De l’espoir pour les travailleurs de Honda au Mexique

Un scrutin organisé de manière légale et transparente chez Honda Mexique représente un pas en avant significatif vers la liberté syndicale au sein de l’usine, conformément aux dispositions de la Convention 87 de l’OIT, ratifiée par le Mexique. Après avoir été notifié que le scrutin se tiendrait le 15 octobre, le Syndicat indépendant des travailleurs de Honda (STUHM) a bon espoir que le changement interviendra.

Bien que la jurisprudence veut que les opérations de vote se déroulent sur terrain neutre de manière à garantir des élections libres, le syndicat indépendant n’a appris qu’avec cinq jours de préavis que celles-ci auraient lieu au sein de l’usine de l’entreprise à Jalisco.

Les dernières nouvelles, datant du 14 octobre, indiquent que le syndicat jaune, le SETEAMI, qui fait partie de la CTM, a directement accès aux travailleurs des trois postes de l’usine. Des travailleurs rapportent que le syndicat de protection SETEAMI les menace en disant que s’ils votent pour le STUMH, l’usine fermera. Le patron de la CTM, Carlos Arias, a fait parvenir un message audio à lire à l’ensemble des travailleurs des trois postes. Dans le même temps, le STUMH ne se voit pas octroyer l’accès à l’usine ou aux travailleurs, ce que lui permet pourtant la loi.

Le STUHM a demandé la présence officielle d’observateurs lors du vote, qui sera assurée par des représentants d’importants affiliés d’IndustriALL Global Union. Ils se rendront à Jalisco pour témoigner des conditions dans lesquelles se tiendra le premier scrutin syndical chez Honda Mexique.

Le Syndicat a appelé le CFCA et le gouvernement mexicain à faire suivre d’effets l’annonce faite par la Secrétaire au Travail et à la Sécurité Sociale, Navarrete Prida, concernant sa volonté de mettre un terme aux contrats de protection. Le syndicat s’est également plaint auprès de l’OIT et d’organisations syndicales nationales et internationales d’irrégularités et d’un harcèlement permanent de la part du SETEAMI, qui détient pour l’instant le droit de négocier collectivement au sein de l’entreprise.

IndustriALL et ses affiliés du secteur de par le monde soutiennent le STUHM et ses adhérents et les assurent de leur solidarité par rapport à leur lutte visant à défendre leurs droits de choisir le syndicat qui les représentera à l’usine Saltillo de Jalisco.

Jyrki Raina, Secrétaire général d’IndustriALL, a une nouvelle fois écrit au Président du CFCA pour lui demander de garantir que le scrutin sera libre et équitable, par le biais d’un vote à bulletins secrets déposés dans des urnes transparentes disposées dans un lieu sûr.

Dans son courrier, Jyrki Raina souligne : “IndustriALL et ses syndicats affiliés vont suivre de près le scrutin. Il va sans dire que l’intégrité et la réputation du Directoire de Honda Mexique et du Gouvernement mexicain sont en jeu.” 

Les travailleurs de LafargeHolcim réclament de bons emplois, sûrs

En Europe, en Asie, en Afrique, en Amérique du Nord et du Sud, les travailleurs et leurs syndicats ont organisé des défilés, des conférences et des réunions pour lancer un message clair et unanime exigeant que LafargeHolcim mette fin à la pratique généralisée du recours au travail précaire dans l'entreprise.

Un emploi précaire, dans de mauvaises conditions, est la cause la plus fréquente des lésions et décès subis sur le lieu de travail. Par ailleurs, il ne suscite guère la loyauté, ce qui fait qu'il est extrêmement difficile de bâtir des relations de travail harmonieuses dans l'entreprise.

En quatre ans, plus de 300 personnes ont perdu la vie en travaillant pour Lafarge et Holcim. Près de 90 pour cent des victimes étaient employées par des sous-traitants ou des tiers.

Après la fusion de juillet 2015, LafargeHolcim s'est engagée à offrir "des lieux de travail sûrs, sains et inclusifs". Elle s'est également donnée pour objectif le "zéro accident mortel" pour ses travailleurs. C'est certainement une belle déclaration, mais il faudrait maintenant que les promesses soient suivies d'actes.

Les syndicats ont également profité du 7 octobre pour mettre en lumière l'insécurité et l'incertitude dans laquelle se trouve les travailleurs quant à leur avenir après la fusion de Lafarge et Holcim.

Lors des défilés et des manifestations, les travailleurs de LafargeHolcim du monde entier ont demandé que l'entreprise :

LAFARGEHOLCIM DOIT RESPECTER LES DROITS DES TRAVAILLEURS !

