IndustriALL et Umicore renouvellent leur accord sur le développement durable

L’accord, qui s’applique à plus de 14.000 salariés d’Umicore de 38 pays, couvre des droits de la personne (y compris la négociation collective et l’égalité des chances), la santé et la sécurité au niveau des conditions de travail et les considérations environnementales.

Le Président Directeur Général d’Umicore, Marc Grynberg, et le Secrétaire général d’IndustriALL, Jyrki Raina, ont signé l’accord à Bruxelles ce 20 octobre. Les syndicats belges membres d’IndustriALL en étaient co-signataires.

IndustriALL a mené de nombreuses missions pour contrôler les activités d’Umicore depuis que l’accord a été conclu par les organisations à l’origine d’IndustriALL, la FIOM et l’ICEM, en 2007.

S’exprimant lors de la signature, Marc Grynberg a déclaré :

“Cet accord réaffirme notre engagement en faveur de la durabilité, au niveau duquel l’implication de tous les salariés d’Umicore joue un rôle clé. Notre dialogue avec IndustriALL tient un rôle important au niveau de notre volonté d’être à l’avant-garde dans tous les aspects de la durabilité.”

Jyrki Raina a ajouté :

“IndustriALL Global Union se félicite de son expérience maintenant longue de huit années dans le contexte de cet accord mondial et nous nous réjouissons à l’idée de la poursuivre dans les années qui viennent. Nous découvrons sur tous les sites d’activité d’Umicore que nous visitons le même niveau d’engagement par rapport à la durabilité que celui obtenu auprès du siège de l’entreprise à Bruxelles. C’est un signe clair pour nous d’une véritable implication de tous.”

Au cours des huit dernières années, des missions conjointes d’IndustriALL avec Umicore ont compris des visites de sites d’activité industrielle d’Umicore comme ceux de Shanghai (Chine), Guarulhos (Brésil), Port Elizabeth (Afrique du Sud), Tulsa (États-Unis), Amsterdam (Pays-Bas) et Subic (Philippines).

En février 2015, IndustriALL a mené une mission conjointe avec Umicore au sein de son usine de Subic Bay aux Philippines. Les investissements industriels de l’entreprise dans cette région excentrée forment une contribution importante à la vie des travailleurs et à l’ensemble des communautés locales. Une visite de l’usine et des réunions avec la délégation syndicale locale ont confirmé qu’Umicore rencontrait pleinement sur le terrain les engagements définis par rapport à la durabilité.

IndustriALL s’est également rendue dans la capitale des Philippines, Manille, où Umicore soutient un projet d’une ONG belge qui fournit à des micro-entreprises une formation et un financement bien nécessaires. Ce projet aide des Philippins à monter leurs propres activités, à créer de l’emploi localement et à se construire une vie meilleure sans avoir à dépendre d’une aide étrangère.

Une campagne de IndustriALL permet un accord avec un fournisseur de Mulberry mais le combat continue

Des indemnités de licenciement considérables ont été accordées aux travailleurs licenciés que SF Leather refusait de réintégrer.

Deriteks, affilié à IndustriALL, est décidé à soutenir les travailleurs et travailleuses de SF Leather pour l’organisation d’un syndicat et pour faire entendre sa voix sur le lieu de travail.

Le 14 octobre, un protocole d’entente entre le syndicat et l’employeur a mis fin à toutes les actions en justice engagées par les deux parties, accepté l’indemnisation des personnes licenciées, et affirmé également l’engagement de SF Leather à respecter les conventions de l’OIT sur la syndicalisation.

Pendant la pause à l’usine le 14 octobre, la direction a présenté les représentants de Deriteks qui ont informé toute la main-d’œuvre de son droit d’adhérer au syndicat sans crainte de représailles.

Toutefois, malgré l’engagement pris dans le protocole d’entente avec Deriteks, la direction n’a pas établi clairement auprès du personnel qu’elle approuvait le droit d’adhérer à un syndicat. L’engagement sera mis à l’épreuve au cours des prochains mois du fait que les travailleurs et travailleuses continuent de se syndiquer.

