IndustriALL dépose auprès de l’OIT une plainte contre le gouvernement thaïlandais

La plainte d’IndustriALL auprès du Comité de la liberté syndicale de l’OIT reprend en détail 18 cas d’abus à l’encontre de travailleurs et de syndicats en Thaïlande.

IndustriALL, qui compte sept syndicats affiliés dans le pays, accuse le gouvernement thaïlandais de faillir à son devoir de protection de ses 39 millions de travailleurs, dont près de la moitié sont occupés dans le secteur informel.

Alors que les abus dont sont victimes les travailleurs et travailleuses thaïlandais existent de longue date, la situation ne s’est pas améliorée sous le régime du nouveau gouvernement, qui s’est mis en place après un coup d’état militaire en mai 2014.

La législation thaïlandaise néglige de fournir le droit à la liberté syndicale et à la négociation collective à environ 75% de la population active, ce qui conduit le pays à avoir le plus faible taux de syndicalisation de toute l’Asie du Sud-Est avec 1,5%.

Dans les zones industrielles de Thaïlande, là où les enseignes mondiales produisent dans divers secteurs, environ 50% des salariés sont des temporaires. La législation thaïlandaise rend difficile pour un travailleur temporaire de rejoindre le syndicat d’une entreprise même s’il y a occupé le même poste depuis plusieurs années.

Les sous-traitants sont également employés pour arrêter la syndicalisation des lieux de travail. Une entreprise a licencié 60% de sa main d’œuvre pour arrêter la syndicalisation de son usine.

Des travailleurs et travailleuses sont régulièrement mis à pied pour être des syndicalistes ou avoir tenté de négocier collectivement. Lorsque des tribunaux imposent la réintégration des travailleurs, les entreprises ignorent souvent l’ordonnance ou mettent une pression intolérable pour que les travailleurs s’en aillent. Dans d’autres cas, la procédure judiciaire s’éternise tellement que les travailleurs sont forcés d’accepter un dédommagement et de démissionner.

Par sa plainte, IndustriALL incite le gouvernement thaïlandais à revoir sa législation du travail en consultation avec les syndicats et à ratifier les Conventions 87 et 98 de l’OIT sur la liberté syndicale et le droit de se syndiquer et de négocier collectivement.

S’agissant des 18 cas cités dans la plainte, IndustriALL appelle le gouvernement thaïlandais à “faire en sorte que les employeurs se conforment à toute injonction de remédiation et d’indemnisation et que les droits fondamentaux des travailleurs soient respectés.”

Le Secrétaire général d’IndustriALL Jyrki Raina précise :

“La Thaïlande est une plaque tournante de la chaîne d’approvisionnement de nombreuses entreprises multinationales. Le gouvernement doit faire davantage pour la protection de ses travailleurs, qui forment l’épine dorsale de l’économie. De la même façon, les multinationales ne doivent pas permettre de violations des droits des travailleurs chez leurs fournisseurs et au sein de leurs filiales en Thaïlande pour la simple raison qu’elles peuvent s’en sortir sans être inquiétées.”

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IndustriALL tire parti de la Journée mondiale pour le travail décent du 7 octobre pour souligner les effets dévastateurs du travail temporaire, à court terme ou en sous-traitance encore appelé travail précaire.

Davantage d’information sur la page de la campagne STOP au travail précaire.

#STOPrecariousWork

Pour plus d’information, veuillez prendre contact avec Léonie Guguen, Chargée de Communication d’IndustriALL Global Union. [email protected] Tél : +41 79 137 54 36

www.industriall-union.org

Prêts pour le 7 octobre

Le 7 octobre sera le point d'orgue de plusieurs campagnes nationales en cours contre le travail précaire. Dans de nombreux pays, les affiliés vont mettre en parallèle la campagne mondiale et la lutte qu'ils mènent au niveau national pour une meilleure législation.

