El Corte Inglés et BRAC contribuent au fonds pour Tazreen

La chaîne de grands magasins espagnole El Corte Inglés va verser US$100.000 et l’ONG BRAC USA, a fait un don de US$250.000.
 
IndustriALL Global Union et la Campagne Clean Clothes ont lutté âprement pour obtenir l’indemnisation des victimes.

Environ 120 personnes ont péri dans l’incendie du 24 novembre 2012, alors que 300 autres travailleurs et travailleuses ont été blessés, avec des invalidités permanentes pour nombre d’entre eux.

Il y a un an, IndustriALL, ensemble avec la Campagne Clean Clothes, C&A et la Fondation C&A, a signé un accord sous l’égide de l’Organisation internationale du Travail afin de mettre sur pied le Tazreen Claims Administration Trust (Fonds fiduciaire d’administration des demandes de règlement pour Tazreen) afin d’indemniser les victimes au départ d’un fonds fiduciaire dédié.

Au total, il y a maintenant cinq donateurs pour le fonds. La Fondation C&A et la Fondation Fung ont toutes les deux versé US$1.000.000. Le discounter allemand KiK a versé US$150.000.

En mémoire des victimes du tragique incendie survenu il y a trois ans, le Conseil d’IndustriALL pour le Bangladesh a organisé une chaîne humaine à Dacca pour demander qu’il soit mis fin aux inacceptables conditions de travail au sein de l’industrie de la confection du pays.

Le conflit de longue date au Burkina Faso loin d’être réglé

Les travailleurs en sous-traitance de la mine Nord Gold Bissa du Burkina Faso sont en conflit avec Exterhum Africa, qui a systématiquement refusé d’écouter leurs revendications.

Nord Gold a deux sites d’activité au Burkina Faso, Sabcé (Bissa Gold SA) et Taparco (SOMITA SA). Une hallucinante proportion de 80% de la main d’œuvre opère sur base de contrats à durée déterminée, sans limite de renouvellement.

En avril, les travailleurs ont soumis à la direction de Bissa Gold SA un certain nombre de revendications, y compris l’accroissement des heures dédiées au rôle des représentants syndicaux de deux à quinze par mois, le droit d’utiliser des téléphones cellulaires sur le site pendant les pauses et le temps consacré aux repas, la diminution des postes de douze à huit heures, conformément à la législation du travail, ainsi que le versement de primes d’heures supplémentaires et de prestations de jours fériés.

Ces revendications étant restées lettre morte, les travailleurs ont remis en octobre à la direction un courrier l’informant d’une grève prévue si les revendications n’étaient pas rencontrées. Les réponses ne venant toujours pas, environ 700 travailleurs ont organisé un sit-in à l’issue de leur poste.

La direction a répliqué en empêchant à 400 travailleurs qui venaient de prendre leur poste l’accès à la nourriture, l’eau et les toilettes. Des interventions du syndicat, le Syndicat national des travailleurs des mines et carrières du Burkina Faso (SNTMCB) et sa centrale, la Confédération nationale des Travailleurs du Burkina (CNTB) ainsi que de figures des communautés locales n’y ont rien changé.

Lorsque le sit-in a pris fin quatre jours plus tard, la direction a continué à intimider les travailleurs en licenciant 110 d’entre eux par courrier. Un autre groupe de travailleurs s’est vu refuser l’accès au site et tous les travailleurs impliqués dans la grève ont vu leurs comptes bancaires gelés par l’employeur.

IndustriALL Global Union et la CNTB ont appelé le gouvernement à intervenir pour éviter toute nouvelle détérioration de la situation.
 
“Les actions, à la fois d’Exterhum et de Nord Gold Bissa, sont en directe contravention des conventions de l’OIT sur la liberté syndicale et le droit de négocier collectivement.