Le secrétaire général adjoint de IndustriALL Global Union, Kemal Özkan, a précisé ce qui suit:

Deriteks a été reconnu par SF Leather comme son partenaire social, capable de résoudre les problèmes survenant sur le lieu de travail. Les travailleurs et travailleuses de SF Leather doivent maintenant pouvoir adhérer au syndicat Deriteks sans craindre d’être mis à pied. Nous continuons à attendre de Mulberry le respect de tous les droits syndicaux par SF Leather, et  nous porterons une attention toute particulière à cette usine jusqu’à sa syndicalisation

Le président général de Deriteks, Musa Servi, a déclaré:

“Depuis le début de ce processus, nous avons toujours recherché le dialogue et une solution pacifique. Nous avons le devoir de défendre et promouvoir les droits de nos membres. Le syndicat a pour but d’assurer la protection de la valeur et de la dignité du travail, et les conditions de santé et de sécurité dans un milieu de travail réglementé et stable. Je demande à tous nos camarades de SF Leather de nous rejoindre en concluant une convention collective.”

Signez la campagne IndustriALL-LabourStart ici et écrivez à l’entreprise Mulberry au Royaume-Uni. Plus de 11.000 activistes l’ont déjà fait.

Selon la législation turque du travail, il faut que plus de 50 pour cent de la main-d’œuvre adhère à un syndicat pour qu’il puisse être officiellement enregistré. SF Leather a environ 190 salariés.

Le gouvernement britannique doit agir pour sauver sa sidérurgie

Ceci fait suite à l’annonce faite par Tata Steel ce 20 octobre du démantèlement de 1.200 emplois à Scunthorpe et en Écosse.

Le mois dernier, l’un des plus importants sites sidérurgiques du Royaume-Uni, situé à Redcar, a annoncé qu’il allait cesser toute production au bout de près de 100 ans d’existence, ce qui conduit à la perte de 2.200 emplois. Le propriétaire thaïlandais de l’usine, SSI, pointe du doigt la chute des prix de l’acier comme raison de la fermeture du deuxième plus grand haut-fourneau d’Europe.

Dans le même temps, Caparo Industries, une entreprise de produits sidérurgiques basée dans les West Midlands, également annoncé qu’elle allait passer sous administration judiciaire, ce qui affecte 1.700 salariés.

IndustriALL compte trois affiliés britanniques dont les adhérents sont concernés par ces gigantesques pertes d’emploi : Unite the Union, Community et le GMB.

Le Secrétaire général adjoint de Unite, Tony Burke, a déclaré :

“L’horloge tourne pour la sidérurgie britannique. Les annonces des pertes d’emploi faites ces derniers jours devraient sonner le réveil du gouvernement par rapport à son attitude de laisser-faire face à ce pan vital de l’économie britannique. Négliger d’agir sans délai pourrait mener à un effet domino avec des répercussions sur tout le secteur, menant à la perte de davantage d’emplois qualifiés au moment où les entreprises ploient sous l’effet combiné du dumping sur l’acier et des coûts élevés de l’énergie.”

Fernando Lopes, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL précise :

“Des communautés locales seront annihilées par ces pertes d’emploi. Nous appelons instamment le gouvernement à faire tout ce qui est en son pouvoir pour défendre la sidérurgie britannique au moment où elle lutte pour concurrencer le dumping sur l’acier chinois en Europe. Le gouvernement britannique doit soutenir l’industrie sidérurgique en ces temps difficiles plutôt que de rester sur le bord de la route et la laisser mourir.”

En mai de cette année, IndustriALL a adopté une résolution lors de sa réunion de Comité exécutif à Stockholm soutenant les ouvriers de Tata dans leur bataille pour arrêter les réductions dans les pensions. Tata avait menacé de sortir du Plan de pension de la Sidérurgie britannique en avril 2016. Cependant, confrontée à la plus grosse grève nationale en 35 ans, Tata Steel était revenu à la table des négociations. En juillet, les membres des trois syndicats ont voté en faveur de nouvelles dispositions qui maintenaient le plan.

Une grève des gardiens attire l’attention sur un problème mondial chez Rio Tinto

Plus de 100 travailleurs qui assurent la sécurité à la mine d’ilménite QMM de Rio Tinto à Madagascar se sont mis en grève dimanche. Ils protestent contre le licenciement de deux gardiens qui sont des dirigeants du syndicat FISEMA affilié à IndustriALL. Ils demandent également le remplacement d’un cadre qui aurait systématiquement injurié les travailleurs et leurs familles.

Chez Pro’Tech Security, un sous-traitant de Rio Tinto, les gardiens sont traités de manière indigne tout comme les autres personnels de Rio Tinto employés indirectement et de façon précaire à la mine.