Le syndicat indien de la démolition navale appelle le gouvernement à ratifier la Convention de Hong-Kong

La Alang Sosiya Ship Recycling & General Workers Association (ASSRGWA) est le syndicat des travailleurs du démantèlement de navires du plus grand chantier naval au monde, celui d'Alang, dans l'ouest de l'Inde.

La lette explique que :

"Atteindre l'âge de 60 ans n'est qu'un rêve pour la plupart des travailleurs (de l'industrie) … c'est pourquoi l'ASSRGWA demande au gouvernement indien de participer à une solution efficace au problème de l'insécurité et de la précarité de la démolition navale et de ratifier d'urgence la Convention de Hong-Kong."

Kan Matsuzaki, Directeur en charge du secteur de la construction navale et de la démolition des navires à IndustriALL, déclare :

"Le réseau des syndicats de la construction navale et de la démolition des navires agit pour faire en sorte que la Convention de Hong-Kong devienne une réalité. Pour qu'elle entre en vigueur, il faut que 12 autres gouvernements ayant une industrie maritime importante la ratifient encore. Les choses progressent et notre campagne se poursuivra jusqu'à obtenir la sécurité dans cette industrie."

Pour le Secrétaire du syndicat, V.V. Rane :

"Nous allons insister fortement sur cette situation pendant la campagne contre le travail précaire du 7 octobre 2015 à Mumbai et Alang."

Vous pouvez consulter les actions menées pendant la campagne en cliquant ici

Les syndicats biélorusses profitent d’une rare opportunité de rassemblement

Après en avoir été empêchés depuis 2011, les syndicats ont enfin reçu la permission de tenir un rassemblement d’une heure ce 7 octobre à Minsk. Cette autorisation a été accordée à quelques jours à peine des élections présidentielles du 11 octobre.

Le travail précaire est prédominant en Biélorussie. En 1999, le Président Lukashenko a adopté le Décret n°29 et depuis, tous les travailleurs du pays ont été obligés de conclure des contrats à durée déterminée d’une durée maximale d’un à trois ans. Ce système a fait passer pratiquement l’ensemble de la population active de Biélorussie à des contrats à court terme, abolissant de fait l’emploi permanent dans le pays et augmentant l’insécurité et l’incertitude pour l’avenir des travailleurs et travailleuses.

Trois des quatre affiliés d’IndustriALL de Biélorussie ont participé au rassemblement de Minsk ce 7 octobre : Le REP (Syndicats des Industries de la Radio et de l’Électronique, le SPM (Syndicat libre des Métallurgistes) et le BNP (Syndicat biélorusse indépendant des Mines, de la Chimie, des Raffineries, de l’Énergie, du Transport, de la Construction et des Secteurs connexes).

Les participants ont adopté une résolution qui revendique que les autorités prennent des mesures “pour mettre immédiatement en chantier une nouvelle politique économique qui puisse résoudre la problématique du chômage, apporte des emplois nouveaux, des hausses de salaire significatives et une modernisation des moyens de production”.

Les syndicats indépendants ont également insisté sur l’abolition de quatre décrets présidentiels tristement célèbres (n° 29, 9, 5 et 3) qui portent atteinte à la dignité humaine des travailleurs et rendent impossible d’atteindre le travail décent.

Il n’y a jamais eu d’examen public ou de concertation sur le décret n° 29, ni sur ceux qui ont suivi les n°9 (2012), 5 (2014) et 3 (2015), qui sapent davantage encore les libertés des travailleurs et travailleuses et, potentiellement, la protection de leurs droits.

En 2015, au niveau de l’Indice CSI des droits dans le monde, la Biélorussie figurait parmi les dix pires pays pour les travailleurs, en compagnie de la Chine, de la Colombie, de l’Égypte, du Guatemala, du Pakistan, du Qatar, de l’Arabie Saoudite, du Swaziland et des Émirats arabes unis.

IndustriALL condamne la terreur et le brutal attentat contre une marche pacifique en Turquie

Le grand rassemblement sous le mot d’ordre “Travail, Paix et Démocratie” et le meeting massif étaient organisés par quatre organisations, DISK (Confédération des syndicats progressistes, KESK (Confédération des salariés des services publics), TMMOB (syndicat des cabinets turcs d’ingénieurs et d’architectes) et TTB (syndicat des médecins de Turquie).

IndustriALL Global Union a quatre affiliés dans la confédération DISK, Birlesik Metal-Is, Lastik-Is, Tekstil et Tümka-Is.

