IndustriALL demande la paix tout de suite au Moyen-Orient

En mai, le comité exécutif d'IndustriALL a adopté une résolution condamnant la guerre menée par Israël contre la population palestinienne. Depuis, le nombre total des Palestiniens tués à Gaza dépasse les 40.000, Gaza est devenue une prison à ciel ouvert où le taux de pauvreté frise les 100 % alors que la Cisjordanie subit des attaques quotidiennes, réduisant ainsi tout espoir d'une solution pacifique.

En Israël comme en Palestine, de plus en plus de civils sont forcés de fuir pour échapper aux opérations militaires qui, maintenant, frappent aussi le Liban et l'Iran, aggravant encore des conditions de vie déjà pénibles, avec des pénuries de nourriture, d'eau et de médicaments.

Le secrétaire général d'IndustriALL, Atle Høie, a déclaré :

"En tant qu'organisations syndicales, nous réclamons le droit à l'autodétermination de tous les peuples et tous les États. Notre mouvement est le plus grand mouvement de la société civile au monde et nous ne pouvons permettre que cette situation se poursuive dans le silence; laisser faire serait une tache dans l'histoire de notre mouvement.

"Nous préconisons la paix, la justice, la liberté, l'égalité de droits, la démocratie, la dignité humaine et l'égalité souveraine de tous les peuples et États. Nous réclamons un cessez-le-feu immédiat et durable et appelons tous les gouvernements à cesser de soutenir l'effort militaire d'Israël pour écraser le peuple palestinien et à se concentrer sur l'avènement d'une société à deux États."

Avec d'autres syndicats mondiaux, IndustriALL a toujours appelé à une paix juste et durable par la mise en œuvre sans réserve des résolutions 242 et 338 du Conseil de sécurité des Nations unies afin de permettre un avenir économique viable pour une Palestine indépendante. En mai, IndustriALL s'est rendue, avec sept autres syndicats mondiaux et avec la Confédération syndicale internationale, en Palestine afin d'exprimer sa solidarité avec les syndicats de Cisjordanie et de Gaza.

Cette délégation a déclaré clairement que "nous sommes solidaires des syndicats et des travailleurs palestiniens en ces temps difficiles. Nous sommes vivement préoccupés par la grave crise humanitaire que subit la population de Gaza et sommes aux côtés des Palestiniens, des Israéliens et des peuples du monde entier pour appeler à la paix, l'égalité et la justice".

Photo : 27 novembre 2023, des familles palestiniennes fuient le nord de la bande de Gaza en direction du sud ©️ UNRWA photo de Ashraf Amra

La grève contre Tesla

Un an plus tard, Tesla refuse toujours d’entamer un dialogue avec IF Metall et a pris la mesure extrêmement rare d’importer des briseurs de grève, en faisant venir par avion du personnel d’autres garages Tesla en Europe pour remplacer les travailleurs en grève en Suède.

Mais le soutien à la grève et la volonté de défendre le modèle suédois sont forts. En Suède, douze autres syndicats se sont joints à ce que l’on appelle des grèves de solidarité. Les syndicats représentant les électriciens, les dockers et les livreurs postaux prennent des mesures qui signifient, entre autres, que les voitures Tesla ne sont pas déchargées dans les ports suédois, qu’aucun travail n’est effectué sur les stations de recharge Tesla et que les plaques d’immatriculation ne sont pas acheminées. Les grèves de solidarité se sont également étendues aux ports des pays nordiques voisins, où les syndicats danois, norvégiens et finlandais mènent des actions.

Les piquets de grève devant les garages de Tesla sont tenus non seulement par des travailleurs de Tesla en grève, mais aussi par des travailleurs d’entreprises ayant conclu des conventions collectives avec IF Metall. En signe de solidarité, IndustriALL et la CSI ont rendu visite aux grévistes à Göteborg au début du mois.

Les travailleurs de Volvo Trucks tiennent fermement à l’extérieur du garage un piquet de grève, huit heures par jour, sept jours sur sept. IF Metall établit une liste de travailleurs provenant d’entreprises de la région signataires d’une convention collective. Les travailleurs ont droit à des congés pour faire grève et c’est IF Metall qui leur verse les salaires des jours de grève.

Le fonds de pension du gouvernement norvégien, l’un des plus grands au monde, possède environ 1 % de Tesla, ce qui en fait l’un des plus grands détenteurs. Le directeur général du fonds a récemment déclaré à la radio suédoise qu’il rencontrait régulièrement la direction et le conseil d’administration de Tesla et qu’il continuait à insister sur la nécessité de signer une convention collective.

