Un travailleur meurt chaque mois chez le plus grand constructeur naval du monde

Au total, 16 travailleurs ont trouvé la mort dans 15 incidents séparés survenus entre mars 2014 et septembre 2015, ce qui équivaut pratiquement à un décès par mois.

Des militants locaux se joindront aux syndicalistes coréens à l’occasion d’une marche de protestation et d’une cérémonie de commémoration pour les victimes, le mardi 17 novembre à 13 heures, à la Chaise Cassée de l’ONU, Place des Nations, à Genève.

Des travailleurs sont morts broyés, noyés après être passés par-dessus bord, voire étranglés par leur propre équipement.

Le fait que tous les travailleurs morts étaient employés par des sous-traitants reflète la politique de « risk-outsourcing » ou externalisation du risque pratiquée par HHI.

HHI refuse d’assumer sa part de responsabilité pour les travailleurs contractuels morts en dépit du fait que les employés et les tâches qu’ils exécutaient étaient supervisés par HHI.

Paradoxalement, les contributions d’HHI aux assurances contre les accidents du travail ont baissé de près de 87 millions USD au cours des cinq dernières années, au motif que les victimes travaillaient pour des sous-traitants d'HHI et non pas directement pour HHI.

« HHI abuse de cette faille pour se soustraire à sa responsabilité légale mais elle ne peut pas fuir sa responsabilité morale », a indiqué Chang-min Ha, président de la section locale du syndicat Hyundai Heavy Subcontractor Workers, qui représente les travailleurs en sous-traitance sur les chantiers navals d’HHI et ses filiales. « Seule Hyundai est en mesure d’améliorer les conditions de travail sur ses chantiers navals. »

La délégation, qui inclut des membres du syndicat local des sous-traitants d’HHI assisteront au Forum pour dénoncer le palmarès catastrophique d’HHI sur le plan de la sécurité et de l’hygiène et appeler instamment les entreprises concernées à reconnaître leur responsabilité, en tant qu’acheteurs, de protéger les droits humains des travailleurs dans les chaînes d’approvisionnement mondiales, et plus particulièrement chez les sous-traitants.

La délégation rencontrera également le président de la Commission nationale des droits de l’homme de Corée, Lee Sung-ho, qui s’adressera au Forum de l’ONU.

Le syndicat des travailleurs des sous-traitants d’HHI est affilié à IndustriALL Global Union à travers la centrale syndicale nationale Korean Metal Workers’ Union (KMWU). La KMWU prévoit de déposer une plainte officielle auprès de la Commission, mettant en exergue les conditions de travail dangereuses et les atteintes aux droits syndicaux chez HHI.

HHI refuse de reconnaître le syndicat local des sous-traitants et s’acharne à miner ses activités légitimes. HHI appelle, notamment, ses sous-traitants à licencier et mettre sur liste noire les militants syndicaux pour empêcher ces derniers de décrocher un emploi chez d’autres sous-traitants ou s’arrange pour fermer les sous-traitants chez qui il y aurait une trop forte présence syndicale.

Bien que la justice coréenne ait jugé HHI coupable de pratiques du travail déloyales et l'ait appelée à répondre des conditions de travail des travailleurs en sous-traitance, le gouvernement coréen a jusqu’ici fermé les yeux alors que les infractions, elles, se poursuivent.

HHI figure au nombre des plus importants chaebols – conglomérats tout-puissants qui dominent l’activité économique du pays – en Corée. Actionnaire majoritaire et ex-vice-président de la FIFA, Chung Mong-joon, a été mis au ban de la FIFA pour six ans par le Comité d’éthique de l’organisation mondiale du football.

Pendant son séjour en Suisse, la délégation syndicale coréenne tentera aussi de se réunir avec la société MSC, l’un des principaux clients d’HHI et deuxième transporteur maritime de conteneurs dans le monde, dont le siège est basé à Genève.

Fin

Pour plus d’informations, prière de contacter :

Leonie Guguen, Communications Officer, IndustriALL Global Union

Courriel : [email protected]

Tél. : +41 (0) 79 137 5436

Les ACM – un moyen d’exercer une influence syndicale en Russie?

Helmut Lense, directeur de l’automobile à IndustriALL Global Union, a décrit le contenu des ACM en mentionnant également les questions situées hors du champ de l’ACM, comme les conflits surgissant durant la négociation d’un accord tarifaire, la mise à pied de personnels pour raison économique, les fermetures d’entreprise, la prise d’une action disciplinaire contre des salariés.

