Appel conjoint des syndicats des Caraïbes pour une action gouvernementale contre l’emploi temporaire

Les syndicats d’Antigua-et-Barbuda, de la Barbade, de Surinam, de Sainte-Lucie et de Trinité-et-Tobago, vont remettre une lettre de IndustriALL Global Union à leurs gouvernements respectifs, pour exiger la tenue d’un dialogue avec le mouvement ouvrier pour inverser le recours de plus en plus grand à une main-d’œuvre temporaire sous contrat.

L’action fait suite aux révélations faites récemment dans une réunion régionale de IndustriALL Global Union pour les Caraïbes, selon lesquelles ce ne sont pas seulement les entreprises du secteur privé qui portent la responsabilité d’une dégradation des droits des travailleurs et travailleuses par l’emploi fréquent de main-d’œuvre temporaire, mais que les gouvernements de la région ont également recours à cette forme d’emploi.

Les syndicats de la région veulent attirer l’attention sur le rôle joué par le secteur public et les entreprises d’État dans l’économie des pays des Caraïbes. Un secteur public où le personnel est changé fréquemment ne peut pas offrir un champ de développement économique durable. Tous ceux concernés – travailleurs et travailleuses, chaque territoire et la région dans son ensemble – bénéficieraient de l’élimination du fléau de l’emploi temporaire sous contrat.

Le secrétaire général de IndustriALL, Jyrki Raina, dit:

“Par sa nature, l’emploi temporaire compromet la sécurité d’emploi des travailleurs et travailleuses en les rendant plus vulnérables. Pas seulement sur le lieu de travail, mais également dans leur vie privée, en réduisant le nombre d’options pour leur développement personnel. Une plus grande sécurité d’emploi pourrait entraîner une plus grande motivation, qui à son tour offrirait une main-d’œuvre plus productive, rendant possible une augmentation de la croissance et du développement.

“La transition de l’emploi temporaire au travail décent et à des emplois durables ne doit être appliquée unilatéralement par les gouvernements de la région, mais être exécutée lors d’un processus de dialogue et de collaboration avec le mouvement ouvrier. Les syndicats de la région attendant avec intérêt de travailler avec leurs gouvernements respectifs pour atteindre cet objectif.”

IndustriALL Global Union soutient les travailleurs cambodgiens avec la réunion du Comité exécutif à Phnom Penh

Le président Berthold Huber a ouvert le Comité exécutif avec une allocution portant sur la crise actuelle des réfugiés. Le président de IndustriALL a lancé un appel pour une solidarité en faveur des réfugiés:

“Nous autres camarades, devons faire preuve de solidarité envers les peuples en quête d’une protection. Tous les peuples ont droit à un avenir. C’est une chose pour laquelle les syndicalistes doivent se battre. Nous devons également fonder une alliance des gens de bonne volonté.”

Le président Huber a souhaité la bienvenue aux invité(e)s, notamment à Sat Samoth, sous-secrétaire d’État au ministère cambodgien du Travail et de la Formation professionnelle, et aux représentant(e)s de H&M, avec lesquels IndustriALL a signé récemment un accord-cadre mondial.

Sat Samoth, a dit dans son allocution d’ouverture:

“L’emploi est notre principale préoccupation, ainsi que les conditions de travail et l’investissement dans le pays. J’exprime l’espoir que cette réunion sera fructueuse pour l’harmonisation des relations industrielles au Cambodge.”

Les travailleuses de la confection au Cambodge doivent gagner un salaire décent

IndustriALL avait organisé une table ronde pour débattre d’une action pour un salaire décent, de la négociation collective et de la syndicalisation au Cambodge et dans d’autres pays asiatiques, en faisant appel à Heng Sour, chef de cabinet au ministère du Travail, Ken Loo, secrétaire général de GMAC, Jonah Wigerhall, directeur national de la viabilité chez H&M, et de représentant(e)s de syndicats du Cambodge, du Myanmar et d’Indonésie. 

Le secrétaire général de IndustriALL, Jyrki Raina, a dit que la lutte pour la syndicalisation est menée au niveau mondial pour le droit de se syndiquer et de négocier collectivement.

“Ce n’est pas toujours facile, mais les syndicats au Cambodge ont mené activement des activités de syndicalisation; et selon certaines sources les effectifs dans le secteur de la confection atteignent jusqu’à 60 pour cent.

“Mais le salaire minimum au Cambodge est encore loin d’être un salaire décent, et cela est vrai pour le Bangladesh, Myanmar, le Viêt-nam et d’autres pays de la région. Et tant que ce sera le cas, notre lutte continuera ”

Le chef de cabinet Heng Sour a appuyé le besoin pour les travailleuses et travailleurs d’avoir un salaire plus élevé, tout en ajoutant:

“Le gouvernement cambodgien ne peut pas agir seul. Nous devons travailler avec les marques et les investisseurs pour s’assurer qu’il n’y a pas une exploitation de main-d’œuvre bon marché dans aucun pays asiatique.”

Jonah Wigerhall, H&M, a soutenu la nouvelle approche et dit que H&M s’est engagé pour une amélioration des salaires au niveau mondial.

