Les mineurs de charbon demandent une plus grande attention à leur avenir

Le secteur des mines de charbon fait face à plusieurs défis. La chute du marché des produits de base a provoqué un fléchissement des prix des matières premières, notamment du charbon. Les employeurs tentent de capitaliser sur cette situation pour obtenir des avantages qui rendent les conditions des mineurs de charbon plus précaires tout en démantelant leurs syndicats. En ce qui concerne le changement climatique, l’industrie est considérée comme l’un des plus grands facteurs d’émissions de CO2 directement liées au réchauffement mondial. Sous la pression, certains pays ont déjà annoncé la mise en place de politiques d’abandon progressif de l’extraction minière.

Andrew Vickers, président du secteur minier à IndustriALL Global Union et secrétaire général du syndicat australien des mines et de l’énergie CFMEU, a dit:

Cette conférence nous a permis non seulement d’identifier des problèmes et des questions, mais également de développer le cas échéant des politiques spécifiques, cohésive, réalisables, judicieuses et sensibles, des politiques propres à ces pays, des programmes et des stratégies pour s’opposer aux modèles élaborés et appliqués par les patrons et leurs juristes pour limiter toute réponse efficace venant de nous.”

Plusieurs facteurs contribuent au changement climatique et la simple fermeture des mines ne résoudra pas le problème du changement climatique, mais sera inévitablement à l’origine de bien d’autres problèmes.

La conférence a convenu que même si le charbon est de loin le plus grand facteur des émissions de CO2 dans le monde, ce n’est pas une raison pour pointer le charbon du doigt. Il y a une multitude d’autres facteurs qui contribuent aux émissions de CO2, et qui ne sont pas montrées du doigt comme le charbon. La fermeture de mines de charbon pourrait être une solution de facilité, mais il faut privilégier une approche plus structurée quand les emplois et la vie des travailleurs et travailleuses sont en jeu.

Prenant la parole à la conférence, Michael Vassiliadis, président de IG BCE a dit:

Pour nous, en tant que syndicats, la question cruciale consiste à savoir comment lier la protection du climat à de bons emplois dans l’industrie. Ce n’est qu’en traitant de pair la politique du climat, la politique économique et les questions sociales, et en assurant de manière égale leur promotion, que nous assurerons à ce monde et sa population un avenir viable.”

En réponse aux défis identifiés à la conférence, the participant(e)s ont adopté une déclaration comportant une série de fortes revendications sur les questions et les préoccupations soulevées à la conférence.

Kemal Özkan, secrétaire général adjoint de IndustriALL Global Union a fait le commentaire suivant:

Nous réaffirmons la position politique de soutien de IndustriALL aux critères de l’OIT pour une Juste Transition. Nous nous assurerons que des mesures concrètes seront prises pour réduire les émissions au-dessous du seuil de 2°C d’augmentation de la température, notamment par un financement approprié et un investissement dans des technologies pour obtenir une réduction de la combustion de charbon. Nous voulons également assurer une Juste Transition aux travailleurs et travailleuses et à leurs communautés avec tout ce que cela implique en termes de transformation industrielle et de protection sociale. La santé et la sécurité constituent une autre question importante et nous voulons réaffirmer notre engagement à la ratification et l’application réelle de la convention 176 de l’OIT.”

Trois ans après l’incendie de Tazreen, les enseignes doivent verser les indemnisations

Le 24 novembre 2012, environ 120 travailleurs et travailleuses de la confection sont morts carbonisés et 300 autres ont été gravement blessés dans cet incendie. Les issues étaient verrouillées et plus de 100 travailleurs et travailleuses ont subi de graves blessures du fait d’avoir dû, pour sauver leurs vies, sauter par les fenêtres des étages supérieurs du bâtiment.

Cet anniversaire tombe juste au moment où Walmart, le plus gros client de Tazreen peut s’attendre à de juteuses ventes pendant la semaine de Thanksgiving. La firme américaine refuse toujours de verser des indemnisations aux familles des victimes et aux blessés.

