IndustriALL et la CSI soutiennent la lutte pour un salaire décent en Indonésie

La visite des deux dirigeants syndicaux mondiaux faisait suite à la signature, en octobre 2015, de la réglementation du gouvernement indonésien no 78/2015 sur la fixation des salaires, qui empêche dans la pratique les travailleurs et travailleuses de faire entendre collectivement leurs voix lors des négociations salariales annuelles. La réglementation limite les hausses salariales minimums à l’augmentation du taux annuel d’inflation et à la croissance du PIB.

Les syndicats sont opposés à cette décision et bénéficient du ferme soutien de la Confédération syndicale internationale (CSI) et de IndustriALL Global Union. La police a fait usage de gaz lacrymogène, de canons à eau, et de coups de matraque pour mettre fin aux protestations en octobre-novembre de l’année dernière.

Prenant la parole à une conférence de presse à Jakarta le 4 février, Sharan Burrow, secrétaire générale de la CSI, a déclaré être choquée et déçue par la décision du gouvernement de laisser les syndicats sur la touche lors d’un processus démocratique, et d’imposer une décision unilatéralement.

“Nous demandons instamment au gouvernement indonésien de reconsidérer sa décision et de ramener les syndicats dans le processus de fixation du salaire minimum. Sans conditions de vie décentes pour les travailleurs et travailleuses, et sans des salaires leur permettant de vivre avec dignité, l’économie ne pourra pas se développer."

Jyrki Raina, secrétaire général de IndustriALL Global Union, a insisté sur le niveau trop bas du salaire minimum actuel qui va de 103 à 224 USD par mois et ne permet pas de couvrir les besoins essentiels des travailleurs et travailleuses et de leurs familles. L’inégalité qui s’accentue pourrait occasionner davantage d’agitation sociale..

“Un salaire décent amène une situation où chacun y gagne, tant les travailleurs et travailleuses et leurs familles que l’économie, par l’augmentation du pouvoir d’achat, la croissance économique et la création de nouveaux emplois.”

Le président du KSPI, Said Iqbal, et le secrétaire général du KSBSI, Eduard Marpaung, ont ajouté que le coefficient de Gini qui mesure l’inégalité a augmenté, passant de 0,30 en 2000 à 0,41 en 2015. Cela montre que la répartition inégale des fruits de la croissance économique se fait au bénéfice des riches.

Au forum de la CSI sur le salaire minimum, réuni le même jour à Jakarta, les travailleurs et travailleuses d’Indonésie ont témoigné de leurs difficultés et se sont engagés à tout faire pour obtenir une vie décente pour leurs familles. Jusqu’à 75 pour cent de la main-d’œuvre travaille durement pour un salaire minimum.

Les syndicats indonésiens disent que les conseils salariaux ont joué un rôle très important dans le renforcement de la citoyenneté économique et politique au niveau local. Ils ont été l’un des rares endroits où des rencontres ont pu être organisées entre les travailleurs et travailleuses, les employeurs et le gouvernement, et où leurs besoins sont abordés dans le cadre d’un mécanisme institutionnalisé. Le remplacement des conseils par des procédures bureaucratisées qui empêchent toute participation réelle provoquera l’élimination de ce dispositif, ne laissant aux syndicats d’autres choix que le recours à des actions de masse.

IndustriALL et la CSI ont affirmé leur soutien aux revendications des syndicats, en appelant le gouvernement à:

15.000 manifestants contre le TPP en Nouvelle-Zélande

Dans les rangs de cette marche, on retrouvait l’affilié néo-zélandais d’IndustriALL Global Union, FIRST Union, qui est depuis six ans aux avant-postes d’une campagne pour bloquer l’Accord de partenariat transpacifique (TPP pour le sigle usuel issu de l’anglais)

Cet accord commercial de grande portée à été conclu en octobre de l’an dernier entre l’Australie, le Brunei, le Canada, le Chili, le Japon, la Malaisie, le Mexique, la Nouvelle-Zélande, le Pérou, Singapour, les États-Unis et le Vietnam après des années de négociations secrètes.

“Maintenant que le texte de l’accord a été rendu public, il est clair qu’il est destiné à servir les intérêts de grandes entreprises et d’états puissants, pas ceux des peuples ou de la planète,” indique Robert Reid, Secrétaire général de First Union.

