Myanmar : dangereuse attaque du régime militaire contre les syndicats indépendants

IndustriALL a été informée par son affiliée, la Fédération du travail industriel du Myanmar (IWFM), qui est membre de la Confédération des syndicats du Myanmar (CTUM), que le SAC promeut la Confédération du travail du Myanmar (MLC), un organisme soutenu par l’État et conçu pour prendre la place des syndicats indépendants tels que la CTUM et l’IWFM.

Le SAC a lancé la MLC en 2023, lorsque son vice-ministre du travail a convoqué les travailleurs et travailleuses de la zone industrielle de Hlaing Tharyar et leur a demandé de remplacer les dirigeants de la CTUM. Depuis lors, des preuves ont montré que la MLC a étroitement collaboré avec le ministère du travail du SAC, se présentant faussement comme la CTUM auprès des travailleurs et des travailleuses, des employeurs et des parties prenantes internationales. Ces actions révèlent la stratégie du régime visant à démanteler les syndicats indépendants en utilisant le contrôle de l’État sur le ministère du travail pour faire progresser sa propre entité.

Le SAC a intensifié son ingérence en janvier de cette année, quand la MLC a organisé un événement faussement présenté comme un atelier de formation syndicale. En réalité, il s’agissait d’une plateforme visant à installer un leadership pro-SAC au sein de l’IWFM, sous la surveillance étroite de la police et d’agents des forces spéciales. Cette présence sécuritaire musclée a démontré l’implication directe du SAC dans la répression du droit des travailleurs et travailleuses à se syndiquer librement, sans craindre l’intervention de l’État.

Cet assaut de l’État contre les syndicats viole les normes internationales du travail, notamment les principes fondamentaux de la liberté syndicale (Convention n° 87) et du droit d’organisation et de négociation collective (Convention n° 98). Au lieu d’adhérer aux recommandations de la Commission d’enquête, le SAC intensifie ses efforts pour démanteler les syndicats indépendants et les remplacer par des entités contrôlées par l’État qui sapent les droits des travailleurs.

Les actions du SAC contredisent directement les conclusions de la Commission d’enquête, qui condamnait le rôle de l’armée dans l’affaiblissement des syndicats par l’intimidation et l’ingérence. Le rapport de la Commission d’enquête (paragraphes 173 et 174) a mis en évidence la répression systématique des activités syndicales par l’armée, et les récents événements confirment ces préoccupations. Les fausses affirmations du régime concernant le statut de la CTUM, en particulier ses tentatives de forcer la réélection de la direction de la CTUM sous la supervision du SAC, démontrent la stratégie de l’armée pour fracturer et contrôler le mouvement syndical du Myanmar.

La CTUM a également signalé que le SAC s’était illégalement approprié des drapeaux de la CTUM et d’autres syndicats indépendants, dont l’IWFM, pour promouvoir les syndicats jaunes, des entités contrôlées par l’État et destinées à affaiblir l’opposition à la junte. Le vol des symboles syndicaux révèle la campagne permanente du SAC visant à priver les travailleurs et travailleuses de leurs droits et à contrôler le mouvement syndical.

IndustriALL a envoyé une lettre à l’OIT pour demander que ces faits nouveaux soient discutés au point 12 de l’ordre du jour de la 353e session du Conseil d’administration, concernant le non-respect par le Myanmar des Conventions n° 87 et 29 et des résolutions connexes des 102e (2013) et 109e (2021) sessions de la Conférence internationale du travail. IndustriALL Global Union et industriAll Europe enverront conjointement une lettre à l’UE, demandant instamment la condamnation de ces attaques et une réaction immédiate.

Le Secrétaire général d’IndustriALL, Atle Høie, s’est exprimé en ces termes :

“La situation au Myanmar exige une action internationale urgente. La création de la MLC représente une attaque directe contre les droits des travailleurs et le syndicalisme indépendant dans le pays. La communauté internationale doit réclamer des comptes au SAC et revendiquer le rétablissement d’une véritable liberté syndicale et du droit d’organisation pour les travailleurs et travailleuses du Myanmar. Les enseignes et les investisseurs internationaux qui poursuivent leurs activités au Myanmar doivent enfin ouvrir les yeux et quitter le pays.”


