ai reçu une petite somme de PKR. 5000 (US$ 47) par mois comme pension, ce qui n’est pas suffisant pour nourrir mes enfants. Nous vivons dans la misère depuis la mort de mon mari,” nous déclare-t-elle.

Shahida Parveen, 37 ans et mère de trois enfants, a perdu son mari Muhammad Akmal dans la catastrophe. Ses trois fils, dont le plus âgé a 11 ans, ont peur de la perspective de travailler dans une usine où ils pourraient périr dans un incendie : “Ils veulent travailler dans des bureaux et ont besoin pour cela d’une bonne éducation. Mais je ne dispose pas de suffisamment d’argent pour la leur assurer,” dit Parveen.

Jyrki Raina, Secrétaire général d’IndustriALL Global Union, déclare :

Nous en avons plus qu’assez des promesses non tenues de KiK et de ses tentatives pour bloquer les négociations sur les indemnisations. Nous vivons comme une insulte que, trois ans plus tard, les survivants et les familles des victimes attendent toujours que KiK agisse. Ils doivent être cohérents et verser leur dû aux victimes de ce qui est le pire accident industriel survenu dans l’histoire du Pakistan.

KiK a pour antécédents de se fournir parmi certaines des plus dangereuses usines du monde. C’est la seule entreprise à être liée à la fois aux trois catastrophes les plus meurtrières à avoir touché l’industrie de la confection au cours des dernières années : l’incendie de l’usine d’Ali Enterprises au Pakistan, l’incendie de l’usine Tazreen au Bangladesh (2012) et l’effondrement des ateliers de Rana Plaza, également au Bangladesh (2013).

Pas moins de 1.500 travailleurs et travailleuses de la confection sont morts dans ces tragédies.

Le Secrétaire général d’UNI Global Union Philip Jennings a déclaré, “KIK est le seul détaillant impliqué dans ces trois récentes catastrophes majeures, Ali Enterprises au Pakistan et l’incendie de Tazreen ainsi que l’effondrement du Rana Plaza au Bangladesh. Pourquoi KiK refuse-t-il de verser des indemnisations aux victimes d’Ali Enterprises et leurs familles ? Croit-on vraiment chez KiK que la vie de ces travailleurs et travailleuses vaut moins que celle de ceux et celles occupés en Allemagne ? Nous ne pouvons pas construire une chaîne d’approvisionnement durable dans l’industrie de la confection si des entreprises comme KiK ne s’y engagent pas. KiK, il n’est jamais trop tard pour bien faire.”

Ineke Zeldenrust de la Campagne Clean Clothes a déclaré :

“KIK a signé un accord il y a plus de deux ans prévoyant de négocier de bonne foi de sorte que toutes les victimes reçoivent une juste et complète indemnisation, conformément aux normes internationales reconnues. Maintenant, l’entreprise ne respecte pas la promesse faite aux familles des 254 personnes qui ont connu une mort atroce alors qu’elles produisaient des jeans pour Kik, ceci après avoir également failli à la promesse faite aux consommateurs d’avoir une production respectueuse des conditions de sécurité. Il est maintenant temps pour nous d’agir et de faire payer KiK.”

Pour plus d’information, veuillez prendre contact avec Léonie Guguen, Chargée de Communications d’IndustriALL Global Union. Email : [email protected]. Tél : +41 (0)79 137 54 36. www.industriall-union.org

Une entreprise pétrolière chinoise s’attaque à des travailleurs au Kirghizistan

Le 29 août 2015 lors d’une tentative de destruction de la section locale de l’affilié de IndustriALL, le syndicat des mines et de la métallurgie du Kirghizistan (MMTUK), la direction de Zhongda a mis à pied le dirigeant syndical Zhanaydar Ahmetov sans en donner la moindre raison. La direction a également chargé la sécurité locale d’empêcher le dirigeant de pénétrer dans l’entreprise.

Fin août, la direction a contesté l’enregistrement de la section locale accordé par le ministère de la Justice, et a porté l’affaire devant les tribunaux en soutenant que l’enregistrement était illégal. Pendant plus de huit mois, l’entreprise a refusé de reconnaître l’organisation locale du MMTUK.

Selon le personnel, l’entreprise a également commencé à contacter des parents des membres du syndicat qui vivent dans une petite communauté où Zhongda est le principal employeur, en suggérant qu’ils quittent le syndicat avec des menaces de licenciements possibles. Sous la pression, dix travailleurs ont déjà quitté le syndicat. Environ 350 des 450 Kirghiz employés dans la raffinerie appartiennent au syndicat. Les Kirghiz non syndiqués et 550 Chinois occupent des postes de responsabilité dans l’entreprise.

