Le Groupe d’Action d’IndustriALL sur la construction navale et la démolition des navires se réunit à Chittagong et renouvelle son engagement envers la campagne mondiale

Satoshi Kudoh, co-président de la section, a ouvert la réunion par un débat sur la résolution adoptée lors de la Conférence mondiale de l’an dernier par laquelle tous les syndicats du secteur s’engageaient à faire pression sur leurs gouvernements respectifs pour la ratification de la Convention internationale de Hong Kong pour le recyclage sûr et écologiquement rationnel des navires. La convention améliorerait de manière spectaculaire la vie des travailleurs des chantiers de démolition navale.

Environ 20.000 personnes sont occupées par la démolition des navires à Chittagong, qui est la deuxième plus importante zone pour cette activité après Alang en Inde. Le Groupe d’Action a visité le chantier Four Star à Sitakunda, l’un des 194 existants au Bangladesh.

Le leader du syndicat de la démolition de navires du Bangladesh, Nazim Uddin s’est adressé à l’assemblée par ces mots :

Dans notre pays, les employeurs ne jurent que par 100% de bénéfice, mais avec 0% de respect pour la sécurité.

Les travailleurs sont amenés sur les chantiers par des sous-traitants au départ des régions rurales du nord du Bangladesh et ensuite renvoyés sans même avoir vu la ville de Chittagong.

Le gouvernement retarde souvent l’enregistrement des syndicats.

Les travailleurs des chantiers de démolition ont des conditions de vie misérables. Ils sont payés à la journée ; donc pas de travail, pas de salaire. Ils n’ont pas du tout de congés payés, pas de primes, pas de gratifications, aucune garantie d’embauche. Huit travailleurs ont été tués ici au cours des deux derniers mois. Les employeurs ne versent aucune indemnité à la famille des travailleurs tués. La Haute Court a estimé que chaque famille de travailleur tué devrait recevoir une indemnité de 500.000 Taka (US$ 6.400), mais les employeurs ne respectent pas cette disposition.

L’assemblée a entendu des rapports sur les efforts de lobbying qui sont entrepris de la part de syndicats du Japon, d’Australie, d’Allemagne, du Danemark, de Norvège et d’Inde pour amener à la ratification de la Convention de Hong Kong. Consultez ici ces rapports sur la page web de la campagne. Des syndicats forts du secteur de la démolition navale sont aux côtés des travailleurs concernés, par solidarité et parce qu’une démolition navale soutenable est nécessaire à une industrie durable de la construction navale.

Les statistiques générales pour la démolition navale en 2014 sont :

Inde 29,8%
Bangladesh 24,2%
Chine 21,9%
Pakistan 18%

V. V. Rane, Vice-Président de la section et leader du plus grand syndicat de la démolition navale à Bombay et Alang, en Inde, a déclaré :

“Il est important que nous soyons ici à Chittagong. Par nos visites sur les chantiers, nous envoyons un message aux travailleurs de la démolition navale du Bangladesh : nous sommes avec vous.”

La démolition navale enregistre pour le moment une récession en raison du ralentissement économique de la Chine qui a amené sur le marché d’énormes quantités d’acier chinois à bon marché, faisant baisser les prix si bas que la démolition des navires n’est pas rentable. Cette récession devrait durer cinq ans. Cependant, il est certain que le secteur va croître à nouveau après cela, car il y a plus de navires sur les mers que jamais auparavant.

Le Secrétaire général adjoint de l’AMWU (Australie), Glenn Thompson, a fait rapport sur la campagne de son syndicat en vue de maintenir le secteur de la construction navale en bonne santé en Australie. Des panneaux d’affichage Sous-marins = Emplois sont achetés par financement participatif dans la ville d’Adélaïde.

Kan Matsuzaki, Directeur d’IndustriALL pour le secteur de la construction navale et la démolition des navires indique :

Nous sommes engagés en faveur d’action fortes au plan mondial pour soutenir la Convention de Hong Kong. Mettre cette norme internationale en place en Asie du Sud changerait bien des vies. IndustriALL collabore aussi avec ses affiliés d’Asie du Sud pour susciter des syndicats plus forts au sein des chantiers de démolition navale. Les mêmes conditions de travail inacceptables que nous voyons ici à Chittagong étaient présentes sur les chantiers indiens avant que nos affiliés n’en syndiquent les travailleurs.

