PROFIL: Les USAS – alliés syndicaux en action

Avec des milliers de membres dans plus de 150 hautes écoles et universités aux États-Unis et au Canada, les USAS ont eu recours à la force collective des étudiants pour entraîner le changement aussi bien au pays qu’à l’étranger depuis 19 ans.

“Nous recourons au pouvoir que nous avons en tant qu’étudiants pour forcer nos universités à mettre fin à leur relations commerciales avec des marques qui violent les droits des travailleurs où que ce soit au sein de leur chaîne mondiale d’approvisionnement,” explique Morgan Currier, coordinateur des campagnes internationales des USAS et recruteur national.

“Et nous ne faisons pas ça juste dans le vide, mais bien en solidarité avec des travailleurs qui, souvent, mettent leurs vies en jeu pour syndiquer dans leurs usines, pour obtenir un salaire vital, de meilleures conditions de travail et leur mot à dire sur leur lieu de travail.”

Une campagne des USAS a forcé 21 universités à mettre fin à leurs contrats de fourniture d’articles à leur sigle auprès de VF Corporation, le plus grand fabricant de vêtements de marque au monde, parce qu’il a refusé de signer l’Accord du Bangladesh sur la sécurité ayant trait aux incendies et aux bâtiments.

VF Corporation, qui produit North Face, Vans, Jansport, Timberland et 32 autres marques, se fournit auprès de 90 usines au Bangladesh qui emploient plus de 190.000 travailleurs et travailleuses de la confection.

Les actions des USAS sont fréquemment liées à des causes d’IndustriALL et viennent les soutenir. Plus d’un an de campagne intensive menée par les USAS a conduit The Children’s Place à verser 2 millions de dollars de plus au fonds d’indemnisation du Rana Plaza. La marque de vêtement pour enfants bien connue avait d’abord versé 450.000 dollars, un montant bien inférieur à ce que demandaient les syndicats et les ONGs.

Parallel de la solidarité avec les ouvriers et ouvrières de la confection, les USAS font campagne pour de meilleurs salaires et droits pour les personnes qui travaillent sur les campus universitaires et pour stopper la privatisation du système éducatif public.

Les USAS, dont le siège se situe dans les bureaux de l’affilié d’IndustriALL, les Métallos USW, à Washington D.C., mènent également des campagnes de solidarité contre Walmart et T-Mobile :

“Sur le plan domestique, nous recrutons aux côtés des enseignants auxiliaires, des travailleurs des cantines, des agents d’entretien, des internes et des travailleurs des fast-foods de nos campus, ainsi que de tous ceux qui, au sein de nos communautés, montent des syndicats, se battent pour de meilleurs contrats ou luttent pour obtenir 15 dollars de l’heure,” ajoute Currier.

Sur le plan international, les USAS continuent à soutenir les travailleurs au Bangladesh en ciblant VF Corporation, ils soutiennent les travailleurs du Golfe et ils lancent une nouvelle campagne intitulée Librairies sans Misère. La campagne demande aux universités de s’assurer qu’au moins 30% de ce qui se vend dans leurs librairies provienne d’usines qui versent des salaires vitaux, accordent la liberté syndicale et possèdent une convention collective de travail.

“Notre but est de voir un jour les travailleurs et travailleuses de la confection syndiqués partout pour reprendre le pouvoir à ces grandes chaînes de vêtements chez qui nous achetons tous les jours aux États-Unis et dans nos librairies.

“En parlant avec les travailleurs sur nos campus et en rencontrant les travailleurs qui, de par le monde, produisent nos vêtements qui portent nos sigles, les étudiants apprennent comment les luttes des travailleurs et étudiants sont connectées entre elles partout dans le monde,” indique Currier.

Un terrain pour la formation syndicale

Une des plus grandes priorités des USAS est de former des étudiants à devenir des militants et des recruteurs syndicaux après leurs études. Un très fort pourcentage de diplômés USAS de ces 19 dernières années sont actuellement des recruteurs ou des militants syndicaux actifs.

“Les membres des USAS non seulement ont une compréhension poussée de l’importance du mouvement syndical pour la prise en compte des problématiques des inégalités raciales et économiques, mais ils ont également les outils pour les aborder de front et mener des campagnes avec les travailleurs. Nous ne nous considérons pas seulement comme une organisation qui vise des multinationales par des campagnes, mais aussi comme un terrain, unique dans le monde universitaire, permettant une formation pratique de la prochaine génération de leaders syndicaux,” précise Currier.

ENQUÊTE: Leaders syndicaux du futur projet d’IndustriALL pour les jeunes en Amérique latine

Un des principaux objectifs d’IndustriALL est de renforcer les syndicats. Pour atteindre ce but, IndustriALL s’efforce d’accroître la participation des jeunes travailleurs au sein de leurs syndicats et de renforcer les organisations nationales et internationales auxquelles ils appartiennent. Les projets d’IndustriALL pour les jeunes en Amérique latine encouragent les jeunes travailleurs à réfléchir sur leurs valeurs, à développer leurs idées et à promouvoir l’équité intergénérationnelle.