 

Les minéraux de transition critiques sont la clé du développement de l’Afrique

La plupart des pays d’Afrique subsaharienne possèdent des minerais critiques nécessaires à la transition de sources d’énergie à forte teneur en carbone vers des sources renouvelables à faible teneur en carbone. Les minéraux critiques comprennent la bauxite, le cobalt, le cuivre, le graphite, le lithium, le manganèse, le nickel, les métaux du groupe du platine et les éléments des terres rares. Certains de ces minéraux critiques servent à améliorer les performances des batteries, tandis que d’autres sont utilisés dans la fabrication de véhicules électriques, d’éoliennes et de composants nécessaires aux industries des énergies renouvelables.

IndustriALL et ses syndicats affiliés qui regroupent les mineurs des pays suivants : Botswana, Ghana et Afrique du Sud, ainsi que la CSI Afrique, ont pris part aux débats lors des sessions de la conférence et des discussions plénières. Les syndicats ont souligné l’importance de la valorisation des minerais essentiels à la transition pour créer des emplois grâce à des investissements et à la mise en place d’industries manufacturières sur le continent pour traiter les minerais bruts. En outre, des chaînes de valeur régionales pourraient être développées dans les domaines de la fabrication de batteries et de véhicules électriques, et celles-ci pourraient être reliées aux chaînes de valeur mondiales.

Actuellement, la plupart des minerais sont exportés à l’état brut, ce qui n’apporte qu’une faible valeur ajoutée aux pays exportateurs. Les syndicats ont cité la Vision minière africaine (VMA) comme un important document d’orientation politique qui promeut la valorisation des minerais et ont exhorté les pays africains à inclure la VMA dans leurs politiques nationales. Entre autres recommandations, la VMA appelle à un “secteur minier durable et bien gouverné” qui favorise le développement économique, la santé et la sécurité, qui soit “inclusif sur le plan du genre et de l’ethnie, respectueux de l’environnement, socialement responsable et apprécié par les communautés environnantes”. La VMA est également l’une des politiques susceptibles de stimuler le commerce interafricain et l’intégration régionale par le biais de la zone de libre-échange continentale africaine.

Les syndicats ont souligné l’importance de l’adhésion aux normes internationales du travail ainsi que la raison pour laquelle l’agenda du travail décent de l’Organisation internationale du travail (OIT) devrait être inclus dans les discussions sur l’exploitation des minerais critiques. En ce qui concerne la santé et la sécurité, ils ont noté que les accidents mortels dans le secteur minier en Afrique du Sud, par exemple, étaient en baisse, alors qu’au niveau de l’exploitation minière artisanale et à petite échelle, les conditions se détérioraient, en particulier dans des pays comme la République démocratique du Congo. C’est pourquoi les syndicats ont appelé à la ratification de la Convention 176 sur la sécurité et la santé dans les mines, ratifiée par seulement six pays africains.

Parmi les autres questions clés mises en avant par IndustriALL et ses syndicats figure l’adoption de normes minières tenant compte des intérêts de multiples parties prenantes, telles que les audits de l’IRMA (Initiative pour une Certification responsable de l’Exploitation minière). Ces audits ont permis de s’assurer que les travailleurs et les travailleuses ainsi que les communautés locales se font entendre et que leurs intérêts sont respectés par les compagnies minières.

Les syndicats ont indiqué que les communautés riveraines devaient être au centre de l’approche multipartite, car, dans la plupart des cas, ce sont elles qui détiennent les droits sur les terres où se trouvent les mines. Pour protéger les intérêts de ces communautés, les compagnies minières doivent mettre en place des politiques environnementales, sociales et de gouvernance inclusives.

En ce qui concerne la diligence raisonnable en matière de droits de l’homme, les syndicats ont appelé à l’adoption de mesures contraignantes, les initiatives volontaires étant difficiles à mettre en œuvre. Toutefois, les syndicats ont déclaré qu’ils continueraient à faire campagne pour que les sociétés minières intègrent les principes directeurs des Nations unies sur les entreprises et les droits de l’homme dans leurs politiques.

Glen Mpufane, Directeur de la section des mines d’IndustriALL, a déclaré :

“Une approche multipartite doit être adoptée pour les minerais critiques et les normes d’exploitation minière durable doivent être respectées pour protéger les droits et les intérêts des travailleurs et travailleuses.”