Les délégués à la réunion du Groupe d’Action ont réaffirmé leur engagement dans l’action mondiale pour la ratification de la Convention de Hong Kong, en faveur du renforcement des activités sur la santé et la sécurité professionnelles et de la promotion de politiques industrielles durables, dans la lignée du plan d’action de la section d’industrie pour 2015-2016.

Les délégués ont décidé de tenir la prochaine réunion du Groupe d’Action en Australie-Occidentale en novembre 2016.

Appel à candidatures pour le prix Arthur Svensson

Ce prix a été mis en place par l’affilié norvégien d’IndustriALL Industri Energi en l’honneur d’Arthur Svensson (1930-2008), l’un des plus proéminents dirigeants du mouvement syndical norvégien, qui a eu un impact profond sur la société en étant à l’origine de meilleures conditions de vie pour les travailleurs norvégiens.

Le lauréat se verra décerner son prix à Oslo, en Norvège, en juin 2016.

Les syndicats devront présenter leurs candidats avant le 31 décembre 2015. Les organisateurs prendront en compte une personne ou une organisation qui a œuvré spécifiquement dans le domaine de la promotion des droits syndicaux et/ou du renforcement de la syndicalisation.

Les contributeurs doivent définir clairement qui propose le candidat et fournir des arguments pour soutenir cette candidature. Il devra y avoir également une explication concernant la façon dont le ou la candidat(e) est lié(e) à l’organisation qui soumet la candidature. Les candidatures peuvent être soumises en norvégien, anglais, français ou espagnol.

Les candidatures doivent être adressées au Secrétaire du comité, Espen Løken (Industri Energi), par courriel : [email protected], ou par le biais du formulaire de candidature en ligne sur le site internet du Prix Arthur Svensson : http://www.svenssonprize.com/nomination/.

L’an dernier, le prix Arthur Svensson a été attribué aux dirigeants de la BTA (Association des Enseignants de Bahreïn), Mahdi Abu Dheeb et Jalila al-Salman, qui ont été emprisonnés, torturés et humiliés en 2011 pour avoir encouragé des grèves dans l’enseignement.

Les lauréats des éditions précédentes sont Napoleón Gómez Urrutia, Secrétaire général de Los Mineros, le Syndicat national des Mineurs et des Métallurgistes du Mexique (2014); le dirigeant syndical russe Valentin Urusov (2013); la Coalition syndicale démocratique des travailleurs cambodgiens du vêtement (2012); Shaer Sae’d, dirigeant de la Fédération générale des travailleurs palestiniens (2011) et Wellington Chibebe, dirigeant du Congrès des syndicats du Zimbabwe (2010).

Pour plus d’information visitez le site www.svenssonprize.com

IndustriALL Global Union et H&M signent un accord-cadre mondial

Cet accord-cadre mondial novateur (ACM) marque un nouveau niveau d’engagement en faveur des droits fondamentaux des travailleuses et travailleurs dans la chaîne d’approvisionnement de H&M. Il s’applique à 1,6 million de salariés de la confection employés dans environ 1.900 ateliers et fabriques appartenant aux fabricants auxquels H&M achète les produits.

L’accord se base sur la conviction partagée que la collaboration est cruciale entre les parties sur le marché du travail pour obtenir des améliorations durables pour les travailleuses et travailleurs de la confection et pour l’établissement de bonnes relations industrielles.

Le secrétaire général de IndustriALL, Jyrki Raina, l’un des architectes de l’Accord sur les mesures de sécurité qui ont trait aux incendies et aux bâtiments au Bangladesh, signé en premier par H&M, dit au sujet de l’ACM:

“Cet accord ouvre un nouveau chapitre passionnant des relations entre IndustriALL Global Union et H&M. Il cimente la voie menant à une industrie de la confection viable avec une main-d’œuvre syndiquée, des relations patronat-salariés constructives, des salaires décents fixés par des conventions collectives sectorielles, et des lieux de travail sûrs.”

Le directeur général de H&M, Karl-Johan Persson, dit:

“Des relations industrielles efficaces, notamment dans le domaine de la négociation collective, sont déterminantes pour obtenir des salaires décents et une amélioration des conditions de travail dans notre chaîne d’approvisionnement. Nous estimons que la collaboration avec IndustriALL et IF Metall contribuera à notre travail déjà en cours dans ce domaine, et nous aidera également à créer des marchés d’approvisionnement stables.”