Huit syndicats affiliés à IndustriALL au Cambodge exhortent le gouvernement à prendre leurs revendications en considération et à engager un dialogue.

Nous avons besoin d’un salaire minimum plus élevé; la recherche menée par IndustriALL montre que 140 USD n’est pas un salaire décent,” a dit Rath Minea, secrétaire général du syndicat NIFTUC affilié à IndustriALL. “

Rath Minea a également parlé des conditions de vie des travailleuses de la confection du pays, qui sont souvent extrêmement rudimentaires et surpeuplées, et où les tracasseries sont souvent la norme. 

“J’espère que les travailleuses et travailleurs cambodgiens bénéficieront un jour d’un salaire décent et d’un bon niveau de vie.”

Jyrki Raina a exprimé le soutien de IndustriALL pour ses affiliés cambodgiens:

“Les travailleuses de la confection au Cambodge ont formulé des revendications et se mobilisent pour les faire aboutir. IndustriALL soutient leur combat pour un salaire décent et continuera de travailler avec les marques pour mettre en place un nouveau mécanisme sectoriel de négociation.  Le gouvernement, les marques et leurs fournisseurs doivent tous assumer leur part de responsabilité.”

Une organisation de campagnes

IndustriALL mène plusieurs campagnes; la campagne Rio Tinto concerne le géant minier dont l’histoire a été marquée par de nombreux conflits syndicaux dans le monde entier. La campagne a pour but de créer un réseau syndical fort autour de Rio Tinto, pour aider les syndicats à recruter des travailleuses/eurs et ä accroître leurs effectifs.

Bien que des défis soient toujours présents, la campagne rend compte de victoires de la syndicalisation en Australie, en Indonésie et à Madagascar, où environ 1.000 nouveaux membres ont été recrutés. La campagne Rio Tinto mène actuellement un dialogue avec des investisseurs en mettant l’accent sur l’emploi précaire et la santé et la sécurité.

Pour bien marquer leur unité, les syndicats d’au moins 54 pays ont entrepris une action le 7 octobre dans le cadre de la campagne ‘STOP Travail précaire’. Les réseaux syndicaux mondiaux de Rio Tinto et de LafargeHolcim ont aussi participé à cette action mondiale.

Fernando Lopes, secrétaire général adjoint de IndustriALL, a rendu compte au Comité exécutif de la campagne et des actions au Mexique et en Colombie, pays prioritaires. Des progrès importants ont été réalisés avec le gouvernement mexicain après avoir fait pression pour obtenir une amélioration de la liberté syndicale et de la négociation collective.

Réagissant à la pression, le gouvernement de Peña Nieto propose une réforme de la législation du travail, notamment la ratification de la convention 98 de l’OIT. Les syndicats Mineros et SME, après cinq de combat, ont également remporté des victoires pour leurs membres. Les campagnes continuent dans des entreprises comme Honda, PKC et Bata Sandak.

“IndustriALL est le syndicat du changement climatique,” a dit Jyrki Raina quand Brian Kohler, directeur de la viabilité à IndustriALL a rendu compte directement de la COP21 à Paris.

“Je suis sûr qu’un accord sera signé à la fin de la semaine: Je demande au Comité exécutif  de soutenir une étape vers un monde viable et d’approuver une réunion sur la manière dont l’accord aura un effet sur les secteurs couverts par IndustriALL.”

Le Comité exécutif  de IndustriALL a évalué ses 47 ACM actuellement en vigueur et les négociations en cours avec de futurs partenaires pour des ACM. Le syndicat mondial porte une attention de plus en plus grande sur l’application des ACM et leur emploi en matière de syndicalisation, autour de trois thèmes politiques, la neutralité, l’accès des syndicats aux lieux de travail, et un règlement contraignant des conflits.

Monika Kemperle, secrétaire générale adjointe et directrice des femmes à IndustriALL, a rendu compte de la Conférence mondiale des femmes à Vienne, Autriche, en septembre, où une résolution demandant l’adoption d’un taux de représentation des femmes de 40 per cent dans les structures de IndustriALL et les postes de direction a été approuvée à l’unanimité.

Résolutions d’urgence pour une solidarité mondiale

IndustriALL a proclamé son engagement en faveur de tous les réfugiés, notamment sur les lieux de travail, lors d’une discussion sur la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord  (MENA).

Hashmeya Alsaadawe, présidente du syndicat général des travailleurs et techniciens de l’électricité en Irak, a dit que IndustriALL se développe dans son pays en dépit du terrorisme, du chômage des jeunes, de mauvaises lois et de la migration qui ont atteint des niveaux sans précédent du fait que les gens veulent échapper à des situations sécuritaires désespérées. Elle a dit que cela montre bien la justesse de l’application de politiques et de programmes en matière de justice sociale, sans lesquels il ne peut y avoir de paix. 

Elle a rendu hommage à IndustriALL pour être venu en Irak et pour son travail sur la nouvelle législation du travail, ainsi que pour l’unité syndicale par le biais du conseil IndustriALL en Irak.