Marino Vani, Secrétaire régional adjoint du bureau d’IndustriALL pour l’Amérique latine et les Caraïbes et Coordinateur des projets pour les Jeunes d’IndustriALL, précise que former de jeunes syndicalistes profite au mouvement syndical dans son ensemble :

Les jeunes travailleurs d’aujourd’hui comprennent la société mondialisée et identifient les défis majeurs auxquels font face travailleurs et syndicats. Ils apportent des idées nouvelles et suggèrent des manières innovatrices pour recruter et mobiliser les travailleurs. En combinant la force des syndicalistes expérimentés avec l’enthousiasme des jeunes travailleurs, nous pouvons créer des syndicats plus forts.

IndustriALL – Projet FES Jeunes

Ce projet sur trois ans a pour objectif d’habiliter les jeunes et d’augmenter leur participation dans les activités syndicales, de renforcer leur capacité à diriger et d’améliorer la mobilisation et la syndicalisation tant au niveau national qu’international. Des syndicats d’Argentine et du Brésil y participent en compagnie d’IG Metall (Allemagne) et la FES.

Le but principal d’IndustriALL est de promouvoir un échange d’expériences par le biais d’activités interactives, permettant aux jeunes participants d’exprimer leurs idées et de partager l’expérience acquise au sein de leurs organisations respectives. De plus, l’objectif est de faire de ces expériences des modèles pour réaliser des actions par eux-mêmes.

“L’intention est de permettre aux jeunes d’amener une nouvelle manière de penser et d’agir sur leurs lieux de travail avec un esprit d’identité, tant au plan local que mondial,” indique Marino Vani.

Les participants se rencontrent une fois par an au Brésil en 2015, en Argentine en 2016 et en Allemagne en 2017. Au cours des réunions, ils évoquent les structures syndicales, la négociation collective au nom des jeunes et leur participation au plan politique tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de syndicats des pays hôtes.

IndustriALL – Projet SASK Jeunes

Ce projet syndical pour les jeunes travailleurs implique des adhérents d’affiliés d’IndustriALL dans cinq pays latino-américains : Brésil, Colombie, Mexique, Nicaragua et Uruguay. Le but est de donner de l’autonomie aux jeunes afin de renforcer les politiques et actions syndicales et d’y favoriser leur implication.

“Avec ce projet, nous voulons changer les structures syndicales afin qu’elles puissent prendre en compte ce que les jeunes générations ont à dire,” indique Marino Vani. “Nous voulons encourager les affiliés qui n’ont pas encore de structures prévues pour les jeunes travailleurs à développer des politiques les concernant.”

Le projet comprend des activités, des propositions, de la formation et du matériel didactique pour chaque pays participant, formulés par les syndicats qui y sont actifs.

Apprendre de chacun

Pendant sept jours en octobre, plus de 30 jeunes travailleurs issus d’Allemagne, d’Argentine, du Brésil, du Chili, de Colombie, du Mexique, du Nicaragua, du Pérou, de la République Dominicaine et d’Uruguay se sont rencontrés à São Paulo, au Brésil dans le cadre des projets d’IndustriALL pour les jeunes de la région.

Des jeunes travailleurs des syndicats FONIVA, SUTNA et UOM d’Argentine, CNM-CUT, CNTM-FS, CNQ-CUT, CNTV/CUT et CONACOVEST du Brésil et d’IG Metall d’Allemagne, ont visité des usines, des bureaux syndicaux, une chaîne de TV pour les travailleurs et ont participé à une série d’ateliers pour débattre de la manière dont les jeunes travailleurs se syndiquent et prennent leur place au sein des organisations locales.

Mercy Sigrid Castillo Huaman de la Fédération nationale des Travailleurs du Textile du Pérou participe au projet de la FES :

“Ce qui m’a incité à y participer, c’est l’occasion qu’il me donne d’apprendre à connaître la situation dans différents pays d’Amérique latine et en Allemagne. Je n’ai jamais voyagé à l’étranger avant parce que je ne peux pas me le permettre, mais le projet m’en a donné l’opportunité ainsi que de me rendre compte de la façon dont les autres personnes vivent.

“J’ai vu que la situation dans d’autres pays est meilleure que dans le mien, le Pérou. Quand je suis allée par exemple au Brésil, certaines choses ont eu un grand impact sur moi parce qu’elles étaient très différentes et j’ai donc décidé d’en discuter une fois de retour au pays afin d’essayer de changer le sort des travailleurs dans mon pays.”

