Mobilisation des Métallos USW contre ArcelorMittal pour exiger des conventions équitables

M. Mittal et le PDG d’ArcelorMittal Americas Lou Schorsch ont été attirés à l’extérieur par le rassemblement de l’USW et ont invité une délégation dans les bureaux pour une brève discussion autour d’un café sur les points litigieux.

Une fois à l’intérieur, la délégation a indiqué à Messieurs Mittal et Schorsch que des dizaines de milliers de membres actifs et retraités sont solidaires pour s’opposer aux revendications d’ArcelorMittal par rapport aux conventions, que les Métallos USW ne peuvent pas permettre que l’entreprise retire des droits et prestations obtenus par leurs membres et qu’ils ne permettront pas à la direction de tripler les montants que doivent verser les retraités en matière d’assurance santé.

“Les revendications de l’entreprise se traduiraient immédiatement par une diminution de niveau de vie pour nos membres et retraités,” précise le Directeur du District 1 de l’USW David McCall, qui préside la délégation syndicale chargée des négociations avec ArcelorMittal. “De plus, ces propositions sont clairement destinées à saper notre faculté à défendre nos acquis au cours de futures négociations.”

Plus de 13.000 travailleurs des sites ArcelorMittal de l’Indiana, de l’Illinois, de l’Ohio, de Pennsylvanie, de Virginie-Occidentale, du Minnesota, de Caroline du Sud et de Louisiane ont continué à travailler selon les mêmes termes depuis que les conventions avec l’entreprise ont expiré le 1er septembre 2015, alors que les négociations en vue de nouvelles conventions avaient été ralenties par les exigences de la direction en vue de concessions significatives.

Bien que les Métallos USW ont rapportés l’une ou l’autre avancée dans les pourparlers, ArcelorMittal persiste à exiger des changements drastiques au niveau des plans de pensions, pour ne citer qu’un exemple de revendication injuste et inutile.

“Pour pourvoir repousser ces revendications et les tentatives incessantes et sans fin de l’entreprise en vue de renverser des décennies d’avancées en matière de conventions collectives, nous devons continuer à nous montrer unis,” a déclaré McCall.

Les Métallos USW maintiennent leur engagement à négocier de bonne foi en vue d’une convention équitable avec ArcelorMittal et la délégation qui négocie est confiante par rapports aux objectifs fixés par le syndicat.

Le Secrétaire général adjoint d’IndustriALL Global Fernando Lopes a déclaré :

IndustriALL soutient son affilié, les Métallos USW, et appelle instamment ArcelorMittal à prêter une oreille attentive aux revendications de ses travailleurs, qui ont droit aux prestations qui leur ont été promises.

Syndicalistes sud-coréens planqués dans des bureaux

C’est ainsi qu’elle prend ses repas, dort et vit là, tandis que sa famille doit se rendre dans les bureaux pour la rencontrer, comme le dit la secrétaire générale adjointe de IndustriALL Global Union, Monika Kemperle, qui a rencontré Youngjoo dans les bureaux de la KCTU la semaine dernière. Des camarades syndicalistes de Youngjoo se planquent également dans les bureaux.

Kemperle a également rendu visite en prison à Han Sang-gyun lors de la mission de solidarité de IndustriALL en Corée du Sud. Sang-gyun est accusé d’avoir organisé illégalement des rassemblements, et a été mis en examen sous huit chefs d’accusation relevant du code pénal et de la loi sur les réunions et les manifestations.

Sang-gyun est devenu une cible après que des milliers de personnes sont descendues dans les rue de Séoul, le 14 novembre, pour protester contre le projet de réforme du travail qui facilitera le licenciement de travailleurs et travailleuses.

Après la manifestation, Sang-gyun avait cherché refuge au Temple Jogye avant de se rendre finalement à la police le 10 décembre.