Les deux bombes ont explosé au milieu de la foule alors que les participant(e)s chantaient, dansaient et tenaient des bannières pour demander la fin de la guerre et des droits pour les personnes pauvres qui souffrent. Ces mêmes bannières ont servi à recouvrir les corps des personnes tuées dans la rue.

La police et les forces de sécurité ont utilisé des gaz lacrymogènes et des canons à eau contre la foule qui voulait simplement déposer des fleurs, là où les attentats à la bombe ont eu lieu.

Par deuil et pour protester contre cette atrocité, les syndicats qui avaient organisé l’évènement ont lancé un ordre de grève générale pour les 12-13 octobre.

Les secrétaires généraux de IndustriALL Global Union et de IndustriAll Europe ont écrit une lettre conjointe au Premier ministre Davutoğlu, dans laquelle ils demandent une enquête complète, transparente et indépendante sur cet attentat terroriste:

“Le rassemblement pacifique était organisé pour demander du travail, la paix et la démocratie, et faire entendre la voix des millions de travailleurs et travailleuses au chômage, des salariés du secteur public et des personnes qui souffrent de la pauvreté.”

Et dans sa lettre à DISK le président Kani Beko a dit:

“Nous soutenons totalement la grève générale aujourd’hui et demain pour exprimer notre douleur, pleurer les victimes et condamner cette atrocité.”

“C’est l’attentat le plus meurtrier de l’histoire de la Turquie. Il était dirigé contre un groupe de personnes qui demandaient la paix,” a dit Kemal Özkan, secrétaire général adjoint de IndustriALL Global Union. “Alors que la mémoire des tués du Premier Mai sanglant de 1977 est encore présente dans nos esprits, c’est un nouveau traumatisme pour les travailleurs et travailleuses et pour les syndicats en Turquie. Mais nous ne renoncerons jamais à nos revendications pour la démocratie, les droits de la personne et la paix.”

L'UGTT de Tunisie reçoit le prix Nobel de la paix

Quatre organisations tunisiennes, l'UGTT, l'Union tunisienne de l'industrie, du commerce et de l'artisanat, la Ligue tunisienne des droits de l'homme et l'Ordre national des avocats de Tunisie, vont recevoir le prix Nobel de la paix 2015 pour avoir lancé en 2013 "un processus politique alternatif, pacifique, à un moment où le pays était au bord de la guerre civile, et qui a par la suite garanti les droits fondamentaux pour l'ensemble de la population", selon le comité du prix Nobel de la paix.

Tahar Berberi, le Secrétaire général de la Fédération générale de la métallurgie et de l'électronique, affiliée à l'UGTT, et qui est également membre du Comité exécutif d'IndustriALL, commente la nouvelle en ces termes :

Nous sommes profondément émus et extrêmement fiers. Ce prix reconnaît la tâche ardue accomplie à ce jour et donne l'espoir de poursuivre dans cette voie. Nous remercions tous ceux qui nous ont soutenus, et en particulier des syndicats comme IndustriALL.

J'espère que le prix Nobel de la paix rassemblera tous les acteurs politiques et sociaux pour œuvrer ensemble à la noble tâche consistant à rédiger une société démocratique.

Le Secrétaire général d'IndustriALL, Jyrki Raina, a déclaré pour sa part :

Nous félicitons nos camarades tunisiens pour ce qu'ils et elles ont fait pour leur pays. Cette fantastique annonce montre que les syndicats ont un rôle important dans la mise en place d'une société démocratique et pacifique.

Le 24 décembre 2014, IndustriALL avait tenu son Comité exécutif à Tunis pour exprimer son soutien à l'évolution démocratique du pays, dans laquelle les syndicats jouent un grand rôle.

Invité en qualité d'orateur principal, Houcine Abassi, Secrétaire général de l'UGTT, avait promis de défendre les avancées obtenues par les travailleurs et avait déclaré :

"Les travailleurs sont essentiels dans la lutte pour une Tunisie démocratique. La présence d'IndustriALL dans notre pays adresse à nos syndicats un message de soutien puissant pour l'action qu'ils mènent."

Les syndicats de SKF solidaires quand les temps sont difficiles

Cinquante délégué(e)s et observateurs représentaient quelque 50.000 travailleurs et travailleuses employés par SKF, une multinationale centenaire présente dans 32 pays, spécialisée dans la production de roulements à billes, de joints, de systèmes de lubrification et autres produits technologiques.

Malgré des résultats convenables dans le passé, le groupe procède à des changements structurels qui ont de nombreuses répercussions pour la main-d’œuvre, notamment des pertes d’emploi, principalement chez les employés administratifs.