“Un ACM n’est pas une panacée, mais un moyen d’engager une discussion sur les droits de la personne et les droits syndicaux – c’est un premier pas pour que l’entreprise se déclare prête à reconnaître ces droits dans le monde. Mais il faut de nouvelles étapes pour que l’ACM soit autre chose qu’un simple document.

“Dans un second temps, les syndicats du siège de l’entreprise et les syndicats locaux doivent coopérer étroitement dans le cadre du réseau syndical pour assurer l’application de l’ACM dans le monde. Le réseau syndical a une très grande importance en tant que moyen d’échanger des contacts et de l’information.”

En parlant de la peur ressentie dans les syndicats russes sur le fait que les comités d’entreprise pourraient affaiblir ou remplacer les syndicats, le spécialiste en chef de l’OIT sur les inspections du travail et le dialogue social, Valentin Mocanu, a dit:

“L’OIT a développé un ensemble de principes qui précise l’importance du dialogue social tripartite et l’emploi de tous les outils disponibles pour améliorer les conditions de travail. Il en existe différents modèles dans différents pays. Il se pourrait qu’actuellement, ce modèle ne soit pas ici le meilleur, mais il ne doit pas être ignoré car les comités d’entreprise donnent d’excellents résultats en Allemagne et en France. Ils peuvent servir à développer le dialogue social.

Vadim Borisov, représentant régional de IndustriALL à Moscou, a noté que la majorité des 48 ACM signés par IndustriALL ont été conclus avec des multinationales européennes.

“Et beaucoup de ces accords sont signés avec des entreprises basées en Allemagne. Cela montre bien la puissance du syndicat, en ce sens que c’est lui qui prend l’initiative d’un dialogue social et pousse l’employeur à reconnaître le syndicat comme partenaire social à part entière.”

Oleg Sokolov, secrétaire de la fédération des syndicats indépendants de Russie, FNPR, affilié à IndustriALL, a dit que la complexité des chaînes d’approvisionnement et la capacité des entreprises à déplacer rapidement leurs chaînes de production dans un autre pays, montre la difficulté pour les syndicats d’exercer une influence au niveau local et limite souvent l’emploi des outils nationaux:

“Cela donne une grande importance aux ACM pour faire pression sur le capital mondial. Il est nécessaire de préciser avec soin les procédures liées aux ACM et les mécanismes de mise en œuvre.

Pour récapituler les résultats de la réunion, Rudolf Traum-Mertz, chef de la FES en Russie, a dit que les ACM sont un bon outil d’appoint et que les syndicats locaux du pays d’origine de l’entreprise doivent se mobiliser pour obtenir des résultats.

Les participant(e)s ont convenu de l’impossibilité d’appliquer les ACM sans un réseau syndical, et que la prochaine discussion sur les ACM en Russie doit inclure la participation d’employeurs et d’organismes gouvernementaux.

L’évènement était organisé par IndustriALL, la Fondation Friedrich Ebert (FES), le Centre des droits sociaux et des droits du travail, et le Bureau de Moscou de l’OIT. La trentaine de participant(e)s des syndicats russes appartenaient au syndicat des travailleurs de l’automobile et des machines agricoles de Russie, au Rosprofmash et au MMWU, avec des représentant(e)s des syndicats de Ford et de Renault, qui ont partagé leur expérience internationale sur la mise en œuvre des ACM.

La violence continue contre les protestataires en Indonésie

Les travailleurs et travailleuses exerçaient leur droit légitime de protester pacifiquement contre le nouveau processus de fixation du salaire minimum à Sumatra, Indonésie, quand ils ont été agressés. Sept militants syndicaux durent être hospitalisés après cette attaque.  
 
C’est le second incident marqué par la violence contre les travailleurs et travailleuses depuis quelques semaines. En octobre, 25 manifestants ont été interpellés et de nombreux autres blessés quand 35.000 personnes sont descendues dans la rue à Jakarta pour protester contre une nouvelle réglementation qui exclut les syndicats du processus de fixation du salaire minimum.
 
Le secrétaire général de IndustriALL Global Union, Jyrki Raina, dit qu’il s’agit d’un pas en arrière dans le processus démocratique en Indonésie:
“Il faut mettre fin immédiatement à toute forme de violence contre les travailleurs et travailleuses en Indonésie, et respecter la liberté d’expression et le droit de se rassembler.
 