L’accord prévoit la création de comités nationaux de contrôle, dans un premier temps pour des pays comme le Cambodge, le Bangladesh, Myanmar et la Turquie, pour protéger l’application de l’accord à partir du lieu travail jusqu’en haut, et pour faciliter un dialogue entre les parties en présence sur le marché du travail.

La collaboration vise également à promouvoir un dialogue efficace entre les employeurs et les salariés de façon à résoudre les conflits sans violence, en premier lieu dès leur apparition sur le lieu de travail.

Le président d’IF Metall, Anders Ferbe, dit:

“L’accord met en place un système unique de comités constitués par les parties en présence sur le marché du travail, au niveau national ainsi qu’au niveau international. L’application de l’accord, en premier lieu dans la communication et la formation des syndicats et de leurs membres, chez les fournisseurs et dans les associations patronales, mais également auprès des employeurs dans les ateliers et fabriques où il n’y a pas de syndicat, sera la tâche la plus importante.”

L’ACM établit que

Accords-cadres mondiaux

Les accords-cadres mondiaux (ACM) protègent les intérêts des travailleurs et travailleuses employés dans toutes les activités des entreprises multinationales signataires

Les ACM sont négociés au niveau mondial entre les syndicats et les entreprises. Ils établissent les meilleures normes possibles en matière de droits syndicaux, de santé et de sécurité, et sur les principes de relations de travail auxquels l’entreprise se conforme dans ses activités mondiales, indépendamment des normes en vigueur dans un pays donné.

Indonésie – actes de violence contre une manifestation syndicale

Le 30 octobre, 35.000 personnes, selon les estimations, se sont rassemblées devant le palais présidentiel à Jakarta pour exprimer leur mécontentement avec le nouveau système qui laisse les travailleurs et travailleuses sans aucune influence sur la fixation du salaire minimum.

La police a utilisé des canons à eau et des gaz lacrymogènes pour tenter de disperser la foule. Plusieurs travailleurs qui refusaient d’abandonner la manifestation pacifique ont été embarqués dans des cars de police et roués de coups.  

Sur les 25 personnes arrêtées, sept sont membres de l’affilié de IndustriALL Global Union, le FSPMI. Après avoir été interrogées, elles ont toutes été remises en liberté le lendemain 31 octobre.

Jyrki Raina, secrétaire général de  IndustriALL dit:

“C’est un grand pas en arrière pour l’Indonésie et son processus démocratique. Refuser aux travailleurs et travailleuses le droit de manifester pacifiquement contre le nouveau système de salaire minimum, qui limite dans les faits l’influence syndicale, est totalement inacceptable.

“Nous demandons instamment au gouvernement de retirer la nouvelle réglementation qui met fin à la participation des travailleurs et travailleuses au processus de fixation du salaire minimum, et enfreint les conventions 87 et 98 de l’OIT.”

Les centrales syndicales indonésiennes KSPI (FSPMI, Farkes, SPN,KEP, ISI), KSPSI (cemwu), KSBSI (Lomenik, FPE, Garteks) FSBI, KPKPBI, FBLP,SBSI 92, PGRI, sont solidaires pour:
·      refuser la réglementation du gouvernement (PP NO 78/2015) sur la fixation du salaire minimum, sans la participation des travailleurs et travailleuses
·      refuser la formule du nouveau salaire minimum basé seulement sur le PIB et la croissance économique (moins de 10 pour cent)
·      exiger une augmentation de 22 pour cent du salaire minimum en 2016 ou 500.000 IDR (36 USD) 

Les affiliés d’IndustriALL en Afrique de l’Ouest combattent le travail précaire

Les affiliés africains font état de victoires concrètes depuis des années. Les participants d’une réunion sous-régionale tenue au Togo en octobre ont souligné que l’une des réalisations principales de ce projet avait été d’accroître la sensibilisation sur le travail précaire en tant que problématique à laquelle il est fondamental de répliquer.

Des affiliés du Togo, du Burkina Faso et du Sénégal ont relaté la conversion d’environ 950 travailleurs journaliers ou à durée déterminée en salariés permanents en 2015. au Togo, les affiliés ont organisé des journées d’action au sein d’entreprises ciblées pour obliger la direction à respecter les conventions négociées avec les syndicats sur la régularisation de ces travailleurs. Ces avancées avaient été négociées dans la foulée de formations dispensées aux affiliés sur les stratégies de négociation collective destinées à limiter le travail précaire.