Mustafa Sahin, du syndicat turc des travailleurs de l’énergie, de l’eau et du gaz, a dit que la crise des réfugiés provoque une pression vers le bas sur les salaires et une augmentation de l’emploi précaire en Turquie qui a accueilli 2,5 millions de réfugiés. Il a dit que les réfugiés devraient bénéficier des mêmes droits que les travailleurs/euses turcs et demande qu’une délégation de IndustriALL se rende dans des camps de réfugiés en Turquie.

Gianni Alioti, de l’affilié italien FIM-CISL, a attiré l’attention sur la situation des réfugiés qui travaillent dans des conditions proches de l’esclavagisme dans la fabrication industrielle en Italie. Il a fait appel à un engagement coordonné de tous les protagonistes – tribunaux, police, employeurs et syndicats – pour empêcher l’exploitation.  

Le Comité exécutif de IndustriALL se tient aux côtés des syndicats qui font face à des attaques dans plusieurs pays, notamment en Finlande où ils subissent les attaques du gouvernement de droite. “Si ces lois entraient en vigueur, elles paralyseraient notre système de contrats et le droit des syndicats à négocier”, a dit le président du PRO, Jorma Malinen.  

Le gouvernement coréen s’attaque aux droits syndicaux, réprime et fait des descentes dans les bureaux de syndicats, et calomnie de façon scandaleuse des assemblées pacifiques. IndustriALL exprime sa solidarité avec les travailleurs et travailleuses qui doivent se défendre.

Ben Richards, de Unite et de Workers Uniting, a parlé des lois syndicales répressives au Royaume Uni:

“Nous avons déjà les lois sur le droit de grève parmi les plus restrictives. Mais le gouvernement néolibéral thatchérien actuellement en place a présenté un projet de loi syndicale qui introduit des restrictions extrêmes sur le droit de grève, permet à du personnel intérimaire à remplacer des grévistes, et restreint fortement le soutien financier des syndicats au Parti travailliste, et plus encore. La solidarité internationale est la seule manière de riposter!”

Le Comité exécutif  a adopté plusieurs résolutions d’urgence:

Trois millions de grévistes en Indonésie pour revendiquer le salaire vital

Des mobilisations de masse ont été organisées par les trois centrales syndicales indonésiennes, KSPI (FSPMI, Farkes, SPN, KEP, ISI), KSPSI (CEMWU) et KSBSI (Lomenik, FPE, Garteks) en dépit d’une forte pression du ministère du travail, des employeurs et de la police. La grève avait été qualifiée d’illégale et les contestataires avaient été menacés de sanctions et d’amendes.

Selon des témoins oculaires, la police a fait usage de gaz lacrymogènes et de canons à eau contre les manifestants qui se rassemblaient contre les réformes du salaire minimum proposées par le gouvernement. Un certain nombre de militants syndicaux ont été arrêtés par la police mais ont été ensuite remis en liberté.

Cette grève nationale était une réplique à l’annonce faite par le gouvernement de réformes du salaire minimum, qui auraient laissé les travailleurs et travailleuses dans la misère cinq ans de plus.

En vertu des nouvelles réglementations, le salaire minimum serait calculé sur base de l’inflation et de la croissance économique générale, ce qui revient à dire qu’en pratique les salaires seraient de loin insuffisants pour accéder à des conditions de vie minimales décentes.

Le Secrétaire général d’IndustriALL, Jyrki Raina a déclaré :

“Nous condamnons ces constantes attaques acharnées à l’encontre des travailleurs et travailleuses en Indonésie et sommes profondément déçus que le gouvernement tolère le recours à ces méthodes brutales face à des manifestations pacifiques.

“Nous exigeons l’arrêt immédiat des poursuites à l’égard des manifestants impliqués dans cette grève nationale. Nos membres ont droit à des conditions de vie décentes et nous allons poursuivre le soutien à nos affiliés en Indonésie et partout ailleurs dans le monde où est engagée la lutte pour un salaire vital.”

Les syndicats exigent du gouvernement qu’il

IndustriALL Global Union soutient les travailleurs cambodgiens

Pour son Secrétaire général, Jyrki Raina, la dernière hausse du salaire minimum ne répond pas à l'attente des travailleurs qui réclament un salaire qui leur permette de subvenir à leurs besoins et à ceux de leur famille :

Les revendications actuelles des syndicats cambodgiens traduisent les frustrations des travailleurs vis-à-vis des marques ainsi que l'inertie du gouvernement et des employeurs face aux 13 revendications des syndicats. Pour les travailleurs, les marques qui se fournissent dans le pays doivent garantir un salaire de survie.

C'est pourquoi il est d'autant plus urgent qu'IndustriALL continue à faire pression sur ces marques au niveau mondial pour qu'elles améliorent les salaires dans tout le secteur. Il faut des négociations nationales étayées par des pratiques d'achat responsables et des normes de fabrication de classe mondiale. Les marques de vêtements qui s'approvisionnent au Cambodge doivent assumer leur part de la responsabilité et veiller à ce que les travailleurs reçoivent un salaire de survie.