“IndustriALL Global Union demande instamment au gouvernement indonésien d’annuler la nouvelle réglementation et d’inclure les syndicats dans le processus de fixation du salaire minimum.”
 
IndustriALL Global Union soutient les revendications des centrales syndicale indonésiennes KSPI (FSPMI, Farkes, SPN,KEP, ISI), KSPSI (cemwu), KSBSI (Lomenik, FPE, Garteks) FSBI, KPKPBI, FBLP, SBSI 92, PGRI, concernant : 1) le refus de de la réglementation du gouvernement (PP numéro 78/2015) sur la fixation du salaire minimum sans la participation des salariés;  2) le refus de la formulation du nouveau salaire minimum basée seulement sur le PIB et la croissance économique (moins de 10 per cent); 3) la demande d’une hausse en 2016 du salaire minimum de 22 pour cent ou 500.000 IDR (36 USD).

L’OIT adopte la “Transition juste” à l’aube de la COP 21

En adoptant les critères d’une Transition juste de manière formelle, le Conseil d’Administration de l’OIT a défini les mesures essentielles que les pays devraient prendre pour transformer leurs économies en vue d’un avenir caractérisé par de faibles émissions de carbone, créer de nouveaux emplois et soutenir les travailleurs et les communautés locales dépendant des secteurs à fortes émissions pendant que ces industries se transforment.

Le Directeur d’IndustriALL pour la Durabilité, Brian Kohler, commente ainsi cette percée :

“Cela va nous aider à définir la Transition juste pour les négociations à venir à Paris. Tout accord conclu à la COP21 ne sera pas définitif mais marquera simplement le début d’une aventure. Un accord sur le climat qui soutienne des politiques industrielles durables et des programmes exhaustifs de Transition juste pourraient représenter une des plus formidables opportunités que le mouvement syndical ait jamais eues.”

IndustriALL promeut activement, tant au plan régional qu’international, l’idée que le monde a besoin d’un accord sur les émissions à effet de serre mais que celui-ci doit être accompagné de dispositions fortes pour protéger les travailleurs, leurs familles et les communautés qui dépendent d’eux.

Ceci peut se faire en adoptant des politiques industrielles soutenables, en assurant l’accès à des programmes forts de protection sociale et en concevant et mettant en œuvre des programmes spécifiques de Transition juste. De nombreux affiliés d’IndustriALL ont interpellé vigoureusement leurs gouvernements à cet égard et IndustriALL fera passer ce message lors de la COP21 à Paris en décembre.

Le mouvement syndical international s’est accordé sur trois objectifs pour la COP21

·      faire preuve d’ambition et s’assurer que des mesures concrètes soient prises pour réduire les émissions dans le respect de l’objectif des 2º C
·      s’assurer que les ressources techniques et financières adéquates soient mises à disposition des nations vulnérables et en développement
·      assurer une Transition juste pour les travailleurs et leurs communautés, avec tout ce que cela implique en termes de transformation industrielle et de protection sociale

Des travailleurs avaient signalé des fissures avant l’effondrement de l’usine au Pakistan

À ce stade, la tragédie a déjà coûté la vie à 23 travailleurs et 150 personnes sont toujours emprisonnées dans les restes de ce bâtiment industriel de Lahore. Plus de 80 travailleurs ont été extraits des décombres et certains d’entre eux sont à l’hôpital dans un état critique.

Selon les sources obtenues par IndustriALL, des travailleurs ont vu des fissures dans le bâtiment quelques jours avant l’effondrement et en ont informé la direction, mais rien n’a été entrepris à temps.

L’usine, qui appartient au fabricant de sac en polyéthylène Rajput Polymer, avait apparemment subi des dommages lors du tremblement de terre il y a plus d’une semaine et était en travaux pour lui adjoindre un quatrième étage, semble-t-il sans permis de construire.

Un témoin, qui a visité l’usine le 2 novembre, a dit avoir noté qu’un conduit d’évacuation était endommagé parce que le mur sur lequel il était fixé était en train de s’enfoncer lentement dans le sol. Lorsque les travailleurs ont mis davantage de pression sur la direction, le propriétaire a été appelé. Celui-ci aurait été tué alors qu’il inspectait l’usine au moment de l’effondrement.

