IndustriALL condamne la répression des syndicalistes thaïlandais

Il s’agissait d’un rassemblement de 500 travailleurs et travailleuses, lock-outés par l’équipementier automobile japonais en pièces détachées, Sanko Gosei, devant le ministère du Travail, le 6 janvier.

À 19 heures, trois unités de police et des forces armées ont été chargées de disperser les manifestant(e)s qui avaient l'intention de passer la nuit sur place. Peu de temps après, deux dirigeants syndicaux, Chalee Loysoong, vice-président du Comité thaïlandais de solidarité syndicale (TLSC) et Amorndech Srimuang, président du syndicat des travailleurs de Gosei Sanko, affilié à IndustriALL par son appartenance à TEAM, ont été interrogés par les autorités.  

Pendant ce temps, leurs téléphones et pièces d’identité leur ont été temporairement confisqués, et ils ont été escortés à tout moment, même pour se rendre aux toilettes.  

Les dirigeants syndicaux avaient pris part dans la journée à des négociations de médiation avec Sanko Gosei et le ministère du Travail, tandis que le rassemblement avait lieu devant le bâtiment. 

“Nous sommes gravement préoccupés par le fait que le gouvernement se serve de la loi sur les réunions publiques pour réduire le droit légitime des travailleurs et travailleuses à se rassembler pacifiquement”, a déclaré Jyrki Raina, secrétaire général de IndustriALL. “Cela va à l’encontre toutes les règles et normes internationales.”

La loi sur les réunions publiques prévoit une peine pouvant aller jusqu'à dix ans d’emprisonnement pour avoir causé des troubles ou une interruption des services publics.

“La répression est particulièrement décevante, compte tenu de l’aspect positif de notre rencontre en décembre au cours de laquelle le secrétaire permanent du ministère du Travail a déclaré que le gouvernement partageait la volonté exprimée par IndustriALL de protéger les droits des travailleurs et travailleuses”, a ajouté Raina.

En octobre 2015, IndustriALL a présenté une plainte officielle auprès de l'Organisation internationale du Travail contre le gouvernement thaïlandais pour infraction grave aux droits syndicaux.

Plus de 600 travailleurs et travailleuses de Sanko Gosei, tous membres du syndicat, ont été lock-outés après l’échec des négociations sur une nouvelle convention collective et sur des primes. L'entreprise affirme que c’est peu rentable. Dans le même temps, du personnel occasionnel a été engagé pour remplacer les travailleurs et travailleuses lock-outés.

Le syndicat des travailleurs de Sanko Gosei accuse l’entreprise de se servir du conflit pour briser le syndicat et remplacer le personnel permanent par des sous-traitants. 

Le ministre du Travail, le général Sirichai Distakul, aurait promis d'assister à la prochaine réunion de médiation entre le syndicat et l’entreprise.

Pour tout renseignement complémentaire, contacter: Leonie Guguen, Communications, IndustriALL Global Union – [email protected] ou tél: +4179 137 5436. 

Formation de femmes affiliées au Myanmar

En partenariat avec IndustriALL, l'Organisation internationale du Travail (OIT) et la Fondation Friedrich-Ebert (FES), la Confédération des syndicats du Myanmar (CTUM) a organisé cette formation à Yangon et Sagaing, respectivement les 15-16 et les 18-19 décembre 2015.

Les ateliers étaient destinés à accroître la sensibilisation et à améliorer la participation des femmes aux postes de direction et de prise de décision, ainsi que d'approfondir la compréhension des participantes aux concepts et principes propres aux postes de direction. Les participantes ont également pris connaissance des compétences de base en matière de communication, ainsi que la manière de faciliter les rencontres et les discussions de groupe. 

Lors d’une session de partage des connaissances et des discussions de groupe, la plupart des participantes ont dit avoir pu, pour la première fois, partager leur situation en tant que femmes et travailleuses. Elles ont soulevé des questions telles que les risques pour la santé sur le lieu de travail, les horaires de travail et les bas salaires. Elles ont également dit qu’en plus de leur emploi rémunéré, elles doivent encore accomplir toutes les tâches ménagères et prendre soin des enfants et des personnes âgées, ce qui les empêche souvent de participer activement aux activités syndicales et d’occuper des postes de direction.

Le harcèlement sexuel, l'invisibilité et les charges multiples sont certaines des préoccupations qui ont été discutées et pour lesquelles les participantes n’avaient pas conscience. Les femmes ont exprimé leur volonté de mieux connaître ces problèmes.

