Stellantis rejette les alternatives dans sa détermination à fermer l’usine d’utilitaires de Luton pour augmenter ses profits

En février 2022, Stellantis avait annoncé que l’usine de Luton deviendrait la deuxième usine britannique de Stellantis à produire des véhicules électriques. Cependant, en novembre de l’année dernière, le groupe a annoncé son intention de fermer complètement le site, malgré sa productivité élevée.

Dès l’annonce en novembre 2024, le syndicat Unite a publié une réponse soulignant que :

“La proposition qui a été présentée est une véritable gifle pour nos membres de Luton, où des véhicules Vauxhall ont été fabriqués depuis 120 ans”.

Tant le nouveau Comité d’entreprise européen de Stellantis qu’industriALL Europe et IndustriALL Global Union ont appelé à ce que des alternatives soient explorées. Les réponses de la direction dressent un portrait harmonieux, suggérant que les alternatives ont été soigneusement étudiées et que le dialogue avec les travailleuses a été engagé et constructif. Cependant, la réalité est bien différente.

Toutes les contre-propositions faites pour éviter la fermeture de l’usine ont été catégoriquement rejetées par la direction de Stellantis. Des démarches de haut niveau ont été entreprises par le syndicat Unite auprès de la direction de Stellantis pour sauver l’usine, mais elles ont été rejetées sans qu’aucun dialogue en face à face n’ait été accordé. En outre, le gouvernement britannique a tenté de persuader Stellantis de lui accorder plus de temps pour évaluer ce qui pouvait être fait pour sauver l’usine, y compris en offrant un soutien financier. Les deux propositions ont été rejetées par la direction.

Pour les plus de mille travailleurs et travailleuses menacés de licenciement, cette décision a laissé un goût très amer après des années de loyauté et de solides performances économiques du site.

“Il est clair qu’un dialogue ouvert et équitable visant à sauver l’usine a été bloqué, ce qui a amené les représentants à conclure que la décision de fermeture, qui aurait été prise par le groupe de planification stratégique, était en préparation depuis longtemps et que la direction n’a fait que tromper une main-d’œuvre très productive en lui faisant croire qu’elle avait un avenir,”

a déclaré Gary Reay, délégué principal du syndicat Unite.

Les travailleurs et travailleuses des sites Stellantis du monde entier ont suivi la situation de près et manifesté leur solidarité avec la main-d’œuvre de Luton. Cette situation risque de compromettre la confiance des travailleurs dans la direction, à un moment crucial pour l’entreprise, après le départ du PDG Carlos Tavares l’année dernière.

Judith Kirton-Darling, Secrétaire générale d’industriAll Europe, a déclaré :

“Le comportement de Stellantis à l’égard de sa main-d’œuvre loyale de Luton est répréhensible, elle sacrifie un site productif et l’excellence dans la fabrication sur l’autel de la valeur actionnariale et de la maximisation des profits. Les solutions proposées par les travailleurs et le gouvernement ont été rejetées sans examen approfondi, ce qui témoigne de l’attitude cavalière de la direction. Il est temps que la direction de Stellantis prenne au sérieux sa responsabilité envers ses travailleurs et la communauté locale de Luton et d’ailleurs. L’avenir de l’entreprise dépend de l’ingéniosité et de l’implication de ses travailleurs et travailleuses et nous sommes tous témoins de ce comportement consternant.”

Le Secrétaire général d’IndustriALL Global Union, Atle Høie, a déclaré à ce sujet :

“Les 1.100 travailleurs et travailleuses de Luton qui risquent de perdre leur emploi sont nos collègues au sein d’une communauté, avec des familles et des amis concernés. Cette décision dévastatrice ne doit pas être prise à la légère et la direction de l’entreprise doit s’impliquer aux côtés du syndicat, qui a maintes fois demandé le dialogue, pour trouver une solution acceptable pour l’avenir.”

Crédit photo : Stellantis

Toujours des lacunes de sécurité au chantier de démolition navale SN Corporation

C'est le second incident à SN Corporation en moins de cinq mois. En septembre dernier, une explosion avait coûté la vie à sept travailleurs et blessé grièvement plus d'une dizaine d'autres. À la suite de cela, le ministère des Industries du Bangladesh a imposé une amende de 2,6 millions de takas (21.096 $) à l'entreprise et ordonné la suspension des activités du chantier naval pendant trois mois.