Les informateurs d’IndustriALL, qui se sont rendus sur place le lendemain de l’effondrement dans la matinée rapportent que les membres des familles des travailleurs pris au piège avaient attendu toute la nuit sur place pour avoir des nouvelles de leurs proches.

Les autorités impliquées dans les opérations de sauvetage ne connaissent pas le nombre exact de personnes coincées dans les décombres parce qu’aucun des travailleurs ne figure sur un registre, selon nos informations. De nombreuses personnes vivaient également sur place et des travailleurs de l’équipe de nuit auraient très bien pu dormir à l’intérieur du bâtiment lorsqu’il s’est effondré.

Les travailleurs disent qu’ils étaient payés en dessous du salaire minimum de 13.000 roupies par mois (122 dollars) et fonctionnaient en postes de 12 heures.

C’est le second accident qui implique l’effondrement d’une usine à Lahore en un peu plus de deux mois. En septembre, le toit d’une usine de vêtement s’est effondré, tuant quatre travailleurs.

“Ces accidents surviennent parce qu’il existe pas d’inspections d’usine dignes de ce nom au Pakistan. Les propriétaires d’usines provoquent la mort de travailleurs en épargnant l’argent qu’ils auraient dû dépenser pour rendre les lieux de travail sûrs. Il n’existe au sein du gouvernement aucune volonté politique pour mettre en œuvre des inspections d’usine et autres législations du travail. Il n’y avait dans cette grande usine aucun syndicat qui aurait pu faire entendre les travailleurs et sauver des vies,” a dit Kahlid Mahmood, Directeur de la Fondation pour la formation syndicale de Lahore.

“Nous exigeons une enquête transparente, indépendante et sans compromis sur cette tragédie. Nous demandons instamment au gouvernement pakistanais de prendre des mesures immédiates pour prévenir la mort de davantage de travailleurs au sein d’usines dangereuses,” a déclaré Kemal Özkan, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL.

Déclaration ferme en faveur du secteur des métaux de base

Seize syndicats de la sidérurgie de dix pays se sont réunis le 4 novembre à Pittsburgh, États-Unis, pour examiner un plan d’action et des objectifs stratégiques pour le secteur.
 
L’acier vient au second rang de l’industrie dans le monde avec un chiffre d’affaires de 900 milliards d’USD et une augmentation prévue de 50 pour cent d’ici 2050. Cependant les conditions rencontrées actuellement dans ce secteur sont les pires d’une génération. Malgré l’accroissement moyen de l’acier au cours des dix dernières années, la surcapacité menace sérieusement l’avenir à long terme de cette industrie.
 
Les syndicats présents à la réunion ont demandé une action d’urgence pour protéger les emplois et les communautés de la vague actuelle de destruction industrielle qui élimine des emplois dans l’industrie à l’échelle mondiale et provoque une dégradation systématique des droits des travailleurs et travailleuses et des conditions de travail.
 
Le secrétaire général adjoint de IndustriALL Global Union, Fernando Lopes, dit que la sidérurgie est une composante importante des économies et de la société dans son ensemble:

En tant que syndicats, nous allons entreprendre une action pour sauver l’industrie sidérurgique mondiale et les emplois qu’elle génère. Nous nous emploierons à développer un environnement qui permet à l’industrie mondiale de l’acier de fleurir en même temps que les sidérurgistes.

Le comité de direction des métaux de base de IndustriALL a décidé de nommer Thomas Conway du syndicat United Steelworkers et Sanjyot Vadhavkar du Smefim, à la co-présidence du secteur.
 
La conférence mondiale des métaux de base se tiendra en Allemagne du 15 au 17 novembre 2016.

Grupo Mexico devra verser 318 millions de pesos en faveur de Los Mineros

Au Mexique, la participation aux bénéfices est un droit constitutionnel par lequel un pourcentage des bénéfices faits par une entreprise revient aux travailleurs. L’affilié d’IndustriALL, le SNTMMSRM, aussi connu sous l’appellation Los Mineros, a exigé que la compagnie minière Grupo Mexico partage ses bénéfices de 2007.

En vertu d’une décision du 28 octobre, Grupo Mexico devra verser plus de 318 millions de pesos (19 millions de dollars) en participation aux bénéfices pour 2007 aux membres de Los Mineros de la Section 65 de Cananea, Sonora. Chaque travailleur recevra un minimum de 100.000 pesos (6.000 dollars) et jusqu’à 200.000 pesos (12.000 dollars), en fonction de l’ancienneté, du barème et du salaire de chacun.