IndustriALL a présenté un plaidoyer pour les femmes, notamment en ce qui concerne les quotas de femmes et la protection de la maternité. L’OIT a donné des explications sur les normes et instruments fondamentaux s’appliquant aux travailleurs et travailleuses.

Les participantes ont formulé des plans d'action destinés à accroître la participation des femmes dans les syndicats et aux postes de direction par la création de comités de femmes répondant aux besoins et par la solidarité avec d’autres travailleuses pour améliorer et répondre aux questions et préoccupations propres aux femmes.

Appel aux candidatures pour l’Université mondiale du travail

Les syndicalistes et militants sociaux sont invités à poser leur candidature aux programmes de maîtrise qu’elle propose en Allemagne, en Inde et aux Etats-Unis. Les étudiants pourront bénéficier de l’expertise du réseau international de la GLU, qui rassemble des organisations syndicales nationales et internationales, la Fondation Friedrich Ebert et l’Organisation internationale du travail (OIT).

Le programme de maîtrise porte essentiellement sur les politiques de justice sociale, et notamment la gouvernance mondiale, les normes internationales du travail, le développement, la science économique, les échanges commerciaux et les sociétés multinationales.  

Il comporte des discussions, des stages et des recherches pratiques avec des syndicats et d’autres mouvements progressistes qui permettront d’acquérir une connaissance inégalée du monde international du travail. Des bourses seront attribuées en nombre limité. Pour plus d’information et obtenir le formulaire de candidature, consulter le site http://www.global-labour-university.org

La GLU organise aussi un cours en ligne qui démarrera le 3 mars 2016. Ce cours, intitulé Massive Open Online Course (MOOC) traite des droits des travailleurs dans l’économie mondiale et est dispensé à la fois par des universitaires et des experts syndicaux et de l’OIT.

Ce cours, d’une durée de huit semaines, est gratuit, si ce n’est un montant de 49 euros pour un certificat officiel délivré par la GLU et la Penn State University.

Rio Tinto : point d’interrogation sur les bilans de sécurité en France

Les syndicats français présents sur place indiquent que depuis la dernière semaine d’octobre de cette année, quatre incidents ont eu lieu à l’usine, qui produit des cathodes pour l’industrie de l’aluminium. Il semble que la direction de Carbone Savoie a minimisé la gravité de ces accidents dans les bilans qu’elle en a dressé ou les a dissimulés.

Début novembre, un travailleur a subi un traumatisme facial lorsqu’une cathode s’est brisée au cours d’une opération de chargement. Le travailleur est rentré chez lui par ses propres moyens sans prise en charge médicale mais a eu besoin de plusieurs jours de repos pour s’en remettre.

Cependant, la direction a négligé de rapporter l’arrêt des opérations ou les blessures infligées au travailleur, qualifiant plutôt l’accident de quasi-incident avec des conséquences potentielles modérées.

Fin novembre, un salarié a fait une chute dans l’atelier de fonderie et a dû là aussi rester éloigné plusieurs jours. L’accident n’a même pas été déclaré.

Au cours de la même période, deux autres incidents ont eu lieu. Bien qu’aucune blessure n’en a résulté, ils ont causé des dégâts sérieux aux structures métalliques de l’usine. L’un de ces incidents aurait pu avoir des conséquences graves pour les travailleurs. Les syndicats indiquent qu’aucune enquête sur l’accident n’a été menée, en dépit des déclarations en sens contraire de la direction.

“Cette manière de faire n’est pas limitée à Carbone Savoie. Les syndicats de Rio Tinto d’un certain nombre de pays ont informé IndustriALL que l’entreprise décourage l’établissement de rapports sur les incidents ayant entraîné des blessures,” précise Kemal Özkan, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL Global Union.

En octobre, Rio Tinto a exprimé sa préoccupation face à l’augmentation des incidents en matière de sécurité chez Carbone Savoie depuis le début de 2015. Dans un courrier adressé aux salariés, Rio Tinto a affirmé que la direction avait pris des mesures pour améliorer la situation en matière de santé et sécurité chez Carbone Savoie.

Cependant, l’absence de divulgation des chiffres corrects ou d’analyse des causes des incidents paraît en contradiction directe avec les déclarations de Rio Tinto.