“Les rumeurs vont bon train et les gens ont peur d’être les prochains sur la liste. Ce conflit doit prendre fin et nos travailleurs doivent retrouver leurs emplois sans représailles de la part de l’employeur,” déclare Augustin Blaise Hien, Secrétaire général de la CNTB.
 
Jyrki Raina, Secrétaire général d’IndustriALL, ajoute :

Le travail précaire est une menace pour tous les travailleurs. À la fois l’employeur réel, Nord Gold, et l’agence d’intérim, Exterhum Africa, doivent prendre leurs responsabilités et nouer immédiatement un dialogue avec le syndicat pour résoudre ce conflit.

Agir pour faire cesser la violence à l’égard des femmes

Une femme ou jeune fille sur trois a connu la violence physique ou sexuelle, selon l’ONU. Dans certains pays, ce chiffre peut monter jusqu’à sept sur dix.

La Secrétaire générale adjointe d’IndustriALL, Monika Kemperle, déclare :

La violence à l’égard des femmes est une problématique syndicale. Les femmes travaillant dans des emplois précaires et mal payés sont particulièrement vulnérables aux abus physiques et aux brimades. Nombre d’entre elles renoncent à les dénoncer, de peur de perdre leur emploi.

Lors de la Conférence mondiale des Femmes d’IndustriALL Global Union, tenue en Autriche en septembre, plus de 300 femmes syndicalistes provenant de plus de 60 pays ont approuvé la campagne permanente d’IndustriALL contre la violence.

Elle comprend des mesures pour négocier des clauses contre la violence au sein des conventions collectives de travail, la mise à l’ordre du jour des réunions syndicales du thème de la violence et la célébration le 25 novembre de la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes.

Cette année, « Orangez le monde » est le mot d’ordre que lancent les Nations Unies, en invitant les organisations à planifier des événements teintés d’orange pour augmenter la sensibilisation à la violence faite aux femmes et aux jeunes filles.

“La violence sur base du sexe revêt de nombreuses formes et stopper la violence à l’égard des femmes sur le lieu de travail doit être en tête des ordres du jour syndicaux au moment de négocier avec les employeurs et d’éduquer les travailleurs,” proclame Monika Kemperle.

Faites-nous connaître vos actions pour contrer la violence à l’égard des femmes via l’adresse de courriel : [email protected] 

Brésil – une coulée de boue de résidus miniers détruit tout sur son passage

Le 5 novembre, l’entreprise minière Samarco, qui appartient à l’entreprise brésilienne Vale et à BHP Billiton, a été la scène de l’une des pires tragédies minières de l’histoire du Brésil. La rupture d’un barrage contenant des résidus a libéré une énorme coulée de boue toxique qui a inondé la vallée en tuant une dizaine de personnes et en blessant de nombreuses autres. On estime que 500 personnes ont été déplacées de leurs foyers.

La boue et les résidus miniers se sont déversés dans la rivière Doce, qui est une source d’eau potable au sud-est du Brésil. De ce fait, les autorités municipales ont interdit la consommation humaine de l’eau de la rivière. L’eau contaminée a maintenant atteint l’océan Atlantique.

Dans cette atmosphère de tristesse et de dévastation, les syndicats et les mouvements et organisations de défense de l’environnement et des droits de la personne ont exprimé leur solidarité aux personnes touchées par ce désastre. Du 10 au 12 novembre, la VIe assemblée plénière du congrès de la confédération nationale des travailleurs de la chimie, affiliée à la CUT (CNQ/CUT), ainsi qu’à IndustriALL Global Union, a déclaré sa solidarité avec les habitants de Mariana et les travailleurs et travailleuses de l’entreprise minière.

À la tribune du congrès, la CNQ/CUT a dit:

“Nous espérons que les autorités, le ministère du Travail et les inspecteurs traiteront cette question avec le sérieux auquel elle a droit et prendront toutes les mesures nécessaires pour assurer que cela ne se reproduira pas encore.”