Aux Philippines, le 7 octobre verra le lancement de la campagne commune des affiliés d'IndustriALL "STOP au travail précaire ! Des emplois réguliers pour tous". Ces affiliés vont défiler ensemble jusqu'au ministère de l'Emploi et du Travail. Ils attendent plus de 750 participants, à la fois des travailleurs précaires et permanents. Après cette mobilisation, des représentants des 15 affiliés d'IndustriALL auront un entretien avec le ministre du Travail. Ils lui remettront leur déclaration commune sur le travail précaire et lui exposeront leur campagne qui réclame pour l'essentiel une révision de la loi sur la sécurité d'emploi.

Au Sri Lanka, les affiliés défileront ensemble dans le cadre de leur campagne actuelle pour une modification de loi qui fixe des limites au recours au travail précaire.

Au Cameroun, les affiliés d'IndustriALL réclament l'adoption d'une loi sur la sous-traitance qui empêche de confier à des sous-traitants les activités de base et permanentes des entreprises. Dans le cadre de cette campagne, ils organiseront le 7 octobre une réunion tripartite avec des représentants du gouvernement et des associations d'employeurs. 

Au Brésil, une manifestation rassemblant plusieurs centrales syndicales ainsi que d'autres organisations de la scène sociale brésilienne seront organisées le 3 octobre. Parmi d'autres revendications, les syndicats réclameront une limitation de la sous-traitance. En avril 2015, la chambre des représentants de Brasilia a voté un projet de loi en faveur de la libéralisation de l'externalisation. Depuis, les syndicat font campagne pour retarder son adoption par le sénat.

Au Cambodge, les affiliés joindront leur action à la campagne sur la protection de la maternité. Ils organiseront une action de protestation devant des usines et des immeubles de bureaux pour réclamer "la protection de la maternité pour toutes les femmes" et "STOP au travail précaire". Ils discuteront aussi de ces deux questions au sein d'un cercle d'étude de travailleurs.

Des affiliés mèneront aussi des actions en Europe. En Belgique, les affiliés d'IndustriALL prendront part à une manifestation nationale contre les politiques antisociales du gouvernement et proposeront des solutions de rechange.

En Allemagne, IG Metall mobilisera ses adhérents contre l'utilisation abusive des contrats de travail et de service ("Werkverträge") sous le slogan "Ils ne nous diviseront pas".

Cette année encore, le 7 octobre, les affiliés d'IndustriALL enverront un message fort au monde entier pour crier STOP au travail précaire !

Inde – violence contre une manifestation pacifique à l’entrée de l’usine Maruti Suzuki

L’accord entre la direction de Maruti Suzuki et les syndicats des trois usines en Inde ne s’applique pas aux salaires du personnel temporaire ou aux personnes licenciées en 2012.
 
Plus de 3.000 travailleurs et travailleuses temporaires à l’usine Manesar ont réclamé une égalité salariale avec le personnel permanent, et se sont rendus devant l’usine pour exprimer leur mécontentement.
La police a répondu en dispersant violemment les manifestants. Plusieurs travailleurs ont été blessés et détenus. Plusieurs personnes détenues ont été depuis remises en liberté sous caution.

Fernando Lopes, secrétaire général adjoint de IndustriALL Global Union, dit

Ce niveau de violence est absolument inacceptable. IndustriALL condamne l’action brutale de la police qui soutient clairement la direction de l’entreprise. Nous demandons une résolution sans incidents de toutes les questions relatives au travail chez Maruti Suzuki, notamment pour les emplois temporaires.

Des marques de vêtements incitent le Mexique à se conformer aux recommandations de l’OIT

Le courrier de ces marques pointe spécifiquement le problème des contrats de protection qui “autorisent l’enregistrement de conventions collectives conclues par des syndicats qui ne peuvent pas démontrer le soutien d’une majorité des travailleurs qu’ils sont censés représenter par le biais de processus électoraux démocratiques.” Il note que de nombreux travailleurs mexicains n’ont toujours pas accès à des exemplaires de ces conventions.