En parallèle, les affiliés ont également mené ou pris part à des actions pour améliorer la législation de sorte à stopper l’expansion du travail précaire. Les affiliés du Burkina Faso sont en train de négocier un nouveau code des mines.

Au Sénégal, les affiliés travaillent à un meilleur respect de la législation sur le travail précaire. Ils ont lancé une campagne contre la violation de la législation sur le recours au travail journalier et saisonnier.

Cette campagne est une action commune au Syndicat National des Travailleurs des Industries Chimiques et Activités Rattachées du Sénégal (SYNTICS), au Syndicat National des Travailleurs des Industries de la Confection (SNTIC) et au Syndicat Unique des Travailleurs des Industries Diverses du Sénégal (SUTIDS). Ces syndicats se joignent à d’autres, non affiliés à IndustriALL, ainsi qu’à des centrales syndicales du Sénégal.

Au Togo, Burkina Faso et Sénégal, existe un usage abusif des contrats journaliers et à durée déterminée. De plus, même si l’externalisation est interdite dans les activités de production, des travailleurs intérimaires ou sous-traitants sont occupés côte à côte sur des lignes de production avec des travailleurs permanents à la relation d’emploi directe.

Avant de lancer des campagnes de syndicalisation et de négociation collective, les affiliés de ces trois pays ont établi une cartographie détaillée de la situation du travail précaire au sein d’entreprises cibles. Cela a montré que dans certaines compagnies minières du Burkina Faso et entreprises chimiques du Sénégal, l’ensemble de la main d’œuvre était composée de travailleurs temporaires ou en sous-traitance.

Les travailleurs précaires effectuant des opérations dangereuses sont rarement payés pleinement au taux majoré qui y correspond. Leurs salaires sont inférieurs à ceux des travailleurs permanents et ils ne sont bénéficiaires d’aucune prestation sociale.

De nombreux travailleurs des industries minières du Burkina ou du Togo ne possèdent même pas de contrat écrit officiel, n’ont pas de congés payés et ne sont pas payés pour les tâches de maintenance, sachant qu’ils sont rémunérés en fonction des quantités qu’ils produisent. Les syndicats dénoncent un véritable système d’exploitation.

“Mais la lutte contre le travail précaire est un combat incessant. Chaque victoire est remise en cause par les employeurs,” confie Fernando Lopes, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL.

La Fédération des Industries du Togo a parlé du cas d’une entreprise minière où la direction avait, en réaction à une campagne de syndicalisation menée par cet affilié d’IndustriALL, mis à la porte tous les recruteurs. Toute la main d’œuvre a été remplacée par des sous-traitants qui effectuent les mêmes tâches qu’auparavant. Le syndicat n’abandonne pas et a porté l’affaire devant la justice.

Le projet sur le travail précaire en Afrique sub-saharienne, préalablement soutenu par le SASK, est maintenant cofinancé par les affiliés d’IndustriALL FNV, CSC-BIE et CFDT-FCE

Victoire du SME après six ans de campagne

"La campagne a eu lieu devant les tribunaux et dans l’arène politique, et a pris fin avec la signature d’un accord avec le gouvernement fédéral le 7 octobre 2015. L’accord transmet le contrôle de la capacité de production d’électricité à Fénix, une entreprise constituée par le SME et l’entreprise portugaise Mota Engil”, a expliqué Martín Esparza Flores, secrétaire général du syndicat.

En 2009, plus de 44.000 travailleurs et travailleuses de l’industrie électrique ont perdu leur emploi après l’intervention violente de la force armée et de la police qui les a chassés de leurs postes de travail dans l’entreprise électrique d’État, Luz y Fuerza del Centro, à la suite de l’adoption illégale d’un décret présidentiel. Depuis lors, 16.599 membres du SME ont combattu pour obtenir la reconnaissance de leurs droits.

Finalement, après six ans de campagne, le SME a remporté une importante victoire avec la décision du gouvernement fédéral de transmettre le contrôle de 14 centrales hydroélectriques et de la centrale thermique J. Luke à Necaxa, Puebla, et à Tepuxtepec, Michoacán.

"Je me réjouis de revenir à Necaxa et de retrouver mon bleu de travail. Les travailleurs et travailleuses ont des sentiments mitigés pour retourner dans les installations dans lesquelles nous avons toujours travaillé”, a dit Flores.