Le directeur général de SKF, Alrik Danielson, qui assistait à la réunion, a insisté sur le besoin d’une coopération avec les salariés et leurs syndicats. Toutefois, le personnel de SKF dans le monde reste sous pression. Une réponse pourrait être une approche encore plus souple dans le cadre de la législation nationale et du respect des conventions collectives en vigueur, et ici le Conseil syndical mondial, les syndicats nationaux et leurs représentant(e)s travaillent ensemble avec la direction.

D’autre part, les délégué(e)s ont souligné que les travailleurs et travailleuses ne peuvent pas être tenus responsables des erreurs de la direction dans la passé ou de la faiblesse de l’économie mondiale. Les travailleurs et travailleuses et leurs familles ne peuvent pas en supporter seuls la charge.

La réunion s’est tenue dans une atmosphère d’ouverture et de volonté de coopérer pour le bien des salariés et de l’entreprise. Il a toutefois été souligné qu’il ne s’agit pas d’une voie à sens unique. Il faut que chacun y mette du sien et un équilibre doit être trouvé pour que chacun ait sa juste part.

Des représentants de la direction ont fait des exposés sur la situation du groupe SKF et ses stratégies pour l’avenir. Des délégué(e)s de différents pays ont eu des échanges intenses d’informations internes et ont examiné les possibles implications du changement survenu dans la stratégie du groupe.

Les délégué(e)s ont également discuté des similarités et des différences entre les systèmes de flexibilité, notamment en ce qui concerne le temps de travail. Une autre question a porté sur le combat pour un travail décent et l’élimination des conditions d’emploi précaires partout dans le monde.

Au nom du syndicat hôte, IG Metall, Jörg Hofmann, vice-président de IG Metall, a souhaité la bienvenue à Francfort au Conseil syndical mondial SKF.

Les délégué(e)s au Conseil syndical mondial SKF ont également visité l’usine Opel à Rüsselsheim, l’un des plus importants clients de SKF de la région.

Mobilisation massive des affiliés IndustriALL pour dire STOP au travail précaire

Au Sri Lanka, à l’Île Maurice, au Pakistan, en Serbie, au Kenya, au Ghana, en Arménie, en Inde, en Allemagne, en Belgique, au Cameroun, aux États-Unis, au Canada, au Cambodge, en Macédoine, au Pérou, au Brésil, au Bangladesh, au Japon, en Indonésie, au Chili, en Biélorussie, en Russie, à Madagascar, en Australie, en Autriche, en Ukraine… les travailleurs et travailleuses membres de nos affiliés ont fait entendre leurs voix pour dénoncer l’augmentation du travail précaire et les mauvaises conditions de travail de ceux et celles qui y sont soumis.

Au Bangladesh, le Conseil d’IndustriALL pour le Bangladesh a organisé une chaîne humaine de 200 personnes à Dacca pour protester contre le travail précaire.

En Indonésie, différentes actions ont été menées par nos affiliés. Le Comité national des Femmes d’IndustriALL a tenu une manifestation commune à Jakarta en liant cette action à sa campagne en cours en faveur de la protection de la maternité.

Au Japon, en plus d’une série d’actions organisées par les affiliés, les femmes et les jeunes ont montré leur engagement en faveur de l’emploi décent en distribuant des tracts de leurs deux comités afin de promouvoir l’égalité des sexes et le Comité des Jeunes.

Les affiliés d’IndustriALL au Kenya ont mené des actions pour la première fois ce 7 octobre afin d’attirer l’attention sur le travail précaire.

L’affilié mauricien d’IndustriALL, le CMCTEU, en association avec la centrale nationale CTSP, a organisé une manifestation et un débat sur l’Emploi décent et la législation syndicale pour marquer cette journée.

Au Chili, Constramet Chile a remis une lettre au Ministre du Travail pour lui demander de formuler d’urgence un projet de loi visant à limiter l’externalisation. Des délégations syndicales ont rendu visite à des sénateurs et députés qui sont à l’origine d’un projet sur l’externalisation et ont ensuite organisé un séminaire sur ce sujet.

À la fois les réseaux HolcimLafarge et Rio Tinto ont mobilisé leurs membres pour dénoncer l’augmentation du travail précaire au sein de leurs entreprises et les mauvaises conditions de travail que cela entraîne.

Si votre syndicat a organisé des actions autour du thème du 7 octobre mais que vous ne nous en avez pas encore fait parvenir des comptes-rendus ou des photos, vous pouvez les envoyer à [email protected]. Vous pouvez également tweeter en utilisant le hashtag #STOPprecariousWork ou partager vos actions avec nous sur Facebook.