La Fédération des travailleurs de la métallurgie du Bangladesh (BMF) et la Fédération des travailleurs de la métallurgie, la chimie, l'habillement et la confection (BMCGTWF), toutes deux affiliées à IndustriALL, signalent que l'incident du 3 février est survenu sur le même navire. Un découpeur du nom de Sohel Rana et âgé de 32 ans a été emmené d'urgence à la clinique du chantier. Il a été conduit ensuite dans un centre de diagnostic pour d'autres contrôles médicaux parce qu'il ressentait toujours des douleurs aiguës dans l'oreille gauche accompagnées de troubles de l'audition.

Interrogé par le coordinateur d'IndustriALL pour l'Asie du sud et par des responsables syndicaux locaux, il a aussi parlé de la pénibilité des conditions de travail sur le chantier, en particulier depuis janvier. Il a notamment cité une augmentation de la charge de travail, des journées de travail de 12 heures sans plus de rémunération, aucune disposition en matière de restauration et de rafraîchissements et le fait que le personnel n'a toujours pas reçu son salaire de janvier.

SN Corporation dispose d'un certificat de conformité à la Convention de Hong Kong délivré par la ClassNK – Nippon Kaiji Kyokai. Les entreprises habilitées par la Convention de Hong Kong sont tenues de signaler les incidents industriels survenus dans leurs installations, même s'il s'agit d'incidents mineurs. Pourtant, SN Corporation ne s'est pas seulement abstenue de déclarer l'incident, elle a aussi nié publiquement qu'un tel fait soit jamais survenu le 3 février sur son chantier ou à aucune date récente.

Pour Walton Pantland, le directeur d'IndustriALL en charge des chantiers navals et de démolition navale :

"Le fait qu'un nouvel accident se produise si vite après que l'entreprise ait été autorisée à reprendre ses activités et qu'elle ait nié publiquement que cet accident se soit produit fait penser qu'aucun enseignement n'a été tiré de l'homicide industriel précédent. Les entreprises comme SN Corporation ternissent l'image de l'industrie et discréditent la Convention de Hong Kong en tant que mécanisme d'amélioration. Le gouvernement du Bangladesh doit améliorer d'urgence son inspection de la sécurité industrielle pour s'assurer de la conformité des chantiers navals.

Cambodge : les enseignes de stature mondiale invitées à soutenir des salaires équitables dans la confection

Afin de garantir des salaires équitables et une chaîne d’approvisionnement durable, IndustriALL signe des accords individuels avec des marques qui s’approvisionnent au Cambodge. Cet accord, visant à soutenir des salaires négociés collectivement dans l’industrie de la confection, du textile, de la chaussure et des articles de voyage au Cambodge, décrit comment les enseignes et les détaillants pourront favoriser la mise en œuvre de conventions collectives au niveau des usines, ce qui permettra d’améliorer les salaires et les conditions de travail, de renforcer les relations sociales, d’établir un mécanisme efficace de résolution des conflits et d’encourager le développement des compétences.

Atle Høie, Secrétaire général d’IndustriALL, souligne l’urgence d’une action collective pour garantir des salaires équitables et une chaîne d’approvisionnement durable :

“Les bas salaires restent un défi systémique dans l’industrie de la confection, exacerbé par les pressions concurrentielles. Aucune enseigne ni aucun acteur ne peut y remédier seul. Une stratégie salariale durable et efficace doit impliquer toutes les parties prenantes, enseignes, employeurs et travailleurs.”

Cet accord s’inscrit dans le cadre du programme ACT au Cambodge, qui permet aux enseignes de s’impliquer de manière significative aux côtés des syndicats, des fabricants et des autres détaillants, établissant ainsi une nouvelle norme industrielle pour des chaînes d’approvisionnement stables, prévisibles et responsables.

En signant l’accord, les enseignes s’engagent à mettre en place un modèle de relations sociales qui concilie les priorités des travailleurs et travailleuses, des fabricants et des détaillants. L’initiative s’aligne également sur les exigences de diligence raisonnable en matière d’implication des parties prenantes, de salaires et de liberté syndicale, garantissant ainsi une approche transparente et responsable des pratiques d’approvisionnement.