Il y a un an, IndustriALL, ensemble avec la Campagne Clean Clothes, C&A et la Fondation C&A, a signé un accord sous l’égide de l’Organisation internationale du Travail afin de mettre sur pied le Tazreen Claims Administration Trust (Fonds fiduciaire d’administration des demandes de règlement pour Tazreen) afin d’indemniser les victimes au départ d’und Fonds fiduciaire dédié.
 

Ce Fonds, inspiré de la procédure couronnée de succès utilisée pour les milliers de victimes du Rana Plaza, fera des versements pour couvrir les pertes de revenu et les traitements médicaux.

Il est demandé aux enseignes et aux distributeurs dont les revenus dépassent le million de dollars de verser un minimum de 100.000 dollars au fonds.

Seuls C&A, Li & Fung (qui se fournissait pour la marque Enyce de Sean John) et le discounter allemand KiK ont contribué jusqu’ici.

Les autres enseignes qui se fournissaient au départ de Tazreen qui n’ont pas versé sont : les marques américaines Disney, Sears, Dickies et Delta Apparel; Edinburgh Woolen Mill (Royaume-Uni); Karl Rieker (Allemagne); Piazza Italia (Italie) et Teddy Smith (France).

Monika Kemperle, Secrétaire générale adjointe d’IndustriALL a déclaré :

“Le Fonds fiduciaire d’administration des demandes de règlement pour Tazreen offre un réel espoir aux victimes qui peuvent espérer commencer à recevoir des versements dans les prochains mois. Alors que nous tenons à remercier les enseignes qui ont déjà versé, nous sommes totalement consternés de voir que le plus gros client de Tazreen, Walmart, ne met toujours pas la main à la poche au bout de trois longues années.

“Une fois encore, Walmart fuit ses responsabilités et fait faux bond aux victimes.”

KiK est la seule enseigne impliquée dans les trois tragédies majeures qui ont frappé l’industrie de la confection dans l’histoire récente : Tazreen, Rana Plaza, également au Bangladesh, ainsi qu’en 2012 l’incendie de l’usine Ali Enterprises au Pakistan qui a tué 254 personnes.

Alors que les processus pour indemniser les victimes de Rana Plaza et Tazreen sont en cours, l’affaire Ali Enterprises doit toujours être prise en charge correctement.

Kemperle a ajouté :

“Il n’y a aucune raison pour qu’un processus d’indemnisation similaire à celui utilisé pour Rana Plaza et maintenant Tazreen, ne puisse pas être appliqué aux victimes de l’incendie d’Ali Enterprises. Une fois encore, des normes de sécurité affligeantes et des issues condamnées avaient conduit à de terribles pertes en vies humaines. Il est plus que temps que KiK tienne sa promesse de verser des indemnisations sur le long terme aux victimes.”

Pour davantage d’informations sur le Fonds fiduciaire de Tazreen consultez la page

www.tazreenclaimstrust.org

Cliquez ici pour plus d’informations sur l’incendie d’Ali Enterprises.

Pour plus de détails, veuillez contacter :

Léonie Guguen, Chargée de Communication d’IndustriALL Global Union

courriel : [email protected]

tél : +4179 137 5436

L20 souligne l’importance d’une action concrète pour combattre les inégalités

En septembre de cette année, les syndicats mondiaux ont fait une déclaration dans laquelle ils expriment l’attente des travailleurs et travailleuses sur les dirigeants du G20. L’une des demandes clés du mouvement syndical était: “La création d’emplois de qualité doit devenir la priorité centrale du G20 et comporter des engagements politiques concrets et un suivi coordonné”.

La déclaration des syndicats incluait “un accroissement de l’investissement public dans l’infrastructure sociale et physique”, “l’augmentation des revenus bas et moyens et l’inversion du déclin de la part des revenus du travail”, “un soutien à l’emploi des jeunes”, “un développement de l’emploi des femmes et la promotion des marchés du travail d’intégration”, “la lutte contre le chômage à long terme”, “l’introduction de seuils de protection sociale dans le monde”, “le renforcement des droits des travailleurs et travailleuses et des systèmes de protection sociale”, “la garantie de la sécurité sur les lieux de travail” et “l’engagement d’aider les réfugiés et les demandeurs d’asile, et d’accorder à tous les migrants le droit de travailler dans l’économie formelle” qui étaient les principaux messages sur les lignes politiques exposées aux dirigeants du monde.