Après des négociations intensives, BHP Billiton a publié un communiqué le 17 novembre, en confirmant que Samarco a signé un engagement préliminaire avec les procureurs brésiliens, garantissant le paiement de 260 millions d’USD pour financer une série de mesures d’urgence, notamment la prévention, la réparation et les conséquences environnementales et sociales de l’accident.

Fernando Lopes, secrétaire général adjoint de IndustriALL, a dit:

Il est très important que Samarco verse des indemnisations pour les dégâts causés, mais on ne peut en aucune façon ramener à la vie les personnes qui sont mortes. Les entreprises doivent investir en personnel et en sécurité environnementale de façon à éviter ce type d’accident.

Pas d’égalité des salaires pour les femmes avant 2133 ?

De plus en plus de femmes occupent des emplois rémunérés. Mais à l’échelle mondiale, les femmes ne gagnent toujours que ce que gagnaient les hommes il y a dix ans, alors que les salaires de ceux-ci ont évolué. Dans 97 pays, plus de femmes que d’hommes étudient à l’université, mais les femmes ne constituent la majorité des travailleurs qualifiés que dans 68 pays. Pire encore, les femmes ne constituent la majorité des dirigeants que dans quatre pays de la planète.

Le fossé entre les genres se réduit dans le monde politique, bien qu’il reste des possibilités d’amélioration. Dans certains cas, des quotas politiques volontaires ont rendu des progrès possibles.

Le Global Gender Gap Report (Rapport mondial sur la parité entre hommes et femmes), classe 145 pays en fonction de leur faculté à combler le fossé entre les genres au niveau de l’implication dans l’économie et les chances offertes (salaire, participation et rôle dirigeant), dans l’éducation (accès aux niveaux fondamentaux et élevés d’enseignement), dans la santé et la longévité (espérance de vie en fonction du sexe) et dans l’émancipation politique (représentation au sein des structures de décision).

Selon le rapport, les dix pays où l’égalité entre les genres est la plus grande sont l’Islande, la Norvège, la Finlande, la Suède, l’Irlande, le Rwanda, les Philippines, la Suisse, la Slovénie et la Nouvelle-Zélande. La nation la moins bien classée est le Yémen.

En mettant de côté tout aspect lié aux droits de la personne, l’absence d’égalité entre les genres n’est pas propice à la croissance économique.

La Secrétaire générale adjointe d’IndustriALL, Monika Kemperle, précise :

Il faudra encore trois générations pour atteindre l’égalité économique avec les hommes. Nous devons mobiliser les partenaires sociaux pour accélérer ce processus. Même dans les pays qui comptent de bonnes législations, celles-ci ne sont pas toujours appliquées. L’égalité de salaire entre hommes et femmes est au bout du compte une problématique de travail décent."

Le rapport est sur : www.weforum.org

Le changement climatique nécessite la Transition Juste

Le 30 novembre, la 21ème session de la Conférence des parties de la convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (UNFCCC) ou en version beaucoup plus courte COP21 s’ouvrira à Paris, France. IndustriALL sera là.

Il semble pour l’instant que malgré la possibilité de complications, un régime visant à limiter les gaz à effet de serre dans le monde, ainsi que des mécanismes portant sur des mesures d’adaptation et de réparation, seront approuvés par les presque 200 États présents à Paris. Le Régime ou Accord de Paris, quel que soit le nom adopté, aura un impact considérable sur les secteurs industriels couverts par IndustriALL.

Les syndicats affiliés à IndustriALL dans 140 pays représentent des millions de travailleurs et travailleuses dans les mines de charbon et d’uranium, la production de pétrole et de gaz, la production et la distribution d’électricité, et dans d’autres industries grosses consommatrices d’énergie comme dans l’acier, l’aluminium, le ciment, le verre, la pâte à papier et le papier. Nos membres fabriquent des éoliennes, des panneaux photovoltaïques et des automobiles équipées de moteurs traditionnels, hybrides et électriques.

De fait, IndustriALL est le syndicat mondial du changement climatique.