L’accord, qui a déjà été signé par des enseignes de premier plan telles que H&M, Primark et PVH, fournit un cadre structuré pour soutenir la mise en œuvre de conventions collectives au niveau des usines.

“Nous exhortons davantage d’enseignes de stature mondiale s’approvisionnant au Cambodge à suivre l’exemple de leurs pairs du secteur et à s’engager à conclure des accords contraignants qui soutiennent la négociation collective et l’amélioration des salaires dans le pays,”

a déclaré Atle Høie.

Nouvelle trousse à outils pour lutter contre la violence basée sur le genre dans la chaîne d'approvisionnement des batteries

Ending Gender-Based Violence and Harassment: The Case of the Battery Supply Chain (ENGLISH)

Dans beaucoup de lieux de travail, les femmes sont toujours disproportionnément vulnérables du fait de l'insécurité de leurs conditions de travail, de l'absence de mesures assurant le respect des droits au travail et de normes culturelles qui font la part belle aux discriminations. La trousse à outils d'IndustriALL ne se limite pas à souligner les risques de la VHBG dans la chaîne d'approvisionnement des batteries, elle propose aux travailleurs et aux syndicats des solutions leur permettant d'agir.

La nouvelle trousse à outils d'IndustriALL, Mettre fin à la violence et au harcèlement basés sur le genre : Le cas de la chaîne d'approvisionnement des batteries (en anglais seulement), fournit aux syndicats, aux travailleurs mais aussi aux entreprises les outils nécessaires pour identifier et prévenir la VHBG dans le monde du travail. La chaîne d'approvisionnement des batteries va de l'extraction et du raffinage à la production et l'assemblage des batteries, là où les femmes subissent souvent l'insécurité, le harcèlement et l'exploitation.

IndustriALL invite les organisations syndicales à assortir le devoir de vigilance en matière de droits humains d'une perspective de genre pour s'attaquer aux causes profondes et structurelles des inégalités de genre et identifier les formes multiples et interpénétrantes de discrimination.

Que contient la trousse à outils ?

"Avec des cadres mondiaux tels que la C190 de l'OIT, qui arrête des principes directeurs clairs pour lutter contre la violence au travail, le moment est venu d'agir. Les entreprises doivent rendre des comptes et les syndicats doivent avoir les moyens de défendre leurs membres,"

a déclaré la secrétaire générale adjointe d'IndustriALL Christina Olivier.

"Nous pouvons créer une chaîne d'approvisionnement des batteries qui donne la priorité aux droits des travailleurs, à la sécurité et à la dignité. Faisons que cette transition vers l'énergie propre soit vraiment juste et inclusive pour tous."

Que puis-je faire ?

Syndicats : Utiliser cette trousse à outils pour réclamer une évaluation du risque et des processus de prévention qui soient plus rigoureux et un DVDH sexospécifique.

Entreprises : Promouvoir l'égalité de genre et des normes qui mettent en œuvre des politiques de tolérance zéro et renforcent l'évaluation du risque de VHBG

Pouvoirs publics : Appuyer la ratification et la mise en application de la C190 pour sécuriser les lieux de travail partout dans le monde.

Myanmar : dangereuse attaque du régime militaire contre les syndicats indépendants

IndustriALL a été informée par son affiliée, la Fédération du travail industriel du Myanmar (IWFM), qui est membre de la Confédération des syndicats du Myanmar (CTUM), que le SAC promeut la Confédération du travail du Myanmar (MLC), un organisme soutenu par l’État et conçu pour prendre la place des syndicats indépendants tels que la CTUM et l’IWFM.

Le SAC a lancé la MLC en 2023, lorsque son vice-ministre du travail a convoqué les travailleurs et travailleuses de la zone industrielle de Hlaing Tharyar et leur a demandé de remplacer les dirigeants de la CTUM. Depuis lors, des preuves ont montré que la MLC a étroitement collaboré avec le ministère du travail du SAC, se présentant faussement comme la CTUM auprès des travailleurs et des travailleuses, des employeurs et des parties prenantes internationales. Ces actions révèlent la stratégie du régime visant à démanteler les syndicats indépendants en utilisant le contrôle de l’État sur le ministère du travail pour faire progresser sa propre entité.