Kemal Özkan, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, a ajouté :

"Il existe un potentiel de création d’emplois, car le continent africain dispose de vastes ressources en minerais critiques, mais en tant que syndicats, nous devons insister sur la diligence raisonnable et le travail décent en matière de droits de l’homme afin que les travailleurs et les travailleuses ainsi que les communautés qui sont les leurs puissent profiter des avantages qui en découlent. La gouvernance au niveau des ressources naturelles est tout aussi importante pour mettre un terme aux flux financiers illicites et à la corruption, qui détournent des ressources nécessaires au développement.”

Peu d'espoir pour les travailleurs licenciés par Rieter India

Rieter India menace des responsables syndicaux de suspension, de transfert et de licenciement depuis qu'au début de 2023, les membres de la RIEF se sont mis en grève et ont porté plainte auprès du département du travail contre les pratiques déloyales du travail de la direction qui refusait d'entendre les préoccupations du syndicat.

En mai 2024, 33 des 350 adhérents du syndicat ont été licenciés, dont plusieurs de ses responsables, tandis que 27 travailleurs étaient suspendus dans l'attente d'une enquête sur de prétendues manifestations devant le domicile d'un représentant de la direction. Rieter India a aussi porté plainte au civil contre d'autres adhérents qui avaient fait grève de la faim devant les grilles de l'usine en juillet 2023 et pour avoir prétendument fait perdre 1,2 million de dollars pendant la première grève de janvier 2023. En outre, des plans de départ volontaire ont aussi été proposés à des membres du syndicat.

En novembre de l'an dernier, après des changement dans l'équipe de direction indienne, le syndicat a repris un dialogue de bonne foi avec la nouvelle direction. En dépit d'échanges positifs, le 19 décembre 2024, cette direction a décidé de ne pas réintégrer les travailleurs licenciés, mais aussi de licencier ceux qui avaient été suspendus.

Rohit Pawar, le secrétaire général de Shramik Ekta Mahasangh, déclare :

"Nous avons tenté sans relâche de régler les problèmes de manière cordiale, mais ça n'a pas marché. Nous avons appris que le CEO de Rieter devrait visiter l'usine en février. Nous lui avons écrit pour lui demander de rencontrer les membres du syndicat et de répondre à nos préoccupations."

Atle Høie, le secrétaire général d'IndustriALL, a déclaré :

"Nous exprimons notre solidarité avec les grévistes de Rieter India. IndustriALL invite la direction de Rieter à répondre immédiatement aux préoccupations du syndicat à propos des pratiques déloyales du travail de la direction indienne et des licenciements de ses membres notamment."

Le Maroc se prépare à la grève générale des 5 et 6 février

Une grève générale nationale aura lieu au Maroc les 5 et 6 février, les syndicats protestant contre les politiques gouvernementales qui, ils l’affirment, portent atteinte aux droits des travailleurs et travailleuses et érodent le pouvoir d’achat.

La Confédération démocratique du travail (CDT) a annoncé cette grève à l’issue d’une réunion de son Conseil national à Casablanca ce 1er février. L’Union marocaine du travail (UMT) a confirmé sa participation ce 2 février. D’autres organisations syndicales, dont la Confédération démocratique du travail, l’Organisation démocratique du travail et la Fédération des syndicats démocratiques, soutiennent également l’appel à la grève.

Au cœur du conflit se trouvent la proposition de loi du gouvernement sur la réglementation des grèves, ainsi qu’un projet controversé de fusion de la Caisse nationale des organismes de prévoyance sociale (CNOPS) avec la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS). Les syndicats affirment que ces réformes éroderont des avancées durement acquises par les travailleurs et travailleuses, affaibliront les droits syndicaux et nuiront aux prestations des salariés assurés.

Voici ce dont les dirigeants des syndicats accusent le gouvernement :

Les syndicats marocains critiquent également le gouvernement pour sa gestion de l’inflation, arguant que la hausse des prix exacerbe la pauvreté et la vulnérabilité sociale.

Dans un communiqué publié le 2 février, l’UMT a indiqué que la grève est déclenchée pour revendiquer un contrôle des prix afin de limiter l’inflation et la spéculation, la suspension du projet de loi sur la grève, qui doit être discuté à la Chambre des conseillers le 3 février, et des négociations urgentes sur les droits du travail et les politiques économiques.