Dans le même temps, le L20 a fait une déclaration conjointe avec le B20 (groupe des entreprises), pour demander “des emplois, la croissance et un travail décent”, de façon à “lutter avec détermination en faveur de l’emploi des jeunes”, “poursuivre des politiques macro-économiques capables de promouvoir l’emploi”, “faire de l’objectif de Brisbane en 2014 visant à réduire de 25% l’écart entre les hommes et les femmes en matière d’emploi en 2025 une réalité”, “promouvoir la formalité et appliquer la nouvelle recommandation sur l’absence de formalité adoptée à la Conférence internationale du Travail en 2015 ”, et “le rôle clé à jouer par les entreprises et les syndicats pour concevoir une politique économique et sociale”. Une attention spéciale a été donnée dans la déclaration à la liberté syndicale, à la reconnaissance effective du droit de négocier collectivement et au dialogue social.

Le Sommet du G20 à Antalya en 2015 a été le témoin d’une plus grande compréhension et reconnaissance communes, même de la part des employeurs et du gouvernement, sur le fait que l’inégalité croissante est l’une des plus grandes menaces à la prospérité et à la croissance économique dans le monde. Cependant, le mouvement syndical estime que ce combat contre les inégalités exige des plans d’action concrets de la part des gouvernements pour créer des emplois décents, augmenter les salaires et améliorer les conditions de travail, ce qui est essentiel pour une économie viable et stable dans le monde.

En réalité, pour la première fois dans les annales du G20, les dirigeants du monde reconnaissent dans leur déclaration que les inégalités constituent un risque majeur pour la “cohésion sociale”. Les dirigeants se sont engagés à appliquer les priorités politiques du G20 sur la part des revenus du travail et les inégalités qui reconnaissent le besoin de renforcer les institutions du marché du travail, le rôle du salaire minimum et la négociation collective.

Le L20 est certain qu’un engagement mondial d’un tel niveau doit être appliqué dans les pays avec des politiques et des plans concrets. Les dirigeants syndicaux présents au L20 ont accueilli avec satisfaction la déclaration sur les réfugiés, au moment où le monde connaît la crise des réfugiés la plus grande depuis la Seconde guerre mondiale, et ils ont également approuvé la référence sur le climat.

“Le L20 à Antalya a fait un important pas en avant avec une visibilité et une médiatisation plus fortes données aux revendications des travailleurs et travailleuses,” a dit Kemal Özkan, secrétaire général adjoint de IndustriALL Global Union, qui était l’un des dirigeants syndicaux au sommet. “Après ce départ favorable, nous devons être capables de réaliser des progrès au Sommet du G20 en 2016 à Beijing sur les questions sociales et de travail”.

Le groupe sur le travail (L20) est l’un des six groupes de sensibilisation au sein du G20 qui représente les intérêts des travailleurs et travailleuses au niveau du G20. Il réunit les syndicats des pays du G20 et les syndicats mondiaux, et nourrit la réflexion aux sommets du G20 en exprimant les revendications des syndicats par des échanges fréquents avec le groupe du travail de l’emploi, les Sherpas et les ministres du Travail et des Finances.

Alors que la Turquie assume la présidence de 2015, un comité de direction a été formé par le L20 Turquie avec la participation des trois principales centrales syndicales turques Türk-İş, Hak-İş et DISK en coordination avec la CSI et TUAC.

Les travailleurs de l’industrie des bracelets en verre au Pakistan menacés de mourir de faim

L’industrie des bracelets en verre dépend d’un approvisionnement ininterrompu en gaz, mais le ministère du Gaz a restreint la fourniture de gaz d’un jour par semaine. La faible pression du gaz touche également les fours, ce qui provoque l’arrêt du processus de production.
 
Beaucoup de travailleurs et travailleuses sont dans une situation précaire, souvent employés par des sous-traitants. Les salaires sont bas et les conditions de santé et de sécurité sont mauvaises. Certains travaillent 12-14 heures par jour, sans weekends?
 