Tous ces incidents se sont produits dans une atmosphère de pression et d’anxiété pour les travailleurs. Rio Tinto Alcan emploie des centaines de personnes aussi bien à Notre-Dame-de-Briançon (Savoie) qu’à Venissieux (Rhône). La cession des deux sites de Carbone Savoie à une société holding française, Alandia, a été rendue publique cette semaine.

Avant cette annonce, les travailleurs ont été maintenu dans l’inconnue à propos de leur avenir. Les syndicats ont demandé à être informés sur les projets stratégiques en cours, comme la loi l’impose, mais la direction a négligé d’y donner suite.

Depuis l’acquisition d’Alcan en 2007, Rio Tinto a entrepris une restructuration de ses activités en France, avec la fermeture ou la cession de plusieurs de ses actifs. Alcan, qui employait en France 15.000 salariés en 2007 n’en compte plus guère que 2.200. Au niveau des activités que Rio Tinto mène toujours en France, l’entreprise se tourne maintenant de plus en plus vers l’externalisation. A Dunkerque, Rio Tinto a sous-traité une partie des activités liées au stockage et au transport. L’entreprise avait l’intention de sous-traiter du travail de maintenance, mais un conflit de travail a conduit Rio Tinto à renoncer à davantage d’externalisation pour l’instant.

“La santé et la sécurité professionnelles sont une question de droits plutôt qu’une matière technique,” indique Kemal Özkan, “Les travailleurs et travailleuses ont le droit d’être informés des questions de sécurité et de participer à leur résolution, ce qui ne semble pas être le cas chez Rio Tinto en France. L’absence de rapports d’incidents remet en question les chiffres sur la sécurité et met des vies en danger. Nous appelons Rio Tinto à se comporter correctement”.

Les risques d’une utilisation abusive de l’emploi précaire dénoncés chez Rio Tinto

En octobre 2015, les dirigeants du réseau syndical Rio Tinto Global Union ont demandé à l’entreprise de limiter l’emploi précaire et d’améliorer les conditions de travail de sa main-d’œuvre précaire. Rio Tinto semble avoir augmenté l’emploi de travailleurs et travailleuses précaires dans le monde, ce qui constitue une menace pour ses personnels, leurs syndicats et leurs communautés. Les syndicats ont tenté de soulever cette question auprès de l’entreprise, mais la réponse de Rio Tinto n’a pas été satisfaisante. C’est pourquoi IndustriALL s’est adressé aux investisseurs, en insistant sur les risques encourus par l’emploi abusif par Rio Tinto d’une main-d’œuvre précaire.

IndustriALL souligne notamment le taux important de problèmes de santé et de sécurité chez le personnel intérimaire qui est supérieur à celui des salariés employés directement par Rio Tinto. IndustriALL porte également à l’attention des investisseurs le nombre inquiétant de décès dans les activités menées par Rio Tinto. Rien qu’en 2015, il y a eu sept morts chez Rio Tinto. Au moins trois des personnes décédés étaient des travailleurs intérimaires.

IndustriALL demande aux investisseurs d’engager l’entreprise à rechercher notamment: un changement dans les pratiques en vigueur pour s’assurer du respect des droits des personnels employés temporairement chez Rio Tinto; et d’un meilleur contrôle de la façon dont les agences chargées du recrutement de ces personnels pour Rio Tinto appliquent les normes de santé et de sécurité pour lesquelles l’entreprise s’est engagée.

Le texte intégral de la communication à l’intention des investisseurs est disponible sur le lien.

Pour la dignité humaine, contre la terreur

Je me fraie un chemin au travers du traditionnel marché de Noël dans les vieux quartiers historiques de ma ville d’adoption, Annecy, en France. Les gens bavardent et sirotent du vin chaud en attendant que démarrent les projections sur les murs de l’hôtel de ville. Les trois policiers présents sont vigilants mais calmes, car ils ne perçoivent aucun danger imminent.

Pourtant, le danger est probablement là, tapi au fond de l’esprit de chacun, à peine un mois après les attaques terroristes qui ont tués 130 personnes à Paris, dans le pays où je vis.

Mais les gens ont décidé que la panique ne l’emporterait pas, qu’il ne s’enfermeraient pas en attendant cachés la prochaine frappe, qu’ils ne s’arrêteraient pas de vivre. Cela reviendrait à donner aux terroristes ce qu’ils veulent.