Les signataires de ce courrier conjoint comprennent : le Groupe Adidas, American Eagle Outfitters, New Balance, Nike, Patagonia, Puma, PVH et la société Disney.

La lettre est une initiative du Comité pour le Mexique qui regroupe diverses parties prenantes, dont IndustriALL Global Union.

Le Mexique est de plus en plus sous pression de la part de gouvernements, de syndicats démocratiques et de l’OIT pour mettre en œuvre des mesures concrètes afin de garantir que les travailleurs puissent exercer leur droit à être représentés par le syndicat de leur libre choix et à négocier collectivement,

indique le Secrétaire général adjoint d’IndustriALL Fernando Lopes.

Nous félicitons ces marques pour s’être jointes à cet appel à la liberté syndicale au Mexique.

Selon Lopes, au cours des dernières années, le Comité pour le Mexique a soupesé la question de savoir ce que les marques pouvaient faire par rapport au problème que représentent les contrats de protection et autres barrières à la liberté syndicale au sein des usines de leurs fournisseurs mexicains. Aux côtés d’IndustriALL, le Comité comprend un certain nombre de marques de vêtements et de sport américaines et européennes, la Fair Labor Association et le Réseau MSN (Maquila Solidarity Network).

La lettre conjointe exprime également l’espoir que le Mexique prenne des mesures concrètes pour s’assurer que les réformes positives apportées à la Législation fédérale du Travail en 2012 soient pleinement appliquées au niveau local. Celles-ci comprenaient des exigences par rapport à une plus grande transparence de la négociation des conventions collectives de travail, des statuts et accréditations des syndicats ainsi que la révision urgente de dispositions de conventions collective qui permettent la mise à pied de travailleurs qui sont exclus ou démissionnent volontairement d’un syndicat non-représentatif.

La lettre exprime encore le soutien des marques à la ratification par le Mexique de la Convention 98 de l’OIT sur le droit de se syndiquer et de négocier collectivement.

Améliorer la protection de la maternité en Asie du Sud-Est

Un projet d’IndustriALL sur l’égalité des sexes et la protection de la maternité a débuté par sa mise en œuvre dans quatre pays : le Cambodge, l’Indonésie, le Myanmar et les Philippines. La Secrétaire régionale Annie Adviento et la coordinatrice de projet Lorna Ferrer ont rencontré du 17 au 20 septembre des personnes clés des conseils syndicaux et de leurs Comités des Femmes des quatre pays pour présenter le projet.

Les affiliés d’IndustriALL de ces pays ont fait campagne sur la Convention 183 de l’OIT sur la protection de la maternité. Les participants se sont engagés à poursuivre et intensifier la campagne visant à la ratification de cette convention par un dialogue permanent avec les parlementaires et les employeurs ainsi qu’en forgeant des alliances avec d’autres organisations.

Les leaders syndicales et les adhérentes sont encouragées à se montrer plus pro-actives dans leur lobbying et leurs campagnes en faveur de l’amélioration de la protection de la maternité. Syndiquer les femmes, renforcer les comités des femmes et développer des dispositions en faveur des femmes au niveau de la négociation collective constituaient quelques-uns des points importants des discussions au cours de ces activités.

Le projet va rassembler des statistiques sur l’accès des femmes aux postes de direction syndicaux qui feront partie d’une étude sur la situation des femmes travailleuses en lien avec la protection de la maternité, centrée sur la santé de la femme enceinte et de l’enfant qu’elle porte, les dispositions pour l’allaitement maternel ainsi que les congés parentaux et les prestations en espèces.

Un bref résumé de l’étude sera présenté en novembre lors d’une conférence régionale qui devrait donner un cadre à des stratégies de campagne cohérentes et des plans d’action concrets pour obtenir une amélioration de la protection de la maternité et renforcer les femmes travailleuses au sein d’IndustriALL.