S.E. Sat Samoth, Sous-secrétaire d'État au ministère du Travail et de la Formation professionnelle, prendra la parole à la cérémonie d'ouverture du Comité exécutif.

Pour souligner la complexité de la situation dans la région, un débat d'experts sur le salaire minimum, la négociation collective et la syndicalisation au Cambodge et dans d'autres pays d'Asie aura lieu pendant le Comité exécutif, avec les représentants du gouvernement cambodgien, Heng Sour, et du géant suédois de l'habillement H&M, le Secrétaire général du GMAC Ken Loo et des représentants de syndicats du Cambodge, du Myanmar et d'Indonésie.

Jyrki Raina estime qu'un dialogue permanent est essentiel pour assurer le succès dans la durée de l'industrie du vêtement du pays :

IndustriALL réclame une amélioration continue des conditions de vie des travailleurs de l'habillement; et nous appuyons aussi les programmes de diversification de la base manufacturière du pays.

Par ailleurs, nous voulons des assurances que la nouvelle loi sur les syndicats soit conforme aux conventions de l'OIT sur la liberté syndicale et la négociation collective.

L’UAW gagne une élection syndicale chez Volkswagen, Tennessee

Les agents qualifiés réparent et entretiennent les équipements d’assemblage et constituent donc une section importante du personnel ouvrier à l’usine. Environ 71 pour cent ont voté en faveur du syndicat.

C’est une étape décisive vers l’établissement d’un véritable syndicat pour la main-d’œuvre totale de 1.450 salariés. Le président de IndustriALL, Bertold Huber, a écrit à la section 42 pour la féliciter: “Votre succès restera comme le symbole du début d’une nouvelle ère dans les relations industrielles”.

Volkswagen a présenté un recours auprès du Bureau national des relations de travail des États-Unis, en soutenant qu’une élection syndicale devait avoir lieu pour l’ensemble du personnel ouvrier de l’usine de Chattanooga. On ne s’attend pas à ce que le recours ait des chances de réussir.

L’UAW avait perdu de très peu une élection concernant tout un lieu de travail en février 2014, lors d’un vote qui n’était ni libre ni équitable en raison d’une lourde ingérence externe. Un sénateur de l’État du Tennessee avait affirmé faussement avant le scrutin que si les travailleurs/euses décidaient par un vote d’adhérer à l’UAW, l’usine n’augmenterait pas sa capacité de production.

L’UAW fera campagne pour syndiquer le personnel d’autres usines de construction automobile étrangères dans les États du sud des États-Unis. Le syndicat se bat actuellement contre de graves infractions aux droits du travail chez Nissan dans le Mississippi, et chez Mercedes en Alabama, pour soutenir les salariés qui veulent et ont besoin d’un syndicat.

Le président de la section 42, Mike Cantrell, a dit après le vote: "Nous avons dit depuis le début au sujet de la section 42 qu’il y avait une multitude de chemins menant à une négociation collective. Et nous pensons que ces chemins nous donneront une voix chez Volkswagen en temps voulu." La section 42 cherchera à amorcer une négociation collective dès que possible dans la nouvelle unité de production.

Le secrétaire général de IndustriALL, Jyrki Raina, s’est engagé à accorder un soutien international à la section 42 jusqu’à obtenir et après l’enregistrement du syndicat à l’usine Volkswagen à Chattanooga:

“Nous sommes fiers du courage de nos camarades de la section 42 et de la grande équipe de syndicalisation de l’UAW à Chattanooga. Nous savons que dans sa majorité, la main-d’œuvre de Chattanooga veut adhérer à l’UAW, mais qu’en raison de l’ingérence de politiciens et d’entreprises opposés aux syndicats, il est nécessaire d’adopter cette approche pas à pas. Cela rendra plus douce la victoire de la syndicalisation quand elle aura lieu.”

Atteindre 40 pour cent de femmes à IndustriALL

La réunion, qui avait lieu la veille de la réunion du comité exécutif de IndustriALL au Cambodge, faisait suite à une résolution des femmes adoptée à l’unanimité en septembre à Vienne lors de la conférence mondiale, et portant sur le taux de représentation.

Monika Kemperle, secrétaire généraIe adjointe de IndustriALL, a dit:

Ce n’est pas une chose que nous avons prise à la légère. C’est une tâche qui nous a été confiée au comité des femmes. Nous devons nous assurer que la représentation des femmes devienne partie intégrante de tous nos statuts, organes décisionnels et structures de IndustriALL.

Kemperle a noté que la Charte de l’égalité, adoptée aussi à la conférence mondiale à Vienne, devrait également faire référence à de nouvelles avancées:

“Le comité exécutif devrait également examiner ces questions et assumer une responsabilité pour les besoins et la protection des femmes. Il devrait s’agir d’un processus allant du sommet à la base et également de la base vers le sommet.”

Un groupe de travail représentatif de différents secteurs  et régions travaille sur une proposition portant sur des mesures concrètes destinées à accroître la représentation des femmes au sein des structures de IndustriALL. Le but est d’obtenir l’application du taux dans les statuts de IndustriALL et dans tous les documents relatifs à cette question au congrès à Rio, Brésil, en octobre 2016.