“Il garde toute sa force,” dit Kemperle, qui a raconté que pendant les dix minutes de leur entretien, un haut-parleur diffusait de la musique à pleine puissance qui rendait presque impossible la conversation. “Nous n’avons pas pu rester seuls et toute notre conversation a été notée sur papier et enregistrée.”

La KCTU réfute avec vigueur les accusations portées contre Sang-gyun:

"La police et le ministère public tentent conjointement de diaboliser la KCTU pour en faire une bande d’émeutiers. Ces tentatives de nuisance n’aboutiront pas et la KCTU continuera de se battre contre le gouvernement pour protéger les droits fondamentaux de vie des 20 millions de travailleurs et travailleuses du pays.”

Le rassemblement du 14 novembre a également poussé la police à perquisitionner les bureaux de la KCTU ainsi que ceux du syndicat coréen des métallurgistes (KMWU) affilié à IndustriALL, et de saisir des ordinateurs et d’autres documents.

Au moins 16 syndicalistes ont été détenus et plus de 400 ont fait l’objet d’une enquête de la police en Corée du Sud alors que le gouvernement intensifie la répression. Selon des informations, la police aurait enquêté sur plus d’un millier de syndicalistes.

Dans une autre tendance à la baisse, un jugement prononcé ce mois-ci par un tribunal coréen  a déclaré qu’il était illégal pour un syndicat d’enseignants affilié à la KCTU d’assurer la défense de personnes mises à pied, ce qui correspond à une criminalisation du rôle fondamental des syndicats.

Durant sa mission en Corée, Monika Kemperle a pris la parole lors d’un rassemblement de 5.000 personnes à Séoul, organisé par la KCTU et d’autres syndicats le samedi 23 janvier

“Les tentatives désespérées des autorités pour réduire au silence les travailleurs et travailleuses ne réussiront pas. Les courageux syndicalistes sud-coréens refusent de trembler de peur face aux persécutions politiques. Le gouvernement sud-coréen doit écouter son peuple et mettre fin à la suppression des libertés démocratiques,” a déclaré Kemperle.

Les syndicats aussi bien que les compagnies du secteur minier veulent améliorer les relations sociales

Napoleón Gómez Urrutia, président du syndicat mexicain des mineurs et des métallurgistes (SNTMMSRM), affilié à IndustriALL, a pris la parole lors de la Réunion annuelle pour la coopération et la coresponsabilité au niveau des activités syndicales et entrepreneuriales au Mexique.

Il faut des syndicats et des entreprises, mais aussi une attitude plus juste et équitable. Tout ne peut pas être réduit à la production et aux bénéfices. Les affaires ne devraient pas reposer sur de l’exploitation et de l’injustice. Nous voulons un avenir plus sûr et plus soutenable pour tous,

a déclaré Napoleón Gómez Urrutia lors de la réunion.

Les dirigeants syndicaux et les hautes directions des entreprises minières, métallurgiques et sidérurgiques se sont rencontrés pour la quatrième année consécutive à Vancouver au Canada. Dans un esprit de coopération, d’engagement et de sens des responsabilités de part et d’autre, ils ont pu se mettre d’accord sur des stratégies visant à améliorer les relations sociales.

Ils ont débattu de l’importance des droits des travailleurs et de l’intérêt des entreprises et ont évoqué des problématiques telles que la création d’emplois décents, la productivité, la notion de genre, la santé et la sécurité et les rémunérations. Les salaires au Mexique sont les plus bas des Amériques.

Napoleón Gómez Urrutia a déclaré :

Notre objectif est de garantir les droits fondamentaux des travailleurs. Les syndicats ne sont pas les ennemis des entreprises. Nous avons montré comment nous pouvons prospérer en travaillant côte à côte. Le syndicat des mineurs n’est pas un obstacle à la productivité, à l’égalité ou à la paix sociale.