Le Secrétaire général d’IndustriALL, Atle Høie, a déclaré à ce sujet :

“Nous sommes solidaires des travailleurs et travailleuses marocains qui protestent contre le mépris du gouvernement pour leurs droits et leur bien-être. Nous demandons instamment au gouvernement du Maroc d’entendre cet appel et de s’engager avec les syndicats pour un meilleur avenir pour les travailleurs et travailleuses du pays. Et nous demandons fermement que toutes les discussions sur la limitation du droit de grève, un droit fondamental des travailleurs et travailleuses, cessent immédiatement.”

Illustration : manifestation de travailleurs et travailleuses au Maroc, janvier 2025

1.500 travailleurs perdent leur emploi avec la fermeture de Yazaki en Uruguay

Les travailleurs ont été informés de cette décision le 30 janvier. D’après le syndicat, l’équipementier automobile ferme ses ateliers de Las Piedras et Colonia sans préavis ou négociation, empêchant ainsi toute discussion sur des solutions de rechange pour préserver l’emploi. 

Danilo Dárdano, le président du Syndicat national des travailleurs de la métallurgie et apparentés (UNTMRA) et de la Confédération des syndicats de l’industrie d’Uruguay, a déclaré : 

"Une entreprise ne peut pas tout simplement partir du jour au lendemain. Une restructuration doit être discutée au préalable. Le nouveau gouvernement doit changer les règles pour éviter que cela se reproduise. Ils ont fermé l'usine et ne répondent pas à nos appels. Le ministère du Travail a prévu une réunion pour discuter des licenciements, mais c'est d'une réouverture que nous voulons discuter." 

Dans un communiqué, l'UNTMRA se dit choqué par cette fermeture, notant que tout au long de 2024, il a eu des pourparlers avec des organismes de l'industrie, avec le ministère du Travail et avec Yazaki sur des politiques de soutien au secteur et d'appel aux investisseurs. La direction évoque principalement la faiblesse du peso face au dollar et les conflits du travail pour justifier sa décision, tandis que le syndicat réaffirme avoir toujours privilégier la protection de l'emploi sur toute autre question. 

La fédération uruguayenne PIT-CNT condamne cette fermeture, faisant valoir qu'une entreprise qui emploie 240.000 personnes dans 46 pays ne peut justifier une fermeture par les coûts de production et des conflits avec les syndicats, au vu de son bilan en matière de négociation collective. 

Lors d'une conférence de presse donnée le 31 janvier, le président de la PIT-CNT, Marcelo Abdala, a déclaré : 

"Yazaki a agi de manière sournoise et déloyale envers les travailleurs et envers le pays. Son manque de considération pour 1.500 travailleurs, en majorité des femmes et des jeunes, est inacceptable. Nous demandons des discussions tripartites sur le développement économique et exhortons les autorités à intervenir et défendre ces emplois." 

Le secrétaire régional d'IndustriALL, Marino Vani, a aussi critiqué les actions de la direction : 

"L'attitude de Yazaki vis-à-vis des travailleurs et de la communauté de ce pays est regrettable. Nous appelons la direction à rencontrer l'UNTMRA et à reconsidérer cette fermeture que rien ne justifie et qui est un coup dur pour l'économie uruguayenne et le MERCOSUR."

Les travailleurs et travailleuses indiens vont manifester massivement le 5 février

Ces manifestations font suite aux attaques incessantes du gouvernement indien contre les droits des travailleuses et travailleurs, et notamment au projet de mise en œuvre d’une législation du travail qui leur serait hostile.

Les syndicats indiens n’ont cessé d’exprimer leur inquiétude face à la détérioration des conditions économiques et à l’érosion des droits constitutionnels et démocratiques sous le gouvernement actuel. Dans un communiqué de presse publié le 7 janvier, les responsables syndicaux ont condamné les politiques anti-ouvrières du gouvernement, notamment la privatisation, le désinvestissement des entreprises et des services publics et le refus de rétablir l’ancien régime de retraite.