“Chez Rio Tinto, le personnel en sous-traitance, gardiens de sécurité, cantine, nettoyage, chauffeurs, à sa mine à Madagascar ont des salaires de misère et un manque de sécurité d’emploi,” a affirmé Eugène Chretien, secrétaire général de FISEMA pour la région Anosy.

“Alors que les salariés directs de Rio Tinto ont une cantine et une clinique décentes, les salariés en sous-traitance doivent manger en plein air dans la poussière et ont une clinique de qualité inférieure. De même, leur équipement de protection individuelle n’est pas toujours remplacé, conformément aux normes de sécurité. C’est particulièrement inquiétant après l’accident mortel survenu en janvier dans la mine,” a ajouté Chretien.

FISEMA a demandé récemment d’avoir une réunion avec Rio Tinto pour examiner la façon d’améliorer le traitement des salariés de Rio Tinto employés indirectement à Madagascar, mais a essuyé un refus de l’entreprise.

L’emploi excessif par Rio Tinto de personnel embauché indirectement avec un statut précaire dans le monde a donné lieu à une protestation mondiale au début du mois.

Les syndicats de Rio Tinto ont organisé une journée mondiale d’action le 7 octobre pour exiger de bons emplois sûrs à la place d’un emploi précaire.

En Islande, le syndicat VM a organisé un rassemblement devant la fonderie d’aluminium de Rio Tinto pour protester contre la menace de fermeture de la fonderie si le syndicat ne permettait pas une augmentation massive de l’externalisation de la main-d’œuvre la moins payée.

En Namibie, le syndicat MUN a manifesté et présenté une pétition à la direction de la mine d’uranium Rossing de Rio Tinto pour que soit mis fin à l’utilisation d’entrepreneurs individuels payés parfois un septième de la main-d’œuvre régulière, les obligeant à travailler plus longtemps avec moins de sécurité dans le travail, ce qui a des répercussions sur les membres du syndicat.

Les syndicats représentant les travailleurs et travailleuses de Rio Tinto dans quatorze pays ont envoyé une lettre au directeur général de Rio Tinto le 7 octobre pour demander de collaborer avec l’entreprise pour aborder ces problèmes.

“La grève des gardiens de sécurité de Rio Tinto à Madagascar est le symptôme d’un problème mondial qui exige une solution mondiale,” a dit Kemal Özkan, secrétaire général adjoint de IndustriALL. “Nous espérons que Rio Tinto répondra positivement à l’offre des syndicats de travailler pour parvenir à une solution.”

Les syndicats de l’automobile du monde entier se rencontrent à Toronto

L’hôte de la réunion était le syndicat UNIFOR, compétent pour le secteur automobile au Canada.

Le Groupe de travail pour l’industrie automobile est le réseau mondial de syndicats et de conseils d’entreprise du secteur. Chacun des réseaux d’entreprise a fait rapport sur son plan de travail concret, généralement focalisé sur le recrutement au sein des usines non-syndiquées et le renforcement des syndicats en les incluant dans les réseaux ad-hoc.

Les participants ont également entendu des rapports circonstanciés sur ce que devraient être la production et la mobilité du futur.

Le rapport consacré à Industrie 4.0 s’est penché sur les défis posés aux syndicats par les véhicules connectés, la conduite autonome et la prochaine génération de processus de fabrication. Il a suscité un débat animé et les participants ont souligné le besoin de préparer tous les syndicats à jouer un rôle actif dans ces évolutions.

Brian Kohler, Directeur de Département d’IndustriALL, a également évoqué la durabilité et le changement climatique, des questions importantes pour l’industrie automobile.

Lors de cette réunion, les syndicalistes ont adopté une résolution pour soutenir leurs collègues mexicains occupés par l’équipementier automobile finlandais PCK dans leurs efforts de syndicalisation. Ils ont aussi fait une déclaration de solidarité envers leurs collègues de Volkswagen pour condamner le scandale de la fraude aux émissions polluantes et exiger que les travailleurs n’aient pas à souffrir de ses conséquences.

Enfin, les participants ont décidé de tenir la Conférence mondiale de l’automobile à Munich, Allemagne, en novembre 2016. 

Protection de la maternité et travail décent

La protection de la maternité est un principe fondamental visant à protéger la santé de la femme et de l’enfant. Les femmes ont besoin d’une allocation en espèces pour couvrir leurs besoins durant le congé de maternité. Sinon, elles reprennent leur travail trop tôt en prenant des risques pour leur santé et celle de leur bébé.