En plus de participer à des sessions formelles de formation, les jeunes travailleurs ont pu appréhender la syndicalisation et le rôle des jeunes en visitant des lieux de travail et des locaux syndicaux, dont ceux des affiliés brésiliens d’IndustriALL, le Syndicat de la Chimie CUT et FEQUIMFAR.

À la CUT, les participants ont appris comment le syndicat est organisé et comment fonctionne sa politique des jeunes. Ils ont aussi entendu quels sont les problèmes auxquels sont confronté les travailleurs brésiliens tel que la faculté pour les employeurs de les licencier à leur guise, ce qui crée une insécurité d’emploi. Les syndicats n’ont pas encore pu obtenir tous les droits inscrits dans les conventions de l’OIT.

Le groupe a visité l’usine Volkswagen de São Bernardo do Campo et débattu des principes de formation et des politiques du syndicat, des formes de syndicalisation, de la manière dont les négociations sont menées au niveau local et de la manière dont le syndicat est structuré à partir du lieu de travail, via les structures locales jusqu’aux centrales nationales.

Le Syndicat des Métallurgistes ABC a fondé une station de TV, la Télévision des Travailleurs (TVT) à São Bernardo do Campo. Cette chaîne a un auditoire de 20 millions de personnes et vient en complément d’un journal régional et d’un quotidien syndical. Les participants ont visité les studios de TV et ont reçu des informations sur l’éducation des travailleurs et sur les politiques de communication.

IndustriALL encourage l’égalité des sexes et des générations dans les syndicats. Une journée a donc été consacrée aux politiques syndicales sur le genre et les jeunes. Les participants ont visité Força Sindical (FS) pour un exposé sur les mesures prises pour augmenter la participation des jeunes.

FS a un quota de participation minimum des jeunes de 10% pour ses syndicats affiliés et sa politique des genres établi une participation minimum de 30% pour les femmes.

Cependant, dans d’autres pays, tous les syndicats qui aspirent à une équité des genres et des générations n’ont pas un quota de participation minimum des jeunes et des femmes.

“Au Pérou, on ne trouve pas beaucoup de jeunes ou de femmes aux postes de direction des syndicats. Nous comptons maintenant cinq femmes à la fédération du textile et deux d’entre nous sont des jeunes. Le pays compte beaucoup de sexisme, j’ai donc été surprise par certaines choses confiées par des femmes au Brésil, comment elles ont mené de dures campagnes et tout ce qu’elles ont obtenu. Je leur ai demandé comment elles avaient pu obtenir certaines de leurs victoires,” a confié Mercy Sigrid Castillo Huaman.

“Par exemple, une des choses qui m’ont marquées sont les six mois au cours desquels elles disposent de facilités pour l’allaitement maternel. Au Pérou, les femmes ne disposent que de trois mois, ce que j’estime inhumain. Donc, une fois rentrée, je l’ai confié à mes collègues et elles me soutiennent pour proposer une amélioration de notre législation. Mais, comme je suis jeune, je sais que je dois apprendre de l’expérience de mes collègues plus âgées qui peuvent m’indiquer comment gérer les choses.”

Transformer les idées en action

Le Projet Jeunes géré par le centre de solidarité syndicale de Finlande SASK concerne des affiliés d’IndustriALL de cinq pays : Brésil, Colombie, Mexique, Nicaragua et Uruguay. Au cours des trois dernières années, 750 jeunes travailleurs ont pris part à des séminaires nationaux.

Mariela Sánchez Casas, 27 ans, du Syndicat national des Mineurs du Mexique (SNTMMSRM) explique pourquoi elle a décidé de prendre part au projet du SASK :

“J’ai réalisé que tous les jeunes n’avaient pas les connaissances nécessaires pour syndiquer les travailleurs, ce qui signifie que les jeunes n’ont pratiquement aucune occasion de rejoindre le mouvement. Quand j’ai été invitée à participer au projet, j’y ai donc vu une chance d’avancer et d’aider d’autres jeunes travailleurs à contribuer à la vie syndicale.

“Nous voulons collaborer avec les générations précédentes. Nous voulons apprendre à les connaître petit à petit et obtenir d’elles plus d’ouverture à notre égard. C’est bien de travailler ensemble parce que nous pouvons bénéficier de leur expérience et de ce qu’elles ont appris au cours du temps. Et elles, en retour, peuvent apprendre de notre part sur les nouvelles tendances et sur ce qui se fait actuellement. Nous pouvons leur apprendre à utiliser internet et les réseaux sociaux pour pouvoir communiquer plus facilement. Par le passé, les questions syndicales étaient traitées différemment, verbalement. Maintenant, il est plus facile de recruter parce qu’il y a davantage d’outils à disposition pour syndiquer.”

Plus de 70 participants des deux projets se sont rencontrés pour débattre des moyens de pour mieux syndicaliser les jeunes travailleurs et relever les défis rencontrés par leur groupe d’âge. Ils ont échangé des idées sur les politiques syndicales et discuté de la manière de collaborer à l’avenir.