Les deux parties sont convenues du besoin de mettre un terme aux conflits du travail dans l’industrie minière. Les représentants des entreprises ont déclaré être prêts à intervenir auprès du Président Enrique Peña Nieto pour que Napoleón Gómez Urrutia soit autorisé à revenir au Mexique afin qu’il puisse continuer à promouvoir les droits des travailleurs dans son propre pays.

Fernando Lopes, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL a dit de la rencontre :

Avec de telles initiatives, le syndicat des mineurs du Mexique montre une nouvelle fois qu’il est un syndicat moderne, capable de promouvoir le développement de son pays tout en défendant les droits des travailleurs.

IndustriALL Global Union salue et soutient les accords passés lors de la réunion de Vancouver et appelle le gouvernement mexicain à prendre des mesures concrètes pour résoudre le conflit avec le syndicat et ses dirigeants.

Kirghizstan: victoire des mineurs d’or

Environ 200 mineurs d’or se sont mis en grève le 21 janvier après être restés cinq jours sans réponse aux revendications adressées par lettre à la direction de l’entreprise chargée de l’extraction minière, Vertex Gold.

Les revendications des mineurs portaient sur une révision des plans de production excessifs, l’augmentation de 20 pour cent de leur salaire, et un supplément de rémunération pour les heures supplémentaires, le travail de nuit et pendant les jours de congé, du fait que ces paiements n’ont jamais été versés aux mineurs, en infraction à la législation du Kirghizstan.

Le salaire moyen à la mine d’or de Zhamgyr, située à 3.300 mètres d’altitude, est d’environ 19.000 KGS (250 USD), et il n’a pas été augmenté ni indexé depuis 2013.

Le 23 janvier, les mineurs et le syndicat des mineurs et des métallurgistes du Kirghizstan (MMTUK) affilié à IndustriALL Global Union, ont réussi à négocier une hausse salariale de 15 pour cent avec la direction. En outre, 5 pour cent supplémentaires pourraient s’ajouter à cette somme après consultation avec l’investisseur. L’activité a repris le jour même à la mine d’or.

La direction a également consenti à verser un supplément salarial dans le cas où les mineurs augmenteraient la production, et promis de résoudre d’ici un mois toutes les questions en suspens, notamment la fourniture d’équipement de protection individuelle approprié, ainsi que de meilleures conditions de travail.

L’autre syndicat à la mine, qui est contrôlé par la direction, n’a pas réussi à assurer la protection des droits des travailleurs et travailleuses, ce qui a conduit 85 membres d’une équipe de mineurs à demander son adhésion au MMTUK le 19 janvier. On s’attend à ce que les mineurs d’une autre équipe fassent de même.

Le secrétaire général adjoint de IndustriALL, Kemal Özkan, a déclaré: 

“IndustriALL félicite les mineurs de Zhamgyr de leur victoire. Nous nous félicitons également de la décision prise librement par les mineurs de rejoindre le syndicat des mineurs et des métallurgistes du Kirghizstan, affilié à IndustriALL. C’est une bonne décision tant pour la main-d’œuvre que pour l’entreprise, car un bon syndicat actif est à même de garantir le bien-être des travailleurs et travailleuses, une solide relation industrielle et le succès de l’entreprise.”

Avon, “l’entreprise pour les femmes” fait du tort aux femmes aux Philippines

Aux Philippines, l’usine de production de Avon est située dans le parc industriel de Calamba, dans la banlieue de Manille. L’usine emploie principalement des femmes et seulement 120 d’entre elles y sont employées directement, 350 autres étant recrutées par le biais d’agences d’intérim. Celles qui sont employées par le biais des agences le sont sur base du salaire minimum de 7000 PhP (146 US$). Nombre parmi ces travailleuses intérimaires exécutent depuis des années des tâches qui font partie des fonctions de base de l’entreprise. Elles travaillent sur les lignes de production aux côtés de leurs collègues relevant du régime régulier.