Le Secrétaire général d’IndustriALL, Atle Høie, a déclaré à ce sujet :

“Cela fait un an qu’il y a grève chez Tesla et le manque total de respect d’Elon Musk pour le modèle suédois, qui régit avec succès le marché du travail du pays depuis près de 100 ans, contraste fortement avec la conduite des autres multinationales présentes dans le pays. C’est inacceptable et les travailleurs en grève ont derrière eux le soutien total des 50 millions de membres d’IndustriALL.”

La reconstruction de l'Ukraine a besoin des syndicats

Le secrétaire général d'IndustriALL, Atle Høie, a souligné la nécessité de faire régulièrement le point afin d'identifier où apporter leurs contributions. Il a averti que cette reconstruction sera massive et qu'il est essentiel que des systèmes soient en place pour la distribution de l'argent et pour assurer la participation du mouvement syndical.

Les syndicats ont décrit les enjeux de leur situation. La hausse des taxes a aggravé les choses, avec de nouvelles pressions sur les Ukrainiens. Mais aussi, le pays perd des travailleurs très qualifiés, indispensables pour sa restructuration future. Les syndicats ont aussi souligné l'insuffisance de l'internet, les pénuries d'électricité, de charbon, et d'autres articles essentiels pour l'hiver, qui constituent autant de difficultés majeures. Quant aux femmes, elles doivent descendre dans la mine pour remplacer les hommes partis à la guerre.

À l'approche de l'hiver, les syndicats expliquent que, bien que le secteur nucléaire soit prêt, 80 pour cent des centrales ont été détruites. Cette dévastation pèse énormément sur les travailleurs du nucléaire qui doivent maintenant assurer l'approvisionnement énergétique du pays. Sans énergie, l'Ukraine ne pourra se reconstruire. Les travailleurs risquent leur vie chaque jour lorsqu'ils réparent des infrastructures endommagées par d'incessants bombardements.

Valeriy Matov, le président de notre affilié Atomprofspilka, a déclaré :

"Nous sommes prêts à relever les défis qui se posent. Nous avons achevé les réparations dans les centrales et elles sont en service. Le travail est très lent et il n'est pas toujours de la meilleure qualité, mais nous remédierons aux problèmes l'un après l'autre. Nous créons aussi des systèmes de protection."

Une grande partie de la main-d’œuvre a disparu, ce qui a entraîné une baisse sensible des effectifs des syndicats. L'absence de cotisations rend les syndicats financièrement vulnérables et ils doivent se battre pour poursuivre leur action essentielle. Casper Edmonds, qui représentait l'Organisation internationale du travail (OIT), a résumé l'intervention de son organisation en Ukraine :

"Nous documentons les violations des droits des travailleurs, nous suivons la situation du secteur minier et du secteur de l'énergie et nous constatons que la situation des travailleurs empire."

Casper Edmonds a ajouté que l'OIT étudie les politiques des États-Unis et du Japon, notant un engagement à financer la reconstruction de l'Ukraine. Quoi qu'il en soit, il est essentiel de se concentrer sur les travailleurs du secteur de l'énergie qui auront besoin de formations qualifiantes pour les tâches qui les attendent.

Les syndicats ont décrit leurs besoins les plus pressants : transformateurs, générateurs et aide financière. Les salaires étant dramatiquement bas, le besoin d'investissements dans les industries en Ukraine est plus criant que jamais. Ils ont réaffirmé qu'il est essentiel d'associer les syndicats au processus de reconstruction, pas seulement pour protéger les travailleurs mais aussi pour veiller à ce qu'il soit répondu à leurs besoins. Ils craignent qu'une exclusion des syndicats fasse échouer l'effort de reconstruction. 

Brian Milakovsky et Volodymyr Vlasiuk, les auteurs de l'étude "La politique d'IndustriALL pour la survie de l'Ukraine – Inverser 30 années de désindustrialisation" préparée pour la Fondation Friedrich Ebert (FES), ont présenté des recommandations de politique industrielle indispensables pour la reconstruction de l'Ukraine. Il s'agit notamment d'instituer un conseil de la politique industrielle habilité à proposer des réformes législatives et réglementaires qui seront le moteur de la réindustrialisation. Ce conseil serait appuyé par des experts-conseillers afin de renforcer la capacité de l'Ukraine à concevoir et mettre en œuvre des politiques industrielles efficaces. Par-dessus tout, la politique devra donner la priorité à la localisation et au contenu local, tout en se concentrant sur l'augmentation de la production d'armes, la décarbonation des systèmes énergétiques pour davantage d'efficacité  et de résilience, et développer le soutien financier aux efforts de réindustrialisation.