Nous voulons garantir une planète aux générations futures. Mais nous voulons aussi nous assurer que nos travailleurs et travailleuses seront protégés et traités équitablement.

C’est ce que nous appelons Transition Juste.

Nous avons participé en septembre au Sommet syndical sur le climat à Paris, à l’invitation de la CSI. Le sommet a adopté trois revendications prioritaires pour l’accord de Paris, en demandant aux gouvernements de:                                              

La transformation industrielle est pour nous synonyme de Transition Juste. En novembre dernier, le Conseil d’administration de l’Organisation internationale du Travail (OIT) a formellement adopté le critère de réalisation des principes de Transition Juste. L’OIT a précisé les mesures essentielles que les pays doivent prendre pour transformer leur économie pour un avenir à faible émission de carbone, créer de nouveaux emplois et soutenir les travailleurs et travailleuses et les communautés dans les secteurs à forte émission de carbone alors que nos industries se transforment.

Le document de l’OIT parle de politiques actives du marché du travail, de développement des compétences, de santé et de sécurité, et de protection sociale.

Les mineurs de charbon appartiennent à l’un des groupes de travailleurs et travailleuses les plus inquiets. Une récente conférence de nos syndicats de mineurs de charbon d’Australie à l’Afrique du Sud et à la Pologne n’a pas manqué de signaler l’ironie dans le fait que l’industrialisation dans l’économie mondiale a été portée par l’industrie minière du charbon et que maintenant les mineurs de charbon sont menacés par les conséquences du développement industriel.

Mais nos syndicats de l’extraction du charbon ont adopté une série de demandes pour soutenir les critères de Transition Juste de l’OIT:

La gestion du changement climatique doit être juste. Si la transition est effectuée correctement, beaucoup d’emplois actuels peuvent répondre aux critères de l’environnement alors que des millions de nouveaux emplois seront créés sur une période donnée.

Nous voulons un avenir attrayant pour les travailleurs et travailleuses d’aujourd’hui, et optimiste pour ceux de demain. Après Paris, nous commencerons à faire le nécessaire pour sa réalisation.

Jyrki Raina
Secrétaire général

La Conférence mondiale de IndustriALL sur l’ingénierie mécanique renforce le pouvoir syndical

À l’invitation de l’affilié Suisse Unia à Berne, Suisse, les 23-24 novembre, les représentants syndicaux de 21 pays ont partagé des expériences et une stratégie. La conférence a fait le point sur les changements survenus dans le secteur depuis la dernière conférence mondiale, il y a quatre ans de cela, à Cincinnati, États-Unis.

La conférence mondiale a adopté un plan d’action ambitieux sur le travail à accomplir dans le secteur au cours des quatre prochaines années. Le plan d’action, conforme aux cinq objectifs stratégiques de IndustriALL, engage le secteur à lutter contre l’emploi précaire, créer et renforcer des réseaux syndicaux d’entreprise, notamment dans la chaîne d’approvisionnement, et élaborer de nouvelles politiques industrielles capables de réagir à la numérisation de la production.

IndustriALL a présenté un rapport détaillé sur l’industrie lors de la conférence. Les affiliés qui veulent en recevoir un exemplaire peuvent en faire la demande au secrétariat.

Tous les syndicats présents à la conférence ont appelé l’attention sur le problème de l’emploi précaire, du fait qu’un grand nombre d’employeurs dans le secteur porte atteinte aux syndicats en donnant la préférence à une main-d’œuvre en sous-traitance.

Cette main-d’œuvre est traitée comme des travailleurs et travailleuses de seconde classe par les employeurs du secteur, avec des salaires plus bas et des conditions plus mauvaises que ceux du personnel permanent. Exposés souvent à des risques de sécurité plus élevés, les travailleurs et travailleuses contractuels craignent souvent de défendre leurs intérêts par peur de représailles de la part de la direction.