Il est important de noter que le comité des femmes a demandé que tous les affiliés soient encouragés à observer le taux de 40 pour cent dans leurs nominations aux postes à pourvoir au comité exécutif à Rio.

La nécessité de revoir les articles 28 et 29 des statuts de IndustriALL a également été mentionnée.

Certaines propositions ont porté sur la transformation du comité des femmes en comité permanent, la présidente devenant automatiquement vice-présidente de IndustriALL ou occupant un poste équivalent à la direction.

Une demande a également porté sur l’aide apportée par IndustriALL pour augmenter le nombre des femmes dans les syndicats affiliés.

Dans le même temps, les questions propres aux femmes, notamment leur représentation, la santé, la violence contre les femmes et la protection de la maternité, devraient être incluses dans toutes les activités de IndustriALL.

Enfin, le comité a fait l’éloge de la direction assurée par Carol Bruce qui a quitté son poste de directrice des femmes et des non-manuels à IndustriALL en octobre et est remplacée par Monika Kemperle. 

Le nouveau numéro de Global Worker est sorti !

Jyrki Raina nous dit dans son GS corner :
“Le changement est un élément omniprésent et dynamique de nos industries. Les méthodes de production évoluent et les industries passent d’un pays à l’autre, à la recherche de nouveaux marchés et de plus grandes marges de bénéfice,” se référant en cela au dossier sur l’Afrique du Sud de ce numéro : Le redressement pour l’industrie textile d’Afrique du Sud ?

Ce qu’il est convenu d’appeler Industrie 4.0 va également apporter du changement pour les travailleurs et travailleuses des secteurs relevant d’IndustriALL. Apprenez-en davantage en lisant la révolution industrielle qui a lieu maintenant

Recruter ou mourir était ce à quoi était confronté le syndicat suédois Unionen alors que ses effectifs se trouvaient en déclin constant. Comment a-t-il inversé la tendance ? Les super-héros à la rescousse

À l’autre bout du monde, en Malaisie, les syndicats du secteur de l’électronique sont parvenus à négocier une convention collective de travail qui, pour la première fois, prend en compte les travailleurs migrants : Des syndicalistes en lutte pour avoir des droits en Malaisie

Première femme à devenir dirigeante syndicale en Irak, Hashmeya Alsaadawe a dû faire face à des menaces de mort pour elle et sa famille, mais elle persiste à syndiquer et à défendre les droits des travailleurs. INTERVIEW : Hashmeya Alsaadawe

Démolisseur de navires est le métier le plus dangereux du monde et le secteur est infesté d’accidents graves. IndustriALL fait campagne pour que les pays ratifient la Convention de Hong Kong pour un meilleur environnement de travail : Assainir la démolition des navires métier le plus dangereux du monde

Afin de renforcer la puissance syndicale, IndustriALL se démène pour accroître la participation des jeunes travailleurs. Le projet d’IndustriALL pour les jeunes en Amérique latine les encourage à réfléchir sur leurs valeurs et à développer leurs idées, ce qui conduit à des débats dynamiques : projet d’IndustriALL pour les jeunes en Amérique latine

Un autre mouvement de jeunesse qui soutient les actions syndicales sont les USAS (Étudiants unis contre les ateliers clandestins). “Nous recourons au pouvoir que nous avons en tant qu’étudiants pour forcer nos universités à mettre fin à leur relations commerciales avec des marques qui violent les droits des travailleurs où que ce soit au sein de leur chaîne mondiale d’approvisionnement,” explique Morgan Currier, coordinateur des campagnes internationales des USAS et recruteur national. Les USAS – alliés syndicaux en action

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De nombreux disparus après l'incendie d'une plateforme de forage en Azerbaïdjan

Les travailleurs ont tenté de s'échapper en embarquant à bord des canots de sauvetage mais, mais l'un deux a été retourné par les vagues et est resté coincé sous la plateforme en feu. On ne sait toujours pas si les travailleurs qui se trouvaient à bord ont pu être sauvés.

La tempête qui continue de faire rage rend les opérations de sauvetage difficiles. D'après certaines informations, 32 travailleurs ont été sauvés, 2 ont péri et jusqu'à 30 restent portés disparus.

Jahangir Aliyev, le Président du Syndicat des travailleurs de l'industrie pétrolière et gazière d'Azerbaïdjan, affilié à IndustriALL Global Union, suit l'évolution de la situation et en rend compte à IndustriALL.

Pour le Secrétaire général adjoint d'IndustriALL, Kemal Özkan :

IndustriALL présente ses condoléances aux victimes et à leurs familles et exhorte le gouvernement azerbaïdjanais à leur apporter le soutien dont elles ont besoin après ce tragique accident.

Nous appelons aussi le gouvernement à associer les syndicats à l'enquête sur les causes de cet incendie qui a fait perdre la vie aux travailleurs.