Mikhaïlo Volynets, le président du Syndicat indépendant des mineurs (NPGU) et de la Confédération des syndicats indépendants d'Ukraine (KVPU), a déclaré :

"Merci à IndustriALL pour l'intérêt que vous portez à l'Ukraine. Nous faisons tout notre possible pour ramener les gens chez eux. Les syndicats insistent pour que les salaires aillent de pair avec l'inflation et le PIB, et cela doit inclure les mineurs. Nous essayons de nous adresser à différentes organisations syndicales et nous nous efforçons de reprendre notre pays."

Le secrétaire général adjoint d'IndustriALL Kemal Özkan a déclaré :

"Nous continuerons à réagir aux besoins de nos affiliés d'Ukraine en mobilisant tous nos efforts et toutes nos ressources. Les syndicats ukrainiens jouent un grand rôle dans la reconstruction de leur pays, avec une vie sociale et économique viable, et nous sommes solitaires avec eux."

Photo: Shutterstock 

Sensibilisation à l’EIS au Bangladesh

Le projet pilote a été lancé en 2022, avec le soutien de l’OIT. Il couvre toutes les usines de prêt-à-porter du Bangladesh ainsi que quatre millions de travailleurs et travailleuses.

Le projet pilote EIS vise à venir en complément des sommes forfaitaires déjà versées au Bangladesh en cas de décès ou d’invalidité permanente dus à un accident du travail et à faire en sorte que les indemnités liées au travail soient conformes aux normes internationales du travail. Plus de 60 enseignes sont devenues signataires ; elles effectuent des versements volontaires pour alimenter le fonds et, par ce complément, le rendre conforme aux normes internationales.

Des ateliers de sensibilisation pour les affiliés d’IndustriALL ont été organisés à Dacca et à Chattogram. Au total, 90 dirigeants de fédérations syndicales, ainsi que des recruteurs et dirigeants syndicaux issus de la base y ont participé. L’objectif était de fournir une compréhension détaillée du programme pilote de l’EIS, en mettant l’accent sur la manière dont les membres de la famille des travailleurs décédés et les travailleurs handicapés de manière permanente peuvent recevoir une indemnisation en plus du montant forfaitaire qui a été versé précédemment.

Ces ateliers visaient à mieux faire comprendre la procédure de demande d’indemnisation au titre du régime, y compris les moyens par lesquels les syndicats peuvent aider les travailleurs blessés ou décédés et les membres de leur famille à déposer une demande d’indemnisation aux termes du régime. Les participants ont débattu des limites du système, à savoir qu’il ne s’applique qu’aux travailleurs et travailleuses qui ont été blessés ou tués depuis le 21 juin 2022, date de lancement du projet pilote.

Christina Hajagos-Clausen, Directrice du secteur textile d’IndustriALL, a déclaré :

“Le Régime d’indemnisation des accidents du travail est essentiel pour garantir un solide filet de sécurité aux travailleurs et travailleuses de l’industrie du textile et de la confection au Bangladesh. Il faut que davantage d’enseignes de stature mondiale soutiennent le projet pilote et le rendent durable”.

Victoire chez Nexperia Philippines

Après huit mois de tractations avec l'entreprise et une tentative de dépôt d'un préavis de grève, le Syndicat des travailleurs de Nexperia Inc a pu conclure avec la direction un accord prévoyant la réintégration de syndicalistes qui avaient été licenciés.

Le Syndicat des travailleurs de Nexperia Inc est affilié à IndustriALL Global Union par le biais de la MWAP.

Les travailleurs licenciés seront les premiers à être repris lorsque des postes se libéreront. Les deux parties sont convenues qu'aucun préavis de grève ne sera déposé et elles s'abstiendront de toute mesure de représailles. La direction a imposé un moratoire sur les licenciements jusqu'au 31 décembre 2024. 

Le secrétaire de la MWAP, Julius Carandang, a déclaré :

“Comme la totalité de nos revendications ne sont pas encore satisfaites, nous devons rester prêts à durcir nos actions pour nous renforcer, face à un capitalisme animé de cupidité et qui menace nos sources de revenus. Nous devons être prêts, quelle que soit l'issue de la négociation collective et, au besoin, poursuivre notre combat jusqu'à la victoire.”

Le secrétaire régional d'IndustriALL pour l'Asie du Sud-est, Ramon Certeza, a dit aussi :

“Je félicite la MWAP et le Syndicat des travailleurs de Nexperia Inc pour ce combat mené avec succès contre des pratiques de travail déloyales et un plan de réduction des effectifs déraisonnable. Cette victoire montrera à d'autres travailleurs des semi-conducteurs de la région qu'un effort collectif par le truchement d'une plateforme syndicale peut garantir la sécurité d'emploi et défendre les droits des travailleurs.”

En février 2024, Nexperia Philippines a fermé son département des capteurs à Laguna, aux Philippines, et a commencé à licencier 54 travailleurs, dont trois responsables syndicaux. Elle avait prévu d'en licencier 72 autres en octobre et leur avait proposé un plan de départ volontaire. 
 