Tout en transmettant les centrales hydroélectriques, le gouvernement remet également au SME 40 bâtiments, usines et ateliers pour assurer la maintenance des centrales électriques. Le syndicat a enregistré une convention collective nationale au Conseil fédéral de conciliation et d’arbitrage (JFCA). Le démarrage de l’activité à Necaxa est une étape importante, mais le SME continuera de réclamer des emplois pour tous les salariés qui ont été concernés par le combat syndical.

Fernando Lopes, secrétaire général adjoint de IndustriALL Global Union a commenté en termes suivants la victoire du SME:

Le combat mené par le SME est exemplaire.  IndustriALL est fière d’avoir soutenu le syndicat depuis le début et célébrera donc cette importante victoire qui signifie des milliers d’emplois et la survie d’un syndicat indépendant. Vive Fénix, vive le SME, vive le combat syndical!

Tous ensemble, les travailleurs de la chimie sont plus fort en Amérique latine

Il est essentiel que les salariés soient syndiqués par secteur avec de puissants syndicats nationaux et sectoriels ou avec des conventions collectives d’entreprise et un dialogue social pour promouvoir de bonnes relations de travail et un développement durable,

a déclaré le secrétaire général adjoint de IndustriALL, Kemal Özkan, à l’ouverture de la réunion.  

La réunion a eu lieu à São Paulo, Brésil, les 8 et 9 octobre, dans les bureaux de la FEQUIMFAR, affiliée à IndustriALL. Les délégué(e)s ont évalué la viabilité de l’industrie chimique et les défis et possibilités auxquels elle fait face par rapport au mouvement syndical d’Amérique latine et de la syndicalisation dans ce secteur aux niveaux régional et mondial.

IndustriALL vise à établir une communication régulière entre tous les affiliés du secteur pour faciliter le partage d’une information sur les défis communs, la solidarité et les campagnes sectorielles dans différents contextes. Les travailleurs et travailleuses font face à des menaces sur leurs droits fondamentaux, notamment le droit à la négociation collective, alors qu’ils sont nombreux à avoir des emplois précaires; aussi les syndicats doivent se renforcer et négocier des contrats collectifs d’emploi nationaux et mondiaux basés sur des accords-cadres mondiaux.

Les délégué(e)s ont convenu de se concentrer sur le renforcement du secteur et la création de réseaux au niveau de l’entreprise pour rassembler les travailleurs et travailleuses et leurs syndicats dans les différents pays. Cela les aidera à comprendre la diversité du contexte dans lequel opère le mouvement et les encouragera à travailler ensemble. 

Les délégué(e)s ont également examiné un Plan d’action pour le secteur comportant des stratégies et des activités destinées à améliorer le dialogue tripartite avec les entreprises, les gouvernements et l’OIT. Ils ont également soutenu le Plan d’action de IndustriALL, qui vise à poursuivre la syndicalisation du secteur et qui inclut une deuxième réunion régionale du secteur en Amérique latine et les Caraïbes en 2016.  Il a été convenu d’œuvrer pour accorder davantage d’autonomie aux travailleurs et travailleuses et promouvoir le travail décent, la justice et le dialogue social dans les sociétés dans lesquelles les salariés travaillent.

Nous voulons discuter des problèmes qui nous touchent. Le secteur possède des caractéristiques très particulières : il est très dynamique et se développe rapidement. Cette réunion nous fournit la possibilité de nous connaître, de voir ce que chacun prévoit de faire et de trouver ce qui se passe dans chaque pays. Nous pouvons expliquer nos problèmes et analyser ensemble les difficultés auxquelles nous sommes confrontés, explorer les différences ainsi que les similarités. La chose la plus importante est d’examiner ce que nous allons faire avec les problèmes auxquels nous faisons face

a dit Jorge Almeida, secrétaire régional de IndustriALL.

Numsa déclenche une grève dans l’acier

La grève de 24 heures avait été déclarée légale à la suite de l’admission du litige auprès du  Conseil national du développement économique et du travail (NEDLAC), forum tripartite du dialogue social en Afrique du Sud. Les revendications concernant la crise de l’emploi en Afrique du Sud portaient sur l’impasse dans le dialogue sur la nécessité d’une protection et d’un soutien dans le secteur de l’acier.