“Nos valeurs sont la liberté, la solidarité, l’égalité et la démocratie. Nous refusons de nous laisser entraîner sur la voie du radicalisme et de la xénophobie. Nous ne nous laisserons pas intimider et mener à la haine et la misanthropie.”

C’était le message politique du Comité exécutif d’IndustriALL, qui a réuni 150 leaders syndicaux des cinq continents à Phnom Penh, au Cambodge, ces 9 et 10 décembre 2015. Le Comité a adopté une déclaration contre la terreur, et fait le serment de continuer à œuvrer dans le cadre des valeurs syndicales que nous partageons.

Le Comité exécutif a été choqué et consterné par les horribles attaques terroristes contre des citoyens innocents en France, en Turquie, au Mali, au Nigeria, en Tunisie, au Liban et en Syrie, ainsi que contre ceux de l’avion qui se rendait d’Égypte en Russie. Ces attaques ne visent pas que ces pays, mais l’ensemble des peuples épris de paix. Ce sont des attaques contre nos principes communs de dignité humaine, de respect mutuel et de tolérance.

Ces leaders syndicaux ont indiqué qu’ils ne permettraient pas qu’on les monte les uns contre les autres à propos de leurs nationalités, religions, convictions politiques ou toutes autres différences. La diversité des cultures et des religions enrichi nos sociétés et notre monde. La mondialisation s’est étendue en montrant deux visages contradictoires. D’un côté, le monde s’est fondu dans un système économique mondialisé. Mais dans le même temps, la majorité de la population mondiale a été socialement marginalisée par le chômage, le travail précaire ainsi que la pauvreté et a été spoliée de ses droits.

Nous devons rejeter les tentatives de stigmatisation des réfugiés, qui sont les victimes de violences politiques et économiques dans leurs pays d’origine. Aujourd’hui, au moins 60 millions de personnes de par le monde fuient la misère, la faim, la guerre et la persécution. Elles ont besoin de notre aide.

La terreur ne peut être éliminée qu’au sein de sociétés qui garantissent des emplois de qualité pour tous, une protection sociale, des logements adéquats, l’éducation, la culture et un accès équitable aux terres. Bâtir des sociétés basées sur la justice sociale est notre mission à l’échelle du monde. Combattre le terrorisme ne peut jamais être une excuse pour limiter les droits démocratiques et individuels ni nos libertés collectives.

Nous félicitons une fois encore nos camarades de Tunisie pour leur prix Nobel de la paix 2015. Ils et elles nous ont montré comment les syndicats peuvent jouer un rôle dans la construction de sociétés démocratiques et pacifiques. Ceci aura une part essentielle dans la poursuite de notre lutte au plan mondial en 2016.

Jyrki Raina

Secrétaire général

Les syndicats mondiaux demandent la mise en liberté de militants syndicaux chinois

IndustriALL a écrit au président Xi Jinping de la République populaire de Chine, pour protester contre la répression qui touche les militants ouvriers. Le 21 décembre, IndustriALL et l’UITA ont remis un message à la mission chinoise à Genève, Suisse, au nom des syndicats mondiaux et de la CSI.

Au moins quatre ONG défendant la cause ouvrière sont la cible des autorités chinoises depuis le 3 décembre 2015, dans la répression qui s’est abattue dans la province de Guangdong située au sud de la Chine. Et 25 membres du personnel de plusieurs ONG et des volontaires ont été détenus et interrogés par la police. L’une des accusations concernait “des rassemblements destinés à perturber l’ordre public ”.

Sept militants qui n’ont pas pu être contactés sont sans doute encore détenus. Il s’agit du directeur du centre ouvrier de Panyu, Zeng Feiyang, et d’un membre du personnel, Zhu Xiaomei, du directeur des services sociaux de l’organisation Foshan Nanfeiyan, He Xiaobo, et des militants ouvriers Peng Jiayong, Deng Xiaoming, Meng Han et Tang Jian.

Il a été confirmé que quatre personnes – Zeng Feiyang, He Xiaobo, Zhu Xiaomei et Deng Xiaoming sont toujours détenues. Les militants ouvriers n’ont pas eu le droit de contacter leurs avocats et n’ont pas pu prendre connaissance de leurs dossiers.