Un dirigeant syndical bangladais reçoit le Prix des droits humains

Comme président de la NGWF, affiliée à IndustriALL Global Union, Amirul Haque Amin a lutté pour la défense des droits des travailleuses et travailleurs de la confection au Bangladesh pendant plus de trois décennies.
 
Comme dirigeant syndical, Amin a joué un rôle actif pour l’introduction d’un salaire minimum et la signature de l’Accord du Bangladesh sur les mesures de sécurité qui ont trait aux incendies et aux bâtiments.
 
Jyrki Raina, secrétaire général de IndustriALL, approuve vivement cette distinction:

Elle met en exergue la lutte menée continuellement par nos affiliés au Bangladesh. Ce prix décerné à Amirul Haque Amin est la reconnaissance importante des efforts déployés par lui et par les syndicats dans la syndicalisation et la lutte pour obtenir des lieux de travail sains et sûrs, et un salaire décent dans le pays.

Le jury international a fait l’éloge de "la ténacité et l’intrépidité dont Amin a fait preuve pour améliorer les conditions de vie et de travail" des travailleuses et travailleurs bangladais de la confection.

Le Prix International Nuremberg des droits humains est remis tous les deux ans à des personnes ou des groupes qui se sont engagés, de manière exemplaire, en faveur des droits de la personne, en prenant parfois des risques personnels considérables.

Interview : Comment les syndicats jordaniens aident les réfugiés syriens

Or, dans le courant du mois, le Programme alimentaire mondial a été contraint d'interrompre l'aide alimentaire fournie à près de 230,000 Syriens réfugiés en Jordanie faute de moyens. Il a dû aussi réduire de moitié l'aide apportée à 200.000 autres réfugiés vivant dans le pays. La conséquence est que certaines familles syriennes doivent survivre avec moins de 50 cents par jour.

S'exprimant à la Conférence mondiale des femmes d'IndustriALL Global Union, la semaine dernière à Vienne, Ahlam Alterawi, du Syndicat général des travailleurs du textile et de l'habillement (JTGCU), a expliqué ce que font les syndicats intégrer les réfugiés dans la population active …  

Comment les syndicats jordaniens viennent-ils en aide aux réfugiés syriens ?

Lorsque les réfugiés syriens ont commencé à affluer en Jordanie, il y a quatre ans, nous avons aidé à leur fournir une aide matérielle, comme de la nourriture et des couvertures. Mais ils ne pouvaient pas trouver de travail sans acheter un permis de séjour, à un prix qu'ils ne pouvaient de permettre. Ils ont alors fait appel à notre aide. D'autre part, certaines entreprises se sont adressées à nous pour pouvoir employer des travailleurs syriens qualifiés plutôt que des travailleurs migrants originaires de pays comme le Bangladesh.

Fin 2013, notre syndicat et d'autres se sont adressés, avec l'Association des entreprises jordaniennes, au ministère du Travail pour demander que les Syriens qualifiés puissent intégrer le marché du travail. Le ministre a répondu positivement et il a aussi réduit de 50 pour cent le coût des permis de travail pour les réfugiés syriens.

De quelle autre manière la Jordanie a-t-elle été affectée par la violence dans la région ?

En plus des réfugiés syriens qui affluent en grand nombre dans le pays, de plus en plus d'Irakiens arrivent aussi en Jordanie. C'est un problème pour notre pays. Nous avons dû réduire notre consommation d'eau, de pétrole et d'électricité. Nous devons importer davantage de produits alimentaires, d'énergie pour produite de l'électricité, et plus de pétrole pour répondre aux besoins de tous ces gens venus en Jordanie. Nous avions une population d'environ six millions d'habitants; nous sommes maintenant près de neuf, voire dix millions. C'est pour cela qu'il a fallu commencer à construire des camps de réfugiés dans le désert et dans toutes les zones libres à la frontière avec l'Arabie saoudite.