Cette pratique est illégale puisqu’en vertu de la législation nationale, un travailleur ou une travailleuse qui exécute le même travail pour une entreprise depuis plus d’un an doit recevoir un statut d’emploi régulier. Avon engage des agences d’intérim en tant qu’employeur de façade et prive ses salarié(e)s de sécurité d’emploi et de protection sociale, pourtant essentielles pour leurs familles.

Généralement âgées de 20 à 25 ans, ces travailleuses sont amenées à travailler pour Avon par l’idée que “the company for the women”, l’entreprise pour les femmes selon le slogan international de la firme, leur donnera un avenir meilleur. Mais au bout de plusieurs années à travailler sans la sécurité et les avantages qu’elles méritent, elles réalisent qu’elles ne reçoivent que des promesses creuses.

Quelques jours avant Noël, alors que l’ensemble du pays s’apprêtait à célébrer la plus grande période festive de l’année, la direction d’Avon a ordonné la mise à pied de 16 représentantes des travailleuses qui avaient mis en cause ses pratiques en matière d’emploi et laissé entendre que Avon avait enfreint des réglementations en matière de recours au travail précaire et de contrat à court terme sur les lignes de production de l’entreprise.

La direction locale de Avon a accusé les déléguées d’avoir mené une “grève illégale” en septembre 2015, alors qu’elles étaient en train de négocier collectivement en vue d’une convention sur les conditions d’emploi qui devait entrer en vigueur en février 2014 pour se conclure en janvier 2017. La dernière session de négociation a eu lieu en septembre 2015 et la convention collective a été signée par le syndicat et la direction le 16 septembre 2015.

À la suite de la signature de cette nouvelle convention collective, les travailleuses ont été surprises d’apprendre que Collin Whittington, Directeur Général pour les Philippines, les avait accusées d’avoir mené une grève illégale et avait entrepris une procédure pour les faire démettre de leur emploi.

Les déléguées licenciées avaient en moyenne 20 années de service chacune. En plus de nombreux autres parents qui dépendent d’elles pour leur survie, leurs 32 enfants actuellement à l’école vont bientôt être forcés d’abandonner leurs études à défaut de voir leurs mères ou leurs pères réintégrés à leurs postes.

Avon est une multinationale basée aux États-Unis dont le siège se situe à New York et qui possède des sites de production dans 39 pays sur les cinq continents.

IndustriALL a réuni son Comité exécutif pour la région Asie-Pacifique à Tokyo la semaine dernière et il a adopté une résolution en soutien aux travailleurs et travailleuses et aux syndicalistes licenciées faisant partie du Syndicat des Salariés de Avon Philippines pour leur combat en vue d’une réintégration et contre le travail précaire au sein de l’usine de production de Avon aux Philippines.

“Contrairement au slogan de l’entreprise qui affirme que la beauté est le voyage et l’émancipation la destination, les femmes qui fabriquent les produits Avon aux Philippines sont loin d’être émancipées avec les emplois précaires qui leur ont été proposés par Avon,”

indique Chit Dodd, Président de la Confédération du Travail et des Services sociaux réunis (CLASS) et membre du Comité exécutif d’IndustriALL.

“Alors que dans ses déclarations de gouvernance, il est dit que l’entreprise est engagée à se “conformer, tant dans la lettre que dans l’esprit à toutes les législations et réglementations concernées”, les pratiques de Avon aux Philippines sont en contravention avec la législation du travail du pays, qui interdit la sous-traitance du travail à façon,”

a indiqué Sannie Santos, Présidente du syndicat de Avon.

En septembre 2015, dans son courrier à l’entreprise Jyrki Raina, Secrétaire général d’IndustriALL, engageait fermement Avon à “cesser de s’attaquer aux élus syndicaux, à abandonner toute poursuite ridicule contre les travailleurs et travailleuses, et à prendre immédiatement des mesures correctrices visant à restaurer des conditions de travail décentes au sein de l’usine de production du Parc industriel de Calamba à Barangay Batino, Calamba City, Laguna, aux Philippines.” L’entreprise n’a pas donné suite jusqu’ici.