Les représentants syndicaux ont également signalé que la tendance croissante d’un recours à la sous-traitance mène directement à des produits de mauvaise qualité.

La conférence a traité du concept Industrie 4.0 et de la politique industrielle de IndustriALL Global Union et de son appel en faveur d’une Transition Juste pour une industrie viable.

Rainer Wimmer, président de l’affilié autrichien ProGe et président du secteur, qui assurait la présidence, a ouvert la conférence:

“L’action réelle se passe au niveau de l’atelier. Rien ne se produit sans solidarité sur le lieu de travail. Nous devons syndiquer le personnel tout au long des chaînes d’approvisionnement, établir des structures de réseau et mettre en place un pouvoir ouvrier.”

Kemal Özkan, secrétaire général adjoint de IndustriALL Global Union, a dit:

Les inégalités de plus en plus grandes sont l’un des plus gros problèmes dans le monde, et menacent de plus en plus la viabilité. Nous devons combattre ces inégalités.

Nous félicitons IG Metall pour la réalisation de l’accord-cadre mondial chez Thyssen Krupp. Cet accord va maintenant constituer un point de référence. En même temps, nous sommes très inquiets de la décision de Caterpillar de réduire de 10 milliards d’USD les coûts, ce qui aura une incidence sur les travailleurs et travailleuses.

Un autre monde est possible. Les 700 syndicats qui constituent IndustriALL dans le monde travaillent ensemble pour établir la solidarité. La syndicalisation et une action conjointe au-delà des frontières renforceront nos voix.

Matthias Hartwich, directeur de IndustriALL pour le secteur de l’ingénierie mécanique a signalé que des réseaux syndicaux actifs existaient chez Caterpillar, John Deere et SKF. Le réseau SKF se bat contre des suppressions massives d’emplois par l’entreprise suédoise:

Nous couvrons un très grand nombre de secteurs. Des changements rapides surviennent chez beaucoup de nos sous-secteurs. La numérisation nous concerne tous. Industrie 4.0 s’ajoute aux problèmes traditionnels, comme le offshoring et le besoin de collègues pour améliorer constamment les connaissances et les compétences. Nous avons également le problème de l’emploi précaire. Dans nos secteurs, les travailleurs et travailleuses sont de moins en moins employés directement, mais remplacés par du personnel en sous-traitance engagés par des entrepreneurs.

Julius Christian de IG Metall a demandé davantage d’unité au sein des réseaux d’entreprise:

“ThyssenKrupp cherche à nous diviser. Nous devons serrer les coudes, négocier ensemble et nous organiser dans notre réseau. C’est ici mon message essentiel.”

Jody Mauller du syndicat nord-américain IBB a réagi aux rapports plutôt durs sur les attaques du patronat contre les droits syndicaux en Europe:

“Mon message à nos camarades européens quand des employeurs décident de s’accrocher au modèle américain est de riposter pour se défendre.”

Vania Alleva, présidente de Unia:

“Dans l’environnement actuel – dans le monde mais aussi ici en Suisse – il est important d’avoir des syndicalistes particulièrement actifs. Je suis continuellement impressionnée par l’engagement et le dur travail d’un grand nombre de nos collègues. Vous confirmez ma conviction que nous pouvons réaliser des choses. Ensemble, nous pouvons surmonter les énormes défis qui nous font face.”

La conférence a élu à l’unanimité deux co-présidents pour le secteur, Christiane Benner de IG Metall et Rainer Wimmer président de ProGe.

Honte à Shell ! Les travailleurs pakistanais se syndiquent, la direction déploie des troupes

IndustriALL Global Union a fait état en août du succès de son affilié pakistanais, la PCEM (Fédération pakistanaise des Syndicats de Travailleurs de la Chimie, de l’Énergie, des Mines et des Industries diverses), chez Shell. Ce syndicat soutenait 300 travailleurs dans leur revendication juridiquement fondée de passer de contrats précaires à permanents.