Les dispositions controversées de cet accord contenues dans le Mécanisme de règlement des différends entre investisseurs et États (ISDS pour le sigle usuel issu de l’anglais) donnent aux entreprises multinationales la faculté de réclamer des dommages à hauteur de milliards de dollars aux États si des politiques ou législations nationales affectent leur rentabilité.

“Le TPP sape la souveraineté nationale et constitue un grave danger pour la démocratie, l’environnement et le quotidien des travailleurs,” déclare le Secrétaire général d’IndustriALL Jyrki Raina.

“Le TPP va conduire à de plus grandes inégalités, des plus bas salaires et davantage de travail précaire à mesure que les obstacles au commerce disparaîtront et que la pression de la concurrence viendra prendre son implacable tribut.”

Sur l’autre rive du Pacifique, l’affilié d’IndustriALL Unifor, nourrit de sérieuses préoccupations par rapport à l’impact qu’aura le TPP sur l’industrie automobile du Canada. Au cours des négociations autour du TPP, le précédent gouvernement conservateur a accordé d’importantes concessions sur l’élimination de droits de douane et autres, qui rendront l’industrie automobile du pays vulnérable aux pertes d’emploi et d’investissements.

Après la signature, l’accord doit être ratifié au plan national par les 12 États dans les deux ans. Cependant, si à l’issue de ces deux années l’accord est ratifié par au moins six nations représentant 85% de l’ensemble du PIB des signataires d’origine, il pourra toujours entrer en vigueur. Si les États-Unis, qui représentent la part la plus grande de l’ensemble des PIB ne ratifient pas, il est peu probable que le TPP puisse aller de l’avant.

Les affiliés d’IndustriALL aux États-Unis mènent aussi des actions. Les Métallos USW organisent une série d’assemblées publiques sur le TPP dans le cadre de leur campagne, alors que l’IAM, également, met la pression sur le Congrès afin qu’il rejette l’accord.

Veuillez trouver ici la déclaration commune des bureaux régionaux pour l’Asie-Pacifique de quatre Fédérations syndicales internationales concernant le TPP.

Lisez la résolution sur le TPP adoptée par le Comité exécutif d’IndustriALL en décembre.

Veuillez trouver ici la déclaration de la CSI sur le TPP

La sécurité n’est pas encore suffisante dans la confection au Bangladesh

L’incendie s’est déclaré chez Matrix Sweaters, le 2 février en début de matinée, avant que les 6.000 travailleuses aient commencé leur journée. La presse a rendu compte que 10 à 15 personnes ont été blessées en combattant l’incendie.

La presse avait déjà signalé un autre incendie dans le même bâtiment au Bangladesh, qui avait éclaté cinq jours avant le sinistre du 2 février, mais qui avait pu être éteint.

Il a été confirmé que H&M et JC Penney, signataires de l’Accord, sont parmi les clients de la fabrique, dans laquelle une inspection avait eu lieu en octobre 2015, conformément aux dispositions contenues dans l’Accord.

Dans l’inspection qui a eu lieu après l’incendie, l’Accord a trouvé que la fabrique avait pris “du retard sur plusieurs points concernant la sécurité pour la vie, comme l’installation de sprinklers et un système automatique de détection d’incendie, la suppression de toutes les portes verrouillables, et des éléments électriques”.

Jyrki Raina, secrétaire général de IndustriALL Global Union et l’un des architectes de l’Accord sur les mesures de sécurité qui ont trait aux incendies et aux bâtiments au Bangladesh, a déclaré que l’incendie met en évidence la course contre le temps pour assurer la sécurité dans les fabriques et ateliers de confection au Bangladesh.

“Près de trois ans se sont écoulés depuis l’effondrement du Rana Plaza, et la sécurité manque toujours dans la confection – les patrons des fabriques et ateliers, ainsi que les marques, n’agissent pas suffisamment pour entreprendre l’action corrective nécessaire.

“Nous poursuivrons sans relâche notre campagne pour assurer que les travailleuses et travailleurs de la confection ne risquent pas leur vie pour gagner un salaire.”

La secrétaire générale adjointe de l’UNI, Christy Hoffman, a déclaré:

"Les travaux d’inspection de l’Accord ont été réalisés depuis un certain temps – et comme le montre clairement cet incendie – le temps nécessaire pour un redressement complet de la situation  s’est trop fait attendre. 

"Les marques doivent engager davantage leur responsabilité pour veiller à ce que leurs vêtements soient fabriqués dans des lieux de travail sûrs. L’UNI de même que IndustriALL fera tout en son pouvoir s’assurer que cela ait lieu.