Les syndicats sont particulièrement alarmés par la prochaine session budgétaire, dont ils craignent qu’elle ne donne la priorité aux intérêts des entreprises au détriment de la classe ouvrière. Ils préviennent également que les lois controversées sur le travail promulguées en 2020, qui ont été bloquées en raison de la résistance massive des travailleurs et travailleuses, seront probablement appliquées cette année. Les syndicats sont déterminés à intensifier leur lutte pour empêcher leur mise en œuvre.

La plateforme commune exhorte les travailleuses et travailleurs de l’ensemble du pays à lancer une résistance déterminée contre les politiques injustes du gouvernement, notamment l’imposition de nouveaux codes du travail. Une série de manifestations de protestation auront lieu dans tout le pays et culmineront par une grève générale dont la date n’a pas encore été annoncée.

Le Secrétaire général d’IndustriALL, Atle Høie, a exprimé sa forte solidarité avec les syndicats indiens, en déclarant :

“IndustriALL salue la détermination des syndicats indiens dans leur lutte contre des politiques gouvernementales injustes. La résilience et l’unité de la classe ouvrière indienne sont une source d’inspiration pour les syndicats du monde entier. Nous exhortons le gouvernement indien à respecter les droits des travailleuses et travailleurs, à engager un dialogue constructif avec les syndicats et à veiller à ce que le droit du travail s’aligne sur les normes internationales du travail.”

Illustration : image d’une manifestation de masse en Inde en 2022

La Zambie ratifie la convention 190 pour mettre fin à la violence et au harcèlement au travail

Les organisations syndicales de Zambie affiliées à IndustriALL Global Union représentent des dizaines de milliers de travailleurs des secteurs de l'énergie, de l'ingénierie, de la mine, du ciment, de la chimie et des industries manufacturières où sont signalés des cas de violence et de harcèlement au travail.

D'après des rapports des Nations unies, une femme ou jeune-femme sur trois a subi de la violence physique en Zambie, et 17 pour cent de la violence sexuelle. Les rapports imputent cette situation à des inégalités de genre solidement ancrées et à des structures de pouvoir patriarcales que renforcent des normes sociales et culturelles. Ces pratiques nocives, dont la violence domestique, ont aussi cours sur les lieux de travail et font de la lutte contre la violence et le harcèlement basés sur le genre (VHBG) un thème crucial pour les syndicats.

Les syndicats ont milité pour la ratification de la C190 en organisant des campagnes nationales en collaboration avec le Congrès des syndicats de Zambie (ZCTU) et en faisant pression sur le gouvernement par le biais du dialogue social.

Astridah Matau Phiri, la directrice en charge de l'éducation et la formation des travailleurs au Syndicat national des travailleurs du commerce et de l'industrie (NUCIW), a souligné le rôle des syndicats dans cette grande avancée :

"Il s'agit d'une grande conquête pour les syndicats zambiens. Nous n'avons cessé de faire campagne pour la ratification de la convention 190. Nous remercions aussi IndustriALL pour les outils de campagne qu'il a mis au point et qui nous ont permis de sensibiliser les travailleurs à l'importance de la convention."

Le NUCIW s'est rendu sur les lieux de travail, a distribué des tracts appelant à stopper la VHBG et a formé des délégués à la lutte contre les inégalités et la discrimination. Il a aussi insisté sur la nécessité d'instaurer une culture du lieu de travail qui respecte les droits des travailleurs, quelle que soit leur identité de genre.

La secrétaire régionale d'IndustriALL pour l'Afrique subsaharienne, Paule France Ndessomin, fait remarquer que la ratification n'est qu'un début : 

"Le bureau régional recommande aux syndicats zambiens de considérer que la ratification est importante mais que c'est un premier pas. En réalité, la difficulté est au niveau de la mise en œuvre. Il est essentiel de mettre en place des politiques du lieu de travail conformes à la recommandation 206 de l'OIT et d'intégrer la C190 dans la législation du travail nationale de sorte que les choses changent réellement dans le monde du travail."

IndustriALL Global Union continuera d'appuyer les syndicats zambiens dans leurs efforts pour que la convention se traduise par des protections tangibles pour les travailleurs.

Les affiliés d'IndustriALL en Zambie sont :

La ratification de la convention 190 par la Zambie est une étape dans la lutte contre la violence et le harcèlement au travail. Maintenant, les syndicats vont concentrer leurs efforts sur sa mise en œuvre et son application.