Les travailleurs de l’usine de mélange de lubrifiant de Shell Pakistan située à Keamari (Karachi) avaient d’abord déjà tenté de faire enregistrer leur syndicat des Travailleurs d’Insaf Shell Pakistan en 2013. Shell avait fait appel de cet enregistrement en arguant que les 300 travailleurs sous-traitants n’étaient pas officiellement des salariés de Shell.

Le 16 juillet 2015, l’office d’enregistrement des syndicats du Pakistan a rejeté l’appel formulé par la direction.

Néanmoins, plutôt que de reconnaître le nouveau syndicat et négocier une nouvelle convention collective, la direction de Shell Pakistan a introduit un nouvel appel devant l’office national d’enregistrement des syndicats à Islamabad pour empêcher la tenue d’un scrutin syndical sur le lieu de travail. Ce second appel a également été rejeté le 30 octobre.

Le Président de la PCEM Imran Ali, qui préside également le Conseil national d’IndustriALL du Pakistan, fait savoir :

"Plutôt que de permettre à ses travailleurs de se prononcer sur la présence d’un syndicat, Shell Pakistan a déployé des éléments paramilitaires au sein de l’usine ce 17 novembre. L’entreprise a engagé 100 nouveaux travailleurs par le biais de sous-traitants et va punir ses travailleurs en externalisant le conditionnement des lubrifiants.”

Le Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, Kemal Özkan, poursuit :

Comment cette énorme multinationale ose-t-elle traiter ses travailleurs au Pakistan avec autant de dédain ? Les salariés de Shell à Karachi veulent simplement ce que la loi leur accorde, à savoir un contrat digne de ce nom et le droit à la parole sur leur lieu de travail par le biais d’un syndicat. Je ne pense pas que cela puisse justifier la réaction de la direction qui consiste à mobiliser des forces de sécurité. IndustriALL se range aux côtés de son affilié, la PCEM.

IndustriALL condamne la répression des syndicats coréens

Plus de 2.000 policiers ont, selon nos informations, été employés pour perquisitionner huit bâtiments syndicaux y compris le siège et les bureaux de Séoul de l’affilié d’IndustriALL le KMWU (Syndicat coréen des Métallurgistes).

Au cours de ces raids menés le 21 novembre, des policiers munis de mandats ont saisi dans ces locaux syndicaux des ordinateurs, du matériel et des documents internes.

La police a également mené des opérations dans les locaux de la Confédération coréenne des Syndicats ainsi que de certains de ses affiliés et arrêté des syndicalistes.

Ces raids interviennent à peine une semaine après que des milliers de coréens sont descendus dans les rues pour protester contre l’intention du gouvernement de modifier la législation du travail en vue de rendre plus facile pour les puissants conglomérats que compte le pays de licencier des travailleurs et de réduire les salaires.

La population a également manifesté contre l’intention du gouvernement de remplacer tous les actuels manuels d’histoire indépendants des écoles par des textes publiés par le gouvernement. La Présidente Park Geun-hye est la fille du dictateur militaire qui a dirigé la Corée entre 1961 et 1979 et beaucoup voient dans sa politique une tentative de réécrire le passé, sous le règne de son père.

Dans le même temps, la répression syndicale en Corée s’intensifie et plusieurs syndicalistes ont été arrêtés ces dernières semaines. Les autorités coréennes ont pour habitude de fermer les yeux sur les violations des droits syndicaux et de la personne, pour se ranger aux côtés des énormes conglomérats industriel, ou chaebols, qui dominent le pays.

Les affiliés du KMWU qui représentent les travailleurs sous-traitants sur les chantiers navals du plus grand opérateur mondial Hyundai Heavy Industries (HHI) étaient à Genève la semaine dernière pour tirer la sonnette d’alarme à propos du nombre de décès sur les chantiers navals de Hyundai en Corée.