IndustriALL exige la libération des travailleurs iraniens

Des travailleurs des mines de cuivre de Khatounabad ont été arrêtés après avoir pris part à une manifestation pacifique qui revendiquait la réintégration de 170 travailleurs en sous-traitance à qui ont avait promis des postes permanents.

Selon nos informations, on a pas de nouvelles des personnes détenues depuis leur arrestation il y a une semaine.

Les mines de cuivre de Khatounabad, propriété de la Compagnie nationale iranienne des industries du cuivre, font partie d’un important complexe industriel contrôlé par l’État. Dans une lettre au Président d’Iran Hassan Rouhani, le Secrétaire général d’IndustriALL Jyrki Raina, écrit :

“IndustriALL Global Union exhorte votre administration à faire en sorte d’assurer la libération rapide et inconditionnelle des 28 travailleurs. De plus, nous vous appelons à donner ordre à la Compagnie nationale iranienne des industries du cuivre, propriétaire des mines de cuivre de Khatounabad, de réintégrer les 170 travailleurs en sous-traitance qui ont récemment été mis à pied.”

De nombreux travailleurs de Khatounabad sont sous contrat temporaire depuis plusieurs années et leurs efforts visant à obtenir une plus grande sécurité d’emploi et de meilleurs salaires n’ont mené qu’à de maigres résultats.

“Il est également impératif que la Compagnie nationale iranienne des industries du cuivre accorde à ces travailleurs en sous-traitance les emplois permanents promis. Les travailleurs ne devraient pas être soumis à des conditions de travail précaires. En conséquence, nous invitons le Gouvernement d’Iran à obliger l’entreprise à y appliquer les droits fondamentaux du travail,” a ajouté Jyrki Raina à l’adresse du dirigeant de la République d’Iran.

En Iran, les travailleurs sont particulièrement vulnérables aux attaques, car les syndicats sont interdits dans le pays.

États-Unis : 18.000 métallurgistes approuvent une convention de trois ans

Au début de ce mois, les membres de l’USW ont voté à une majorité de plus de deux contre un en faveur de la convention, qui prend effet immédiatement. Les parties avaient conclu un accord provisoire en décembre à l’issue de six mois de négociations souvent difficiles, tenues dans un contexte extrêmement difficile pour la sidérurgie de l’ensemble du pays.

Alors que le nouvel accord comprend des changements mineurs aux plans d’assurance santé des actifs et des retraités, le syndicat a pu repousser les exigences de l’entreprise visant à faire verser une part significative des primes aux bénéficiaires ainsi que d’autres augmentations de débours à grande échelle.

La convention maintient les salaires à leur niveau actuel, mais prévoit une augmentation du pourcentage de la participation aux bénéfices pour l’USW, ce qui permettra aux travailleurs et travailleuses de recevoir des versements lorsqu’au sortir de la crise actuelle l’entreprise rebondira. L’accord réintroduit des indemnités de chômage complémentaires pour les travailleurs licenciés.

Au cours de l’année qui a précédé, des importations fixées illégalement à des prix trop bas en provenance de Chine ou d’ailleurs, à côté d’une surcapacité mondiale et d’une baisse de l’exploitation du pétrole et du gaz consécutive à des prix des carburants en baisse, ont conduit à une réduction de la demande d’acier et amené U.S. Steel et d’autres entreprises à mettre des usines en sommeil et à licencier des travailleurs partout dans le pays.

“L’année dernière a été difficile pour l’industrie sidérurgique, pour les membres de l’USW et pour les villes de tradition manufacturière dans l’ensemble de notre pays,” a dit le Président international de l’USW International Leo W. Gerard. “La clé pour laisser passer la tempête de cette crise et de ne pas s’attaquer les uns les autres, mais de travailler ensemble pour trouver des solutions à nos problèmes communs, à savoir les profonds déséquilibre et iniquité au sein de notre système d’échange. Ceci doit être notre objectif commun pour aller de l’avant.”

“C’est une grande victoire qui illustre la détermination et la compétence dans la défense des syndiqués,” a déclaré le Secrétaire général adjoint d’IndustriALL Global Union Fernando Lopes. “Maintenant, le temps est venu de surmonter l’intransigeance d’Arcelor-Mittal et d’y conclure les négociations sur une nouvelle convention équitable.”