Le syndicat a prié instamment la direction de surseoir à son projet. Malgré une prétendue baisse du volume d'activité, les travailleurs devaient travailler pendant les vacances et pouvaient difficilement obtenir des congés. 
 
En avril et en août 2024, le secrétaire général d'IndustriALL, Atle Høie, s'est adressé à la direction de Nexperia Philippines et à sa direction mondiale pour leur demander de réintégrer les responsables syndicaux et de respecter le principe du licenciement en premier des derniers arrivés inscrit dans la convention collective.

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Le conseil syndical mondial fait progresser les droits des travailleurs dans la chaîne d’approvisionnement d’Inditex

Les 8 et 9 octobre derniers, des représentants syndicaux des six pôles de production mondiaux d’Inditex, ainsi que des représentants des affiliés espagnols d’IndustriALL, CCOO Industria et UGT-FICA, ont débattu et évalué le plan stratégique mondial 2023-2024.

Le renforcement des capacités des dirigeants syndicaux et de la direction des usines syndiquées et la sensibilisation à la violence à l’égard des femmes ont été des priorités essentielles. Le Conseil a noté qu’il était encore nécessaire d’améliorer la mise en œuvre de l’accord chez les fournisseurs non syndiqués.

De nombreux groupes de production ont fait rapport sur des résolutions de violations de droits syndicaux. Mais des cas en attente de résolution par le biais du mécanisme de plaintes de l’ACM ont également été mis en évidence. Le Conseil d’Inditex pour la région MENA a présenté un rapport sur les violations persistantes de la liberté syndicale dans la région, indiquant que le rapport serait transmis à la direction d’Inditex.

“L’ACM d’Inditex est un outil permettant aux syndicats d’améliorer les conditions de travail, mais c’est aussi un moyen pour eux de tenir Inditex responsable de toute violation au sein de sa chaîne d’approvisionnement. Nous devons continuer à faire progresser sa mise en œuvre et veiller à ce que les droits des travailleurs à la liberté syndicale et à la négociation collective soient respectés et, en cas de violation de ces droits, à ce qu’il y soit remédié”,

a déclaré Christina Hajagos-Clausen, Directrice du secteur textile et confection d’IndustriALL.

Le Conseil mondial a adopté trois résolutions soutenant les travailleurs et travailleuses de la chaîne d’approvisionnement d’Inditex. La première résolution soutient les affiliés cambodgiens, exigeant qu’Inditex respecte ses engagements publics et signe l’accord de soutien aux salaires négociés collectivement dans l’industrie de la confection, du textile, de la chaussure et des articles de voyage au Cambodge. Récemment, tous les affiliés cambodgiens d’IndustriALL ont envoyé conjointement une lettre au PDG de l’entreprise, demandant instamment à Inditex de signer cet accord de soutien juridiquement contraignant.

Pour soutenir le Bangladesh, le Conseil demande à Inditex de poursuivre son engagement à long terme envers ce pays et de veiller à ce que les travailleurs et travailleuses soient payés pendant les périodes de troubles, à ce qu’Inditex ne pénalise pas les fournisseurs pour les retards de commande résultant de ces fermetures d’usines et d’autres obstacles à la production et au transport normaux et à ce qu’Inditex continue à passer des commandes auprès de fournisseurs bangladais afin de contribuer à renforcer la confiance dans l’avenir économique et politique de ce pays.

Le Conseil a également demandé à Inditex de rendre publique la liste de ses fournisseurs afin de garantir la transparence.

“Ces résolutions sont nécessaires pour garantir la solidarité syndicale internationale entre les membres du Conseil syndical mondial et pour mettre en œuvre l’action syndicale visant à garantir un travail décent tout au long de la chaîne d’approvisionnement d’Inditex”,

a déclaré Victor Garrido, du syndicat espagnol CCOO Industria.

Outre la réunion avec des membres de la direction d’Inditex en charge de la RSE, le Conseil mondial s’est joint à la réunion du Conseil d’entreprise européen d’Inditex. Cette réunion a souligné l’importance du soutien et de l’échange entre tous les travailleurs et travailleuses de la chaîne d’approvisionnement d’Inditex, production, entreposage/logistique et vente au détail. Les parties se sont engagées à se coordonner et à maintenir la communication ouverte.

Les travailleurs et travailleuses unis dans la lutte pour des emplois décents et une transition juste dans le secteur en mutation des matériaux

La conférence a rassemblé des représentants de secteurs clés tels que le ciment, le verre, la céramique et les industries connexes, qui ont abordé les défis critiques auxquels sont confrontés les travailleurs et travailleuses dans le cadre des transformations industrielles dues à l’automatisation, aux politiques environnementales et aux pressions économiques.