Les centres ouvriers ont assuré la promotion des droits des travailleurs et travailleuses, et ont assuré des services aux salariés durant des années. Ils les ont aidés à résoudre des conflits du travail et ont offert des conseils juridiques aux travailleurs et travailleuses victimes d’un accident du travail ou avec des arriérés de salaire, d’indemnités de licenciement et de contributions sociales non réglés. Malgré le rôle positif des ONG ouvrières, les autorités locales ont, au cours des trois dernières années, intimidé et détenu des militants d’ONG, révoqué leurs licences et ont forcé certaines ONG à se délocaliser

Dans sa lettre au président Xi Jinping, le secrétaire général de IndustriALL, Jyrki Raina, écrit:

“IndustriALL demande à votre gouvernement de libérer immédiatement tous les militants ouvriers détenus, de mettre fin à la suppression des organisations ouvrières et de la société civile, de protéger la liberté de la société civile comme indiqué dans la Constitution chinoise, et de respecter la liberté syndicale et autres droits fondamentaux du travail inscrits dans les conventions de l’Organisation internationale du Travail (OIT).”

“Nous sommes conscients du fait que le ralentissement continuel des industries de fabrication du Guangdong a conduit à une augmentation des protestations ouvrières, avec la fermeture d’usines et le départ précipité de dirigeants sans régler les salaires du personnel. Ces travailleurs et travailleuses ont besoin de toute l’aide nécessaire de votre gouvernement, de l’ACFTU et des ONG ouvrières. Le fait de négliger d’accorder une aide et d’agir contre les gens qui soutiennent les travailleurs et travailleuses, ne peut que mener à une agitation encore plus forte,” a ajouté Raina.

Irak: renforcement des capacités par la nouvelle législation du travail

Le nouveau code offre la possibilité d’amplifier de manière importante la lutte syndicale en Irak du fait qu’il reconnaît les droits fondamentaux comme le droit de grève, la négociation collective, l’interdiction du travail des enfants, la discrimination et le harcèlement sexuel.

“Le soutien de IndustriALL Global Union à notre campagne pour une nouvelle législation a été essentiel,” a dit Hashmeya Alsaadawe, présidente du syndicat général des travailleurs et des techniciens de l’électricité à Basra (GUEWT) et membre du Comité exécutif de IndustriALL, dans sa déclaration à la réunion de Phnom Penh, Cambodge, au début du mois. “Et maintenant, les affiliés de IndustriALL bénéficient d’une solidarité importante au cours des sessions de renforcement des capacités.”

IndustriALL a tenu une série d’ateliers de renforcement des capacités avec des syndicats affiliés en Irak. Le dernier a eu lieu à Bagdad, les 27-28 novembre, avec plus de vingt participant(e)s des secteurs du pétrole, de la métallurgie, de l’énergie, du textile et d’autres secteurs de la fabrication industrielle, avec des discussions sur les défis rencontrés et les possibilités offertes par la négociation collective, les structures syndicales et le nouveau code du travail. Une attention particulière a été donnée à la liberté syndicale, du fait qu’une campagne porte actuellement sur cette question.

L’atelier comportait quatre principaux thèmes politiques: les droits fondamentaux du travail couverts par la loi, les droits des femmes, les négociations collectives et les droits des travailleurs et travailleuses pendant les jours de congé.

"La nouvelle législation du travail apporte une contribution précieuse à la vie des populations en Irak et constitue une avancée vers un Irak plus juste. La longue lutte des syndicats irakiens et le soutien du mouvement international sont un bon exemple de ce que la solidarité permet d’obtenir, non seulement pour les travailleurs et travailleuses, mais aussi pour toute la société," a dit Wesam Chaseb, administrateur du programme au centre de solidarité de l’AFL-CIO en Irak, qui a fait plusieurs exposés à la réunion.

Les syndicats irakiens sont impatients de constater de véritables améliorations par le nouveau code du travail, de contribuer à l’amélioration des conditions de travail et de vie pour leurs membres. Le mouvement ouvrier irakien demande instamment aux pouvoirs publics d’accélérer l’adoption d’une loi reconnaissant le pluralisme syndical qui s’appliquera à tous les travailleurs et travailleuses d’Irak, notamment dans le secteur public.

Nos affiliés irakiens ont donné au monde entier un exemple fantastique de lutte. Notre famille syndicale mondiale continuera d’accorder son soutien sans faille à ces efforts remarquables,

a dit Kemal Ozal, secrétaire général adjoint de IndustriALL.