Engagement conjoint pour la prévention du harcèlement sexuel au travail de la part d’IndustriALL, de l’UITA et de Unilever

Défini comme étant une forme de discrimination sexuelle par l’Organisation internationale du Travail et mis hors-la-loi dans de nombreux pays, il reste difficile de s’y attaquer efficacement. Unilever, avec IndustriALL et l’UITA, les fédérations syndicales internationales qui représentent les travailleurs de l’entreprise, a signé un engagement commun pour la prévention du harcèlement sexuel au travail.

Cet accord

Jyrki Raina, Secrétaire général d’IndustriALL, déclare :

“Le harcèlement sexuel est un problème grave qui affecte les femmes travailleuses sur tous les lieux de travail partout dans le monde. IndustriALL salue cette opportunité de collaborer avec Unilever, une importante société multinationale, et nous espérons pouvoir utiliser cet accord pour parvenir à endiguer avec succès les abus à l’encontre des femmes au sein des usines Unilever de par le monde.”

Le Secrétaire général de l’UITA, Ron Oswald, dit de cet engagement qu’il est

“Un effort commun, concret et pratique pour s’assurer que le harcèlement sexuel est combattu efficacement et que les droits de tous ceux et celles qui travaillent pour Unilever sont protégés de manière adéquate dans ce domaine vital”. Il ajoute : “Nous nous réjouissons de pouvoir collaborer avec Unilever et nos membres présents dans l’entreprise pour nous assurer qu’il soit mis en œuvre, encadré et suivi.”

Paul Polman, PDG de Unilever affirme :

“Le harcèlement sexuel et autres formes de discrimination n’ont pas leur place au sein de Unilever, ni ailleurs du reste. Ce n’est que par leur éradication que nous pouvons créer des lieux de travail vraiment garants de diversité et d’intégration. Nous savons que la meilleure manière d’obtenir des avancées est par un authentique dialogue et par le biais de moyens fiables et efficaces donnés aux travailleurs et travailleuses pour formuler leurs préoccupations et leurs plaintes. Je salue chaleureusement le soutien de l’UITA, d’IndustriALL et de leurs membres qui nous permet de renforcer notre travail existant. Ces problématiques ne sont pas uniques à Unilever et, dès lors, pour créer un changement positif durable, nous impliquons également nos fournisseurs, nos partenaires commerciaux et autres au sein de notre secteur et au-delà. Nous sommes engagés à soutenir de tous nos efforts cet accord alors que nous poursuivons notre travail en faveur du respect, du maintien et du progrès des droits de l’homme”.

Les syndicats – la voix de la justice sociale à Davos

La réunion annuelle du Forum économique mondial à Davos est un évènement spécial un peu fou. Chaque année en janvier, 3000 responsables politiques, dirigeants d’entreprise, représentant(e)s de la société civile, arrivent en train, en autocar ou en hélicoptère dans la ville alpine enneigée située dans l’est de la Suisse, pour y débattre de tout pendant trois jours. Ils sont entourés de centaines de consultants qui tentent de vendre leurs services particulièrement coûteux.

C’est certainement une réunion de l’élite, mais l’ambiance est particulière.  Dans les couloirs de l’immense centre de congrès, on rencontre à l’improviste des reines, des princes consorts, des ministres, des directeurs d’entreprise, des acteurs et actrices, tous avec leur entourage. On peut parler à tout un chacun si on ose le faire. Alors que je me trouve au café avec un haut fonctionnaire des Nations unies, à une autre table toute proche le Premier ministre grec confère avec le Président ukrainien. Le pouvoir et l’argent sont présents et même très proches.