General Electric projette de supprimer 6.500 emplois en Europe

Ces pertes d’emplois font suite à la récente acquisition par GE d’Alstom Energy. Les syndicats des pays concernés, Allemagne, Belgique, Espagne, France, Italie, Royaume-Uni et  Suisse, s’opposent fermement à ces coupes massives dans l’emploi. Ils exigent que les droits à l’information et à la consultation soient respectés et que des alternatives viables soient prises en compte.
 
“L’acquisition est à peine terminée et, déjà, General Electric (GE) ne tient plus ses promesses”, ont noté les représentants des salariés de GE (ex-Alstom) et des autres divisions de GE qui se sont rencontrés sous l’égide d’industriAll Europe à Bruxelles en janvier.
 
“C’est l’avenir de filières industrielles stratégiques pour les capacités de production et l’indépendance énergétique de l’Europe qui est en jeu,” a déclaré Luc Triangle, Secrétaire général adjoint d’industriAll Europe. “Une gestion purement financière de court-terme ne peut répondre aux enjeux industriels auxquels est confronté GE en Europe. La direction du groupe doit tenir ses engagements pour pérenniser l’outil industriel et les compétences.”

Les syndicats vont faire pression sur les autorités européennes et nationales au sujet des risques industriels et sociaux que pose le plan de GE pour l’intégration d’Alstom et ils vont entamer dans les prochaines semaines des actions de mobilisation avec les salariés de GE au niveau des sites, des différents pays et de l’Europe.
 
“Supprimer un grand nombre d’emplois sans rechercher d’autres solutions est inacceptable et n’est pas viable,” déclare Kemal Özkan, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL Global Union. “Notre grande famille syndicale va continuer à contester cette décision."

Madagascar : La justice dit que Sherritt n'est pas au-dessus des lois

Cela signifie que Barson Rakotomanga, représentant du personnel élu et membre du comité d'entreprise d'Ambatovy, devra être réintégré. Barson a été licencié il y a sept mois, après avoir mené une grève en réaction au décès d'un collègue de travail. Sur l'intervention du ministère du Travail, il a été renvoyé le 27 novembre.

Le Conseil d'État est la juridiction de dernier recours à Madagascar. Barson, qui n'était plus payé depuis son licenciement, a été soulagé à l'annonce que l'instance suprême de Madagascar avait statué en sa faveur. Il a déclaré que cette décision rendait espoir aux 15 autres représentants syndicaux et du personnel licenciés par Sherritt pour raisons économiques.

En tant que représentant élu, Barson est protégé par la loi et la décision de Sherritt de le licencier était soumise à l'approbation de l'inspecteur du travail de la région. Celui-ci avait conclu que la démarche de l'entreprise constituait une violation de la liberté syndicale et il demanda à Sherritt de garder Barson.

Sherritt porta l'affaire devant le ministère du Travail qui annula la décision de l'inspecteur du travail, permettant à Sherritt de résilier le contrat d'emploi de Barson au motif qu'il avait terni la réputation de l'entreprise, dans le pays comme à l'étranger. Le ministère du Travail affirmait aussi que les perturbations pourraient avoir une incidence directe sur l'économie du pays.

Toutefois, SVS, le syndicat de Barson, affilié à IndustriALL Global Union, a introduit un recours au Conseil d'État, qui a jugé que les motifs étaient suffisants pour suspendre la décision du ministère du Travail, qui enfreignait aussi le droit des syndicats d'organiser les travailleurs.

Pour Glen Mpufane, le directeur d'IndustriALL responsable de l'industrie minière :

"C'est un jugement très important et, nous l'espérons, un précédent pour faire comprendre à Sherritt que Madagascar est un État constitutionnel et que la séparation des pouvoirs est là pour empêcher précisément les abus qui font sa réputation à Madagascar. Nous espérons que l'arrêt du Conseil d'État montre aux syndicats que Sherritt ne peut pas agir comme elle veut dans le pays. Ce jugement donne aux syndicats l'espace politique et le courage d'organiser et de développer sa base syndicale."

Luttes syndicales pour le renforcement du travail décent chez Rio Tinto

En Namibie, la direction de la mine d’uranium Rio Tinto Rössing, a finalement rencontré  le syndicat des mineurs de Namibie (MUN), le 28 janvier, près de quatre mois après le rassemblement des travailleurs et travailleuses et leur demande de dialogue pour mettre fin à l’exploitation du personnel en sous-traitance. Les personnes employées en sous-traitance ont des salaires qui ne sont que le septième du salaire versé au personnel régulier, ce qui les forcent à travailler plus longtemps avec moins de sécurité au travail, ainsi que des brimades à l’encontre des membres du syndicat.