Premiers ateliers d'IndustriALL sur l'industrie automobile en Chine

Des représentants de premier plan de constructeurs automobiles tels que Volkswagen, BMW, Daimler, PSA, Renault, Volvo, AB Volvo, Honda, Toyota ainsi que de nos affiliés IG Metall (Allemagne), IF Metall (Suède), UNIFOR (Canada) et JAW (Japon) ont participé à ces ateliers.

Ils ont aussi visité une usine Volkswagen à Ningbo, près de Shanghai, l'ambassade d'Allemagne et l'usine Daimler à Pékin. Ils ont rencontré les syndicats chinois chez Volkswagen, BMW et Daimler, ainsi que des représentants de leurs directions. 

Ces ateliers ont pour objectif de développer la coopération avec des syndicalistes chinois au niveau des ateliers, d'échanger des expériences et de mieux connaître l'action syndicale en Chine.

Le but était aussi de mieux appréhender le marché automobile en Chine et l'évolution dans les domaines de l'e-mobilité et la technologie de la connectivité.

L'industrie automobile chinoise est plus ou moins au même niveau que ses homologues européenne, japonaise et américaine, ou peut-être même un peu plus avancée. Il faut s'attendre à ce que le gouvernement chinois soutienne activement son développement; la Chine deviendra alors un concurrent sérieux.

Boy Lüthje, professeur à l'université Sun Yat-Sen de Canton, a consacré un rapport aux relations professionnelles en Chine dans lequel il souligne que les normes du travail, la négociation collective et la représentation démocratique sur le lieu de travail doivent être des éléments clés des réformes.

Frank Patta, du comité d'entreprise de Volkswagen, a exposé leur modèle de coopération et de coordination entre les différents sites de Chine et leurs organes de représentation.

À l'ambassade d'Allemagne, les participants ont entendu un exposé sur l'évolution du marché automobile chinois. La croissance s'est ralentie mais, dans le même temps, les marques chinoises progressent plus rapidement que les étrangères, en particulier dans le domaine de la voiture électrique.

Des collègues chinois participent déjà aux réseaux mondiaux de plusieurs constructeurs automobiles tels que AB Volvo, Daimler, Volkswagen et BMW.

Pour Helmut Lense, le Directeur du département automobile d'IndustriALL:

Ces ateliers sont une nouvelle étape dans le développement à long terme de la coopération et des échanges avec nos collègues chinois au niveau des entreprises. La Chine est un partenaire important car l'industrie automobile va connaître une révolution avec l'arrivée de nouvelles technologies.

Le réseau syndical latino-américain d’AkzoNobel formule des revendications conjointes

Le réseau syndical AkzoNobel est un exemple marquant de coordination des travailleurs au niveau de l’ensemble des activités d’une entreprise. Ce réseau publie régulièrement un magazine imprimé et les participants communiquent électroniquement entre les réunions.

Des syndicats en provenance des pays suivants y ont participé : Brésil, Uruguay, Colombie, Argentine, Mexique ainsi qu’IndustriALL Global Union. L’hôte était l’affilié d’IndustriALL FEQUIMFAR. Les syndicats ont fait rapport sur les évolutions et les problèmes au sein de l’entreprise. IndustriALL a présenté un panorama mondial des activités de l’entreprise et du secteur en général.

Le réseau a effectué une visite d’entreprise à Mauá, São Paulo, et a tenu une session conjointe avec la direction d’AkzoNobel sur le dialogue social. Le réseau a soulevé en particulier un cas préoccupant, qui n’est pas nouveau, celui des pratiques anti-syndicales au niveau des activités de l’entreprise en Colombie ainsi que des problèmes à l’échelle d’usines au Brésil et en Argentine.

Le directeur d’AkzoNobel pour le Brésil, M. Francisco Varia, conduisait les débats au niveau de l’entreprise. Il a déclaré :

“C’est un immense plaisir d’avoir cet espace de rencontre avec nos partenaires syndicaux et de pouvoir échanger des informations. Le syndicat n’est pas un ennemi.”

Le Secrétaire général adjoint d’IndustriALL Global Union Kemal Özkan a indiqué :

“Ce réseau sert de référence. Ses participants ont maintenant une bonne compréhension, par leur expérience, du fonctionnement de l’entreprise sur l’ensemble du continent latino-américain. Son haut niveau de coordination et d’organisation se reflète dans le respect qu’il a de la part de la direction. IndustriALL soutiendra et louera toujours ce réseau.”