Quelle est l'incidence des réfugiés sur le marché du travail en Jordanie ?

Des milliers de Syriens restent à l'écart de marché du travail. Pourtant, les réfugiés syriens sont très nombreux dans les villes de Jordanie. Beaucoup sont jeunes et qualifiés dans des secteurs tels que les services de restauration, le textile et l'habillement, et l'industrie du bâtiment. C'est pourquoi certains employeurs et patrons d'entreprises préfèrent embaucher des Syriens parce qu'ils sont plus qualifiés que les jeunes Jordaniens. D'autre part, les réfugiés sont prêts à accepter des salaires inférieurs qu'ils complètent par une aide des Nations unies. Les Jordaniens de souche ne peuvent se permettre d'accepter des salaires aussi bas.

Que fait-on pour aider les travailleurs jordaniens ?

Des organisations internationales mettent actuellement sur pied un programme visant à intégrer les réfugiés syriens dans le marché du travail sans que cela ait une incidence négative sur les femmes et les jeunes du pays. Il s'agit de former les Jordaniens, de les qualifier pour qu'ils travaillent aux côtés des travailleurs syriens, et ne risquent pas de perdre leur emploi en particulier pour les gens instruits. Nous comptons une proportion élevée de femmes et de jeunes instruits, titulaires de diplômes universitaires et ayant de bonnes qualifications.

Vous avez aussi plus d'un million de travailleurs migrants en Jordanie, dont un quart seulement ont des papiers en règle …

Les travailleurs migrants sont nombreux en Jordanie, en particulier dans le secteur textile. Ils représentent jusqu'à 75 pour cent des travailleurs du textile et viennent principalement du Bangladesh, d'Inde, du Sri Lanka, du Myanmar, de Chine, du Népal et de Madagascar. On compte huit nationalités différentes dans ce secteur.  

Les employeurs aiment bien les travailleurs migrants parce qu'ils acceptent des salaires inférieurs, travaillent plus longtemps; les femmes ne tombent pas enceintes et prennent leur congé annuel à la fin de leur contrat. Les travailleuses jordaniennes ont davantage de responsabilités familiales, elles prennent leurs vacances annuelles, leurs congés de maladie et leur congé de maternité. C'est pourquoi les entreprises préfèrent les travailleurs migrants. Mais nous essayons de remplacer ces travailleurs migrants par des réfugiés syriens parce qu'ils sont déjà dans le pays. Les employeurs ne doivent pas dépenser d'argent en billets d'avion pour les faire venir dans le pays.

Quel est le salaire moyen d'un travailleur du textile en Jordanie ?

Le salaire des travailleurs du textile est d'environ 110 dollars jordaniens (155 $US). Mais le salaire moyen en Jordanie est de 350 à 420 dollars (490 à 590 $US). Ce qui veut dire que la plupart des Jordaniens ne sont pas intéressés par un emploi dans notre secteur.

Que faites-vous pour essayer d'augmenter les salaires dans le textile en Jordanie ? 

Nous avons signé en 2013 une convention sectorielle qui augmentait les salaires de tous les travailleurs – migrants et jordaniens – de 5 dollars jordaniens (7 $US) par an. Cette convention est arrivée à expiration en mai 2015, mais elle est prorogée jusqu'à 2017, lorsque le salaire minimum passera à 120 dollars jordaniens (170 $US) par mois à la fin de l'année.

Mulberry : des sacs à main à 1.000 euros fabriqués en exploitant ses travailleurs

Mulberry tente d’excuser son absence de réaction en disant que des audits ont été menés auprès de ce fournisseur. Cependant, aucun des audits menés auprès de SF Leather n’a jamais consulté le syndicat concerné, Deriteks, un affilié d’IndustriALL. La méthodologie et les résultats de ces audits n’ont pas davantage été rendus publics.