PROFIL: Des syndicalistes en lutte pour avoir des droits en Malaisie

Au cours des 50 dernières années, le produit intérieur brut (PIB) de la Malaisie a augmenté de 6,5% par an, ce qui représente un record parmi les économies asiatiques. Une industrie de l’électronique en plein essor est un des facteurs qui a contribué de manière importante à cette croissance.

Ce secteur a démarré en 1972 au sein de la première zone de libre échange de Bayan Lepas, maintenant connue comme étant ’’la Silicon Valley de l’orient’’, et s’est ensuite répandu dans d’autres états.

En 2013, on estime que 350.000 personnes étaient occupées par l’industrie de l’électronique. Parmi elles, près de 60% étaient des migrants principalement venus d’Indonésie, mais aussi du Népal, du Bangladesh, du Myanmar, des Philippines, du Vietnam, du Cambodge et d’Inde.

En majeure partie non-syndiqués, ils sont confrontés à bien des tracas : versement de frais de recrutement, bas salaires payés avec retard ou pas du tout, absence de prestations sociales, conditions de travail dangereuses, logement inadapté et législation laxiste en font des victimes toutes désignées pour les employeurs peu scrupuleux. Quelque 70 à 80% de ces travailleurs sont des femmes.

Loi sur la reconnaissance syndicale

Souhaitant changer la situation, les affiliés d’IndustriALL l’EIWU et la Coalition EIEU ont décidé de recruter les travailleurs de l’électronique non-syndiqués. Cependant, ces deux syndicats ont immédiatement rencontré deux sérieux problèmes qui ont entravé leurs activités de syndicalisation : un cadre légal restrictif en Malaisie et une barrière de langue pour communiquer avec les travailleurs migrants. Ajoutez à cela l’absence de recruteurs et juristes à plein temps ainsi que des problèmes au niveau des structures financières des syndicats.

Maniyam Poovan, Secrétaire général de l’EIWU nous décrit l’obstacle principal pour les syndicats malaisiens qu’est la législation nationale sur les relations sociales.

“En vertu de cette loi, les syndicats doivent solliciter la reconnaissance de la part de l’employeur, qui décide alors s’il reconnaît ou pas le syndicat en demandant son enregistrement auprès du Ministère des Ressources humaines. Si le Ministère se prononce contre la reconnaissance, les adhérents ne sont pas protégés contre des licenciements.”

La reconnaissance peut être obtenue par 50% plus une voix en faveur du syndicat lors d’un scrutin. Mais la taille du collège électoral n’est pas fixée par la loi, ce qui permet aux employeurs de manipuler le vote. Par exemple, ils peuvent ajouter les travailleurs temporaires ou migrants qui n’ont pas le droit de vote mais qui, par défaut, sont considérés comme étant contre. Tout ceci rend difficile d’atteindre le seuil des 50%.

Mais les problèmes ne découragent pas les syndicats. En 2014, à la fois l’EIEU et l’EIWU ont rejoint le projet quinquennal d’IndustriALL de syndicalisation des travailleurs de l’électronique de la région ASEAN. Six cents syndicalistes des affiliés d’IndustriALL d’Indonésie, de Thaïlande, du Vietnam et de Taïwan ont été formés au recrutement syndical et les résultats ont été immédiats.

En Malaisie, l’EIEU Région Nord est parvenu à syndiquer plus de 900 travailleurs d’une entreprise multinationale d’électronique en dépit d’une forte résistance et de tactiques anti-syndicales de la part de la direction. C’est la première fois qu’un syndicat a négocié une convention collective qui comprend les travailleurs migrants.

Décrivant les activités de recrutement de son syndicat, Maniyam indique :

“Ces activités sont récurrentes, que nous réussissions ou échouions. Nous identifions de nouvelles entreprises et essayons d’y avoir des personnes de contact. Ensuite nous tenons des réunions pour les informer sur les syndicats et leurs fonctions.”

Avec pour objectif de reconnaître le rôle des femmes, un comité des femmes a été constitué parmi les affiliés d’IndustriALL en 2014. La représentante de l’EIWU Kumari a été élue à sa présidence et nous nous assurerons que les problématiques des femmes soient débattues et incorporées aux priorités du Conseil d’IndustriALL pour la Malaisie.

En juin de cette année, IndustriALL a tenu une Conférence mondiale sur les secteurs des TIC, de l’électricité et de l’électronique en Malaisie. Les principaux sujets débattus lors de la conférence étaient la syndicalisation et la lutte contre le travail précaire.

DOSSIER: Le redressement pour l’industrie textile d’Afrique du Sud ?

Le secteur de la confection sud-africain, autrefois puissant, connaît un déclin constant depuis au moins deux décennies et a perdu des milliers d’emplois. La libéralisation du commerce, l’augmentation des importations au départ de l’Asie et la délocalisation des producteurs sud-africains vers les régimes voisins et à bas salaires du Lesotho et du Swaziland ont écorné l’industrie sud-africaine du vêtement.

Au cours des 15 dernières années, on estime que 150.000 emplois ont été perdus dans le secteur. Les producteurs de vêtements sud-africains qui se sont vus incapables de concurrencer le flot entrant de vêtements bon marché en provenance d’Asie ont été poussés à la faillite.