Le SAC a intensifié son ingérence en janvier de cette année, quand la MLC a organisé un événement faussement présenté comme un atelier de formation syndicale. En réalité, il s’agissait d’une plateforme visant à installer un leadership pro-SAC au sein de l’IWFM, sous la surveillance étroite de la police et d’agents des forces spéciales. Cette présence sécuritaire musclée a démontré l’implication directe du SAC dans la répression du droit des travailleurs et travailleuses à se syndiquer librement, sans craindre l’intervention de l’État.

Cet assaut de l’État contre les syndicats viole les normes internationales du travail, notamment les principes fondamentaux de la liberté syndicale (Convention n° 87) et du droit d’organisation et de négociation collective (Convention n° 98). Au lieu d’adhérer aux recommandations de la Commission d’enquête, le SAC intensifie ses efforts pour démanteler les syndicats indépendants et les remplacer par des entités contrôlées par l’État qui sapent les droits des travailleurs.

Les actions du SAC contredisent directement les conclusions de la Commission d’enquête, qui condamnait le rôle de l’armée dans l’affaiblissement des syndicats par l’intimidation et l’ingérence. Le rapport de la Commission d’enquête (paragraphes 173 et 174) a mis en évidence la répression systématique des activités syndicales par l’armée, et les récents événements confirment ces préoccupations. Les fausses affirmations du régime concernant le statut de la CTUM, en particulier ses tentatives de forcer la réélection de la direction de la CTUM sous la supervision du SAC, démontrent la stratégie de l’armée pour fracturer et contrôler le mouvement syndical du Myanmar.

La CTUM a également signalé que le SAC s’était illégalement approprié des drapeaux de la CTUM et d’autres syndicats indépendants, dont l’IWFM, pour promouvoir les syndicats jaunes, des entités contrôlées par l’État et destinées à affaiblir l’opposition à la junte. Le vol des symboles syndicaux révèle la campagne permanente du SAC visant à priver les travailleurs et travailleuses de leurs droits et à contrôler le mouvement syndical.

IndustriALL a envoyé une lettre à l’OIT pour demander que ces faits nouveaux soient discutés au point 12 de l’ordre du jour de la 353e session du Conseil d’administration, concernant le non-respect par le Myanmar des Conventions n° 87 et 29 et des résolutions connexes des 102e (2013) et 109e (2021) sessions de la Conférence internationale du travail. IndustriALL Global Union et industriAll Europe enverront conjointement une lettre à l’UE, demandant instamment la condamnation de ces attaques et une réaction immédiate.

Le Secrétaire général d’IndustriALL, Atle Høie, s’est exprimé en ces termes :

“La situation au Myanmar exige une action internationale urgente. La création de la MLC représente une attaque directe contre les droits des travailleurs et le syndicalisme indépendant dans le pays. La communauté internationale doit réclamer des comptes au SAC et revendiquer le rétablissement d’une véritable liberté syndicale et du droit d’organisation pour les travailleurs et travailleuses du Myanmar. Les enseignes et les investisseurs internationaux qui poursuivent leurs activités au Myanmar doivent enfin ouvrir les yeux et quitter le pays.”


 

Les minéraux de transition critiques sont la clé du développement de l’Afrique

La plupart des pays d’Afrique subsaharienne possèdent des minerais critiques nécessaires à la transition de sources d’énergie à forte teneur en carbone vers des sources renouvelables à faible teneur en carbone. Les minéraux critiques comprennent la bauxite, le cobalt, le cuivre, le graphite, le lithium, le manganèse, le nickel, les métaux du groupe du platine et les éléments des terres rares. Certains de ces minéraux critiques servent à améliorer les performances des batteries, tandis que d’autres sont utilisés dans la fabrication de véhicules électriques, d’éoliennes et de composants nécessaires aux industries des énergies renouvelables.

IndustriALL et ses syndicats affiliés qui regroupent les mineurs des pays suivants : Botswana, Ghana et Afrique du Sud, ainsi que la CSI Afrique, ont pris part aux débats lors des sessions de la conférence et des discussions plénières. Les syndicats ont souligné l’importance de la valorisation des minerais essentiels à la transition pour créer des emplois grâce à des investissements et à la mise en place d’industries manufacturières sur le continent pour traiter les minerais bruts. En outre, des chaînes de valeur régionales pourraient être développées dans les domaines de la fabrication de batteries et de véhicules électriques, et celles-ci pourraient être reliées aux chaînes de valeur mondiales.