Renouvellement de l’accord-cadre mondial EDF avec des protections renforcées pour les travailleurs et travailleuses

L’accord, initialement signé en 2005 et renouvelé en 2018, a été mis à jour pour refléter les nouveaux défis et priorités, en particulier dans les domaines de la transformation numérique, de la durabilité environnementale et des droits au travail. Les négociations, qui se sont déroulées tout au long de l’année 2024, ont abouti à des avancées significatives pour le personnel d’EDF dans le monde entier.

Améliorations clés de l’accord 2025-2030 :

Dans le cadre de l’accord renouvelé, le Comité mondial de dialogue sur la responsabilité sociale et environnementale (CMDRSE) d’EDF se réunira en février 2025 pour élaborer une stratégie de mise en œuvre et veiller à ce que les engagements soient effectivement intégrés dans les politiques et les pratiques de l’entreprise dans le monde entier.

Atle Høie, Secrétaire général d’IndustriALL, s’est félicité du renouvellement de l’accord en déclarant :

“Cet accord marque une avancée significative pour les travailleurs et travailleuses d’EDF et de l’ensemble du secteur de l’énergie. Il renforce notre engagement collectif en faveur d’une Transition juste, en veillant à ce que les droits des travailleurs et travailleuses soient protégés au milieu de la transition vers une énergie durable. L’inclusion des politiques de transformation numérique et d’IA garantit que les travailleurs et travailleuses ne sont pas laissés pour compte alors que les nouvelles technologies remodèlent l’industrie. Nous continuerons à suivre de près la mise en œuvre de ces engagements dans le cadre de notre dialogue social permanent avec EDF.”

Crédit photo : Fourgon EDF dans un quartier résidentiel – Référence Shutterstock : 2291763809

Lutte contre les législations antisyndicales en Asie du Sud-Est

Les affiliés indonésiens d’IndustriALL ont combattu la loi omnibus depuis son annonce en octobre 2019. Grâce à des recours juridiques, la Cour constitutionnelle l’a jugée conditionnellement inconstitutionnelle, a fait droit à 21 des 71 requêtes des syndicats et a ordonné au gouvernement de promulguer une nouvelle loi dans un délai de deux ans.

Prihanani Boenadi, Coprésident du CE d’IndustriALL Asie-Pacifique et Chef du département international de la FSPMI, a déclaré :

“Les actions de solidarité internationale par le biais d’exposés d’experts devant la cour constitutionnelle ont été très utiles, car les juges ont pris ces positions au sérieux. Nous continuerons à plaider en faveur d’une législation du travail favorable aux syndicats avant que le gouvernement n’introduise la nouvelle loi d’ici deux ans.”

La disposition de la loi Omnibus relative aux travailleurs et travailleuses externalisés, qui autorise des contrats à durée indéterminée, a été annulée, mais la disposition similaire relative aux contrats à durée déterminée est restée inchangée dans le code du travail philippin.

Après que le Président de l’époque, Rodrigo Duterte, a opposé son veto au projet de loi sur la sécurité d’emploi en 2019, quatre nouveaux projets de loi ont été présentés au Congrès philippin pour interdire la contractualisation, permettre aux conseils tripartites de décider de l’externalisation et réglementer les sous-traitants disposant d’un capital d’au moins 10 millions de pesos philippins (178.571 dollars).

Paul Gajes, Responsable législatif du Congrès des syndicats des Philippines (TUCP) et Raymond Democrito C. Mendoza, Vice-président de la Chambre des représentants, ont déclaré qu’ils feraient pression en faveur du projet de loi sur la sécurité de l’emploi en utilisant les rapports de l’OIT et de la CSI sur les violations des droits des travailleurs, en tirant parti des accords commerciaux internationaux et en construisant des coalitions avec des syndicats au plan national et international.

En Thaïlande, la Confédération du travail industriel de Thaïlande (CILT) fait campagne pour la ratification des Conventions 87 et 98 de l’OIT depuis trois décennies. La Confédération a mis en place en 2023 un réseau de soutien aux Conventions 87 et 98 de l’OIT composé de 26 syndicats et autres organisations de travailleurs. Ce réseau a interpellé les représentants commerciaux de l’Union européenne et IndustriALL Europe à plusieurs reprises, revendiquant l’inclusion de la ratification des deux conventions de l’OIT dans les négociations de l’accord de libre-échange entre l’UE et la Thaïlande.