L’agence ONU Femmes estime que 28 pour cent des femmes salariées au monde bénéficient dans la pratique d’un congé de maternité payé. En règle générale, les travailleuses précaires n’ont aucun droit lié à la maternité et ne bénéficient donc pas d’un congé de maternité. Seules les travailleuses permanentes bénéficient d’une protection de la maternité.

Il arrive souvent que des femmes soient encore forcées de s’engager par écrit à ne pas être enceintes pendant deux ans, cinq ans ou même plus. Le cas n’est pas rare où des femmes doivent se faire avorter pour garder leur emploi ou devenir des travailleuses permanentes – comme cela s’est passé en Inde. Les femmes sont encore sujettes à des tests de grossesse avant d’être embauchées, bien que cela soit presque toujours illégal.

Le congé de maternité est souvent régi par la loi, mais la loi n’est pas toujours appliquée. Au Maroc, dès qu’un employeur s’aperçoit qu’une femme est enceinte, elle est souvent licenciée. Dans l’industrie de la confection jordanienne, les travailleuses migrantes qui sont enceintes sont renvoyées chez elles. Au Cambodge, les femmes reprennent le travail trop tôt en raison de leur besoin d’argent, en prenant des risques pour leur propre santé et celle de leur bébé. Même quand les lois existent, des obstacles pratiques empêchent les femmes de réclamer leurs droits.

La négociation collective est un bon outil qui permet d’améliorer les droits de maternité pour les porter au-delà de la réglementation en vigueur. SEM, affilié à IndustriALL en Inde, a par exemple réussi à améliorer le congé de maternité et dépasser les dispositions légales chez L’Oreal. Néanmoins, il faut former davantage de femmes et les faire participer en tant que négociatrices pour empêcher que les revendications des femmes soient mises au rancart dans les négociations. Les préoccupations des femmes doivent occuper une place de premier plan à l’ordre du jour de la négociation collective. Et en outre, les syndicats où dans la plupart des cas les hommes occupent encore une position dominante, doivent commencer à négocier sur des questions autres que celles concernant uniquement les salaires.

L’extension du congé de paternité ou du congé parental aux pères est importante pour parvenir à une véritable égalité. Sinon, les employeurs continueront de discriminer les femmes en âge d’avoir des enfants.

Les prestations de maternité devraient être financées par la sécurité sociale ou sur d’autres fonds publics. Le congé de maternité devrait être de 14 semaines au moins, et le congé de paternité et le congé parental devraient être aménagés pour pouvoir être partagés par les deux parents. Les travailleuses informelles, contractuelles et précaires doivent être couvertes. L’un dans l’autre, nous devons nous battre pour des politiques publiques de protection de la maternité, et pour s’assurer que la société assume ses responsabilités en matière de maternité. La garantie de la protection de la maternité occupait une place de choix à l’ordre du jour de la Charte de l’égalité adoptée en septembre à la Conférence mondiale des femmes de IndustriALL.

Mexique : le syndicat de Honda perd un scrutin très disputé

Une victoire en aurait fait un des rares syndicats indépendants à pouvoir négocier dans une industrie automobile en plein essor dans le pays.

Le 15 octobre, cinq ans après que l'entreprise eut licencié 12 dirigeants syndicaux pour avoir créé un syndicat indépendant, 2.500 travailleurs avaient enfin la possibilité de faire leur choix entre le STUHM et le syndicat jaune en place, le SETEAMI affilié à la CTM.

Une équipe d'une douzaine d'observateurs internationaux envoyée notamment par IndustriALL Global Union et ses affiliés Unifor au Canada, United Autoworkers' Union aux États-Unis, et Los Mineros au Mexique, s'est vu refuser l'accès aux bureaux de vote et tout contact avec travailleurs. Elle était accompagnée de plus de cinquante sympathisants du mouvement syndical indépendant mexicain et de la société civile.

Dès le départ, il est apparu que ce ne serait pas un scrutin équitable, la direction, le comité électoral et le syndicat jaune s'arrangeant pour spolier les travailleurs de leur droit à un authentique syndicat par un procédé bien rôdé dans le système de relations du travail faussé en vigueur au Mexique.

Dans les jours et les semaines qui ont précédé le scrutin, le comité électoral a été incapable de produire une liste d'électeurs fiable et n'a convoqué les électeurs qu'à quelques jours du scrutin. Il a aussi laissé le vote avoir lieu dans les locaux de l'entreprise sans garantie d'un bon déroulement, ce qui a fortement défavorisé le STUHM.