“Nous avons fait de sérieux progrès en aidant les jeunes travailleurs à se syndiquer et à développer des visions pour favoriser la présence des jeunes dans les syndicats. Nous sommes reconnaissants du soutien de nos affiliés qui nous ont aidés à mettre en œuvre la stratégie d’IndustriALL pour promouvoir la jeunesse,” déclare Marino Vani.

Les représentants des jeunes développent maintenant des propositions à présenter au Congrès de Rio en 2016 pour les inclure dans le plan d’action d’IndustriALL. Les jeunes travailleurs doivent contribuer à définir les stratégies et être présents à la table de négociation s’ils veulent améliorer les choses pour la jeunesse.

“IndustriALL m’a aidée dès le départ. Sur un plan personnel, j’ai eu plus d’occasion de m’impliquer, de rencontrer des travailleurs à l’étranger et de participer à des réunions de l’OIT. J’ai appris beaucoup sur le syndicalisme dans mon pays et cela a changé ma perception de la vie. Avant, je voulais travailler et gagner beaucoup d’argent. Maintenant, je vais me servir de ma carrière et de mes connaissances également pour aider la classe ouvrière,” nous dit Mariela Sanches Casas.

PROFILE: Les super-héros à la rescousse

Le modèle suédois dans lequel employeurs et syndicats fonctionnent la plupart du temps par consensus, a régné sans partage depuis les années 1940. Mais, même avec une forte tradition syndicale, les dernières décennies ont vu un déclin continu des effectifs syndicaux.

Unionen perdait des membres et les estimations indiquaient la persistance de cette tendance à l’avenir. En 2010, le Comité exécutif d’Unionen a pris une décision claire et concise : à l’échéance de 2015, les effectifs devaient augmenter de 100.000 unités pour atteindre un total de 600.000.

“Nous ne pouvions pas continuer sur cette voie et nous avons changé notre fusil d’épaule. Il n’était plus question de savoir comment nous pouvions adapter l’organisation à des effectifs en baisse, mais au contraire nous devions recruter et croître,” dit Martin Linder, Président d’Unionen.

L’organisation s’est astreinte à poser la question “voulez-vous devenir membre d’Unionen ?” Martin Linder précise que souvent, la question n’était même pas posée sur le lieu de travail.

“Il fallait que toute l’organisation pose cette question et créer une culture en vertu de laquelle la question la plus importante à poser serait celle-là. Unionen peut offrir le meilleur plan d’adhésion du monde, si personne ne le sait, nous ne survivrons pas.”

Pour une grande partie de la population active de Suède, le travail n’est pas associé avec des difficultés majeures. Unionen a voulu faire passer l’image du syndicat de pourvoyeur de solutions à fournisseur d’améliorations. En montrant les bénéfices d’une adhésion syndicale, comme des réductions, un coaching carrière, des allocations de chômage majorées uniquement pour les membres, Unionen a concentré son message sur les médias sociaux. Le premier résultat lorsque vous tapez dans Google “marché du travail” en suédois (arbetsmarknad) est Unionen.

Unionen a également attiré beaucoup l’attention par son marketing plus traditionnel :

des publicités sur le thème des super-héros.

Décrire ce qu’Unionen a fait pour accroître ses effectifs est un défi dans un perspective internationale.

“Nous produisons des publicités avec des super-héros alors que dans d’autres pays des dirigeants syndicaux sont emprisonnés en raison de leurs luttes,” commente Martin Linder.

“Même si nous avons eu recours à des mesures assez peu conventionnelles dans le monde syndical, comme ces publicités où apparaissent des super-héros, je pense que de nombreux syndicats dans le monde peuvent s’identifier aux défis qui étaient les nôtres : recruter ou mourir.”

La campagne de recrutement a généré pas mal de débat, aussi bien à l’interne chez Unionen qu’au sein d’autres syndicats suédois.

“La plus importante leçon à en tirer est que vous devez faire les choses à votre manière. Ce qui fonctionne en Suède, une démocratie stable de neuf millions de citoyens, pourrait ne pas marcher ailleurs.“

Unionen a l’intention de continuer à croître. Il y a 1,3 millions de travailleurs non-manuels en Suède. Un tiers d’entre eux sont membres de Unionen, un tiers appartient à un autre syndicat et un tiers n’est pas syndiqué.

“Nous avons appris beaucoup ces cinq dernières années et il est évident que nous n’en avons pas fini ! Notre vision est que l’ensemble des salariés non-manuels devraient être membres du même syndicat,” déclare Martin Linder.

Comme dans le reste du monde, le travail précaire s’accroît en Suède. Unionen débat sur les moyens de syndiquer les salariés qui n’ont pas un emploi permanent et de conclure des conventions qui apportent de la sécurité à ce groupe.