En revanche, la mise en œuvre en Malaisie de la législation amendée sur les syndicats en septembre 2024 signifie qu’il est maintenant possible d’y syndiquer les travailleurs et travailleuses de plusieurs secteurs et qu’il est autorisé d’avoir plusieurs syndicats qui se concurrencent démocratiquement. Le Conseil d’IndustriALL Malaisie et la Coalition pour la réforme du droit du travail se félicitent de cette plus grande liberté syndicale et s’engagent sur le chemin de la réforme, car de nombreuses dispositions du droit du travail sont encore jugées anti-syndicales.

Patuan Samosir, Directeur principal pour la syndicalisation et les projets de la CSI en Asie-Pacifique, a déclaré :

“Bien que des progrès significatifs ont été enregistrés dans certains domaines, les travailleurs et travailleuses continuent à faire face à des défis liés aux protections juridiques, aux conditions de travail et aux droits syndicaux. Le renforcement du droit du travail, la promotion des droits des travailleurs et l’autonomisation des syndicats seront essentiels pour améliorer la vie des travailleurs et travailleuses de la région.”

Le Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, Kemal Özkan, a déclaré :

“Nous vivons une période de lutte des classes. Les attaques au plan mondial contre les Fédérations syndicales et les droits des travailleurs et travailleuses conduit à plus d’exploitation. Nous devons mobiliser les travailleurs et travailleuses pour soutenir les luttes contre les réformes antisyndicales dans les quatre pays concernés, soutenons-nous les uns les autres, en n’oubliant pas nos camarades qui luttent au Cambodge, au Myanmar et en Corée.”

Un affilié du Bangladesh signe un ACM avec Hop Lun

Avec cet accord, entré en vigueur en décembre 2024, le salaire de base augmente de 10 pour cent bien que le syndicat réclamait au départ 20 pour cent pour l'ensemble des salaires. La prime d'assiduité est passée de 800 takas (6,50 $) à 1.050 takas (8,50 $) et ne peut être déduite pour les congés acceptés. Une prime de jours fériés égale à la totalité du salaire de base sera versée aux travailleurs ayant au moins six mois d'ancienneté. 

Le syndicat a aussi obtenu la promotion d'au moins 100 travailleurs chaque année, dont au moins 80 pour cent de femmes qui auront droit aux prestations de maternité prévues par la loi, soit 122 jours de congé de maternité. Les femmes enceintes pourront passer gratuitement des écographies prises en charge par la direction et auront droit à des repas supplémentaires leur assurant 2.400 calories par jour. Jusqu'à l'âge de six ans, les enfants auront droit à des services de soins et de garderie, ainsi qu'à des repas équilibrés et des programmes de jeux.

L'accord comporte des dispositions en matière de droits des handicapés, de diversité de genre et d'égalité. La direction prendra des dispositions pour promouvoir la diversité de genre, avec des formations notamment. Les travailleuses et les femmes dans le besoin recevront gratuitement chaque mois deux paquets de serviettes hygiéniques ou de tampons réutilisables. En plus, le personnel recevra une formation sur la santé reproductive.

Nazma Akter, la présidente de la SGSF, qui siège aussi au comité exécutif d'IndustriALL, déclare :

"Cet accord fera date. Le syndicat a négocié et obtenu plusieurs dispositions progressistes, notamment des droits pour les personnes handicapées, l'égalité et la diversité de genre, ainsi qu'une Transition juste."

L'accord préconise aussi la création d'un comité permanent pour la Transition juste composé de représentants du syndicat et de la direction. Sa mission consistera notamment à formuler un code de bonne conduite et à discuter régulièrement de la question du changement climatique et des mesures nécessaires pour lutter contre son impact.

Christina Hajagos-Clausen, la directrice d'IndustriALL en charge de l'industrie du textile et du vêtement, a déclaré :

"Nous félicitons le syndicat et les travailleurs de Hop Lun qui ont négocié avec succès un accord favorable aux travailleurs. IndustriALL soutiendra toujours ses affiliés dans leur combat pour les droits des travailleurs."