Pour les travailleurs et travailleuses à domicile, le plus souvent des femmes, les conditions sont encore pires. Les femmes gagnent moins que les hommes et doivent payer elles-mêmes le loyer, l’électricité et le gaz pour leur propre lieu de travail.
 
Une étude conjointe du ministère du Travail et de Nations unies femmes a trouvé que les travailleuses à domicile souffrent souvent de calculs rénaux, de problèmes de la peau et des yeux, d’hépatite A, B, C, et d’asthme. Cela provient de l’emploi de produits chimiques dangereux, de gaz et de fumée, ainsi que d’un manque d’éclairage et de ventilation.

Dans leurs protestations contre les mauvaises conditions de travail et les bas salaires, les travailleurs et travailleuses qui fabriquent des bracelets en verre ont tenu une conférence de presse le 11 novembre où ils ont présenté plusieurs demandes au gouvernement.
 
Il y avait parmi les orateurs Nasir Mansoor, secrétaire général adjoint de IndustriALL Global Union et affilié à la fédération nationale des syndicats, Zahra Khan secrétaire générale de la fédération des travailleuses à domicile (HBWWF), Faisal Qureshi président du syndicat des soudeurs de bracelets en verre de Hyderabad, et Jameela Abdul Latif secrétaire générale du syndicat des travailleuses de bracelets à domicile.

Les travailleuses et travailleurs attendent encore une réponse à leurs revendications, qui incluent:

Les syndicalistes coréens sensibilisent l’opinion mondiale aux décès sur les chantiers navals de Hyundai

Seize travailleurs sont morts des suites d’accidents effroyables et prévisibles entre mars 2014 et septembre 2015, ce qui représente pratiquement un décès par mois. Cependant, HHI refuse d’assumer la responsabilité de ces morts parce que tous ces travailleurs étaient employés par des firmes sous-traitantes.

Chang-min Ha, qui préside le Syndicat local des Travailleurs sous-traitants de HHI, affilié à IndustriALL par le biais du KMWU, déclare :

“Nous sommes venus à Genève et au forum de l’ONU parce que HHI viole les droits de l’homme quand ses travailleurs courent quotidiennement un risque de mort. Ces travailleurs ont peur de parler de leurs préoccupations vis-à-vis de la sécurité parce qu’ils craignent d’être mis à la porte.”

HHI fabrique des porte-containers et des tankers ainsi que des plate-formes océaniques pour les industries du pétrole et du gaz. Environ 50.000 personnes travaillent sur les chantiers de HHI, dont 80%, soit 40.000 salariés, employés par des firmes sous-traitantes.

La récente augmentation des décès est liée à la hausse du nombre des sous-traitants utilisés par HHI au cours des deux dernières années.

“Il n’y a aucune gestion de la sécurité au niveau des travailleurs en sous-traitance, ils doivent en faire plus, en moins de temps et avec moins de formation. Ils reçoivent rarement quelque forme que ce soit de formation à la sécurité,” dit Ha.

On estime que seuls 3,5% des accidents sont signalés aux autorités.

“Depuis 2012, nous allons voir dans les hôpitaux combien de travailleurs blessés proviennent des chantiers de HHI. Nous avons compté entre 40 et 80 travailleurs traités par semaine, alors que nous ne nous rendons que dans un hôpital à la fois, là où la région en compte environ dix,” poursuit Ha.

“Parfois les travailleurs sont amenés à l’hôpital par HHI en camion ou en voiture plutôt qu’en ambulance. On déclare au personnel hospitalier que la victime a eu un accident domestique. Les travailleurs eux-mêmes peuvent hésiter à dire aux autorités comment ils ont été blessés, pour ne pas risquer de perdre leur emploi”

En septembre 2012, un travailleur serait mort parce qu’il est arrivé à l’hôpital en camion plutôt qu’en ambulance et qu’il n’a ainsi pas reçu les premiers soins à temps.

Chang-min Ha indique que son organisation a dû poursuivre en justice une entreprise sous-traitante pour n’avoir pas signalé ses accidents. Certaines entreprises ont été punies par les autorités à ce sujet, mais pas sévèrement.