“Nous ne pouvons nous résoudre à ignorer cette part du marché du travail ; si nous ne syndiquons par les travailleurs en sous-traitance, nous perdrons notre légitimité et notre crédibilité.

“Ce n’est pas leur type d’emploi qui compte, nous les voulons comme membres d’Unionen,” conclut Martin Linder.

Turquie – couronnement d’une longue campagne par une convention collective

À la fin de 2012, le syndicat de la confection Deretiks a commencé à syndiquer les travailleuses et travailleurs de l’usine Ismaco, un fournisseur de la marque italienne haut de gamme Ermenegildo Zegna. Malgré une série d’efforts constructifs de la part du syndicat, la réponse de la direction avait été de mettre ä pied neuf syndicalistes pour des activités de syndicalisation.

En signe de protestation, les personnes mises à pied se sont rassemblées devant la zone franche de Tuzla à Istanbul pendant 245 jours. Le syndicat a également organisé des protestations devant des magasins Zegna à Istanbul.

Lors d’une visite en Turquie en 2013, Kemal Özkan, secrétaire général adjoint de IndustriALL, avait demandé à Ermenegildo Zegna de respecter les droits du travail, de réintégrer les personnes mises à pied et de reconnaître la présence du syndicat sur le lieu de travail.
 
Pour soutenir son affilié, IndustriALL a organisé plusieurs actions avec Deriteks, Ermenegildo Zegna et Ismaco pour tenter de trouver une solution. À la fin de 2014, IndustriALL et ses affiliés italiens et turcs de la confection ont convenu d’un document comportant une approche commune et reconnaissant la liberté syndicale pour tous les salariés de l’usine.
 
Au début de 2015, IndustriALL et Ermenegildo Zegna ont organisé une réunion à la mairie avec l’ensemble des travailleuses et travailleurs de l’usine pour annoncer l’accord conjoint. Ce fut le point de départ qui a permis à Deriteks de syndiquer le personnel de l’usine.
 
Le 1er juin 2015, Deriteks a reçu l’autorisation syndicale du ministère du Travail pour commencer à mener des négociations collectives. IndustriALL a continué d’appuyer Deriteks dans les négociations pour la conclusion de l’accord.

Kemal Özkan, secrétaire général adjoint de IndustriALL, dit:

Il s’agit d’une importante victoire pour Deriteks et tous les syndicats en Turquie, qui montre bien la force du monde du travail quand nous agissons ensemble.

Nous félicitons Deriteks et transmettons notre gratitude à nos affiliés italiens pour leur soutien, et à la direction d’Ermenegildo Zegna pour sa coopération.

Les gouvernements débattent de la crise de l’acier en l’absence de la Chine

Fernando Lopez, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, a déclaré :

“Il est inacceptable de la part de tout gouvernement de choisir d’être présent au sein des institutions mondiales qu’il considère lui être bénéfiques et de décider d’être absent de celles qui posent des questions difficiles.”

Les événements récents au sein du secteur ont conduit à ce que 30% des affaires de défense commerciale au plan mondial concernent l’acier. L’acier figure maintenant en tête des secteurs affectés par des mesures de distorsion commerciale et presque 20% de toutes les mesures mises en place ont un impact sur le secteur.

Les poursuites pour commerce déloyal concernant l’acier se multiplient maintenant à un rythme soutenu et ont atteint un niveau historique. La cause principale de l’escalade actuelle des mesures commerciales sont les surcapacités qui se traduisent par une offre excédentaire sur les marchés et des turbulences commerciales sur les marchés mondiaux de l’acier. IndustriALL a souligné dans sa Déclaration de Pittsburgh en 2015 sa conviction que la Chine pratique le dumping sur 90 millions de tonnes d’acier qui aboutissent sur les marchés mondiaux.

Des pays qui auparavant ne pratiquaient pas couramment des aides pour le commerce de l’acier ont maintenant recours à ces mesures, comme le Chili, l’Égypte, le Pakistan, l’Indonésie, l’Inde, la Malaisie, le Maroc, la Thaïlande et la Turquie.

En ces temps critiques pour le secteur de l’acier, IndustriALL a, dans son argumentaire auprès de l’OCDE, présenté un plan de redressement en cinq points qui détaille ce qui suit :

  1. L’OCDE doit jouer un rôle plus actif pour mettre fin au dumping qui est actuellement opéré sur l’acier et s’assurer que les Règles de l’OMC soient respectées.
  2. L’OCDE devrait étudier et recommander des mécanismes pour normaliser la situation au sein du secteur de l’acier. L’un de ces mécanismes serait un ajustement aux frontières en faveur de l’emploi (ceci fonctionnerait comme un ajustement fiscal aux frontières, mais prendrait en partie en compte l’impact sur l’emploi local dans ses critères d’évaluation).
  3. L’OCDE devrait s’assurer que toutes les parties au Comité de Haut Niveau sur l’Acier se conduisent de manière responsable et soient redevables de leurs actes.
  4. Un point récurrent de l’ordre du jour des réunions futures devrait concerner les litiges commerciaux en cours, en précisant les parties qui les ont introduits et contre qui.
  5. Le Secrétariat de l’OCDE devrait conduire une étude sur l’impact probable sur la durabilité future des industries de l’acier au sein des pays membres si la situation devait être autorisée à se maintenir.