Le jour de l'élection, la direction n'a autorisé les trois représentants du syndicat à accéder aux locaux que très tard, elle n'a pas tenu compte de la décision du comité électoral d'autoriser la présence de trois observateurs et a laissé le syndicat jaune intimider les travailleurs. Le déploiement de forces anti-émeute sur le site, à la demande de la direction, a aussi contribué à tendre l'atmosphère.

Finalement, le STUHM a perdu de peu, avec 44 pour cent des votes validés. Le syndicat a l'intention d'introduire un recours.

Le Secrétaire général adjoint d'IndustriALL Fernando Lopes a félicité le syndicat et les travailleurs pour avoir lutté courageusement et ses nombreux alliés pour leur indéfectible soutien. Il a promis qu'IndustriALL maintiendra son soutien au STUHM et à tout le mouvement syndical indépendant au Mexique.

La syndicalisation nous aide à atteindre nos principaux objectifs

Actuellement, IndustriALL prépare ses plans stratégiques, ses activités et son budget pour 2016. Les présidences des secteurs industriels et les membres du comité exécutif sont consultés, afin que notre organe décisionnel puisse prendre les décisions finales lors de sa réunion en décembre à Phnom Penh, Cambodge.

En vérifiant les plans, je suis heureux de constater combien l’idée de syndicalisation suit son chemin dans tout ce que nous entreprenons.

Le renforcement de la puissance syndicale par la syndicalisation peut nous aider à réaliser nos autres objectifs comme la défense des droits syndicaux face aux infractions, l’obtention d’un salaire décent par tous les travailleurs et travailleuses dans nos secteurs industriels, la limitation de l’emploi précaire grâce à de meilleurs textes de loi et conventions collectives, et la garantie d’avoir des lieux de travail plus sains et plus sûrs.

La syndicalisation signifie recruter de nouveaux membres, conserver les effectifs existants et accroître le nombre de membres actifs plus susceptibles d’entreprendre une action en cas de besoin. Nous voulons avoir des syndicats capables de formuler des revendications salariales et de négocier collectivement, et de mobiliser leurs membres pour atteindre leurs objectifs.

Actuellement, 7 pour cent seulement de la main-d’œuvre dans le monde est défendue par des syndicats libres et indépendants. Et pourtant, IndustriALL a 600 affiliés dans 140 pays. C’est beaucoup trop. En étant divisés, nous restons faibles. Une plus grande unité est meilleure pour nos travailleurs et travailleuses – et c’est possible si les dirigeant(e)s des syndicats assument véritablement leurs responsabilités.

C’est pourquoi nos programmes de création et de renforcement de syndicats en Asie, en Afrique et en Amérique latine mettent l’accent sur la syndicalisation et la réalisation d’une unité et d’une action conjointe de la part de nos syndicats affiliés. Nous insistons en particulier sur la syndicalisation des travailleurs et travailleuses précaires, des femmes et des jeunes.

En 2014, les programmes mis en place par IndustriALL ont aidé directement nos syndicats à recruter 100.000 nouveaux membres. Mais chose plus importante, ils ont permis le renforcement d’une culture de syndicalisation au sein des syndicats. Ce qui a contribué à obtenir des centaines de milliers de nouveaux membres grâce aux programmes menés en propre par les syndicats.

Plusieurs de nos réseaux syndicaux dans de grandes entreprises multinationales ont déjà mobilisé un soutien solidaire pour des campagnes de syndicalisation menées dans des secteurs où les syndicats étaient inexistants. Une action plus concrète portant sur une localisation et un ciblage sera portée à l’ordre du jour.

IndustriALL a négocié 46 accords-cadres mondiaux avec de grandes entreprises, assurant ainsi un niveau élevé de normes de travail pour déjà plus de 10 millions de travailleurs et travailleuses. Nous voulons maintenant utiliser plus systématiquement les accords-cadres mondiaux pour donner aux affiliés la possibilité de syndicaliser les entreprises et leurs fournisseurs.