“Cacher des accidents conduit à la mort de travailleurs,” précise Ha.

Le syndicat essaie de faire améliorer la sécurité chez HHI, mais sans résultat jusqu’ici.

“Nous n’obtenons jamais de réponse de HHI. Nous avons envoyé un questionnaire sur la santé et la sécurité à la direction mais il a simplement été jeté à la poubelle.”

L’hostilité à l’égard des syndicats chez HHI est effrénée. Dès lors que HHI découvre qu’un sous-traitant est syndiqué, il est viré. Ceci va totalement à l’encontre des législations coréenne et internationale. En Corée, les travailleurs ont le droit de se syndiquer.

Les travailleurs occupés par les sous-traitants, qui gagnent 70% moins que les salariés permanents, risquent le renvoi à tout moment. Les entreprises sous-traitantes sont connues pour déclarer faillite et disparaître dans la nature sans payer les salaires.

Les travailleurs de KTK Sunbak, une entreprise sous-traitante utilisée par HHI, manifestent dans les rues depuis plus de 200 jours. Ils se battent pour obtenir leurs salaires restés impayés après la fermeture de l’entreprise en mars 2015. Ceci est en contradiction avec le contrat que cette entreprise avait avec HHI, qui stipule qu’un certain montant issu des ventes doit être gardé de côté pour garantir les sommes correspondant aux salaires des travailleurs. HHI refuse d’en prendre la responsabilité bien qu’elle soit à l’origine de la fermeture de KTK Sunbak.

Kan Matsuzaki, Directeur d’IndustriALL pour la construction navale, indique :

Cette moyenne d’un accident mortel par mois sur les chantiers navals de HHI est insensée et démontre clairement que l’entreprise n’a aucun respect pour les droits et la vie de ses travailleurs en sous-traitance. HHI doit reconnaître le Syndicat local des Travailleurs sous-traitants de HHI, ce qui peut contribuer à rendre le lieu de travail plus sûr et durable au travers de la consultation et de la négociation avec la direction.

La grève victorieuse n’est qu’un premier pas pour les sous-traitants de Rio Tinto

Les travailleurs, employés par Pro Tech Security pour surveiller la mine QMM d’ilménite de Rio Tinto, ont fait grève en réaction au licenciement de deux agents de sécurité qui sont des dirigeants de l’affilié d’IndustriALL FISEMA. Les grévistes exigeaient que les deux leaders syndicaux sont réintégrés et qu’un responsable qui insultait régulièrement les travailleurs et leurs familles soit renvoyé.

Le syndicat a mis fin à la grève le 5 novembre après que la direction a marqué son accord sur toutes les revendications. Elle a également accepté de payer intégralement les salaires pour la période où les travailleurs étaient en grève.

“Ces travailleurs se sont dressés pour défendre leurs dirigeants syndicaux et ont exigé du respect. Leur victoire démontre le pouvoir de la solidarité,” a déclaré Eugène Chretien, Secrétaire général de la FISEMA pour la région d’Anosy.

“Je veux aussi rendre hommage à la direction de Pro’Tech Security pour avoir écouté ses travailleurs et négocié de bonne foi avec la FISEMA. Nous espérons pouvoir bâtir des relations basées sur le respect mutuel et qui prennent en compte nos préoccupations par rapport aux conditions de travail chez Pro’Tech ainsi que d’autres sous-traitants de Rio Tinto à Madagascar,” a ajouté Chretien.

Les sous-traitants de Rio Tinto Madagascar, occupés comme agents de sécurité, employés de cantine, nettoyeurs et chauffeurs pâtissent de salaires de misère, de mauvaises conditions de travail et d’absence de sécurité d’emploi.

IndustriALL a travaillé étroitement avec la FISEMA pour former et mobiliser ces travailleurs et rendre leurs luttes publiques.

Ces travailleurs ont participé à la journée mondiale d’action chez Rio Tinto le 7 octobre, qui mettait en lumière la dépendance extrême de l’entreprise vis-à-vis de travailleurs précaires et l’absence de prise de responsabilité à leur égard.