Rob Johnston, s’exprimant au nom d’IndustriALL a informé les participants en ces termes :

“Nous sommes convaincus que le secteur n’est plus seulement confronté à un problème, il est clair que nous connaissons maintenant une crise. Nos adhérents paient le prix de l’inaction au niveau de leurs emplois et des communautés au sein desquels ils vivent. Il faut agir et il faut que ce soit maintenant”

Sherritt refuse des pourparlers avec le gouvernement sur les pertes d’emplois dans sa mine à Madagascar

À la suite d’une lettre de IndustriALL et des syndicats locaux au Premier ministre malgache, le gouvernement a demandé à la direction de Sherritt Ambatovy d’assister à une réunion avec des syndicats et des dirigeants communautaires le 26 novembre. Néanmoins, l’entreprise a refusé en insistant pour que la question soit au contraire déférée à un tribunal.

Sherritt a enfreint les procédures juridiques et la législation du travail malgaches en juin de cette année en mettant en chômage technique des centaines de travailleurs et travailleuses de ses installations du nickel d’Ambatovy pendant six mois sans consulter le comité d’entreprise d’Ambatovy.

Lors d’une réunion le 17 novembre, Sherritt a dit que seulement 10 pour cent des salariés mis en chômage technique seraient réintégrés. L’entreprise a dit que les 443 salariés directs restants d’Ambatovy perdraient leur emploi, notamment des représentants du personnel protégés normalement par la loi dans une telle situation.

Selon la législation du travail malgache, les licenciements massifs doivent avoir lieu en consultation avec le comité d’entreprise, lequel doit disposer du temps et de l’information nécessaires pour évaluer la nécessité de pertes d’emploi  importantes. Cette information n’a jamais été fournie.

En outre, Sherritt a suspendu unilatéralement le comité d’entreprise d’Ambatovy quand les membres du comité ont refusé de signer le procès-verbal de la réunion du 17 novembre. Le procès-verbal n’a pas été signé parce que des membres du comité d’entreprise étaient inclus dans les pertes d’emplois, et que les membres restants n’étaient pas représentatifs des travailleurs et travailleuses.

IndustriALL et son affilié à la mine, FESATI, ainsi que les autres syndicats SVS et SEKRIMA, ont demandé la réintégration de tous les travailleurs et travailleuses.

Au total, environ 900 personnes perdent leur emploi. Malgré la baisse des prix du nickel sur les marches mondiaux, les dirigeants syndicaux estiment que Sherritt se saisit de l’occasion pour démanteler les syndicats à la suite de plusieurs grèves.

Pendant ce temps, Sherritt embauche des salariés expatriés et des migrants, ainsi que des travailleurs contractuels locaux.

Unifor, affilié canadien de IndustriALL, qui représente les travailleurs et travailleuses de Sherritt Canada, a également écrit au siège de l’entreprise pour exprimer son inquiétude sur les démantèlements syndicaux.

Le directeur du secteur minier à IndustriALL, Glen Mpufane, a dit:

Sherritt a fait preuve d’une totale arrogance par son refus d’une médiation avec les dirigeants syndicaux à l’invitation du gouvernement régional. Nous engageons vivement Sherritt à entamer des négociations et à se conformer à la législation malgache. 

Les syndicats roumains demandent le rétablissement des droits du travail

La loi 62 sur le dialogue social adoptée par le gouvernement en 2011 sous la pression du Fonds monétaire international et des milieux d’affaires, et sans débat au Parlement, a modifié radicalement le système des relations industrielles en Roumanie. Les changements à la législation du travail ont eu une incidence sur des aspects importants des relations d’emploi, comme les contrats de travail, la négociation collective et la durée du travail, ainsi que la représentativité et le droit de grève. La loi a aboli notamment la négociation collective au niveau national et a rendu quasiment impossible la négociation au niveau sectoriel.

La situation des travailleurs et travailleuses a empiré depuis l’introduction de ces changements. Beaucoup de syndicats locaux ont perdu leur statut représentatif. “On a constaté un déclin massif du nombre de conventions collectives signées par des syndicats” dit Alexandru Rus, président de Metarom affilié à IndustriALL et membre du réseau syndical mondial de Tenaris. 