Dans le secteur du textile et de la confection, notre plus grand secteur avec 60 millions de travailleuses et travailleurs, où le taux de syndicalisation est faible, IndustriALL travaille avec des marques pour assurer le respect du droit des travailleuses et travailleurs à se syndiquer dans les ateliers et fabriques où les marques achètent leurs vêtements. Une attention particulière sera portée au cours des années à venir au travail mené avec des marques comme le groupe ACT, où l’objectif principal consiste à obtenir des salaires décents dans le cadre d’une négociation collective sectorielle et le droit de s’affilier à un syndicat.

La syndicalisation est à la base de notre légitimité pour faire entendre la voix de la classe ouvrière. C’est notre travail à tous et toutes pour que cette voix soit forte et claire.

Jyrki Raina

Secrétaire général

Accord salarial dans le secteur des charbonnages en Afrique du Sud

30.000 membres de l’affilié d’IndustriALL NUM (Syndicat National des Mineurs) étaient partis en grève le 4 octobre comme suite à l’impasse au niveau des négociations qui a mené au conflit. La production de charbon dans toutes les grandes mines, y compris celle des multinationales Anglo American Coal, Exxaro et Glencore a été affectée.

L’accord, auquel le NUM a donné son assentiment de principe, verra les mineurs de fond du premier échelon obtenir des augmentations d’un équivalent de 60 à 80 dollars par mois durant la première année et une hausse garantie de 7,5% au cours de la seconde. Les travailleurs aux salaires plus élevés recevront des augmentations de 5 et 7%.

“Cet accord devrait concourir à apporter de la stabilité dans le secteur au moment où les adhérents du NUM sont confrontés aux défis de l’avenir”, indique Glen Mpufane, Directeur des Mines d’IndustriALL.

Les syndicats australiens à l’assemblée générale d’Ansell: protestation reportée pour une solution au Sri Lanka

Les syndicats TCFUA, AMWU et CFMEU ont remis à plus tard le rassemblement prévu à l’assemblée générale, à la lumière du récent dialogue avec l’entreprise au cours duquel Ansell s’est engagé à travailler ensemble en vue d’une solution au Sri Lanka. Environ 290 salariés d’Ansell Lanka ont été injustement mis à pied pour des activités syndicales en 2013 et leur réintégration est nécessaire pour trouver une solution au conflit.

Les quatre participant(e)s à l’assemblée générale étaient Michele O’Neil (TCFUA), Andrew Dettmer (AMWU), Lorraine Usher (CFMEU) et Peter Colley (CFMEU).

Les syndicats ont clairement indiqué que leurs campagne se poursuivra jusqu’à l’arrêt des infractions au Sri Lanka. Le groupe de syndicats a informé les actionnaires de l’inquiétante tendance conflictuelle et des mauvaises relations de travail chez Ansell au Brésil, en Inde, en Malaisie et au Portugal.

Michele O’Neil, représentant les syndicats australiens et IndustriALL Global Union, a pris la parole à l’Assemblée générale et déclaré:

“Les syndicats apprécient les efforts déployés récemment par l’entreprise pour parvenir à une solution au conflit. Cependant, nous voulons obtenir le plus rapidement possible des progrès pour un solide mécanisme de réintégration de ces 290 travailleurs et travailleuses qui veulent reprendre le travail dans l’entreprise.

Nous souhaitons que la “Protection Ansell” s’applique non seulement à vos produits mais aux droits des travailleurs et travailleuses qui les fabriquent.”

Andrew Dettmer de l’AMWU a demandé:
“Une part importante de la main-d’œuvre dans de nombreuses installations de l’entreprise est syndiquée. Quels processus l’entreprise mettra-t-elle en place pour s’assurer que les conflits du travail sont, soit évités soit résolus de bonne heure, par un engagement actif avec les syndicats représentant vos travailleurs et travailleuses?”

Répondant à un communiqué et une question du syndicat, la direction d’Ansell s’est engagée à avoir une réunion avec l’affilié de IndustriALL, FTZGSEU, au Sri Lanka en novembre. La haute direction s’est également engagée à continuer de travailler avec les syndicats pour parvenir à une solution juste.

Le secrétaire général de IndustriALL, Jyrki Raina, déclare:
“Ansell sait que nous ne partirons pas tant que nos membres au Sri Lanka ne seront pas traités avec le respect auquel ils ont droit. Nous respectons l’engagement de l’entreprise à travailler avec nous. Mon message à l’entreprise est le suivant: faisons ensemble d’Ansell une bonne nouvelle, avec de bons produits fabriqués dans de bonnes conditions, et un véritable dialogue social pour régler les conflits avant qu’ils ne s’aggravent.”