La conférence a condamné le recours généralisé au travail précaire en Inde, où 80 à 90 % de la main-d’œuvre est embauchée en tant que sous-traitant ou intérimaire, et a exhorté le président indonésien élu, Prabowo Subianto, à abolir la loi Omnibus qui permet aux employeurs d’embaucher en sous-traitance sans aucune limitation.

Christina Olivier, Secrétaire générale adjointe d’IndustriALL, a souligné :

“Les industries des matériaux sont confrontées à des défis importants, qu’il s’agisse des préoccupations environnementales, des pressions économiques, des avancées technologiques ou des dispositions réglementaires. La part de l’industrie du ciment dans les émissions mondiales de CO2, qui est de 7 à 8 %, et celle des industries du verre et de la céramique, qui est de 1 à 2 %, soulignent l’urgence d’une transformation et d’une décarbonisation. Et la transformation et le changement doivent être justes et équitables pour tenir compte des impacts sur les travailleurs et travailleuses.”

La déclaration publiée par les délégués souligne les préoccupations croissantes concernant les violations des droits des travailleurs, les conditions de travail précaires et la nécessité d’une transition juste incluant des protections pour tous. Alors que les industries des matériaux s’orientent vers des technologies plus écologiques, les syndicats appellent à la création de plans de transition juste spécifiques au secteur qui incluent également les travailleurs et travailleuses vulnérables tels que les sous-traitants et les occasionnels.

Les délégués ont discuté des résultats de la réunion tripartite organisée par l’Organisation internationale du travail (OIT) qui s’est tenue du 23 au 27 septembre à Genève et au cours de laquelle les représentants des gouvernements, des employeurs et des travailleurs, menés par IndustriALL et l’Internationale des travailleurs du bâtiment et du bois (IBB), se sont mis d’accord sur de nouvelles étapes pour transformer l’industrie des matériaux de construction, en se concentrant sur la création d’une voie durable qui concilie la croissance économique, la durabilité environnementale et la justice sociale.

Dans son discours d’ouverture, Lena Yuliana, Présidente du comité des femmes de la Fédération générale des syndicats indonésiens (FSP ISSI) et Coprésidente du secteur des matériaux d’IndustriALL, a déclaré :

“Nous devons nous attaquer au recours croissant à la sous-traitance, non seulement au sein de la chaîne d’approvisionnement, mais aussi dans les processus de base, et relever les défis en matière de santé et de sécurité au travail. Un autre défi crucial est l’intégration de la dimension de genre, car la représentation des femmes dans ce secteur reste inférieure à 10 %.”

Les dirigeants syndicaux de nombreux pays ont fait part de leurs inquiétudes quant à la dégradation des conditions de travail. En Inde, des disparités salariales entre les ouvriers et les employés ont été signalées, les travailleurs et travailleuses précaires ne gagnant souvent que l’équivalent de 30 à 50 dollars par mois.

Le passage à des systèmes d’emploi occasionnel dans de nombreuses usines a réduit le nombre de postes permanents, privant les travailleurs et travailleuses de prestations de base telles que l’assurance médicale et la sécurité sociale. Dans certains pays du Sud, le secteur du ciment a été particulièrement touché : jusqu’à 90 % de sa main-d’œuvre travaille dans des conditions précaires, souvent par le biais de la sous-traitance, de courtiers en main-d’œuvre et de contrats d’agence.

“Les employeurs fragmentent la main-d’œuvre pour maximiser leurs profits, mais cela empêche les travailleurs et les travailleuses de développer leurs compétences ou de s’assurer à terme un emploi stable”,

a déclaré Alexander Ivanou, Directeur pour le secteur des industries des matériaux d’IndustriALL.

Les délégués ont également appelé à un renforcement des réglementations gouvernementales afin de garantir que les entreprises multinationales respectent les droits de l’homme et du travail, en particulier par le biais des marchés publics et des normes de sécurité au travail.

La conférence a souligné la nécessité de politiques inclusives qui soutiennent l’égalité des genres et l’emploi durable pour les jeunes travailleurs et travailleuses. Les délégués ont demandé un minimum de 40 % de femmes dans les délégations syndicales et ont revendiqué de meilleures conditions de travail, notamment des horaires flexibles, des congés parentaux et des possibilités de développement de carrière pour les femmes.

Pour l’avenir, les dirigeants syndicaux se sont engagés à intensifier leurs efforts pour soutenir les travailleurs et travailleuses par-delà les frontières et à faire campagne pour des environnements de travail plus sûrs, des salaires équitables et la protection des droits des travailleurs tout au long de la chaîne d’approvisionnement.