Dans beaucoup d’entreprises, ajoute-t-il, “les conventions collectives sont signées par de soi-disant représentants des salariés dépourvus d’expérience en matière de négociation collective et des compétences et connaissances appropriées.  Dans de telles conditions, les intérêts des travailleurs et travailleuses sont mal servis.  En outre, les restrictions au droit de grève ont eu un effet sur la capacité des syndicats à se mobiliser de façon significative.”

Dans une lettre conjointe adressée au Premier ministre roumain, IndustriALL Global

Union et IndustriAll European Trade Union ont condamné les attaques répétées contre les droits des travailleurs et travailleuses et leurs représentant(e)s, et exprimé leur ferme soutien à la demande de leurs affiliés roumains portant sur l’annulation des changements juridiques effectués en 2011.

La législation a également facilité la possibilité pour l’employeur d’utiliser des contrats d’emploi non standard qui prolongent de 24 à 36 mois la période durant laquelle les contrats d’emploi à durée déterminée peuvent être conclus.  Comme cela a été signalé par les affilés, la très grande majorité des nouveaux emplois sont temporaires.  En outre, les employeurs ont tiré avantage du laxisme de la législation pour réduire le nombre de contrats à durée indéterminée et les remplacer par des contrats plus flexibles à durée déterminée.   

Avec d’autres syndicats, les affiliés roumains de IndustriALL ont organisé récemment des rassemblements devant le ministère du Travail à Bucarest pour dénoncer la détérioration des droits de négociation collective et demander une réforme du code du travail.  Des plaintes ont également été adressées à l’OIT pour des infractions aux conventions internationales fondamentales ratifiées par la Roumanie.  Les syndicats sont déterminés à poursuivre leur action et à maintenir la pression sur le nouveau gouvernement pour que la loi soit conforme aux conventions de l’OIT, et pour obtenir le retour à la pratique du dialogue social et de la négociation collective.

“Avec notre organisation sœur européenne, IndustriALL Global Union se tient aux côtés de ses affiliés roumains,” a dit Kemal Özkan, secrétaire général adjoint de IndustriALL Global Union. “Nous continuerons de soutenir le combat mené par nos camarades roumains pour des conditions de travail décentes et le respect des droits fondamentaux des travailleurs et travailleuses.” 

Un glissement de terrain tue des mineurs de jade dans leurs tentes

Le glissement de terrain s’est produit durant la nuit, dans une petite zone d’extraction minière de jade dans l’État Kachin du Myanmar. La mine est gérée par un sous-traitant chinois, Kan Oo Pone. La fédération des mineurs du Myanmar (MWFM), affiliée à IndustriALL Global Union, attribue les morts à une procédure dangereuse d’empilement des déchets de l’entreprise.
 
L’extraction du jade au Myanmar est souvent une opération périlleuse en raison des conditions de travail dangereuses, et les glissements de terrain sont courants. L’empilement des gravats, qui est sans doute la cause de l’accident, avait eu lieu 300 mètres environ plus haut. Le glissement des gravats a pris fin sur les tentes où vivaient les mineurs et leurs familles, et qui gagnaient leur vie en cherchant les pierres qui restaient dans les gravats.  
 
L’ouverture au Myanmar à la fois politique et financière a amené un afflux de capitaux dans le pays. Les syndicats étaient illégaux au Myanmar jusqu’en 2012, ce qui fait que les travailleurs et travailleuses et les employeurs ne savent pas grand-chose des droits et des obligations souvent inexistants.
 
La corruption est également très répandue dans le pays, et la MWFM estime que l’inspection du travail dans la région ne s’est pas acquittée de sa tâche comme elle aurait dû.

Glen Mpufane, directeur du secteur minier à IndustriALL, dit:

C’est un accident tragique où des mineurs et leurs familles ont payé un prix très élevé pour l’incapacité des propriétaires et des autorités à assurer la sécurité. Les syndicats ont un rôle important à jouer au Myanmar pour empêcher ce type d’accident dans l’avenir.

En janvier 2015, IndustriALL avait deux affiliés dans le pays, lesquels s’acharnent à recruter des membres et établir de bonnes relations industrielles avec les employeurs et les services gouvernementaux.

Coordination de la lutte contre l’emploi précaire au Maroc

Il n’y a pas de chiffres officiels du nombre de personnes ayant un contrat d’emploi à durée déterminée ou par des agences de travail temporaire au Maroc. Toutefois, les syndicats du pays signalent une augmentation de ces formes d’emploi. Cette situation est également confirmée par le régime de sécurité sociale marocain qui indique que le nombre d’emplois temporaires bénéficiant de sa couverture a doublé entre  2008 et 2013.
 
Le 17 novembre, les affiliés marocains de IndustriALL se sont réunis à Casablanca pour examiner la manière de coordonner la lutte contre l’emploi précaire. Selon le code du travail actuellement en vigueur, l’emploi temporaire devrait être l’exception. Mais l’usage abusif de l’emploi précaire dans le pays enfreint clairement ces dispositions, et les syndicats ont convenu de la nécessité de réunir des données pour être en mesure de dénoncer les infractions.
 