Les dirigeant(e)s des syndicats mondiaux ont assisté depuis plus de 20 ans aux sessions annuelles du Forum économique mondial. Je pense que  cette décision a été la bonne. Si nous ne sommes pas là, personne ne pourra dire aux responsables politiques et aux autres dirigeants qu’ils ne peuvent pas continuer de mener leurs affaires comme à l’ordinaire, car le chômage est élevé et que les inégalités plus profondes que jamais.

Les syndicats sont la voix de la justice sociale à Davos. Nous parlons des préoccupations des travailleurs et travailleuses. C’est pourquoi Klaus Schwab, fondateur du Forum économique mondial, y voulait notre présence il y a vingt ans.

Davos est un lieu qui sert à ordonner nos pensées et à aiguiser nos arguments. Cette fois-ci, j’ai parlé lors de débats sur l’avenir de la fabrication industrielle, sur les chaînes mondiales d’approvisionnement, le commerce et de l’investissement.

Industrie 4.0 progresse; c’est à la fois une révolution sociale et technologique. Les changements dans la fabrication industrielle nécessiteront un effort important dans le recyclage de la main-d’œuvre, ainsi que des politiques actives du marché du travail afin de créer de nouveaux emplois.

Nous devons renforcer la responsabilité des entreprises multinationales au long de leurs chaînes mondiales d’approvisionnement. Le rapport de la CSI publié récemment sur un scandale a révélé que les 50 plus grandes multinationales n’emploient directement que 6 pour cent de leur main-d’œuvre, et que 94 per cent de leurs salariés, soit 116 millions de travailleurs et travailleuses, peinent pour des fournisseurs et des sous-traitants, souvent dans de mauvaises conditions de travail.

Le débat sur le commerce se poursuit, depuis la conclusion, en octobre 2015, du Partenariat transpacifique (TPP) entre 12 pays situés au bord du Pacifique, et l’Union européenne négocie avec les États-Unis un Partenariat transatlantique de commerce et d’investissement (PTCI).    

L’un des plus grands problèmes du TPP réside dans son mécanisme de protection de l’investissement ISDS, qui donne aux entreprises multinationales le droit poursuivre en justice des États souverains et en vue d’un arbitrage manquant de clarté. Sous la pression publique, l’UE a présenté en novembre un système judiciaire d’investissement, qui serait plus transparent et démocratique.

Sharan Burrow de la CSI, qui était l’une des co-présidentes du Forum économique mondial, a résumé nos pensées sur le changement climatique et le développement durable: nous avons besoin d’un changement profond dans la production d’énergie, mais la transformation industrielle doit inclure une transition juste pour les travailleurs et travailleuses.

Malgré toutes les discussions et tous les débats, notre avenir ne se détermine pas à Davos. Il se décide sur le terrain, dans notre lutte menée quotidiennement pour syndiquer les travailleurs et travailleuses, et édifier un pouvoir syndical dans le monde entier, grâce à notre capacité de mobilisation pour obtenir un changement durable, des emplois de qualité avec des salaires décents et le droit d’adhérer à un syndicat.

Jyrki Raina

Secrétaire général

Les Global Unions critiquent le gouvernement du Bangladesh à propos de son Pacte avec l'UE

En avril 2013, plus de 1.110 travailleurs avaient perdu la vie dans l'effondrement d'un immeuble abritant des ateliers de confection. Le Pacte sur la durabilité au Bangladesh a été conclu entre l'Union européenne et le gouvernement du Bangladesh avec le soutien de l'Organisation internationale du travail (OIT) en vue d'améliorer les droits des travailleurs et la santé et la sécurité au travail dans le secteur du prêt-à-porter de ce pays.

L'évaluation réalisée par la Confédération syndicale internationale (CSI), IndustriALL Global Union et UNI Global Union précède de peu une réunion de réexamen à huis clos du Pacte sur la durabilité qui s'est tenue sous les auspices du gouvernement bangladeshi. On peut y lire :

"Beaucoup trop reste à faire par le gouvernement du Bangladesh et l'industrie du vêtement, non seulement dans la protection contre l'incendie et la sécurité des bâtiments, mais pour simplement garantir un minimum de respect de la loi, et aussi des normes nationales et internationales du travail."