“Ensemble, nous renforcerons le pouvoir des travailleurs et travailleuses et veillerons à ce que personne ne soit laissé pour compte dans la transition vers un avenir durable et équitable”, conclut le communiqué.

Adoptée à l’unanimité, cette déclaration renforce la détermination collective des travailleurs et travailleuses des industries des matériaux à assurer une transition juste qui donne la priorité au travail décent, à la sécurité et au traitement équitable pour tous.

Sur la base de ces débats, les délégués sont également convenus d’un plan énumérant leurs actions et activités futures avant le prochain Congrès d’IndustriALL, à la fin de l’année 2025.
 

La conférence mondiale de la construction navale et démolition des navires appelle à une transformation durable du secteur

Eileen Yeo Chor Gek, Coprésidente du secteur, explique :

“Les syndicats sont essentiels pour créer une transition inclusive vers les nouvelles technologies. Nous devons garantir des pratiques de travail équitables, la stabilité de l’emploi et un équilibre pour tous et toutes”.

“La santé et la sécurité sont les éléments vitaux de notre secteur. Nous sommes ici pour partager nos connaissances et trouver des solutions afin d’améliorer les conditions de vie sur le terrain”,

a précisé Masoa Tusmura, Coprésident du secteur.

Vidyadhar Vasudeo Rane, Vice-président du secteur, a pour sa part déclaré :

“La coopération internationale est le fondement de la sécurité pour les travailleurs. La Convention de Hong Kong marque une étape décisive”.

Le Directeur d’IndustriALL pour la construction navale et la démolition des navires, Walton Pantland, a présenté un aperçu général du secteur en soulignant les défis auxquels il est confronté :

“Notre secteur est confronté à des défis considérables, qu’il s’agisse des changements technologiques, du déséquilibre entre les sexes ou de la pénurie de main-d’œuvre. Nous devons attirer de nouveaux talents, nous concentrer sur la sécurité et promouvoir l’équité entre les générations”,

a-t-il indiqué.

L’un des axes de la conférence a été la mise en œuvre imminente de la Convention internationale de Hong Kong pour le recyclage sûr et écologiquement rationnel des navires, qui doit entrer en vigueur en juin 2025.

Cet accord historique introduit des protections essentielles : une formation obligatoire en matière de santé et de sécurité, l’obligation d’éliminer les dangers avant tout démantèlement de navire et des exigences claires en matière de responsabilité pour les chantiers de recyclage.

Toutefois, les délégués ont également fait part de leurs inquiétudes concernant les défis actuels, notamment les niveaux modestes de conformité aux normes, les pressions commerciales intenses et la faible répression des infractions. La Convention représente un progrès, mais les délégués sont convenus qu’elle devait être soutenue par une forte solidarité internationale pour tenir les gouvernements et les entreprises responsables de la sécurité des travailleurs et travailleuses.

Des délégués d’Australie, des États-Unis, de Singapour, de Corée, du Japon, des Pays-Bas, du Bangladesh, d’Inde, du Danemark, de France, de Finlande, de Norvège, de Taïwan, d’Espagne et du Royaume-Uni ont mis l’accent sur des préoccupations communes telles que la pénurie de main-d’œuvre, le manque de représentation des femmes, la syndicalisation des travailleurs migrants et l’expansion rapide de la production chinoise. Le forum s’est conclu sur un message clair : il est essentiel de créer des syndicats solides, de renforcer le dialogue social et de s’unir au niveau international.

À l’avenir, le secteur se concentrera sur les droits et la sécurité des travailleurs en utilisant notre pouvoir de négociation collective pour donner la priorité aux intérêts à long terme des travailleurs, créer un réseau de santé et de sécurité et défendre les meilleures pratiques en matière de répartition des risques. L’accent sera également mis sur l’inclusion des femmes et des jeunes en partageant des stratégies pour améliorer la représentation des femmes, en développant des programmes mondiaux de mentorat pour les militantes syndicales et en incluant les jeunes et les cols blancs.

D’autres mesures sont prévues, visant notamment à l’augmentation de la puissance syndicale mondiale en encourageant la coopération, l’intégration des travailleurs migrants et sous-traitants dans les conventions collectives, la création de réseaux dans les entreprises multinationales et l’accent à mettre sur la durabilité et le développement des compétences en se coordonnant avec l’OCDE, en soutenant les transitions justes au niveau de la démolition des navires et en plaidant en faveur du développement permanent des compétences et de l’accessibilité des parcours de qualification.

Christina Olivier, Secrétaire générale adjointe, a déclaré :

“Aujourd’hui plus que jamais, nous devons renforcer l’infrastructure sociale, en veillant à ce que les syndicats puissent recruter et se faire les défenseurs de lieux de travail plus sûrs et plus équitables.”