“Ce fut une lutte longue, difficile et compliquée, émaillée de pressions, de menaces, de corruption et de trahison de la part des autorités. Néanmoins, Los Mineros ont encore remporté la bataille face à une campagne truffée d’attaques, de mensonges et de diffamation,” indique Napoleón Gomez Urrutia, président et secrétaire général du SNTMMSRM.

“Une fois encore, Los Mineros tiennent leur engagement de défendre et protéger les droits et la dignité des travailleurs et de demander justice en dépit des obstacles ou de l’adversité qui se dressent," dit Gomez Urrutia.

Fernando Lopes, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL Global Union a déclaré :

“IndustriALL va continuer à soutenir la lutte des mineurs pour obtenir justice, de meilleures conditions de travail et la liberté syndicale.”

Les syndicats uruguayens défilent pour leurs droits et un salaire décent

La manifestation avait été proposée par le conseil national des affiliés de IndustriALL Global Union en Uruguay, et reprise par d’autres syndicats industriels du pays. “Ce fut un grand succès” a dit Eduardo Burgos du syndicat national des métallurgistes (UNTMRA).

Des centaines de travailleurs et travailleuses portant les symboles de leurs syndicats ont défilé jusqu’à la place de l’Indépendance pour se rassembler devant les bureaux de la Chambre uruguayenne des industries (CIU). Cette manifestation avait pour but de rappeler les revendications sur les droits des travailleurs et travailleuses au moment où les conseils des salaires examinaient les niveaux salariaux.

“Nous ne réclamons pas grand-chose, mais les entreprises disent qu’elles n’ont pas la possibilité de nous donner quoi que ce soit. Manifester, pour les travailleurs et travailleuses, est une manière de forcer les entreprises à réagir et nous donner ce que nous méritons. Nous voulons prendre les mesures nécessaires pour atteindre notre objectif”, a dit Fernanda Calvete, représentant l’UNTMRA, avant le début du rassemblement.

Les conseils des salaires pour le secteur privé se réunissent actuellement pour fixer les salaires minimums, les catégories d’emplois et autres prestations. Ils examinent les arguments présentés par les employeurs et les syndicats dans les différents secteurs de l’économie pour défendre leurs intérêts.

Washington Cayaffa, un dirigeant de la fédération des travailleurs du papier et du carton (FOPCU) a dit que le secteur a besoin de garder les emplois et d’aboutir à un accord salarial qui récompense convenablement le travail accompli et aborde des questions sociales telles que la protection de l’enfance et l’égalité entre femmes et hommes.

Antonio Ferreira, du syndicat des tanneurs (UOC) a dit: “Nous avons besoin d’une augmentation réelle des salaires, une hausse supérieure à l’IPC, que nous n’avons pas eu au cours des sept dernières années ".

IndustriALL était représenté à cet évènement par Marino Vani, secrétaire régional adjoint de IndustriALL pour l’Amérique latine et les Caraïbes, et défilait avec les dirigeants syndicaux locaux pour proclamer leurs droits et leurs besoins:

“L’unité d’action des syndicats industriels d’Uruguay était impressionnante. Les femmes, les jeunes et les travailleurs âgés étaient unis dans le défilé en donnant l’exemple aux pays d’Amérique latine et des Caraïbes et au reste du monde. IndustriALL est fier de voir l’unité de classe en action.  Nos félicitations aux travailleurs et travailleuses. Nous soutenons ce combat et toutes les initiatives qui cherchent à construire un monde meilleur et plus équitable. Nos affiliés et les autres syndicats méritent le respect et la solidarité de tous les travailleurs et travailleuses du monde”.

Au Brésil, les jeunes de la CUT discutent de l’égalité raciale

L’idée d’organiser une réunion est née de l’initiative des syndicats industriels affiliés à la centrale ouvrière, CUT. Les participant(e)s ont exprimé leurs vues sur les diverses formes de discrimination auxquels sont confrontés les jeunes travailleurs et travailleuses et les descendants d’Africains.