Cette journée mondiale comprenait des actions syndicales sur les sites d’activité de Rio Tinto de par le monde. En Islande, le syndicat VM a tenu un rassemblement devant la fonderie d’aluminium de Rio Tinto pour protester contre la menace de l’entreprise de fermer l’usine si le syndicat ne permettait pas une augmentation massive de la sous-traitance des emplois les moins bien payés. Les travailleurs de la fonderie ont récemment voté en faveur d’une grève à partir du 2 décembre à défaut d’un accord d’ici là.

“Les syndicats à Madagascar, en Islande et partout dans le monde se dressent de plus en plus pour exiger de Rio Tinto que cessent ses abus en matière de sous-traitance et d’emploi précaire,” a déclaré le Secrétaire général adjoint d’IndustriALL Kemal Özkan. “L’accord à Madagascar est un premier pas positif, mais Rio Tinto a encore un long chemin à parcourir pour la prise en compte de cette problématique à l’échelle mondiale.”

IndustriALL Global Union et industriAll Europe en deuil avec la France

Jyrki Raina, Secrétaire général d’IndustriALL Global Union et Ulrich Eckelmann, Secrétaire général d’industriALL Europe, disent d’une seule voix qu’ils se tiennent aux côtés du peuple de France :

"IndustriAll Global Union et industriAll Europe sont secoués et atterrés par les horribles attaques terroristes perpétrées sur des innocents à Paris. Avec nos camarades français et le reste du monde, nous sommes en deuil après ces attaques insensées et offrons nos plus sincères et émues condoléances aux victimes et à leurs familles ravagées.

"Ces actes ne sont pas seulement dirigés contre la France. Ils le sont contre tout qui est épris de paix et contre toute dignité humaine, respect mutuel et tolérance.

“Les terroristes ne gagneront jamais. Nous ne nous laisserons pas intimider et acculer à la haine et la misanthropie. Nous nous dressons pour la liberté, la solidarité et une société démocratique. Nous refusons de nous laisser emmener sur le chemin du radicalisme et de la xénophobie.”

Plus de 130 personnes ont été tuées et des centaines d’autres sont prises en charge par les hôpitaux de la capitale française alors que le monde est témoin de ces événements dans l’horreur et l’indignation.

Le Président François Hollande a qualifié les attaques de ”déclaration de guerre” et a décrété l’état d’urgence au plan national.

Aux Philippines, une proposition de loi étend le congé de maternité à 100 jours

La proposition de loi étend le congé de maternité de 60 à 100 jours et concerne les salariées enceintes aussi bien du secteur public que privé, quel que soit le statut professionnel ou marital. Elle prévoit également une option de 30 jours de congé sans solde.

Cette proposition de loi représente un jalon pour tous ceux et celles qui militent pour la protection de la maternité. Les Philippines sont un des pays d’Asie qui comptent le plus court congé de maternité.

Les syndicats ont fait campagne pour la ratification de la Convention 183 de l’OIT sur la Protection de la Maternité depuis son adoption en 2000, en particulier s’agissant d’une revalorisation de l’allocation de congé de maternité.

La proposition, qui émane à la fois du Sénat et de la Chambre des Représentants, va être soumise en séance plénière pour délibération et approbation en deuxième et troisième lecture. Une fois approuvée par les deux chambres, elle sera soumise au Président pour approbation.

La FUP appelle à une grève nationale historique pour défendre Petrobras

La fédération des travailleurs du pétrole (FUP), affiliée à CNQ-CUT et IndustriALL Global Union, est en pleine négociations avec Petrobras. Elle cherche à convaincre l’entreprise de faire face à la situation difficile dans laquelle elle se trouve en prenant de nouvelles initiatives plutôt que des mesures qui nuisent aux travailleurs et travailleuses, comme la réduction des investissements et les coupes budgétaires.

En l’absence d’un accord, la FUP a décidé de poursuivre la grève dans l’espoir que l’entreprise agira de manière responsable.