Ce 7 octobre, les salariés de Rio Tinto d’où qu’ils soient revendiquent un travail décent

Des syndicats affiliés à IndustriALL présents sur les sites industriels de Rio Tinto dans 14 pays y participent. Ils forment un réseau syndical qui fait campagne pour changer l’entreprise.

Les revendications communes formulées à Rio Tinto ce 7 octobre sont :

Chaque syndicat du réseau Rio Tinto entreprend différents types d’action pour marquer cette journée, depuis la distribution de tracts sur les lieux de travail jusqu’aux rassemblements de masse. Les syndicats de ces 14 pays ont également envoyé un courrier conjoint à Rio Tinto pour exprimer leurs revendications.

Les travailleurs de Rio Tinto ne sont pas en sécurité au travail. En 2015, la tendance funeste s’est poursuivie avec des décès de travailleurs au Canada, au Chili, en Guinée, en Indonésie, à Madagascar et en Afrique du Sud.

Une autre dangereuse tendance chez Rio Tinto est la quantité croissante de travailleurs externalisés ou sous-traitants qui remplacent du personnel permanent. Cette stratégie revient à mettre en cause la sécurité des travailleurs tout en affaiblissant les droits des travailleurs, leur protection sociale et la responsabilité de l’employeur.

La Journée mondiale pour le travail décent aura été marquée par les actions d’une campagne syndicale au-delà des secteurs et des régions pour exprimer une forte contestation du travail précaire.

IndustriALL a mené récemment une étude sur les travailleurs de Rio Tinto à propos des effets du travail précaire et les résultats étaient édifiants. Ils indiquent que pas moins de 70% de la main d’œuvre est précaire et que cette tendance est à la hausse. Sur l’immense site minier de Grasberg en Indonésie, l’impact du travail précaire a doublé au cours des cinq à dix dernières années.

Des travailleurs permanents sont licenciés et remplacés par des temporaires. Sur les sites d’activité de Rio Tinto en Namibie, ce sont ceux-là même qui ont été mis à pied qui sont rappelés pour se voir proposer des contrats temporaires.

“Vous pouvez vous imaginer combien un tel changement de relation contractuelle peut affaiblir un salarié. Il ou elle est subitement confronté(e) à la perspective du non renouvellement de son contrat en guise de punition pour s’être fait entendre et avoir protesté contre la manière dont il ou elle est traité(e) au travail. Rio Tinto montre encore et toujours son mauvais visage alors qu’il pourrait facilement être le porte-étendard de tout le secteur,” regrette Kemal Özkan, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL Global Union.

Voyez ici le tract de l’action de la Journée pour dire Stop au travail précaire chez Rio Tinto

Téléchargez ici le rapport Rio Tinto : Comment ça marche vraiment.

Les syndicats kazakhs et ukrainiens dans le comité d'entreprise européen d'ArcelorMittal

Les représentants du Syndicat de l'industrie minière et métallurgique Kazprofmetall et du Syndicat des travailleurs de l'industrie minière et métallurgique d'Ukraine, tous deux affiliés à IndustriALL, ont discuté de la structure et des activités des syndicats dans les entreprises d'ArcelorMittal au Kazakhstan et en Ukraine et de l'évolution du dialogue social entre les salariés et l'employeur.

Nataliya Marinyuk, la première Vice-présidente du syndicat local de l'entreprise ukrainienne Kryvyi Rih, a indiqué qu'après son rachat par ArcelorMittal, l'effectif est passé de 54.100 salariés en 2006 à 27.900 en 2015.

En juillet, la direction d'ArcelorMittal Temirtau, première compagnie minière et la métallurgie du Kazakhstan, qui emploie près de 40.000 personnes, a annoncé un plan prévoyant une réduction de 25 pour cent du salaire de tous les salariés, prétextant des difficultés financières résultant d'une baisse de la demande de ses produits. Le Président de Kazprofmetall, Asylber Nuralin, et Jean-Luc Ruffin réclament de l'entreprise qu'elle maintienne le pouvoir d'achat de ses salariés.

Les syndicats d'ArcelorMittal du Kazakhstan et d'Ukraine ont décidé d'adresser à M. Lakshmi Mittal, le P-DG d'ArcelorMittal, un message lui demandant d'autoriser leurs représentants à siéger au comité d'entreprise européen d'ArcelorMittal, au moins en tant qu'observateurs. Jean-Luc Ruffin a promis de communiquer aux syndicats la Charte et les autres documents statutaires se rapportant à l'activité du CEE d'ArcelorMittal. Les affiliés d'IndustriALL ont aussi proposé de conclure un accord-cadre régional entre les syndicats du Kazakhstan et d'Ukraine concernés et la direction d'ArcelorMittal.