Le rapport fait état de plus d'une centaine de cas de discrimination antisyndicale dans des usines où de nouveaux syndicats ont été enregistrés et il critique le gouvernement qui ne garantit pas la liberté syndicale :

L'impossibilité pour de nombreux travailleurs de s'organiser et de créer des syndicats sans s'exposer à des représailles et de négocier collectivement leurs conditions d'emploi et de travail signifie que les éventuelles avancées obtenues en matière de sécurité des édifices et de protection contre l'incendie et dans les autres conditions de travail seront éphémères et que d'autres tragédies se produiront à l'avenir.

Le rapport met en doute la rigueur des inspections d'usines effectuées par le comité tripartite national bangladeshi qui a immédiatement déclaré sûres 80 pour cent des usines relevant de sa compétence, tandis que celles réalisées dans le cadre de l'Accord sur le Bangladesh et par l'Alliance ont trouvé à redire dans chaque lieu de travail inspecté.

Cette évaluation dénonce aussi un grave climat de violence antisyndicale au Bangladesh, souvent à l'instigation des employeurs, tandis que les auteurs de délits jouissent d'une quasi-totale impunité.

Les syndicats mondiaux demandent à l'Union européenne de faire usage de son Système de préférences généralisées (SPG) avec le Bangladesh pour obtenir immédiatement de véritables améliorations. Le Bangladesh bénéficie du régime "Tout sauf les armes" de l'Union européenne, qui ouvre l'accès à son marché, en franchise de droits et libre de tout contingentement, à tous les produits d'importation, à l'exception des armes et munitions.    

"Il ne fait aucun doute que le gouvernement du Bangladesh est directement ou indirectement responsable de violations extrêmement graves qui enfreignent incontestablement les normes de l'OIT énoncées dans le SPG de l'Union européenne", poursuit le texte.

Pour le Secrétaire général d'IndustriALL, Jyrki Raina :

Les mesures prises par le gouvernement bangladeshi pour remplir les conditions du Pacte sur la durabilité sont insuffisantes. La discrimination antisyndicale persiste, la violence contre les dirigeants syndicaux reste impunie et les travailleurs qui ont signalé des problèmes de sécurité ont été renvoyés. Le gouvernement doit faire davantage pour protéger ses travailleurs de l'industrie du vêtement, au risque d'une nouvelle tragédie."

Le gouvernement britannique soutient la convention pour le recyclage des navires

Dans une lettre adressée à l’affilié britannique d’IndustriALL Global Union, Unite, le Secrétaire d’État britannique au Transport, M. Patrick McLoughlin, a déclaré :

“Une fois que les dispositions de la Réglementation de l’UE auront été pleinement mises en œuvre, notre attention se portera sur la ratification de la Convention internationale de Hong Kong, sachant que d’ici là notre propre législation sera en place.”

Cette réponse intervient après que le Secrétaire national de Unite chargé de la construction navale, Ian Waddell, a écrit au Premier Ministre David Cameron pour demander que le gouvernement britannique ratifie d’urgence la Convention.

Kan Matsuzaki, Directeur d’IndustriALL pour le secteur de la construction navale et la démolition des navires, a indiqué :

“Nous saluons la volonté affichée par le gouvernement britannique de soutenir la Convention de Hong Kong et nous attendons de lui qu’il en accélère le processus de ratification. La Convention ne pourra entrer en vigueur que lorsqu’au moins 15 pays qui représentent 40% de la flotte marchande mondiale en tonnage brut l’auront ratifiée. Le Royaume-Uni pourrait jouer un rôle important dans ce processus, étant l’un des pays possédant les plus grosses flottes au monde.”

IndustriALL est à la tête d’une campagne pour assainir la démolition des navires, métier considéré comme l’un des plus dangereux au monde.