“Rio Tinto dit que la liberté syndicale est l’une de ses priorités en matière de droits de la personne,” a déclaré le secrétaire général adjoint de IndustriALL, Kemal Özkan. “L’entreprise doit donc assumer sa responsabilité pour son personnel namibien employé en sous-traitance qui se voit refuser ce droit.”

Bien que sous la pression continue de MUN, la direction de Rio Tinto ait été forcée d’accepter la tenue d’une réunion, l’entreprise a annoncé récemment son intention d’externaliser tous ses travaux de maintenance du convoyeur. MUN prévoit de maintenir la pression sur l’entreprise dans l’attente d’une réponse à ses revendications.

En Islande, les syndicats se sont trouvés pendant plus d’un an sans convention collective. Ils résistent au projet de Rio Tinto d’externaliser une grande partie de l’effectif de la fonderie d’aluminium à des sous-traitants avec des salaires nettement inférieurs à ceux versés à ses salariés réguliers. L’entreprise a refusé d’accepter que les emplois externalisés aient le même salaire que ceux relevant directement de l’entreprise.

Les syndicats islandais poursuivent les discussions avec l’entreprise et sont récemment intervenus sur le réseau syndical mondial de Rio Tinto pour élaborer une stratégie.

En Australie, the syndicat maritime d’Australie (MUA) a organisé un rassemblement le 29 janvier pour protester contre le remplacement par Rio Tinto d’un navire dont l’équipage était syndiqué au MUA par un autre où les salaires et les conditions sont très inférieurs. Ce navire assure le transport de l’alumine depuis une raffinerie de Rio Tinto jusqu’à une fonderie d’aluminium de Rio Tinto.

Rio Tinto prévoit maintenant d’affréter un navire grec, sous pavillon libérien avec un équipage entièrement philippin.

“Nous sommes remplacés par les travailleurs les plus exploités au monde. Des travailleurs qui n’ont pas voix au chapitre, des travailleurs qui ne peuvent pas s’adresser au patron pour lui dire ‘Non, je ne vais pas faire ce travail qui est dangereux,’” a dit le secrétaire national adjoint de MUA, Warren Smith.

Les syndicats représentant les salariés de Rio Tinto dans quatorze pays ont envoyé une lettre au directeur général de Rio Tinto, le 7 octobre, en demandant de collaborer avec l’entreprise pour s’attaquer aux problèmes liés à l’utilisation croissante de main-d’œuvre précaire

“Les conflits en cours chez Rio Tinto en Australie, en Islande et en Namibie relèvent d’un problème mondial,” a dit Kemal Özkan. “Nous sommes prêts à travailler avec l’entreprise pour rechercher une solution mondiale.”

Pose de la première pierre d'un centre de formation pour travailleurs de la démolition navale en Inde

Quelque 800 travailleurs, responsables syndicaux nationaux, représentants des employeurs et du gouvernement ont assisté à la cérémonie de pose de la première pierre du nouveau centre de formation, le 17 janvier, dans le plus grand complexe de recyclage de navires au monde.

Ce centre est destiné aux membres de notre affilié Alang Sosiya Shiprecycling General Workers Association (ASSRGWA). Il marque une nouvelle étape dans l'action de sensibilisation des travailleurs des chantiers de démantèlement aux questions de santé et de sécurité et aux droits des travailleurs.

Prenant la parole à cette cérémonie, qui marquait aussi le dixième anniversaire du syndicat, le Secrétaire général de l'ASSRGWA, Vidyadhar Rane, a souligné l'importance du centre de formation et formulé l'espoir que cette initiative contribuera à améliorer les conditions de travail. Il a aussi insisté sur l'indéfectible soutien d'IndustriALL et de ses affiliés aux initiatives qu'a lancées l'ASSRGWA depuis sa création.

Fahimuddin Pasha, le responsable de l'éducation et des programmes au Bureau de l'Asie du sud d'IndustriALL, a félicité l'ASSRGWA et déclaré : "au dixième anniversaire de sa fondation, il est opportun que ses dirigeants réaffirment leur engagement à renforcer le syndicalisme en luttant contre le travail précaire et en défendant les droits des travailleurs, dans la ligne des objectifs stratégiques d'IndustriALL et de son plan d'action pour le secteur."