Alors même que les tribunaux ont jugé HHI coupable de pratiques de travail déloyales, le gouvernement a fermé les yeux sur les abus de l’entreprise.

Jyrki Raina, Secrétaire général d’IndustriALL a déclaré :

Les raids menés par la police à l’encontre des syndicats sont injustes et totalement anti-démocratiques. La Présidente Park est en train de faire régresser la Corée vers son passé dictatorial. Mettre les syndicats sous l’éteignoir ne va faire qu’alimenter la défiance du public et la frustration des travailleurs. Nous rendons hommage à nos affiliés coréens pour leur résistance face aux réformes régressives prévues pour la législation du travail et nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour les assister dans cette lutte importante.

Mobilisation des syndicats nigérians pour la Journée de l’industrialisation de l’Afrique

Le coup d’envoi a été donné à la série d’évènements pour la célébration de la Journée de l’industrialisation de l’Afrique avec une table ronde d’orientation au cours de laquelle les affiliés nigérians de IndustriALL ont fait état des difficultés rencontrées dans leurs branches auprès des représentant(e)s du ministère de l’Industrie, du Commerce et de l’Investissement, du ministère du Travail et de l’Emploi, des service des douanes, de la Commission de l’électricité et de la fédération des employeurs.

Une industrialisation rapide est nécessaire de toute urgence au Nigeria. Au lieu de se développer, les industries sont en déclin. Le secteur de la confection, qui employait 300.000 travailleuses et travailleurs, offre maintenant seulement 30.000 emplois. La contrebande est un problème majeur au Nigeria avec des importations illégales de textiles et de vêtements de de Chine et d’autres pays qui dominent sur le marché intérieur dans la proportion de 90 pour cent.

L’impact sur l’industrie locale a eu des effets dévastateurs. Comme bien d’autres pays africains, les matières premières que le Nigeria possède en abondance, sont exportées alors que les marchandises fabriquées sont importées. Il y a un manque de capacité de raffinage, qui laisse le Nigeria dépendant de produits importés comme l’essence. L’approvisionnement électrique est peu fiable et coûte cher, et représente en moyenne 40 pour cent des coûts de production.

Plusieurs orateurs ont déclaré que la chute des prix du pétrole a mis en exergue le besoin urgent de diversifier l’économie au Nigeria et de remettre en service les raffineries.

Pour la première fois, des syndicats du Ghana et d’Afrique du Sud ont participé aux évènements pour tirer des enseignements des syndicats nigérians sur la manière dont la Journée de l’industrialisation de l’Afrique peut être utilisée par les syndicats pour mobiliser et promouvoir leur programme de politique industrielle.

La table ronde d’orientation a été suivie par un défilé des affiliés de IndustriALL jusqu’à l’Assemblée nationale, où ils ont été rejoints par la centrale nationale NLC et des syndicats d’autres secteurs, pour demander aux législateurs d’appuyer le programme de politique industrielle des syndicats.

Jyrki Raina, secrétaire général de IndustriALL qui s’était joint aux activités, a fait l’éloge des syndicats nigérians pour leur initiative visant à réunir les syndicats avec des représentants du gouvernement et des entreprises pour débattre de la politique industrielle des syndicats au Nigeria.

Nos affiliés nigérians ont placé la barre haut en montrant comment une mobilisation de masse en faveur de politiques industrielles qui bénéficient aux travailleurs et travailleuses peut influencer le gouvernement pour qu’il fasse son travail pour créer un environnement positif permettant à l’industrie de prospérer et de créer des emplois.

Cet activisme a besoin maintenant de se développer pour couvrir le reste du continent, et IndustriALL jouera un rôle majeur en exigeant la prise de politiques industrielles durables pour Afrique.

IndustriALL continuera de travailler avec ses affiliés africains pour développer leurs actions visant à promouvoir une politique industrielle durable, en encourageant notamment des mobilisations massives dans d’autres pays africains à l’occasion de la Journée de l’industrialisation de l’Afrique 2016.