Selon l’affilié d’IndustriALL SACTWU (Syndicat sud-africain de l’habillement et du textile) entre 2.000 et 3.000 travailleurs et travailleuses perdent toujours leur emploi chaque année. Mais actuellement, l’industrie de la confection est à nouveau en croissance en Afrique du Sud avec de nouvelles embauches.

En dépit des pertes d’emploi, le SACTWU est resté bien organisé avec environ 80% des salariés du secteur affilié au syndicat. Celui-ci résiste avec force aux licenciements, aux réductions de capacité et aux fermetures tout en affirmant son influence et en s’impliquant en faveur de mesures à prendre à l’échelle national.

Le SACTWU a maintenu sa tradition de syndicat de lutte mais, en même temps, il pratique le dialogue avec les employeurs et le gouvernement et a engrangé des succès significatifs s’agissant du maintien de fournitures locales et de la résistance à la libéralisation du commerce.

Simon Eppel, documentaliste au SACTWU, nous explique comment le syndicat travaille pour maintenir et faire croître l’emploi décent dans l’industrie sud-africaine du textile.

“Le secteur continue à ce jour à perdre des emplois, mais les chiffres sont substantiellement en retrait. Au SACTWU, nous essayons de sauver les emplois là où ils seraient autrement perdus et nous avons, en fait, récemment réussi à ramener une croissance de l’emploi dans le secteur.”

Au bout du compte, l’emploi dans l’industrie textile d’Afrique du Sud est en croissance : il a augmenté de 1,5% l’année dernière.

Simon Eppel dit qu’il est “prudemment optimiste” par rapport à cette amorce de redressement qui est largement due à l’énergie mise à redonner vie au secteur.

Un exemple en est la prise de position du gouvernement sud-africain en faveur de l’écologisation du secteur pour le rendre plus durable. Cela signifie entre autres choses se pencher sur l’efficacité énergétique et aider les entreprises à remplacer les vieux outils par de l’équipement moderne.

Un autre exemple est la campagne “Achetez sud-africain” du SACTWU par laquelle le syndicat passe des accords avec de grandes entreprises et institutions pour soutenir l’industrie locale.

Depuis le début des années 2000, le SACTWU mène une campagne pour l’achat de textile produit localement en sensibilisant les consommateurs sur la façon dont une décision d’acheter sud-africain va affecter la société.

Par le biais de campagnes, de défilés de mode où les travailleurs et travailleuses d’une usine présentent les vêtements qu’ils et elles produisent, le SACTWU interpelle les consommateurs pour en influencer les choix.

“Notre message est de mieux en mieux reçu. Les consommateurs sont de plus en plus réceptifs et positifs et la conscience de la différence qu’ils peuvent faire par leur décision augmente.”

Mais le SACTWU ne cible pas seulement les consommateurs à titre individuel pour l’achat de produits sud-africains, le SACTWU travaille également à influencer à cet égard les décisions dans le secteur public. Les ministères et les entreprises étatiques sont également encouragés à acheter des produits sud-africains lors de marchés publics.

Le commerce du détail a été l’objet d’une campagne très ciblée du SACTWU par laquelle le syndicat peut signaler à des usines locales l’existence d’appels d’offres publics. Si une entreprise se conforme à la législation sud-africaine du travail, le SACTWU lui transmettra les informations et l’encouragera à soumettre une offre.

Simon Eppel dit que ces mesures ont été couronnées de succès grâce à la combinaison de plusieurs raisons. Lorsque qu’une nouvelle loi a été introduite pour rendre plus simple l’accès aux marchés publics, le SACTWU a agi pour que cette politique soit suivie d’effet.

Commissions de négociation collective sectorielle

Il existe en Afrique du Sud un cadre législatif solide et les conditions de travail dans l’industrie du vêtement y sont meilleures que dans bien des autres régions du monde. C’est dû à la capacité forte du syndicat à pouvoir négocier, ce qui a permis d’obtenir de meilleurs salaires dans le secteur de la confection en Afrique du Sud.

Comme dans de nombreuses autres régions du monde, les travailleurs de la confection en Afrique du Sud sont principalement des femmes, souvent mères célibataires et uniques soutiens de famille. Les salaires dans l’industrie de la confection peuvent être très bas et il s’agit donc généralement de travailleuses vulnérables, le plus souvent très pauvres et disposant de très peu d’alternatives d’emploi en raison du haut taux de chômage en Afrique du Sud.

Il existe en Afrique du Sud différents salaires minima et les syndicats ont réduit les écarts salariaux depuis des années. Le salaire le plus élevé pour un travailleur de la confection qualifié est d’environ 950 Rands (US$67) par semaine. Pour un salarié moins qualifié, il pourrait se situer autour de 700 Rands (US$49) par semaine.