Le centre de formation sera construit avec le soutien de la Fédération japonaise des syndicats de travailleurs de l'industrie de base, JBU.

La démolition des navires est une des activités les plus dangereuses au monde. En Asie du sud, la plupart des ouvriers de cette industrie n'ont reçu aucune formation à la sécurité et la santé. Chaque année, les nombreux accidents qui surviennent sur les chantiers se soldent par des blessures graves ou la mort de centaines de travailleurs. Une formation de base aux problèmes de santé et de sécurité contribuera beaucoup à l'amélioration des conditions de travail.

Depuis sa création, l'ASSRGWA organise les travailleurs de la démolition navale dans le but d'améliorer leurs conditions de travail, leurs salaires et de les sensibiliser aux droits au travail. Avec IndustriALL Global Union et son affilié néerlandais FNV, l'ASSRGWA a organisé plusieurs ateliers pour formateurs sur des aspects spécifiques du démantèlement des navires, en expliquant notamment l'organisation d'un chantier naval, la composition des différents navires, les lignes de communication, comment travailler en toute sécurité avec des câbles en acier, des tuyaux, des réservoirs et à quoi correspondent les codes de couleurs.

Beaucoup de ceux qui ont participé à ces ateliers assurent déjà la formation de nouveaux travailleurs.

La démolition des navires se fait principalement en Inde, au Bangladesh, au Pakistan, en Chine et en Turquie. 

IndustriALL veut la réintégration des travailleurs thaïs de l'automobile

IndustriALL demande aussi au gouvernement thaïlandais de mettre fin à l'intimidation que subissent les syndicalistes et militants qui se disent surveillés par l’armée.

Ces travailleurs sont empêchés de travailler et ne sont plus payés depuis le 20 décembre, après la rupture de la négociation d'une nouvelle convention collective. Le fabricant de pièces pour automobile Sanko Gosei Technology Thailand, filiale du japonais Sanko Gosei Ltd, a embauché de la main-d’œuvre contractuelle, moins payée, pour les remplacer.

Le Syndicat des travailleurs de Sanko Gosei, affilié à IndustriALL par le biais de son affilié thaïlandais TEAM, a accepté les conditions de l'employeur en matière de prime (0,6 mois) et de hausse des salaires (1 pour cent) et malgré cela, la direction campe sur ses positions et maintient le lock-out.

Le Secrétaire général d'IndustriALL, Jyrki Raina, déclare :

"Nous exigeons que Sanko Gosei Technology mette immédiatement fin au lock-out, réintègre les travailleurs et entame des négociations de bonne foi avec le syndicat. Celui-ci a clairement manifesté sa volonté de sortir de ce conflit en acceptant, entre autres, la proposition de la direction en matière de primes et de hausse des salaires. En conséquence, nous attendons de Sanko Gosei Technology qu'elle agisse en conséquence, revienne à la table des négociations et participe honnêtement au processus de négociation avec votre gouvernement et le syndicat."

Le Conseil des syndicats de travailleurs de la métallurgie du Japon, lui aussi affilié à IndustriALL, a également pressenti Sanko Gosei Ltd au Japon en lui demandant de prendre la situation en main afin Sanko Gosei Technology Thailand négocie une solution à l'amiable avec le syndicat.

En octobre 2015, IndustriALL a déposé plainte contre le gouvernement thaïlandais auprès de l'Organisation internationale du travail pour violation des droits syndicaux.

"Faute d'un règlement immédiat et satisfaisant, IndustriALL Global Union devra envisager d'ajouter le conflit chez Sanko Gosei Technology aux motifs de sa plainte," ajoute Jyrki Raina dans sa lettre au ministre du Travail, le général Sirichai Distakul.

Au début du mois, la Loi sur les réunions publiques a été invoquée pour disperser un rassemblement de 500 de ces travailleurs devant le ministère du Travail. Des dirigeants syndicaux ont été appréhendés, escortés en permanence et leurs téléphones ont été confisqués par les autorités pendant plusieurs heures.

Cette dégradation de la situation est particulièrement décevante alors qu'en décembre, Jyrki Raina avait évoqué le cas de Sanko Gosei pendant une réunion avec le secrétaire permanent du ministère du Travail qui avait déclaré que le gouvernement avait en commun avec IndustriALL la volonté de protéger les travailleurs.