Numsa a demandé que soit utilisé de l’acier produit et fabriqué localement plutôt que de l’acier importé pour les constructions répondant à l’infrastructure décidée par le gouvernement, notamment pour les programmes d’investissement des entreprises d’État. Le syndicat veut une approche stratégique dans l’acier dans le cadre des projets d’infrastructure stratégique du gouvernement (SIPs) pour servir de levier à l’attribution des marchés publics au niveau local.

Numsa a également continué de se prononcer contre le ‘prix de parité à l’importation’ (IPP) et pour des prix justes basés, dans une certaine mesure, sur un prix réglementé de l’acier. Le syndicat veut que le gouvernement sud-africain fasse faire des progrès à sa stratégie de valorisation, notamment en interdisant les exportations de ferrailles du fait que la moitié de toute la matière première employée dans l’acier est actuellement importée.

Numsa a demandé au gouvernement d’instaurer un comité tripartite de crise de l’acier de haut niveau regroupant tous les partenaires du gouvernement, du monde du travail et de l’industrie pour élaborer des interventions à court et long termes dans le but d’assurer la viabilité de l’industrie et des emplois.

La grève qui portait également sur des demandes plus générales concernant la corruption, a bénéficié du soutien populaire des nombreuses personnes qui ont rejoint solidairement Numsa pour attirer l’attention du gouvernement sur une série de questions brûlantes.

Colombie : la sécurité du militant syndical Francisco Ramirez Cuellar doit être assurée !

Francisco Ramirez Cuellar est membre du Comité exécutif national de FUNTRAENERGETICA et a mené le processus qui a conduit à faire condamner la compagnie minière originaire des États-Unis Drummond pour son implication dans l’assassinat et le déplacement de milliers de Colombiens.

Alors qu’il a déjà échappé à huit tentatives d’attentat sur sa personne, IndustriALL demande au gouvernement colombien de protéger la vie de Cuellar et d’identifier ceux qui sont responsables des attaques et des menaces à son égard. Le gouvernement devrait prendre des mesures immédiates pour dissoudre les groupes paramilitaires, conformément aux recommandations répétées des Nations Unies.

IndustriALL demande à la Commission interaméricaine des droits de l’homme de s’assurer que le gouvernement prend bien les dispositions nécessaires pour assurer la sécurité de Cuellar.

Drummond doit immédiatement abandonner les accusations de diffamation portées à l’encontre de Cuellar et donner des garanties qu’il ne va cautionner aucune menace ou acte violent contre lui.

Aidez-nous à faire passer le message que Cuellar doit être protégé en cliquant sur l’onglet “Agissez” à droite de cette page !

Nouveaux décès de travailleurs de la démolition des navires au Bangladesh

Cet accident est survenu à la S.R. Corporation, une des plus grandes entreprises de démantèlement de navires au Bangladesh.

Pendant le démantèlement d'un navire, des travailleurs de S.R. Corporation découpaient une bouteille de gaz lorsque celle-ci a explosé.

Les blessés ont été évacués vers l'hôpital le plus proche, mais les médecins n'ont pas pu les sauver tant leurs brûlures étaient graves.

Les trois victimes ont pour nom Rusel, Kairul et Aminul. Tous trois étaient employés comme oxycoupeurs.

Pour le Directeur du secteur de la construction navale et la démolition des navires d'IndustriALL, Kan Matsuzaki :

Le décès d'un travailleur peut être évité, quel qu'il soit. Chaque fois qu'un travailleur d'un chantier de démantèlement perd la vie, ce décès renforce notre détermination à mener campagne pour la ratification de la Convention de Hong-Kong. Lorsque nous aurons atteint notre but, les vies des travailleurs de l'industrie la plus dangereuse au monde vont changer.

La Fédération (BMF) et la Ligue (BML) des travailleurs de la métallurgie du Bangladesh, toutes deux affiliées à IndustriALL, ont questionné l'employeur et les autorités locales pour s'assurer que les familles des victimes soient convenablement indemnisées.

Le mois dernier déjà, le 5 septembre, quatre travailleurs étaient décédés à la suite de l'explosion d'une bouteille de gaz au chantier naval Shital à Chittagong. Ce genre d'accident mortel est la conséquence de l'absence généralisées de procédures adéquates, d'infrastructures inadaptées, d'une formation insuffisante et du non-respect des normes de sécurité.