“Les jeunes et la promotion de l’égalité raciale sont des priorités stratégiques des mouvements syndicaux brésiliens et latino-américains. Au Brésil, comme dans d’autres pays latino-américains, les descendants d’Africains et les peuples indigènes sont des secteurs de la société plus exposés à la discrimination. Par exemple, les femmes de descendance africaine sont moins payées que les blanches, et il en va de même pour les hommes” a expliqué Marino Vani, secrétaire régional adjoint de IndustriALL pour l’Amérique latine et les Caraïbes (LAC), qui représentait IndustriALL lors de l’évènement.

Les jeunes travailleurs et travailleuses ont entendu une série de récits et d’expériences qui illustrent les réalités du marché du travail, des syndicats et de la situation sociale du pays. Ils ont convenu que les travailleurs et travailleuses de descendance africaine sont les plus touchés par le modèle économique du Brésil. La plupart sont sans emploi et n’ont pas accès à l’éducation.

La  réunion avait pour but d’équiper les participant(e)s des outils nécessaires leur permettant d’avoir un impact plus important dans le mouvement syndical, de consolider leur engagement dans la lutte des classes, et développer une politique des jeunes pour le secteur industriel de la CUT.

"Cette initiative renforce la puissance syndicale. Il est important d’éduquer nos jeunes pour qu’ils puissant connaître notre histoire et comprendre pourquoi nous souffrons de la discrimination. Le Brésil a fait beaucoup de progrès au cours des dernières années grâce aux efforts des syndicats, des mouvements sociaux et des gouvernements engagés dans l’égalité raciale. Par exemple, il y a maintenant des quotas aux universités et dans l’administration fédérale pour les jeunes de descendance africaine et appartenant à des peuples indigènes. Bien que beaucoup reste à faire, la situation pourrait s’améliorer au Brésil avec la redistribution des revenus et l’intégration sociale. Nous félicitons les syndicats industriels de la CUT, affiliés à IndustriALL, pour avoir organisé ce séminaire, ainsi que les participant(e)s qui forment l’avant-garde de ce mouvement dans l’histoire du monde” a conclu Vani.

Un rapport critique vertement le modèle commercial d’Apple

Le rapport, “Rich corporations, poor societies: The financialisation of Apple” (Entreprises riches, sociétés pauvres: La financiarisation d’Apple) a été publié le 27 octobre, le jour même où Apple annonçait ses résultats. Il critique fortement la multinationale pour chercher continuellement à optimaliser la rentabilité financière de ses énormes bénéfices sans réinvestir dans la production.

Le rapport signale qu’Apple réduit le plus possible ses coûts par une extra territorialisation acharnée de sa production dans des pays à bas salaires et dans des paradis fiscaux. Il a également trouvé qu’Apple mène de plus en plus des activités en tant qu’investisseur institutionnel, en plaçant une part très importante de ses bénéfices sur les marchés financiers.

La stratégie d’entreprise d’Apple n’est pas unique, note le rapport. Un nombre de plus en plus grand d’entreprises multinationales adoptent le même modèle, qui ne bénéficie à personne sinon à un groupe réduit de dirigeants d’entreprises et d’actionnaires. Ce modèle renforce l’expansion du chômage, l’augmentation de l’endettement, l’inégalité et l’austérité budgétaire en Europe, tout en favorisant les emplois précaires et mal payés dans les pays du Sud, pris globalement.

“Alors qu’Apple a bénéficié massivement d’investissements publics, de gouvernements et de contribuables du monde entier, les retours ont été étonnamment faibles sous forme d’investissements publics (financés par l’impôt sur les bénéfices des entreprises) et les revenus des riches d’Apple,” selon le rapport.

Le rapport affirme qu’un changement de modèle commercial est possible si les gouvernements promulguent et appliquent des règles garantissant que les entreprises multinationales:

Le rapport conclut que ces changements bénéficieront aussi aux entreprises multinationales comme Apple et à leurs actionnaires en apportant une contribution à une société forte et viable qui fournira à Apple une main-d’œuvre capable de fabriquer et des consommateurs capables d’acheter ses produits dans les années à venir.

Le rapport se trouve sur le site internet de GoodElectronics http://goodelectronics.org/publications-en/Publication_4246/

Une courte introduction vidéo se trouve également sur https://vimeo.com/143721806

SOMO est un bureau néerlandais à but non lucratif de recherche et de conseils, spécialisé dans des enquêtes sur la politique des entreprises multinationales. GoodElectronics réunit des réseaux, des organisations et des personnes concernés par les droits de la personne, notamment les droits du travail. Les deux sont des organisations partenaires de IndustriALL Global Union.