IndustriALL s’est adressé au directeur général de l’entreprise en demandant l’arrêt des infractions et la réintégration du dirigeant syndical licencié Zhanaydar Ahmetov.

Par solidarité avec le dirigeant syndical et les membres du syndicat de Zhongda, IndustriALL lance une campagne en ligne avec l’affilié MMTUK et LabourStart. Pour soutenir le combat des travailleurs et travailleuses de Zhongda pour leurs véritables droits fondamentaux, se rendre sur le lien ci-dessous 

http://www.labourstartcampaigns.net/show_campaign.cgi?c=2846

Le syndicat a été créé dans l’entreprise pétrolière chinoise Zhongda en raison des infractions de l’entreprise aux droits syndicaux – la direction ne concluait pas de contrats d’emploi, elle employait trop de personnel temporaire sans justification juridique, refusait de payer des frais supplémentaires et des prestations, de fournir un équipement de protection individuelle, etc. 

Peu de temps après la création du syndicat et son enregistrement réalisé dans les règles auprès des autorités en décembre 2014, les demandes de déduction des membres du syndicat et le transfert de leurs cotisations syndicales ont été remises à l’entreprise, ainsi qu’une lettre demandant le début d’une négociation collective. Cependant, trois mois plus tard, on constate que le système de retenue à la source n’a jamais été mis en place malgré les promesses de la direction, et qu’il n’y a eu de négociation collective en dépit des demandes du syndicat.

En mars 2015, un autre syndicat opérant sous le contrôle de la direction a été créé dans le département de lutte contre l’incendie de la raffinerie. Les membres du personnel disent que la direction a fait pression sur eux pour qu’ils adhèrent à ce syndicat.

Fin mars, IndustriALL a écrit au directeur général de Zhongda en demandant instamment à la direction de mettre fin aux infractions aux droits syndicaux et de respecter les lois nationales et internationales sur le travail, notamment les conventions 87 et 98 de l’Organisation international du Travail (OIT).

Dans le même temps, IndustriALL a également écrit au Premier ministre du Kirghizistan pour exprimer l’espoir que la raffinerie observera les conventions de l’OIT ratifiées par le pays et la législation du Kirghizistan.

À la suite de cette campagne, le ministère de l’Économie et le gouvernement du Kirghizistan se sont rencontrés pour discuter de l’activité menée dans la raffinerie chinoise et des infractions aux droits des travailleurs, notamment le droit de se syndiquer, le paiement des salaires, la santé et la sécurité.

150 millions de travailleurs font grève en Inde

La décision de lancer un ordre de grève nationale a été prise en mai lors d’une convention nationale des travailleurs à l’appel des centrales syndicales nationales.

Des rassemblements ont eu lieu partout en Inde, et selon les estimations 150 millions de travailleurs et travailleuses sont descendus dans les rues après la rupture des négociations avec le gouvernement.

Les syndicats avaient présenté un cahier de revendications en 12 points, avec notamment une position ferme contre les amendements anti-ouvriers proposés pour la législation du travail, un nouveau salaire minimum, la fin des contrats de travail pour des emplois éternellement permanents et le paiement aux contractuels d’un salaire et de prestations identiques à ceux des salariés réguliers pour un même travail, l’application stricte de toutes les lois fondamentales du travail, une sécurité sociale universelle pour tous les travailleurs et travailleuses, l’enregistrement obligatoire des syndicats dans un délai de 45 jours à partir de la date de dépôt des demandes, ainsi que la ratification immédiate des conventions 87 et 98 de l’OIT.

Fernando Lopes, secrétaire général adjoint de IndustriALL Global Union, a participé à un rassemblement de masse de soutien à la grève à Faridabad. Il a également assisté aux réunions et rassemblements de masse dans l’Odisha et le Jharkhand pour exprimer sa solidarité.

IndustriALL approuve l’action unifiée et se tient aux côtés des travailleurs et travailleuses de l’Inde. La grève déterminera non seulement l’avenir de la classe ouvrière indienne, mais aura également un impact majeur dans d’autres parties du monde.

Plusieurs affiliés de IndustriALL ont envoyé des messages de solidarité, notamment du Pakistan et des États-Unis. Benjamin Davis du syndicat United Steelworkers, États-Unis, a également participé au rassemblement de masse.  Sharan Burrow, secrétaire générale de la CSI a exprimé sa solidarité, en déclarant que la CSI et ses affiliés dans le monde continueront de soutenir les salariés indiens dans chacune de leurs luttes pour mettre fin aux réformes anti-ouvrières en Inde.