“Avec cette grève, nous sommes en première ligne de la bataille qui décidera de la direction que prendra la plus grosse entreprise du pays. Les travailleurs du pétrole et les compagnies pétrolières qui ont répondu à l’appel de la FUP pour une action, prennent part à un moment historique et décisif de cette confrontation”, a dit la FUP dans un communiqué de presse publié sur son site internet.

Selon la FUP, la production a été totalement ou partiellement interrompue dans les installations de l’entreprise, laquelle a perdu  des millions de dollars. Par exemple, à Ceará, 87 pour cent de la production de pétrole et 94 pour cent de la production de gaz ont cessé durant la grève.

Les travailleurs prennent part en plus grand nombre à la grève et de plus en plus de gens participent aux manifestations pour montrer leur solidarité à mesure que les jours passent.

Fernando Lopes, secrétaire général adjoint de IndustriALL, a dit:

Il est indispensable de garder Petrobras dans le secteur public et d’assurer de nouveaux investissements pour surmonter la crise qui touche actuellement le Brésil.

Le réseau syndical mondial Goodyear soutient la lutte de Unite

La réunion de Birmingham se déroulait dans l’ombre de la décision de Goodyear de fermer le site de Wolverhampton au Royaume-Uni, un coup dur pour ses plus de 300 travailleurs et les communautés locales. Le syndicat Unite, affilié à IndustriALL, qui représente les travailleurs du site, estime que toutes les options devraient être épuisées avant que n’intervienne la décision irréversible de fermer l’usine. Goodyear et Wolverhampton sont associés depuis près de 90 ans et il s’agissait du premier site de Goodyear hors d’Amérique du Nord.

Gerard Coyne, Secrétaire régional de Unite pour les West Midlands, s’est exprimé lors de la réunion pour donner des détails sur la fermeture.

Unite est en pourparlers officiels avec Goodyear Dunlop UK sur la fermeture envisagée du site de Wolverhampton. Une étude indépendante a été commanditée pour examiner et évaluer la décision d’arrêter la production à Wolverhampton. Cependant, l’entreprise a été incapable de répondre aux questions concernant des alternatives possibles en termes de volumes de production ou sur les différences entre le coût de la restructuration et le coût du projet tel que présenté sur les marchés.

Le réseau mondial a fait une déclaration forte en soutien à Unite et ses membres de Wolverhampton. Dans son courrier adressé au PDG de Goodyear, Jyrki Raina, Secrétaire général d’IndustriALL déclare :

“Nous pensons sincèrement que ce site est viable. En conséquence, nous appelons Goodyear à examiner avec grande attention toutes les possibilités d’assurer la poursuite de la production sur le site de Wolverhampton.”

Pendant la réunion, la nouvelle est arrivée que les travailleurs de Goodyear en Colombie étaient partis en grève parce que les négociations collectives avaient échoué sur des différends relatifs aux revendications des travailleurs et aux propositions faites par l’entreprise.

Dans une déclaration de solidarité, le réseau concluait par ces mots : “Résolument aux côtés des travailleurs colombiens de Goodyear en grève, le Réseau syndical mondial appelle Goodyear à s’asseoir à la table avec le syndicat SINTRAINCAPLA pour négocier de bonne foi dans l’objectif de trouver une solution adéquate pour répondre aux revendications de ses adhérents.”

Le réseau syndical Goodyear a analysé les tendances dans l’industrie mondiale du pneu, la situation de Goodyear dans le contexte économique, ses investissements et son niveau d’emploi. Les participants ont partagé leurs réflexions sur la situation syndicale au sein des activités de Goodyear de par le monde. À la fin de la rencontre, le réseau a défini ses orientations par rapport à ses structures et aux actions à entreprendre.

“Le réseau syndical mondial Goodyear a de nouveau montré sa détermination lors de la réunion de Birmingham” a dit Kemal Özkan, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL. “Notre soutien solidaire aux camarades britanniques de Wolverhampton va se poursuivre”.

Fondé lors d’une conférence en 1999 à Cleveland, aux États-Unis, en présence de 100 délégués syndicaux venus de 16 pays, le réseau syndical mondial Goodyear met l’accent sur les échanges d’information et d’expériences ainsi que sur les actions de soutien par le biais de la solidarité internationale.