Cette réunion a permis également aux affiliés d’échanger des expériences avec des syndicats d’Égypte et de Tunisie présents à la réunion, lesquels cherchent également à mettre fin à l’emploi précaire.
 
Les affiliés de IndustriALL Global union au Maroc ont entrepris une action au niveau des entreprises pour limiter le recours à l’emploi précaire et pour transformer les contrats temporaires et en contrats d’emploi permanent.
 
Depuis 2010, en réponse à l’augmentation de la production dans le secteur de l’automobile au Maroc, les constructeurs automobiles et leurs fournisseurs basés au Maroc ont employé des centaines de travailleurs/euses avec des contrats à durée déterminée et ont eu recours à des agences de travail temporaire.
 
La confédération UMT (Union Marocaine du Travail) a signalé que les représentant(e)s locaux du personnel d’un fournisseur automobile ont réussi, après une négociation collective intense, à transformer progressivement plus de 500 contrats à durée déterminée et contrats temporaires d’agence de placement en contrats d’emploi permanent. Cela a permis aux travailleurs et travailleuses de bénéficier de l’assurance maladie, ce qui leur était auparavant impossible. La plupart de ces travailleurs/euses temporaires gagnaient seulement un salaire minimum. Le processus de négociation se poursuit et le syndicat prévoit de transformer 220 autres contrats temporaires et emplois permanents.
 
Entre 2008 et 2014, le SNTP (Syndicat National des Travailleurs de Phosphate) affilié à la CDT (Confédération Démocratique du Travail) a signalé avoir réussi par la négociation collective à transformer les contrats de 2.400 travailleurs/euses en sous-traitance en contrats permanents.

Dans une mine à Samine appartenant au groupe Managem, le SNEM/CDT (Syndicat National d’Énergie et des Mines) a négocié la transformation de 120 contrats à durée déterminée de travailleurs/euses qui avaient eu un statut temporaire pendant des années.
 
Dans la mine d’argent de Tinghir, qui appartient également au groupe Managem, le même syndicat a réussi par la négociation collective, en 2001, à interdire la sous-traitance dans toutes les activités liées à la production.
 
Les affiliés de IndustriALL au Maroc ont pu développer des stratégies de rechange permettant de mieux protéger les droits des travailleurs/euses  précaires. La FNTE/UMT (Fédération Nationale de l’Énergie) ainsi que le SNEM et le SNTP ont obtenu l’inclusion dans les contrats commerciaux entre l’employeur principal et les sous-traitants, de dispositions protégeant les droits des salariés en sous-traitance, comme le respect de la liberté syndicale, le respect du code du travail et des normes de santé et de sécurité, l’enregistrement obligatoire des travailleurs et travailleuses au régime de sécurité sociale, ainsi que des salaires équivalant au moins au niveau du salaire minimum national.
 
Les syndicats présents à la réunion ont convenu de la poursuite de la lutte contre l’emploi précaire, et que la question fera l’objet d’une discussion à la prochaine réunion du conseil marocain de IndustriALL.

Kemal Özkan, secrétaire général adjoint de IndustriALL, dit:

En dépit des efforts inlassables des employeurs pour affaiblir l’emploi direct et permanent au Maroc, les affiliés de IndustriALL ont pu limiter l’accroissement de l’emploi précaire dans de nombreuses entreprises grâce à la négociation collective. C’est une réussite remarquable.

Cependant, la lutte contre l’emploi précaire revient à livrer une bataille acharnée. Nous soutenons fermement l’appel de nos affiliés pour une meilleure application de la législation en vigueur, en restreignant l’emploi des contrats à durée déterminée et le recours à des agences de travail temporaire. Nous prenons volontiers acte de leur volonté de mieux coordonner dans l’avenir leur combat contre l’emploi précaire.

IndustriALL solidaire de la CNM/CUT après l’attaque

"J’espère que cette attaque n’est pas suscitée par l’intolérance et la haine des institutions démocratiques et représentatives qui se battent pour assurer l’égalité des droits et la justice sociale”, a dit Paulo Cayres, président de la CNM/CUT.

La vitrine des bureaux du syndicat, situés à São Bernardo do Campun, a été fracassée dans la nuit de mercredi.

Nous voulons une enquête sérieuse pour identifier et punir le responsable de cette acte lâche”, a dit Cayres. "Le syndicat attend que la police fournisse les images filmées par les caméras de sécurité pour que l’on puisse savoir qui est responsable de l’attaque."

Fernando Lopes, secrétaire général adjoint de IndustriALL a dit:

Cet acte criminel et lâche est destiné à intimider les métallurgistes affiliés à la CUT, mais rien n’intimidera ces travailleurs combatifs. Je suis certain que la CNM restera ferme dans le combat pour un meilleur Brésil.