Le SACTWU donne la priorité à une négociation centralisée en tant que mécanisme pour obtenir les meilleurs salaires. Le SACTWU négocie au sein de trois commissions nationales pour les secteurs de l’habillement, du textile et du cuir, dont les aboutissements concernent plus de 100.000 travailleurs et travailleuses. En 2015, les hausses salariales sectorielles se situaient au-dessus de l’inflation. Mais ce système qui fonctionne bien est menacé.

“Bien que les salaires soient convenus conjointement au sein des commissions de négociation, nous ne pouvons pas les qualifier de salaires vitaux. Nous œuvrons à faire évoluer le secteur de manière décente et des discussions ont lieu pour tendre vers le salaire vital.”

“Le coût de la vie est élevé en Afrique du Sud, les syndicats essaient donc de le compenser auprès de leurs membres en offrant des services complémentaires, par exemple des soins de santé,” indique Simon Eppel.

Changements dans la chaîne d'approvisionnement

En juin 2015, un séminaire tripartite sur le vêtement, le textile et le cuir s’est tenu au Cap à l’initiative du SACTWU. La rencontre s’est tenue en conjonction avec le Festival de la Mode du Cap, avec un discours clé du Ministre pour le Développement économique Ebrahim Patel qui a évoqué l’engagement du gouvernement pour un secteur manufacturier plus écologique.

Parmi les allocutions, on relève celles sur les politiques et initiatives de soutien du gouvernement pour le maintien du secteur et de ses emplois ainsi que sur les meilleures pratiques de l’industrie en vue d’une plus grande efficacité en matière de production et de consommation d’énergie et d’eau, qui ont été concrétisées grâce au soutien de l’état.

De nouveaux espoirs pour le secteur pourraient également être permis grâce au modèle dit quick response (réponse rapide).

Les détaillants sud-africains dépendent toujours principalement du modèle traditionnel qui se traduit souvent par deux scénarios. Le premier est celui de la fourniture constante de relativement peu d’articles, ce qui aboutit souvent à une offre excédentaire qui nécessite ensuite des démarques. Le second est celui d’une offre insuffisante lorsque la demande pour un article est la plus forte, ce qui conduit à manquer des ventes.

Les détaillants sud-africains sont soumis à la pression de changer leur modèle en raison de la concurrence croissante de détaillants étrangers qui se sont implantés sur le marché domestique. De nombreuses multinationales du détail utilisent le modèle quick response qui permet de meilleures marges et un roulement du stock amélioré, offrant ainsi aux clients une marchandise plus attractive se traduisant par moins de ventes perdues.

Simon Eppel dit que l’évolution du système d’achat des détaillants qui fait que la demande est conditionnée par la chaîne d’approvisionnement est plutôt une bonne nouvelle pour les travailleurs de la confection d’Afrique australe.

“Les détaillants analysent avec des outils technologiques ce qui s’achète en magasin, lorsqu’ils le désirent, pour comprendre ce que les clients veulent. Donc, au lieu de baser les commandes sur les prévisions de ce que pourrait être la demande pour toute une saison, les tendances en vigueur sont analysées pour mettre à disposition des clients dans le laps de temps le plus court possible des articles qui ont pour eux le plus d’attrait.”

Avec la combinaison de l’inflation en Asie et de la faiblesse du Rand, beaucoup sont persuadés que quick response offre des opportunités aux producteurs sud-africains. Le modèle repose sur une proximité du producteur et du détaillant, avec un temps de réponse maximum de six semaines, de sorte que des fournisseurs étrangers lointains ne soient pas une option. L’Afrique du Sud est bien placée parce que le soutien au secteur et l’engagement des producteurs locaux ont amélioré les normes et l’efficacité, réduisant ainsi le temps de réaction.

L’Afrique du Sud a opté pour les marchés de niche comme stratégie pour maintenir le secteur en vie et il y a un engagement tripartite fort envers le maintien des niveaux actuels en termes de capacité de production et d’emploi. De ce fait, de nombreux producteurs se sont déjà élevés au niveau des normes de fabrication internationales et ont la capacité d’appliquer le modèle quick response.

“La chaîne d’approvisionnement de la confection a un rôle important à jouer et ce séminaire tripartite à l’initiative du SACTWU a généré un important espace de débat et de proposition.”

“Les investissements dans le secteur du vêtement ont traditionnellement favorisé les environnements où les normes du travail sont faibles, les salaires bas et la syndicalisation médiocre. Mais une évolution des modes d’approvisionnement signifie que des travailleurs qui ont une proximité avec un marché important peuvent, s’ils s’unissent, faire valoir leurs intérêts au moment où des chaînes d’approvisionnement mondiales deviennent plus régionales par nature,” commente Fernando Lopes.

Ces opportunités qu’offre à des producteurs sud-africains le modèle quick response appliqué à l’Afrique du Sud et même l’Europe sont réelles, mais le canevas général de l’avantage comparatif de pays voisins à bas salaires reste inchangé. Ceci souligne le besoin pour le SACTWU de continuer à donner le ton de la politique industrielle dans l’intérêt des travailleurs et à mettre la pression sur le gouvernement et les fabricants en faveur de politiques qui soutiennent une croissance permanente des industries de la confection et du textile qui crée davantage d’emploi.