Actuellement, la plupart des minerais sont exportés à l’état brut, ce qui n’apporte qu’une faible valeur ajoutée aux pays exportateurs. Les syndicats ont cité la Vision minière africaine (VMA) comme un important document d’orientation politique qui promeut la valorisation des minerais et ont exhorté les pays africains à inclure la VMA dans leurs politiques nationales. Entre autres recommandations, la VMA appelle à un “secteur minier durable et bien gouverné” qui favorise le développement économique, la santé et la sécurité, qui soit “inclusif sur le plan du genre et de l’ethnie, respectueux de l’environnement, socialement responsable et apprécié par les communautés environnantes”. La VMA est également l’une des politiques susceptibles de stimuler le commerce interafricain et l’intégration régionale par le biais de la zone de libre-échange continentale africaine.

Les syndicats ont souligné l’importance de l’adhésion aux normes internationales du travail ainsi que la raison pour laquelle l’agenda du travail décent de l’Organisation internationale du travail (OIT) devrait être inclus dans les discussions sur l’exploitation des minerais critiques. En ce qui concerne la santé et la sécurité, ils ont noté que les accidents mortels dans le secteur minier en Afrique du Sud, par exemple, étaient en baisse, alors qu’au niveau de l’exploitation minière artisanale et à petite échelle, les conditions se détérioraient, en particulier dans des pays comme la République démocratique du Congo. C’est pourquoi les syndicats ont appelé à la ratification de la Convention 176 sur la sécurité et la santé dans les mines, ratifiée par seulement six pays africains.

Parmi les autres questions clés mises en avant par IndustriALL et ses syndicats figure l’adoption de normes minières tenant compte des intérêts de multiples parties prenantes, telles que les audits de l’IRMA (Initiative pour une Certification responsable de l’Exploitation minière). Ces audits ont permis de s’assurer que les travailleurs et les travailleuses ainsi que les communautés locales se font entendre et que leurs intérêts sont respectés par les compagnies minières.

Les syndicats ont indiqué que les communautés riveraines devaient être au centre de l’approche multipartite, car, dans la plupart des cas, ce sont elles qui détiennent les droits sur les terres où se trouvent les mines. Pour protéger les intérêts de ces communautés, les compagnies minières doivent mettre en place des politiques environnementales, sociales et de gouvernance inclusives.

En ce qui concerne la diligence raisonnable en matière de droits de l’homme, les syndicats ont appelé à l’adoption de mesures contraignantes, les initiatives volontaires étant difficiles à mettre en œuvre. Toutefois, les syndicats ont déclaré qu’ils continueraient à faire campagne pour que les sociétés minières intègrent les principes directeurs des Nations unies sur les entreprises et les droits de l’homme dans leurs politiques.

Glen Mpufane, Directeur de la section des mines d’IndustriALL, a déclaré :

“Une approche multipartite doit être adoptée pour les minerais critiques et les normes d’exploitation minière durable doivent être respectées pour protéger les droits et les intérêts des travailleurs et travailleuses.”

Kemal Özkan, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, a ajouté :

"Il existe un potentiel de création d’emplois, car le continent africain dispose de vastes ressources en minerais critiques, mais en tant que syndicats, nous devons insister sur la diligence raisonnable et le travail décent en matière de droits de l’homme afin que les travailleurs et les travailleuses ainsi que les communautés qui sont les leurs puissent profiter des avantages qui en découlent. La gouvernance au niveau des ressources naturelles est tout aussi importante pour mettre un terme aux flux financiers illicites et à la corruption, qui détournent des ressources nécessaires au développement.”

Peu d'espoir pour les travailleurs licenciés par Rieter India

Rieter India menace des responsables syndicaux de suspension, de transfert et de licenciement depuis qu'au début de 2023, les membres de la RIEF se sont mis en grève et ont porté plainte auprès du département du travail contre les pratiques déloyales du travail de la direction qui refusait d'entendre les préoccupations du syndicat.