Les syndicats veulent une approche des entreprises et des droits de l'homme axée sur le développement en Afrique

Ce forum, qui rassemblait plus de 500 participants issus de communautés, d'organisations de la société civile, de gouvernements, d'organisations d'employeurs, d'organisations de défense des droits de l'homme, de syndicats notamment, se tenait sur le thème "Promouvoir un comportement responsable des entreprises dans un contexte en changement rapide".

Les débats ont porté entre autres sur le potentiel de croissance économique de l'Afrique reposant sur l'enrichissement des ressources minérales critiques et sur les bienfaits de la Zone de libre-échange d'Afrique continentale (AfCTA). D'autres effets bénéfiques pourraient aussi découler de la transition de l'économie informelle à l'économie formelle. L'accent a été mis sur le fait que ce développement devra être durable et réalisé dans des conditions de comportement responsable des entreprises et de protection de l’environnement. À titre d'exemple, des entreprises comme le constructeur automobile Isuzu East Africa ont annoncé privilégier les contrats avec des fournisseurs de l'économie informelle ou des petites et moyennes entreprises, favorisant ainsi leur croissance.

Vacus Kun, le directeur en charge de l'éducation et de la formation du Syndicat uni des travailleurs du Libéria (UWUL), qui participe au processus du Plan d'action national (PAN) sur les entreprises et les droits de l'homme au Libéria et siégeait dans un panel avec d'autres syndicalistes et la Fédération syndicale internationale IBB Afrique, estime que la participation des syndicats garantit l'ajout de clauses sur le travail.

"Après avoir, dans un premier temps, été exclus du processus de développement du PAN, nous nous sommes battus pour que les questions liées au travail soient dans le plan lorsque nous avons été invités. Nous avons aussi dégagé des positions communes avec des organisations de la société civile sur des questions de justice climatique."

L'UWUL est affilié à IndustriALL Global Union et les discussions en panel se sont tenues sous l'égide du bureau de la FES-AU.

Le PAN comporte des dispositions protégeant les travailleurs contre la discrimination, la précarisation, le travail des enfants et reprend des revendications des syndicats pour des mécanismes de notification réalisables s'agissant des entreprises et des droits de l'homme et pour un accès à des voies de recours au moyen de la législation existante. Les autres pays ayant élaboré des PAN sont le Kenya, l'Ouganda et le Libéria. Le PNUD constate des progrès sur la voie de PAN au Sénégal, au Ghana, au Malawi, au Zimbabwe, au Mozambique et ailleurs. L'Union africaine s'est aussi dotée d'un projet de politique sur les entreprises et les droits de l'homme qui sera adoptée par les chefs d'État et de gouvernement.

Alex Nkosi, coordinateur de la CSI-Afrique pour les droits humains et syndicaux, qui participait en ligne, a souligné l'importance du devoir de vigilance :

"Les syndicats défendent les droits des travailleurs et collaborent à l'aide de cadres de vigilance pour défendre la liberté syndicale, la négociation collective et le droit de grève."

La secrétaire régionale d'IndustriALL pour l'Afrique subsaharienne, Paule France Ndessomin, a déclaré :

"Insister sur une pratique responsable des entreprises permet aux syndicats d'interpeller les multinationales sur l'ensemble de leurs chaînes d'approvisionnement. C'est important pour les syndicats qui veulent s'attaquer aux multinationales des secteurs minier et manufacturier, demander aux États de protéger les travailleurs et obtenir réparation des employeurs défaillants."

Le forum était organisé par la Commission africaine des droits de l'homme et des peuples, le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme (HCDH), Business and Human Rights Africa, le Groupe de travail sur les entreprises et les droits de l'homme et le PNUD, avec le soutien de diverses organisations locales, continentales et internationales. 

Élaboration d’une boîte à outils pour les jeunes travailleurs par les jeunes travailleurs

Les jeunes cols blancs sont souvent difficiles à syndiquer en raison de leur grande mobilité, de leur tendance à négocier pour eux-mêmes et de leur vision négative des syndicats.

“Les jeunes cols blancs sont le présent et l’avenir de nos syndicats. Nous devons les écouter et leur donner plus de place dans nos organisations”,

a déclaré Corinne Schewin, Coprésidente d’IndustriALL pour les cols blancs.

Les panels ont abordé les questions liées au lieu de travail, les stratégies de syndicalisation et la communication, tandis que des petits groupes ont discuté des modèles de syndicats idéaux et des stratégies de sensibilisation.

Des travailleurs et travailleuses de France, des Philippines, du Brésil et d’Eswatini ont fait part de leurs aspirations et de leurs préoccupations. Philippines : crainte de l’antisyndicalisme. France : préoccupations concernant la sécurité d’emploi, les défis liés à la déconnexion, le manque de flexibilité et de travail utile. Brésil : difficultés à répondre aux exigences élevées des employeurs en matière d’expérience, ainsi que préoccupations liées à l’inégalité et à la discrimination. Eswatini : manque de postes à pourvoir et de sécurité d’emploi.