Mulberry dit également qu’un tribunal turc s’est saisi des violations reprochées à SF Leather, et qu’il n’est dès lors pas autorisé à évoquer les détails de l’affaire. Pourtant, les normes internationales du travail en vigueur indiquent clairement qu’entreprise et syndicat peuvent œuvrer conjointement à la résolution d’un conflit même si l’affaire est devant les tribunaux.

Le Secrétaire général adjoint d’IndustriALL Kemal Özkan déclare :

Nous avons dit à Mulberry en juillet que si l’entreprise avait un engagement réel par rapport à ses propres Principes d’Approvisionnement, IndustriALL, conjointement avec son affilié turc Deriteks, proposaient une réunion pour chercher une solution chez SF Leather. À ce stade, cette offre est restée sans suite.

Ces travailleurs qui fabriquent les coûteux produits de Mulberry ont le droit d’adhérer à un syndicat et d’avoir leur mot à dire au travail. Mulberry, vous devez nous rencontrer avec Deriteks pour réparer les dégâts commis chez SF Leather.

Cette affaire risque de constituer un dangereux précédent en Turquie. SF Leather tente de contourner la législation du travail et casser le syndicat par le biais de la “Loi sur le Commerce et le Code des Obligations”. Une jurisprudence par laquelle cette législation commerciale prendrait le pas sur le droit du travail enlèverait dans les faits la protection déjà faible des droits des travailleurs en Turquie.

C’est en vertu de ces dispositions que l’entreprise a mis à mal Deriteks et lui a fait cesser ses activités. L’argumentation de SF Leather consiste à dire que le syndicat a créé une “concurrence déloyale” en syndiquant les travailleurs. C’est sous cette accusation que Deriteks a été traîné dans les tribunaux pénaux pour se voir réclamer un dédommagement pour être à l’origine d’une “concurrence déloyale”.

C’est en vertu de cette législation que les manifestations devant l’usine ont été interdites, que les banderoles syndicales ont été saisies et que le silence radio a été imposé à la presse.

“Mulberry risque maintenant d’être l’enseigne responsable d’avoir sapé la syndicalisation partout en Turquie,” ajoute Özkan.

Signez ici la campagne IndustriALL-LabourStart et écrivez à l’enseigne britannique.

Chevron met dehors les recruteurs syndicaux au Bangladesh

Chevron est actif au Bangladesh au niveau de l’exploration et de l’extraction du pétrole et du gaz. La multinationale d’origine américaine est présente dans le pays depuis neuf ans après avoir fait l’acquisition des activités de Unocal.

Certains des 463 travailleurs de Chevron sont employés là depuis 10 à 20 ans. Sur ces 463, seuls 37 ont des contrats permanents, le reste conservant des contrats temporaires dans certains cas depuis 20 ans. Ceci est contraire à la législation du travail du Bangladesh qui limite l’emploi temporaire à trois mois.

La direction a pendant des années ignoré les requêtes verbales et écrites des travailleurs qui demandaient des changements à leurs inacceptables conditions d’emploi.

Après des années d’oppression et d’intimidation, les travailleurs se sont regroupés en assemblée générale et ont décidé de former un syndicat d’entreprise, en suivant la procédure légale. Ce syndicat des travailleurs de Chevron nouvellement formé a sollicité sa reconnaissance officielle auprès des autorités du travail le 14 avril 2015. Sur les 463 salariés, 218 ont adhéré.

Le 20 mai, 75 salariés ont introduit des dossiers auprès du Tribunal du Travail pour réclamer leur droit à un statut de salarié permanent.

La direction a réagi à l’enregistrement du syndicat de manière agressive. Le 26 mai, la direction a fait appel à la police et aux forces de sécurité pour bloquer le bureau syndical. Les travailleurs ont répliqué à la police en manifestant devant le bureau.