En mai 2024, 33 des 350 adhérents du syndicat ont été licenciés, dont plusieurs de ses responsables, tandis que 27 travailleurs étaient suspendus dans l'attente d'une enquête sur de prétendues manifestations devant le domicile d'un représentant de la direction. Rieter India a aussi porté plainte au civil contre d'autres adhérents qui avaient fait grève de la faim devant les grilles de l'usine en juillet 2023 et pour avoir prétendument fait perdre 1,2 million de dollars pendant la première grève de janvier 2023. En outre, des plans de départ volontaire ont aussi été proposés à des membres du syndicat.

En novembre de l'an dernier, après des changement dans l'équipe de direction indienne, le syndicat a repris un dialogue de bonne foi avec la nouvelle direction. En dépit d'échanges positifs, le 19 décembre 2024, cette direction a décidé de ne pas réintégrer les travailleurs licenciés, mais aussi de licencier ceux qui avaient été suspendus.

Rohit Pawar, le secrétaire général de Shramik Ekta Mahasangh, déclare :

"Nous avons tenté sans relâche de régler les problèmes de manière cordiale, mais ça n'a pas marché. Nous avons appris que le CEO de Rieter devrait visiter l'usine en février. Nous lui avons écrit pour lui demander de rencontrer les membres du syndicat et de répondre à nos préoccupations."

Atle Høie, le secrétaire général d'IndustriALL, a déclaré :

"Nous exprimons notre solidarité avec les grévistes de Rieter India. IndustriALL invite la direction de Rieter à répondre immédiatement aux préoccupations du syndicat à propos des pratiques déloyales du travail de la direction indienne et des licenciements de ses membres notamment."

Le Maroc se prépare à la grève générale des 5 et 6 février

Une grève générale nationale aura lieu au Maroc les 5 et 6 février, les syndicats protestant contre les politiques gouvernementales qui, ils l’affirment, portent atteinte aux droits des travailleurs et travailleuses et érodent le pouvoir d’achat.

La Confédération démocratique du travail (CDT) a annoncé cette grève à l’issue d’une réunion de son Conseil national à Casablanca ce 1er février. L’Union marocaine du travail (UMT) a confirmé sa participation ce 2 février. D’autres organisations syndicales, dont la Confédération démocratique du travail, l’Organisation démocratique du travail et la Fédération des syndicats démocratiques, soutiennent également l’appel à la grève.

Au cœur du conflit se trouvent la proposition de loi du gouvernement sur la réglementation des grèves, ainsi qu’un projet controversé de fusion de la Caisse nationale des organismes de prévoyance sociale (CNOPS) avec la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS). Les syndicats affirment que ces réformes éroderont des avancées durement acquises par les travailleurs et travailleuses, affaibliront les droits syndicaux et nuiront aux prestations des salariés assurés.

Voici ce dont les dirigeants des syndicats accusent le gouvernement :

Les syndicats marocains critiquent également le gouvernement pour sa gestion de l’inflation, arguant que la hausse des prix exacerbe la pauvreté et la vulnérabilité sociale.

Dans un communiqué publié le 2 février, l’UMT a indiqué que la grève est déclenchée pour revendiquer un contrôle des prix afin de limiter l’inflation et la spéculation, la suspension du projet de loi sur la grève, qui doit être discuté à la Chambre des conseillers le 3 février, et des négociations urgentes sur les droits du travail et les politiques économiques.

Le Secrétaire général d’IndustriALL, Atle Høie, a déclaré à ce sujet :

“Nous sommes solidaires des travailleurs et travailleuses marocains qui protestent contre le mépris du gouvernement pour leurs droits et leur bien-être. Nous demandons instamment au gouvernement du Maroc d’entendre cet appel et de s’engager avec les syndicats pour un meilleur avenir pour les travailleurs et travailleuses du pays. Et nous demandons fermement que toutes les discussions sur la limitation du droit de grève, un droit fondamental des travailleurs et travailleuses, cessent immédiatement.”

Illustration : manifestation de travailleurs et travailleuses au Maroc, janvier 2025

1.500 travailleurs perdent leur emploi avec la fermeture de Yazaki en Uruguay

Les travailleurs ont été informés de cette décision le 30 janvier. D’après le syndicat, l’équipementier automobile ferme ses ateliers de Las Piedras et Colonia sans préavis ou négociation, empêchant ainsi toute discussion sur des solutions de rechange pour préserver l’emploi. 