Vous pouvez lire ici la réponse du gouvernement britannique.

Pourquoi Industrie 4.0 est à la fois une révolution sociale et technologique

Industrie 4.0 est à la fois une révolution sociale et technologique. Les évolutions technologiques sur le lieu de travail ont de profondes implications sociales au moment où le travail temporaire et occasionnel risque de se répandre davantage, que le chômage culmine, que les salaires sont bas et que les droits des travailleurs et travailleuses sont sous le feu des attaques. Ces pressions peuvent conduire à de l’agitation sociale et même à de la radicalisation si ceux et celles qui sont sans travail se sentent abandonnés par les décideurs politiques. Aussi, la crise des réfugiés peut s’aggraver à mesure que des peuples désespérés se jettent sur les routes à la recherche d’une vie meilleure.

“Le changement industriel ne doit pas se faire aux dépens de la justice sociale. Bien que les richesses se créent à un rythme record, le nombre d’emplois créés par unité de richesse accumulée a chuté de manière catastrophique,” indique le Secrétaire général d’IndustriALL Jyrki Raina.

Cette semaine, Oxfam a rendu public un nouveau rapport qui révèle que seulement 62 personnes détiennent autant de richesse que la moitié la plus pauvre du reste de la population mondiale, alors que les 1% les plus riches possèdent davantage que l’ensemble des autres 99%.

“Les entreprises, avec leur capital en hausse, ont une responsabilité par rapport aux communautés qu’elles servent, non seulement pour d’éviter une rupture dans la société et la pauvreté, mais aussi parce qu’elles se retrouveraient sans marchés et sans consommateurs,” poursuit Jyrki Raina, qui prendra part aux débats du FEM à Davos.

Un autre rapport publié par la CSI ce lundi dévoile une main-d’œuvre cachée de 116 millions de personnes dans les chaînes mondiales d’approvisionnement de 50 des plus grandes entreprises au monde.

Seuls 6% des personnes qui produisent pour ces entreprises, qui détiennent une richesse cumulée de 3.400 milliards de dollars, ont une relation d’emploi directe avec elles. Des millions de travailleurs et travailleuses au sein de leurs chaînes mondiales d’approvisionnement souffrent de bas salaires, d’un emploi précaire, de conditions de travail dangereuses et de droits sociaux médiocres.

Une Juste Transition

IndustriALL, ensemble avec les autres fédérations syndicales internationales, sera à Davos pour être l’avocat d’une Juste Transition pour les travailleurs affectés à la fois par la transformation technologique de l’industrie et par les efforts faits au plan mondial pour réduire les émissions de carbone.

“Il nous faut une transition équitable vers une économie à faibles émissions de carbone qui respecte et protège les travailleurs d’aujourd’hui et les communautés dont ils font partie, tout en créant de nouveaux emplois décents au sein d’industries durables,” déclare Jyrki Raina.

Les travailleurs des économies émergentes et en développement auront à faire face aux défis les plus grands, sachant que le nombre de chômeurs devrait atteindre les 4,8 millions au cours des deux prochaines années selon un rapport de l’Organisation internationale du Travail : Emploi et questions sociales dans le monde 2016.

Le nouveau lieu de travail

Industrie 4.0 redéfinit les concepts d’emploi, de lieu de travail, de santé et sécurité, de disponibilité et de flexibilité. Alors que des sites de production traditionnels vont disparaître, de nouveaux seront créés. Mais l’effet global sur l’emploi n’est pas clairement établi.

Ce qui est clair, c’est que les travailleurs doivent recevoir de nouvelles compétences pour maîtriser les évolutions technologiques ou ils courront le risque de rester sur le carreau.

“Alors que ces transformations sont en marche, l’objectif d’IndustriALL reste le même : établir des bases industrielles solides avec des emplois de bonne qualité, des salaires vitaux, des lieux de travail sûrs et le droit de rejoindre un syndicat,” conclut Jyrki Raina.