Le jour qui a suivi, le 27 mai 2015, Chevron a placardé une liste de 17 travailleurs licenciés. Celle-ci comprenait les dirigeants fraîchement élus du nouveau syndicat, dont le Président  Saiful Islam, le Secrétaire général Kamaluddin et le Secrétaire responsable du recrutement Hasanur Rahman Manik. Le syndicat a riposté à ce licenciement collectif par des manifestations, une grève de la faim symbolique, une chaîne humaine et une conférence de presse.

Les travailleurs ont ensuite approché la BCEF (Fédération de la Chimie, de l’Énergie et des Industries diverses du Bangladesh), un affilié d’IndustriALL, pour solliciter de l’aide.

Le Président de la BCEF Kutubuddin Ahmed déclare :

Alors que le site internet de Chevron revendique son adhésion à la Charte des Droits de l’Homme des Nations-Unies, il est clair que cet engagement se limite à la mise en ligne de documents.

La BCEF a formulé la revendication suivante auprès de Chevron : réintégration des travailleurs, passage de leur emploi à un statut permanent et autorisation pour les travailleurs de former un syndicat, conformément à la législation du travail du pays.

Chevron a argué qu’il n’était pas responsable du mauvais traitement des travailleurs, prétextant une relation d’emploi triangulaire bidon. Chevron a nié employer ces travailleurs en direct, disant qu’un pourvoyeur de main d’œuvre était leur employeur.

Le Secrétaire général adjoint d’IndustriALL Kemal Özkan a déclaré :

Nous ne laisserons pas Chevron mettre ces travailleurs à la porte en toute impunité. Il était déjà condamnable de les garder sous contrat précaire pendant tant d’années, renvoyer leurs dirigeants élus est scandaleux.

Nouvel espoir pour les salaires dans la confection

IndustriALL Global Union et des représentant(e)s des marques mondiales de vêtements ont rencontré des fournisseurs, des syndicats, des ministères d’État et l’OIT, du 14 au 18 septembre, pour examiner la nouvelle initiative ACT visant l’adoption d’un salaire décent dans l’industrie de la confection.

IndustriALL travaille avec un groupe de 14 marques mondiales et de distributeurs pour transformer la manière dont les entreprises s’approvisionnent en vêtements, avec un soutien à des hausses salariales pour les travailleuses et travailleurs de la confection. Le processus ACT vise à assurer une négociation collective à l’échelle de l’industrie dans les pays produisant des vêtements, en s’appuyant sur une réforme des pratiques d’achat des marques pour assurer la possibilité de verser des salaires plus élevés.

Le Cambodge, dont l’industrie de la confection et de la chaussure détient une valeur de plus de 5 milliards d’USD par an, a été choisi pour être le premier pays dans lequel le processus ACT sera entrepris.

La délégation ACT, comprenant IndustriALL et des représentant(e)s de marques, notamment H&M, Inditex, Primark, C&A et Top Shop, a expliqué le processus dans une série de réunions avec des fournisseurs, des syndicats de la confection, le ministère du Travail et le ministère du Commerce, et l’association des fabricants de vêtements du Cambodge (GMAC).

“Une négociation collective à l’échelle de l’industrie tient les salaires hors de la concurrence, ce qui signifie que les fabriques et ateliers des fournisseurs ne peuvent pas revoir à la baisse les salaires pour gagner de la clientèle,” a dit Jenny Holdcroft, directrice des politiques auprès de IndustriALL.  

“Le soutien des marques dans le cadre de leurs pratiques d’achat signifiera que les fabriques et ateliers seront capables de mieux payer les travailleuses et travailleurs, alors que l’amélioration des conditions de travail, de la productivité et du rendement peuvent également être couverts par un accord à l’échelle de l’industrie.”

La délégation a également eu des discussions techniques avec l’OIT et d’autres groupes d’experts sur le développement d’un système de négociation collective à l’échelle de l’industrie au Cambodge.