Danilo Dárdano, le président du Syndicat national des travailleurs de la métallurgie et apparentés (UNTMRA) et de la Confédération des syndicats de l’industrie d’Uruguay, a déclaré : 

"Une entreprise ne peut pas tout simplement partir du jour au lendemain. Une restructuration doit être discutée au préalable. Le nouveau gouvernement doit changer les règles pour éviter que cela se reproduise. Ils ont fermé l'usine et ne répondent pas à nos appels. Le ministère du Travail a prévu une réunion pour discuter des licenciements, mais c'est d'une réouverture que nous voulons discuter." 

Dans un communiqué, l'UNTMRA se dit choqué par cette fermeture, notant que tout au long de 2024, il a eu des pourparlers avec des organismes de l'industrie, avec le ministère du Travail et avec Yazaki sur des politiques de soutien au secteur et d'appel aux investisseurs. La direction évoque principalement la faiblesse du peso face au dollar et les conflits du travail pour justifier sa décision, tandis que le syndicat réaffirme avoir toujours privilégier la protection de l'emploi sur toute autre question. 

La fédération uruguayenne PIT-CNT condamne cette fermeture, faisant valoir qu'une entreprise qui emploie 240.000 personnes dans 46 pays ne peut justifier une fermeture par les coûts de production et des conflits avec les syndicats, au vu de son bilan en matière de négociation collective. 

Lors d'une conférence de presse donnée le 31 janvier, le président de la PIT-CNT, Marcelo Abdala, a déclaré : 

"Yazaki a agi de manière sournoise et déloyale envers les travailleurs et envers le pays. Son manque de considération pour 1.500 travailleurs, en majorité des femmes et des jeunes, est inacceptable. Nous demandons des discussions tripartites sur le développement économique et exhortons les autorités à intervenir et défendre ces emplois." 

Le secrétaire régional d'IndustriALL, Marino Vani, a aussi critiqué les actions de la direction : 

"L'attitude de Yazaki vis-à-vis des travailleurs et de la communauté de ce pays est regrettable. Nous appelons la direction à rencontrer l'UNTMRA et à reconsidérer cette fermeture que rien ne justifie et qui est un coup dur pour l'économie uruguayenne et le MERCOSUR."

Les travailleurs et travailleuses indiens vont manifester massivement le 5 février

Ces manifestations font suite aux attaques incessantes du gouvernement indien contre les droits des travailleuses et travailleurs, et notamment au projet de mise en œuvre d’une législation du travail qui leur serait hostile.

Les syndicats indiens n’ont cessé d’exprimer leur inquiétude face à la détérioration des conditions économiques et à l’érosion des droits constitutionnels et démocratiques sous le gouvernement actuel. Dans un communiqué de presse publié le 7 janvier, les responsables syndicaux ont condamné les politiques anti-ouvrières du gouvernement, notamment la privatisation, le désinvestissement des entreprises et des services publics et le refus de rétablir l’ancien régime de retraite.

Les syndicats sont particulièrement alarmés par la prochaine session budgétaire, dont ils craignent qu’elle ne donne la priorité aux intérêts des entreprises au détriment de la classe ouvrière. Ils préviennent également que les lois controversées sur le travail promulguées en 2020, qui ont été bloquées en raison de la résistance massive des travailleurs et travailleuses, seront probablement appliquées cette année. Les syndicats sont déterminés à intensifier leur lutte pour empêcher leur mise en œuvre.

La plateforme commune exhorte les travailleuses et travailleurs de l’ensemble du pays à lancer une résistance déterminée contre les politiques injustes du gouvernement, notamment l’imposition de nouveaux codes du travail. Une série de manifestations de protestation auront lieu dans tout le pays et culmineront par une grève générale dont la date n’a pas encore été annoncée.

Le Secrétaire général d’IndustriALL, Atle Høie, a exprimé sa forte solidarité avec les syndicats indiens, en déclarant :

“IndustriALL salue la détermination des syndicats indiens dans leur lutte contre des politiques gouvernementales injustes. La résilience et l’unité de la classe ouvrière indienne sont une source d’inspiration pour les syndicats du monde entier. Nous exhortons le gouvernement indien à respecter les droits des travailleuses et travailleurs, à engager un dialogue constructif avec les syndicats et à veiller à ce que le droit du travail s’aligne sur les normes internationales du travail.”

Illustration : image d’une manifestation de masse en Inde en 2022