Les aspirations communes sont la création de postes et la sécurité d’emploi, l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée, l’amélioration des compétences et des espaces de travail flexibles au bénéfice des femmes.

“Il est important de créer un environnement au sein de nos syndicats qui permette aux jeunes travailleurs et travailleuses de s’impliquer activement et de développer des stratégies syndicales qui leur parlent”,

a déclaré Romain Dargent, membre du Comité exécutif des jeunes de la CFE-CGC Énergie et d’IndustriALL.

Les discussions sur le syndicat idéal pour ce groupe ont révélé un fossé entre les aspirations et la réalité, soulignant un manque de représentation, de transparence, de communication et d’autonomisation des jeunes travailleurs et travailleuses. Les participants ont souligné la nécessité d’une communication en face à face, d’une formation syndicale précoce et d’un appel à une plus grande diversité au sein des syndicats.

Les participants ont noté que les jeunes cols blancs ont une perception négative des syndicats, estimant qu’ils ne représentent pas la diversité de la société et qu’ils sont souvent mal représentés dans les médias. Ils ont suggéré une communication positive montrant les syndicats comme des acteurs proactifs, utilisant les médias sociaux pour améliorer cette image, soulignant la nécessité d’un message concis pour atteindre efficacement les jeunes publics.

Les panélistes du Japon, de Finlande et du Ghana ont partagé des stratégies sur la syndicalisation des jeunes cols blancs. Les avantages de la formation pour les jeunes travailleurs et travailleuses ainsi que le défi des cotisations ont été des questions émergentes. Certains syndicats ont organisé des jeux et offert du café gratuit pour encourager l’interaction, créant ainsi des espaces de sensibilisation et d’éducation sur les syndicats.

Une session sur la communication avec les jeunes travailleurs a souligné l’importance de cerner son public. Les participants de Singapour et de Suède ont partagé leurs expériences, notant que les jeunes travailleurs préfèrent les interactions en face-à-face et la nécessité d’une collaboration avec le gouvernement pour rendre les syndicats attrayants pour les cols blancs. Le syndicat suédois a souligné les difficultés rencontrées pour aider les travailleurs à passer du statut d’étudiant à celui de salarié, en insistant sur l’importance pour les syndicats de faire en sorte que les étudiants et les jeunes cols blancs se sentent plus en sécurité lorsqu’ils font partie d’un syndicat.

Aaron Chappel, qui possède une grande expertise en matière de recrutement syndical, a fait un exposé sur les campagnes de syndicalisation stratégiques. Les participants ont pris part à des jeux de rôle, consistant notamment à engager des conversations après le travail et à organiser des réunions à l’heure du déjeuner.

Des délégués du Ghana ont présenté des exemples de syndicalisation en ligne, en utilisant des plateformes telles que WhatsApp, Facebook et Instagram. Ils ont parlé de l’utilisation de la syndicalisation ciblée et de la connaissance des besoins des travailleurs. Ils ont donné des exemples d’approches non ciblées en utilisant des prospectus et des phrases accrocheuses qui attirent les jeunes travailleurs. Parmi les défis à relever, citons le travail précaire et la difficulté à recruter les jeunes travailleurs en raison des mythes qui entourent les syndicats. L’utilisation de banques de données pour la syndicalisation en ligne est essentielle.

Les participants d’Allemagne, de Norvège et du Brésil ont parlé de la manière dont les syndicats représentent les travailleurs, les thèmes communs étant les avantages et les services fournis par les syndicats.

“Les débats ont une fois de plus démontré le désir des jeunes membres de s’impliquer activement dans leur syndicat et les obstacles qu’ils rencontrent à cet égard. Il est urgent que nos dirigeants s’interrogent sur leur refus persistant de faire en sorte que les jeunes puissent participer pleinement à la vie de leur syndicat, alors qu’ils sont soumis aux mêmes conditions et obligations que leurs aînés,”

à déclaré Sarah Flores, Responsable des jeunes et des projets auprès d’IndustriALL.

Le Directeur de la section des cols blancs d’IndustriALL a pour sa part déclaré :

“Allant de l’avant, IndustriALL prendra en compte les contributions des jeunes cols blancs et des recruteurs et élaborera une boîte à outils sur la manière de syndiquer les jeunes cols blancs. Cette boîte à outils comprendra des éléments qui ont été testés et qui ont fonctionné. Nous devons écouter les jeunes cols blancs. Nous ne pouvons pas les définir, c’est à eux de le faire et nous devons les écouter.”